Opération à quatre mains
Piotr Zinoviev
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le Sam 8 Sep - 23:42

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Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
« -Vous avez fait le garrot quand ? »

Piotr tourna la tête vers le marchand à sa droite, lui lançant un regard d'un bleu embrasé en n'entendant pas la réponse venir. Le commerçant passa une mains fébrile sur son front luisant et dégarnit, respirant difficilement à travers ses joues et sa gorge gonflés par une vie trop aisée.

« -Je... Je dirais une heure !
-Vous l'avez tout de suite posé ?
-Non ! Non, il fallait se débarrasser des derniers brigades, vous comprenez, je...
-Mais économisez votre salive, merde ! »


Hurla le médecin en se penchant sur le corps se tortillant devant lui, allongé sur un lit de camp. Son bras gauche se résumait à une mélasse sanglante et filandreuse, parfois ponctué de morceau de peau ou de tissu tentant de rester accroché à l'os fracturé à plusieurs endroits.  Et les dégâts de s'arrêtaient pas là ; Les côtes près du bras étaient enfoncés ou cassés. Piotr serra les dents, retenant un léger haut-le-cœur et tentant pour la centième fois d'isoler son esprit de celui de sa fille.

« -Comment il s'est retrouvé dans cet état ?
-Le chargement est tombé, et... Et il était là, et...
-Ça va, j'ai compris. »


Il tenta de démêler chaire et tissu de vêtements,  accompagné des plaintes de l'homme défiguré et d'une multitudes d'informations que l'habitude lui faisait assimiler sans qu'il ne s'en rend compte. A peine une minute plus tard, il abandonnait rageusement son travail. Sa casquette vola à l'autre bout de la tente et sa main passa dans ses cheveux sombres.

« -Faut amputer.
-Q-quoi ?
-On peut pas sauver son bras. C'est même plus un bras... Tsss... On l'ampute, on arrête l’hémorragie, et là on peut voir l'état de ses côtes et le sauver.»

Lâcha froidement le médecin, avec son légendaire tac. Il se tourna sèchement vers l'entrée de la tente, ignorant le marchant qui s'ésoufflait en vains mots de désaccords.

« -Inna? »

Une petite silhouette blonde montra le bout de son nez, lançant un regard vide au blessé. Au fond de lui, Piotr sentit une petit fierté grandir. A 9 ans, Inna pouvait supporter la vue d'un mourant. Il savait que cela ne témoignait pas d'un certain équilibre mental ; Et qu'il la détruisait, d'une certaine manière, à l'habituer à une vie aussi dure. Mais c'était ainsi qu'était le métro. Et c'était à cela qu'il devait la présenter entend que père.
La fillette posa sur lui son regard d'un coup éteint et adulte, les traits durcit par le sérieux.

« - Va chercher Anna. »

Ils avaient croisé la brahmane il y avait une heure, devant une étale qui avait sur les médecins les mêmes effets qu'une lumière sur les moustiques. Les deux médecins avaient à peines eu le temps d'échanger quelques mots que Piotr était rappelé à l'ordre par les habitants de la station. Emporté par un couple dont l'enfant souffrait de migraine depuis une semaine.

Il visualisa le plus clairement possible le visage de la brahmane, imposant l'image dans l'esprit de la gamine, qui sursauta, s'immobilisant une seconde avant hocher la tête.

« -J'y vais. »

Elle quitta l'arche où son père avait installé la tente leur servant d'hôpital, remontant tout le quai au pas de course, jusqu'à la correspondance noir de monde. Le plus dure ne serait pas d'avancer, mais d'apercevoir la brahmane. Inna pouvait se faufiler entre les jambes des adultes. Mais elle ne pouvait pas garder la tête levait vers leurs visage, où elle serait emportait dans la marée humaine ; Et dans l'assemblé entassée dans cette station, certaines figures lui semblait prête à la piétiner sans un remord.
Elle tenta de retrouver l'étal où ils avaient croisé la femme, appelant la scientifique sur son chemin. Mais la sensation de ne pas avancer devenait de plus en plus  tangible. Et son mal de crâne ne l'aidait pas.



Anna Volkovar
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le Lun 10 Sep - 13:29
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- Anya !

La voix était ténue, la foule dense. Elle avait cru avoir rêvé la première fois qu’il lui avait semblé entendre le surnom. La seconde fois, elle avait cru à une simple coïncidence. Son prénom n’était pas si rare. A la troisième tentative, elle s’arrêta et se redressa sans aucune égard pour la foule qui l’enveloppait et voulait l’emmener dans son mouvement. Puis son regard accrocha une tête blonde en contrebas et elle joua des coudes, grognant à moitié, pour la rejoindre.

- Inna ! S’exclama-t-elle en posant une main protectrice sur l’épaule de la gamine.

Cette dernière leva des yeux trop sombres pour son âge et, doucement, elle la poussa de côté afin qu’elles puissent sortir de la foule compacte sans avoir à évoluer à contre-courant. La chirurgienne scruta quelques secondes le visage de l’enfant. Elle l’avait croisée quelques heures plus tôt en compagnie de son père, confrère et connaissance de longue date. Ils avaient à peine échangé quelques mots, de simples banalités, avant qu’il ne fut rappelé par son devoir.

- T’as mauvaise mine gamine, j’ai pourtant dit à ton père de te nourrir correctement, bougonna-t-elle alors que de l’autre main elle sortait de son sac des confiseries qu’elle avait acheté quelques minutes plus tôt.

La petite main les attrapa, un sourire filtra à travers l’expression tendue de l’enfant qui recouvrit l’instant d’après son sérieux naturel. Elle était venue lui demander quelque chose de précis et n’oubliait pas sa mission. La jeune femme hocha lentement de la tête puis enveloppa la main de l’enfant dans la suite et la suivit. Quelques minutes plus tard, elles se trouvaient à l’entrée d’une tente où Piotr l’attendait en bras de chemise. Elle cria le prénom de ce dernier pour finir d’attirer son attention puis jeta un coup d’œil rapide à ses mains ainsi qu’au corps étendu derrière. Une seconde lui permit d’analyser l’état de ce dernier, une autre pour deviner ce que le médecin attendait d’elle. Elle lâcha la main d’Inna et jeta un regard noir au marchand qui se trouvait avec elle. Ce dernier fut chassé sans autre forme de procès tandis que la Brahmane ôtait sa cape et enlevait sa propre chemise. En débardeur, elle se pencha vers son sac qu’elle avait posé sur une table. Elle sentit le regard de Piotr dans sa nuque, non loin de son tatouage. Ils n’avaient pas échangé un seul mot depuis qu’elle était arrivée. Elle sortit un étui en cuir dans lequel se trouvait une partie de son matériel.

- T’as de la chance que je sois venue faire affûter mes outils aujourd’hui, dit-elle en déroulant la pochette pour révéler les lames rutilantes, un véritable trésor en ces lieux.

Sans attendre d’autres réponses, elle se détourna et se pencha au-dessus du corps à demi-conscient. Elle pointa un endroit au-dessus du biceps où la chair était en meilleur état que le reste.

- On ampute ici. Faut nettoyer tout ça s’il te plait.

Son regard accrocha celui du médecin puis elle hocha la tête avant de se retourner. Une cuvette d’eau se trouvait sur sa gauche. Elle se lava soigneusement les mains puis la vida avant de la remplir de nouveau avec de l’eau. Elle déposa la cuvette sur la table d’opération improvisée. Elle avisa ensuite  une des lampes qui éclairait la scène et grogna. La flamme n’était pas assez chaude pour permettre une véritable stérilisation mais elle ne trouverait guère mieux. Sélectionnant les lames dont elle aurait besoin, elle les plaça au-dessus de la flamme après avoir dévissé le couvercle de la lampe. De son côté, Piotr s’afférait à ses propres tâches pour préparer l’amputation.



Piotr Zinoviev
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le Dim 23 Sep - 11:01

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Le tatoué sursaut a en entendant la voix tranchante d'Anna prononcer son nom.  Il jeta un rapide coup d’œil par dessus son épaule, croisant un millième de seconde le regard brûlant de sérieux de la brahmane. L'opération déjà commencé pour eux deux.
D'un hochement de tête il salua la femme, les sourcils fronces pas la concentration et se qu'impliquait une amputation. Ils n'avaient plus le temps pour une anesthésie, qu'elle soit générale ou locale. Et si leur patient ne s’évanouissait pas sous la douleur, ses hurlement empliraient bientôt tout Prospect Mira, ils le savaient tous. Se concentrer dans de telles conditions restait compliqué, même une fois l'expérience acquise. La compassion était quelque chose qu'on ne commandait pas, un oiseau rebelle que rien ne peut  apprivoiser. Dans son cas, il avait une difficulté : fermer totalement son esprit.Quelque chose qui lui demandait une concentration monstre, et finissait par provoquer inlassablement des migraines chez Inna ou lui.

« -Merci Inna. Si tu allais voir Oleg ? Il s’ennuie tout seul derrière son bar... »

Marmonna le médecin en finissant de déchirer le vêtement du blessé, plissant un instant du nez en voyant le torse couvert de bleu et enfonçait à quelques endroits. Il releva la tête vers sa fille, un sourire habituelle bien accroché sur ses lèvres. Profondément inutile.  

Inna se  tenait droite sur le seuil de la porte, sa respiration lentement mais forte soulevant ses épaules déjà rendu carré par le poids de l'AK qu'elle prenait avec elle dans les tunnels. Son père vit les reliefs de son cou s'ébranler alors qu'elle avaler lentement sa salive, réprimant l'envie montante de vomir. Malgré cela, malgré ses poings serrés à s'en blanchir les jointures, elle ne lâchait pas des yeux le blessé, comme si elle cherchait à graver cette image dans sa mémoire. Son regard bleu, presque phosphorescent, qu'elle partageait avec sa mère et sa tante, si propre aux Volkonski semble mort. Fixe, à moitié écarquillait, étrangement éclairé par la lumière posé près de la pseudo table d'opération. Elle ressemblait à une version miniature de Nadejdha et Alexandra, une tignasse blonde et épaisse en plus.
Après un instant de silence, elle hocha la tête, tournant froidement les talons pour remonter à la correspondance. Piotr resta  resta immobile quelques secondes, avant de comprendre le comportement de sa  fille et d'entendre la fin de la phrase d'Anna. Outils ou pas, il avait déjà eu de la chance qu'elle soit là. C'était elle la chirurgienne, la spécialiste des muscles et de l'intérieur du corps. Ce n'était pas temps de ses mains dont il avait besoin, mais de son cerveau, le siège de toutes ses connaissance.

« -Ok. »

Lâcha-t-il en relevant les yeux pour échanger un regard avec la brahmane. Il pivota vers sa sacoche, s’accroupissant pour prendre dedans d'autres scalpels, plusieurs bandage enroulés sur eux-même, et une bouteille d'une sorte d'éthanol que lui avait un jour ramené Oxana. Il coupa un morceau de bandages et récupéra la cuvette d'eau dès qu'Anna s'en fut éloigné, trempant et essorant plusieurs fois le tissu avant de commencer à nettoyer l'endroit ou bientôt il n'y aurait plus rien.
Les gestes étaient mécanique, et il en avait l'habitude. Assez pour pouvoir à nouveau réfléchir au comportement d'Inna.  La petite n'était pas un petit être fragile. Fille d'une stalker et d'un haut-gradé de Polis, Piotr avait beau ne pas croire à l'héritage du caractère par l'inné, il voyait difficilement comment il aurait pu en être autrement. Parfois, pour la taquiner il l’appelait « La dure à cuire ». Mais il se rendait compte que cette expression collait de mieux en mieux à sa fille. Si elle avait dévisagé le corps, puis tourné les talons aussi fermement, c'était pour impressionner Anna. Elle n'avait jamais agis comme cela en son unique présence. Et Piotr n'aimait pas vraiment voir sa fille se mettre à jouer les gros bras. Du moins il avait peut qu'elle ne se lance un jour dans quelque chose de dangereux, surtout avec les enfants de son âges.
En dehors de l'aura entourant Anna, de tout ce qui se dégageait d'elle, c'était son rôle de brahmane qui avait séduit Inna, Piotr en était persuadé.  Nikita avait un jour racontait un conte sur Polis à la petite, qui depuis avait des étoiles dans les yeux en entendant les mots « brahmanes », « Cité de Lumière » ou  « Civilisation ». Piotr s'était bien gardé de lui dire que là-bas se trouvaient ses géniteurs. Il avait à la fois peur de briser ses espérances d'enfant et de devoir l'y emmener. Il avait prit une décision claire le jour où Nadia lui avait confier son enfant : Jamais la mère et la fille ne se reverraient. Dans son torse battait bien trop de haine pour qu'il pardonne l'égoïsme de celle qui avait été sa compagne.

« - On l’assomme ? Il est assez conscient pour sentir, voir gesticuler... »

Demanda le tatoué en attrapant l'éthanol, devisant le bouchon du flacon pour en déposer quelques gouttes sur le bandage. Il finit de nettoyer la zone définit pas la brahmane avant de redresser la tête pour l'observer stériliser la lame de ses outils à la flamme de la lampe. Son visage était couvert de la lueur orangée et changeante du feu, et dans ses iris assombris par la flamme, brillait le reflet de la lame de scalpel, comme une petite réplique fantomatique.



Anna Volkovar
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le Mer 31 Oct - 10:57
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Entièrement dévouée aux préparatifs de l’opération, Anna avait momentanément oublié la présence de la fillette qui l’avait menée jusqu’ici. Les instructions de Piotr pour cette dernière la ramenèrent brutalement à la réalité. D’un coup d’œil acéré elle disséqua l’enfant qui n’avait d’yeux que pour le cadavre. Elle repoussa certains souvenirs qui menaçaient de refaire surface et revint à sa tâche, tournant ostensiblement le dos à l’enfant. Un sentiment amer se propageait dans son palais tandis qu’elle cherchait à oublier Inna. Toute innocence avait déserté la fillette. A l’instar de la plupart des enfants qui peuplaient les souterrains de Moscou, l’existence ne l’avait pas épargnée. Non seulement privée de la lumière du soleil pour le reste de sa vie, elle devait apprendre à survivre dans un univers cruel et violent. Même en évoluant au sein de Polis, Anna n’avait pas été épargnée dans ses premières années d’existence.

La jeune femme poussa un léger soupir lorsqu’elle entendit les pas d’Inna quitter la tente. Elle ferma les yeux une seconde et fit rouler sa tête de côté pour tenter d’évacuer la tension dans ses épaules et son cou. Comme elle terminait ses derniers préparatifs, elle s’avançait vers le patient et décocha un regard acéré à son confrère. Sans hésiter un instant, elle secoua la tête négativement à sa proposition. Assommer le patient incluait trop de risques et, par ailleurs, elle ne voulait pas influencer la composition de la chair qu’elle s’apprêtait à découper. Soutenant un instant le regard de Piotr, elle se demanda s’il voulait simplement chercher à éviter les cris du patient. Un creux se dessina sous les pommettes saillantes de la jeune femme tandis qu’elle crispait les mâchoires.

- Un bâillon suffira, lâcha-t-elle d’une voix blanche.

En dépit de l’apparent détachement qu’elle affichait, Anna n’ignorait pas les cris qui continueraient de la hanter plusieurs nuits durant. Piotr n’y échapperait probablement pas. Au moment même où elle était entrée sous la tente et avait croisé le regard du médecin, ils l’avaient su tous deux. Saisissant la lanière de cuir qui formait un garrot sommaire sur le bras blessé, elle le remonta et le resserra sans aucun ménagement. L’homme grognait, trop faible pour crier véritablement. La jeune femme lui jeta un bref regard. Il ne resterait probablement pas conscient pendant toute l’opération. Dans son état, s’ils parvenaient à terminer l’amputation, ils pourraient s’estimer heureux. Toujours penchée sur le blessé, Anna réajusta la flamme de la lampe la plus proche pour en augmenter la luminosité puis sortit de sa poche une montre à gourmette patinée. Elle consulta l’heure puis remonta le mécanisme avant de la suspendre au-dessus de la tête du patient. D’un mouvement de la main, elle en arrêta le balancement et la désigna à Piotr.

- Pendant toute l’opération, garde un œil sur le rythme cardiaque s’il te plait et préviens-moi si tu sens qu’il défibrile.

Elle se tourna ensuite vers l’homme à qui appartenait la tente et qui se tenait en retrait depuis son arrivée. Elle lui montra comment tenir le blessé et lui donna des consignes précises. La voix était ferme et le regard impitoyable. Il exaltait de la jeune femme une assurance presqu’inhumaine ; tant dans l’attitude sévère que dans les gestes mécaniques et millimétrés. Il ne fallait laisser aucune proie au doute. Tandis qu’ils s’apprêtaient à commencer l’amputation, la chirurgienne jeta un bref regard à Piotr. Ils se connaissaient depuis longtemps et s’il n’avait pas travaillé ensemble depuis un bon moment, elle ne doutait pas instant de son efficacité à ses côtés. Elle avait plus qu’éprouvé ses qualités médicales et lui vouait une confiance totale. L’échange de regard dura une seconde, tout au plus, puis elle revint à la tâche qui les attendait tous deux. Du bout du doigt, elle désigna le contour des muscles qu’elle devrait inciser. Parfois, elle frôlait la chair, la sentant frémir sous elle. Elle entrevoyait le dessin des muscles, les perspectives des tendons et autres faisceaux.

Puis comme elle inspirait, elle se plongea à son ouvrage. La lame s’enfonçait sans rencontrer de résistance et découpait chair et muscle sans distinction apparente. Elle alternait entre fermeté et délicatesse selon la matière à laquelle elle s’attaquait. La première partie de l’opération se déroula sous la litanie agonisante du blessé, râles étouffés et pleurs asphyxiés, tandis qu’elle dégageait le théâtre de l’opération. Puis, sans un mot, elle reposa la petite lame au fil acéré et en saisit une à la silhouette infiniment plus menaçante. Les dents luisaient d’un éclat malsain sous la flamme de la lampe la plus proche. Presqu’instinctivement, Piotr avait réajusté sa position et cachait habilement la vue de l’outil au blessé. Anna ne marqua pas d’hésitation quand elle enfonça la lame à la rencontre de l’os. Comme le corps se crispait sous elle, ses gestes se faisaient plus amples et plus déliés. Et comme à chaque fois qu’elle s’attaquait à un tel ouvrage, elle se sentait tout aussi proche de l’artiste emporté dans la verve créative que du boucher accomplissant la tâche mécanique et mille fois répétée.

Le blessé avait évidemment perdu conscience. Il reposait inerte sur la couchette, un souffle léger et irrégulier soulevant par intermittence son torse malmené. A peine avaient-ils fini de l’amputer qu’Anna se lavait les mains pour la énième fois et s’attaquait au reste du travail. Palpant sans délicatesse le corps inconscient, elle tentait de repéré les traumatismes internes. Clavicule et omoplate, par miracle, avaient été épargnées. Le sternum était légèrement enfoncé et plusieurs côtes avaient été brisées. Sans ménagement, la jeune femme enfonça les doigts entre celles-ci et les manipula. Elle avait pu replacer une partie des cotes qui menaçaient d’endommager davantage le sternum. Elle se redressa ensuite et se tourna vers Piotr qui maintenait toujours le patient. L’homme qui les avait aidés s’était discrètement retiré, les regardant d’un air épouvanté, le regard tristement vide.

- Je ne peux rien faire pour les cotes flottantes…il faudra s’en occuper plus tard et espérer qu’elles se remettent en place d’elle-même mais ça tu sais le faire bien mieux que moi.

Elle lui offrit un sourire sans joie puis poursuivit son diagnostic.

- Je ne crois pas qu’un organe ait été touché mais il faudra surveiller évidemment. Si tu as le moindre doute pendant la convalescence, fais-moi parvenir une note s’il te plait.

La communication de l’extérieur vers Polis était plus qu’erratique, surtout lorsque le courrier concernait un brahmane mais Anna avait bien en tête quelques moyens pour passer au travers du filtrage. Elle en échangeait quelques-uns avec Piotr. Ils se connaissaient désormais depuis quelques années et avaient réussi à rester en contact malgré les rares sorties de la chirurgienne. La cuvette dans laquelle elle était en train de se laver les mains avait été changée plusieurs fois. Quand elle eut terminé, l’eau était encore trouble. Elle grimaça après avoir jeté un coup d’œil aux mains de Piotr, à sa chemise puis à son propre habit. Elle prit la cuvette et la vida dans le caniveau le plus proche à l’extérieur de la tente puis revint après l’avoir remplie d’eau claire. Elle céda ensuite sa place au médecin pour qu’il puisse lui aussi se laver les mains. Sans aucun égard pour Piotr ou le propriétaire de la tente, elle défit ensuite sa propre chemise et la jeta près de sa cape. Bras nus, en débardeur, elle passa une main dans ses cheveux et jeta un regard halluciné à la scène. L’adrénaline de l’opération l’empêchait de sentir le froid mais elle commençait cependant à réaliser ce qu’ils venaient d’accomplir. Elle décrocha la montre toujours suspendue au-dessus du patient inconscient et lâcha un léger juron lorsqu’elle en vit l’heure. Il était désormais trop tard pour accomplir les derniers achats qu’elle souhaitait. La plupart des échoppes qui l’intéressaient devaient être pliées désormais.

- Piotr, j’ai encore une heure devant moi avant de devoir rentrer et je crois que j’ai besoin d’un verre, lâcha-t-elle d’une voix blanche, sans aucun égard pour l’homme auquel elle venait de retirer une partie du bras.



Piotr Zinoviev
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le Sam 17 Nov - 18:01

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Le médecin dû lutter pour détacher ses yeux de la flamme. Du visage de la brahmane, son regard avait dévié sur la lame, et tombé sur la flammèche prisonnière de son cylindre de verre. Il sortit brusquement de sa torpeur, lançant un regard un instant perdu à Anna. En quelques secondes, il avait perdu contenance et s'était laissé aller. Comment pouvait-il espérer mener à bien une opération dans cette état ?

Pendant toute l'opération, Piotr eu l'impression de planer. Un peu trop souvent à son goût, il était dans un état second pendant les opérations trop importes. Ou demandant trop d'implication.
Anna l'aida involontaire en prenant à sa charge la plus part des décisions. Au point qu'il se demandait si il ne l'avait pas voulu avec lui pour cela : Pourvoir pour une fois n'être qu'un pion, que le second. Dans un travail en solitaire comme le sien, il se retrouvait souvent à devoir tout porter seul. Le travail d'équipe était le meilleur remède qu'il pouvait prendre : une délivrance  bienvenu qui venait crever  la bulle dans laquelle Inna est lui  finissaient par  s'enfermer.
Ses gestes avaient été mécaniques. Morceau de chiffons entre les dents déjà serrées du blessé. Regard attentif à la montre, hochement de tête bref et nerveux à Anna, main autour d'un poignet pour chercher, trouver, et garder le pouls. Légère répugnance devant un travail qu'il avait lui-même effectué à ses tous débuts, obtenant un résultat bien plus salace que celui de sa collègue. Reconnaissance envers cette même collègue pour regarder le reste de ses blessures.

Piotr hocha la tête face au sourire presque funèbre de la brahmane,  baissant les yeux sur le blessé. Ses côtes poisseuses de sang portaient en traits plus claires la trace des doigts d'Anna, là où elle était passé faire son travail. Et si sur sa peau livide, l'hémoglobine prenait des teintes roses,  étalée contre le bois d'une planche d'opération rudimentaire, les nuances noirs que prenait le fluide avait quelque chose à soulever l'estomac.

Il releva immédiatement les yeux, déglutissant difficilement et se heurtant au professionnalisme de la Brahmane. Anna et son éthique sur lequel des  ordres de mutants auraient pu venir se péter les dents, Anna est son éthique au dessus des lois.  Étrangement, voir qu'elle n'avait pas changé le rassura. De par la distance et l'imperméabilité de Police, ils ne se voyaient que rarement, communicant plus épar lettres. Le regard qu'il portait sur sa consœur et cadette était distant ,peut-être même volontairement et faussement indifférent. Et teinté à la fois de la froideur et rigueur d'un scientifique observant l'évolution d'un spécimen, et de l'attention impulsive d'un homme qui ne savait s'il devait plus la considéré comme une petite sœur ou une fille ; Un homme qui la connaissait tout juste assez pour la classer comme une amie, mais qui avait quand même l'impression de tout ignorer d'elle.
Mais il y avait ce vernis extérieur, qu'il avait cerné depuis un moment déjà, et qui ne changeait que très lentement,  la forme se mutant mais le fond  restant inchangé. Les plans qu'elle élaborait pour leur permettre de passer outre les barrages montés tout autour des Brahmanes en étaient une énième preuve.

Sans qu'un mot ne soit prononcé, ils se mirent à nettoyer la tenter, lui s'occupant d'essuyer le corps salit du blessé pendant qu'elle accaparait le baquet. Piotr avait l'impression d'être devenu croque-mort. Il n'y avait que la houle infime des côtes du blesser pour lui rappeler qu'il ne s'occupait pas d'un macchabée. Et même cet infime mouvement était remit en cause, alors que revenait la peur d'il y avait quelques instants, quand il tremblait à l'idée de rater son rendez-vous de chaque seconde avec un battement de cœur. Le médecin haïssait cette partie de son métier, qui le ramené à la fragilité du corps humain,  et à sa propre mortalité, à celle de tous ceux l'entourant. Inna, Nikkita, Valya, Anna.... Nadejdha.

Il imita la Brahmane, se débarrassant de sa chemise  rougit pour un col roulé noir mal plié au fond d'une sacoche. Piotr s'approcha du banquet, décrassant ses mains noircies de sang, peu à peu anesthésiait pas le froid de l'eau. Du coin de l’œil il jeta un regard à Anna. Leur duo perdait ses airs de boucherie, et par l'eau glacé il lui semblait qu'ils retrouvaient peu à peu leur humanité.

« -Je paye ma tournée. Je te dois au moins ça. »

Lâcha le médecin en posant une main réconfortante sur l'épaule maigre et anguleuse de la femme. Son visage froissé par la fatigue se tordait en grimace épuisée et reconnaissante, et la pression accumulant pendant l'opération partant, elle apportait un harassement écrasant.

« -Puis j'ai un démon avec des cheveux plein la tête à rattraper moi... »

Soupira il en s'approchant de l'entrée de la tente, soulevant le pan de toile.

« -Si je peux faire quelque chose pour te dédommager... »

Souffla le médecin avec un rictus désolé.



Anna Volkovar
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le Lun 10 Déc - 14:46
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- Tu me dois au moins bien ça en effet, lâcha-t-elle en écho aux propos du médecin.

La jeune femme avait frissonné lorsque la main était venue se poser sur son épaule. Après s’être entièrement absorbée à son opération, le moindre contact humain lui paraissait étranger, déplacé. Elle avait fini par croiser les bras sur sa poitrine et frotter légèrement ses biceps, prétextant un courant d’air. A dire vrai, elle se sentait glacée, vidée de toute énergie. Baissant le regard sur ses affaires, elle ferma son sac et passa la bandoulière à son épaule. Comme Piotr l’imitait et rangeait à son tour ses affaires, elle enfila sa lourde cape de velours. Par moment, elle détestait ce symbole Brahmane, lourd d’obligations et d’interdiction mais pour l’heure, il constituait un refuge derrière lequel se cacher. Sous le velours noir, personne ne pouvait percevoir ses faiblesses.

- Comment va Inna ? Je l’ai trouvée bien maigrelette, t’es sûr de la nourrir correctement ?

La jeune femme s’était retournée vers Piotr avec un sourire mauvais qui démentait son air inquiet. Si on lui en avait parlé quelques années plus tôt, jamais elle n’aurait cru le médecin de la Hanse capable de s’occuper d’un autre être que lui-même. Piotr faisait un remarquable travail du côté de l’enfant si l’on considérait sa situation. Elle n’avait d’ailleurs pas la prétention de pouvoir en faire autant mais elle aimait l’agacer à ce propos. Parce qu’elle savait qu’il réagirait à ses remarques et parce qu’Inna constituait un sujet de conversation agréable, quoi que puisse en dire le père adoptif. C’était également une façon d’éviter de parler du travail car de ce côté-ci elle savait que rien n’était de tout repos. Il y aurait toujours des patients à soigner, des morts à accepter. Même après l’épidémie qui avait frappé V.A.R., les médecins ne trouvaient pas de repos parmi les survivants du métro. En revanche, la rencontre avec Inna avait réussi à éveiller une étincelle d’amusement et d’intérêt chez la jeune femme. Elle n’avait pas vu l’enfant depuis un moment et avait failli ne pas la reconnaître. Elle avait grandi, évidemment, et murit également si l’on se fiait à l’inhabituelle empathie qui éclairait le regard de l’enfant. Lorsqu’ils s’écrivaient, Anna n’oubliait jamais de poser quelques questions à propos d’Inna. Elle avait connu sa mère ainsi que sa tante et ne pouvait pas oublier les circonstances autour de la naissance de l’enfant.

- Comme d’habitude, Yvanovitch, si tu trouves des bouquins qui pourraient m’intéresser, essaie d’en mettre de côté ou de me prévenir, avait-elle lancé sans se retourner tandis qu’elle soulevait déjà le lourd pan de la tente pour les inviter à sortir.

Inna se trouvait presque sur le seuil, échevelée, les joues rouges. Avait-elle couru pour les retrouver ? La chirurgienne lui adressa un sourire derrière lequel s’était envolée toute fatigue.

- Juste à temps gamine ! Piotr s’apprêtait justement à nous payer le repas, tu ne vois pas de raison de refuser n’est-ce pas ?



Piotr Zinoviev
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le Sam 9 Mar - 1:21

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Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
Sous la pulpe de ses doigts, il sentit la peau froide et marmoréenne de la brahmane s’ébranler sous un frisson. Lentement, sa paume se posa à son tour doucement sur son bras, sa main glissa avec lenteur jusqu’au biceps de la femme, avant de s’en détacher. Il la laissa avec son moment de faiblesse, qui ne demandait comme antidote que la solitude réconfortante de son propre corps. Le moindre stimulus devait sembler comme une agression pour elle. Mais la voir aussi fragile le troublait, la rareté et la fugacité de l’instant jouant dans l’amertume qui le prenait. Piotr avait rarement l’occasion de témoigner son amitié ou son estime à Anna. Ils se voyaient peu, et entend qu’habitante de Polis, elle était bien souvent mieux équipée et formée que lui pour l’exerce de leur métier commun. Il ne pouvait que jouait aussi souvent que possible le rôle d’informateur. Mais ce n’était pas assez à ses yeux. Il n’y avait rien d’émotionnel dans le fait d’écrire ou répéter quelques nouvelles apprises de la bouche de ses patients. C’était un mécanisme, un service rendu en échange de ses coups de mains fréquents, et des informations qu’elle laissait discrètement filtrer vers l’extérieur de Polis. Information contre information. Rien de personnel ; par de réel engagement. Une prise à laquelle se rattacher quand elle vacillait ou tombait, voilà ce que Piotr aurait aimé être pour elle. Un ressort pour la jeunesse, ceux qui avaient encore des années incertaines à passer dans les tunnels. Plus encore pour Anna, qui avait la rage d’agir, de faire bouger les choses dans le métro. Il n’avait pas la mentalité d’un père. Ce n’était pas ainsi qu’il était au fond de lui, et Inna n’y avait rien changé.
Peut-être était-ce dû au traumatisme laissé par Yuri, à la profonde balafre qui creusait sa psyché culpabilisatrice.
Mais à Anna, il n’avait rien à apprendre, et n’avait pas la prétention de le faire.

En cela, leur relation était à ses yeux bien plus amicaux que filiale. Et il n’avait envers elle aucune psychose paternaliste, mais la profonde envie de faire disparaître cette lueur à la fois douloureuse et perdu au fond de son regard claire.  C’était dans ce genre de moment qu’il comprenait qu’il n’était pas médecin que par un concoure de circonstances.

Piotr se détourna un instant d’elle, saisissant son manteau abandonné sur une planche installé sur deux tréteaux ou reposé un capharnaüm d’objets en tous genre, qui ne lui servait pas dans son travail.  Sa main plongea dans une poche intérieure, en extirpant la petite boite métallique plate contenant ses cigarettes. Il la glissa dans la poche avant de son pantalon, se retournant vers Anna en entendant le ton faussement querelleur de sa voix. A son sourire saumâtre, ses propres lèvres répondirent par l’esquisse d’une moue mi-amusée mi-désolée. Inna n’avait pas maigrit, elle avait gagné en muscle. Mais en soit ce n’était pas bien plus glorieux. Une preuve que l’enfant grandissait, et participait de plus en plus activement à la survie de leur duo. Une preuve qu’il était de moins en moins bien placer pour la protéger, qu’il viellissait. Et cette vieillesse, sans qu’il ne puisse se l’avouer, refusant de trahir ses engagements envers le rejeton Volkonskia, l’éloigner lentement d’une silhouette défendue.

« Je suis sûr qu’elle a une meilleur hygiène de vie que moi. C’est déjà ça.»

Répondit-il calmement, évitant de riposter à la pique d’Anna. Ses lèvres se retaillèrent en sourire amusé, alors que leur jeu chassé le froid polaire de l’opération –la boucherie- passé.  Il hocha la tête à sa demande, sortant de sa poche un briquet qui coûté une fortune à être rechargé, mais qui serait toujours plus facile à utiliser en extérieur qu’un silex à feu. S’il avait été raisonnable, il aurait arrêté de fumer. Mais il était bien trop plaisant d’ouvrir cette boîte en métal, et de regarder Valya et Nikkita piocher dedans. En d’autres temps, il aurait eu la culpabilité de les empoisonner à petit feu. Mais plus aujourd’hui, alors que les radiations et les mutants s’occupaient déjà largement de décimer l’humanité restante, dans ce radeau de la méduse.

« J’y penserais »

Tous comme il penserait à glisser, entre deux pages d’un livre de gynécologie, un message en apparence anodin et gribouillé d’une écriture d’enfant, qui derrière ses airs de contes écrit par Inna pour Anna, résumerait assez bien les dernières nouvelles de la Hanse. Le sexe féminin n’intéressait pas ceux qui surveillaient les brahmanes, pas plus que les contes de fillettes. La bêtise qui découlait de la misogynie était parfois à leur avantage. 

Piotr lança un regard par-dessus l’épaule de la brahmane, haussant un sourcils devant le visage rougit d’Inna, et ses cheveux désordonnés. Elle releva son regard phosphorescent sur Anna, puis dévia sur lui, un sourire rehaussant ses lèvres et arrondissant ses joues encore enfantines. A la question de la femme, elle répondit par un hochement de tête farouche, son sourire s’évasant un peu plus.

« C’est Anna qui te fais rougir comme ça ? »

La moucha gentiment le médecin, s’attirant le regard courroucé et outré de sa fille, qui s’empourpra un peu plus.

« Non ! »

Elle attrapa la main de la brahmane, la tirant hors de la tente et l’entraînant de tout son poids plume vers les quais de Prospect Mira, là ou la voûte de pierre albe s’était lentement noircis, au même rythme que ce noircissait la conscience et la mémoire de l’humanité survivante. Avec un souffle amusé, Piotr suivit le duo, la supernova en pleine explosion blonde qu’était Inna finissant par lâcher la main d’Anna, trop lente pour son impatience d’enfant.  La fillette se mit à sautiller quelques pas devant eux, laissant enfin à son père la possibilité de s’approcher d’Anna et de lui parler. Il se glissa lentement aux côtés de la femme, lui adressant un léger sourire alors que son regard effleurait le tatouage encré sur sa nuque, parfaitement visible maintenant que ses cheveux s’étaient vus retaillés.

« Alors ? La Cité des Lumières se porte toujours aussi bien ? Et toi avec ? »

Demanda-t-il, faisant tourner entre ses doigts la boîte de ses cigarettes. Son visage s’assombrit discrètement, une leur d’inquiétude fugace courant dans ses iris.

« Tu arrives à tenir ton rôle de médiatrice entre faction, et à éviter les intrigues ? »



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