Comme frère, on doit le devoir fraternel
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le Jeu 6 Sep - 8:28

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Vous n’avez pas trouvé Andrei ?

Deux de ses compagnons dirent non. Anatole soupirait alors que deux autres de leurs compagnons les rejoignirent, pour affirmer qu’eux aussi, ils n’avaient pas vu Andrei depuis le temps de leur recherche. Le Stalker avait mystérieusement disparu. La première absence notifiée du russe aux yeux glacés avait été aux alentours de six heures du matin. Pensant que celui-ci s’était retirer pour effectuer ses propres exercices du matin, deux heures plus tard, il n’a toujours été aucunement trouvé. L’inquiétude avait donc monté assez vite. Vu les récents événements et la priorité de garder ces soldats en vie vu leur expérience récente, mais aussi de par leur valeur, comme celle du Stalker. Considérer comme le meilleur tireur de tout Polis et un excellent élément pour les sorties en extérieur.

-Si on ne le retrouve pas, c’est probablement le commandement qui nous passera un savon, fit une jeune Ksatriya

-Tu rigoles ? Nous passer un savon ? Avec tout ce qu’ils ont probablement fait subir aux Ksathriyas revenues de cette mission ? C’est de leur faute si jamais Andrei est parti ! Répliqua Anatole avec un regard enflammé.

-Andrei est bien trop fidèle envers Polis pour quitter notre faction, tu le sais bien, Tolia !

-Alors ou est-il, hein ?! Répliqua le jeune homme avec ferveur, tenant plus fermement son arme de service entre ses mains. Il est quatorze heures, et il n’est toujours pas revenu ! Tu veux qu’on ne fasse rien ? Tout comme il n’avait rien pu faire quand il avait été enfermer comme un rat dans ses quartiers !?

-Cesse de lui vouer un culte à son nom, Tolia. Tu ressembles à une femme qui se sent perdue sans son homme.

Anatole allait presque lever son arme pour en abattre la crosse sur la gueule de guenon de la Ksathriya devant lui. Cependant, l’arrivé d’un autre compagnon d’armes coupa court à la conversation, haletant, et heureusement, sinon Anatole aurait regretté son geste. Jeune homme impulsif, mais avec un bon fond, en lui.

-Les gars... Venez vite, il est sorti en surface ! Il est en train de rentrer !

*

Andrei ouvrait le feu. La balle projetée du canon de son Dragunov vint se loger dans le rat, l’explosant en deux morceaux bien distincts, projetant du sang et des morceaux de viande irradiés. Andrei souffla un coup. Cent mètres. Le rat avait explosé. Et pourtant, les quelques compères encore présent, preuve de leur adaptation en présence de l’homme et des munitions fréquemment tirer dans les terrains d’entraînement, ne s’enfuirent pas. Encore en tenue d’extérieur et son sac adossé contre une caisse en bois non loin de lui, caisse sur laquelle se trouvait d’ailleurs une bouteille remplie jusqu’à la moitié, recouverte de saleté radioactive de l’extérieur.

Son arrivée avait été remarquée. L’attroupement du petit cercle d’amis d’Anatole s’est un peu plus agrandi alors qu’Andrei avait paru de l’extérieur, portant un sac dans son dos, ainsi que ses armes sur lui, bien équipé. Avec une aura de mystère, il s’était avancé malgré le petit groupe attroupé l’ayant recherché depuis l’aube, sans rien dire, sans leur regarder, son visage fermé dans une expression de pure froideur. Évidemment, Anatole, une jeune recrue Ksatriya reconnue parmi les stations de la Cité pour aider fréquemment des personnes, qu’elle soit d’ici ou non, dans la moindre tache, obtenant ainsi le gentil sobriquet du guerrier-esclave, que cela soit pour défaire des caisses, transporter des livres un peu trop lourds pour des Brahmanes ou bien offrir son aide aux voyageurs – en soi, un charmant personnage -, en voyant le brun revenir et en n’obtenant pas de réponse, avait décider de chercher de l’aide ailleurs.

L’aide en question ayant été Anna Volkovar, après qu’il s’est annoncé dans son bureau sans coup férir après avoir couru un bon moment, pour la surprendre en plein travail. Lui ayant annoncé qu’Andrei était de retour, alors qu’Anatole avait gardé sa disparition plus ou moins secrète en début de matinée, de peur de créer un vent de panique.

De nouveau, la crosse contre son épaule, observant au travers de la mire de l’arme - la lunette se trouvait sur la caisse de bois, inutile en plein intérieur -, Andrei attendit un instant avant d’ouvrir de nouveau le feu. Un autre rat explosa en deux morceaux. Cette fois-ci, quelques-uns des rongeurs s’enfuirent, mais pas tous. Les courageux et suicidaires survivants s’empiffraient des cadavres de leurs compères d’autrefois, faute de nourriture véritable. Personne n’avait su tirer d’Andrei une quelconque réponse. Le Stalker s’enfermait dans un silence de mort. Comme en son habitude. L’homme, d’ailleurs, finit par recharger son arme et ramassa les quelques douilles au sol – les gardant plus tard pour que les armuriers plus compétents puissent les rendre réutilisables - avant de se diriger vers la bouteille. Tenant l’arme d’une main, cran de sécurité activé, il attrapa la bouteille de l’autre pour en boire un coup.

Une sensation de brûlure dans la gorge. Observant dans le reflet de la bouteille. Sensation de brûlure dans sa nuque, apercevant deux orbes glacés qui n’étaient pas les siennes. Un oiseau de mauvais augure, bon sang. Puis il se rappela que c’était Anna. Se retournant pour l’observer aussi.

-Une bouteille de la surface.

Il en voulut observer la notice sur la bouteille, pour savoir si c’était de l’habituelle vodka ou bien un quelconque autre alcool, mais elle était tellement crasseuse qu’il en fut impossible d’en déterminer la nature. Mais Andrei haussa ses épaules.

-Tu sais, mine de rien, quand on sait chercher, on peut en trouver.

Après tout, l’alcool n’était pas la denrée première que rechercherait un Stalker. Sauf si le Stalker en question était alcoolique. En ce cas-là, c’est un Stalker mort, qui aurait pu avoir un gros panneau accroché sur sa poitrine ou serait marqué 'je veux mourir' et qui serait recouvert de viande pour le sMutants que cela n'en changerait pas la donne. Andrei tendit la bouteille en sa direction, et malgré sa posture un peu moins rigide que d’habitude, il avait toujours cet éclair de conscience dans son regard, toujours aux aguets.

-Tu en veux ?
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le Lun 10 Sep - 13:06
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« J’ai un rêve tu sais. Il va sûrement te paraître dérisoire. »

Mains enfoncées dans les poches de son pantalon cargo, elle marchait à vive allure. Les pans de sa cape claquaient contre ses mollets et dansaient autour d’elle. Les lumières blafardes du couloir accrochaient de temps à autre des reflets sur le velours d’un noir corbeau. Andrei a disparu, disait le télégramme reçu ce matin lorsqu’elle prenait son poste. Bon débarra, avait-elle rétorqué sans le penser réellement.

« Chaque fois que je sors, je ne cesse de jeter un œil au ciel et j’espère qu’un jour l’immense nuage de cendre se fendra pour me laisser apercevoir un vrai rayon de soleil, éclatant. »

Puis d’autres nouvelles lui étaient parvenues sous la forme d’un Ksatriya essoufflé. C’était un homme de la section de son frère. Ce dernier avait été aperçu, il revenait de la surface. Personne ne l’avait approché, le regard de ce dernier avait dû être suffisamment éloquent. Pas assez en revanche pour que sa sœur ne vienne pas y fourrer son nez avant qu’un supérieur décide de lui tomber dessus. Ainsi, Anna Volkovar allait à la rencontre de son frère qui était parti se souler le groin dans un coin.

« Je me lève dans l’espoir de voir le soleil comme il se levait autrefois. Avant tout ça. »

Un coup de feu était parti, la jeune femme avait accéléré l’allure. Les talons de ses bottines claquaient sur le pavé, annonçant clairement son approche. Andrei était armé, probablement rond comme un cul de pelle et passablement remonté ; ce n’était plus l’heure de soigner son arrivée. Ce dernier était d’ailleurs en train d’entamer une bouteille lorsqu’elle parvint à sa hauteur. Elle se posta face à lui, pieds légèrement écartés, sans piper mot. Sa silhouette était entièrement enveloppée dans la cape à l’exception de la tête.

Quand on sait chercher les emmerdes, on peut les trouver facilement aussi ; parole de Volkovar, songea-t-elle en réponse au cynisme de son frère. Elle fronça les sourcils en jetant un coup d’œil à la bouteille qu’il lui tendait. Elle voulut refuser. Ce n’était pas l’heure, ni le moment. Mais elle savait pertinemment qu’elle ne partirait pas du bon pied en agissant ainsi. Se drapant dans cette excuse, elle s’avança vers son frère. Le bras sorti de la cape, d’une blancheur laiteuse en contraste avec le velours noir, et elle saisit la bouteille avant de la humer d’un air circonspect. Elle en but une gorgée infime puis la remit à son frère, désignant du regard le fusil posé à ses côtés.

- C’est dommage de gâcher de si bonnes munitions sur ces bestioles, dit-elle en référence à l’amas informe qui avait dû constituer un rat.

Elle laissa filer un silence, consciente que son frère ne répondrait rien. Puis elle s’approcha de lui et s’assit à ses côtés, se ménageant un espace libre sur la caisse. Les pans de sa cape s’ouvrirent légèrement pour dévoiler un débardeur ainsi qu’un pantalon en toile élimé qu’elle portait seulement sous sa blouse lorsqu’elle officiait. Anna avait laissé le reste de sa tenue de travail dans son bureau et s’était drapée dans sa cape avant de partir en hâte à la rencontre de son frère.

- Tout comme c’est dommage de ne pas partager une bonne bouteille, concéda-t-elle avec un sourire avant de lui reprendre celle-ci des mains, non pour la boire mais simplement pour tenter d’en décrypter l’étiquette.



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le Mer 12 Sep - 9:08

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En d’autres circonstances, la voir ainsi arriver, tout habillée de noire avec cette capuche rabattue, il l’aurait prise pour la Faucheuse venant rechercher son tribut. Et peut-être qu’Andrei aurait été tenter de laisser la Faucheuse prendre son tribut, alors qu’Anna tendit le bras pour attraper la bouteille pour en boire un coup. Prendre un verre avec la Mort en personne... Au moins, il en aurait eu un dernier pour la route. Le Stalker ne répondit aucunement concernant la remarque sur ses munitions. C’était ses balles, après tout, et il pouvait faire ce qu’il voulait avec elles, et si elle n’aimait pas cela, qu’elle aille se plaindre au commandement.

Andrei en but de nouveau alors qu’Anna s’asseyait vers sa droite. Malgré la quantité d’alcool dans son sang, il savait très bien la tenir. Merci l’entrainement physique des Ksatriyas doublés de ceux des Stalker qui l’avaient emmené dans la surface. Qui sait, probablement que les radiations lui ont donnés une mutation permettant de lui faire tenir mieux l’alcool sous couvert d’avoir un caractère de chien enragé cela dit, ou un humeur digne d’une Nosalis qui aurait une rage de dent. Sa bouteille fut arrachée des mains de la vile sorcière qu’était sa sœur.  

-Hey, on ne vole pas les affaires de son frère. Y’a que moi qui en a le droit.  

Andrei l’observait regarder l’étiquette de la bouteille. Lui-même se demandait ce qu’était cet alcool en question. L’étiquette était crasseuse et presque déchirée par endroits par le temps. Mais le liquide était de couleur ambré. Excluant donc la vodka. Possiblement une bière de marque inconnue ou du scotch. Du whisky. Qu’importe. Le nom n’avait plus d’importance. Seul le nectar en son sein comptait.

-On va appeler ça la Volkobière. Quiconque en boira aura une gueule comme la nôtre. Et on n'a pas une gueule de porte-bonheur. Enfin, je dis ça surtout pour toi. J’pense que les Nosalis préféreraient fuir que de voir ta gueule.

Le Stalker reprit la bouteille des mains d’Anna pour en boire un grand coup, avant de le redonner à la femme. S’essuyant la bouche. Déposant son arme sur ses cuisses, cran de sureté toujours activer.

-Tu sais, l’extérieur, ce n’est pas si mauvais, quand on oublie les Nosalis. L’air y est frais et... Je n’entends plus personne. Y’a que moi. Et le ciel est assez beau, si on oublie les Démons qui s’y promènent comme s’ils étaient les rois. Des rats volants, moi je dis  

Andrei vira ses yeux sur sa sœur de nouveau. Déposant une main sur l’épaule de celle-ci.

-C’est le paradis, quand on y pense... Y’a pas de Sombres ou d’autres connards qui m’interrogent, ou qui m’examine comme le ferait un rat de laboratoire. Au moins, je sais ce que les Nosalis veulent.

Libérant son épaule de sa main, Andrei chercha à tâtons dans son sac avant d’en sortir une poupée russe un peu sale et poussiéreuse. Édition limitée de Noël 2009. L'observant sous tout les angles avec attention. Autrefois, l'on aurait probablement comparés en une certaine créature aidant deux jeunes hommes de petite taille portant un anneau autour du cou pour le jeter dans des flammes.

-Moi... Moi aussi, je sais ce que je veux. La paix. Et je ne suis pas en paix, Anna. Pas en paix du tout. Rien ne m'y aide. Ni le thé, ni les médicaments que l'on me donnait parfois pour mieux dormir, ni rester éveiller.

Il se tint silencieux un instant, nettoyant du pouce une crasse sur la petite tete tout simplement adorable de la Matrioshka, avant de continuer.

-L'extérieur possède sa tranquillité qui lui est propre... Une tranquillité que j'aime bien, étrangement. Parce qu'il n'y a personne d'autre que moi en haut, de la ou je suis, la ou je fréquente. J'y suis seul. Je ne subis personne. Et je ne fais pas subir aux gens ma présence. Je ne fais ni de mal, ni ne subit le mal, d'une quelconque autre personne que moi. Parce que je suis un sacré connard, quand on y pense. Tu ne trouves pas ?
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le Mar 18 Sep - 14:59
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A la première réaction de son frère, Anna s’était contentée de lui rire au nez en esquivant sa première tentative pour lui subtiliser la bouteille des mains.

- Ya que toi qui peut voler tes propres affaires ? Railla-t-elle avant de se faire reprendre la bouteille.

Lorsque leur père avait disparu, Andrei s’était mis à fouiller régulièrement dans les affaires de la jeune femme. Il la surveillait, inquisiteur, et ne manquait jamais de la questionner sur ses propres occupations. Malheureusement Anna était entrée à un âge où la discipline ne s’appliquait plus et était très vite rentrée en opposition avec son aîné. Ils s’étaient volés dans les plumes plus d’une fois et c’était tantôt Irina, tantôt Alexandre qui s’interposait pour les séparer et calmer les tensions. Fort heureusement, si Anna était d’un tempérament impulsif, elle n’était guère rancunière. En opposition, son frère se voulait habituellement froid et tempéré mais d’un caractère particulièrement exécrable dès lors qu’on lui déplaisait. Alexandre, de son côté, avait dû apprendre à jongler avec les Volkovar ; fondre la glace sans attiser la flamme. Irina, quant à elle, prenait généralement la défense de la cadette Volkovar sans aucun égard pour la fierté de l'aîné.

Andrei avait fini par lui rendre la bouteille et elle en but une gorgée à son tour, non sans grimacer lorsqu’elle reposait la bouteille sur son giron. La Brahmane avait été tenté de répliquer à la boutade de son frère, rentrant dans leur habituel jeu mais s’était ravisé au dernier moment. Son frère s’ouvrit alors d’une manière inattendue. Le dos droit, les mains posées sur ses cuisses et la bouteille coincée entre celle-ci, elle inspira très lentement de peur de briser l’instant. Depuis son retour de V.A.R elle évoluait sur des charbons ardents lorsqu’il s’agissait de son frère. Le voir s’ouvrir ainsi, l’emplissait de frayeur et d’espoir. Anna ne pipait mot, abasourdie. Alors lorsqu’on son frère l’interrogea, elle déglutit péniblement et baissa les yeux vers la bouteille. La capuche de sa cape était retombée depuis longtemps déjà et s’enroulait en plis paresseux autour de ses épaules. Il lui semblait pourtant avoir senti un courant d’air glacé le long de sa nuque.

- Je crois plutôt que c’est notre environnement qui nous empêche d’être autre chose que des connards. On a beau vouloir agir pour le bien des autres, il faut aussi se battre pour notre survie et on doit se protéger, de soi, du monde extérieur et des autres aussi…

Elle avait prononcé sa tirade d’une traite et d’une voix faible, presque un murmure. Le regard baissé en direction de ses mains, elle sentait la présence de son frère contre elle. Ils n’avaient été aussi proches depuis si longtemps. Et elle ne s'était jamais sentie autant désemparée. La jeune femme craignait de briser l’instant au moindre faux pas.



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Aujourd'hui à 8:38

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-Exactement, y’a que moi qui peut me cambrioler. Moi et les supérieurs, mais c’est une autre paire de manche.

Le regard du Stalker était toujours en train d’observer sa Matrioshka comme si elle était un véritable diamant trouver dans une mine de charbon. Sans jamais en avoir parlé, il avait commencé cette collection en compagnie de Sevastianna. Ou tout du moins, il s’était senti moins timide de ressentir cette étrange fascination pour ces petites poupées en sa compagnie, et ne se devait plus de les cacher dans un trou sous son lit, caché par une tuile. Andrei écouta attentivement la réponse de sa sœur. Il mit un bon instant pour répondre, toujours sur ce ton qui lui était si étrange, et pourtant, si normal que c’en était presque comme s’il respirait. Nul ne pouvait se targuer de voir cette partie de sa personnalité aussi souvent que l’on ne voit pas de Nosalis dans les tunnels.

-Comment se protéger des autres, de soi, de la mort, de ce monde plongé dans la cendre radioactive et la poussière de ceux qui ont foulés ces terres et ces tunnels avant nous, Anna ? Comment se prémunir de tout ce qui fait de ce monde un monde ?

En cet instant, il aurait juré entendre des paroles du passé, venant d’un autre monde qui lui en était maintenant privé. Des paroles qui auraient été sortis de la bouche de Sevastianna. Aussi sage qu’empathique, aussi gentille que dure, aussi forte que faible, aussi franche que douce.

-Tu me connais bien, Anna. Quand quelque chose ne me plaît pas, je deviens le plus gros connard du coin. Quand il m’arrive un souci, je n’en parle jamais. Et quand on insiste trop... Tu sais bien ce qui arrive.

Il se tut un instant. Coup de poignard dans sa poitrine, douleur digne d’un feu grégeois.

-Peu importe ce que je fais... Je finis toujours par faire du mal. À moi ou aux autres. Que ce soient des gens ou des proches de Polis que des bandits ou des citoyens d’autres stations. Peu importe ce que je fais, il y aura toujours des dégâts en fonds.

Andrei baissa un instant son regard sur son Dragunov, son pouce parcourant le flanc de l’arme en douceur, canon pointé en l’autre direction que sur Anna.

-Je m’étais toujours dit que j’étais paré aux pires éventualités en tant que Stalker. Une mort en raison d’un cancer, dévoré vivant par un Démon, abattus par des bandits d’une station après m’être fait dépouiller... Mais je ne m’étais jamais dit qu’elle mourrait.

Parler d’elle lui était douloureux. La rage de vivre vint en lui. Non une envie de vivre, mais la rage du fait qu’il ne soit pas encore mort pour la rejoindre. Une partie de lui souhaitait la rejoindre. Mais l’autre savait que ce n’était que sa solitude qui parlait. Qu’il devait vivre.

-J’ai toujours été un connard par la suite. Te traiter ainsi... Tu ne le méritais pas. Aucunement.

Il n’eut pas de regret de traiter Alexandre ainsi, cependant. Qui était cet homme, meilleur ami ou non, que de lui dire de passer à la prochaine étape comme l’on le ferait en passant d’une station à une autre ?

Andrei reposa son arme au sol, et fouilla dans son sac, sans rien dire, écoutant sa sœur, avant de sortir un petit sac de toiles. Son regard croisa sa sœur et en sortit alors une sorte d’étuis fait de bois poussiéreux, assez large, et la déposa sur sa cuisse, dévoilant ensuite son contenu. Un assortiment de scalpels de l’Ancien Monde, qui conservait toujours leur tranchant, ainsi que diverses lames, une dizaine.

-J’ai cherché longtemps avant de pouvoir en trouver. D’abord, j’en ai trouvé dans un hôpital avant de remarquer dans un bloc-notes appartenant à un ancien employé qu’un chirurgien en avait fait l’acquisition pour en avoir chez lui peu avant les bombes. Probablement quelqu’un ayant travaillé pour la mafia pour pouvoir faire des opérations clandestines en fond ou tout simplement un médecin travaillant dans le privé. Il y avait d’autres fournitures médicales, mais je n’ai pas pu les atteindre. Un Démon m’avait considéré digne de devenir son casse-croûte et avait décider de foncer au travers du toit.

Andrei sortit ensuite autre chose du sac en toile et lui tendit alors un assortiment de petites bouteilles d’alcool. Facile de les dissimuler sur soi, qu’il glissa vers Anna, aux liquides encore intacte et aux bouchons encore non ouvertes, pour des petits coups vite et ne pas forcément avoir envie de se bourrer la gueule. Mais ensuite, Andrei tendit vers elle quelque chose d’autre.

-Je pensais que tu allais aimer...

Un masque de monstre délavé et tout gris, qui avait été autrefois celui d’un zombie. Assez inutile, donc. Andrei posa une main sur son épaule, la regardant dans les yeux, l'air tout aussi sérieux que s'il lui annonçait quelque chose de grave, solennelle.  

-Comme ça, tu ne feras pas subir au monde entier ta tronche de peste.
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