Ce qui ne me soûle pas...
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le Ven 5 Oct - 23:02

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Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Calmes-toi, calmes-toi. Bon sang mais vas-tu te calmer!
Piotr accéléra le pas, courant après sa fille déchaînée. Ses mots, pensés avec tant de force qu’il lui semblait les avoir murmuré dans un râle erratique, s'adressaient autant à elle qu'à lui. Dès qu'Inna avait appris qui ils allaient rejoindre, elle s’était élancée en avant, stoppée de justesse par son père la tenant fermement par la manche de son manteau. L'asticot lui avait laissé son anorak dans les bras, arrachant les boutons pression, glissant ses fins bras hors du vêtement, pour foncer vers la salle principale de Prospect Mira.
Elle se glissait maintenant entre les adultes plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait, ses cheveux ondulés voletant derrière elle en masse informe et mouvante, un sourire sur ses lèvres effaçant toute la crasse de ses joues. Ses mouvements étaient oniriques souples, fluides et presque animales, calqués sur ceux d'une autre femme au corps tatoué et sanglé qu’elle admirait en silence. La petite se tordait dans tous les sens pour atteindre la grande salle de la station. Elle sentait son esprit se vider, son corps s’alléger à chaque foulée. Et dès que ses pieds touchèrent le damier si caractéristique de Prospect Mira, elle s’époumona avec le manque de pudeur des enfants.

« -NIKKI ! VALYA ! »

Entre deux silhouettes sombres elle les vit, assis autour d'une table. Des bouteilles traînés autour d'eux, des cadavres d'un combat dont ils ne semblaient pas être totalement sortis vainqueurs. L'une d'elles avait même roulée à terre, miraculeusement intacte, appuyée contre la botte de Valentina. La petite s'approcha d'eux, retrouvant une démarche humaine, sage et angélique. Elle s'arrêta au bout de la table, droite et immobile, presque militaire ainsi, avec la poitrine légèrement en avant, les bras croisés dans le dos et la tête haute. Son regard phosphorescent navigua entre les deux comparses, allant de l'un à l'autre, de l'autre à l'un, jusqu'à ce qu'une lueur amusé naquît dans ses iris. L’enfant pencha la tête sur le côté, la masse dense de ses cheveux suivant lourdement le mouvement.

« - Vous avez fait des bêtises ! Niki t'es cuit ! Papa va pas être content ! »

Lâcha la fillette, un sourire en coin tordant ses lèvres pâles. Elle s’installa à côté de Valentina, face à Nikkita avachit sur la table,  et ramena contre elle ses jambes couvertes d’un jeans usé et délavé. Sa tête se pencha sur le côté jusqu’à rencontrer l’épaule -musclée par le travaille- de Valentina et s’y appuyer doucement. Ses yeux se clorent doucement, alors qu’elle souriait sereinement. Elle était au milieu de sa famille, son groupe, sa meute. Malgré son âge, elle avait la sensation de tous les protéger, d’être une sorte de créature supérieure veillant sur eux deux, et son père en prime. Peut-être la réaction de l’alchimie des émotions du père et de la fille mélangées. Rien ne pouvait lui arriver, c’était comme une certitude totale.

***

Encore mélangé à la foule et invisible, Piotr regardait la scène comme une antithèse de sa fille : le regard assombris, les traits sérieux. Ses yeux semblaient presque noirs, couverts d'une légèrement ombre provoquée par le froncement de ses sourcils. Et ses épaules, légèrement relevées par la tension, paraissaient plus carrées.
S'il était heureux de revoir l'armurière qu'il avait vu grandir jusqu'à devenir à la Hanse une référence en matière d’armement, ce n'était pas le cas pour Nikita. Pas comme il l’aurait voulu.
Piotr avait finit par accepter après de multiples tergiversations, que le mercenaire avait quelque chose que les autres hommes ne possédaient pas. C’était désagréable à s’avouer. Mais Nikita était comme Nadejda ou Sacha. Il possédait quelque chose d'unique qui attirait le médecin, et le troublait tout autant. Un arcane qui semblait interdire à Piotr de détourner les yeux, qui lui faisait pardonner toutes les conneries de celui qui pour un peu aurait pu être son fils, à lui qui infligeait son exigence à tous. Même si le tatoué avait enfouit tout cela au fond de lui et prenait soin de ne jamais y réfléchir, ne jamais ouvrir la boîte de Pandore, la vérité ressortait parfois. L’obligeant aux prémices d’une remise en question qu’il ne se trouvait plus en âge de faire.
Le médecin se méfiait de lui-même plus que de Nikita. Il avait parfaitement conscience  de ses faiblesses, et redoutait de faire passer son bonheur avant Inna, avant son devoir paternel ou même avant sa rédemption, qui serait l’œuvre d’une vie.

Il prit une inspiration en avançant vers le trio, les mains dans les poches et sa casquette assez enfoncée sur sa tête pour masquer son regard. Comme si ça ne suffisait pas cet abruti est bourré ! Piotr ralentit en arrivant devant la table, lançant un regard noir aux bouteilles disséminés.Bel exemple pour Inna. L’une d’elle lui renvoya son reflet, déformé, teint en vert et pourtant fidèle. Un homme austère, pourtant semblant à deux doigts de se briser comme le verre. Peut-être n’étais-ce qu’un délire de son imagination, à lui qui savait dans quel état il se tenait. Mais peut-être que ceux assit à cette table, le connaissant depuis assez longtemps, savaient eux aussi de quoi il en retournait.

« - Tu as voulu t’assurer qu’il ne tenterait pas un casse une fois soûl et il t’as entraîné dans ses conneries, Valya ? »

Plaisanta le médecin en relevant les yeux sur l’armurière aux joues rougis par l’alcool. Si elle semblait encore un peu lucide, Nikita avait passé le cap de la gueule de bois depuis un verre déjà. Piotr entendait un rire permanant se glisser entre les lèvres du barbu, et secouer ses épaules à peine couvertes de son éternel débardeur noir. Le tatoué laissa son regard un instant s’écraser sur le cou pâle et sculpté du stalker avant qu’il ne se reprenne avec un raclement de gorge feint. Ses yeux retournèrent à Valya, se durcissant en voyant les traces bleues et violacés couvrant les joues et le nez de la femme. Sa voix s’adoucit alors qu’il inclinait légèrement la tête sur le côté, les sourcils légèrement froncés.

« -Qu’est ce qu’il t’est arrivé ?
 Toi j’te dis pas bonjour, t’es trop torché pour ça. »


Ajouta-il sèchement à l’intention du mercenaire, se voulant blessant tout en sachant que Nikita lirait probablement dans son jeu.



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Mercenaire - Lycaon
le Jeu 18 Oct - 22:24
Mercenaire - Lycaon

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Age :: 23 ans
Patronyme :: Ilitch
Surnom :: Nikki
Nikita s’appuyait de tout son poids contre son avant-bras droit, qui était écrasé contre le bois d’une table jonchée d’innombrables bouteilles. Le jeune mercenaire avait les cheveux ébouriffés, les joues et le nez rougit, ses traits étaient fatigués par l’ivresse, mais aussi animés par cette excitation propre aux festivités et aux soirées arrosées. Ses paupières tombaient légèrement et son regard avait du mal à rester fixe. Il regardait sa comparse de beuverie -tant bien que mal, Valentina en adoptant une expression déterminée, se voulant presque intimidant par un froncement de sourcil exagéré. Il pointa son index gauche vers Valya, le doigt tanguait dans les airs, il ne s’immobilisa que lorsque Nikita posa son coude sur la table après plusieurs essais infructueux.

-Je te parie… que je peux boire… Le nombre de gorgées qu’il y aura sur la face de mon dé !

La réplique de Nikita s’était perdu dans le brouhaha du bar, ne laissant le loisir de la comprendre qu’à Valya. D’une main, le brun attrapa l’un des dés posés au milieu du cimetière de bouteilles. Il leva sa main et lança le dé. Ses yeux inquiets guettèrent la face qui allait apparaître. Lorsqu’il la vit, il se jeta en arrière en geignant.

-Merdeuh !

Il frappa dans le vide en affichant une grimace enfantine. Le dé affichait un six, ce qui était exactement le nombre de gorgée qui restait dans sa bouteille. Dans un soupir et une moue toujours plus enfantine et grincheuse, il attrapa sa bouteille et la porta à sa bouche. Nikita bu une gorgée, puis une autre, il leva un peu plus la bouteille pour avaler une troisième et une quatrième gorgée. Il finit par placer verticalement la bouteille pour boire les deux dernières gorgées. Il retira d’un seul coup la bouteille de sa bouche en poussant un râle avant de s’écrouler sur la table dans une exclamation.

-J’ai gagnééééééé, héhé.

Un rire narquois passa la barrière de ses lèvres alors que sa joue gauche épousait avec tendresse le bois de la table. La tête en face des dés, c’était lui qui les avait ramenés, et qu’est-ce qu’il le regrettait. Ses souvenirs étaient relativement flous depuis qu’il avait commencé à boire, mais il se souvenait avoir passé la soirée à jouer aux dés et à boire avec Valya. En parlant d’elle, il aurait pu orienter sa tête dans sa direction pour la regarder en discutant, ou au moins reluquer son décolleté. Bien qu’il ne se souvenait plus vraiment si elle en avait un ou pas.

Dans tous les cas, sa tête avait plongé contre la table, emportant le torse auquel elle était. Ses paupières commençaient à s’alourdir, mais il fut soudainement alerté par un cri strident qui annonça l’arrivée d’une petite tête blonde, beaucoup trop énergique pour l’état dans lequel le mercenaire se trouvait. Inna Zinovieva. Une véritable pile électrique à laquelle Nikita apprenait la quasi-totalité de ses tours. Elle lança une petite pique aux soûlards, qui fit sourire le brun qui orienta un regard complice vers Valya.

-On a pas fait des bêtises, on a juste fait des trucs d’adultes, héhé.

Une lueur à la fois taquine et insolente apparu dans le regard que Nikita lançait à Valentina. Il savait que sa phrase était ambiguë et pouvait prêter à confusion, et c’était tout à fait volontaire. Encore que, il aurait pu mentionner l’absence d'Ivan. Mais il lui semblait que ses remarques sur ce dernier avaient de moins en moins de pertinence auprès de sa comparse.

Trop réfléchir lui faisait mal à la tête, il réservait ce genre de supposition à celui dont Inna avait annoncé la venue. En réalité, depuis qu’elle avait mentionné son père, une commissure, marquant une certaine impatience mêlée à de l’excitation, était apparu sur le visage de Nikita. Il tourna la tête, posa son menton contre la table pour suivre du regard l’enfant qui alla s’asseoir aux côtés de Valya. Nikita voulut répondre à sa pique, mais, en la voyant poser sa tête contre l’armurière et fermer les yeux, il s’arrêta. La tranquillité de l’enfant l’avait attendrie et l’envie de la taquiner lui était subitement passée.

Mais l’arrivée du père d’Inna raviva la flamme provocatrice dans les yeux de Nikki. Malheureusement, entre temps, le front du mercenaire et le bois de la table avaient de nouveau manifesté leur désir de se rencontrer. Ainsi, Nikita entendit d’abord la voix sévère de Piotr s’adressait à Valya.

-Eeeeeeh, je ne suis pas bourré !

Nikita avait marmonné contre sa table imbibée d’alcool tout en levant mollement un bras. Il n’était pas certain que les gens autour de sa table ne l’ait compris, il était grand temps pour son front de faire ces adieux à cette table si confortable.

Nikita tourna lentement la tête vers Piotr qui lui lança l’une de ses piques habituelles lorsque le mercenaire était dans cet état, le sourire de ce dernier s’agrandit, son regard s’affina. Ce n’était plus simplement un regard narquois et amusé, non, il y avait quelque chose de plus licencieux. Ses lèvres dévoilèrent ses dents dans un sourire aussi large que le permettait sa physionomie. Et, tout en se redressant, le torse à moitié sur la table, la tête soutenue par sa main, son débardeur froissé qui en laissait voir plus que ce qu’il ne devait, ses jambes qui s’enroulaient entre elles et se perdaient dans l’ombre de la table, les paupières papillonnantes, et enfin, ces lèvres se mouvèrent dans une chorégraphie vulgaire pour répondre à Piotr.

-J’aime quand tu es dur avec moi, Petya.

Un rire satisfait suivit la réplique du mercenaire alors que sa main vint tapoter la place libre à ses côtés, invitant clairement Piotr à prendre place ici.
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le Dim 21 Oct - 19:02

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Les dés et la gnôle c'était jamais une bonne idée. Ou alors c'en était une bien trop bonne au contraire. Mais dans son état c'était compliqué à déterminer. Enfin au moins, elle tenait encore à peu près droite même s'il fallait sûrement pas lui demander de se lever trop vite. Ce qui n'était absolument pas le cas de Nikki. Ce malade pendait sur sa chaise comme un vieux torchon, la tête au milieu des cadavres de bouteilles et vieux mégots.

- Ouais, t'as gagné, champion, ricana-t-elle en réponse à sa victoire qui avait tout l'air d'une défaite cuisante face à l'alcool.

Le ciel lui tomba brutalement sur la tête alors qu'elle s'apprêtait à se moquer un peu plus ouvertement de son camarade de beuverie. En l'absence d'Ivan qui jouait généralement les arbitres entre eux, elle pouvait être aussi garce qu'elle le voulait. Toujours avec humour, bien sûr. Elle aimait bien Nikita, au fond, mais il avait un don inné pour l'irriter comme une pièce qui s'emboite mal dans son logement. Avec Ivan, ça s'équilibrait, mais sans lui, la soirée pouvait vriller à tout instant et ils en étaient conscients tous les deux. Que quelqu'un vienne les emmerder pourtant et y'aurait pas plus solidaires. C'était pas les emmerdes qui leurs étaient tombées dessus mais Inna qui avait débaroulé comme une fusée, la coupant dans son élan sarcastique. Croisant le regard de Nikki, elle esquissa un demi-sourire plein d'ironie tout en levant les yeux au plafond.

- Comme si on pouvait faire des trucs d'adultes ensembles, souffla-t-elle.

Double sens à prendre ou à laisser. Elle accueillit la gamine contre elle sans renâcler. C'était pas trop son genre les démonstrations publiques d'affection mais Inna le savait et ne lui en demandait pas trop non plus. Levant le bras, elle attira la tête de la petite contre sa poitrine et lui tapota gentiment les cheveux. Au-dessus de son ventre dénudé, elle portait un bandeau fort décent et la chemise de Vladimir bien trop grande nouée par dessus. Elle la mettait bien plus souvent depuis quelques temps et refusait de réfléchir à la raison pour laquelle elle le faisait. Surtout un soir comme celui-là où elle avait beaucoup trop picolé pour être lucide.

- Comment tu vas, petite ? Ton père est à la traine, encore ?

Piotr ne tarda pas à les rejoindre en effet et remarqua aussitôt dans quel état ils étaient. En même temps, le décor était plus qu'éloquent. Levant le nez pour le mater même si c'était un peu trouble, Valya lui trouva la même mine de papier mâché que d'habitude mais toujours des yeux aussi perçants. Qu'il exerça immédiatement sur elle d'ailleurs. Elle avait oublié les jolies couleurs qui ornaient toujours son visage et le message que ça devait envoyer aux gens. Ça tenait à distance les casse-couilles mais ça faisait parler les cons et les amis. Esquissant une légère grimace, elle porta sa main libre à son nez encore un peu gonflé mais bien anesthésié par la gnôle.

- J'ai embrassé un démonte-pneu, répondit-elle sobrement, trop alcoolisée pour trouver une blague digne de ce nom. Une âme charitable m'a remis le nez en place, tu veux vérifier que le boulot est bien fait ?

Qualifier Gueorguï Asimovitch d'âme charitable était plutôt ironique, voire un énorme blasphème au sein de la V.A.R., mais elle ne pouvait décemment pas dire qu'en guise de soins post-opératoires ils avaient baisé comme des fous furieux et qu'elle ne demandait qu'à recommencer. Elle n'avait clairement pas joué les étoiles de mer quand elle avait partagé son lit avec lui. Elle leva donc obligeamment le museau vers le médecin qui la connaissait si bien au cas où il voulait l'assurer qu'elle retrouverait bientôt son agréable petit minois renfrogné. La remarque de Nikki lui tira un autre soupir et elle lui jeta un coup d'oeil blasé.

- Vraiment élégant Nikki, t'as fait poète dans une autre vie ?

Mais ses pensées étaient toujours tournées vers l'alliance où elle se rendrait prochainement, ce qu'elle allait annoncer à ses comparses à titre informatif. Si elle avait été pleinement honnête avec elle-même, elle aurait reconnu que ce n'était pas indispensable, que ce déplacement pouvait attendre. Mais compte tenu du temps qu'il lui faudrait pour y arriver, elle n'avait pas envie d'attendre plus longtemps pour s'organiser. Elle voulait savoir. Et la patience n'était pas exactement son fort.



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Hier à 15:38

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Surnom :: Petya
Inna ricana aux jeux de sarcasme de l'armurière et du stalker, un sourire qui traça des fossettes sur son menton et lui donnait un air féroce. La petite accueillit la main dans ses cheveux en ferment les yeux, adoucissant la courbure de ses lèvres. Les battements du cœur de Valentina lui parvenait à travers des centimètres de muscles, veines, chair, peau  et artères. Et sa chaleur était collé contre son oreille et sa joue, la faisant doucement rêvé de sa mère. Elle aurait voulu quelqu'un pour  compléter Piotr. La vérité lui avait sauté à la figure, pour tenir un enfant, autour d'elle il y avait toujours des duos. Et elle, avait la sensation de tenir deux rôles. Il manquait une roue à leur tricycle, elle le sentait. Parfait elle regardait toutes les femmes lévitant autour d'eux. Elle se prenait à imaginer si l'une d'elle devenait sa mère. Et mal grès la différence d'âge, et même si elle l'aimait plus comme une sœur, Valentina lui donnait des besoins de filiation.

« - Ça va. Vous m'avez manqué, tous. »

Chuchota elle, consciente que seule Valentina pouvait l'entendre.

Piotr  leva aux voûtes du métro son regard bleu délavé en entendant Nikkita geindre comme un môme. Il retenait un sourire amusé, presque attendrit. Et s'il l'avait eu, il l'aurait parternalisé autant que possible, juste pour s’enfoncer un peu plus dans le déni. Le médecin eu un souffle amusé et délaissa un instant le stalker pour écouter Valentina. Il haussa un sourcil à la plaisanterie, souriant discrètement.

« -J'vais regarder ça. »


Dit-il en posant ses deux sacoches sur le banc, à côté d'Inna.
La petite tendit le bras vers l'une d'elle avec une grimace, se contorsionnant pour garder la tête contre la poitrine de Valentina. Elle finit par réussir à attraper un fil de fer, enroulait sur lui-même comme un serpent. Ses doigts encore ronds au pourtant déjà couvert de petites cicatrices commencèrent à le  tordre précautionneusement, lui donnant des formes plus ou moins abstraites.

Le tatoué se crispa en entendant le dernier sarcasme de Nikkita. Un courant électrique lui traversa l'abdomen, alors qu'il ravalait sa salive, une main sur la visière de sa casquette pour dissimuler un instant dans l'ombre son regard presque blessé. Il se débarrassa rapidement de son manteau et chapeau, les déposant sur les sacoches en glissant un sourire à Inna.
Elle le lui rendit, tournant immédiatement ses yeux de phosphore vers le stalker de l'autre côté de la table. Comme une question muette et une complicité de spectatrice à acteur. Elle était témoin depuis des mois de quelque chose qu'elle comprenait mieux que les protagonistes eux-même, et qui en même temps lui était inconnu, lui semblant à la limite du barbare et de l'animal. Un affrontement perpétuel entre son père et son conteur. Et chaque fois, la fuite de Piotr, acculé Elle pouvait sentir le moindre bouillonnement de colère de son père à l'encontre de Nikkita, la moindre vagues de haine, onde de peur, goutte de tendresse. La fillette aurait voulut qu'ils cessent. Mais elle n'osait pas dire, elle n'osait pas parler, expliquer qu'ils la blessaient. Elle tentait de prendre place dans le jeu, du côté de Nikkita, avec un peu d'amertume contre son père trop distant, et que parfois elle se sentait haïr. Mais ce n'était qu'une fuite en avant.

Piotr remonta ses manche en fusillant du regard le stalker, et vient s'asseoir à côté de Valya, enfourchant le banc, une jambe de chaque côté pour glisser ses doigts sous le menton de l'armurière.

« - Je me trouve bien plus salaud avec Valya qu'avec toi.  Elle n'est pas un cas désespéré. Elle. »

Jeta-il à Nikkita d'une voix blanche, concentré sur le visage de la brune. Il y reconnaissait quelques traits du père de l'armurière, et pour la centième fois, l'idée qu'elle était belle, terriblement belle lui vient en plein face. Du bout du pouce, il appuya un peu sur une trace violacée au coin du nez de Valentina, avant de la lâché lentement.

« -Bon. Ton âme charitable a fait du boulot relativement propre. J'vais juste te peinturlurer la face avec un onguent pour réduire les bleus. »

Le médecin se releva lentement, passant de l'autre côté de l'infirmière pour prendre dans une sacoche un petit bocal remplie d'un gêle brun. Il revient s'asseoir à côté de Valentina, prenant à nouveaux son menton entre des doigts pour lui faire le relever la tête. De la paume de la main, il écarta quelques mèches sur les joues de l'armurière.

« -Préviens si je te fais mal. »

Di-il en étalant sur la pommette de l'armurière un peu de pommade, serein et précis dans ses gestes. S'occuper de quelqu'un d'autre occupé son esprit, le maintenant dans un domaine qu'il connaissait, et le rassuré. C'était nécessaire pour lui, encore plus en présence de Nikkita. Dans son rôle de médecin, il détenait l'autorité, et s'assurait de toujours pouvoir placer des limites, des régles.

« - Nikki, je suppose que tu es l’initiateur de cette connerie, comme toujours ? »



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Surnom :: Nikki
Un rire imbécile passa entre les lèvres de Nikita en entendant la réplique de Valya.

-Je suis déjà poète dans cette vie, héhé.

Le mercenaire éméché continuait de ricaner tout en lançant des petits regards en coin à Piotr. Ce dernier avait laissé Valya réagir à la phrase tendancieuse que le mercenaire avait dite plus tôt. Mais la remarque sèche qui glissa sur les lèvres de Piotr fit s’évanouir l’expression joviale de Nikita. Il poussa un soupir et posa sa tête contre sa paume, plissant et remontant sa joue vers sa paupière.

Cas désespéré ? Le mercenaire espérait pourtant beaucoup de choses lorsqu’il s’agissait de son aîné. Il avait depuis longtemps dépassé le simple espoir de mettre le médecin dans son lit. Piotr était, pour le meilleur et pour le pire, trop inaccessible et torturé pour n’être qu’une simple aventure. Mais ce n’était pas la seule chose qui empêchait Nikita de fourrer sa langue dans la bouche du médecin.

Les pensées de Nikita cessèrent de diverger quand il remarqua que le regard de cette fameuse « chose » pesait sur lui. Inna. Son regard fit un instant frémir le brun. La clarté de ses yeux donnait à Nikita l’impression qu’elle ne pouvait pas seulement lire dans les pensées de Piotr.

De toute façon, il n’avait pas pour habitude de se prendre la tête avec ça. Il voyait les relations comme un jeu, une grande comédie sans metteur en scène, où les jeux des acteurs était changeant. Il préférait passer à autre chose et jouer son rôle de fanfarons. Il attrapa lui aussi un fil de fer dans l’une des sacoches du médecin et l’amena devant ses yeux, il fixa son regard dessus. Ses pupilles se dilatèrent, ses sens s’engourdirent et…

Héhé. Héhé. Héhé.
Je vais faire un kiki avec ce fil de fer.
Héhé.
Alors, on commence par plier ça, on fait une forme arrondie comme ça. Puis, on recommence comme ça. On refait un rond, on allonge tout ça pour faire un long troooonc et…
Pourquoi ma bite ressemble à une épée ?


Les yeux de Nikita retrouvèrent rapidement leur état normal et les acouphènes cessèrent. Il regarda sa création d’un œil circonspect. Il fini par relever la tête en entendant Piotr s’adresser à lui.

-Quoi ? Tu me soupçonnes d’être le démonte-pneu rouleur de pelle ? Tu sais bien que Valya n’a d’yeux que pour Ivan et que je n’ai d’yeux que pour to… Dieu ! On a pas plus d’alcool !

Nikita sauta immédiatement de sa chaise gardant son épée en fil de fer entre les doigts. Il se fraya un chemin -tant bien que mal- entre la populace du bar. Le mercenaire était à lui seul une parfaite image de la clientèle et de l’état du bar à une heure aussi avancée. Et comme bien d’autre avant lui, il s’écroula à moitié sur le comptoir et leva un bras vers le barman.

-Quatre bouteilles et deux thés, mon grand !

L’homme grassouillet à la barbe brune et hirsute grommela un moment, comme à chaque fois qu’un client éméché lui commandait une énième boisson, mais ça faisait tourner la machine, alors il alla servir. Le temps que les raffraichissements arrivent, Nikita se tourna pour s’adosser contre le bar, balançant sa tête en arrière pour faire craquer ses cervicales. Il laissa sa tête comme ça un instant, et ferma ses paupières, sentant les effets de l’alcool qui lui faisaient légèrement tourner la tête.
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