Déséquilibre [PV Yvan]
Valentina Nikolaïeva
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le Sam 15 Déc - 18:20
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Enfin ils avaient regagné les sous-sols, enfin ils en avaient terminé avec cette foutue mission désastreuse. La brèche était colmatée certes, mais à quel prix ? Éprouvée physiquement et moralement, Valya tenait à peine debout. Elle avait fait bonne figure tant qu'ils arrivaient, rendaient leurs combinaisons et armes et autres et quoi qu'ils aient pu faire à leur retour. Mais à présent, elle rêvait de boire jusqu'à effacer toutes ces images de sa tête.

Y avait-il eu un rapport ? Très probablement. Ils avaient sans doute été examinés également mais elle n'avait pratiquement rien. Rien qui justifie de s'effondrer en tout cas. Alors elle avait quitté toute cette agitation dès qu'elle avait pu. Logée temporairement par la VAR dans des quartiers libres pour le moment, elle ne savait plus très bien ce qu'elle voulait ni à qui le demander.

Ah si ! De la gnôle. Beaucoup. Et de la forte de préférence, de celles qui vous saoulaient vite et efficacement. Fouillant la poche de son treillis, elle compta dans sa tête et songea qu'elle avait assez pour se payer un bon litre si les cours n'avaient pas trop changé et que le marchand était raisonnable.

C'est ainsi qu'elle fit son apparition près d'un brasero qui diffusait avec peine une lueur rougeâtre et une chaleur un peu chiche, une bouteille à la main et un sachet d'herbe à rouler dans la poche. Le coin était déserté. Sûrement que c'était juste un quartier pour invités pestiférés et que les autres campaient devant la porte de Gueorguï Asimovitch comme des groupies.

Elle se laissa tomber sur une caisse abandonnée là et déboucha sa bouteille avec les dents pour entamer la guérison de ses plaies très soigneusement. Quelques instants plus tard, un quart de la bouteille descendu et un cylindre roulé à la main, elle fumait en laissant ses pensées errer dans les flammes du brasero.



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Yvan Nekrasov
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le Dim 16 Déc - 3:19
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Retour sous terre, ce qui n'était pas si déplaisant. Certes, une petite bouffée d'air frais à la surface, c'était plaisant. Mais la pluie, le vent, les bestioles qui volent et des compagnons qui râlent, ça c'était pas terrible. On avait rendu nos armes et autres équipements avant de nous laisser partir. Mes deux compagnons tiraient des mines moroses malgré la réussite du plan. Ce que je comprenais : deux d'entre nous étaient morts. En compensation, la brèche était colmatée. J'avais rapidement appris qu'une attaque avait eut lieu, des brigands et des mutants, ça c'était bien occupé ici aussi, semble-t-il.

On m'avait examiné. Blessure par balle à l'épaule, des questions en avaient surgis mais je n'avais pas envie de m'étendre sur le sujet. Feintant la tristesse, le traumatisme, j'avais réussi à échapper à l'interrogatoire. Même les soins, je m'étais contenté de mettre ma veste par-dessus un pansement rudimentaire pour m'en aller.

Ensuite ? J'avais déambulé ici et là, récupérant de l'alcool et un casse-croûte qui traînaient. Oui, je les avais subtilisé. Et alors ? J'avais sauvé la station, on pouvait m'accorder ça. Après avoir bu une bonne partie de la flasque, je m'étais étalé dans des cartons proche d'un feu de camp enfin d'un truc qui crame. J'étais un peu saoul et surtout las. Ma blessure faisait un peu mal mais l'endorphine faisait son boulot : c'est-à-dire rendre la souffrance plus supportable. Je cicatrisais vite, très vite même, c'était une mutation à ce que m'avait expliqué mon défunt paternel. Parait qu'elle obstruait aussi mes émotions, genre ma capacité à récupérer rapidement me rendait psychopathe. Personnellement, je pensais que ça venait d'un traumatisme lors de mon enfance, mais mon père ne m'avait rien dit... Enfin, c'était l'heure de la sieste.

------

Une odeur étrange me réveilla alors. Je me redressai pour retirer les cartons et autres détritus qui me servaient de couvertures. Ok, c'était pitoyable... Mais manger et dormir devenait une priorité après une blessure, ma mutation consommait mes forces et ma réflexion. Enfin, ça allait mieux. Je remuais le bras, difficilement et douloureusement mais il y avait du progrès. Je tournai alors la tête pour voir une jeune femme qui fumait là, assise sur une caisse. Le bordel que j'avais fais à mon réveil, semblait avoir attiré son attention. Nos regards se croisèrent. Merde, elle allait me prendre pour un pouilleux... Trop tard pour faire bonne impression ? Allé Yvan, trouve un truc cool à dire.
Salut.

Ah ouais, ça c'était trop cool ! Dans le doute, tu devrais manger un truc ou boire un coup pour mieux te réveiller...




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Valentina Nikolaïeva
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le Dim 16 Déc - 15:04
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Un clodo émergea d'un tas de saloperies, faisant tressaillir Valya qui n'était pas encore assez anesthésiée pour ne pas se méfier de ce qui trainait dans l'obscurité. La tête qui se montra lui était familière toutefois et elle put retirer ses doigts de la crosse de son flingue.

- Salut, répondit-elle comme l'oratrice de grand talent qu'elle était.

Visiblement, ils avaient en commun une grande éloquence. En revanche, si elle avait su son nom à un moment donné, elle ne s'en rappelait absolument pas à cet instant. Soupçonnant qu'il en allait de même pour le type et voulant se montrer polie, surtout avec quelqu'un avec qui elle avait frôlé la mort d'aussi près, elle fit un geste vague de la main qui signifiait qu'il pouvait s'asseoir près d'elle. Elle lui tendit même la bouteille, d'humeur généreuse.

- Valentina Vladimirovna, se présenta-t-elle sobrement.



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le Lun 17 Déc - 15:54
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La jeune femme n'avait pas perdu de temps pour porter la main à son arme. Mais elle retirait ses doigts après m'avoir observé. On est jamais trop prudent, je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. Mine de rien, j'aurais pu prendre une balle, encore une. Faudrait que je pense à revoir mes entrées pour éviter un malentendu qui serait fâcheux, avouons le.

Elle me salua à son tour, aussi loquace que moi. J'avais une excuse, je dormais à moitié et j'avais l'épaule perforé ce qui provoquait une somnolence pour ignorer la douleur. Mais elle, c'était quoi son problème ? Elle me rappelait vaguement quelque chose sans que je parvienne à me souvenir qui ou quoi exactement. Mais j'arrêtais de chercher quand elle me tendit la bouteille. Qui qu'elle soit, elle était sympa à partager sa gnôle.

Alors que j'empoignai la bouteille, elle se présenta : Valentina Vladimirovna. Si je l'avais déjà rencontré, ça ne me disait rien. Enfin, je n'étais pas doué pour mémoriser les prénoms. J'étais un peu plus physionomiste et ses yeux, eux, me rappelait quelque chose. Portant le goulot à mes lèvres, je pris une longue gorgée. L'alcool réveilla mes papilles ainsi que mon esprit. Mon corps quant à lui, fut parcourut d'un frisson.

Yvan Dimitrievitch, enchanté mam'zelle. Puis-je savoir la raison à cette envie de s'isoler ?
Je lui tendais son breuvage pendant que je prononçais ces mots. L'instant suivant, je tirai une caisse pour m'y assoir à mon tour : ça serait tout de même plus présentable que de rester affalé sur le sol, non ?

Je levais les yeux au plafond tout en poussant un soupir. Machinalement, ma main gauche vint masser mon épaule meurtri. Le pansement était humide, sûrement souillé de mon sang, j'avais probablement rouvert la plaie en m'étalant lors de ma sieste. Fais chier...
Dure journée ?




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Valentina Nikolaïeva
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le Sam 22 Déc - 9:54
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Ah ben apparemment le type ne se rappelait carrément pas d'elle. Au moins ça avait le mérite d'établir clairement les choses. Une partie d'elle aurait voulu s'en offusquer peut-être mais en réalité, elle n'en avait pas grand chose à faire. Ce n'était pas comme si elle cherchait spécifiquement à se faire des potes. Surtout à la VAR.

Reprenant sa bouteille, elle s'en envoya une longue rasade en cherchant comment expliquer de manière diplomatique au malotru qu'ils étaient ensemble en surface quelques heures plus tôt à peine. Le mieux c'était sûrement de faire comme si de rien n'était.

- Pas plus que la tienne.

Quant à ce besoin de s'isoler... Elle n'avait pas vraiment de réponse, si ce n'était qu'elle ne se sentait pas chez elle et n'aimait pas dépendre de la générosité des autres. Elle haussa les épaules, non par dédain mais pour indiquer que la réponse n'était pas très claire pour elle-même.

- Bah, ils sont pas à la fête depuis notre retour de là-haut. Et j'aime pas me sentir surveillée.

Pas faux. Pas vraiment explicite non plus. C'était le mieux qu'elle pouvait faire en ces circonstances. Elle jeta un coup d'oeil à l'épaule d'Yvan Dimitrievitch - puisque tel était son nom - et la désigna d'un petit coup de menton.

- Tu t'es fait soigner, au moins ?



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Yvan Nekrasov
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le Jeu 10 Jan - 23:11
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    Je n'avais jamais réellement dragué de femmes, mais j'avais regardé plusieurs boulets tenter vainement d'approcher des femmes. La scène était souvent la même : un mec qui tente d'accrocher une discussion en posant quelques questions et la donzelle qui répondait à peine, espérant se débarrasser du malotru. Et bien j'avais l'impression de vivre la même chose, à la différence que je n'essayais même pas de la courtiser. D'ailleurs pourquoi je lui parlais ? Pour m'occuper l'esprit et aussi car elle me payait à boire après m'avoir réveillé pendant que je dormais dans des cartons... Putain, je devais vraiment passer pour un clodo. Intéressant, elle était donc ouverte d'esprit ou trop bourrée pour s'en soucier. Et moi, j'étais trop moi pour à avoir quelque chose à foutre.

    Donc, sa journée avait été difficile ? Autant que la mienne, genre se pourrait-il que... ? Sa voix me disait quelque chose. C'était elle qui était venue avec nous ? Avec le masque à gaz sur la tronche, son visage n'était plus le même et la voix un peu différente aussi. Je me senti un peu con mais encore une fois : est-ce que j'en avais quelque chose à foutre ?

    Bon, je ferai genre que je n'ai pas réalisé qui elle était. Elle enchaîna en disant que les gens n'étaient pas trop à la fête. J'étais mitigé sur ce point, on était un peu des héros, les cinglés qui avaient osé aller à la surface pour reboucher le trou en affrontant une tempête et des démons. Elle pouvait passer une très bonne soirée et être acclamée plutôt que de déprimer dans son coin. Ou alors, son envie de s'isoler était du à la mort des deux types ? Je n'avais pas trop prêté attention aux réactions et comme dit précédemment, les masques cachaient les visages.

    Fouillant dans ma poche, je sorti une barre chocolatée datant d'il y a fort longtemps. J'ouvris l'emballage pour grignoter un peu. Quoi ? C'est rempli de trucs chimiques alors est-ce important de se préoccuper d'une date de péremption ? Et ça n'avait pas mauvais goût en plus ! Je tendis le rectangle chocolat et noisette avec gaufrette à ma nouvelle amie. Elle s'intéressait à ma blessure et me demanda si je m'étais fais soigner. Je fis un bref sourire tout en mâchouillant ma cochonnerie en barre.
    – Ouais. On m'a fait un pansement et la balle a traversé apparemment. Faut juste que ça cicatrise. T'en veux ?

    Bon, ça collait un peu aux dents et c'était un peu caoutchouteux mais c'était pas mauvais. Devait y avoir du caramel, j'aurai peut-être du lire l'emballage... Enfin qu'est-ce que je risquais ? C'était que de la bouffe après tout. Je poussai un soupir tout en relevant les yeux.  
    – Je pensais qu'ils seraient contents que le plafond ne leur tombe pas sur la tête. Tu pouvais passer pour une héroïne plutôt que traîner ici. Enfin, je comprend aussi l'intérêt de la solitude. Moi, j'aime bien le calme. C'était... pratique pour dormir, en tout cas.

    La dernière phrase était plutôt marmonnée, plus un commentaire pour moi-même mais l'endorphine faisait effet. Ce qui voulait dire ? Que j'étais un peu plus désinhibé, un simili d'émotions commençait à naître en moi ou si ça semble plus simple : un équivalent d'un état d'ébriété. Finalement, je boufferai bien ce truc au chocolat, j'avais la dalle... C'est ça qu'on appelait la "foncedalle" ? Peut-être... Sauf que, je le tendais toujours à Valentina et je lui avais même demandé si elle en voulait. Merde. Pourquoi avoir voulu être si social ?





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Valentina Nikolaïeva
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le Mer 23 Jan - 23:42
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L'alcool et la conversation d'Yvan Dimitrievitch chassaient peu à peu les images les plus laides. Celles du vétéran d'abord, celle de l'absent, ensuite. Deux morts sur cinq, la mission était considérée comme une réussite mais que diraient leurs consciences plus tard, quand ils auraient eu le temps de revenir à leur place, à leur vie, à leurs petits habitudes ? Vladimir lui avait parlé parfois des syndromes de stress post-traumatiques de certains soldats après la guerre. La pensée de son père lui rappela brutalement combien il lui manquait dans des circonstances comme celles-là. Il aurait su trouver les mots, lui tapoter gentiment l'épaule et lui servir de la gnôle jusqu'à ce qu'elle s'écroule ou vomisse. Vladimir ne jugeait personne et surtout pas sa fille.

Résolue à ne pas trop se laisser aller sur cette pente glissante même si l'alcool l'entrainait dans cette direction, elle tenta de mieux se concentrer sur son interlocuteur. Il lui tendait un truc et il mâchait. Il paraissait bizarrement sympathique. Peut-être parce qu'il avait l'air aussi doué qu'elle-même pour la conversation banale et les relations sociales. Elle étudia le rectangle chocolaté qu'il lui proposait, remonta sur ses yeux, et refusa d'un hochement de tête négatif avec un petit sourire en coin.

- Non merci, ça risquerait d'éponger ce que je picole et je me donne du mal pour bien me cuiter.

La suite lui tira une légère grimace. Son regard retourna se perdre dans les flammes colorées du feu auquel elle se chauffait.

- Ça m'intéresse pas d'être une héroïne. Je suis montée parce que Gueorguï Asimovitch me l'a demandé, parce que je pouvais être utile. Ça s'arrête là. Et puis deux morts, ça modère un peu l'enthousiasme, je pense. Même si c'étaient pas vraiment des potes.

Haussant une épaule, elle choisit de passer délibérément sur sa dernière remarque concernant le calme et le sommeil. Parce que s'il croyait qu'elle allait s'excuser de l'avoir dérangé, il pouvait se brosser. Il avait qu'à pas dormir comme un clodo dans les cartons et elle aurait fait gaffe. Ou peut-être pas, d'ailleurs. Elle leva le coude une fois encore, descendant une belle rasade d'alcool, puis s'essuya la bouche d'un revers.

- T'es pas d'ici, toi non plus ? T'es coincé à cause du blocus ?



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le Dim 28 Avr - 21:58
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    Elle refusa mon chocolat, expliquant qu'elle comptait bien se saouler et ne prendrait aucun risque d'éponger son estomac. Une façon bien commune pour oublier ses problèmes : sombrer dans l'alcool, se réconforter en s'abrutissant au point de ne plus pouvoir réfléchir correctement. J'en avais vu beaucoup qui faisaient pareil, noyant leurs soucis dans la vodka ou autres boissons infectes. Personnellement, je buvais surtout pour me réchauffer et cela ne m'avait jamais aider à ressentir quelque chose et encore moins pour oublier. Comment oublier quelque chose qu'on ignore ? Le chagrin de la perte d'un être cher ? La seule personne à qui je tenais, était mon père qui à sa mort n'avait même pas laissé un trou ou un manque à combler. Ou peut-être étais-je déjà vide à l'intérieur ? Cette seconde hypothèse est sûrement la bonne mais cela ne m'intéresse guère.

    Valya poursuivit en disant que jouer le héros ne l'intéressait pas. Elle était allée à la surface car Gueorguï lui avait demandé. Le besoin de reconnaissance, de se sentir utile, elle ne le disait pas clairement mais c'est ainsi que je le compris. Moi-même j'étais allé à la surface pour ça : me sentir utile et surtout vivant. Affronter le danger, sentir l'adrénaline qui nous envahit, voir la mort roder autour de nous et la défier pour trouver un sens à son existence. Bon, peut-être que pour elle, c'était juste pour satisfaire le grand chef et obtenir sa reconnaissance. Elle parla aussi de la perte de deux de nos compagnons qui douchait son enthousiasme même si elle ne les avait pas beaucoup connu.

    L'être humain a le don de se chercher des soucis. Comme s'il se complétait dans la souffrance et la tristesse. À croire qu'il cherche toujours quelque chose pour se sentir mal, pour s'en vouloir. La station était sauve, les mutants loin mais cette idiote ressentait quelque chose pour les morts. Ce que mon père appelait les remords. Un sentiment aussi inutile qu'incompréhensible à mes yeux. L'un était mort en affrontant des démons, l'autre avait officiellement disparu sous un bâtiment, tous deux morts en héros pour sauver le métro. Elle pourrait boire à leur mémoire, vanter leur courage mais non. Valya préférait trouver ça triste. Si encore elle avait dit les connaitre mais même pas, elle avait avoué le contraire alors pourquoi se sentir autant concerné ?

    Je me laissais alors tomber pour m'étendre au coin du feu, fixant les braises qui réchauffaient la peau de mon visage. C'était presque désagréable, mes yeux picotaient en se desséchant, m'obligeant à cligner plusieurs fois des paupières. Valentina me demanda alors d'où j'étais et si comme elle, j'attendais la fin du blocus pour rentrer chez moi.

    Arborant un sourire, je tournais la tête pour l'observer. Ses yeux brillaient, signe de son état d'ébriété avancé. Pourtant, elle ne semblait pas encore totalement saoule. Capable encore de remettre ses idées en place et de s'exprimer sans confusion. Je notais une certaine endurance à la boisson et aussi du courage après ce qu'elle venait de vivre. Lors de notre promenade sous la pluie, je l'avais imaginé telle une gamine mais à présent, je la voyais comme quelqu'un de plus mature et solide. Si je n'avais pas déjà assouvis mes pulsions, elle aurait été une candidate parfaite.
    – Je suis de la L.R. en effet. J'étais venu ici pour me procurer du matériel et voyager un peu. Le communisme et ses adorateurs ont beaux être un endroit paradisiaque, je ressens parfois le besoin de voir comment vit le reste du monde, ironisai-je. Le blocus devrait bientôt être levé maintenant, non ? Et toi, tu es d'où ?

    D'après sa question, il en était facile de déduire qu'elle aussi était une étrangère. Pourtant, elle connaissait bien le chef de cette station. La curiosité me poussait à savoir comment ils se connaissaient et la raison de sa présence ici. Évidemment, j'allais faire preuve d'un peu de tact pour le lui demander, inutile de la brusquer, on avait toute la nuit.

    Et qui sait, au petit matin, mon envie de tuer sera peut-être de retour ?




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le Dim 19 Mai - 12:14
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En voyant Yvan Dimitrievitch se vautrer par terre à nouveau, Valya commença à se sentir inconfortablement perchée sur sa caisse en bois. Glissant au sol donc, elle s'adossa à une pile d'on ne savait trop quoi et replia ses jambes pour appuyer ses bras sur ses genoux. La première clope était finie depuis longtemps mais elle hésitait à en rouler une autre pour ne pas flinguer trop vite ses réserves. Même si elle pouvait toujours racheter de quoi en faire d'autres, c'était pas forcément utile ni plus agréable de brûler toutes ses cartouches d'un coup. Renonçant pour le moment, elle porta à nouveau la bouteille à sa bouche pour avaler une rasade de l'infecte et soulageante gnôle. Les yeux rivés aux flammes, les bras mollement appuyés à ses genoux et les mains pendants, elle écoutait les réponses de son compagnon d'infortune et hochait vaguement la tête dans un mouvement plus machinal que réellement significatif.

Yvan mentionna la Ligne Rouge et elle ne put s'empêcher d'arquer brièvement un sourcil un peu étonné. C'était pas tous les jours qu'on croisait un rouge sur les terres du grand Gueorguï Asimovitch, songea-t-elle. Vu le ton et le choix des mots, elle comprit toutefois qu'il n'était pas forcément un grand adepte de l'idéal communiste de la LR et elle se détendit imperceptiblement. Discuter idéologie et valeurs l'aurait carrément fait chier à cette heure avancée et après cette journée passablement merdico-tragique. En tout cas, l avait l'air de se montrer plutôt franc, voire brutalement honnête, et elle appréciait ça, même si c'était pas toujours possible de l'assumer pour tout le monde, elle en savait quelque chose.

- Prospekt Mira, répondit-elle donc avec franchise. Sur l'Anneau.

Une nouvelle gorgée d'alcool lui brouilla un peu plus les idées mais la rendit plus bavarde qu'elle ne l'aurait peut-être du, ou qu'elle ne l'était d'ordinaire. Après tout, Yvan Dimitrievitch n'avait certainement pas demandé à ce qu'elle raconte sa vie, mais comme il avait commencé en racontant des trucs sur la sienne, elle se sentait le droit - ou le besoin - d'en faire autant.

- J'étais de passage à la V.A.R. pour affaires quand j'ai été retenue par le blocus. Du coup j'attendais de pouvoir repartir.

Ce qui serait effectivement bienôt possible selon les dernières nouvelles. Kolya allait lui rendre ses affaires, lui fournir le matériel qu'elle était venu chercher, et ensuite elle se joindrait à la première caravane partant pour la Hanse. Elle avait hâte de rentrer chez elle. La superstition qu'elle n'avouerait jamais à personne, pas même à elle-même, la poussant à croire plus ou moins consciemment qu'après de tels fiascos, plus rien de positif ne pouvait arriver. il valait mieux recommencer sur des bases nettes.



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