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Ce qui ne me soûle pas...
Piotr Zinoviev
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le Sam 1 Déc - 22:13

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Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Piotr soupira de lassitude en sentant le poids de la tête du stalker s'abattre sur son épaule. Ses yeux se tournèrent vers le plus jeunes, dardant sur lui un regard entre le mépris dur et le reproche. Une distance rajoutée entre eux pour le finir, lui et ses airs de chien battu, un masque qui se fissurait avec lenteur alors que le bras autour des côtes du barbu perdait en raideur et agressivité. Le médecin finit par craquer, saisissant entre ses doigts de fines mèches brunes légèrement emmêlés. Il commença à jouer avec, les enroulant autour de ses doigts, exerçant dessus  une pression tout juste assez insistante pour que Nikkita la devine. Un petit geste, sa façon de lui prouver que sa colère pour lui était limité.

Piotr laissa le stalker se relever, posant d'un mouvement sec une main dans son dos quand il le vit tanguer. Les yeux du médecin suivirent encore un instant leur protéger avant de venir se poser sur une silhouette blonde sautillant dans toutes les directions. Inna cavalait d'une bouteille à l'autre, ses cheveux bouclés suivant le mouvement et venant se fracasser sur ses épaules quand elle se stoppait devant le reflet du verre.

« Inna.... Qu'est-ce que tu fous ?
-Je ramasse les bouteilles !
- Pourquoi ? »

   
La petite releva son regard transperçant vers le médecin. Le père et la fille se détaillèrent quelques secondes, et le lien entre eux peu à peu se retissa, jusqu'à ce qu'une pensée passe d'une tête à l'autre. Piotr s'insulta intérieurement en regard l'enfant pencher la tête sur le côté, et tracer sur ses lèvres un sourire angélique. Et désespérément creux.

« Pour faire un jeu avec Valya, tu sais, celui où il faut tirer les bouteilles ! »

Le médecin se leva laissant Inna se débrouiller dans sa parade. Il s'approcha de l'armurière jusqu'à pouvoir lui parler sans être entendu,l'appelant doucement.

« Valya.... J'aurais besoin de te parler quand on sera tranquille. »

Dit-il en évitant son regard, cherchant la silhouette de Nikkita dans la foule. Si l'armurière avait su qu'à cet instant, Piotr faisait l'inventaire de toutes les raisons qui pouvaient expliquer ses bleus, peut-être lui aurait-elle refait le portrait avec ferveur.  Le tatoué savait que son titre « d'ami du père » lui conférait un joker dont ne disposez pas les autres. Il avait eu la confiance de Vladimir, alors tout naturellement, Valentina lui avait donné la sienne. Et pour autant il n'aurait pas pris le risque de se croire à l’abri de la tempête que pouvais être l'armurière. Elle lui avait toujours semblé être le genre de personne refusant d'être couvée, sur-protégé. Il y avait autour d'elle ce léger parfait d'individualisme, qui laissait deviner derrière la plastique une femme prête à se désenchaîner de tout s'il le fallait.  Du moins c'était ainsi que Piotr l'avait peu à peu perçu quand elle avait commencé à faire sa vie. Il avait cette peur déraisonné de la voir lui glisser entre les doigts, s'éloigner et partir. Alors le médecin n'osait jamais en faire trop. Il calculait chacun de ses mots avec elle, conscient qu'elle avait presque valeur de fille à ses yeux. Et les paroles de trop qui lui échappaient parfois étaient toujours alimentées par la colère, un manque de contrôle vite regretter.

Une silhouette titubante capta son regard, stoppant sa litanie intérieur.

« -Le v'là. »

Piotr abandonna Valentina pour rattraper le stalker, lançant son bras autour de ses épaules pour le ramener à lui.  Il passa un bras dans le dos du barbu, avançant sans plus trop savoir s'il traînait ou soulevait Nikkita. Ses yeux retombaient toujours sur le visage fiévreux du mercenaire, ses sourcils se tordant d'inquiétude. Il réajusta sa prise sur la cage thoracique du barbu pour glisser une mains jusqu'à son visage, et essuyer du révère de ses doigts les gouttelettes de sueurs s'y étant formés. Une sensation d’oppression commençait à lui prendre le torse pendant que ses lèvres se pinçaient. Le médecin embrassa la tempe du barbu, lâchant dans un souffle quelques mots avant de recommencer à avancer.

« - Aller Nikkita. On pousse jusque chez Valya et tu pourra dormir. Je m'occuperais de toi, promis... »

Il rejoignit l'armurière, se calant sur son pas. Le chemin se fit en silence, Piotr économisant son souffle pour traîner l'ivrogne, Inna sautillant légèrement devant eux, et finissant par prendre la main de Valentina quand elle se lassa.



Valentina Nikolaïeva
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le Dim 2 Déc - 15:22
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Surnom :: Valya
Si elle y avait réfléchi, Valya aurait du se rendre compte qu'elle n'aimait pas ce qui se jouait entre Petya et Nikki. Mais elle refusait d'analyser cela aussi précisément, elle refusait de juger les deux hommes, et plus encore de s'en mêler d'une quelconque manière. Et puisqu'aucun des deux ne rattrapait l'autre à ses yeux, elle prenait soin d'Inna et de préserver ce qui pouvait rester de son innocence. Avait-on vraiment besoin de lui montrer ainsi les détails de ce qui se passait dans la vie des adultes ?

Chassant ce jugement peu amène de sa tête, elle baissa les yeux sur la jeune fille et l'étudia quelques instants en silence tandis qu'elles progressaient vers la sortie puis quittaient enfin le bar glauque. La gamine était d'une perspicacité redoutable. Sentait-elle la colère rentrée ? La peur irraisonnée de quitter la Hanse qu'elle délaissait pourtant depuis toujours pour faire ses tournées ? Avait-elle compris que sous ses dehors de mur de froideur, l'armurière avait l'âme plus violemment passionnée que les deux autres qui s'exposaient si librement à ses regards et ses jugements ?

L'image obsédante d'un homme hantait son esprit, faisait trembler ses doigts aux moments les plus inopportuns et la faisait hésiter alors même qu'elle était d'ordinaire capable de décisions plus tranchantes que le verre. Elle se détestait pour ça, voulait hurler ce qui la dévorait pour le faire sortir, et c'est pour ça qu'elle se rendait à la V.A.R.. Elle devait exorciser le démon qui l'empêchait d'être elle-même. Cette fois, elle avait atteint un point de non-retour, un niveau tel qu'Ivan lui-même n'arriverait pas à la calmer. Il ne restait qu'à boire la coupe jusqu'à la lie, quoi que ça veuille dire.

Piotr voulait parler et elle aussi. Mais si elle savait ce qui la rongeait, ce q'elle aurait du dire et cacherait misérablement derrière des phrases convenues à propos de leur voyage vers l'alliance, elle s'interrogeait sur ce qui pouvait bien être assez grave pour que Petya ne le dise pas devant Nikki.

Sans un regard pour s'assurer qu'ils les suivaient, elle guida Inna jusque chez elle. Isolé, son abri n'en était pas moins sous la surveillance quasi-constante d'une paire de voisins qu'elle rétribuait en cartouches ou en services, en plus de ses propres petits systèmes de sécurité. Jalouse de son espace et de son intimité, elle n'aurait jamais supporté que qui que ce soit tripote ses outils ou pire, les affaires laissées par Vladimir. Son fantôme de père hantait encore les lieux, raison de plus pour aller respirer un peu l'air confiné de la V.A.R. où l'attendait un autre spectre.

Un frémissement de toile lui indiqua qu'Irina Dimitrievitch l'avait vue rentrer et n'avait rien à lui dire. Elle hocha donc la tête et relâcha Inna pour ouvrir l'accès à son petit coin de tunnel. Évidemment, c'était complètement fictif, n'importe qui pouvait démonter des cloisons de tôle, des assemblages de rebuts et autres, mais elle s'en serait aperçu immédiatement. Personne n'avait pénétré chez elle, c'était ce qui comptait. Alors, elle déposa les affaires de Petya près de l'entrée et alluma deux lampes avant de faire entrer sa petite compagne qu'elle installa dans un fauteuil confortablement défoncé près de l'étagère qui avait autrefois contenu quelques maigres bouquins rapiécés.

Petya et Nikki suivaient de près. À la vue du stalker, elle se retint de grimacer et se contenta d'un signe de tête pour inciter le médecin à la suivre derrière le rideau de toile de jute où son lit de fortune prenait toute la place d'un petit local annexe.

- Installe-le là. Il devrait ronquer un moment.

La couverture ouverte, elle aida son ami à déchausser l'ivrogne et le coucher puis elle revint avec lui dans l'autre pièce et sortit d'une cantine un bidon à demi plein et trois petits godets. Une goutte de gnôle noyée dans l'eau pour Inna, des gobelets pleins pour Petya et elle-même, elle se laissa lourdement tomber au pied du fauteuil où la gamine était assise et fit signe à son invité de s'asseoir où il voulait. Adossée à l'accoudoir du siège, l'épaule contre le genou de la fillette, elle fixait le médecin avec son habituel air si détaché et si froid qui cachait mieux que tout le reste ce qu'elle ne voulait pas laisser sortir.

- Inna, il reste des biscuits dans la boîte en fer-blanc à côté de toi.

Bien que s'adressant à la fille, elle suivait des yeux les moindres gestes du père. C'est alors qu'elle réalisa qu'elle avait l'estomac plein d'alcool elle aussi, l'esprit un peu embrumé et beaucoup moins de lucidité que ce qu'elle avait cru. Le sang-froid et l'adrénaline avaient pris le dessus quelques temps mais à présent qu'ils reculaient, elle devait bien avouer que son alcoolémie était plus élevée que prévu. Elle se concentrait pourtant et elle voulait à toute force avoir cette conversation avec Piotr. Une part d'elle mourait d'envie de tout lui dire pendant que le reste de son être se fermait comme une huître.



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Piotr Zinoviev
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le Sam 15 Déc - 10:39

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Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Piotr n'arrivait pas à se concentrer plus d'une dizaine de seconde sur son environnement. Nikkita -comme n'importe lequel de ses patients, il en était sûr- accaparé son attention, le moindre bout de pensées qui auraient voulu s'échapper. Il sentait chaque tension dans les épaules du stalker, la fièvre qui grimpait et rendait sa peau brûlante, les moments où sa conscience s'évaporait et où son poids se mettait à peser sur ses bras. Inna arrivait même à ne plus réellement être dans sa tête.
En tant normale, il aurait eu peur. Son regard sur son propre comportement aurait été froid, impartial et il aurait de suite corrigé le tire sans états d'âmes, se recentrant sur ses priorités : sa fille et sa rédemption.
Mais avec Valentina et Nikkita et leurs potes les bouteilles de vodka, les chosent ne pouvaient jamais être normales. Et comme pour le démontrer, le médecin s'était attrapé plus d'une fois, les lèvres contres l'oreille du barbu, des pseudos phrases de réconforts sur la langue.

Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis.

Valya l'aida à se débarrasser des bottes du stalker avant de repasser de l'autre côté du rideau de jute, le laissant quelques secondes avec le barbu. Piotr posa une main sur son front, pinçant ses lèvres en sentant sous ses doigts la peau encore brûlante et moite de Nikkita. Il se pencha, posant une main sur son épaule, le secouant légèrement.

« Je suis à côté, si ça va pas, appelle. Et ne te relève pas seul. Prend pas de risque. »

Il se releva lentement, repassant silencieusement dans le « salon » de Valentina, encore remplie des affaires de Vladimir. Son regard glissa difficilement sur une étagère, fondant légèrement en reconnaissant des bibelots du feu armurier. La vérité était un peu partout dans la pièce : la fille n'avait pas totalement enterré le souvenir du père. Il ne pouvait pas comprendre cette attachement à ses parents, lui qui aurait tout donné pour ne pas avoir connu les siens, même si les souvenirs de sa mère n'étaient plus aujourd'hui que de vagues fantômes. Et à caque perte qu'il avait essuyé, effacer la moindre trace de cette personne dans son existence était un réflexe. Pour limiter la souffrance et la casse. Et toujours reste focaliser sur ceux qui vivaient encore.  

Le médecin aurait voulu la voir agir pareilles. Mais il n'osait même plus effleurer le sujet, comme si remuer les choses maintenant aurait fait plus de mal que de bien.

Silencieux, Piotr observa la razzia de sa fille dans la boîte de biscuit. Ses petites mains déjà habitués au contact des armes, tenant fermement un gâteau, ses dents qu'il avait vu pousser croquent méthodiquement. Il baissa son regard pâle sur Valentina, ressentant encore une fois cette démangeaison qui lui disait qu'ils formaient un bon duo pour Inna. Mais qu'en-était-il pour eux ? Il n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui lui avait permis d'être un amant modèle avec Nadejdha, ce qui avait remit sur le droit chemin sa matière grise pendant quelques temps.  Alors il était hors de question qu'il mette la vie de qui que ce soit en danger.

Piotr fit tourner son verre entre ses doigts, gardant le regard bas pour le remonter sur la femme et le rabaisser aussitôt. Il s'entait qu'elle attendait quelque chose, il savait. Mais il aurait préféré l'accompagner dans son voyage et profiter de leur solitude pour parler librement avec elle. Le médecin sentait un sujet sensible sous ce silence et ses non-dits. Et il  ne voulait pas la mettre en position de faiblesse devant Nikkita : le stalker n'avait pas toujours les bonnes réactions.

« Ça fait longtemps qu'on a pas pu... Discuter seuls. »

Sourit-il à voix basse, prenant une gorgée d'alcool.

« T'aurais une place pour moi dans ta valise pour la V.A.R ? »

Il n'osait définitivement pas effleurer le sujet, attendant que ce soit elle qui l'attaque frontalement. Ou que l'emmerdeur somnolent à côté se réveille.



Valentina Nikolaïeva
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le Sam 15 Déc - 11:53
Armurière

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Attentive au moindre geste de Piotr, Valya se rendit compte qu'il promenait ses yeux un peu partout et fronçait les sourcils. En suivant son regard, elle vit ce qu'il décelait et avala une gorgée d'alcool avant d'ironiser sans méchanceté.

- T'aimes pas que je continue à vivre chez Vladimir, pas vrai ?

Mais il ne pouvait pas en être autrement. Vladimir vivait avec elle pour toujours, ils avaient été un binôme inséparable pendant plus de dix-sept ans, il lui avait tout appris, il avait fait d'elle qui elle était. Vladimir serait toujours une immense part d'elle et le choix de son amant reflétait sans doute cette réalité même si elle se refusait à l'admettre. À la place de Petya, elle aurait sans doute pu imaginer Inna dans sa situation et ça lui aurait déplu que la gamine vive avec un fantôme plutôt que d'aller de l'avant. Mais les choses changeaient, évoluaient et il fallait seulement accepter les gens tels qu'ils étaient et leur laisser le temps de faire leur propre chemin. C'est ce qu'elle faisait en allant séjourner à la V.A.R. Elle tentait sa chance auprès du Destin.

- Mes cantines seront pleines, je ne laisse rien ici. Quelqu'un va venir s'installer pour garder la place au chaud au cas où je reviendrais mais j'ai l'intention de rester un moment à la V.A.R.

Premier point abordé. Son regard clair comme de l'eau soutenait franchement celui du médecin et le mettait au défi de creuser dans cette direction. Elle n'était pas du genre à mentir et il le savait.

- Je serai contente d'avoir quelqu'un pour m'aider à transporter mon barda, ce sera moins cher que de payer un supplément à la caravane.

Invitation simple et sans détour. Oui, elle voulait qu'il vienne, ce serait rassurant et agréable. Et elle voulait passer du temps avec Inna même s'il lui était difficile de le verbaliser de cette manière. Sa main libre et dotée de cinq doigts frotta gentiment la jambe de la gamine contre laquelle elle était appuyée avant de plonger vers une boîte sous la caisse qui faisait office de table basse. Roulant une cigarette avec le mélange d'herbes, elle libéra Piotr de son regard inquisiteur mais pas de ses questions.

- Tu veux parler de Nikki ?

Droit devant, les pieds dans le plat. Parce que même si elle avait pu envisager de se lier à Petya, de choisir la raison et la stabilité, elle ne pouvait pas imaginer partager avec Nikki le corps d'un amant. Pas comme ça. Pas Petya.



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Piotr Zinoviev
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le Dim 16 Déc - 13:58

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Piotr sentit ses doigts se crisper autour de son verre en même temps que sa mâchoire. Il ferma les yeux dans une expiration fatiguée, les rouvrant lentement sur Valentina, une lueur de tristesse dilué dans  ses iris cristallines.  Sa main gauche passa rapidement sur son bras droit, dans un geste nerveux. Il n'aimait pas la direction que prenait la conversation. S'expliquer aurait pu être facile. Mais le médecin n'était pas doué avec les sentiments, encore moins quand il fallait les expliquer. Et il n'arrivait pas à expliquer, ne savait comment dire à Valya qu'il voulait la voir vivre sans limite ni entrave. Son père avait toujours montré peu d'attachement à ses enfants, et les avaient élevé dans l'étouffant virilisme qui avait fait de sa sœur ce qu'elle était aujourd'hui. Il avait été jusqu'à écarter de la fratrie celui qui n'était pas né de l'apocalypse. Et Yuri n'avait pas été un meilleur tuteur. Piotr voyait aujourd'hui les répercutions. Dans ce qu'autour de lui on considérait comme de la froideur, lui reconnaissait  une timidité et une maladresse sociale.

« En effet. »

Lâcha-t-il d'une voix sourde, baissant les yeux sur son verre. Il se sentait vraiment merdeux. Et le regard scrutateur que levait sur lui la femme ne l'aidait pas. Il avait l'impression d'être transparent. C'était aussi une des raisons qui le poussait à garder une distance, à se braquer quand on tentait de percer son intimité. Cette peur d'être lu comme un livre ouvert, que la moindre de ses pensées ne soit devinable.Et pour quelqu'un comme lui qui avait tant à cacher...

Encore une preuve qu'avec une seule personne, Piotr pouvait être extrêmement versatile : l'invitation sans détour de Valentina à la suivre le fit doucement sourire. Il releva le regard, adressant à la femme un hochement de tête reconnaissant, même si les questions affluaient dans son cerveau. Un moment, c'était relativement flou comme durée. Il avait beau réfléchir, il ne voyait aucune raison d'ordre professionnelle pousser Valentina à se retrancher à la V.A.R.. Mais des privées.... Déjà ses bleus. Sa tête se mit à carburer, construisant des centaines de scénario : Valya mise sous la pression d'il ne savait quel groupe obscure ; Valya dans le collimateurs des autorités de la Hanse. Il inspira lentement, passant une main sur sa pommette chauffée par la panique, gardant contenance pour ceux qui ne pouvaient pas entendre son cœur se débattre entre ses côtes. Ou pour ceux qui n'avaient une place de choix dans sa tête, contrairement à Inna.

La petite fille attrapa la main sur son genoux, refermant ses doigts encore enfantin autour dans une poigne crispée. Elle lança un regard inquiet à Piotr, suivant le cheminement dédaléen de ses pensées. Son regarde luisant tomba sur l'armurière, la couvrant douloureusement avec une petite grimace. L'inquiétude de son père était contagieuse, et la petite trouva le courage de poser la question du grand.

« Un moment, c'est à dire ? Nous on va bientôt se relancer dans un tour de l'anneau après notre passage au V.A.R., mais j'espère qu'on se reverra à notre prochain passage à Prospect Mira. »

Demanda-t-elle d'une voix douce, jouant avec les doigts de la femme. Elle perçut la crispation de son père face à la question de Valentina, et un énième revirement intérieur, une mise sur la défensive rapide et efficace. Instinctivement, elle se retourna, fixant le rideau de jute derrière lequel dormait Nikkita. Elle l'aimait bien, même si le barbu était un cyclone envoyant tout valser à lui seul. Leur relation était compliqué, sa relation avec son père était compliqué, et il compliquait les liens entre Valya et Piotr. Nikkita dérangeait, il bousculait toujours en arrivant, mais elle l'aimait pour cela. Elle aussi avait dérangé, alors elle se sentait solidaire du stalker. Même si à l'instant, le malaise de Piotr à deux mètres d'elle était palpable.

Le médecin se passa une main sur la nuque, tournant la tête avec un rire nerveux. Il essayait de prendre le plis de la plaisanterie, mais c'était peine perdu. Malgré toutes ses blagues, Nikkita n'était pas un sujet comique. Pas pour lui.

« J'peux aller chercher des rats chez Oleg ? »

Il lança un regard interloqué à sa fille, écarquillant les yeux.

« T'as faim ?
-Un peu!
-Je.... Si tu veux. T'as des cartouches ? »


Inna hocha la tête, lâchant doucement la main de Valentina pour sauter du fauteuil et quitter la tente en sautillant. Elle n'avait pas envie de se retrouver au milieu d'une conversation d'adulte. Et Piotr l'avait dit, ils n'avaient pas parlé seuls depuis longtemps.

Il suivit la fille du regard, sentant un froid s’abattre sur ses épaules quand sa silhouette disparu. Continuant d'éviter le regard de Valentina, les mots finirent finalement par franchirent ses lèvres, coulant sans qu'il ne pensent à les maîtriser.  

« Pas forcément Nikkita, mais c'est vrai qu'avec lui... Enfin c'est tendu. »

Piotr releva les yeux, affrontant frontalement le regard de l'armurière, iris acier contre iris cristal.

« J'ai pas envie de... Te mettre en porte-à-faux devant qui que ce soit, mais.... Je m’inquiètes. Et j'ai..... C'est peut-être qu'une impression, mais.... Quelque chose te tracasses ? Tes bleus et.... Ton départ. Pour « un moment .... »



Valentina Nikolaïeva
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le Dim 16 Déc - 16:18
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Sa main abandonnée entre celles d'Inna, Valya continuait à regarder Piotr même si elle répondait à la gamine.

- Je ne sais pas encore. Tout dépendra de ce que je trouverai sur place.

Réponse sobre et neutre car elle ne pouvait décemment pas raconter à Inna qu'elle partait en quête d'une chimère, un fantôme qui avait plus du double de son âge et lui rirai probablement au nez en la voyant. La raison qui présidait d'ordinaire à ses décisions et sa vie en général n'avait plus sa place depuis quelques temps.

- Si je ne suis pas revenue à votre retour, on se retrouvera quand même. Et puis je continuerai à tourner pour le boulot, aussi.

Après tout, même ici chez Vladimir à Prospekt Mira, elle ne restait pas à longueur de temps. Bien que peu douée pour les relations humaines, elle sentait parfaitement le malaise de Piotr qui se répercutait sur Inna aussi. Quand cette dernière déserta pour aller manger, elle comprit qu'elle agissait plus par discrétion que par faim réelle et se dit une fois de plus que l'adolescente était bien plus vive et fine mouche qu'on ne pouvait l'imaginer de prime abord.

Reportant son attention sur Petya, elle s'efforça de le soulager néanmoins un peu de son mal-être en le regardant un peu moins, moins intensément, moins souvent. Cette délicatesse qu'elle n'avait que pour des gens qu'elle aimait, comme lui, ne lui était guère naturelle. Mais elle en comprenait la nécessité. Devant sa réponse, elle arqua un sourcil et esquissa un demi-sourire teinté d'ironie.

- Tendu, le mot est faible, rétorqua-t-elle.

Mais puisqu'il préférait changer de sujet, elle le laissa faire et croisa encore une fois son regard avant de détourner les yeux. Effleurant son nez d'un doigt léger, elle prit le temps de réfléchir avant de répondre.

- Ce n'est pas l'unique raison, ni même la principale, mais il se trouve effectivement que ça ne fera pas de mal si je me fais plus discrète pendant quelques temps.

Sa rencontre avec les frères Zakaiev pouvait avoir d'autres répercussions, que ce soit avec ces connards de Tchétchènes ou avec les autorités de la Hanse. Se faire oublier un moment ne serait pas du luxe. Comme elle l'avait dit ce n'était pas la seule raison, mais c'était la plus acceptable à entendre et la seule qu'elle était capable d'exprimer à voix haute pour l'instant.

- Y'a pas de quoi s'inquiéter, t'en fais pas. Mais disons que ce voyage tombe à pic.

Elle jeta un coup d'oeil au rideau de toile qui les séparait de Nikki puis revint sur Piotr. Elle ne voulait pas détailler les raisons qui la poussaient à aller à la V.A.R. alors que Nikita pouvait l'entendre. Et elle n'était pas certaine de vouloir les raconter à Piotr pour le moment.

- D'après ce que j'ai vu, tu vas devoir mettre les choses au point très bientôt. Inna ne pose pas de questions à voix haute mais elle en a, c'est évident.



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Nikita Azarov
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le Lun 24 Déc - 0:47
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À la sortie du bar, le mercenaire était dans un état plus que vaseux. Bien que sa petite vidange eût été une véritable salvation pour son corps, il titubait toujours et ce froid... Ce froid que l’on ressent lorsque la chaleur du corps est trop élevée par rapport à l’environnement. Ce sentiment d’alternance entre la douce chaleur et le glaçant froid. C’était ce qu’il ressentait. Et son cœur, qui tambourinait à une allure folle, n’aidait pas.

Si Nikita n’avait pas été assez lucide pour relever la tendresse de Piotr avant d’aller vomir, depuis qu’il était revenu de sa petite escapade et que le groupe avait quitté le bar, la proximité du médecin était bien plus palpable pour le mercenaire. Les attentions du plus âgé, ses gestes tendres, sa proximité, tout ça causait en Nikita des sentiments contradictoires. Outre le fait qu’il aimait mener la danse de la séduction, il ressentait là un certain malaise. Les effluves malodorants de déjection gastrique lui envahissaient les narines. Faisant jaillir des questions trop inhabituelles pour le brun. Je ne le dégoûte pas ? Est-ce qu’il sent ça ? Il est en colère contre moi ?

Questions qui, pour la plupart étaient démenties par les gestes affectueux du médecin, mais Nikita n’arrivait pas à raisonner correctement. Il se sentait gêné, les joues enflammées, il aurait bien repoussé le médecin pour ne pas lui infliger le résultat de son excès d’alcool, mais il n’y arrivait pas. Non, cette proximité avait quelque chose en plus, faisant naître un nouveau sentiment. Ses entrailles se tortillaient. C’était agréable et bien trop rare. Habituellement ça ne faisait pas ça. Jamais la proximité avec un autre être humain n’avait gêné ou rendu heureux à telle point le mercenaire. Sauf peut-être une personne, mais ce sentiment avait été oublié depuis longtemps. Alors pourquoi ressentir ça ?

Ces questions se bousculaient dans son esprit, alors qu’il ricanait faiblement, souriant timidement à son aîné. S’il s’était vu ainsi, sobre et en pleine possession de ses capacités mentales, il se serait moqué de son attitude, il l’aurait qualifié de ridicule. Pourtant, il ne voyait pas comment agir autrement.

Le groupe fini enfin par arriver chez Valya. La maîtresse des lieux et le médecin aidèrent Nikita à s’allonger sur un matelas. Ce dernier murmura de faibles excuses à ses amis avant de se mettre sur le ventre. Enfouissant sa tête dans le matelas.

Rapidement, il se mit à somnoler, les sons furent de plus en plus diffus autour de lui et il se laissa aller dans un sommeil sans rêve.

Qui ne dura pas si longtemps que ça. Il se réveilla tout juste à temps pour entendre Piotr qualifier leur relation de « tendue » et pour que Valya renchérisse. Les yeux grands ouverts, dirigés vers la taule de l’appartement, Nikita resta figée. Sans réellement savoir comment assimiler l’information. Il se tourna néanmoins, se mettant sur le dos et regardant le plafond. L’esprit assaillit de questions. Ça ne lui ressemblait pas d’autant s’embêter avec tout ça.

Vraiment pas non.

Il se traîna aussi énergiquement que lui permettait son était hors du lit qu’il empruntait.

-C’est pas sympa de ta part de le monter contre moi sans que je puisse répondre, Valya.

Il avait dit cela tout en levant le tissu de la tante. Son éternel sourire sur le visage. Ses yeux, bien que rougis par la fatigue, pétillaient d’une certaine malice. La présence de la fièvre était encore visible sur son visage, mais il avait retrouvé son attitude initiale. Ce qui était déjà bon signe. Tout en asseyant à la place qu’Inna avait laissé, il jeta un regard à ses deux amis.

-Je plaisante, hein. Soyez pas aussi tendu !

Toujours souriant, il camouflait au mieux son amertume envers ces deux interlocuteurs.
Piotr Zinoviev
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le Dim 30 Déc - 3:01

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Piotr se sentit attaqué. Son regard s'aiguisa,  tranchant celui de la femme en face de lui. Il brûlait de lui répondre. Mais aucun mot ne venait, et il était face à un ressenti qu'il ne pouvait comprendre, exprimer ou expliquer. Avoir vu ce sourire ironique s'étaler sur les lèvres de l'armurière avait provoqué une pression autour de ses côtes. Un écrasement qui était remonté à son visage en bouffé de chaleur colériques. Le médecin percevait la remarque de Valentina comme un reproche. Bien enrobé et présenté comme un cadeau, qui au fond avait certain pour but de l'aider et tenait plus du conseil, il aurait du le savoir. Mais l'information avait dans son esprit tracé le mauvais chemin. Et même s'il connaissait les manières jugé brusques de la femme, qui lui convenaient parfaitement, un peu de son amour propre et de son amour pour un autre était mis à mal.

Il détourna le regard, inspirant dédaigneusement pour extériorise un minimum l’agressivité  grondant sourdement en lui avant de revenir vers l'armurière. Il gardait toujours envers elle une légère rancœur, mais arrivait à la mettre en sourdine pour revenir à des préoccupations plus importantes. Le mystère que gardait Valentina autour de la raison de son départ d'augurer rien de bon. Et  ne prouvait qu'une chose : Si elle n'était pas menacé, alors quelque chose pesait sur son mental et la tourmenté. Quelque chose d'assez important pour que cette forte tête accepte l'idée que le problème devait être réglé, et fasse le déplacement jusqu'à la V.A.R. Pour cela. Piotr était toujours aussi inquiet. L'ombre d'une menace physique sur Valentina mais il n'en restait pas moins préoccupé pour elle. Et avec la ferme intention de pêter les dents à ce qui semblait autant la perdre et la troubler, si elle ne s'en occupé pas elle-même.

«  Hum. Désolé d'être aussi... Intrusif. »


Marmonna-t-il d'une voix de basse mélangeant les sons des mots, conscient que trop insister auprès de Valentina ne pouvait être que contre-productif. Mais incapable de s'en empêché.

Voilà que l'armurière revenait sur le sujet « Nikkita ». Il soupira, retenant son malaise et son agacement. Le stalker représentait un pan de sa vie qu'il négligeait depuis toujours, depuis qu'il avait l'impression de ne plus pouvoir aimer sans être un danger.  Et la possibilité d'un peu trop de nouveauté. Il savait qu'en suivant cette logique, et son engagement envers Inna, il aurait du remettre le barbu à sa place depuis longtemps. Mais il n'y arrivait pas. Voir Nikkita se démener pour attirer son attention était évidement flatteur. Mais surtout, il nourrissait cette ambiguïté entre eux, comme on nourrit qui nous protége du froid.
Le médecin ne doutait pas des objectifs à court thermes du plus jeune. Et il savait que même s'ils étaient amis, il était impensable -et de toute façon impossible- que Nikkita veuille  fabriquer quelque chose avec lui. C'était juste un ami -bien plus jeune que lui- qui avait tendance à trop souvent poser son regard en-dessous de la ceinture.  Mais il n'arrivait pas a effacer la possibilité d'un jour, quand il serait trop fatigué, trop perdu et acculé, dire oui. A quoi, il ne savait pas, et il laissait au stalker le soins de le surprendre sur ce point.

Il soupira, passant une main rapide dans ses cheveux, resserrant l'étau de ses doigts sur le gobelet.

« Je sais. Et je sais qu'elle a bientôt 12 ans, et qu'il va falloir penser à parler de... Tout ça avec elle, et que je ne suis pas le mieux placé pour cela. Mais comment je suis censé lui dire que l'homme qui se rapproche le plus d'un ami pour elle ne penser qu'à baisser le futal de son père ? »

Demanda-t-il d'une voix basse et sarcastique, ponctuée d'un ricanement. Et comme pour le poignarder jusqu'au cœur, il entendit àà ce moment précis la voix de Nikkita dans son dos. Piotr se retourna d'un coup, faisant face au stalker avec l'impression meurtrissante d'être prit en faute. Il fixa l'expression fiévreuse et les yeux malicieux du plus jeune sans réagir, sentant une logorrhée noyer toute la cohérence de son cerveau.
Et avant qu'il n'ai pu réagir, Nikkita était allé s'asseoir prêt de Valentina, dardant sur eux un regard faux.

Piotr se réfugia derrière son statut de médecin en droit de houspiller son patient.

« Je t'avais dit d'appeler si tu te levais... »

Lâcha-t-il sèchement, fronçant les sourcils au-dessus de son regard sur la défensive. Il posa son verre, allant chercher dans ses sacoches se dont il avait besoin pour vérifier l'état du plus jeune, et revient prêt de lui pour s'asseoir sur l'accoudoir, à l'opposé de Valentina. Dans son poing, il brandit un petit morceau de bois polis et plat.

«  Tu connais la routine, faire 'Ha' est tous ça. »

Le médecin referma sa main autour de la mâchoire, dardant sur lui un rempli d'une colère qui était sienne, et qu'il retournait pourtant contre Nikkita.



Valentina Nikolaïeva
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le Dim 30 Déc - 13:55
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Valya esquissa un petit geste vague de la main, signifiant à Piotr qu'il n'était pas trop intrusif. Pas à ses yeux. Il avait encore de la marge avec elle. Concernant Inna en revanche, elle était d'accord sur le fait qu'il allait falloir lui parler. À douze ans, les gamins nés dans le Metro étaient assez mûrs et lucides pour comprendre ce qui se jouait dans le monde. Bon nombre d'entre eux avaient déjà connu le sex et la violence, même. Inna avait été relativement préservée mais elle méritait qu'on lui explique ce qui se passait ou pouvait se passer et pourquoi les émotions de son père étaient aussi embrouillées.

L'irruption de Nikita l'empêcha de répondre quoi que ce soit ou même de s'étendre sur ses propres confidences. Impossible de savoir si elle en était déçue ou soulagée. Nikki avait un don inné pour surgir au plus mauvais moment et interrompre les gens. Il parvenait toujours à s'imposer avec une nonchalance qui passait l'entendement. Cette fois pourtant, et bien qu'il prétende plaisanter, elle sentit qu'il avait été blessé. Elle n'en comprit pourtant pas le moins du monde la raison. La seule chose qu'ils avaient dite à son sujet en son absence, était que sa relation avec Petya était tendue, ce qui était une évidence qui crevait les yeux.

Contrariée par son attitude de sale gosse boudeur et par celle paternaliste et détachée de Piotr, elle se leva plus vite qu'elle n'aurait voulu - et du - et cogna son genou contre une caisse, étouffant un juron. Rattrapant son verre, elle l'avala cul sec tout en posant sur les deux hommes un regard indéchiffrable et détaché. Nikki allait triompher d'être ainsi au centre de l'attention de celui qu'il poursuivait inlassablement de ses assiduités. Mais avait-il jamais réfléchi aux conséquences de ses actes ? Et même si Piotr se laissait aller avec lui, que se passerait-il ensuite ? Nikita n'allait certainement pas changer du jour au lendemain et devenir un compagnon stable et fidèle, ce serait absurde et destructeur. Mais tel qu'il était, il ne pouvait pas faire du bien ni au médecin, ni surtout à sa fille.

Il était toujours si désinvolte, totalement irresponsable quant aux conséquences de ses actes et de ses désirs. Elle aurait voulu lui faire entrer un peu de plomb dans la cervelle en le secouant jusqu'à ce qu'il fasse preuve d'un peu de lucidité. Cette fois pourtant, ce n'est pas la raison qui la retint mais un pincement intérieur qui lui souligna qu'elle se montrait peut-être un peu injuste. Irritée, elle se détourna pour remplir les trois verres. Elle ne voulait surtout pas admettre ce que sa conscience lui hurlait au néon rouge dans la tête : que son départ pour la VAR était très exactement le genre d'acte irréfléchi qu'elle reprochait à Nikita.

Le pincement de culpabilité la rendait plus irritable encore et lui donna envie de cogner quelque chose ou de hurler. Elle aurait peut-être mieux fait d'arrêter de boire, l'alcool n'aidait pas vraiment à se montrer lucide ou juste, mais c'était trop tard.

- T'es pénible, Nikki, finit-elle par lâcher dans un grincement colérique. Tu fais tout pour mettre les gens mal à l'aise, pour attirer l'attention sur toi, et après tu te vexes qu'on en parle. Tu t'attendais à quoi au juste ?

Elle se força à se percher sur l'accoudoir en face des deux hommes, de l'autre côté de la table, pour ne pas trahir à quel point elle se sentait frustrée et en colère. Le verre serré entre ses doigts était encore plein mais elle avait encore envie de le boire d'un trait, puis un autre et encore un autre, jusqu'à l'oubli brumeux et migraineux qui s'ensuivrait. Tout pour ne pas penser qu'elle faisait peut-être une immense erreur.



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Nikita Azarov
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le Jeu 17 Jan - 8:54
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Avoir déposé son fessier sur le siège libre de la pièce avait paru anodin à Nikita, en réalité, il avait davantage l’impression d’être un vieux marchand qui tombait par mégarde dans un nid de Nosalis. En effet, entre Piotr qui commençait à l’ausculter avec un regard des plus violent et Valya qui maltraitait une pauvre caisse du genou -la caisse s’était vaillamment défendu, l’ambiance n’était pas très légère. Le temps que l’armurière ne revienne, Nikita avait répondu aux exigences de Piotr, ouvrant sa bouche. En temps normal, que Piotr lui demande d’ouvrir sa bouche pour y glisser quelque chose de long et dur aurait été une occasion parfaite pour lancer une nouvelle remarque graveleuse, cependant, après ce qu’il avait entendu, même Nikita comprenait que ce n’était pas le moment.

Ce fut encore plus limpide quand Valentina reposa violemment les verres sur la table et à peine assise, lui envoya une réplique acerbe au visage. D’un geste sec, le mercenaire se tourna vers elle. Tout dans son expression s’était crispé. Son regard était froid, ses lèvres pincées et sa respiration s’était légèrement accélérée.

Tout indiquait qu’il allait sortir de ses gonds.

Pourtant, il détourna simplement le regard, soupirant silencieusement, comme s’il évacuait le sentiment négatif qui l’avait habité un instant plus tôt. Il avait véritablement été vexé par ce que venait de dire Valya, mais elle avait mis le doigt sur quelque chose ; son égoïsme. Cet égoïsme qu’il n’arrivait, manifestement, pas à contrôler. Une voix intérieure lui avait doucement glissé, « c’est pour ça qu’elle est partie », cette pensée lui avait fait l’effet d’une douche froide. Étouffant sa colère pour ne laisser qu’un soupçon de mélancolie.

Avant de répondre, il considéra silencieusement le verre face à lui. Rien que d’imaginer le boire lui donnait la nausée. Il allait passer pour cette fois.

-Je suis désolé, je m’étais pas rendu compte que j’étais si… envahissant. L’habitude, héhé. Je ferais attention, maintenant.

Il avait d’abord regardé Valentina, mais, à la fin de sa phrase, il s’était tourné vers Piotr, toujours au-dessus de lui.

-Désolé de t’avoir mis mal à l’aise, je pensais pas que c’était aussi chiant. Je vais arrêter !

Il avait chastement attrapé un pan de la veste de Piotr, et plonger son regard dans celui du médecin. Détaillant ses traits fatigués. Bien que crispé par l’agacement, Nikita ne pouvait s’empêcher de trouver le médecin attirant. Se rendant compte qu’il regardait depuis trop longtemps le visage de son comparse, il glissa sa main dans l’une des poches de Piotr et en ressortie la petite boite de cigarette de ce dernier, affichant son éternel sourire narquois. Il se servit -surveillant qu’il avait bien l’approbation de son comparse- et remit la boite comme si de rien n’était. Il n’avait pas l’intention de changer du tout au tout avec eux, il serait toujours le même, mais sans les remarques et propos tendancieux. Ou bien se cachait-il derrière ce prétexte pour continuer de chérir et profiter de la présence de ses amis ?

Il frappa à plusieurs reprises le filtre de la cigarette contre le plat de sa main tout en relevant les yeux vers la maîtresse de maison.

-Je peux fumer ici ?

En fonction de la réponse, soit, il allumerait la sucette à cancer dans l’instant, soit, il se lèverait pour aller s’adosser à un endroit où il pourrait tranquillement expulser sa fumée.
Piotr Zinoviev
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le Sam 6 Avr - 0:07

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Inconsciemment, il avait compté sur Valya pour les rappeler à la raison. Elle les connaissait tous les deux depuis un temps déjà, savait quelle pique proférer pour refroidir les ardeurs d’un, quel mot cinglant figerait l’autre dans une immobilité  bienvenue. Et par-dessus tout, elle avait su mater des spécimens plus bornés. Parfois à ses dépends, son nez cassé et les autres blessures – pour l’instant toujours heureusement superficielles – dont il s’était occupé en témoignant efficacement. Mais ce soir, personne n’était dans son état normal, et si ce n’était pas l’alcool, les sentiments – corrosifs et perturbants –  se chargeaient d’altérer l’habituelle complicité que Piotr voyait dans leur trio. La réplique  acerbe de l'armurière  fini de lui rendre sa lucidité perdu, l'extrayant du marasme d'animosité dans lequel l'avait plongé  l'arrivé de Nikkita. Une inspiration, une lampée d'air qui pour une fois n'était pas vicié. Et il se sentit sorti d'apnée. Son regard voyagea entre l'armurière et le mercenaire, accablé et soudainement conciliant, un appel à la paix discret qu’il espérait voir capté par l’un deux. Sa main vint se poser avec douceur sur  l'épaule de Nikkita, troublant la cohérence de ses pensées qui n'avaient l'instant d'avant que vocation à faire retomber la tension entre eux trois. Doucement, son pouce traça un cercle sur le devant du muscle deltoïde, effleurant la brettelle du débardeur noir du mercenaire, pour caresse la peau tiède et couverte de tâches de rousseur, à la couleur atrophiée par l’obscurité du métro. Il baissa les yeux vers son cadet, le fixant un instant d’un regard sérieux se voulant impartial. L’emportement ne lui réussissait pas, ce n’était pas nouveau. Il détestait perdre sa maîtrise devant le mercenaire, lui avouant ainsi qu’il avait de l’emprise sur, malgré leur comédie, qui ne trompait plus grand monde, surtout pas Valya. Devant elle aussi, se montrer si facilement perturbé et ébranlable avec quelque chose d’intolérable, mais pour des raisons bien différentes. Une sorte de honte de ne pas apparaître à ses yeux sous son meilleur jour.

Piotr baissa les yeux jusqu'aux iris colophanes du mercenaire, restant un instant immobile – alors qu’ils s’étudiaient comme deux ennemis attendant le moment de faiblesse pour s’élancer à corps perdu –  en comprenant qu'à l'instant, Nikkita le tenait. La sève avait séchée, devenant une roche l'enfermant, l'immobilisant alors que le froissement entre le tissue de sa chemise et la main du plus jeune faisait frissonner sa peau. Dans un geste incontrôlé, il recouvrit la poigne du plus jeune de la sienne, ses pupilles se contractant sous une peur irraisonnée. Les mots du stalker et ses gestes ne collaient pas. Et il s'embrouillait, voyant dans leur contact une énième provocation de Nikkita, qui cette fois aurait décidé de faire sortir Valentina de ses gonds. La main du mercenaire battit en retraite, et entre la prise de deux doigts, Piotr sentit la surface plate et froide du métal de sa boîte de cigarette. Il comprit soudainement, s'excusant en le relâchant. Autant pour son geste que pour son manque de confiance latent envers lui. C’était les fondements de leur tension, le mercenaire se bornant à abuser de la moindre faille dans son rôle de père, son rôle de médecin, d’homme. Il ne pouvait rien laisser paraître, craignant de finir par donner trop, ou de voir le plus jeune se tourner vers lui avec un regard en disant long. En tenant autour de lui un siège permanant,  Nikkita se privait du peu que Piotr était déjà prêt à donner, et qu’il considérait comme beaucoup trop. Il fallait savoir ce faire désirer, et le stalker l’oubliait souvent.

Le médecin se détourna brusquement sous prétexte de reprendre une gorgée dans son verre, emportant avec lui le pan de manteau niché entre les doigts de Nikkita. Son visage s’était refermés ; ses trait figés, cristallisés dans une expression froide et dure. Son imagination allait trop loin, lui soufflait à l’oreille trop de choses qui ne pouvaient ni ne devaient se réaliser. Et sa raison n’arrivait plus à réellement lutter. Dans un coin de sa tête, il entendait les pas sautillants d’Inna approcher et se tarir. Elle sentait la tension dans la tente, même de là où elle se trouvait. Piotr maudit une fois de plus ce lien entre eux, qui ne pouvait que nuire à Inna, et finirait par les séparer en les rapprochant trop. Il se redressa, levant à hauteurs de visage sa main osseuse, dont les rides - nouvelles arrivantes - étaient dissimulées sous la couche d’encre noir de ses tatouages. Son regard cristallin passa d’une extrémité à l’autre de la tente, scrutant dans un ordre précis – qui attendait une réaction –  Valentina puis Nikkita pour s’assurer d’avoir leurs attentions.

« Inna revient.»

Lâcha-t-il. Et il n’y avait pas besoin d’en dire plus, tous trois savaient. Inna était leur petite protégées. Même le mercenaire, parfois à peine plus mature que la fillette, l’aimait et voulait la veiller. Piotr en était sur. Il l’espérait. Il n’aurait pas le père sans la fille.

Le bout pointu de son nez de gosse apparu timidement de derrière une tôle de l’abri de Valentina, avant qu’elle ne lance un regard dans la pièce, se stoppant sur Nikkita. Elle courut vers lui en souriant et s’assit sur l’accoudoir face à son père, attrapant une main – bien plus grande que les siennes – du mercenaire.  

« Tu vas mieux ? »

Piotr se retient de justesse d’ordonner à Inna de s’éloigner d’un potentiel malade. C’était peut-être la vie de sa fille se jouant dans cette poignée de main, mais il n’avait plus l’énergie ni la volonté de les séparer, de gâcher encore quoi que ce soit au nom de la raison. Le tout petit fœtus qu’avait été l’enfant avec bien survécu à pire.
Il ferma un instant les yeux, s’éloignant d’eux en soufflant faiblement :

« Inna, on ne sait pas ce qu’il a… »

Et il alla vers Valentina – sans voir dans son dos le visage d’Inna se décomposer, ses doigts se fermer autour de ceux du mercenaire en prise tremblante –, presque pressé de s’éloigner de Nikkita. C’était l’armurière qui aurait du le troubler ; cette vérité résonnait dans tout son crâne, limpide. Il avait toujours été laxiste sur cette question, il le constatait souvent. Là où lui adressait un sourire timide à un duo de femmes, d’hommes  se frôlant trop souvent, d’autres sortaient les armes, usaient une fois de plus de cette barbarie ayant défigurée la Terre. Avec le temps, il avait appris à composer avec, jouant le rôle de celui pour qui l’hétérogénéité d’un couple n’avait jamais été à discuter. Gardant pour lui cette certitude jugée niaise et efféminée : dans les profondeurs démentes du métro, les larves pouvaient bien ramper dans la fange prés de qui leur plaisaient.
Mais il y avait tout un monde entre observer les persécutions et pouvoir en devenir la potentielle prochaine victime. Il y avait tout un monde entre accepter les parias et en être un.
Il y avait l’univers entre imager Nikkita dans les bras d’un homme, et imaginer Nikkita dans ses bras.

Piotr posa doucement une main sur l’épaule de la femme, ses doigts faisant pression avec douceur autour du muscle deltoïde, en légère étreinte de soutient. Avant qu’elle ne s’agace plus de leur présences, il se pencha à son oreille, le regard bas et presque recouvert de ses paupières marbrée de veines sombres, murmurant doucement :

« Désolé. Je crois qu’on a abusé de ta patience. Je l’emmène, il sera mieux avec moi pour cuver. Et je pourrais le veiller en cas de fièvre. »

Ses lèvres se pincèrent, crispés l’une contre l’autre dans une grimace hésitante. Et sous l’ombre de ses paupières, ses iris tremblaient dans un mouvement saccadé.

« Et puis s’il dessoule bien, j’essayerai de mettre les chosent au claire. Change tes draps dès que possible, on n’sait pas quel connerie de microbe il y a laissé.»  

Il espérait que la défiance de façade de ses mots rassurerait Valentina, quant à ses résolutions concernant Nikkita et sa fille. Il fallait bien quelqu’un pour y croit, et ce n’était hélas pas lui. Son dévouement envers l’enfant d’un autre aurait du être sans borne. Selon la bonne morale, au nom d’un amour mort depuis une décennie déjà entre lui et Nadejdha, il aurait du faire du bonheur d’Inna l’œuvre de sa vie. Et c’était ce à quoi il s’évertuait depuis que son ancienne amante lui avait amené cette petite chose blonde. La fillette l’apaisait, et depuis qu’ils vivaient – ou survivaient – ensemble, Piotr avait l’impression de voir s’éloigner les spectres de la secte et de son père. Caché derrière sa propre stature,  ses lèvres caressèrent la tempe de l’armurière alors qu’il se redressait.

«Je serais là pour t’écouter une prochaine fois, Valya. »

Le médecin se retourna vers Inna et Nikkita, se crispant en les voyants côte à côte. Sa fouetta, d’un coup sévère et froide.

« Bougez vos fesses vous deux. On y va. »



Valentina Nikolaïeva
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le Dim 7 Avr - 15:05
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Mal à son aise sans réussir à s'expliquer ce qui la troublait tant, Valya en avait conçu une amertume certaine qui se devinait dans son attitude rigide et impolie. Ses mécanismes de défense n'avaient rien de très original, en particulier dans le Metro où il convenait évidemment d'être en permanence sur ses gardes et sur la défensive. Mais Nikki n'y verrait sans doute que du feu, trop occupé à se regarder le nombril ou celui de Piotr, songea-t-elle avec une mauvaise foi évidente, même pour elle. Piotr comprendrait peut-être, mais il ne dirait rien. Quant à Inna... Il valait mieux ne pas y penser. Elle était encore si jeune, peut-être penserait-elle seulement que Valya était fatiguée ou à cran à cause de son prochain départ.

Le retour d'Inna justement aurait du détendre l'atmosphère, les faire tous redescendre d'un cran. Mais cela ne fit qu'accentuer le malaise palpable de son père. Non, c'était décidément trop profond, trop grave, pour qu'ils puissent simplement crever l'abcès et soulager leurs angoisses par de beaux discours et de vaines promesses. Il se jouait là des choses essentielles qui éveillaient chez elle des sentiments qu'elle n'était pas certaine de vouloir analyser. Elle allait devoir se contenter de rester une lointaine spectatrice et cesser de croire que cala avait un rapport avec elle. Elle devait se détacher. De toute façon, elle serait bientôt très loin. Et avec un peu - beaucoup - de chance, elle ne songerait bientôt plus à Piotr ni à Nikita car son esprit serait bien trop occupé par toutes les nouvelles opportunités qui se présenteraient à elle, tant sur le plan personnel que professionnel.

Elle avait déjà fait signe à Nikita qu'il pouvait fumer quand Piotr annonça leur départ sans préambule. Le malaise devait être encore plus immense pour lui que pour elle, décidément. Le contact de sa main sur son épaule la surprit alors qu'elle l'avait vu venir et avait senti qu'il allait se produire. Butée dans son silence au départ, elle ne put s'empêcher cependant de tourner à demi la tête pour croiser le regard du médecin. Voilé, les paupières lourdes, il exprimait tout ce qui se dressait de manière invisible entre eux tous cette nuit-là. Baissant les yeux en signe inconscient d'acceptation et peut-être de soumission, elle ravala sa frustration et sa colère.

Son regard d'eau claire navigua vers le stalker et la gamine, captant en un instant ce qui pouvait se jouer dans la tête de l'une comme dans celle de l'autre. Une pointe de jalousie lui entra dans le coeur, ravivant l'agacement qu'elle s'efforçait pourtant de dominer. Pourtant elle ne bougea pas un cil, maintenue à sa place et calme par la main amicale de Piotr qui avait un don incompréhensible pour annihiler ses vagues de fureur, comme son père autrefois, comme Ivan quand il s'en donnait la peine. Quant à sa promesse de l'écouter une prochaine fois, elle n'en crut pas un mot. Non qu'elle doutât de lui, mais plutôt qu'elle pensait sincèrement qu'ils n'en auraient pas le temps avant son départ. Hochant simplement la tête, elle détourna une fois encore les yeux et les posa sur une étoffe kaki dans un coin, une certaine chemise qui lui rappelait les deux hommes de sa vie.

- Je partirai avec la prochaine caravane
, murmura-t-elle à son vieil ami.

Spontanément, elle leva sa main mutilée pour la poser sur celle de Piotr qui étreignait toujours son épaule, puis elle s'échappa de ses doigts et de ses lèvres pour se lever et attraper une cigarette déjà roulée dans la petite boîte de métal sortie par la main baladeuse de Nikki. En quelques pas, elle s'adossa à un meuble tout aussi chargé de souvenirs mais bien plus sulfureux, alluma la cigarette et offrit à Inna un sourire un peu incertain mais bien sincère de derrière l'écran de fumée. Elle hésita brièvement mais retenir l'adolescente aurait été injuste pour elle. Il n'était pas naturel qu'une fillette si jeune serve de pansement émotionnel à tant de gens. Son père était déjà suffisamment torturé. Et puis, elle n'avait pas à faire payer ses sautes d'humeur à la petite, même pas à Nikki. Bah. Elle s'excuserait un autre jour.

- On se verra avant mon départ, de toute façon.

Car malgré tout, elle laisserait la garde de son palace à Nikita. Ivan ne pouvait pas s'en charger seul, trop souvent par monts et par vaux, mais à eux deux, ils préserveraient ce que Vladimir avait construit pour elle. Une part d'elle était revenue à des sentiments plus calmes, une autre maintenait à toute force cette façade de froideur et de détachement. La fumée dissimula encore une fois ses traits et lui cacha la chemise de vétéran qu'elle observait toujours, impatiente de l'enfiler et de quitter son antre malgré la peur qui lui tenaillait le ventre. Tendant sa main libre à Inna, elle fit passer le moment en l'attirant près d'elle pour l'embrasser avant de la laisser partir.



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Nikita Azarov
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le Ven 19 Avr - 12:13
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Piotr s’agitait, son langage corporel était contradictoire. Nikita envisageait tout un tas d’hypothèse pour justifier l’étrangeté du comportement du médecin. Il prenait soin de toujours écarter la plus évidente : que Piotr éprouve du ressentiment envers lui. Heureusement, le destin sembla donner à Nikita une raison à ce trouble lorsque le tatoué annonça qu’Inna arrivait.

Nikita se mit à tirer un peu plus fort sur sa cigarette, histoire de ne pas enfumer les poumons sains et roses de la jeune fille. Elle ne tarda pas à arriver à se précipiter vers lui pour attraper sa main. Il cracha le reste de sa fumée à l’opposée et écrasa sa cigarette contre sa semelle. Il reporta alors son regard sur la jeune fille et échangea avec elle un sourire narquois.

-Le lit de Valya était très confortable, un plaisir de vomir dedans, héhé.

Lorsque Piotr mit en garde Inna sur le trouble que laissait planer l’état de Nikita, ce dernier lança un nouveau sourire goguenard à son amie.

-Je crois qu’il est un peu chafoin, on ferait mieux de se faire petit, partenaire !

Les deux « enfants » turbulents se mirent à faire des messes-basses, où Nikita expliquait que pendant qu’Inna était parti, des mutants avaient attaqué, mais qu’heureusement, Piotr et Valentina les avaient renvoyés dans l’obscurité mano à mano. Inna renchérissait en jouant le rôle de l’enfant crédule et admirative tandis que Nikita s’enfonçait encore plus loin dans son rôle de conteur fou.

Mais la voix sèche de Piotr raisonna, intimant aux deux comparses de se lever. Nikita se tourna vers Valya en lui offrant un simple signe de main avec un sourire.

-Bon courage pour ton périple et merci pour la sieste ! Et…

Il marqua un temps de pause relativement long, tout en prenant un regard grave et triste.

-J’ai pas vomi dans ton lit.

Puis il sortit de la tente en premier, fier de sa petite blaguounette. Honnêtement, le mercenaire n’avait aucune idée d’où elle allait. Il aurait bien posé des questions sur la nature de ce fameux voyage qui semblait au centre des discussions entre Valya et Petya, mais, ce n’était peut-être pas le moment. La tension était encore palpable. Il pensait à tout ça devant le palace de Valya, attendant Inna pour continuer de préparer leur machiavélique plan d’asservissement du métro et Piotr pour peut-être, espérer effleurer son épaule de la sienne.
Piotr Zinoviev
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Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Piotr senti dans son dos, la main de Valentina se poser sur la sienne, et immédiatement se retourna, lui lançant un sourire rassurant mais peu assuré, qu’il perdit lentement à l’entente de sa phrase. Il avait la sensation Ô combien désagréable d’avoir échoué à les réconcilier toutes les trois, d’entrevoir la rupture que Nikkita pourrait provoquer entre l’armurière et lui, et surtout, surtout de ne pas avoir été à la hauteur des attentes de son amie. Le coche avait été raté, et l’être complexe et parfois hostile qu’était Valentina s’était refermé sur elle-même pour la soirée, peut-être plus longtemps encore. Il lui sembla qu’en se levant, elle fuyait son contact, et sa main - l’instant d’avant encore sur l’épaule de la femme -  retomba en point nerveusement crispé prêt de sa hanche. Cette soirée avait mal tournée, qu’importe comme en apparence l’équilibre de leur groupe semblait durer; lui savait que ce soir, un fossé s'était creusé entre Valentina et lui. Tout comme il savait que les uniques responsables de cela étaient Nikkita et lui, prit dans un flirte qu’il niait et entretenait à la fois. La réaction de l’armurière n’était rien de plus qu’un avertissement, une énième mise en garde contre leur comportement, que l’alcool avait peut-être décuplé.
L’alcool ou la répétition en trop de leur jeu bancale.

“Bien. Je serais avec toi…”

Murmura-t-il aussi quand elle passa prêt de lui, peu enclin à permettre à Nikkita de cerner la moindre bribe de leur conversation, et à le laisser jouer de leurs nerfs. Le stalker était désormais devenu son compagnon d’infortune dans l’inclémence qu’il abattait lui-même sur eux ce soir. Et la discussion que Piotr avait prévu d’avoir avec le stalker une fois qu’il l’aurait traîné jusque chez lui promettait de ne pas rester cordiale trop longtemps. Ce n’était pas la première fois que le médecin le voyait dire des obscénités devant Inna, ce n’était pas la première fois qu’ils s’agaçaient tous les trois assez pour qu’un d’eux n’en viennent à se renfermer face au deux autres. C’était la première fois en revanche que l’un deux leur parlait soudainement d’un voyage à la V.A.R pour “un moment”, et que le soir même, ils poussaient cette même personne à bout. Piotr connaissait la mentalité déterminée - têtue? - de Valentina, et son tempérament féroce: les deux donnaient souvent un résultat éruptif. Et il craignait que portée par ses émotions, l’armurière ne décide de rester à la V.A.R le temps qu’ils s’oublient tous les trois.

De l’autre bout du “salon”, l'effervescence d’Inna l'atteignit de plein fouet. Alors que n’importe quelle personne extérieur n’aurait entendu que les éclats de rire d’une fillette bientôt adolescent, lui ressentie une nouvelle fois l'étau mentale de la psyché de sa fille, fermement soudée et imbriquée à la sienne, frémir et pulser, au rite de sa voix. Ce qui aurait dû l’apaiser vient aiguillonner son agacement, et il chassa violemment l’enfant de son crâne, provoquant  chez elle une infime crispation et un hoquet au milieu de son rire.  Du coin de l’oeil, il regarda Inna se lever et partir pour suivre Nikkita, avant qu’elle ne tourne la tête vers la main que lui tendait Valentina, répondant doucement à son sourire. La fillette vint passer ses bras autour de l’armurière et posa sa tête contre sa poitrine avec un grand sourire, ignorant la fumée de la cigarette qui planait doucement autour d’elles.
Cette vision eu un effet répulsif immédiat sur Piotr, qui préféra détourner le regard et commencer à ramasser ses sacoches puis sa boîte métallique, reposant toujours là où l’avait laissé Valentina.

“Aller Inna, on y va. Nikkita va vomir sur ses pompes sinon.”

Dit-il, en continuant de ranger le contenue de ses sacoches dans des gestes secs et précis, qui s’arrêtèrent un instant à la plaisanterie du stalker, ses yeux se levant au plafond de l’habitat de Valentina. L’envie de l’écraser à terre pour lui faire reprendre contact avec la réalité - et toutes ces choses qui passaient devant lui mais qu’il manquait - était titillante, et il finit se ranger ses sacoches avec la précipitation qu’engendre la colère, ses doigts se crispant sur chaque objet. Il  releva un instant son regard, observant Nikkita quitter l’habitat, puis la fillette lâcher l’armurière, lui adressant un petit signe de la main et un sourire en s’éloignant en rejoignant l’homme à l’extérieur.
Lentement, Piotr tourna la tête vers Valentina, observant son visage dont les traits disparaissaient par intermittence derrière les arabesques de fumée. Elle était déjà à la V.A.R. Accrochant sa deuxième et dernière sacoche à son épaule, il vient doucement vers elle et s’arrêta un instant devant elle, le visage baissé pour observer ses traits cristallisés dans cette éternelle expression d’indifférence glaciale et féroce, qu’il aurait traduit comme du mépris chez n’importe qui mais pas elle. Il la connaissait trop pour cela. Comme une seconde fille qui pourtant ne l’était pas ou plus, et le léger regard qu’il perdit sur sa gorge le lui rappela efficacement. Piotr posa doucement ses mains sur ses bras, encaissant l’âcreté de la fumée de sa cigarette sans broncher. Il se pencha doucement vers elle, venant un instant poser silencieusement ses lèvres sur son front, ses yeux ouvert fixant dans le dos de la femme un pan de toile de jute servant de mur.

“Ca va aller. Quoi qu’il t’arrive, je suis là.”

Il se recula légèrement, prenant le temps d’observer son visage et les changements qu’un baiser y avait laissé avant d’ajouter à voix assez basse pour que Nikkita ne l’entende pas:

“Je suis désolé pour ce soir.”

------

Inna envoya un coup de pied dans un petit morceau de gravat tombé d’une colonne, l’envoyant petit à petit vers Nikkita. Elle releva les yeux du damier de Prospect Mira pour sourire avec autant d’aplomb que possible au stalker, tant pis comme la dernière forme d’attachement qu’elle lui avait témoigné c’était soldé par le verrouillage simple et pure de l’esprit de son père. En filigrane, il se passait quelque chose entre Valentina, Nikkita et Piotr qu’elle ne comprenait pas ou qu’elle ne comprenait que trop. L’innocence était une notion oubliée désormais, dans une société qui n’avait plus le luxe d’éduquer ou de préserver ses enfants. Et elle savait très bien ce qui régissait une partie des relations humaines, par sa présence ou son absence. Il avait fallut un moment pour qu’elle assimile que certaines personnes n’avait pas besoin d’aller voir de l’autre côté de l’humanité pour trouver ce qui leur plaisait. Elle ne savait toujours pas quoi en penser, navigant à vue entre les convictions de son père qu’elle devinait plus qu’il ne plus expliquait, les propres penchants de Valentina et Nikkita, et ce qu’elle entendait autour d’elle dans un cercle moins privé.


“Dis.”

Elle s’approcha du stalker, les mains dans le dos, faisant mine de toujours s’intéresser aux gravats sur le sol. Du côté de son père, il y avait toujours ce blocus, mais elle sentait une sorte d’apathie générale, et prenait soin à bien maîtriser ses propres émotions pour ne pas attirer sa vigilance.

“Pourquoi vous restez amis avec Papouchka? Alors que vous vous disputez souvent….”



Valentina Nikolaïeva
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le Dim 11 Aoû - 14:41
Armurière

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Surnom :: Valya
Les adieux de Nikki s'achevèrent sur une plaisanterie de mauvais goût mais Valya n'était déjà plus en colère. Une grande fatigue s'était abattue sur elle d'un coup. Peut-être parce qu'elle réalisait peu à peu qu'elle devait faire ses adieux à son monde. Elle avait beau avoir bougé et voyagé partout dès son plus jeune âge, elle n'avait jamais vraiment quitté son ancrage de Prospekt Mira. Ou du moins, elle avait toujours gardé la certitude que cet endroit était là, son domicile, son origine et son but.

Aujourd'hui, non content de se jeter du haut d'une falaise qui pouvait la tuer, elle quittait et abandonnait tout son univers sans savoir si elle avait l'espoir d'y revenir ou de ne jamais le retrouver. Trop partagée entre ces émotions intenses et contradictoires, elle ne savait plus très bien où elle en était. Ses relations avec les autres déjà peu aisées s'en ressentaient d'autant plus.

Le malaise entre les trois adultes avait fini par atteindre Inna, elle en était consciente, mais restait bien trop maladroite elle-même pour espérer arranger quoi que ce soit. Elle se résigna donc à laisser les choses aller comme elles le devaient plutôt que de forcer dans un sens ou dans l'autre. Inna et Nikita sortis, il ne resta bientôt plus que Piotr qui rassemblait ses affaires.

Il lui semblait qu'il s'agitait plus pour paraître occupé que parce qu'il l'était réellement mais elle songea soudain que cette pensée n'avait pas de réel sens rationnel. Qu'importe. Le médecin était un vieil ami, celui de son père avant elle, il avait toujours fait partie de sa vie, il connaissait bien des secrets et en devinait certains autres. Pourtant cette fois, elle s'efforçait de le tenir à l'écart. Parce qu'il avait ses propres défis auxquels il devait faire face. Ou parce qu'elle manquait si cruellement d'assurance ou de foi en l'avenir.

Une fois trouvé ce qu'elle partait chercher, il serait toujours temps d'en faire part aux autres, à ceux qui, dans sa vie, étaient ce qui s'approchait le plus d'amis. Elle aviserait une fois que le nom qui lui tournait sans arrêt dans la tête, une fois que les souvenirs qui lui traversaient l'esprit en permanence, une fois que les images de ses espoirs inavouables, que tout cela serait exorcisé.

Le baiser sur son front, les mains sur ses bras, le souffle de Piotr la rappela au présent et elle leva les yeux pour croiser son regard. Un vague et bref sourire étirant le coin de ses lèvres, elle secoua la tête lentement. Il n'y avait pas de quoi être désolé. Surtout pas lui.

- Ne le sois pas. Et ne t'inquiète pas.

Le jour se faisait petit à petit dans son esprit. Elle avait intégré l'idée que son vieil ami serait du voyage, que Nikki garderait son réduit, et que bientôt elle saurait si elle était une idiote ou si elle avait droit à certaines choses elle aussi. Elle ne pouvait pas - ou ne savait pas - se montrer aussi affectueuse que le médecin, mais elle sourit encore, rapidement et d'un air un peu bravache, pour lui signifier qu'il n'avait qu'une fille dont il devait se soucier et que ce n'était pas elle.

- Je viendrai te voir dès que le départ s'annoncera pour qu'on s'organise.

Elle le laissa partir sur ces mots trop pragmatiques mais qui étaient pourtant proches de ce qu'elle pouvait faire de plus amical. Ce qui tenait lieu de porte se referma sur les trois silhouettes et elle s'affala dans son fauteuil pour finir la gnôle et s'endormir là, comme son père avant elle, du moins les soirs où il croyait qu'elle n'en saurait rien.



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Nikita Azarov
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Mercenaire - Lycaon
le Dim 11 Aoû - 15:50
Mercenaire - Lycaon

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Surnom :: Nikki
Quelque chose avait changé chez Inna lorsqu’elle était sortie de la tente. Le mercenaire avait jeté un regard et un sourire enjoué à sa camarade de conquête métropolitaine hypothétique, pour la voir taper dans un caillou, le regard dans le vide. La seconde d’après, elle lui lançait un large sourire qui semblait faire fit de ce petit état qui l’avait traversé.

Nikita aurait aimé faire comme si de rien n’était, se désintéresser de l’état de l’enfant en appliquant sa parfaite aversion de ces êtres encombrants. Mais, décemment, avec Inna c’était différent. Nikita tenait à elle, comme à une véritable amie. Mais à trop la considérer comme une amie, il avait peut-être oublié le fossé générationnel les séparant. Loin de se douter que le problème venait du magnétisme de Piotr, il avait néanmoins assez de jugeote pour se dire qu’elle n’avait pas besoin de les voir dans cet état.

Surtout lui. Il fallait dire que ce soir, il avait fortement abusé. Qu’elle ne se méprenne pas, il était un déchet un soir sur quatre. Perturbé par toutes ces informations et contradictions, ce fut Inna qui parla en première. Il reporta son regard vers elle. Elle semblait fuyante, loin de la pimpante partenaire de crime d’il y a une seconde.

Lorsqu’elle posa sa question, Nikita ne put s’empêcher de rire. Elle était bien une enfant finalement, très direct. C’était un rire sincère, amusé quoiqu’un nerveux.

-Héhé ~ t’y vas pas avec le dos de la cuillère, pas vrai ?

Il alla s’asseoir en tailleur à proximité de la jeune fille. Il invita du regard la jeune fille à se joindre à lui.

-C’est une question difficile que tu me poses. Mais j’pense que tu vois la chose du mauvais angle. C’est parce qu’on se dispute souvent que Petya et moi qu’on reste amis. C’est comme quand tu te fais gronder parce que tu bois trop vite ton thé, tu vois ? C’pour pas que tu te brûles. Eh ben, les relations humaines, c’est pareil, on s’engueule pour pas se brûler.

Il parlait en faisant de grands gestes et toujours en souriant.

-Si on reste amis malgré nos différents, que ce soit avec ton père ou Valya, c’parce qu’on sait que quand on déconne, bah les autres sont là pour dire : « stop, tu es dans la zone rouge ! ». Et que, on peut toujours compter sur eux.

Il marqua une pause, fouillant dans une des poches de sa veste. Il en sortit le jeu de tarot donné par son ancienne amante, un sourire nostalgique vint colorer son visage.

-Nos engueulades font de nous des personnes meilleures. Même si ça fait souvent mal, héhé !

D’un revers de main, Nikita passa un doigts sur ces yeux, avant de relever la tête avec un large sourire sur le visage pour détourner l’attention de ces yeux irrités.

- Et puis, faut pas oublier qu’on a des moments marrants, bien plus fort que nos engueulades. Finalement, l’amitié, c’est avec ça que tu combats la solitude. Elle te donne des souvenirs, bons ou mauvais, comme armes pour que tu saches que jamais tu seras seule. Là.

Et comme pour conclure, il sortit de son paquet la carte « The Lovers » et la pointa vers le cœur d’Inna.
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