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Ce qui ne me soûle pas...
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le Sam 1 Déc - 22:13

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Piotr soupira de lassitude en sentant le poids de la tête du stalker s'abattre sur son épaule. Ses yeux se tournèrent vers le plus jeunes, dardant sur lui un regard entre le mépris dur et le reproche. Une distance rajoutée entre eux pour le finir, lui et ses airs de chien battu, un masque qui se fissurait avec lenteur alors que le bras autour des côtes du barbu perdait en raideur et agressivité. Le médecin finit par craquer, saisissant entre ses doigts de fines mèches brunes légèrement emmêlés. Il commença à jouer avec, les enroulant autour de ses doigts, exerçant dessus  une pression tout juste assez insistante pour que Nikkita la devine. Un petit geste, sa façon de lui prouver que sa colère pour lui était limité.

Piotr laissa le stalker se relever, posant d'un mouvement sec une main dans son dos quand il le vit tanguer. Les yeux du médecin suivirent encore un instant leur protéger avant de venir se poser sur une silhouette blonde sautillant dans toutes les directions. Inna cavalait d'une bouteille à l'autre, ses cheveux bouclés suivant le mouvement et venant se fracasser sur ses épaules quand elle se stoppait devant le reflet du verre.

« Inna.... Qu'est-ce que tu fous ?
-Je ramasse les bouteilles !
- Pourquoi ? »

   
La petite releva son regard transperçant vers le médecin. Le père et la fille se détaillèrent quelques secondes, et le lien entre eux peu à peu se retissa, jusqu'à ce qu'une pensée passe d'une tête à l'autre. Piotr s'insulta intérieurement en regard l'enfant pencher la tête sur le côté, et tracer sur ses lèvres un sourire angélique. Et désespérément creux.

« Pour faire un jeu avec Valya, tu sais, celui où il faut tirer les bouteilles ! »

Le médecin se leva laissant Inna se débrouiller dans sa parade. Il s'approcha de l'armurière jusqu'à pouvoir lui parler sans être entendu,l'appelant doucement.

« Valya.... J'aurais besoin de te parler quand on sera tranquille. »

Dit-il en évitant son regard, cherchant la silhouette de Nikkita dans la foule. Si l'armurière avait su qu'à cet instant, Piotr faisait l'inventaire de toutes les raisons qui pouvaient expliquer ses bleus, peut-être lui aurait-elle refait le portrait avec ferveur.  Le tatoué savait que son titre « d'ami du père » lui conférait un joker dont ne disposez pas les autres. Il avait eu la confiance de Vladimir, alors tout naturellement, Valentina lui avait donné la sienne. Et pour autant il n'aurait pas pris le risque de se croire à l’abri de la tempête que pouvais être l'armurière. Elle lui avait toujours semblé être le genre de personne refusant d'être couvée, sur-protégé. Il y avait autour d'elle ce léger parfait d'individualisme, qui laissait deviner derrière la plastique une femme prête à se désenchaîner de tout s'il le fallait.  Du moins c'était ainsi que Piotr l'avait peu à peu perçu quand elle avait commencé à faire sa vie. Il avait cette peur déraisonné de la voir lui glisser entre les doigts, s'éloigner et partir. Alors le médecin n'osait jamais en faire trop. Il calculait chacun de ses mots avec elle, conscient qu'elle avait presque valeur de fille à ses yeux. Et les paroles de trop qui lui échappaient parfois étaient toujours alimentées par la colère, un manque de contrôle vite regretter.

Une silhouette titubante capta son regard, stoppant sa litanie intérieur.

« -Le v'là. »

Piotr abandonna Valentina pour rattraper le stalker, lançant son bras autour de ses épaules pour le ramener à lui.  Il passa un bras dans le dos du barbu, avançant sans plus trop savoir s'il traînait ou soulevait Nikkita. Ses yeux retombaient toujours sur le visage fiévreux du mercenaire, ses sourcils se tordant d'inquiétude. Il réajusta sa prise sur la cage thoracique du barbu pour glisser une mains jusqu'à son visage, et essuyer du révère de ses doigts les gouttelettes de sueurs s'y étant formés. Une sensation d’oppression commençait à lui prendre le torse pendant que ses lèvres se pinçaient. Le médecin embrassa la tempe du barbu, lâchant dans un souffle quelques mots avant de recommencer à avancer.

« - Aller Nikkita. On pousse jusque chez Valya et tu pourra dormir. Je m'occuperais de toi, promis... »

Il rejoignit l'armurière, se calant sur son pas. Le chemin se fit en silence, Piotr économisant son souffle pour traîner l'ivrogne, Inna sautillant légèrement devant eux, et finissant par prendre la main de Valentina quand elle se lassa.



"Inna adore la roulette russe..."
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le Dim 2 Déc - 15:22

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Si elle y avait réfléchi, Valya aurait du se rendre compte qu'elle n'aimait pas ce qui se jouait entre Petya et Nikki. Mais elle refusait d'analyser cela aussi précisément, elle refusait de juger les deux hommes, et plus encore de s'en mêler d'une quelconque manière. Et puisqu'aucun des deux ne rattrapait l'autre à ses yeux, elle prenait soin d'Inna et de préserver ce qui pouvait rester de son innocence. Avait-on vraiment besoin de lui montrer ainsi les détails de ce qui se passait dans la vie des adultes ?

Chassant ce jugement peu amène de sa tête, elle baissa les yeux sur la jeune fille et l'étudia quelques instants en silence tandis qu'elles progressaient vers la sortie puis quittaient enfin le bar glauque. La gamine était d'une perspicacité redoutable. Sentait-elle la colère rentrée ? La peur irraisonnée de quitter la Hanse qu'elle délaissait pourtant depuis toujours pour faire ses tournées ? Avait-elle compris que sous ses dehors de mur de froideur, l'armurière avait l'âme plus violemment passionnée que les deux autres qui s'exposaient si librement à ses regards et ses jugements ?

L'image obsédante d'un homme hantait son esprit, faisait trembler ses doigts aux moments les plus inopportuns et la faisait hésiter alors même qu'elle était d'ordinaire capable de décisions plus tranchantes que le verre. Elle se détestait pour ça, voulait hurler ce qui la dévorait pour le faire sortir, et c'est pour ça qu'elle se rendait à la V.A.R.. Elle devait exorciser le démon qui l'empêchait d'être elle-même. Cette fois, elle avait atteint un point de non-retour, un niveau tel qu'Ivan lui-même n'arriverait pas à la calmer. Il ne restait qu'à boire la coupe jusqu'à la lie, quoi que ça veuille dire.

Piotr voulait parler et elle aussi. Mais si elle savait ce qui la rongeait, ce q'elle aurait du dire et cacherait misérablement derrière des phrases convenues à propos de leur voyage vers l'alliance, elle s'interrogeait sur ce qui pouvait bien être assez grave pour que Petya ne le dise pas devant Nikki.

Sans un regard pour s'assurer qu'ils les suivaient, elle guida Inna jusque chez elle. Isolé, son abri n'en était pas moins sous la surveillance quasi-constante d'une paire de voisins qu'elle rétribuait en cartouches ou en services, en plus de ses propres petits systèmes de sécurité. Jalouse de son espace et de son intimité, elle n'aurait jamais supporté que qui que ce soit tripote ses outils ou pire, les affaires laissées par Vladimir. Son fantôme de père hantait encore les lieux, raison de plus pour aller respirer un peu l'air confiné de la V.A.R. où l'attendait un autre spectre.

Un frémissement de toile lui indiqua qu'Irina Dimitrievitch l'avait vue rentrer et n'avait rien à lui dire. Elle hocha donc la tête et relâcha Inna pour ouvrir l'accès à son petit coin de tunnel. Évidemment, c'était complètement fictif, n'importe qui pouvait démonter des cloisons de tôle, des assemblages de rebuts et autres, mais elle s'en serait aperçu immédiatement. Personne n'avait pénétré chez elle, c'était ce qui comptait. Alors, elle déposa les affaires de Petya près de l'entrée et alluma deux lampes avant de faire entrer sa petite compagne qu'elle installa dans un fauteuil confortablement défoncé près de l'étagère qui avait autrefois contenu quelques maigres bouquins rapiécés.

Petya et Nikki suivaient de près. À la vue du stalker, elle se retint de grimacer et se contenta d'un signe de tête pour inciter le médecin à la suivre derrière le rideau de toile de jute où son lit de fortune prenait toute la place d'un petit local annexe.

- Installe-le là. Il devrait ronquer un moment.

La couverture ouverte, elle aida son ami à déchausser l'ivrogne et le coucher puis elle revint avec lui dans l'autre pièce et sortit d'une cantine un bidon à demi plein et trois petits godets. Une goutte de gnôle noyée dans l'eau pour Inna, des gobelets pleins pour Petya et elle-même, elle se laissa lourdement tomber au pied du fauteuil où la gamine était assise et fit signe à son invité de s'asseoir où il voulait. Adossée à l'accoudoir du siège, l'épaule contre le genou de la fillette, elle fixait le médecin avec son habituel air si détaché et si froid qui cachait mieux que tout le reste ce qu'elle ne voulait pas laisser sortir.

- Inna, il reste des biscuits dans la boîte en fer-blanc à côté de toi.

Bien que s'adressant à la fille, elle suivait des yeux les moindres gestes du père. C'est alors qu'elle réalisa qu'elle avait l'estomac plein d'alcool elle aussi, l'esprit un peu embrumé et beaucoup moins de lucidité que ce qu'elle avait cru. Le sang-froid et l'adrénaline avaient pris le dessus quelques temps mais à présent qu'ils reculaient, elle devait bien avouer que son alcoolémie était plus élevée que prévu. Elle se concentrait pourtant et elle voulait à toute force avoir cette conversation avec Piotr. Une part d'elle mourait d'envie de tout lui dire pendant que le reste de son être se fermait comme une huître.



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le Sam 15 Déc - 10:39

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Piotr n'arrivait pas à se concentrer plus d'une dizaine de seconde sur son environnement. Nikkita -comme n'importe lequel de ses patients, il en était sûr- accaparé son attention, le moindre bout de pensées qui auraient voulu s'échapper. Il sentait chaque tension dans les épaules du stalker, la fièvre qui grimpait et rendait sa peau brûlante, les moments où sa conscience s'évaporait et où son poids se mettait à peser sur ses bras. Inna arrivait même à ne plus réellement être dans sa tête.
En tant normale, il aurait eu peur. Son regard sur son propre comportement aurait été froid, impartial et il aurait de suite corrigé le tire sans états d'âmes, se recentrant sur ses priorités : sa fille et sa rédemption.
Mais avec Valentina et Nikkita et leurs potes les bouteilles de vodka, les chosent ne pouvaient jamais être normales. Et comme pour le démontrer, le médecin s'était attrapé plus d'une fois, les lèvres contres l'oreille du barbu, des pseudos phrases de réconforts sur la langue.

Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis.

Valya l'aida à se débarrasser des bottes du stalker avant de repasser de l'autre côté du rideau de jute, le laissant quelques secondes avec le barbu. Piotr posa une main sur son front, pinçant ses lèvres en sentant sous ses doigts la peau encore brûlante et moite de Nikkita. Il se pencha, posant une main sur son épaule, le secouant légèrement.

« Je suis à côté, si ça va pas, appelle. Et ne te relève pas seul. Prend pas de risque. »

Il se releva lentement, repassant silencieusement dans le « salon » de Valentina, encore remplie des affaires de Vladimir. Son regard glissa difficilement sur une étagère, fondant légèrement en reconnaissant des bibelots du feu armurier. La vérité était un peu partout dans la pièce : la fille n'avait pas totalement enterré le souvenir du père. Il ne pouvait pas comprendre cette attachement à ses parents, lui qui aurait tout donné pour ne pas avoir connu les siens, même si les souvenirs de sa mère n'étaient plus aujourd'hui que de vagues fantômes. Et à caque perte qu'il avait essuyé, effacer la moindre trace de cette personne dans son existence était un réflexe. Pour limiter la souffrance et la casse. Et toujours reste focaliser sur ceux qui vivaient encore.  

Le médecin aurait voulu la voir agir pareilles. Mais il n'osait même plus effleurer le sujet, comme si remuer les choses maintenant aurait fait plus de mal que de bien.

Silencieux, Piotr observa la razzia de sa fille dans la boîte de biscuit. Ses petites mains déjà habitués au contact des armes, tenant fermement un gâteau, ses dents qu'il avait vu pousser croquent méthodiquement. Il baissa son regard pâle sur Valentina, ressentant encore une fois cette démangeaison qui lui disait qu'ils formaient un bon duo pour Inna. Mais qu'en-était-il pour eux ? Il n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui lui avait permis d'être un amant modèle avec Nadejdha, ce qui avait remit sur le droit chemin sa matière grise pendant quelques temps.  Alors il était hors de question qu'il mette la vie de qui que ce soit en danger.

Piotr fit tourner son verre entre ses doigts, gardant le regard bas pour le remonter sur la femme et le rabaisser aussitôt. Il s'entait qu'elle attendait quelque chose, il savait. Mais il aurait préféré l'accompagner dans son voyage et profiter de leur solitude pour parler librement avec elle. Le médecin sentait un sujet sensible sous ce silence et ses non-dits. Et il  ne voulait pas la mettre en position de faiblesse devant Nikkita : le stalker n'avait pas toujours les bonnes réactions.

« Ça fait longtemps qu'on a pas pu... Discuter seuls. »

Sourit-il à voix basse, prenant une gorgée d'alcool.

« T'aurais une place pour moi dans ta valise pour la V.A.R ? »

Il n'osait définitivement pas effleurer le sujet, attendant que ce soit elle qui l'attaque frontalement. Ou que l'emmerdeur somnolent à côté se réveille.



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le Sam 15 Déc - 11:53

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Attentive au moindre geste de Piotr, Valya se rendit compte qu'il promenait ses yeux un peu partout et fronçait les sourcils. En suivant son regard, elle vit ce qu'il décelait et avala une gorgée d'alcool avant d'ironiser sans méchanceté.

- T'aimes pas que je continue à vivre chez Vladimir, pas vrai ?

Mais il ne pouvait pas en être autrement. Vladimir vivait avec elle pour toujours, ils avaient été un binôme inséparable pendant plus de dix-sept ans, il lui avait tout appris, il avait fait d'elle qui elle était. Vladimir serait toujours une immense part d'elle et le choix de son amant reflétait sans doute cette réalité même si elle se refusait à l'admettre. À la place de Petya, elle aurait sans doute pu imaginer Inna dans sa situation et ça lui aurait déplu que la gamine vive avec un fantôme plutôt que d'aller de l'avant. Mais les choses changeaient, évoluaient et il fallait seulement accepter les gens tels qu'ils étaient et leur laisser le temps de faire leur propre chemin. C'est ce qu'elle faisait en allant séjourner à la V.A.R. Elle tentait sa chance auprès du Destin.

- Mes cantines seront pleines, je ne laisse rien ici. Quelqu'un va venir s'installer pour garder la place au chaud au cas où je reviendrais mais j'ai l'intention de rester un moment à la V.A.R.

Premier point abordé. Son regard clair comme de l'eau soutenait franchement celui du médecin et le mettait au défi de creuser dans cette direction. Elle n'était pas du genre à mentir et il le savait.

- Je serai contente d'avoir quelqu'un pour m'aider à transporter mon barda, ce sera moins cher que de payer un supplément à la caravane.

Invitation simple et sans détour. Oui, elle voulait qu'il vienne, ce serait rassurant et agréable. Et elle voulait passer du temps avec Inna même s'il lui était difficile de le verbaliser de cette manière. Sa main libre et dotée de cinq doigts frotta gentiment la jambe de la gamine contre laquelle elle était appuyée avant de plonger vers une boîte sous la caisse qui faisait office de table basse. Roulant une cigarette avec le mélange d'herbes, elle libéra Piotr de son regard inquisiteur mais pas de ses questions.

- Tu veux parler de Nikki ?

Droit devant, les pieds dans le plat. Parce que même si elle avait pu envisager de se lier à Petya, de choisir la raison et la stabilité, elle ne pouvait pas imaginer partager avec Nikki le corps d'un amant. Pas comme ça. Pas Petya.



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le Dim 16 Déc - 13:58

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Piotr sentit ses doigts se crisper autour de son verre en même temps que sa mâchoire. Il ferma les yeux dans une expiration fatiguée, les rouvrant lentement sur Valentina, une lueur de tristesse dilué dans  ses iris cristallines.  Sa main gauche passa rapidement sur son bras droit, dans un geste nerveux. Il n'aimait pas la direction que prenait la conversation. S'expliquer aurait pu être facile. Mais le médecin n'était pas doué avec les sentiments, encore moins quand il fallait les expliquer. Et il n'arrivait pas à expliquer, ne savait comment dire à Valya qu'il voulait la voir vivre sans limite ni entrave. Son père avait toujours montré peu d'attachement à ses enfants, et les avaient élevé dans l'étouffant virilisme qui avait fait de sa sœur ce qu'elle était aujourd'hui. Il avait été jusqu'à écarter de la fratrie celui qui n'était pas né de l'apocalypse. Et Yuri n'avait pas été un meilleur tuteur. Piotr voyait aujourd'hui les répercutions. Dans ce qu'autour de lui on considérait comme de la froideur, lui reconnaissait  une timidité et une maladresse sociale.

« En effet. »

Lâcha-t-il d'une voix sourde, baissant les yeux sur son verre. Il se sentait vraiment merdeux. Et le regard scrutateur que levait sur lui la femme ne l'aidait pas. Il avait l'impression d'être transparent. C'était aussi une des raisons qui le poussait à garder une distance, à se braquer quand on tentait de percer son intimité. Cette peur d'être lu comme un livre ouvert, que la moindre de ses pensées ne soit devinable.Et pour quelqu'un comme lui qui avait tant à cacher...

Encore une preuve qu'avec une seule personne, Piotr pouvait être extrêmement versatile : l'invitation sans détour de Valentina à la suivre le fit doucement sourire. Il releva le regard, adressant à la femme un hochement de tête reconnaissant, même si les questions affluaient dans son cerveau. Un moment, c'était relativement flou comme durée. Il avait beau réfléchir, il ne voyait aucune raison d'ordre professionnelle pousser Valentina à se retrancher à la V.A.R.. Mais des privées.... Déjà ses bleus. Sa tête se mit à carburer, construisant des centaines de scénario : Valya mise sous la pression d'il ne savait quel groupe obscure ; Valya dans le collimateurs des autorités de la Hanse. Il inspira lentement, passant une main sur sa pommette chauffée par la panique, gardant contenance pour ceux qui ne pouvaient pas entendre son cœur se débattre entre ses côtes. Ou pour ceux qui n'avaient une place de choix dans sa tête, contrairement à Inna.

La petite fille attrapa la main sur son genoux, refermant ses doigts encore enfantin autour dans une poigne crispée. Elle lança un regard inquiet à Piotr, suivant le cheminement dédaléen de ses pensées. Son regarde luisant tomba sur l'armurière, la couvrant douloureusement avec une petite grimace. L'inquiétude de son père était contagieuse, et la petite trouva le courage de poser la question du grand.

« Un moment, c'est à dire ? Nous on va bientôt se relancer dans un tour de l'anneau après notre passage au V.A.R., mais j'espère qu'on se reverra à notre prochain passage à Prospect Mira. »

Demanda-t-elle d'une voix douce, jouant avec les doigts de la femme. Elle perçut la crispation de son père face à la question de Valentina, et un énième revirement intérieur, une mise sur la défensive rapide et efficace. Instinctivement, elle se retourna, fixant le rideau de jute derrière lequel dormait Nikkita. Elle l'aimait bien, même si le barbu était un cyclone envoyant tout valser à lui seul. Leur relation était compliqué, sa relation avec son père était compliqué, et il compliquait les liens entre Valya et Piotr. Nikkita dérangeait, il bousculait toujours en arrivant, mais elle l'aimait pour cela. Elle aussi avait dérangé, alors elle se sentait solidaire du stalker. Même si à l'instant, le malaise de Piotr à deux mètres d'elle était palpable.

Le médecin se passa une main sur la nuque, tournant la tête avec un rire nerveux. Il essayait de prendre le plis de la plaisanterie, mais c'était peine perdu. Malgré toutes ses blagues, Nikkita n'était pas un sujet comique. Pas pour lui.

« J'peux aller chercher des rats chez Oleg ? »

Il lança un regard interloqué à sa fille, écarquillant les yeux.

« T'as faim ?
-Un peu!
-Je.... Si tu veux. T'as des cartouches ? »


Inna hocha la tête, lâchant doucement la main de Valentina pour sauter du fauteuil et quitter la tente en sautillant. Elle n'avait pas envie de se retrouver au milieu d'une conversation d'adulte. Et Piotr l'avait dit, ils n'avaient pas parlé seuls depuis longtemps.

Il suivit la fille du regard, sentant un froid s’abattre sur ses épaules quand sa silhouette disparu. Continuant d'éviter le regard de Valentina, les mots finirent finalement par franchirent ses lèvres, coulant sans qu'il ne pensent à les maîtriser.  

« Pas forcément Nikkita, mais c'est vrai qu'avec lui... Enfin c'est tendu. »

Piotr releva les yeux, affrontant frontalement le regard de l'armurière, iris acier contre iris cristal.

« J'ai pas envie de... Te mettre en porte-à-faux devant qui que ce soit, mais.... Je m’inquiètes. Et j'ai..... C'est peut-être qu'une impression, mais.... Quelque chose te tracasses ? Tes bleus et.... Ton départ. Pour « un moment .... »



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le Dim 16 Déc - 16:18

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Sa main abandonnée entre celles d'Inna, Valya continuait à regarder Piotr même si elle répondait à la gamine.

- Je ne sais pas encore. Tout dépendra de ce que je trouverai sur place.

Réponse sobre et neutre car elle ne pouvait décemment pas raconter à Inna qu'elle partait en quête d'une chimère, un fantôme qui avait plus du double de son âge et lui rirai probablement au nez en la voyant. La raison qui présidait d'ordinaire à ses décisions et sa vie en général n'avait plus sa place depuis quelques temps.

- Si je ne suis pas revenue à votre retour, on se retrouvera quand même. Et puis je continuerai à tourner pour le boulot, aussi.

Après tout, même ici chez Vladimir à Prospekt Mira, elle ne restait pas à longueur de temps. Bien que peu douée pour les relations humaines, elle sentait parfaitement le malaise de Piotr qui se répercutait sur Inna aussi. Quand cette dernière déserta pour aller manger, elle comprit qu'elle agissait plus par discrétion que par faim réelle et se dit une fois de plus que l'adolescente était bien plus vive et fine mouche qu'on ne pouvait l'imaginer de prime abord.

Reportant son attention sur Petya, elle s'efforça de le soulager néanmoins un peu de son mal-être en le regardant un peu moins, moins intensément, moins souvent. Cette délicatesse qu'elle n'avait que pour des gens qu'elle aimait, comme lui, ne lui était guère naturelle. Mais elle en comprenait la nécessité. Devant sa réponse, elle arqua un sourcil et esquissa un demi-sourire teinté d'ironie.

- Tendu, le mot est faible, rétorqua-t-elle.

Mais puisqu'il préférait changer de sujet, elle le laissa faire et croisa encore une fois son regard avant de détourner les yeux. Effleurant son nez d'un doigt léger, elle prit le temps de réfléchir avant de répondre.

- Ce n'est pas l'unique raison, ni même la principale, mais il se trouve effectivement que ça ne fera pas de mal si je me fais plus discrète pendant quelques temps.

Sa rencontre avec les frères Zakaiev pouvait avoir d'autres répercussions, que ce soit avec ces connards de Tchétchènes ou avec les autorités de la Hanse. Se faire oublier un moment ne serait pas du luxe. Comme elle l'avait dit ce n'était pas la seule raison, mais c'était la plus acceptable à entendre et la seule qu'elle était capable d'exprimer à voix haute pour l'instant.

- Y'a pas de quoi s'inquiéter, t'en fais pas. Mais disons que ce voyage tombe à pic.

Elle jeta un coup d'oeil au rideau de toile qui les séparait de Nikki puis revint sur Piotr. Elle ne voulait pas détailler les raisons qui la poussaient à aller à la V.A.R. alors que Nikita pouvait l'entendre. Et elle n'était pas certaine de vouloir les raconter à Piotr pour le moment.

- D'après ce que j'ai vu, tu vas devoir mettre les choses au point très bientôt. Inna ne pose pas de questions à voix haute mais elle en a, c'est évident.



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le Lun 24 Déc - 0:47
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À la sortie du bar, le mercenaire était dans un état plus que vaseux. Bien que sa petite vidange eût été une véritable salvation pour son corps, il titubait toujours et ce froid... Ce froid que l’on ressent lorsque la chaleur du corps est trop élevée par rapport à l’environnement. Ce sentiment d’alternance entre la douce chaleur et le glaçant froid. C’était ce qu’il ressentait. Et son cœur, qui tambourinait à une allure folle, n’aidait pas.

Si Nikita n’avait pas été assez lucide pour relever la tendresse de Piotr avant d’aller vomir, depuis qu’il était revenu de sa petite escapade et que le groupe avait quitté le bar, la proximité du médecin était bien plus palpable pour le mercenaire. Les attentions du plus âgé, ses gestes tendres, sa proximité, tout ça causait en Nikita des sentiments contradictoires. Outre le fait qu’il aimait mener la danse de la séduction, il ressentait là un certain malaise. Les effluves malodorants de déjection gastrique lui envahissaient les narines. Faisant jaillir des questions trop inhabituelles pour le brun. Je ne le dégoûte pas ? Est-ce qu’il sent ça ? Il est en colère contre moi ?

Questions qui, pour la plupart étaient démenties par les gestes affectueux du médecin, mais Nikita n’arrivait pas à raisonner correctement. Il se sentait gêné, les joues enflammées, il aurait bien repoussé le médecin pour ne pas lui infliger le résultat de son excès d’alcool, mais il n’y arrivait pas. Non, cette proximité avait quelque chose en plus, faisant naître un nouveau sentiment. Ses entrailles se tortillaient. C’était agréable et bien trop rare. Habituellement ça ne faisait pas ça. Jamais la proximité avec un autre être humain n’avait gêné ou rendu heureux à telle point le mercenaire. Sauf peut-être une personne, mais ce sentiment avait été oublié depuis longtemps. Alors pourquoi ressentir ça ?

Ces questions se bousculaient dans son esprit, alors qu’il ricanait faiblement, souriant timidement à son aîné. S’il s’était vu ainsi, sobre et en pleine possession de ses capacités mentales, il se serait moqué de son attitude, il l’aurait qualifié de ridicule. Pourtant, il ne voyait pas comment agir autrement.

Le groupe fini enfin par arriver chez Valya. La maîtresse des lieux et le médecin aidèrent Nikita à s’allonger sur un matelas. Ce dernier murmura de faibles excuses à ses amis avant de se mettre sur le ventre. Enfouissant sa tête dans le matelas.

Rapidement, il se mit à somnoler, les sons furent de plus en plus diffus autour de lui et il se laissa aller dans un sommeil sans rêve.

Qui ne dura pas si longtemps que ça. Il se réveilla tout juste à temps pour entendre Piotr qualifier leur relation de « tendue » et pour que Valya renchérisse. Les yeux grands ouverts, dirigés vers la taule de l’appartement, Nikita resta figée. Sans réellement savoir comment assimiler l’information. Il se tourna néanmoins, se mettant sur le dos et regardant le plafond. L’esprit assaillit de questions. Ça ne lui ressemblait pas d’autant s’embêter avec tout ça.

Vraiment pas non.

Il se traîna aussi énergiquement que lui permettait son était hors du lit qu’il empruntait.

-C’est pas sympa de ta part de le monter contre moi sans que je puisse répondre, Valya.

Il avait dit cela tout en levant le tissu de la tante. Son éternel sourire sur le visage. Ses yeux, bien que rougis par la fatigue, pétillaient d’une certaine malice. La présence de la fièvre était encore visible sur son visage, mais il avait retrouvé son attitude initiale. Ce qui était déjà bon signe. Tout en asseyant à la place qu’Inna avait laissé, il jeta un regard à ses deux amis.

-Je plaisante, hein. Soyez pas aussi tendu !

Toujours souriant, il camouflait au mieux son amertume envers ces deux interlocuteurs.
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le Dim 30 Déc - 3:01

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Surnom :: Petya
Piotr se sentit attaqué. Son regard s'aiguisa,  tranchant celui de la femme en face de lui. Il brûlait de lui répondre. Mais aucun mot ne venait, et il était face à un ressenti qu'il ne pouvait comprendre, exprimer ou expliquer. Avoir vu ce sourire ironique s'étaler sur les lèvres de l'armurière avait provoqué une pression autour de ses côtes. Un écrasement qui était remonté à son visage en bouffé de chaleur colériques. Le médecin percevait la remarque de Valentina comme un reproche. Bien enrobé et présenté comme un cadeau, qui au fond avait certain pour but de l'aider et tenait plus du conseil, il aurait du le savoir. Mais l'information avait dans son esprit tracé le mauvais chemin. Et même s'il connaissait les manières jugé brusques de la femme, qui lui convenaient parfaitement, un peu de son amour propre et de son amour pour un autre était mis à mal.

Il détourna le regard, inspirant dédaigneusement pour extériorise un minimum l’agressivité  grondant sourdement en lui avant de revenir vers l'armurière. Il gardait toujours envers elle une légère rancœur, mais arrivait à la mettre en sourdine pour revenir à des préoccupations plus importantes. Le mystère que gardait Valentina autour de la raison de son départ d'augurer rien de bon. Et  ne prouvait qu'une chose : Si elle n'était pas menacé, alors quelque chose pesait sur son mental et la tourmenté. Quelque chose d'assez important pour que cette forte tête accepte l'idée que le problème devait être réglé, et fasse le déplacement jusqu'à la V.A.R. Pour cela. Piotr était toujours aussi inquiet. L'ombre d'une menace physique sur Valentina mais il n'en restait pas moins préoccupé pour elle. Et avec la ferme intention de pêter les dents à ce qui semblait autant la perdre et la troubler, si elle ne s'en occupé pas elle-même.

«  Hum. Désolé d'être aussi... Intrusif. »


Marmonna-t-il d'une voix de basse mélangeant les sons des mots, conscient que trop insister auprès de Valentina ne pouvait être que contre-productif. Mais incapable de s'en empêché.

Voilà que l'armurière revenait sur le sujet « Nikkita ». Il soupira, retenant son malaise et son agacement. Le stalker représentait un pan de sa vie qu'il négligeait depuis toujours, depuis qu'il avait l'impression de ne plus pouvoir aimer sans être un danger.  Et la possibilité d'un peu trop de nouveauté. Il savait qu'en suivant cette logique, et son engagement envers Inna, il aurait du remettre le barbu à sa place depuis longtemps. Mais il n'y arrivait pas. Voir Nikkita se démener pour attirer son attention était évidement flatteur. Mais surtout, il nourrissait cette ambiguïté entre eux, comme on nourrit qui nous protége du froid.
Le médecin ne doutait pas des objectifs à court thermes du plus jeune. Et il savait que même s'ils étaient amis, il était impensable -et de toute façon impossible- que Nikkita veuille  fabriquer quelque chose avec lui. C'était juste un ami -bien plus jeune que lui- qui avait tendance à trop souvent poser son regard en-dessous de la ceinture.  Mais il n'arrivait pas a effacer la possibilité d'un jour, quand il serait trop fatigué, trop perdu et acculé, dire oui. A quoi, il ne savait pas, et il laissait au stalker le soins de le surprendre sur ce point.

Il soupira, passant une main rapide dans ses cheveux, resserrant l'étau de ses doigts sur le gobelet.

« Je sais. Et je sais qu'elle a bientôt 12 ans, et qu'il va falloir penser à parler de... Tout ça avec elle, et que je ne suis pas le mieux placé pour cela. Mais comment je suis censé lui dire que l'homme qui se rapproche le plus d'un ami pour elle ne penser qu'à baisser le futal de son père ? »

Demanda-t-il d'une voix basse et sarcastique, ponctuée d'un ricanement. Et comme pour le poignarder jusqu'au cœur, il entendit àà ce moment précis la voix de Nikkita dans son dos. Piotr se retourna d'un coup, faisant face au stalker avec l'impression meurtrissante d'être prit en faute. Il fixa l'expression fiévreuse et les yeux malicieux du plus jeune sans réagir, sentant une logorrhée noyer toute la cohérence de son cerveau.
Et avant qu'il n'ai pu réagir, Nikkita était allé s'asseoir prêt de Valentina, dardant sur eux un regard faux.

Piotr se réfugia derrière son statut de médecin en droit de houspiller son patient.

« Je t'avais dit d'appeler si tu te levais... »

Lâcha-t-il sèchement, fronçant les sourcils au-dessus de son regard sur la défensive. Il posa son verre, allant chercher dans ses sacoches se dont il avait besoin pour vérifier l'état du plus jeune, et revient prêt de lui pour s'asseoir sur l'accoudoir, à l'opposé de Valentina. Dans son poing, il brandit un petit morceau de bois polis et plat.

«  Tu connais la routine, faire 'Ha' est tous ça. »

Le médecin referma sa main autour de la mâchoire, dardant sur lui un rempli d'une colère qui était sienne, et qu'il retournait pourtant contre Nikkita.



"Inna adore la roulette russe..."
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le Dim 30 Déc - 13:55

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Age :: 22 ans
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Surnom :: Valya
Valya esquissa un petit geste vague de la main, signifiant à Piotr qu'il n'était pas trop intrusif. Pas à ses yeux. Il avait encore de la marge avec elle. Concernant Inna en revanche, elle était d'accord sur le fait qu'il allait falloir lui parler. À douze ans, les gamins nés dans le Metro étaient assez mûrs et lucides pour comprendre ce qui se jouait dans le monde. Bon nombre d'entre eux avaient déjà connu le sex et la violence, même. Inna avait été relativement préservée mais elle méritait qu'on lui explique ce qui se passait ou pouvait se passer et pourquoi les émotions de son père étaient aussi embrouillées.

L'irruption de Nikita l'empêcha de répondre quoi que ce soit ou même de s'étendre sur ses propres confidences. Impossible de savoir si elle en était déçue ou soulagée. Nikki avait un don inné pour surgir au plus mauvais moment et interrompre les gens. Il parvenait toujours à s'imposer avec une nonchalance qui passait l'entendement. Cette fois pourtant, et bien qu'il prétende plaisanter, elle sentit qu'il avait été blessé. Elle n'en comprit pourtant pas le moins du monde la raison. La seule chose qu'ils avaient dite à son sujet en son absence, était que sa relation avec Petya était tendue, ce qui était une évidence qui crevait les yeux.

Contrariée par son attitude de sale gosse boudeur et par celle paternaliste et détachée de Piotr, elle se leva plus vite qu'elle n'aurait voulu - et du - et cogna son genou contre une caisse, étouffant un juron. Rattrapant son verre, elle l'avala cul sec tout en posant sur les deux hommes un regard indéchiffrable et détaché. Nikki allait triompher d'être ainsi au centre de l'attention de celui qu'il poursuivait inlassablement de ses assiduités. Mais avait-il jamais réfléchi aux conséquences de ses actes ? Et même si Piotr se laissait aller avec lui, que se passerait-il ensuite ? Nikita n'allait certainement pas changer du jour au lendemain et devenir un compagnon stable et fidèle, ce serait absurde et destructeur. Mais tel qu'il était, il ne pouvait pas faire du bien ni au médecin, ni surtout à sa fille.

Il était toujours si désinvolte, totalement irresponsable quant aux conséquences de ses actes et de ses désirs. Elle aurait voulu lui faire entrer un peu de plomb dans la cervelle en le secouant jusqu'à ce qu'il fasse preuve d'un peu de lucidité. Cette fois pourtant, ce n'est pas la raison qui la retint mais un pincement intérieur qui lui souligna qu'elle se montrait peut-être un peu injuste. Irritée, elle se détourna pour remplir les trois verres. Elle ne voulait surtout pas admettre ce que sa conscience lui hurlait au néon rouge dans la tête : que son départ pour la VAR était très exactement le genre d'acte irréfléchi qu'elle reprochait à Nikita.

Le pincement de culpabilité la rendait plus irritable encore et lui donna envie de cogner quelque chose ou de hurler. Elle aurait peut-être mieux fait d'arrêter de boire, l'alcool n'aidait pas vraiment à se montrer lucide ou juste, mais c'était trop tard.

- T'es pénible, Nikki, finit-elle par lâcher dans un grincement colérique. Tu fais tout pour mettre les gens mal à l'aise, pour attirer l'attention sur toi, et après tu te vexes qu'on en parle. Tu t'attendais à quoi au juste ?

Elle se força à se percher sur l'accoudoir en face des deux hommes, de l'autre côté de la table, pour ne pas trahir à quel point elle se sentait frustrée et en colère. Le verre serré entre ses doigts était encore plein mais elle avait encore envie de le boire d'un trait, puis un autre et encore un autre, jusqu'à l'oubli brumeux et migraineux qui s'ensuivrait. Tout pour ne pas penser qu'elle faisait peut-être une immense erreur.



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Mercenaire - Lycaon
le Jeu 17 Jan - 8:54
Mercenaire - Lycaon

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Surnom :: Nikki
Avoir déposé son fessier sur le siège libre de la pièce avait paru anodin à Nikita, en réalité, il avait davantage l’impression d’être un vieux marchand qui tombait par mégarde dans un nid de Nosalis. En effet, entre Piotr qui commençait à l’ausculter avec un regard des plus violent et Valya qui maltraitait une pauvre caisse du genou -la caisse s’était vaillamment défendu, l’ambiance n’était pas très légère. Le temps que l’armurière ne revienne, Nikita avait répondu aux exigences de Piotr, ouvrant sa bouche. En temps normal, que Piotr lui demande d’ouvrir sa bouche pour y glisser quelque chose de long et dur aurait été une occasion parfaite pour lancer une nouvelle remarque graveleuse, cependant, après ce qu’il avait entendu, même Nikita comprenait que ce n’était pas le moment.

Ce fut encore plus limpide quand Valentina reposa violemment les verres sur la table et à peine assise, lui envoya une réplique acerbe au visage. D’un geste sec, le mercenaire se tourna vers elle. Tout dans son expression s’était crispé. Son regard était froid, ses lèvres pincées et sa respiration s’était légèrement accélérée.

Tout indiquait qu’il allait sortir de ses gonds.

Pourtant, il détourna simplement le regard, soupirant silencieusement, comme s’il évacuait le sentiment négatif qui l’avait habité un instant plus tôt. Il avait véritablement été vexé par ce que venait de dire Valya, mais elle avait mis le doigt sur quelque chose ; son égoïsme. Cet égoïsme qu’il n’arrivait, manifestement, pas à contrôler. Une voix intérieure lui avait doucement glissé, « c’est pour ça qu’elle est partie », cette pensée lui avait fait l’effet d’une douche froide. Étouffant sa colère pour ne laisser qu’un soupçon de mélancolie.

Avant de répondre, il considéra silencieusement le verre face à lui. Rien que d’imaginer le boire lui donnait la nausée. Il allait passer pour cette fois.

-Je suis désolé, je m’étais pas rendu compte que j’étais si… envahissant. L’habitude, héhé. Je ferais attention, maintenant.

Il avait d’abord regardé Valentina, mais, à la fin de sa phrase, il s’était tourné vers Piotr, toujours au-dessus de lui.

-Désolé de t’avoir mis mal à l’aise, je pensais pas que c’était aussi chiant. Je vais arrêter !

Il avait chastement attrapé un pan de la veste de Piotr, et plonger son regard dans celui du médecin. Détaillant ses traits fatigués. Bien que crispé par l’agacement, Nikita ne pouvait s’empêcher de trouver le médecin attirant. Se rendant compte qu’il regardait depuis trop longtemps le visage de son comparse, il glissa sa main dans l’une des poches de Piotr et en ressortie la petite boite de cigarette de ce dernier, affichant son éternel sourire narquois. Il se servit -surveillant qu’il avait bien l’approbation de son comparse- et remit la boite comme si de rien n’était. Il n’avait pas l’intention de changer du tout au tout avec eux, il serait toujours le même, mais sans les remarques et propos tendancieux. Ou bien se cachait-il derrière ce prétexte pour continuer de chérir et profiter de la présence de ses amis ?

Il frappa à plusieurs reprises le filtre de la cigarette contre le plat de sa main tout en relevant les yeux vers la maîtresse de maison.

-Je peux fumer ici ?

En fonction de la réponse, soit, il allumerait la sucette à cancer dans l’instant, soit, il se lèverait pour aller s’adosser à un endroit où il pourrait tranquillement expulser sa fumée.
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