Piotr Zinoviev
Date d'inscription : 30/06/2018
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Double-compte : Airat Ivanov - Ustynia Kabakova
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le Jeu 14 Fév - 2:52

Passeport
Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Sa main se referma sur l'épaule d'Inna, la ramenant doucement contre lui alors qu'il la pressentait une nouvelle fois prête à disparaître dans la foule.
Malgré le poids de l'arme dans ses bras, elle cavalait devant lui, un peu essoufflée de l'effort qui en même temps lui tirait un sourire. Piotr leva son regard vers la voûte de la station, poussant un soupire d’exaspération. D'une mains, il vint renfoncer sur sa tête sa casquette de feutre, masquant derrière une ombre horizontale ses iris bleus, ses pas s'accélérant un peu pour suivre sa fille.

Ce n'était pas la première fois qu'ils venaient à la Ligne Krasnya. Mais la fillette montrait toujours un enthousiasme démesuré -et déplacé au seins de la Hanse- à se retrouver dans une station communiste. Malgré la guerre et ce qu'elle lui avait arraché, Piotr était  moins extrême dans ses idées que la plus part des gens de la Hanse, et envers le communisme il n'avait aucun approprie ci ceux n'étaient ceux de la mémoire collective. Mais ses voyages n'en étaient pas plus simples ou nombreux  pour autant. Les démons qui le hantaient quand il mettait les pieds à la Ligne Rouge étaient intimes, enfouit au fond de lui. Sa peur et sa haine, retournées contre lui. Surgissaient de l'ombre des choses qu'il aurait voulu oublier, mais qui ne le lâcheraient jamais, et le moment venu, l'observeraient dans la tombe de leur unique œil.
Et malgré ce flot d'émotions et de contradiction qu'il tentait de refréner derrière l'os de son crâne, Inna  sautillait quelques pas devant lui,  insensibles à ses pensées et se tortillant pour échapper à la prise paternelle qui la ramener inlassablement dans les pans du manteau de Piotr.  Il soupira devant son insouciance, intacte malgré ses consignes répétés : Soit discrète mais pas associable, fonds-toi dans le décor, répond au sourire, ne donne pas le nom de ta faction, reste près de moi. Pour un sale capitaliste Hansois comme lui et sa progéniture à l'esprit déjà pervertie, mettre le pied à la grand Ligne Communiste n'était pas suicidaire, mais restait foutrement culotté. Même si à chaque qu'il s'était rendu à la ligne Krasnya , il avait prit soin de laisser derrière lui le souvenir altérable d'un homme discret et serviable, adaptant un instant son mode de vie pour le calquer sur celui de la Ligne, il craignait toujours les mauvaises surprises. Peut-être la guerre lui avait-elle donné une perception plus sensible et affûté -ou plus paranoïaque- des relations entre la Ligne Rouge et la Hanse.  Peut-être qu'avoir vu défiler sous ses yeux toutes l’histoire du métro lui donnait un ressenti différent. Peut-être avait-t-il au fond de lui encore un peu des codes de cette époques que ses cadets ne connaîtraient jamais, et que lui-même avait à peine eu le temps de vivre. Mais il avait l'impression qu'un rien pouvait mettre le feu au poudre. La paix entre les factions n'était qu'illusoire, et Piotr avait la certitude que les survivants  s’entre-tueraient. C'était ce que l'humain avait fait depuis des millénaires, et les radiations ne les arrêteraient pas.

« Là ! »

Inna se retourna vers son père, désignant d'un menton qui secoua la masse blonde de ses cheveux, la ligne éparse d'étalages et de marchands installés sur les quais, assez en retraits pour laisser circuler d'éventuels clients. Entre une caisse de rats couinants et trépignants et un sac remplis de prospectus propagandistes, une cantine était ouverte, et le barda à l'intérieur s'en était allègrement échappé pour venir consciencieusement s'installer autour. Jusqu'à donner l'impression d'un petit atelier installé là.

Le médecin hocha la tête dans un bref battement de paupière. Avec un sourire, il tendit une main vers la fillette, prêt à la délester de son jouet de métal. Mais elle secoua la tête, un grand sourire étirant ses lèvres abîmées et gonflant un peu plus ses joues d'enfants. Resserrant sa prise sur l'AK 103, elle trottina vers la femme affairer au milieu de l'arsenal, et lâcha d'une voix légèrement essoufflée :

« Vous êtes armurière ?! »