Airat Ivanov
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le Sam 23 Fév - 10:39

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Age :: 27 ans
Patronyme :: Ivanovitch
Surnom :: Rat
Airat releva ses yeux au bleu fatigué sur le pan vacillant de la tente militaire, sentant le sommeil qui l'engourdissait quitter ses muscles. Assit en tailleur sur le lit de camp d’une des tente-hôtels de Prospect Mira, il se redressa, faisant teinter le bardas qu'il avait sortie de son sac et étalé devant lui en arc de cercle.
L'après-midi avait été longue. Entre deux négociations et une joute verbale avec un militaire qui s'était un peu trop amusé à poser sur lui un regard à la fois courroucé et méprisant, il n'avait rien eu d'autres à faire qu'attendre. Alors il avait vidé son sac, littéralement. Fait du tri dans ses marchandises, ouvert tous les double-fonds des poches, toutes les cachettes creusés dans les doublures. C'était comme les strates de sa vie défilant sous ses yeux, passant entre ses mains, sous la pulpe de ses doigts. Il avait retrouvé des objets de l’époque où il avait rencontré Klara, et n’avait pas su trop comment gérer son rôle d’amant, la couvrant sous des cadeaux bling-blings témoins d’une passion charnelle de façade : des petites statuettes, faîtes par des artisans ou datant de l’ancien monde, qui l’avaient fait pâlir par leur prix.
Puis il y avait eu ses penses-bêtes et les restes textuelles de ses crises de démences quand il avait rejoins la Ligne Rouge. Des phrases griffonnés les une sur les autres, la rareté du papier oblige -mais à cette époque il avait encore ses goûts de luxe de Brahmane issu d’un milieu plus que favorisé, élitiste-, lui répétant les valeurs communistes qu’il trouvait d’une connerie crasse. Mais qu’il devait respecter un minimum pour rester dans sa nouvelle maison. Entre deux phrases ventant l’importance de l’ente-aide humaine, il avait déversé des torrents de haines sur tout le métro,  où s’était mis à déblatérer sur l’amour éternel et incommensurable qu’il porterait à jamais à Dmitri. Avec le recule il se trouvait misérable –cet amour immortel était faux, arriverait le jour ou un autre homme enterrerait Dima-, et en même temps il sentait que son amant revenait brûler ses yeux.  

Et Inexorablement, il était remonté jusqu’aux années un peu avant son intégration à la Ligne Krasnya. Les souvenirs étaient épars. Il avait dû en détruire bon nombre après la perte de ses doigts, sous le coup d’une colère qu’il ne pouvait se remémorait après tant d’année. Ne lui restaient que quelques bibelots de cette époque qui laissait sur son palais un goût amer et  douceâtre, des choses qu’il avait achetées sans savoir qu’il ne les revendrait jamais. Ses premières leçons en tant que colporteur en somme, celles qui s’étaient soldées par le rire amusé mais étrangement sec de Stepan. A ce moment, ses pensées étaient venues à un passé bien plus proche, et au visage  barbu de son ancien –et il l’espérait, ô combien vivant- mentor s’était superposé les traits étrangement juvéniles de son fils.  Les derniers mots qu’ils avaient échangés étaient ceux dans les tunnels, alors que Saveli s’était brûlé les ailes en voulant trop s’approcher de ce qu’il avait pris pour un soleil, un héro, mais qui n’était qu’une étoile à l’agonie crachant avec désespoir ses dernières lueurs.  Le reste du voyage s’était fait dans un silence gênant, qu’Airat avait nourrit à renfort de regards méprisants parfaitement calculés pour ne jamais effleurer la silhouette rachitique -et bizarrement plus petite que la sienne- de l’adolescent. Arrivés à la tente qu’ils allaient occupés dans les prochains jours, le merdeux avait déposé ses affaires et filé sans demander son reste, provoquant une sueur froide chez le Rouge. Il avait cru voir sa seule piste jusqu’à Stepan lui glisser entre les doigts. Si un gamin était assez idiot pour suivre un type à l’air aussi patibulaire que lui sur un coup de tête, il l’était assurément aussi pour  fuir dans les tunnels sous l’effet d’une crise de panique. Heureusement, il avait eu Gaviil à la rescousse, et le tueur à gage avait profité d’être sur son terrain de chasse par excellence pour s’assurer que le gosse n’avait passé aucun poste. C’était incroyable la rapidité avec laquelle le chasseur mouvait sa masse de muscle quand il s’agissait de retrouver celui qui le mènerait à sa fille. Airat en avait bien rit intérieurement.  

Une fois l’effet de panique passé, c’était la rancune qui avait dominé, comme toujours avec le Rouge. Et après la rancune, son esprit froid et calculateur, le déluge. Il avait perdu la confiance de Saveli, le début de complicité illusoire qui c’était dessiné entre eux. Il avait complètement merdé. L’adolescent était quelque chose de fragile qu’il ne fallait pas secouer dans tous les sens au risque de le casser. Pire, c’était une petite chose informe qu’il devait protéger, chérir et flatter pour qu’elle s’ouvre à lui et lui confit où se trouvait Stepan. L’idée le rebutait. Airat ne voulait pas perdre son temps avec un gosse, il ne voulait pas devoir mendier une simplement information, même s’il serait le seul à s’en rendre compte. Pour un peu il en venait à regretter que d’eux deux, l’un ne soit pas une femme. Il aurait fait tourné la tête en un claquement de doigts à la môme écervelée qu’airait pu être Saveli,  tout comme le gosse serait difficilement resté de marbre face à son premier contacte poussé avec la gente féminine. Mais évidement les choses étaient plus compliquées qu’une simple partie de jambe en l’air. Et il ne s’en sortirait pas en provoquant dans la petite caboche de l’éleveur de rat un cocktail d’endorphines.

« Saveli, j'espère que c'est pas toi en train de faire le poireau comme un abruti derrière ce pauvre morceau de tissu. »

Grinça-t-il, en levant les yeux au toit de la tente. Un sourire mauvais tailla ses lèvres, creusant les reliefs de son visage épuisé, accentuant l’asymétrie de son fascié bicolore. Il se glissa hors du lit en silence, surveillant du coin de l’œil tout ce que son sac avait vomit sur les couverts du lit de camp, reprenant d’une voix plus conciliante et douce :

« T’étais passé où ? »

Airat s’arrêta à moins d’une dizaine de centimètres du pan de toile de la tente, percevant sa propre respiration rebondissant contre le tissu. Il retient l’envie de tirer violement la toile, pour surprendre Saveli et une fois encore le secouer un peu, bousculer ce gamin qui était cents fois plus intéressant quand il se rebellait et se débattait. Plutôt que quand il attendait passivement le déroulement des événements, des étoiles dans les yeux comme si le métro avait quelque chose à lui offrir. Mais à la place, il referma sa main aux cinq doigts sur le pan de tente, ses ongles rongés ripant légèrement sur le tissu, alors qu’il tirait doucement sur la toile. Il pencha la tête sur le côté, prenant de l’avance sur la lenteur calculée de la traction du pan de toile, prêt à entrevoir à chaque seconde la bouille crasseuse de Saveli.



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Saveli Voronov
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le Sam 9 Mar - 16:23

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Saveli avait de quoi cogiter en revenant vers la tente-hôtel. Il se sentait un peu fatigué. Passé l'étonnement et l'émerveillement devant l'activité fourmillante de Prospect Mira, tout  ce bruit et l'agitation lui pesaient. Heureusement il y voyait un peu plus clair dans son esprit. Les mains dans les poches de sa veste vieillotte, ses baskets rafistolées claquant sur le quai humide, il retrouva bientôt le lieu d'hébergement. Il chercha des yeux l'imposant Gavriil mais ne l'aperçut point.

D'un revers de coude il essuya son front pour enlever une mèche collante. Il s'attarda un peu devant la tente, l'oreille aux aguets. La voix d'Airat surgie de nulle part le fit sursauter.

"..."

Le Rouge était de mauvaise humeur visiblement, pour continuer à le traiter d'abruti ! Mais sa voix devint plus douce. L'homme était vraiment une girouette émotionnelle. Saveli regarda le pan de toile de tente s'ouvrir lentement. Il recula d'un pas, croyant que l'occupant allait sortir.

"Ben ouais c'est moi. Ça peut être qui par exemple ?"

Répondit-il d'un air dégagé. Pour le reste, il décida de rester évasif.

"Je regardais à gauche et à droite la station. C'est hyper grand en fait. Et toi tu vas pas installer tes marchandises ?"

Il en profita pour regarder dans la tente et s'approcher un peu. Il aperçut des bibelots et même des statuettes sur le lit. Il pencha la tête.

"Tu vends quoi ? Comment tu trouves tes objets ? J'peux voir ?"

Il était très curieux mais avait appris à se méfier des sautes d'humeurs d'Airat. Il garda donc des distances prudentes et attendit de voir ce que son compagnon lui proposerait.
Airat Ivanov
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le Sam 20 Avr - 5:49

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Airat se retient de lever à la voûte de Prospect Mira ses yeux, sous lesquels subsistait un lavis obscur, et de soupirer entre ses lèvres balafrées en voyant Saveli reculé d’un pas. Une simplement phrase lâchée dans les tunnels semblait avoir eu l’effet d’une morsure, et maintenant son merdeux crasseux était méfiant, presque craintif. Mais surtout possiblement plus critique à son égard. Les quelques heures de sûretés, où dans les yeux de l’adolescent, il avait lu une admiration qu’on ne lui avait jamais témoigné, étaient passées. Et il se l’avouait maintenant difficilement, pourtant ces iris-là l’avaient flatté – cajolant son égo qui sous les coups avait finit par se tuméfier –, lui qui se voulait inatteignable, surtout pour un merdeux crasseux.
Le Rouge avait appris à repousser les remords et la culpabilité au fond de sa conscience. A les cadenasser pour mieux se préserver de la sentence qui tombait inlassablement sur son cas lorsqu’on l’étudiait de trop près, et qu’il avait à l’adolescence trop écouté: anormal. Son mental était en sursis. Chaque jour il se brisait un peu plus sous le poids des conventions et des interdits de ce simulacre de civilisation – cet arche de Noé en pleine dérive – qu’il avait appris à haïr, à renier, et qui sur lui n’avait plus aucune autorité. Et pourtant il continuait de traîner dans le métro sa carcasse maigre et taillée pour une existence de survie misérable, commerçant avec ceux qui le méprisé, et qu’en retour il méprisait aussi largement.
Et il aurait fallu que Saveli ne fasse pas exception à cette règle.
Mais cela devenait doucement faux, Airat le sentait. L’adolescent avait sur lui ce dangereux pouvoir de le gratifier de ce dont il manquait et avait – inutilement à ses yeux – envie. Le petit éleveur de rat pouvait faire de lui un héro – le sortir de ce rôle jugé si humiliant de pédé, tapette, sodomite, « soumis », passif – n’était-ce que le temps d’un regard. Il n’avait jamais voulu prêter attention à l’approbation de ses paires, jamais voulu montrer qu’il était aussi fragile que le commun des mortels, et courrait lui aussi après la reconnaissance. D’abord d’une mère glaciale, puis d’un amant évaporé trop tôt. Maintenant  du rejeton de son traître de mentor. Au fond l’enfant n’était qu’un douloureux et soudain rappelle à la réalité. Une chaîne autour de son cou, tirée violement pour lui remémorer qu’il faisait et ferait toujours partie de cette grande famille qu’était l’humanité, qu’importe qu’elle le dénigra où souhaita le lapider.
Et pour cette flamme vacillante autant que pour ne pas perdre son fils d’Ariane jusqu’à Stepan, il se devait de montrer plus de douceur envers Saveli. Lier l’utile à l’agréable aurait sûrement dit Alexandre, un sourire solaire pointant sous ses épaisses lèvres qu’Airat se ferrait une joie de mordre jusqu’au sang, à son retour à Polis. Mais les airs paumés et l’hyper-expressivité des traits de l’adolescent lui donnaient plus envie de chauffer ses joues encore un peu enfantines et rondes du plat de ses mains, qu’ils ne réveillaient en lui des instincts paternels. Dans un trait d’ironie, il se dit qu’il y avait une autre forme d’affection qu’il pouvait dispenser à son merdeux crasseux, et dans ce cas ses mains serraient venu chauffer autre chose. Mais le voyage risquait de ce voir écourter, et de finir très mal pour lui. L’intimité de sa vie était morte et enterrée, au point qu’il en venait à parfois l’évoquer dans des plaisanteries à l’humour douteux, comme l’auraient fait nombres d’autres avec le spectre d’un proche. Dans le métro, les défunts avaient bien peu de place, et l’égoïsme, tant d’empire.

S’écartant en voyant Saveli esquisser un pas en avant, le Rouge tira un peu plus à lui le pan vert militaire de la tente dans un geste lent et maîtrisé, laissant l’adolescent rentrer. Plus d’erreur ni de débordement avec lui maintenant, tout au plus quelques vannes qu’il ne pourrait réprimer, le sarcasme et le cynisme trop encré dans son caractère.

« Je sais pas, une ancienne conquête que j’aurais laissé ici, en Don Juan pas galant pour deux cartouches ? »

Ironisa-t-il avec un sourire mauvais, seul à comprendre l’inconsistance monstre de son propos. Il eut un signe de tête vers l’intérieur de la tente, fermant un instant les yeux – pas trop longtemps où le merdeux risquait d’en profiterait pour filer à l’autre bout de la station.

« Aller. Rentre plutôt que de rester là et de jouer les adultes blasés. »

Un sourire moqueur creusa des fossettes sur son menton anguleux et pâle tandis qu’il observait les airs détachés du plus jeune. Il était horripilant quand il jouait un rôle. T’es un merdeux bouseux, Saveli. Va falloir penser à t’y faire. Pourtant le gosse avait presque quelque chose d’attachant dans sa franchise à toutes épreuves – épreuves qu’il n’avait pas encore subit, et que le Rouge se ferait un plaisir de lui envoyer en pleine figure un jour où l’autre – et ses tentatives maladroites de sociabilisassions. Où peut-être était-ce simplement lui, qui voulait voir dans le petit éleveur de rats les réminiscences de sa propre adolescence, dans un égocentrisme débordant.
Airat jeta à l’extérieur de la tente un dernier regard froid, avant de laisser retomber le pan de tissue les coupants éphémèrement et illusoirement du reste de la station. Ses mains retrouvèrent automatiques – puisqu’il n’était plus que cela, un automate vivant par et pour la vengeance, un sombre fantôme se nourrissant de rancune – le chemin des poches de son sweat, s’y glissant en poings solidement fermés. Tête légèrement penché sur le côté dans une étrange similitude avec des oiseaux de proie qu’il n’avait vu qu’en image dans les livres de sa génitrice, il observait Saveli s’approcher du capharnaüm sur son lit.

«  Prospect Mira est la première station marchande du métro, bien sûr que c’est grand. T’as jamais quittait la Riijskaya où quoi ? »

Question théorique, dont Airat connaissait la réponse. Mais il la posait quand même, curieux de voir si Saveli s’en vexerait ou rougirait, gêné de ses origines. Aussi paradoxale soit l’idée venant du cerveau d’un homme qui aurait pu, au prix du sacrifice du peut d’intégrité morale qu’il lui restait, s’arroger le destin de brahmane, le berceau du gamin lui semblait bien plus immaculé que le sien, taché de sang.

« On va repartir dès que possible, je vais pas aller m’amuser à défiler sur les quais.  Et puis je suis du genre mordant en affaire. Les négociations peuvent facilement devenir infernales. »

Lâcha-t-il, lèvres étirées en sourire démonstrateur laissant entrevoir prés de sa cicatrice, la teinte claire d’une canine. Le Rouge s’approcha un peu plus du gamin, un pas à peine derrière lui, l’observant observait. Lentement, un malaise palpable s’installait entre ses côtes, en même temps qu’il prenait conscience que certains pans de sa vie profondément intimes – et dangereux – s’étalaient sous les yeux d’un gamin impulsif. Sa nuque s’ébranla sous un frisson, alors que son sourire retombait, et son regard s’assombrissait en tombant sur le tas qu’il avait fait de ces dizaines de papiers effilés – qui lui avaient servit de carnet de bord dans une période de sa vie bien bordélique. En catastrophe, il vient s’asseoir sur le lit, refermant rapidement et aussi discrètement que possible son poing sur ses brides de souvenirs, cou arqué et regard braqué sur les bibelots dans un faux intérêt.

« D’à peu prés tous, sauf des armes et des faux papiers. »

Les uns pour ne pas se faire d’ennemi chez les armuriers et pour une question de morale personnelle à laquelle il se préparait doucement à renoncer le jour où il verrait Stepan, les autres pour ne pas se retrouver avec une faction – de plus ? – sur le dos, voulant sa peau. De sa main libre, il attrapa un bibelot en pierre verte – jade peut-être –, jouant un instant avec en la tournant machinalement entre les trois doigts de sa main amputée avant de la tendre doucement à Saveli. Il fallait réapprivoiser le petit animal, et tant pis si pour cela Airat devait établir un deuxième contact, avec sa main amputée en prime.

« Du troc, des heures à arpenter la Hanse, des « amis » stalkers. Et si c’est la vraie question, oui Stepan procédait de la même façon, puisque c’est lui qui m’a appris. »

Lâcha-t-il, n’arrivant pas à calibrer son ton, à la fois conciliant et froid, oscillant de l’un a l’autre entre chaque mot. Attirant l’attention de l’adolescent sur la pierre, il ramena sa main jusqu’à la poche de son sweat, y laissant les papiers compressés en boule avant de réinstaller sa main en poing nerveux prés de sa cuisse.



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Saveli Voronov
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Eleveur de rats - Cultivateur de champignons
le Mer 8 Mai - 19:46

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Airat semblait calme et avenant, aussi Saveli reprit-il un peu confiance. Peut-être son esprit commençait à trouver urgent de s'interroger sur la folie qui l'avait poussé à suivre un sinistre inconnu, de surcroît dans un monde aussi effrayant et hostile que le Métro. Mais le jeune homme conserva le couvercle sur la marmite pour le moment, le regard aiguisé par les bibelots du commerçant Rouge. Cela lui évita de voir encore ce sourire carnassier que lui envoya son hôte en ouvrant le pan de la tente militaire. La tactique de l'autruche était bien la favorite de Saveli en ce temps de vulnérabilité quasi absolue. Il redressa le buste, blessé par les piques du Communiste.

"J'suis pas blasé ... j'vais très bien."

Il n'était pas bien sûr du sens du mot "blasé", comme du mot "donjuant" d'ailleurs. C'était sans doute cela aussi qui le mettait mal à l'aise avec son sauveur. Non seulement Saveli s'était mis entre ses mains pour explorer un environnement totalement inconnu et dangereux (le Métro bien sûr...) mais en plus le natif de la Riijskaya se confrontait à un vocabulaire beaucoup plus riche que le sien. Il faisait donc un effort particulier pour comprendre le sens global de certaines paroles du colporteur.

Inconscient de la silhouette menaçante qui pesait sur lui, il contempla avidement les quelques objets qui traînaient sur le lit. Il y avait pas mal de papiers froissés. Il s'avança doucement pendant qu'Airat lui parlait.

"Nan j'ai jamais quitté la Riijskaya, je bosse je te rappelle. Je fais que ça bosser pour nourrir les autres débiles."

Tandis qu'il répondait machinalement il aperçut des mots sur les papiers. Il fronça les yeux pour mieux voir. Certains demeurèrent illisibles mais il crut lire plusieurs "Dima" et d'autres mots qui lui firent chaud au cœur, sur le thème du communisme et de la solidarité. Cette découverte le rappela aux heureux sentiments qu'il avait eu en connaissant l'appartenance politique d'Airat.

Ses yeux étincelèrent. Mais promptement, son hôte vint s'asseoir et remballa les pages froissées. Il fit ensuite diversion sur les bibelots. Saveli pencha la tête vers le caillou vert poli aux reflets séduisants. Il n'avait jamais vu un tel objet. Surmontant la répulsion naturelle que lui inspirait la main mutilée, il saisit précautionneusement le bijou tendu et le regarda de plus près. Il émit un sifflement admiratif pendant qu'Airat lui révélait ses combines et évoquait son paternel.

"C'est pas mal ! Ça vaut cher ? Ça sert à quoi ? Tu me l'donnes ?"

Enchaîna-t-il avant de s'asseoir sur le bord du lit, les bibelots entre lui et Airat. Son oeil aperçut brièvement le poing nerveux de son acolyte.

"Pourquoi c'est Stepan qui t'a appris ? On vous apprend pas le métier dans ... des stations où tu viens ? Il paraît qu'on peut tout apprendre et gratuitement là-bas. Qu'on peut devenir un spécialiste de ce qu'on veut et puis changer. Que ceux qui commandent deviennent ceux qui obéissent et puis ça inverse. C'est comme ça ?"

Saveli n'avait pas hésité à poser cette seconde rafales de questions. Il voyait les Stations Rouges comme un paradis sous terre, grâce aux informations données par un lointain voyageur. Il brûlait d'en savoir plus et pour le moment il trouvait qu'Airat se comportait bien différemment de cet homme. Certes il s'était montré solidaire avec lui et lui avait même sauvé la mise. Il était un guide et un protecteur. Mais Airat renvoyait beaucoup d'aigreur et de froideur, tout le contraire de la société communiste enthousiaste que Saveli imaginait. Il avait donc hâte d'entendre le sombre commerçant sur ce chapitre.
Airat Ivanov
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le Mar 4 Juin - 14:59

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Un ricanement se dessina sur les traits du Rouge fasse au commentaire la rancunier du plus jeune. Saveli Le Teigneux était de retour, toujours aussi peu nuancé et en colère contre sa station. Airat prit une inspiration et une nouvelle bouffée de sympathie pour l’adolescent : il comprenait cette vision des choses et ce mépris des siens, pour avoir adopté le même positionnement. La différence étant que ses raisons lui apparaissaient clairement, là où celles de son merdeux crasseux  étaient flous et obscures. Saveli était affamé de reconnaissance. C’était une vérité lui aillant rapidement sauté aux yeux, et le raccourci comme quoi l’absence paternelle en était la cause était tentant.

« Allons bon. Qu’est-ce qu’ils t’ont fait pour mérité ce gentil surnom ? Je croyais que tu adorais Stepan. »

Glissa-t-il, un écho amusé vibrant dans sa voix. S’attirer la confiance de l’adolescent, lui montrer son intérêt, et au passage, en savoir plus sur Stepan et sa famille.

Airat sourit tristement, laissant l’objet aux mains pâles et couvertes de discrètes cicatrices de l’adolescent. Il tourna la tête vers lui, le regardant s’asseoir à l’autre bout du lit en même temps qu’il se penchait en avant, ses avant-bras appuyés sur ses cuisses, son dos décharné aux reliefs de la colonne vertébrale bien visible roulant sous sa peau.

« A rien. Ça ne sert à rien, en tout cas plus maintenant. Tu peux le garder si tu veux. »

Lentement son regard se voila, les commissures de ses lèvres se détendirent, faisant disparaître ses fossettes. Le Rouge laissa faiblement sa tête basculer en avant, balayant d’un battement de paupière une mèche noire et raide prise dans ses cils courts et épais. C’était quelque chose que lui avait transmis sa mère, et dont il n’arrivait pas à se détacher, ce regret d’un monde qu’il n’avait pas connu. Un soir, quand il avait à peine quatorze ans, Akilina lui avait parlait de la surface, du monde d’avant – celui dans lequel elle avait grandit – pendant des heures. Il ne l’avait pas arrêté, fils dévoué acceptant de partager ce fardeau pesant sur les épaules pâles d’une femme de science dont la plus grande faute avait été d’être stoppée en pleine envole par le Destin. Quand l’heure de dormir avait sonné, seul dans sa chambre, il avait tenté d’imaginer ce monde derrière ses paupières closes. Et quand avec horreur, il avait mesuré tout ce qu’ils avaient à jamais perdus, détruit et irradié sous le poids de leur orgueil, il s’était senti suffoquer, pleurant l’Eden défiguré qu’était la Terre, et au sein de laquelle ils se cachaient.
En plus d’une décennie, il s’était renseigné sur ce monde, autant par la bibliothèque de Polis que par la parole même de ceux qui l’avait connu. Et malgré les vices et les dysfonctionnements qu’on lui avait dépeint – certains le concernant directement –, il le regrettait toujours. A l’époque, ils auraient pu tenter de changer les choses avant que tout ne s’écrouler ; maintenant il était trop tard pour tenter le redressement de l’humanité, alors que des groupes qui ne pensaient à s’étriper avait vu le jour, et que la survit était devenu la priorité de chaque jour. Dans le métro, il fallait être bête, ne pas voir plus loin que le canon de son AK. Et lui, qui s’était dès l’adolescence encombré le cerveau de questions toutes plus existentielles les unes que les autres, souffrait de voir son espèce régresser, les méprisant pour s’en protéger.

Du coin de ses yeux cernés, il lança un regard délavé à Saveli, se mordant l’intérieur de la joue alors que son cerveau carburait à plein régime – traitant cette question étrange : à son tour se soulager en partageant une partie de son propre fardeau  avec le môme ? –  avant de spectaculairement planter.  Son teint de cadavre devient plus pâle encore, ses lèvres anémiées et balafrées s’entrouvrirent sous la paralysie que lui provoquaient les questions de l’adolescent. Airat senti l’étau glacial de la peur se refermant sur ses viscères, les compressant à lui en donner un rapide vertige.

Il jeta à Saveli un regard atterré qui devient méfiant, ses iris s’obombrant sous le froncement de ses sourcils bruns. Non seulement il avait brusqué le gamin, mais il l’avait aussi sous-estimé et en faisait maintenant les frais, au fils de ses questions. Le processus qui avait permis au petit éleveur de rat de comprendre qu’il venait de Polis lui échappait encore. Il n’était peut-être pas le seul menteur dans cette tente, c’était l’unique explication qui lui venait : l’adolescent avait dit se moquer éperdument de la Cité, et il ne semblait pas en savoir grand-chose non-plus. De ses origines, il ne connaissait que la Ligne Krasnya.
Un instant, l’idée délirante que Saveli soit un surveillant de Polis envoyé pour le récupéré lui traversa l’esprit. Airat connaissait sa génitrice, et s’avait qu’à aucun moment elle n’hésiterait à utiliser pour son usage personnel les ressources rares de Polis. Faire partie de la main Rouge, comme faire parti du conseil octroyait bien des avantages et libertés, qui lui avait déjà permis de lui envoyer un chasseur de prime : alors un ado agent de Polis, où un Surveillant corrompu. Puis il revient à la réalité, ou du moins aux probabilités si minimes pour que ses suspicions soient vraies qu’elles ne méritaient même pas d’être prises en compte. Mieux valait répondre de la manière la plus logique ; si Saveli avait véritable deviné quelque chose qu’il n’aurait pas du savoir, son visage trop expressif le trahirait.

Lentement, le Rouge se leva, rangeant ses mains dans ses poches, et s’éloigna de quelques pas du gamin, la semelle de ses bottes  raclant le sol crasseux dans un crissement irritant. Il fit paresseusement volte-face, le regard bas, ses lèvres au tracé anguleux et asymétriques poussées en avant par un soupire.

« Tu parles de la Ligne Rouge ? »

Ses iris soudainement graves et sérieux se levèrent en heurte vers l'adolescent, tentant de le clouer sur la place, questionneurs et exigeants, enrobant d’une aura de sujet tabous la Ligne Krasnya. Il haussa les épaules, tournant la tête sur la côté alors que sous sa peau anémiée, les tendons de son cou et l’épais relief de la carotide ressortaient en jeu d’ombre triste sous la lumière orangée de la bougie posée au sol.

« Tout n’y est pas aussi bien que la propagande le dit. Certaines personnes… »

Devant son regard délavé passa brusquement le mirage de Klara, AK à l’épaule et sourire aux lèvres. Un étrange mélange de douceur et de férocité, qui pour lui s’était imposé, au fils des mois de vie faussement romantique mais réellement commune, comme l’idéale humain par excellence ; si on lui laissait un jour le soin de rééduquer le troupeau éparpillé  qu’était l’humanité, nul doute qu’il canoniserait la soldate dans l’instant, pour ensuite en faire une nouvelle figure divine prête à taper sur les doigts des plus mous de la caboche.

« … Certaines personnes sont réellement le parangon d’humanité qu’on décrit. D’autres non. »

Airat repensa à ce que lui avait dit la soldate, le jour de son départ. « Nous avons tous été un monstre, l'ombre et la fée à un moment de notre vie, Airat. Et ces rôles dépendant des perspectives d'autrui seront différents dans leur attribution.». Peut-être avait-elle raison. Peut-être y avait-il des enseignements à tirer de son voyage à Polis. Il ne croyait plus en la morale – considération archaïque entravent le cerveau et les actes –, mais n’aimait pas l’idée qu’en fonction de la situation, une même personne pouvait être un démon comme un ange. C’était d’une certaine façon, reconnaitre que ceux qui avaient annihilé ses désirs naissants n’étaient pas que des bourreaux ; que sa mère avait le droit à une rédemption, tout comme le jugement qu’on tentait de lui faire à Polis n’était pas usurpé. Surtout, c’était le faire chuter de son statut de martyr, pour lui en donner bien plus nuancé et assombrit de vengeur.
Il vint s’asseoir sur une caisse à l’autre bout de la tente, face à Saveli. Ses coudes appuyés contre ses cuisses, son dos voûté, et les doigts de ses mains joints en complexes enlacements blanchâtres et asymétriques, alors qu’il fixait sur le gamin un regard sérieux. Etirées en sourire amer et faible, qui aurait presque pu en paraître doux ou nostalgique, ses lèvres s’entrouvrirent lentement, laissant passer sa voix lasse et endormie :

« Ne soit pas crédule devant les choses, Saveli. Surtout quand il s’agit des factions et de leurs propagandes. Les chefs de station et leurs dirigeants sont loin de tous réellement penser à nous… »

Ce « nous », aussi réfléchit et calculé soit-il, fait pour placer l’adolescent sur un pied d’égalité avec lui et montrer qu’ils feraient front ensembles, lui fit un instant bizarre. Airat n’en usait que rarement, peu enclin à se rapprocher de ses pairs. Souvent ce n’était qu’un mot perdu, servant à ressortir du placard la silhouette fantomatique et équarrie de Dmitri. Et à l’utiliser pour parler du merdeux crasseux et de lui, il avait l’impression de trahir son amant, de le mettre au bas de son piédestal.
Un tic nerveux secoua une seconde la commissure de ses lèvres, la tordant en rictus qui creusa une fossette profond dans sa joue, et il continua.

« … Mais ça, c’est typiquement le genre de chose à ne pas répéter en dehors de cette tente. Surtout en faction ‘ennemie’ comme la Hanse. »


Glissa à voix basse le Rouge, en même temps que ses yeux jetaient vers l’entrée fermée de la tente un regard amusé, conscient de la masse au cerveau encrassé qui foulait le damier de Prospect Mira.
HRP:
 



Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux
- Il n'y a pas d'amour heureux, Aragon
Saveli Voronov
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le Jeu 6 Juin - 20:28

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Saveli répondit machinalement à la question de son interlocuteur concernant son paternel. Pour lui il n'y avait rien d'illogique dans ses propos, il haussa donc ses frêles épaules.

"Ben ouais, il a tout compris aussi car il est jamais à la station ! Lui aussi trouve sûrement que c'est rien que des débiles les gens."

L'adolescent ne se fit pas prier pour conserver le bijou vert poli offert par Airat, en accompagnement de paroles énigmatiques. Il y avait un passif derrière cette jolie babiole, mais le mystérieux colporteur n'en révéla pas davantage.

Celui-ci se plongea dans une sombre réflexion, provoquant à nouveau la prudence du jeune éleveur de rats. Il savait maintenant que les réactions d'Airat étaient imprévisibles. Or, ses questions semblaient l'avoir troublé. Le cœur de Saveli accéléra à mesure que la mine de son vis-à-vis passait de la stupeur à la méfiance hostile.

Sur ses gardes, Saveli resta immobile, toujours assis sur le bord du lit, tout en surveillant les gestes du comparse. Il ressentit du soulagement à le voir s'éloigner de quelques pas, même si le crissement des semelles agaçait son ouïe. Il serra son poing crasseux sur le bijou vert.

Puis sans transition Airat se retourna tranquillement et le fusilla du regard après une question couperet. Saveli resta tendu et hocha lentement la tête, circonspect. Bien sûr que c'était la Ligne rouge. Il retint son souffle et plissa les yeux. La flammèche dansante de la bougie attira brièvement son regard terne. Puis il regarda à nouveau Airat qui en disait un tout petit peu plus long.

Propagande ... parangon ... autant de mots qu'il ne connaissait pas, mais il comprenait le sens des propos d'Airat.

Saveli se détendit un peu en le voyant s'asseoir sur une caisse, contre l'autre pan de la tente. L'homme sembla s'adoucir, se relâcher et tomber dans la mélancolie. Le garçon l'écouta, le regard fermé. Puis il répondit après un bref temps de sombre rumination.

"... Tu connais pas vraiment cet ..endroit ..." Il parla également à voix basse, mais avec mauvaise humeur. On ne pouvait pas renverser son rêve aussi facilement. Pour le pauvre paysan, tout était cohérent et réaliste si on prenait en compte ce fait : Airat n'était pas aussi Rouge qu'il le prétendait.

"Tu me dis jamais toute la vérité. T'as sûrement fait pas mal de trucs louches et c'est pour ça que t'es dehors. Loin de là-bas."

Échafauda-t-il, ses joues rosissant sous la couche de crasse. C'est que Saveli n'avait jamais eu de discussion de cette sorte, sérieuse, avec personne. Alors il se laissait porter par son intellect malhabile. Il rangea le bijou dans sa poche rapiécée et se leva. Ses deux baskets enserrées de torchons sales ne crissaient pas le moins du monde. Il frotta ses joues poisseuses l'une après l'autre d'un geste vague du coude.

"T'as qu'à m'emmener là-bas, on y va ensemble, et on verra qui a raison."

Il mit les poings sur ses hanches boudinées de couches de vêtements plus ou moins en lambeaux. On aurait dit qu'il était prêt à partir sur-le-champ, sans armes ni bagage.
Saveli Voronov
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Hélas ! Le jet de dés ne correspond pas à votre situation. D'une pichenette spectrale, le dé repart de lui-même pour retomber sur un nouveau numéro.



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le Ven 7 Juin - 20:05
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A partir de maintenant, étrangement, vous êtes aux prises avec une étrange sensation. Vous avez l'impression d'avoir déjà vu tout ce qui se déroule sous vos yeux, et vous ne vous l'expliquez pas.

15 : "Vivre tout un RP avec une impression de déjà-vu."



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