Que pensez-vous des Rouges ?
Pavel Kadochnikov
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Chef de station et des renseignements intérieurs
le Mar 19 Fév - 19:51
Chef de station et des renseignements intérieurs

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Age :: 39 ans
Patronyme :: Alexeïevitch
Surnom :: Pasha
Pavel ne marqua aucune hâte. Il marchait d'un pas lent au milieu du brouhaha de Prospekt Mira, frôlant presque la flânerie : pourtant, la réalité était tout autre... Son allure était parfaitement maîtrisée : il était déterminé et se fondait simplement dans la foule. Son objectif en tête, il contemplait les nombreux étals de sa station. Il se plaisait, comme à son habitude, à épier du coin de l’œil les échanges entre marchands et badauds, entre arnaqueurs et pigeons. Sans jamais agir. Les marchandises devaient circuler, la ferraille devait changer de main : la méthode importait peu. La prospérité de Prospekt Mira et donc d'une partie de la Hanse en dépendait.
Taxes, impôts, droits de passage : il touchait toujours sa part, peu importait finalement le détenteur de la bourse.

Kadochnikov marchait, seul. Encore une fois, uniquement en apparence. Ses déplacements étaient parfaitement couverts et sécurisés par l'équipe du jour : les ombres du colonel ne cessaient de veiller sur lui, guettant et anticipant le moindre danger ou acte prémédité contre sa personne.
Couvert, sans pour autant être imbu de ce sentiment d'invulnérabilité, souvent fatal. Aux services secrets, parano autant que possible, on ne connaissait pas le repos. L'instinct animal qui habitait l'officier en faisait également un homme particulièrement difficile à atteindre.

Une lourde grille de métal et quelques pas étaient désormais les dernières choses qui se tenaient entre le colonel Kadochnikov et son objectif. Assise derrière l'imposante table de fortune, au beau milieu de ses jouets, la jeune femme astiquait activement le piston d'un AK-M à l'aide d'un chiffon, tentant rigoureusement d'éliminer la moindre trace de poudre.
Pavel s'approcha, contemplant l'établi avec intérêt : elle était organisée, méticuleuse, propre. Il appréciait cela. Vladimir Nikolaïev l'avait apparemment bien formée.

Le colosse au regard d'émeraude soupesa trois armes de poing. Il était surpris. Non, admiratif. En effet, les trois pistolets, pourtant issus du même modèle d'origine étaient de gabarits bien distincts, compte-tenu des modifications apportées par l'armurière. La capacité létale en avait été, astucieusement, décuplée. Pavel s'adressa finalement à la jeune femme, séduit :

"Priviet. Combien voulez-vous pour le Makarov modifié et le silencieux ?"
Valentina Nikolaïeva
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le Lun 25 Fév - 23:24
Armurière

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Assise en tailleur sur une caisse en bois qui lui servait de tabouret et de réserve, Valya était apparemment concentrée sur sa tâche mais son esprit s'évadait. Devant elle, sur la table bricolée qui lui servait d'étal, quelques armes intéressantes. Peut-être pas les plus emblématiques à ses propres yeux mais néanmoins des pièces uniques et conçues avec un soin maniaque. Le voyage qu'elle voulait entreprendre nécessitait des liquidités au lieu de gros stocks et elle ne pouvait pas se permettre de laisser trop de choses sous la garde de quelqu'un d'autre, ici à Prospekt Mira. En fait, elle avait déjà écoulé une bonne partie de ce qu'elle avait en réserve et ne partirait qu'avec peu de bagages. Mais quelques ventes de plus ne pouvaient pas faire de mal. Elle avait trop envie de renouveau, trop besoin de changer de perspective, pour s'encombrer pendant un voyage déjà long et dangereux.

En attendant, elle frottait avec application le piston à gaz d'un AK-M qu'elle finissait de restaurer et de remonter après quelques très subtiles modifications. L'arme était prête et elle en était plutôt satisfaite, mais elle pensait tout de même à tout autre chose pendant qu'elle s'activait ainsi. Vladimir n'aurait sans doute pas aimé ça et c'était aussi pour ça qu'il était important qu'elle entreprenne ce voyage personnel et réponde à ses propres questions. Elle ne pouvait pas continuer à user une partie de son esprit à se poser des questions, elle avait besoin de la totalité de sa vivacité pour bien faire son travail.

Elle était cependant assez attentive à ce qui l'entourait pour remarquer, même sans en être réellement consciente, quand l'atmosphère se modifiait. Aussi n'eut-elle pas de réaction immédiate quand une ombre vint la surplomber. Elle avait déjà compris que, qui que ce soit, il avait la carrure et le charisme suffisants pour que Kolya éprouve le besoin de la boucler au lieu de fanfaronner à trois mètres de là. La voix qui s'éleva alors était profonde et grave, empreinte d'une assurance rare. Une voix qu'elle connaissait.

- Priviet Polkovnik Kadochnikov.

Le chiffon étalé sur la table, elle posa tranquillement la pièce de tôle dessus puis leva les yeux. La première chose qu'elle vit fut une ceinture qui coupait en deux la silhouette massive du chef de la station. Quand elle croisa son regard, l'intensité de sa couleur la déstabilisa l'espace d'un court instant. Même si elle l'avait déjà vu, même si Ivan avait eu l'occasion de lui toucher quelques mots à son sujet, c'était la première fois qu'elle se trouvait ainsi sous le regard scrutateur de Pavel Kadochnikov. Au-delà du personnage même, le choix qu'il avait fait en s'adressant à elle et en désignant cette arme en particulier, avait de quoi la flatter.

- Tout dépend ce que vous avez à offrir, enchaîna-t-elle donc calmement.

Chef de station ou pas, il n'avait aucune prérogative particulière à ses yeux. S'il voulait sa came, il devrait payer, comme n'importe qui d'autre. Elle n'avait jamais fait aucune exception pour la hiérarchie ni accordé le moindre passe-droit ou privilège à qui que ce soit. Cela dit, cet homme-là avait le pouvoir de l'emmerder aussi fort et longtemps qu'il le désirait, aussi tenterait-elle a minima d'être polie.



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Pavel Kadochnikov
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le Dim 10 Mar - 17:59
Chef de station et des renseignements intérieurs

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Patronyme :: Alexeïevitch
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Fidèle à sa réputation, l'armurière ne se fit nullement prier pour décocher sa réponse.
En revanche, l'offre de Kadochnikov prit plus de temps à parvenir aux oreilles de la jeune femme : leur conversation venait d'être interrompue par un bruit sourd, suivit de peu par des cris et des jurons.

Le Makarov de l'armurière, inerte, venait de changer de prise, rejoignant la main faible du colonel. Sa main forte, quant à elle, s'était placée par réflexe dans le bas de son dos, empoignant avec force et dextérité la crosse de son jouet à lui, chargé et prêt à faire feu.
L'action avait toutefois été trop rapide et trop discrète pour que le pékin moyen s'en aperçoive...

Fausse alerte.

Un adolescent venait de prendre ses jambes à son cou à quelques mètres d'eux. Il avait disparu presque aussitôt dans la foule, emportant une fraction de l'étal voisin avec lui, laissant le pauvre commerçant le cul posé au milieu du reste de sa pacotille et de sa table, renversée. Ce dernier jurait à présent dans tous les dialectes imaginables et imaginaires.

Kadochnikov était d'une paranoïa maladive, il le savait, mais ne pouvait pourtant s'en empêcher : c'est ce qui l'avait maintenu en vie toutes ces années. Toute une existence de secrets, de mensonges, de risques et de trahisons avait forgé cet homme, le rendant parfois plus méfiant encore que l'oncle Staline.

La tension retombait lentement, de même que la lourde main du militaire, caressant les plis de sa veste pour ne pas attirer l'attention. Personne n'avait bougé le petit doigt pour intercepter le voleur dans sa course. Ni Pavel et sa garde rapprochée, ni les commerçants voisins, ni même le simple chineur de passage dans la station. C'était comme ça, ici : chacun pour soi, et seul pour sa came. Vous vous absentez quelques secondes de votre étal ? Il ne restait plus que la moitié des marchandises.

L'attention de Kadochnikov revint sur l'objet de la discussion, non pas sur le pistolet, mais sur la véritable raison de sa venue dans cette boutique. Et celle-ci était politique.
Il n'avait nullement besoin d'armes supplémentaires, bien qu'il pourrait, à titre personnel, se laisser tenter par l'ouvrage singulier de l'armurière.

Il reposa délicatement l'arme sur l'établi et enchaîna :

"Je dois vous avouer une chose, Valentina Vladimirovna : votre excellente réputation me semble parfaitement méritée. Les commerçants de votre qualité font la fierté et la prospérité de notre station. Et qui contribue à la prospérité de Prospekt Mira, contribue à la grandeur de l'Anneau tout entier."

Pavel se garda bien de lui dire que cette même réputation avait, également, attiré l’œil de son bureau. Mais cela, elle l'apprendrait bien assez tôt.

"Imaginez alors ma peine lorsque l'on m'a signalé que vous comptiez nous quitter..."
Valentina Nikolaïeva
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le Lun 11 Mar - 23:04
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Valya ne bougea pas un cil alors que leurs parvenaient les bruits caractéristiques d'un vol à l'étalage plutôt grossier mais également fructueux. Chacun ici savait que courir après un voleur, c'était s'exposer à se faire voler le reste de sa marchandise. Chacun ici savait que ses voisins pouvaient aussi bien garder un oeil serviable sur son étal comme le dépouiller de ses bien s les plus précieux.

La loyauté avait ses limites, surtout sur l'Anneau. Mais ça ne dérangeait pas l'armurière. Élevée par un vétéran paranoïaque et rendu solitaire par le veuvage, elle était accoutumée à ne compter que sur elle-même en s'en accommodait fort bien. C'est pourquoi elle était armée, rapide et faisait mouche pratiquement à chaque coup. Sans se vanter naturellement, il n'y avait là aucun motif de fierté particulière à ses yeux, juste des faits.

Le regard toujours levé vers le visage de son visiteur, elle ne perdit pas une miette de son réflexe, si discret qu'i ait été. Cet homme-là n'était pas n'importe qui. Elle le savait déjà mais en était à présent plus convaincue que jamais. Et quand il délaissa le magnifique petit Makarov pour se concentrer sur la véritable raison de sa visite, elle comprit qu'elle aurait décidément tort de le sous-estimer.

Essuyant posément ses mains dans un autre chiffon, propre celui-là, elle déplia posément ses jambes et se leva pour faire face au chef de station. Elle n'était pas vraiment étonnée qu'il soit au courant de son départ mais plutôt impressionnée qu'il ait su additionner les faits jusqu'à comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de revenir de sitôt. Ce n'était pas particulièrement compliqué à comprendre mais encore fallait-il avoir toutes les informations en mains et c'était bien cela qui la laissait songeuse. Ainsi qu'un rien méfiante.

Elle ne lui ferait pas l'injure de tenter de nier ou de mentir sur des sujets dont il était presque aussi bien informé qu'elle-même, mais elle s'était gardé une certaine marge de manoeuvre. Ce n'était pas forcément volontaire d'ailleurs mais peut-être plutôt lié au fait qu'elle ignorait totalement ce qu'elle allait trouver à la VAR et si elle s'y ferait une place intéressante.

- Merci pour le compliment
, rétorqua-t-elle avec un calme qui était loin d'être aussi parfait et détaché à l'intérieur. Mon père m'a tout appris. Mais je pense que vous le savez déjà.

L'esprit agité, elle était en train de trier les informations passées et présentes, les rangeant méthodiquement dans des boîtes mentales. Si elle voulait que son projet fonctionne, elle avait besoin de l'appui de cet homme. Elle avait beau être libre de circuler en théorie, elle n'était pas assez naïve pour croire qu'il ne pouvait pas l'en empêcher si tel était son bon plaisir.

- J'ai prévu une longue tournée pour explorer de nouveaux marchés, en effet. J'espère en rapporter de nouvelles idées, de nouvelles techniques et peut-être du matériel inédit.

Ce n'était certes pas faux. Mais si tout se passait comme prévu, sa tournée serait si longue qu'elle n'en reviendrait pas avant de longues années, voire davantage. C'était un simple manque de précision, à peine une légère omission, pas un mensonge à proprement parler. Mais Pavel Alexeïevitch était loin d'être idiot. Attaquerait-il de front ou prendrait-il la tangente ?

- Il y a d'autres armuriers sur l'Anneau. Souhaitez-vous que je vous en recommande un ?



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Pavel Kadochnikov
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le Dim 31 Mar - 14:31
Chef de station et des renseignements intérieurs

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Pavel Kadochnikov écoutait attentivement la jeune femme, laissant parfois échapper un rictus. Elle était maligne, tout comme son père Vladimir. Mais elle ignorait probablement que le colonel disposait d'un outil de renseignement remarquable, qui lui permettait généralement d'avoir plusieurs coups d'avance.

"En effet, j'ai bien connu votre père...et à en croire ce que l'on raconte dans la station, vous tenez beaucoup de lui. C'est donc pour cette raison que je souhaite m'adresser à vous, et non à vos confrères."

Kadochnikov était parfaitement sincère. Il souhaitait réellement travailler avec l'armurière. Enfin, qu'elle travaille pour ses "Services", plus précisément. Son affirmation, cependant, n'était qu'une demie-vérité : son métier ne l'intéressait aucunement, seules ses relations méritaient l'attention du colonel. Une seule, tout particulièrement.

La jeune armurière devait, comme la quasi-totalité des citoyens de l'Anneau, ignorer que toute la station était surveillée par les agents du colonel et que ceux-ci butinaient 24H/24 dans le plus grand des secrets. Aussi, lorsqu'un certain Gueorguï Asimovitch -aka "le grand patron de l'alliance VAR"- avait mis un pied dans cette immense ruche et qu'accessoirement, il s'était fait remarquer lors d'une altercation avec les frères Zakaiev, la jeune femme avait été propulsée sur les feux de la rampe. L'homme avait été suivi, disparaissant plusieurs heures chez l'armurière, faisant ainsi de Valentina Nikolaïeva une "personne d'intérêt" pour les renseignements intérieurs de la Hanse.

"Je ne vous apprends probablement rien mais, à ses débuts et pendant des années, votre père travaillait presque exclusivement pour nous. Par "nous", j'entends "la Hanse". Pour les forces de sécurité et le gouvernement mis en place lors de la grande guerre du métro, plus exactement."

Kadochnikov marqua une courte pause, offrant quelques secondes de silence pour la mémoire de tous ceux tombés dans les tunnels.

Il sortit finalement, de la poche intérieure de sa veste, un document qu'il tendit à l'armurière. Plus qu'un laissez-passer officiel : un accord commercial signé par les plus hautes autorités de la Hanse.
Le saint-Graal du marchand. Finies les taxes abusives au moindre point de contrôle de l'Anneau, terminées les fouilles complètes -et encore une fois, abusives- des marchandises à chaque déplacement de la cargaison. Avec ce document, un commerçant pouvait faire transiter ses produits de station en station, et de faction en faction, sans le moindre accroc. A condition bien évidemment qu'il s'agisse de stations et de factions alliées, comme l'alliance VAR...

"Je ne vous empêcherai pas de partir. Au contraire, j'aimerai vous accompagner dans votre démarche : voyagez, explorez autant que vous le voudrez. Mais travaillez avec nous, tout comme Vladimir avant vous. Les fondations de l'Anneau reposent sur le commerce et l’économie. Nous profiterons tous les deux très largement de cet accord, j'en suis convaincu."
Valentina Nikolaïeva
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le Dim 31 Mar - 20:50
Armurière

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Valentina eut un instant d'hésitation, bref mais troublant, matérialisé par un passage à vide dans son esprit. La seconde d'après, elle croisait à nouveau le regard du Colonel et esquissait un vague sourire qui se voulait modeste. Le compliment, pour stratégique qu'il soit sans doute, était réel à ses oreilles. Rien ne pouvait davantage la flatter que de tenir de son père. Elle ne tenait néanmoins pas à lui ressembler au point d'être empêchée de quitter la Hanse.

Sagement, elle attendit la suite. Le Colonel allait être obligé de dévoiler certaines cartes de son jeu s'il voulait sa coopération, or c'était visiblement ce qu'il était venu chercher. Pour qu'il se présente en personne à elle au lieu de la convoquer, et qu'il se montre aussi affable pour ne pas dire plus, c'est qu'il espérait l'amener à épouser son point de vue par la persuasion. Sans aller jusqu'à croire qu'il avait besoin d'elle, il semblait préférer la convaincre que la forcer, ce qui était à son avantage pour le moment. Quant à l'objectif final de cette négociation, elle n'en avait pas une idée très précise mais était impatiente qu'il lâche quelques cartouches.

Quand il enchaîna sur son père, elle comprit que ça devait être assez important. Se réclamer de Vladimir, c'était pratiquement s'assurer de sa coopération, ceux qui l'ignoraient devaient s'en douter étant donné le lien évident qui les avait unis du vivant de son père. Ils n'avaient vécu qu'à deux pendant dix-sept ans, après tout, sans jamais rien demander à personne. Kadochnikov omettait cependant le fait que Vladimir y avait laissé la vie dans des circonstances restées nébuleuses. Même si elle affectait de n'en ressentir que détachement et fatalisme, Valya était toujours à l'affût du moindre renseignement à ce sujet. Elle hocha donc lentement la tête en silence, laissant là encore le grand patron s'avancer avant de savoir quelle pièce elle devait elle-même déplacer.

C'est finalement le document qu'il lui remit entre les mains qui acheva de l'édifier. C'était donc encore plus important que ce qu'elle avait cru. Pour l'appâter avec quelque chose d'aussi grande valeur, il ne pouvait s'agir que d'une mission cruciale. Une part d'elle était flattée, naturellement, mais une autre part restait méfiante. À mesure qu'elle déchiffrait le document, elle avait arqué un sourcil et tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées confuses. Lentement et précautionneusement, elle replia l'important document, le gardant en main. Les yeux levés vers son interlocuteur, elle ne souriait plus mais arborait une mine grave, sérieuse. Le monde autour d'eux avait disparu.

- Qu'attendez-vous de moi ?

Cette fois, elle ne pouvait pas tergiverser ou biaiser, il fallait aller droit au but et comprendre immédiatement dans quoi elle s'engageait. Car elle ne se faisait aucune illusion : il ne lui était pas vraiment possible de refuser ce que Pavel Kadochnikov avait à lui proposer. Il ne lui restait qu'à espérer ne pas devoir trahir ses convictions ou renoncer à toute liberté.



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Pavel Kadochnikov
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le Dim 7 Avr - 10:53
Chef de station et des renseignements intérieurs

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Entre les mains crispées de la jeune armurière se tenait à présent l’accord commercial pour lequel des dizaines de ses confrères auraient tué père et mère, dans le simple but d’entrer en sa possession.

Cette jeune femme, Pavel la considérait comme un investissement dans le temps. Et pour qu’elle demeure la plus lucrative possible, il était effectivement préférable de ne pas la contraindre tout de suite.
De cet accord, ils en tireraient tous deux un bénéfice certain. Elle pourrait, de son côté, voir ses revenus se multiplier par dix ; tandis que lui disposerait d’une source d’informations inestimable dans les mois et années à venir.

Néanmoins, le colonel disposait également d’un plan B, qui attendait bien sagement dans l’autre poche intérieure de sa veste, dans le cas où le moindre refus se laisserait sentir. Un document pour lequel bien des citoyens de l’Anneau auraient également été prêts à tout...cette fois-ci pour ne jamais en voir la couleur. Un document signé et tamponné par les mêmes instances que le premier, mais qui pouvait cette fois mettre fin à des carrières, détruire des vies…

Kadochnikov, paraissant s’étonner, imita l’air grave de l’armurière : « Vous n’avez pas l’air ravie, Valentina Vladimirovna… »
Il reprit, cette fois-ci sur le ton de la plaisanterie : « Je dois vous avouer qu’avec un tel document, j’espérais au minimum voir un sourire sincère éclairer ce joli visage. Au pire, je me serai contenté d’un simple « merci », même discret...! »

Nouveau changement d’expression faciale. Nouvelle intonation. Le colonel affichait désormais son masque d’officier supérieur ; ses yeux ne brillaient plus d’amusement mais d’un vert émeraude,  profond et impérieux.

« Avant de répondre à votre question, j’aimerais avoir votre opinion sur un sujet.
Que pensez-vous, de manière générale, du communisme ? Que pensez-vous de nos voisins anticapitalistes plus particulièrement ? Répondez avec sincérité. »



Inutile de préciser que les réponses à ces questions détermineraient probablement l'avenir de la jeune femme au sein de la confraternité des stations de la ligne Koltsevaïa.
Valentina Nikolaïeva
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le Dim 7 Avr - 16:28
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La succession d'émotions contradictoires sur les traits du Colonel acheva de convaincre Valentina qu'elle avait raison de se méfier. Cet homme était dangereux, elle en était convaincue. D'ailleurs, c'était une évidence, il suffisait d'avoir un minimum de bon sens pour le comprendre. On n'atteignait pas un grade aussi élevé que le sien à son âge sans avoir quelques atouts forts dans sa manche.

Et devant cet homme-là, justement, elle avait commis un faux-pas. N'importe qui se serait confondu en remerciements et aurait accepté le sauf-conduit sans la moindre discussion. Sa méfiance et sa question avaient attiré l'attention de Pavel Kadochnikov sur elle, sur ce qu'elle avait dans la tête, tout ce que Vladimir avait passé des années à lui enseigner d'éviter. Il savait bien, lui, qu'il fallait rester hors de vue des autorités, et qu'un privilège a très vite fait de se muer en boulet au pied.

- Toutes mes excuses, Polkovnik Kadochnikov, la surprise m'a fait oublier mes manières.

Mais c'était pour le principe plus qu'autre chose et ils le savaient tous les deux. Elle jouait le jeu qu'il avait lui-même initié, pour sauvegarder les apparences, pour lui montrer sa soumission aux autorités de la Hanse. Et pourtant, ils savaient aussi parfaitement tous les deux qu'elle tenait ces mêmes autorités pour responsables de la disparition corps et bien s de son père. Rien n'avait été retrouvé, pas même ses plaques d'identification, pas même un vêtement, une trace, du sang ou un murmure de rumeur lointaine. Rien. Et elle était restée rongée par l'incertitude.

S'il avait su qu'elle partait en quête de Gueorguï Asimovitch, peut-être Kadochnikov lui aurait-il ri au nez, arguant qu'elle cherchait un père de substitution plus qu'un amant. Mais il ne pouvait pas savoir ça, n'est-ce pas ? Elle ne l'avait dit à personne, même pas à Piotr ou Ivan. Il ne pouvait pas savoir qu'elle l'avait revu après la désastreuse mission en surface. N'est-ce pas ?

Mais alors qu'elle attendait sagement sa réponse, les doigts crispés malgré elle sur le précieux document qu'il lui avait remis, le grand patron la désarçonna par sa question. Elle s'était attendue à bien des choses, mais pas à cela. Lisant sur son visage qu'ils avaient franchi un cap dans la négociation et que ce qu'elle allait dire serait crucial pour son avenir, elle prit soin de bien choisir ses mots avant de formuler sa réponse.

- Mon père m'a bien élevée. Nous sommes des négociants, des marchands, pas des idéalistes. La Ligne Rouge est enferrée dans une vision passéiste et rétrograde qui n'a pas sa place dans une alliance prospère comme la nôtre.

C'était la stricte vérité à ses yeux. Elle n'avait rien d'une rêveuse et pas de grands idéaux communistes et populaires pour la galvaniser. Elle avait appris de son père à ne compter que sur elle-même et à protéger son bien et sa vie au détriment de la communauté s'il le fallait. La mort de son père lui avait prouvé, si nécessaire, qu'il avait eu raison.

Tout en parlant, elle avait commencé à remballer avec soin ses marchandises et à les ranger dans une cantine. Ce n'était pas pour éviter le regard du Colonel mais il était évident que sa venue en ces lieux avait mis fin à une bonne et honnête journée de travail. Inutile de laisser traîner les choses alors qu'ils allaient négocier autre chose que des armes. Elle se redressa en s'essuyant les mains dans un chiffon.

- Pour vous répondre plus précisément, je n'ai pas d'animosité particulière à l'égard du communisme ou de ses adeptes mais je pense qu'ils appartiennent au passé.


Elle avait relevé les yeux et se tenait droite devant son interlocuteur, faisant preuve de la franchise qu'il avait réclamée. Car de toute façon, il n'y aurait pas eu moyen de faire autrement. Puisqu'elle ne pouvait pas éviter cet obstacle, autant tenter de s'en servir au mieux.



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Pavel Kadochnikov
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le Sam 13 Avr - 19:18
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Le colonel hocha la tête, lentement. Elle semblait sincère dans sa réponse et cela paraissait justifié : elle avait, elle aussi, grandi et été éduquée ici. Elle était devenue un pur produit capitaliste, tout comme lui, à une différence près : lui avait été formaté, détruit mentalement, puis re-formaté, de manière plus extrême encore. Il éprouvait, de son côté, bien plus d'animosité envers la Ligne Rouge et le communisme qu'il ne le laisserait probablement jamais transparaitre. L'ennemi communiste, Pavel l'avait combattu toute sa vie, dans l'ombre. Il avait perdu ses frères en défendant ses convictions, en protégeant celles de la Hanse, mais n'avait jamais abandonné. Et s'il devait utiliser cette jeune armurière pour défendre la Hanse et ses citoyens, il la mettrait à contribution, sans hésiter une seconde.

Il acquiesça : "Je partage votre avis, Valentina Vladimirovna. Le fait est que, bien qu'ils appartiennent au passé, le communisme et ses fidèles sont encore bien présents dans nos tunnels. Je vous demande donc, peu importe l'endroit où vous comptez vous rendre, de faire profil bas et d'éviter ces fanatiques. Il ne fait pas bon être citoyen de l'Anneau en dehors des frontières de l'Anneau, vous pouvez me croire."

La réponse de la jeune femme à sa question paraissait le satisfaire. Elle ne serait évidemment pas aussi loyale que l'un de ses agents de "Vityaz", mais il s'en contenterait. Après tout, il n'avait pas encore dans l'idée d'en faire un agent de terrain à l'épreuve de toute corruption, qu'elle soit idéologique ou matérielle... Non. Son intérêt pour la jeune femme était bien plus subtil. Pour le moment, il ne s'agirait que de glaner de multiples informations, tout en exerçant son métier de façon totalement ordinaire. Rien ne changerait pour Valentina. Elle voyagerait, renforcerait son réseau professionnel, dégoterait de nouveaux clients, tout en laissant trainer ses oreilles. Des agents clandestins, au service du colonel Kadochnikov se manifesteraient alors à elle, plus ou moins régulièrement, et ils discuteraient. De tout, de rien. Mais surtout de l'évolution des relations entre VAR et la Ligne Rouge ; car la rumeur enflait au sein des services de renseignement de la Hanse : le fondateur et actuel dirigeant de l'alliance, Gueorguï Asimovitch Joukov, était soupçonné de flirter avec l'Ennemi communiste.

Pavel posa la main sur le Makarov modifié avant que l'armurière n'ait eu le temps de le ranger dans sa cantine, avec les autres. Celui-ci, il le prendrait "à emporter". Il laissa, en échange, un petit sac de toile sur l'établi de l'armurière : le cliquetis des cartouches s'entrechoquant dévoila sans mal sa contenance.

Il enchaina : "Le makarov m'a tapé dans l’œil, je dois bien vous l'avouer. J'aimerai également vous acheter le reste de vos marchandises : tout ce que vous avez à vendre, en réalité. L'armement des soldats de Prospekt Mira a besoin d'être renouvelé..." mentit-il, conscient d'avoir ruiné sa journée de travail. "J'enverrai des hommes vous payer et récupérer la cargaison sous peu."

Après une courte pause, passée à contempler silencieusement sa nouvelle acquisition, le colonel reprit : "Ce que j'attends de vous, Valentina Vladimirovna...que vous acceptiez de travailler avec nous. Que vous restiez fidèle à la Hanse, d'une manière ou d'une autre. Vivez votre vie, voyagez, exercez le métier pour lequel vous êtes si douée, et soyez attentive à tout ce qui vous entoure. Aux discussions avec vos clients, à la politique, aux infrastructures de votre station d'accueil. Nous vous recontacterons en temps voulu, et discuterons à nouveau. Aussi simplement que cela, rien de plus : vous avez ma parole. Et je n'ai qu'une parole."

Pavel aurait pu utiliser un intermédiaire pour tenter de recruter Valentina, pour ne pas s'exposer lui-même : c'est d'ailleurs de cette façon qu'il procédait, d'ordinaire. Mais garder personnellement un œil sur la petite, il devait bien cela au vieux Vladimir. Néanmoins, le colonel était prêt à tout. Aussi, s'il ne pouvait empêcher l'armurière de partir, il pouvait cependant l'empêcher de revenir. Et c'est exactement ce que contenait le deuxième document, dans la seconde poche intérieure de sa veste. Il espérait ne pas devoir en arriver là.

C'est donc avec confiance, que Pavel Kadochnikov tendit une main à l'armurière, afin de sceller leur accord.
Valentina Nikolaïeva
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le Dim 14 Avr - 15:04
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Valentina n'avait jamais véritablement eu à souffrir de son appartenance à la Hanse. Son nom était connu au-delà des frontières de l'Anneau et suffisait généralement à la tenir à l'écart des conflits entre factions. On faisait appel à elle pour ses talents d'armurière, pas pour prendre parti pour un camp ou l'autre. D'ailleurs, qui la connaissait assez savait qu'elle était plus vénale que loyale envers l'alliance où elle était née, même si elle respectait les autorités et le capitalisme. Pavel l'avait compris, semblait-il, puisqu'il déposa une jolie somme en payement de l'arme qu'il désirait.

Habituée à évaluer des bourses du même genre d'un seul coup d'oeil, elle vit immédiatement qu'il s'était montré plutôt généreux sans atteindre le niveau d'une tentative flagrante de corruption. Subtil. Et malin. Car elle aimait plus que tout son activité et lui montrer ainsi reconnaissance et respect pour son travail était un bon moyen de l'amadouer. Quant à l'achat du reste de son stock, elle l'interpréta comme une forme de payement pour le service qu'il lui demandait. La loyauté avait un prix que le Colonel connaissait bien, apparemment.

Le laissez-passer et la coquette somme qu'elle retirerait de la vente de son stock suffiraient à lui permettre de vivre comme elle l'entendait pendant un bon moment. En échange de quoi il ne lui demandait finalement que de raconter ce qu'elle entendait et voyait au cours de ses tournées. Était-ce si grave ? Elle ne savait même pas encore ce qu'elle allait trouver à la V.A.R. ni si Gueorguï Asimovitch serait content de la revoir alors finalement, que risquait-elle ?

Elle eut une pensée pour son père qui lui avait appris à se méfier des autorités malgré tout et se promit de ne pas l'oublier. Néanmoins, face auxdites autorités, elle se rendait compte que ce n'était pas si simple. Si elle voulait sortir de cet entretien la tête haute et poursuivre ses projets, elle devait accepter de jouer les espionnes pour la Hanse, c'était une évidence. Le jour où on lui demanderait de trahir Jora, la question se poserait différemment, c'était tout aussi certain.

Pour l'heure, et après avoir hoché la tête calmement pour accepter la transaction, elle contemplait la main tendue de Pavel Kadochnikov avec la certitude de ne pas avoir le choix. Levant les yeux pour croiser les émeraudes glaçantes du Colonel, elle plongea la tête la première et d'un coup, sans un regard en arrière. Sa main fine et pâle saisit celle de l'officier et la serra fermement, exprimant une conviction qu'elle était loin de ressentir. Elle ne voulait pas être la première des Nikolaïev à trahir la Hanse.

- C'est entendu.

Inutile de préciser qu'elle aussi n'avait qu'une parole. Elle était négociante et connue pour sa droiture, pas la peine d'en rajouter. Et ils avaient tous deux conscience du fait qu'elle prenait la seule décision possible. Il restait toutefois un point à éclaircir. Pour une fois qu'elle avait devant elle la plus haute autorité de Prospekt Mira, elle n'allait pas laisser passer sa chance. Elle n'avait pas encore lâché sa main ni détourné son regard du sien quand elle enchaîna donc :

- J'ai également une chose à vous demander. Mon père a disparu il y a cinq ans sans traces ni aucun explication au cours d'une tournée. Je connais les dangers des souterrains et je sais à quoi il s'exposait en voyageant, mais j'espère avoir un jour quelques éléments d'explication.

Elle allait littéralement à la pêche. Soit il savait quelque chose et accepterait ou non de le lui confier, soit il ne savait rien et garderait - peut-être - sa requête en tête à l'avenir. Dans un cas comme dans l'autre, elle ne remettrait pas leur accord en cause mais elle espérait avoir un jour des réponses. Vladimir avait été un soldat loyal et un fidèle de l'Anneau. Puisqu'on lui demandait de reprendre le flambeau, elle estimait avoir droit à la vérité.



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Pavel Kadochnikov
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18 : Vous vous retrouvez soudainement pris entre deux feux, tandis que deux groupes d'individus s'affrontent jusqu’à ce que l'un élimine l'autre, et vice-versa. Que se passe-t-il ? Qui sont-ils ?



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Le regard émeraude de l'officier, insondable, restait rivé sur sa proie. Sur les iris gris clair de l'armurière, sublimés par ce léger trait de khôl noir qui leur conférait mystère et profondeur.
L'échange se fit plus intense encore, lorsque la jeune femme empoigna sa main tendue avec vigueur et fermeté. Elle paraissait ne plus vouloir la lâcher avant d'avoir, à son tour, obtenu ce qu'elle désirait : des réponses.

Pavel Kadochnikov, le chef de station, disposait de la version officielle : l'expédition menée par la Hanse, dont Vladimir faisait partie, s'était tout simplement volatilisée. Les équipes envoyées en renfort n'avait jamais rien trouvé. Pas le moindre indice, pas la moindre trace. Toujours officiellement, les membres de l'expédition avaient été déclarés morts et ce, même en l'absence de preuves. Pour le colonel, cela avait été une erreur monumentale. Mais l'affaire, trop sensible, se devait d'être étouffée, et c'est ce qu'il se produisit.

En revanche, le colonel Kadochnikov, chef des services de renseignements de la Hanse, avait établi tout un tas d'hypothèses. Ces dernières années, un nombre inquiétant d'évènements surnaturels, de disparitions inquiétantes, d'attaques de mutants, pour le moins stupéfiantes, avaient été déclarées.
Les dossiers s'accumulaient, de même que les théories ; les explications, elles, se faisaient bien plus rares et précieuses.
Toutefois, depuis peu, de nouvelles pistes étaient parvenues jusqu'à ses oreilles : une attaque de Sombre, un mutant possédant certaines facultés psychiques, avait été soupçonnée dans les tunnels près de Polis ; décimant un groupe de soldats expérimentés.
Les rumeurs au sujet du fameux réseau souterrain secondaire n'avaient, quant à elles, jamais perdu en intensité...ni en intérêt.

Et si cette expédition, lancée il y a cinq années avait abouti ? Et si ce groupe, envoyé en éclaireur par les autorités de la Hanse, était parvenu à son objectif...? Le légendaire "Métro 2" aurait-il été découvert ? Pourquoi ce silence radio ? Qu'était-il réellement advenu des membres de cette expédition ?

Malheureusement pour la Hanse et pour Valentina, le sacrifice de Vladimir et de ses compères avait, jusqu'à preuve du contraire et jusqu'à présent, été vain. Des réponses, des pistes, Kadochnikov aurait pu lui en servir une dizaine, toutes différentes, sur un plateau d'argent. Mais il ne s'agissait là, encore une fois, que de théories.
Apporter la vérité à cette jeune femme, endeuillée par la disparition de son père ? Il en était pour l'instant incapable, par faute de preuves.

"Votre père était un patriote. Il n'a pas hésité à risquer sa vie et tout ce qu'il possédait pour ses convictions. Pour..."

La détonation coupa net l'officier qui, resserrant son emprise sur la main de la jeune femme, l'entraina de force à couvert, derrière son établi. Les tirs en rafale crépitaient, les cris d'effroi des citoyens éclatèrent aussitôt. Etait-il visé ? Son équipe de protection était-elle engagée dans les feux ?

Adossé derrière le couvert et avec un calme déconcertant, trahissant une expérience certaine des fusillades, le colonel fit claquer la culasse de son makarov. Arme chargée et soldat prêt à en découdre.

"Prouvez votre loyauté, respectez notre accord et je vous promets la vérité au sujet de la disparition de Vladimir."
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le Sam 15 Juin - 22:12
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Elle aurait pu passer des heures à tenter de déchiffrer le regard d'émeraude de Pavel Kadochnikov sans jamais y parvenir tout à fait. Elle voyait bien que des émotions s'y succédaient, que des idées ou des projets y faisaient naître des éclats particuliers, mais elle se sentait incapable de comprendre leur sens. Au fond, peut-être que c'était mieux comme ça. Avait-elle vraiment envie de savoir ce qui passait par l'esprit retors du Colonel ? À bien y réfléchir, sans doute pas. Au ton de sa voix et à sa réplique, elle vit en revanche qu'il avait parfaitement saisi ce qu'elle voulait et qu'il ferait son possible pour la satisfaire. C'est ainsi qu'elle interpréta ses paroles, en tout cas, et le fait qu'il n'avait pas essayé de retirer sa main de la sienne.

Une balle siffla, aussitôt suivie de plusieurs rafales et des cris s'élevèrent un peu partout autour d'eux. Tirée brutalement vers le sol, elle s'adossa à leur abri aux côtés de son compagnon d'infortune et lui jeta un coup d'oeil acéré. Vladimir avait tout risqué et tout perdu, tout comme elle-même avait perdu l'essentiel avec lui. Mais qu'importe. Ses paroles n'étaient pas tombées dans l'oreille d'une sourde. Hochant la tête rapidement, elle se servit de son pied pour faire tomber dans sa main sa SKS appuyé contre une caisse.

- Vous avez ma parole Pavel Alexeïevitch
, conclut-elle, scellant leur double accord.

Elle vérifia machinalement que son arme était chargée puis tira un petit sac entre eux et l'ouvrit d'un geste vif. Une petite réserve de cartouches pour assurer leur protection et au fond de la bourse une grenade fumigène, au cas où ils auraient besoin de faire diversion pour sortir de leur abri. Les échanges de tirs ne venaient pas dans leur direction a priori mais on était jamais trop prudent. Elle attendit patiemment la petite respiration entre deux rafales et quand elle la sentit venir, elle se tourna d'un bond et prit appui sur son établi pour viser tranquillement. Dans le chaos qui régnait, difficile de savoir qui se battait contre qui. Elle avisa néanmoins un type qui semblait un peu trop sûr de lui et arrosait tout le marché généreusement. Son souffle se fit plus lent et régulier, elle chassa les perturbations de son esprit, visa avec soin puis tira une seule cartouche qui atteignit le type dans le gras de la fasse. Der'mo, elle avait visé la cuisse.

Le reste s'enchaîna plutôt rapidement comme il fallait s'y attendre vu la présence du chef de station parmi eux. Elle n'eut même pas besoin de gâcher d'autres munitions, encore moins sa précieuse grenade. Une escouade fit irruption et remit de l'ordre dans tout ce bordel en quelques minutes à peine. La Hanse était efficace quand elle le désirait, surtout à Prospekt Mira où les échanges étaient les plus nombreux. Rangeant son arme et récupérant ses affaires, elle salua Pavel et s'empressa de décamper pour ne pas risquer de rester bloquée là des heures. Elle avait beaucoup à réfléchir, beaucoup à organiser aussi. Notamment la livraison pour les autorités et son départ enfin imminent. Tapotant sa poche où était rangé le précieux sésame, elle esquissa un bref sourire en tournant dans un couloir menant vers chez elle.



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