Une liberté plus belle qu'elle n'est
Yvan Nekrasov
Date d'inscription : 15/08/2017
Messages : 169
Double-compte : Evguenia Kholodova
Voir le profil de l'utilisateur
Artilleur infiltré
le Ven 14 Déc - 21:26
Artilleur infiltré

Passeport
Age :: 29
Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom ::


    Assis sur le sol froid de ma cellule, je m'occupais pour passer le temps. D'un mouvement du pouce, je balançai un caillou devant moi, celui-ci roula pour s'immobiliser. Je fis la moue en voyant le résultat de mon jet. Pas terrible... Le projectile était loin de l'autre caillou qui traînait là. Comme je l'avais dis, je m'occupais. Ramassant des graviers, je jouais aux billes, enfin d'une certaine manière. J'avais songé à jouer aux osselets, mais je n'en avais pas. J'avais rien de ce taudis ! Un peu de compagnie, un jeu de cartes ou quelques verres ça aurait été sympa. Mais non, un prisonnier politique, ça doit forcément s'ennuyer. Tiens, étais-je vraiment un prisonnier politique ? Comment me qualifiait-on ? Un bannit de la Ligne Rouge qui vient demander asile à Polis. Ça devait être amusant d'écouter les discussions à mon égard, mais je n'avais pas cette chance. Ma seule compagnie, c'était lors des repas, quand on m'apportait mon plateau. Au moins on me traitait bien. D'où je venais, on m'aurait torturé pour obtenir des informations.

    Machinalement, je pensais que ce boulot devait être intéressant. Torturer des gens, les blesser, enfoncer une lame dans un corps juste pour l'écouter hurler jusqu'à ce qu'il crache ce qu'il avait à dire. Putain, ça aurait été sympa ! Mieux que de jouer les artilleurs, je n'en doutais pas. Mais bon, on ne m'aurait pas apprécié... Quoique je ne m'en souciais pas vraiment, c'était mon père qui voulait que je sois respectable pour ne pas attirer l'attention.

    Je me souviens alors que je l'avais vu lors de ma discussion avec Stepan. Hallucination ou projection de mon subconscient ? J'avoue que s'il se décidait à apparaitre maintenant, il me tiendrait compagnie. Peut-être que je sombrais dans la folie ? Quoique, je devais l'être depuis longtemps. J'avais tué ce type à la surface, l'image de son visage me revenait, son incompréhension, son souffle saccadé... Rien qu'en y pensant j'en avais la chair de poule ! Qu'est-ce que j'aimerai sortir et m'amuser un peu. Une petite bagarre contre des mutants ou des brigands, une bonne cuite, l'un ou l'autre me ferait un bien fou.

    Je lançais un autre caillou qui rebondit pour venir se coller à un autre. Levant les bras au plafond pour acclamer ma réussite et mon adresse. Oui, je me faisais chier ! Mais genre, vraiment ! Ils en mettaient un temps pour se décider à me tuer, me jeter dehors ou m'accepter. Et Anna, elle n'était même pas venue me voir... Elle me manquait un peu ou était-ce le semblant d'émotion qu'elle m'inspirait qui me manquait ? Allez savoir... C'était un sujet à creuser. La mort de Aleksey avait éveillé quelque chose en moi, comme si j'avais ouvert la boite de Pandore. Libérant une vague d'émotions, tout en m'apaisant. Pendant un temps, je ne m'étais jamais senti aussi conscient, calme et calculateur. Mais toutes les bonnes choses avaient une fin, je sentais l'envie revenir, obstruant petit à petit mes pensées. Tuer, j'en avais besoin pour garder les idées claires, pour rester moi, pour... Vivre.

    D'un geste du pied, je balayais les cailloux. C'était frustrant de rester à rien faire, de rester assit en tailleur à patienter. Je me levais alors pour m'agripper contre les barreaux, reposant ma tête contre, j'observais au loin, espérant voir quelqu'un venir pour discuter. Jamais je n'aurai pensé que j'aurai autant envie de social, de discuter avec quelqu'un...




Une liberté plus belle qu'elle n'est Sign_y10
Oksana Dezhnyova
Date d'inscription : 06/05/2018
Messages : 28
Double-compte : Klara Savinkova
Voir le profil de l'utilisateur
Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Lun 17 Déc - 18:15

Passeport
Age :: 29 ans
Patronyme :: Philipovna
Surnom :: Oksie
La poussière se dépose de plus en plus dans Polis. La tempête s'était abattue lors du retour catastrophique du Vympel, suite à leur rencontre avec cette créature des plus effroyables. Un Sombre, nouveau mutant digne des plus grands cauchemars, alors qu'il vous retourne le cerveau d'un simple regard. Les scientifiques s'étaient penchés sur le sujet et depuis, nous ne les observions sortir dans leurs robes blanches que pour manger et dormir. Anna avait rejoint les opérations et en avait appris un peu sur les recherches. Tentative d'élargir sa carrière et protéger son amant? Ou soif de connaissance? Cette Brahmane sous ses airs de glaces avaient un très bon fond et je me doutais que cela devait être un heureux mélange de ces trois composantes. Comment j'avais appris tout cela? Par les liens de mon paternel, qui m'accordait une confiance aveugle pour la fermer également.

Plus tôt ce matin j'avais croisé Alexandre à une intersection. Il me parlait de ce dossier, ce cas en isolement depuis son arrivée. Un rouge, demandant le droit de rester à Polis. Il voulait rejoindre notre belle cité et faire partie de notre communauté. Après le sombre, c'était les communistes qui réalisaient qu'il existait d'autres moyens que la violence pour parvenir à leurs fins. Enfin, je ne connaissais pas réellement son histoire, j'avais été tellement occupé à remplacer Alexandre durant sa convalescence que je n'avais pas eue le loisir de m'informer sur ce dossier.

''Je vais t'insulter en te disant de ne jamais baisser ta garde, mais je le fais quand même ''

Le regard, l'air sévère d'Alexandre avait de quoi m'alarmer. Lui, normalement si souriant et rassurant dans son attitude. Leadership chaleureux, alors qu'il fonçait vers le danger avec ses troupes et partageait les bons, comme les mauvais coups en mission. S'il avait tant d'égard et de méfiance suite à cette décision prise par nos dirigeants, je savais que je devais réellement me méfier. Le lieutenant était digne de ma confiance et son jugement, sans faille. Non, ce n'était pas une confiance aveugle. Stena avait réellement fait ses preuves avec les années et j'accepterais de le suivre en enfers s'il le fallait.

En début d'après-midi, j'avais été libéré de mes tâches habituelles pour m'occuper du petit nouveau. J'avais mon équipement de service sur le dos et ma Kalash pendant au bout d'une bandoulière près de mon flanc. De ce que j'avais entendu, le prisonnier, enfin… Notre nouveau collègue avait bien mangé lors de son emprisonnement. Toutefois, je tentais de lui montrer le côté chaleureux de Polis, tentative de lui offrir un bel accueil après autant de temps enfermé dans l'ombre. Approchant des barreaux de sa cellule, j'observais l'homme appuyé sur celle-ci. Mon regard observateur le toisait alors de la tête au pied, alors que dans ma main droite se trouvait un petit sac en papier brun. De ce sac émanait une douce odeur de sucre, beignet fraîchement fait et encore chaud. Dans ma main gauche se trouvait le trousseau de clé, permettant d'ouvrir sa cellule. Hors d'atteinte, je restais silencieuse pour le moment, un air impartial au visage et analysant ce dernier. Physiquement, il n'était pas bien impressionnant. J'étais certaine de pouvoir lui faire manger la poussière au besoin, mais je n'étais pas une femme de référence avec ma carrure digne d'un homme entraîné.

-Je suis Oksana Philipovna Dezhnyova. Sergent-chef de groupe du Bastion Vympel.

Une voix bien féminine pour accompagner mon corps des plus robustes. De ma main gauche, je repoussais des mèches de cheveux derrière mes oreilles et un sourire prenait enfin place sur mes lèvres. Un petit sourire chaleureux, mais aucunement niais. Je ne lui faisais pas encore confiance et même si nos dirigeant lui donnait l'autorisation de rester… Il allait devoir faire ses preuves comme tous nos autres soldats. Amenant la clé dans la serrure, je tournais celle-ci dans un léger grincement, avant d'ouvrir la porte qui le retenait prisonnier. Rangeant les clés dans ma poche arrière, je faisais un pas de recul et ouvrait le sac de beignet. En prenant un dans ma main nouvellement valide, je lui tendais le sac ensuite,

-Bienvenue à Polis recrue. Comment dois-je t'appeler?
Yvan Nekrasov
Date d'inscription : 15/08/2017
Messages : 169
Double-compte : Evguenia Kholodova
Voir le profil de l'utilisateur
Artilleur infiltré
le Dim 31 Mar - 13:09
Artilleur infiltré

Passeport
Age :: 29
Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom ::


    Je glissais lentement de mon assise pour me vautrer petit à petit sur le dos. Mon regard tourné vers l'entrée se dirigea vers le plafond. Perdu dans mes pensées, le temps n'avait plus vraiment de prise sur moi ou plutôt, je n'en avais plus aucune notion. Certes, je pouvais me référer aux nombres de repas pour estimer depuis combien de temps j'étais là. Mais à quoi bon ? J'essayais tant bien que mal de me remémorer tout ce qu'on m'avait enseigné, faire le tour de mes connaissances pour trouver ce qui pourrait s'avérer utile. Ou comme on dit : revoir les bases. Bien sûr, vous imaginez que je révise mes cours de mécanique ou d'électricité dans l'idée de bricoler une bombe ou trouver un moyen de faire sauter la porte de ses gonds. Mais non. Le seul apprentissage qui avait de la valeur à mes yeux, c'était celui de mon père. Il m'avait apprit à singer le genre humain, à faire genre que j'ai de l'empathie et des émotions. Il avait passé un temps fou à m'apprendre à m'intéresser aux autres, à poser des questions aux gens pour les connaitre afin de sympathiser avec eux.

    Durant des années, j'avais trouvé cet enseignement comme une perte de temps. Les autres, simple amas de chair et de sang, n'avaient qu'une seule utilité à mes yeux : servir de défouloir ou me mettre des bâtons dans les roues. L'Homme comme les mutants sont des créatures dangereuses qu'il faut affronter physiquement ou verbalement pour survivre. Alors pourquoi lier des liens avec ces animaux ? Pour ne pas attirer l'attention, ne pas éveiller des soupçons sur ma personnalité ô combien particulière. Je m'y étais fais et j'avais même été un bon étudiant. Jusque là, personne n'avait de gros doutes sur moi, bon hormis Polis qui se méfiait mais uniquement car j'étais un Rouge.

    J'avais quand même tissé quelques liens. Après ma sortie au V.A.R. pour refermer la brèche, j'avais sympathisé avec cette femme sans avoir l'envie ou l'intention de lui nuire. De là à dire qu'on était ami, peut-être pas. Bref, il y avait aussi Anya qui avait même éveillé en moi un sentiment inconnu : le désir. J'avais d'abord pensé que c'était suite à mes blessures ou une pulsion meurtrière mais apparemment, non. Je me demande si mon vieux serait fier de moi : j'avais presque des amis et personne ne me prenait pour un cinglé, pour un type pas très loquace ou un peu dérangé, mais qui ne l'est pas dans le métro ?

    Des bruits de pas, me sortirent de mes pensées. Quelqu'un venait enfin me voir. Une silhouette se dessina dans l'obscurité et contre toute attente, je vis mon père marcher dans ma direction. Écarquillant les yeux de surprise, je fixais mon paternel sans comprendre. Il était mort - de maladie, je n'y suis pour rien - alors comment pouvait-il être là ? Il me fit un sourire chaleureux, le même que je voyais depuis des années, celui qui faisait de moi un petit garçon et pas un monstre froid et calculateur.
    – C'est maintenant que ça commence. Accroches-toi et enfermes tes pulsions au plus profond de ton être, d'accord ? Accroches-toi mon fils.

    Il disparu pour laisser place à une femme de grande taille. Musclée et en tenue militaire, elle n'était pas là pour m'apporter mon plateau repas. Je me redressai alors et une de mes mains attrapa un barreau pour m'y appuyer. Nos regards se croisèrent durant un instant, j'ignorais totalement ce qu'elle pensait, peut-être me jaugeait-elle pour évaluer si j'étais dangereux ou non. Bon, vu sa carrure, tenter une sortie en force serait possible mais pas sans efforts. Avais-je envie de me fatiguer après un isolement forcée et un corps encore un peu douloureux de ma fuite de la Ligne Rouge ? Pas trop, j'avais la flemme et si je devais être exécuté et bien... Qu'il en soit ainsi. D'ailleurs, mes blessures avaient presque entièrement disparu. Les côtes brisées, l'entaille sur le flan droit ainsi que mon omoplate meurtri.

    Me toisant de toute sa hauteur, elle se présenta d'une voix bien trop féminine pour sa corpulence. Oui, c'est la seule chose qui me choquait : Goliath avait une jolie voix. Enfin Goliath, elle s'appelait Oksana Philipovna Dezhnyova. Et ce n'était pas n'importe qui, en effet Goliath était sergent-chef d'un Bastion. Faudrait que je demande ce que c'est que ce Bastion Vympel, genre elle me raconte ça comme si j'avais une idée de ce qu'elle pouvait me raconter. Je songeais lui répondre que j'étais l'ancien artilleur en chef de la place Lénine mais ça ferait peut-être trop gros pour qu'elle me prenne au sérieux, non ?

    Bref, elle repoussa ses cheveux et me fit un sourire des plus amicaux. Elle m'ouvrit ensuite la porte sous mon regard méfiant. Venait-elle me libérer ou me passer à tabac pour obtenir des informations ? À la Ligne Rouge, on serait passé à la torture depuis longtemps, je commençais à me demander s'ils étaient pas un peu trop ramollis ici mais ça y est, ça allait donc commencer ? Elle rangea les clés et sortit un beignet de son sac en papier avant de me le tendre. Finalement elle m'apportait bien mon repas. Elle me souhaita la bienvenue et me demanda comment elle devait m'appeler. Je me levais alors, époussetant mon pantalon avant de prendre le sac pour y plonger avidement une main.
    – Yvan Dimitrievitch Nekrasov. Ou simplement le traitre de la LR si tu préfères ou recrue, si tu y tiens.

    Je fis un simple hochement de tête pour la remercier pour le beignet que je portai à ma bouche. La porte était grande ouverte, Goliath avait même reculé un peu comme pour m'inviter à sortir. Mais était-ce un piège ? Si elle raisonnait ne serait-ce qu'un peu comme moi, elle attendrait que je sorte confiant d'être enfin libre pour me poignarder alors que je ne m'y attendrai pas. Si elle cogitait comme cet empaffé de Stepan, elle me repousserait au moment où je sortirai pour refermer la porte en ricanant. Cette pensée pour le commissaire politique me fit bouillir de l'intérieur, une pulsion émergeait de mon être et j'imaginais, durant un instant que je l'égorgeais. Je détestais cordialement ce type, ce qui était nouveau pour moi. Ressentir du mépris ou de la colère pour quelqu'un, jusque-là, les gens ne m'inspirait rien.

    Finalement, je fis un pas en avant, curieux de voir ce que cette femme me réservait.




Une liberté plus belle qu'elle n'est Sign_y10
Oksana Dezhnyova
Date d'inscription : 06/05/2018
Messages : 28
Double-compte : Klara Savinkova
Voir le profil de l'utilisateur
Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Mar 23 Avr - 4:02

Passeport
Age :: 29 ans
Patronyme :: Philipovna
Surnom :: Oksie
Je le laissais sortir, observant cet homme qui s’était présenté aux portes de Polis en quémandant notre clémence. Bon, le tout ne s’était pas exactement déroulé de cette façon, mais c’est ainsi que je voyais la chose. Un traître qui avait besoin d’une nouvelle faction pour survivre au métro, tout aussi cruel que le destin que devait lui réserver la Ligne Rouge s’ils arrivaient à mettre la main sur lui. Lorsqu’il fut sorti de sa cellule, d’un pas lent comme s’il pensait que j’allais de nouveau le repousser à l’intérieur, je refermais la porte de sa cellule et la verrouillait avec la clé que je rangeais de nouveau dans ma poche de pantalon. Attentive à ses mouvements, en alerte, il aurait été bien con que je termine moi-même dans nos propres cellules, car j’avais osé lui tourner le dos. Lorsque ce fut chose faite, je me tournais vers l’homme et lui tendait ma main pour faire une poignée, signe de respect d’une façon,

-Enchanté Yvan Dimitrievitch Nekrasov. Je suis celle qui a été choisie pour te faire visiter notre magnifique faction. Chaque personne à Polis fait sa part pour le bien-être commun, je te montrerais tes futures tâches et tes quartiers.

Je lui adressais un nouveau sourire amical, serrant sa main avec une bonne poigne masculine, de quoi honorer ma carrure. Je lui montrais ma force physique sans en abuser tout en lui dévoilant ma mémoire des plus exemplaires d’avoir déjà retenu son nom dans un coin de mon esprit. Retirant ma main de la sienne, je pigeais finalement dans mon sac pour attraper mon propre beignet que je commençais à manger en marchant vers la sortie du coin des cellules. Un lieu que je n’aime pas particulièrement fréquenter. Je guidais le chemin, l’invitant à me suivre tout en gardant un regard en coin sur sa personne. Les mots d’Alexandre me revenant en tête, alors qu’il m’avait recommandé de ne jamais baisser ma garde. Je le savais déjà… Mais la menace devenait encore plus forte lorsque le lieutenant donnait des ordres en plus.

-Le premier lieu que je vais te faire visiter sera tes quartiers. La chambre juste à côté de la mienne.

Je lui adressais un petit sourire amusé, alors que j’avais choisi sa chambre spécialement pour cette raison. Avec nos murs en papier, j’allais pouvoir entendre tout ce qu’il ferait le soir et serait celle qui l’accompagnerait lors de son intégration à Polis. Nous allions donc avoir le même horaire durant quelques semaines. Sans parler que cela allait me permettre de pouvoir garder un œil sur lui un peu plus discrètement, mais si la raison de cette disposition devait être flagrante pour n’importe quel être avec un minimum d’intelligence. Marchant quelques minutes dans le silence, nous arrivions dans un corridor vide de par l’heure. Tous étaient en train de bosser et nous étions donc seuls. M’arrêtant devant une porte, je l’ouvrais et me poussait vers la droite, lui permettant ainsi d’entrer dans la pièce qui serait sa nouvelle maison. Un lit simple, une caisse en bois comme table de chevet et des vêtements sur sa couche. Souriante, je soufflais en croisant les bras sur ma poitrine,

-J’espère avoir trouvé la bonne taille. Disons que les tiens ont besoin de changement vu la crasse sur ceux-ci… Sur la caisse il y a de quoi te doucher, je te laisse faire peau neuve et on continuera la visite ensuite… Les douches sont justes ici…

Reculant d’un pas, je le laissais voir l’endroit que mon doigt pointait. La troisième porte sur la droite sur le mur en face de nous, celle avec un vieux symbole rouillé d’eau. Je ne lui disais pas si ma chambre était celle à droite ou à gauche de la sienne. Je ne prenais pas de risque, au cas où il aurait l’envie de me tuer dans mon sommeil dès la première nuit. Vigilante, alors que je ne prenais aucun risque inutile.
Yvan Nekrasov
Date d'inscription : 15/08/2017
Messages : 169
Double-compte : Evguenia Kholodova
Voir le profil de l'utilisateur
Artilleur infiltré
le Jeu 25 Avr - 0:54
Artilleur infiltré

Passeport
Age :: 29
Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom ::


    Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle me laissa sortir de la cellule. J'étais pourtant persuadé qu'il s'agissait là d'une tactique afin de me torturer psychologiquement. Finalement, l'isolement durant plusieurs jours aura été ma seule torture, je n'allais pas m'en plaindre. Je songeais un instant à demander des nouvelles de Anna, savoir pourquoi elle n'était pas venue me voir. Cette femme avait éveillé en moi quelque chose de nouveau, d’intrigant et j'avais hâte d'en comprendre les aboutissants. Simple attirance physique, sentiment amoureux, confusion suite à mes blessures, j'ignorais d'où cela provenait. Bref, ce n'était pas le sujet et je me surpris à rêvasser sur le dos de Goliath, cette femme -militaire qui plus est - me tournait le dos. Savait-elle que le dernier à avoir fait ça, un certain Aleksey, y avait laissé la vie ?

    Un doux fantasme me traversa l'esprit. Je me voyais serrer la trachée de Goliath, écoutant ses râles d'agonie avant qu'elle ne s'effondre sur le sol. Mes mains caressant sa peau plutôt douce malgré sa carrure. Moi reniflant son parfum tout en ayant ses cheveux contre mon visage. Une étreinte sensuelle et macabre comme je les aimais. Mais cela resta au stade de fantasme : en effet tuer ma libératrice n'avait rien de judicieux, pour l'instant. Je me contentais donc de terminer mon beignet, lot de consolation un peu amer comparé à mes désirs que j'essayais de taire. Elle me tendit alors la main pour me saluer, m'écrasa un peu les doigts pour me montrer que c'était un véritable bonhomme avec des airbags tout en répétant mon nom pour l'imprimer dans son esprit. Elle m'expliqua aussi qu'ici à Polis, tout le monde faisait sa part pour le "bien-commun". Un rictus se forma sur mes lèvres malgré moi : un arrière goût de la Ligne Rouge venait de se déverser dans ma gorge avec ses idées de communisme encore présente dans une station se disant, pourtant si différente.

    Ma grimace ne la choqua pas ou elle n'y prêta pas attention. Elle prit un beignet et avança pour m'inviter à la suivre et quitter enfin ce lieu sordide. Enfin, je quittais une cellule, une vraie, pour une autre mais plus maquillée. Je n'ignorais pas un instant que je serai pendant un long moment sous surveillance constante et il semblait que ma geôlière serait donc cette grande asperge. Vous me direz, ça pourrait être pire, c'était une femme souriante et loin d'être désagréable. Je pensais machinalement à la petite à la grande gueule que j'avais vu lors d'une visite à la V.A.R. et qui aurait été nettement plus dure à supporter. Certes Anna dans le rôle de surveillante aurait été parfait, trop même...

    Alors qu'on marchait, je la voyais me jeter de brefs regards, s'attendait-elle à ce que je l'agresse ? Ou était-elle méfiante de nature ? Je restais un rouge et un traitre, il était donc normal qu'elle n'est pas spécialement confiance en moi et je ne pouvais pas lui en vouloir. Elle rompis la silence pour me dire qu'elle allait commencer par mes quartiers et ma chambre se trouvant à côté de la sienne. Si c'était une invitation à la rejoindre la nuit, il faudra être plus direct, j'avais du mal à capter ce genre de signaux et si c'était pour confirmer le fait qu'elle me surveillerait, là c'était trop flagrant. D'où le fait que j'en vienne à penser à des avances. Ou alors, elle voulait que ce soit parfaitement clair qu'elle m'aurait à l’œil ? Putain, pourquoi rien n'était jamais simple, pourquoi les gens ne disaient pas clairement ce qu'ils voulaient ou attendaient des autres ? Pourquoi toujours me compliquer la vie à décrypter ? Et en plus, elle me souriait ! Qu'est-ce qu'elle imaginait ou pensait ?

    M'isolant dans un coin de mon esprit pour ne pas laisser ma frustration et mon incompréhension exploser, je fis un simplement hochement de tête en guise de réponse. On traversa un corridor sans y voir une âme qui vive, ce qui était surprenant : à croire qu'il n'y avait personne ici. D'ailleurs, il était quelle heure ? Je me référais dernièrement à mon estomac pour me donner une idée de l'horaire mais avec un beignet cela venait chambouler tous mes calculs. Oui, emprisonné on juge le temps qui passe en fonction de nos repas.

    Goliath ouvrit une porte et se déplaça pour que je puisse y entrer. Un lit qui me fit de l’œil après avoir dormi à même le sol et une caisse en guise de table. Cette magnifique chambre passait pour un palace comparé à ce que j'avais déjà vu à la Ligne Rouge et surtout après ma cellule. J'allais me jeter sur le matelas afin de tester ses ressorts quand Goliath me rappela que ce n'était pas trop le moment. Toujours souriante et les bras croisés, elle me parlait de "bonne taille" tout en disant que les miens avaient besoin de changement vu la crasse. Après quelques secondes, je compris qu'elle parlait des frusques que j'avais d'abord cru pour des couvertures en plus. À bien y regarder, c'était pourtant flagrant que ce n'était pas une autre couette. Elle enchaina en me disant que je pourrai même me doucher avant de poursuivre la visite. Elle m'indiqua d'un geste de la main la direction de la dite pièce actuellement fermée par une vieille porte.

    Attrapant les vêtements, je lançais un bref regard à ce que je portais. D'accord, il y avait de la boue ainsi que du sang séché dessus mais c'était pas si crade que ça. Enfin, je veux dire, d'où je viens tant que c'est pas rongé par les mites ou complétement souillé, tu les garde. Un peu vexé d'être traité de souillon, je fis une autre grimace avant de me diriger vers les douches. Je fis volte-face avant de passer la porte, affichant à mon tour un sourire amusé.
    – Et tu vas pas t'assurer que je n'en profite pas pour m'échapper ? Tu pourrais me tenir compagnie tout en me disant en quoi va consister mes corvées ?

    Cette simple boutade avait pour but de voir sa réaction. Essayer de savoir si je pouvais m'autoriser un peu d'humour et montrer que je n'étais pas spécialement mal à l'aise de ma situation. Sans oublier que je cherchais toujours un sens à son sous-entendu avec sa chambre à proximité qui me frustrait encore. De plus, je n'étais pas spécialement pudique et je ne pensais pas vraiment qu'elle voudrait se rincer l’œil mais peut-être qu'elle apprécierait l'idée ? Mon paternel m'avait pourtant répété de rester courtois avec les femmes et d'essayer d'en trouver une pour fonder une famille, espérant que cela m'aiderait à être plus... humain.




Une liberté plus belle qu'elle n'est Sign_y10
Oksana Dezhnyova
Date d'inscription : 06/05/2018
Messages : 28
Double-compte : Klara Savinkova
Voir le profil de l'utilisateur
Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Dim 28 Avr - 20:08

Passeport
Age :: 29 ans
Patronyme :: Philipovna
Surnom :: Oksie
La douche n’avait aucune issue, une seule porte pour y entrer ou en sortir. Le laisser seul dans celle-ci ne m’inquiétait aucunement, voir me laissait indifférente. Il n’y avait aucune arme, rien qu’il ne pourrait utiliser contre des citoyens innocents de Polis ensuite. D’accord, en faisant preuve de débrouillardise peut-être pourrait-il se trouver une barre de métal, ou un élément contondant et l’utiliser pour nous frapper. Mais sans vouloir faire preuve d’arrogance, cette possibilité ne m’inquiétait aucunement, dans le sens dont je me savais capable de le maîtriser physiquement si on en venait à ce type de mesure. Il était faible, un homme légèrement déconditionné après autant de temps en cellule sans vrai repas. Même si l’adrénaline peut faire des miracles, je me savais en meilleure condition que lui présentement et lui adressaient alors un sourire des plus amusé à son commentaire,

-Je sais qu’il n’y a aucune autre issue que cette misérable porte, mais si tu voulais de la compagnie pour ne pas être seul soldat, tu n’avais qu’à le demander.

Je posais alors une main étonnamment douce sur son épaule, pour l’inviter à faire volte-face vers la porte et la traverser. Refermant celle-ci derrière nous, j’appuyais alors mon dos contre le mur sec tout près de celle-ci, restant à l’écart du centre ou des jets rouillés et éteints étaient disposés pour faire couler l’eau. Lui désignant d’un mouvement de tête une caisse en bois sur le côté, je lui soufflais avec une lueur légèrement amusée,

-Je t’ai même préparé ce qu’il te fallait princesse.

Un tissu gris et sans odeurs malodorantes. Blanc à l’origine et usée par le temps, mais propre. Juste assez grand pour sécher son corps sans lui offrir le luxe de s’enrouler dans celui-ci, avec un petit morceau de savon sur le côté. Une quantité suffisante pour se laver, sans s’éterniser pour ne pas gaspiller ce précieux bien. Je prenais alors la peine de rajouter, avec un petit sourire en coin,

-Je ne crois pas avoir besoin de t’avertir de ne pas boire cette eau. Elle est glacée, mais cela est déjà un luxe si je compare à ma description de vos quartiers sur la Ligne Rouge.

J’avais souvent entendu parler du régime communiste par mon père, de leurs façons de penser, de leurs méthodes… Vivre comme un chien dressé et en laisse, pour mourir sous la neige après avoir été abandonné par ses camarades. Une vision peu attrayante de la chose, alors que j’étais d’accord sur un point par contre. Nous devions tous faire notre part et les paresseux n’avaient pas leurs places à Polis. Mais j’étais d’accord qu’il fallait récompenser les individus selon le travail accompli, une chirurgienne méritait bien plus de protection et de balle qu’une recrue dans la caste militaire. Il y avait une question de logique, alors que les militaires méritaient effectivement des lits, en considérant leurs durs travaux au quotidien. Mais cela, Yvan le découvrirait bien rapidement.

Alors qu’il retirait ses vêtements, je le toisais dans sa nudité, ne cherchant aucunement à cacher mon regard. Pas mal, il n’était pas trop maigrichon. Je me permettais finalement de relever mon regard vers son visage,

-Il est venu à mes oreilles que tu étais militaire dans ton ancienne vie. Tes corvées seront donc la protection de Polis. Notre cité de la lumière qui mérite amour, protection et respect. Tu dois l’aimer autant que ta propre mère, la chérir. Nous allons donc faire les rondes de surveillance pour commencer, le temps que tu t’adaptes à ton nouvel environnement. Ce plan te convient-il?
Contenu sponsorisé