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le Ven 17 Aoû - 15:51


" Bientôt, j'irai au delà de ces trois stations, j'irai même me cramer la rétine là haut. Tant que je peux voir autre chose que ta sale gueule Yuri. "


FACTION :: V.A.R
PROFESSION :: Colporteur/Contrebandier
NOM :: Leskov
PRENOM :: Pavel
PATRONYME :: Dmitrievitch

DATE DE NAISSANCE :: 23 Mars 2018
ÂGE :: 27 ans
TAILLE :: 1 mètre 77

GENRE :: Homme
SEXUALITE :: Hétérosexuel


Descriptions

Profession & Faction


Enfant de stalker vivant à VDNKH. Il est devenu évident que le jeune garçon deviendrai un fervent défenseur de l'alliance V.A.R . Sa naissance survenue au hasard de copulation par son père a fait de lui un être inattendu, mais aimé d'un père et d'une mère protecteurs. Son chemin tout tracé, suivre les pas de son père. Devenir un de ces hommes gravissant les décombres. Surplombant de sa stature héroïque les ruines d'une ville dévastée. Explorant, rapportant des vivres et du matériel si précieux pour les terrés du métro. Un homme connu de tous, un héros. La disparition du père eut pour effet d'anéantir la mère. Toujours vivante, mais plus vide qu'une once d'oxygène en surface.

Père et mère étaient tous deux des combattants. Le père, Dmitri, était un stalker. La mère, Nastya était infirmière formée au combat. Leur amour s'arrêtait aux limites du bien être de leurs enfants, part en entière de leur famille, le fils était traité incroyablement bien, la venue de la fille fit éclore la douceur du cocon familiale. Quand le corps au visage déformé du père fut retrouvé par une mère effondrée, le monde qu'ils avaient battis s'échoua à jamais sur d'éternels regrets. La mère perdit la raison, le fils fit grandir à mal sa petite sœur, Anna, qui s’adonna à la rébellion et à l'inacceptation de l'autorité de son grand frère, malgré tout l'amour qu'elle lui portait.


Pavel Leskov, le jeune garçon. Fierté et chemin tout tracé, anéantis. Espoir de revoir son père, hurlant de liberté au sommet des décombres d'une ville reconquise par l'homme, oublié. Il passe désormais le plus clair de son temps à concocter de la poudre de champignons hallucinogènes que les gens fument en pipe, il revend cela avec Piotr, son ami, aux voyageurs et aux paumés des stations de l'alliance V.A.R, répandant sa drogue presque aussi bien que le thé aux champignons (non hallucinogènes) dans quasiment toute son l'alliance, cette drogue, ayant secrètement  pour devenir d'être aussi typique que le thé de VDNKH sera probablement bientôt accompagnée d'alcool " d'on ne sait quoi " si le duo excelle encore ainsi.


  La disparition d'un père aux petits soins chamboula le jeune adolescent. Déjà copain avec Piotr, le chimiste en devenir, les deux jeunes hommes s’adonnèrent ensemble à la défonce commune. Les champignons rêveurs n'étaient un secret pour personne, mais la culture de ces derniers étaient encore méconnue.  Ils commencèrent alors leurs trafic tout en bas, offrant leurs créations aux mendiants de la station. Le travail de colporteur vint apporter une nouvelle dimension à cette activité, offrant ce bien aux mendiants des autres stations de l'alliance. Les deux comparses écoutaient et appliquaient les avis de ces consommateurs. Bientôt Piotr travailla à la culture des champignons pour le thé de VDNKH, empruntant un peu de matériel pour sa culture personnelle. Yuri était le commerciale, quant il n'était pas derrière les barreaux, il alpaguait les gens au bar, Pavel s'occupait de les livrer, Piotr quand à lui améliorait continuellement la recette. C'est de cette manière que ce petit marché vit le jour.

Pavel aspire à davantage, mais se contente du peu qu'il sait faire.
Mais pour sûr que les derniers événement de sa vie l'auront changé à jamais.

Bien évidemment, Dmitrievitch se pli également à la demande de prise de garde toutes les quarante-huit heures, mais pour combien de temps encore fera t-il parti de cette vie ennuyeuse à VDNKH. Pour combien de temps encore les habitants le prendront pour un flemmard reposant sur les lauriers de son défunt père.

Physique


Un visage épargné par les cicatrices se fait néanmoins trahir par la courbe légèrement déviée de son arrête nasale. Un coup mal encaissé. Un regard triste comblé de deux iris verdâtres aux reflets légèrement bleuté.

Barbe drue et mal taillée complète ce visage fatigué, pas bien séduisant, pas bien moche non plus. Pavel fait partie de la norme des gens du métro. Ce n'est pas un guerrier ni un héros, ce n'est pas un golgoth sur-équipé de Polis ni même un mirage inventé des stations Rouges, comme les clichés laissent à penser. C'est le type normal, le passe partout d'une station calme.

Les courbes de son corps révèlent un poids supérieur à sa taille et pourtant, pas de musculature hors normes ni même d’embonpoint, un dos bien musclé, des trapèzes biens formés, mais c'est tout. Ses muscles sont peu visibles, mais denses dans l'ensemble.

Préférant un habillage sobre Pavel affectionne néanmoins son caban couleur sable, rapporté par son père lors d'une expédition à l'extérieur, trop grand à l'époque, presque encore aujourd'hui, le long manteau lui descend aujourd'hui jusqu'aux mollets. Pavel se sépare également rarement de son écharpe, s'en servant principalement pour se couvrir le nez, le gars est sensible à la poussière rappelons-le.

Mental


Électron libre. Pavel est un éternel indécis. Il n'a pas particulièrement d'objectif, il avance dans la survie en attendant que les occasions lui tombe sous la main. D'un naturel aventureux et curieux, son passe-temps est d'en apprendre davantage sur les autres stations, leur fonctionnement, ce qui y circule. Vivre dans cette station aux côtés de sa mère malade et de sa peste de petite sœur anime sa vie monotone et sans saveur.

C'est en fait un peu plus compliqué que cela.

Son rêve est de briser cette peur du danger, il veut aller au-delà des autres. Parcourir la surface de fond en comble. Explorer, grimper, toujours prendre plus de hauteur, s'assurer de trouver de l'air là où plus rien ne respire. Il déteste les Rouges, ne porte pas non plus la Hanse du bon côté de son cœur. Certains acheteurs de sa marchandise aiment à le prévenir que si sa came continue de s'étendre, certains lui tomberont dessus.

Aventureux et curieux, oui mais, toujours calme et réfléchit. L'analyse reste l'un de ses traits de caractère fondamentaux. Pourquoi se jeter dans la gueule du loup, pour l'honneur ? Non, Pavel préférera afficher la retraite pour mieux surprendre l'ennemi dans son échauffourée.

C'est également un jeune homme sympathique si la situation s'y prête. Empathique et salvateur, son "travail" de contrebandier de drogue et bientôt d'alcool va à l'encontre de son caractère.

Rancunier sans limite. La sympathie c'est bien, mais Pavel est un rancunier jusqu'à l'os. Un coup de travers, une messe basse désobligeante, une moquerie, tant que le geste ou la parole est injuste, il ira jusqu'à s'enterrer lui-même pour faire regretter à l'autre d'avoir dévier du rail.

Fidèle. C'est vrai, V.A.R est une petite alliance, pauvre et excentrée, à croire que cette alliance est vouée à disparaitre sous le poids de ses voisines, mais le trait de caractère qui prend le dessus est bel et bien la fidélité. C'est en fin de compte la seule chose qui l'anime. Il excelle peut-être dans les petits méfaits, la contrebande, mais son unique but est d'aider sa faction du mieux qu'il peut, offrant le peu d'envie qu'il lui reste à la collecte de balles et de denrées que transportent les voyageurs.

En clair c'est un jeune homme perdu. Calme et serviable, écraser les autres injustement n'est pas dans ses cordes. Il reste et restera à jamais fidèle à sa station malgré sa "fonction" parasitaire. Il rêve simplement à plus d'aventure et de couleur.


Compléments

Compétences


Pavel fait ses gardes à VDNKH. Il a donc reçu quelques formations de bases, positions de tirs, approches d'angle ou inspection d'une pièce, le tout taillé grossièrement, bien loin du niveau militaire des rangers de Polis. En 2033, durant l'assaut des sombres à VDNKH, alors que ce n'était qu'un adolescent, Pavel faisait partie de l'équipe qui soutenait l'équipe médicale, alors surmenée. Stopper une hémorragie par pansement compressif, ré-ouvrir les voix respiratoire, calmer la douleur, c'est de l'acquis, pour ce qui est de la médecine générale... Beubête ! Pavel est un vendeur de beubête. Il connait assez bien les diverses espèces de champignons du métro, mais ne travail pas pour autant à la fabrique de thé, trop rébarbatif et non gratifiant comme boulot.

Un autre point où Pavel se distingue assez bien c'est la cuisine. Hors norme pour un revendeur de dope et bientôt d'alcool, mais la popote c'est son truc. Quelque chose qui rentre à la fois dans ses compétences comme dans ses loisirs. Il passait souvent à l'élevage de porc pour récupérer ce serai-ce qu'un peu de moelle ou d'os à faire transpirer dans ses soupes.

Un autre talent, celui-ci plus inconnu et moins discernable, même pour lui, est la prise d'informations, le renseignement. Pavel est un homme discret, mais sympathique. Écouter une conversation et en déceler les non-dits, les secrets, est pour lui assez simple et il appréhende cela comme un jeux. Une sorte de commère des bistrots mal famés de certaines station.

En clair Pavel est un gars comme les autres, plutôt moyen en tout, son domaine de prédilection reste la contrebande, même si en secret, il rêve de devenir un Stalker émérite. C'est là son seul objectif, parcourir librement l'extérieur.

A son grand regret Pavel Leskov est doté d'une mutation, la Psychométrie. Grande punition de la nature pour sa vie, cette mutation apparait en crise incontrôlable. La mutation lui permet de voir le passé d'un objet, du moins c'est ce qu'il pense, préférant garder ce secret entre lui et sa sœur Anna.

Possessions


. VSS Vintorez. Arme appartenant à son père. Le fusil, monté d'un silencieux d'origine et d'une lunette bricolée, peine à fonctionner, son enrayement trahit l'absence de corps gras à l'intérieur, les pièces sont aussi fonctionnelles qu'un livre éducatif sur l'étagère d'un mutant. Il est rare de réussir à tirer plus de trois coups d'affilés sans que l'ensemble mobile ne se bloque.
. Un coupe choux. Rien à dire, pratique pour se tailler la barbe ou couper les champignons à la racine.
. Une lampe dynamo encombre son sac à dos. Elle est vieillotte, voir obsolète.
. Une brassée de chanvre fatiguée est accrochée à son sac à dos. Son père disait toujours que c'était d'une rareté exceptionnel, utile et solide c'est sans doute ce qui l'a de plus précieux sur lui.
. Un petit sachet de beubête. On ne sait jamais.. Il pourrait le revendre ou le consommer.
. Un petit calepin remplit de dessin et d'annotations. Coincé entre les pages se trouve également un crayon bricolé avec du charbon.

Antécédents médicaux


Psychométrie. La maladie est apparu assez récemment, la première crise remonte aux jours qui ont suivi la première attaque des sombres. elle lui permet de voir le passé d'un objet sans que cela soit contrôlable. Totalement aléatoire, la peur de toucher un objet inconnu fait désormais partie de sa vie. Les conséquences après un flash sont désagréables, selon la vision, nausée, migraine, saignement nasal et dans le pire des cas malaises, sont à prévenir. Pavel essai d'oublier qu'il est atteint de cette maladie, espérant qu'en l'effaçant de sa mémoire, ce mal disparaitrait de lui-même. Sa petite sœur parle de le contrôler, mais ces flashs... Les visions vécues sur VDNKH ne sont pas insoutenables, mais l'après vision peut parfois être assez violent. Pavel ne sait pas d'où provient ce soucis de santé... Peut-être les Sombres, peut-être son père complètement irradié qui, peut-être est-il né comme cela..

Il est arrivé à Pavel, plus jeune, de toucher le VSS de son père quant il rentrait de ses expéditions. Certaines visions étaient indescriptibles pour un enfant de son âge, préférant se fixer sur les paysages qu'il pouvait trouver dans ces visions. Peut-être que sa fascination pour le monde extérieur vient-elle de là.

Oublier, mettre cela de côté, dans une cage bien fermé, ne rien toucher hormis son propre matériel.

Un souffle parfois compliqué. La poussière du métro, l'oxygène saturé, tous ces points font que Pavel n'est pas bien endurants en terme de souffle. Privilégiant le sprint à l'endurance. Il lui arrive souvent d'avoir des crises d'éternuement dans les pièces cloisonnées. L'air pur de l'extérieur lui ferait sûrement du bien... Sans les particules toxiques évidemment.

Un nez légèrement décalé. Plus jeune Pavel aimait bien se battre. C'est en grandissant et en commençant sa contrebande qu'il prit goût aux petites bagarres entre bandes. Ces rixes lui auront valu un nez légèrement décalé. D'où peut-être sa difficulté à respirer convenablement.


Intérêts & Loisirs


La lecture. Oui Pavel aime assez lire, même si, le temps lui manque. Il n'a pas de choix particulier concernant le style, n'importe quel livre ferait l'affaire.

Comme dit dans ses compétences Pavel adore cuisiner. C'est compliqué de trouver de nouvelles saveurs dans le métro, mais se tourner les méninges pour trouver comment fumer de la viande ou relever un plat, c'est ce qui le fait siffloter dès le matin. Son prochain objectif, se procurer des épices, hors de prix, mais Pavel n'ose même pas imaginer l'odeur et les goûts que cela laisserait en suspens dans les tunnels du métro...

Les cartes postales, les vieilles photos qu'on trouve au marché, loisir assez classique pour certains rêveur du métro, mais satisfaisant. Certains marchands revendent à prix d'or des photos de monuments, d'animaux vivant avant la guerre, de photos de familles inconnues... Pavel en trimbale tout un carnet dans son sac.

Imaginer. Son passe temps, son loisir favori reste d'entre-voir le monde extérieur. Il s'imagine les couleurs que pouvaient avoir les arbres à différentes saisons. Il essai d'imaginer ce qu'était la mer, l'océan. Il rêve de mettre le pied dehors, sentir le vent le pousser dans des rues inexplorées. Il voudrait goûter à un air pur, non saturé des milliers de respiration des autres prisonniers du métro. Sentir l'oxygène lui rafraichir l'intérieur de son corps. Éternel rêveur.




Histoire




Partie 1 – VDNKH

Il faut se faufiler entre les tentes pour réussir à mener son chemin au travers de VDNKH. L'allure de cet homme laisse à penser qu'il est pressé. Ses mains, paumes ouvertes, effleurent chacune de ces toiles tendues au grès de son avancée.

Les lumières faiblardes de la station clignotent. Rares sont celles qui fonctionnent encore. Les enfants s'amusent à se courir après dans un chahut résonnant. L'odeur de renfermé assaille toutes les narines, mais c'est celle des champignons cultivés non loin qui reste maîtresse de ces lieux.

L'homme prit le couloir sur la droite. Ici plusieurs portes coulissantes se font face. L'espace de ce couloir est maigre, ridicule même, il faudrait presque marcher de biais pour s'y faufiler. Il s'arrête finalement devant une de ces portes aux rouages depuis longtemps tombés en poussière, il frappe deux coups avant d'ouvrir ce lourd panneau de fer.

La pièce est petite, chaque espace est comblé. Les rangements sont optimisés. Les étagères où quelques broutilles s'entassent sont légions, deux lits, installés à la perpendiculaire prennent les trois quarts de la pièce dans l'angle le plus profond de la chambrée et pour finir, une table bricolée de vielles planches en bois et ses deux chaises complètent l'espace restreint de la pièce. Une femme, la cinquantaine, est assise sur l'une de ces chaises. Ses cheveux sont grisonnants, sa mine est faiblarde et maladive. Elle remue son thé aux champignons, pensive, le regard accroché sur le porte manteau de la pièce. Une tenue d'extérieur et un masque panoramique y prenant la poussière.


" Salut Maman. " lâcha l'homme en s'installant sur la deuxième chaise. La femme ne daigne pas répondre, montrant simplement sa présence en clignant faiblement des yeux. Le garçon passe sa main dans sa barbe mal rasée, l'air hagard. Il soupire longuement avant de combler d'une caresse la main tremblante de sa mère. Pavel se relève quelques secondes après l'installation de ce silence pesant. Il s'arrête devant le porte manteau et passe sa main sur la visière du masque pour le dépoussiérer. Son regard coule ensuite vers le fusil suspendu par la sangle. Le chargeur à ressort du VSS est vide, grippé. L'homme quitte ensuite le calme de la chambrée pour retourner au chahut et à la moiteur de la station.


 La vie à VDNKH était des plus ennuyeuse. Pavel s'était néanmoins dégoté un boulot de colporteur. Un travail qui lui permettait de mettre le nez dans d'autres stations que celle où il avait toujours vécu. Un travail qui facilitait également la revente de son produit. Entre temps Pavel s'accoutumait à vivre dans sa cage familiale aux côtés de sa mère silencieuse et de sa petite sœur avec laquelle il partageait un lit en commun. En dehors des gardes et des trajets pour son travail de colporteur, Pavel passait le plus clair de son temps à " La maison ". C'était un accès de service à l'extérieur de la station, un peu plus en profondeur dans le tunnel secondaire qui menait à Alex. La pièce, bien que petite, était remplie de cagettes, d'un alambic toussotant ses vapeurs expérimentales, d'une table re-bricolée avec ses tabourets au bois noircis par les années et de Pavel, sereinement assit sur un de ces tabourets branlants, lisant et relisant les mêmes livres à longueur de soirées.

En dehors des tâches refourguées par la station on pouvait y retrouver Pavel et son ami d'enfance, Piotr. Piotr et Pavel se sont connus à leur plus jeune âge. A l'époque, encore aujourd'hui même, Piotr était la victime des moqueries de pas mal d'autres enfants de la station. A juste titre sans doute, étant enfant, Piotr adorait lécher à peu près tout ce qui ne devait pas l'être. Cailloux, chapeaux de champignons pas très connus. Il était passé de nombreuses fois à l'infirmerie pour ses étranges expériences. Pavel et Piotr s'étaient liés d'amitié au moment où Pavel avait prit la défense du lécheur en série. Pavel n'avait pas remporté la bagarre, mais Piotr apprécia tout de même le geste. Encore aujourd'hui Piotr est vu comme un drôle de personnage. Grand, la silhouette élancée, le regard toujours un peu fou, mais il vit paisiblement sa vie de " cuisinier ". Il passe ses journées à travailler à la confection de thé, le soir venu, il passe ses soirées à améliorer la recette des champignons magiques.


La beubête. Cette variété de champignons, immangeable puisque trop dégueulasse, faisait des merveilles une fois séchée et réduite en miette. Les consommateurs la mettaient dans toutes sortes de contenants, pipes, bocaux, certains en faisaient même des encens, le tout était d'en inhaler la combustion. Bien évidemment le commerce de cette merde était interdite, du moins non répertoriée. Mais les trois affreux, Pavel, Yuri et Piotr, s'étaient penchés sur sa fabrication et la revente de ces morceaux de paradis. Respirer ce brulot rêveur vous faisait voyager, ça vous mettait la tête en l'air, ça vous ouvrait des portes encore inconnues. Des milliers de couleurs. Celle du ciel, celle des arbres. Celle des gens d'autrefois.

Puis ça vous faisait tousser.


Il y avait aussi Yuri et Yakov. Yuri était le mauvais gars. Le genre qui connait bien la cellule de détention de la station. Pavel a rencontré Yuri durant l'adolescence. Tous deux faisaient partie de l'équipe de soutien aux blessés lors des attaques de mutants en 2033. Yuri n'a pas supporté de voir ses deux parents les yeux à jamais refermés sur eux-mêmes. C'est donc tout naturellement que Yuri a penché la balance du mauvais côté. Petits larcins, vols à l'étalage, Yuri enchaînait donc les journées de détentions et les corvées de la station. Son travail ? Élevage des porcs, quand il ne passait pas ses journées derrière les barreaux. Au fur et à mesure, Yuri sympathisa avec Yakov, un garde à temps plein de VDNKH.

Yakov était le plus âgés de ses trois autres compagnons. Pas entièrement impliqué dans la fabrication de beubête, il connaissait néanmoins l'activité peu recommandable de la bande. Yakov est une pièce rapportée du groupe, il connaissait Yuri à force de le voir tourner en rond dans sa cage, il avait appris à connaître Pavel au cours de diverses missions d'accompagnement. Yakov était un gars arrangeant, ne connaissant que trop bien les difficultés de cette jeunesse abattue et terrifiée.


Yuri et Yakov s'étaient donc liés d'amitié. Ils passaient le plus clair de leur temps au bar de la station. Cette fois-ci Yuri avait dégoté un travail à faire sous la table. Une draisine de marchandise devait rejoindre Alekseïevskaya, un type leur avait confié qu'un tunnel désaffecté était infesté d'un nid de mutant. Un sacré paquet de munition à la clef avait finit de convaincre les deux copains. Partageant l'infos au reste de la bande, tous conclurent sur une présence indissociable. Pavel était le colporteur, faisant diplomatie de la livraison de thé, Piotr était chargé d'acheminer les cagettes jusqu'à la station à livrer. Yakov était le garde en titre pour assurer la sécurité durant le trajet. Yuri quant à lui fut accusé, une nouvelle fois, d'avoir voler un voyageur un peu trop endormi sur la table du bar et fut chargé d'actionner le levier manuel de la draisine, corvée arrangée au préalable à la demande du garde en chef de la draisine, Yakov.




À pas de loups dans la station Pavel voyageait entre les tentes. Quasiment tout le monde dormait à cette heure-ci, les ronflements et les quintes de toux grassouillettes rythmaient ces nuits calmes dans la station. Sans un bruit il se glissa dans la cabine familiale. Sa petite sœur n'était pas là et sa mère dormait à poings fermés, étendue sur son lit. Il l'observa pendants de longues secondes, l'air indécis, puis, sans un bruit, délesta le porte manteau de ses fardeaux, la tenue, le masque panoramique et la VSS poussiéreuse.



  L'énorme porte en métal bloquant l'entrée de la station au reste du métro était entrouverte. Appuyée dans l'embrasure de cette porte à roulement se trouvait un soldat de VDNKH, jonglant avec une balle crasseuse.

" On va promener  Dmitrievitch ? "

Ce dernier s'en approcha et le salua d'une poignée de main amicale en laissant glisser une cartouche scintillante dans le creux de la main du garde.

" Comment va ta mère ?
- De pire en pire.. Je suis en train de la perdre je crois.
- Ces mutants nous ont tous détruits. Garde la pêche l'ami... Tu dira à Piotr de se calmer un peu sur ses concoctions. L'odeur commence à se répandre dans le tunnel principal.
- Pigé Olenko.
- Super l'ami, prends soin d'toi, j'préviendrai Yakov et Yuri que t'es parti rejoindre le taré à la maison. "

Partie 2 - Mésentente, cocktails et couleurs.

L'écho d'un pas calme et assuré résonne dans ces tunnels abandonnés. La silhouette se fond dans l'obscurité. Tendre l'oreille nous permettrait d'entendre la respiration de cet homme vêtu d'un long caban couleur crème et d'un sac à dos peu chargé. L'homme bifurque presque à l'angle droit sur les rails du métro, empruntant un accès de service. Ici la luminosité s'est fait éradiquer par la noirceur d'une nuit sans réveil. La flammèche d'un briquet bricolé dessine partiellement le visage barbu du colporteur. Connaitre cet endroit ne signifie pas de ne pas être constamment sur ses gardes. Il connait chaque recoin, chaque toile d'araignée. L'odeur âpre des alambics lui brûle le nez, il prend l'accès sur la gauche, refermant derrière son empreinte la noirceur de cet étroit couloir.

La pièce est richement éclairée par une lampe à huile posée sur l'étagère centrale. Tout autour de cette pièce sont éparpillés divers matériaux sur des plans de travail bancales, des pots et des cagettes débordant de champignons principalement. L'odeur résidant dans cette pièce va jusqu'à brûler la trachée du nouvel arrivant.

" Bordel Piotr, suffoqua Pavel en faisant barrage de son avant bras devant son nez, fais quelque chose pour ces vapeurs, ça ferait tourner la tête de n'importe qui à trois stations à la ronde. "

Le concerné se retourna à peine vers Pavel coincé à l'entrée. Il referma sa cocotte à l'eau frétillante et retira le masque à peinture qui était écrasé contre son visage, faisant alors face à son ami venu le rejoindre.

" Mhh... ah ouais, tant qu'ça ? "

Pavel s'avança dans la pièce pour jeter son sac sur la table centrale et poser son cul sur cette dernière. Le bois fragile craqua comme à son habitude, mais le meuble tenait encore bon la charge. Le jeune garçon croisa les bras, renifla un bon coup pour faire remonter toute substance visqueuse que ces vapeurs d'alcool avaient fait dégager. Piotr faisait maintenant face à Pavel, les bras également croisés. Piotr était un drôle d'asticot. Un peu " fou-fou " comme les gens disent, mais pas méchant pour une balle. Son boulot était simple, créer. Bricoleur et amoureux de la " nature " il s'est très vite passionné pour les champignons.

" Pour l'odeur faudrait qu'on réfléchisse à un autre procédé. J'le reconnais, ça daube et ça brûle les nasaux. " Piotr décroisa les bras, claquant ses cuisses de ses mains noircies par les cendres. Il se retourna finalement vers son plan de travail, le regard posé sur son alambic toussotant. " Si on pouvait se dégoter rien qu'un sachet d'épices, ça permettrait de tuer l'odeur brûlante du champignon distillé. Faudrait voir avec l'odeur des épices après..
- Tu sais combien coûte rien qu'un demi sachet ?!
- Soit on fait d'la qualité, soit on fait d'la merde qui rebute même les rats géants ! " reprit-il en se retournant vers son ami désarçonné. Pas b'soin d'en mettre la quantité, juste une demi-pincée et là... mhhh.. odeur enivrante, enfin !
- Ouais bref, on verra ça plus tard. T'as fais ce qu'on t'as demandé ?
- Ouais, bien sûr que je l'ai fais, j'ai pas arrêté même. Il sortit une bouteille en verre de son plan de travail, bricolée d'une sorte de fil rigidifié et entourée de vieux bandages. Ça mon ami, ça va tout cramer ! Tu vois, tu craques le fil imbibé, ça brûle jusque l'ouverture percée de la bouteille, tout le liquide prend feu, la différence de pression fait péter la bouteille, répandant le combustible partout. Légère détonation, mais le liquide est extrêmement liquoreux, suffisamment pour cramer en profondeur n'importe quel steak mutant ! Alors, imagine s'ils sont tous regroupés, comme l'histoire de Yuri nous laisse l'imaginer. "
- C'est stable ?
- Stable ? Piotr s'esclaffa. Oui c'est stable, mais vaut mieux éviter de le faire tomber dans les escaliers si tu vois ce que je veux dire *rire forcé*. On part sur deux pour Yuri, un pour toi et un pour moi. Vu la surface que ça couvre et la durée que ça crame on devrai pas être trop mal ! J'en ai donné deux pour Yuri parcequ'il est p'tit. On n'sait jamais, un bras trop court, un mauvais rebond...

- Bordel de.. Putain d'merde, mais c'est quoi cette eau d'vie qui sent le champi' qui bave ?! Vous v'nez ? La draisine est prête. Rah.. Chier.. Ouvre une fenêtre Piotr, fais quelque chose, on craquerait une allumettes que l'air prendrait instantanément feu là dedans. "

Le pire dans tout cela, c'est que l'alchimiste semblait vraiment chercher cette foutue fenêtre qu'il n'avait encore jamais vu.


Au-delà d'Alekseïevskaya


Le trajet s'était déroulé sans embûche notable. La draisine s'était arrêtée à Alekseïevskaya et le groupe était parti retrouver les deux inconnus au bar déserté de la station. Les présentations faites et le contrat expliqué un peu plus en détail, le groupe de six s'avança au-delà de la station avec la bénédiction des gardes en postes à ce moment-là.

Embranchement sinueux, tunnel désert. L'écho des bottes ferrées rebondissait sans difficulté sur les courbes du tunnel. Les deux inconnus, de leurs diminutifs, Kolya et Vlad, ouvraient la marche.

" C'est pas qu'la station subit des attaques répétées, ce sont plutôt les voyageurs et les explorateurs qui ont découvert ce nid. J'pense pas qu'linfo soit remontée bien haut dans l'échelle hiérarchique voyez-vous. La hanse s'en tape un peu faut l'avouer quand même, si ça ne tourne pas autour d'leur nombril, c'est foutu. Alors, on s'est fait une collecte quoi.. "

Pavel écoutait attentivement les dires de Kolya. C'est vrai, la situation pouvait sembler critique depuis l'apparition de la brèche, mais cette histoire de nid et de silence hiérarchique pouvait bien-être montée pour les moins crédules. Après tout ils verraient bien sûr place, le paiement en valait quand même bien la chandelle.

Cette odeur presque agréable d'humidité légère embarquait le groupe dans son tunnel. Pavel connaissait ces histoires de tuyaux qui chantent, d'ombres qui vous attrapent et vous attirent dans l'autre monde, des cauchemars éveillés que font les voyageurs sur certaines portions de tunnels annexes. Histoires, comptes, ou récits véridiques. Peu importe, plus grand-chose ne peut être réellement étonnant dans ce nouveau monde.

Sur les nerfs. Pavel s'assurait à chaque tournant du tunnel qu'une balle était bien engagée dans la chambre de son VSS. Il portait son fusil à hauteur de poitrine, faisait jouer le levier d'armement sur l'arrière, dévoilant la présence rassurante de cette balle crasseuse dans la chambre, il relâchait ensuite le levier dans un claquement métallique et rabaissait aussitôt son arme. Une heure de vagabondage dans ce tunnel de service, cela commençait à faire drôlement long, d'autant que le silence pesant que les deux contracteurs installaient, faisait émerger en Pavel une méfiance sans limite, quelques regards jetés à Yakov suffisait à trouver cette même inquiétude. Yuri quant à lui marchait au-devant des autres, accompagnant Kolya et Vlad, après tout c'était lui qui s'était acoquiné avec ces deux là et qui avait décroché le boulot pour le groupe.

" On est pas loin. Faut aller jusqu'à la station abandonnée, là-bas y'a un escalator effondré et à côté un accès de secours avec un escalier menant à la surface. Les chiens fous passent généralement par l'escalator, un petit espace leur suffit pour faire la jonction entre l'extérieur et le métro. Le nid se trouve dans le trou de l'escalator, dans la machinerie. A cette heure-ci une grosse partie devrait y faire la sieste.. "

La station était bel et bien abandonnée. Une toute petite station, les escalators donneraient directement sur l'extérieur s'il n'y avait pas eu cet éboulement, la lumière du petit matin perçait l'obscurité du métro par les interstices des gravats. L'air y était acceptable, bien que légèrement suffoquant, par précaution le groupe avait capelé leur masque à gaz. Kolya et Vlad étaient restés sur les rails, intimant aux mercenaires de VDNKH de se tenir silencieux et précis dans leur gestuelle. Pavel et Yuri furent les premiers à grimper la marche du quai.

Résonance mécanique d'un levier d'armement emmenant une balle de 7.62 dans la chambre mortelle.

L'air se brasse d'une tension palpable et Pavel, dos au groupe, se retourne machinalement vers ses collègues restés sur le rail. Surpris de voir Yakov et Piotr les mains en l'air, la kalash de Kolya braquée sur ses deux comparses, Yuri porte aussitôt ses doigts au holster de sa hanche.

Claquement meurtrier d'une détonation. Sifflement assourdissant, les têtes tournent et la vue s'affaiblit l'espace de quelques instants. L'air au travers du masque devient lourd, la buée s'étale sur les visières de chacun. Hurlement de douleur, l'impact de 7.62 n'a laissé aucune chance à ces chairs non protégées, trou sanguinolent dans la cuisse, Yuri est effondré au sol, contenant ses hurlements au travers de son masque, étouffant.

Le rire nerveux de Yakov accompagnait les gémissements retenus du blessé.

" On y est enfin... Fils de pute. " soupire t-il.
- T'en veux une aussi ? Lâcha la voix transformée de Kolya au travers de son masque. " Quels naïfs vous faites. L'autre là, étalé par terre, a la langue trop pendue si vous voulez mon avis. Pas d'nid ici. Juste une station abandonnée. Alors, c'est vous les champignoneurs magiciens ? On veut des pousses, on va se partager le marché, voir le prendre entièrement si vous êtes d'accord.

- Ces champignons ne poussent que chez nous. Ailleurs ça ne tient pas, question de sol, au-dessus c'est le jardin botanique et les années ont fait que les couches inférieures sont bien plus accueillantes pour la vie.
- Ferme ta gueule le retardé. A ces mots Piotr baissa la tête, tripatouillant ses mains, l'air profondément vexé.
- Vous êtes désordonnés, vous n'avez pas l'air de bandits expérimentés.
- Station libre. Vous autres de l'alliance V.A.R pensez que vous êtes les plus mal lotis, les plus pauvres. *Ricanement* Peu importe si une station non comprise dans une alliance crève ou non, tout l'monde s'en tape. Alors, on fait squ'on peut comme on peut, ça comprend attirer des rêveurs comme vous. Vous, vous vivez, nous, nous survivons.
- De toute façon on a pas de champignons sur nous. "

Kolya montra Yuri du bout de sa kalash. " Lui oui, avant de repartir on lui a demandé si on pouvait voir quelques spécimens de ces champis. Il a pas hésité une seule seconde, quel causeur.

Pavel, les mains en l'air, posa son regard sur Yuri. Ce dernier commençait à avoir de plus en plus de mal à retenir l'expression de sa douleur. Pavel n'avait pas l'air contrarié de ce qu'avait fait son ami, il n'avait pas non plus l'air très étonné.

Hurlement sauvage. La ville semblait se réveiller, la douleur également. Si les deux n'étaient pas du coin, pour sûr qu'ils ne connaissaient pas l'endroit. Pas de nid ? Pas certains que ces deux-là aient fait le tour du propriétaire avant d'embarquer leurs victimes ici. Les craquements se devinaient aisément, quelque chose s'aventurait quelque part dans le coin. Les gémissements de Yuri passèrent rapidement aux râlements, cris étouffés, prenant peu à peu conscience que sa situation était salement critique.

La stature de Kolya s'anima d'une tension visible, inquiet des bruits environnants. Ses mains se crispèrent sur la queue de détente de son arme, crosse enfoncée dans son épaule, il prit en joue Pavel.

" Les champignons, bouge toi ! Les autres on veut vos sacs, Vlad récupère. "

Ils avaient été stratèges, Pavel décida qu'il fallait jouer la carte de l'effet de surprise. Il se pencha par-dessus le blessé à la demande du braqueur, farfouillant hâtivement dans ses poches. Pendant qu'il dépouillait son pote son regard se perdait à l'orée des escalators, observant, boule au ventre, les quelques ombres dansantes et horrifiques se dessiner petit à petit. Une carte à jouer ? Non, les monstres sont attirés par le sang. Au même instant Piotr sortit une bouteille de sa manche et la plaqua dans la main tendue de Vlad.

" C'est quoi cette merde ?
- On fait pas que d'la dope trou du'c, on s’essaie aussi à l'alcool ! "A ces mots Piotr se jeta sur Yakov, l'entraînant en arrière, chutant durement contre les rails, un craquement inquiétant retentit, le bourdonnement qui suivit trahissait la fuite d'un masque venant de se briser sous la solidité des rails.

" NOSALIS ! "

Dégénérescence. En l'espace de quelques secondes la situation était hors de contrôle. Kolya aligna ses organes de visée dans l'axe du premier mutant s'approchant de l'action, mais l'explosion de la bouteille le fit tituber de surprise, à quelques mètres de lui, Vlad, transformé en véritable torche humaine s'agitait au milieu de la voie dans un hurlement horrifique. Le plastique de son masque se mélangeait à sa peau, il ne fallut pas longtemps pour qu'on ne distingue plus le corps de l'homme tant les flammes étaient épaisses et insatiables. Piotr suffoquait, Yakov s'était immédiatement redressé, avait épaulé sa kalash et tirait à tout bout de champ dans la direction des escalators.Une deuxième explosion vint rythmé cette scène infernale. Les flammes chatouillaient presque le haut du tunnel, les flaques de ce liquide visqueux se répandant rapidement. Pavel et Yuri n'étaient plus sur le quai, à la place dansait un geyser de feu infini, barrage brûlant semant le doute chez les mutants enragés. Kolya lui aussi avait disparu, ne restait plus que Vlad, poussant ses derniers cris d'agonies, se roulant avec toute l'énergie du désespoir sur le sol, déjà emprunt de cette eau de vie mortelle. Yakov, trainant Piotr sur les rails, se renfonçait dans le tunnel précédemment emprunté. Tirant le jeune garçon étourdit, son masque brisé, vers un air un peu moins irritant.


 L'un claudiquait, l'autre ouvrait la marche. En contrebas résonnait quelques tirs parsemés d'injures. Ils reconnurent tous deux la voix de Yakov qui s'éloignait, criant de nombreux jurons, puis laissa place à un crépitement incendiaire, le calme, plus ou moins. Yuri s'effondra contre le mur de cette cage d'escaliers bétonnés et claustro-phobique. Pavel porta son regard un peu plus haut, cela avait l'air calme, plus calme qu'en bas en tout cas. Pavel se dirigea vers son ami blessé. Son masque fuyait tristement, le vrombissement de l'air non filtré semblait s'infiltrer de toute part, la buée parquée sur la visière n'arrangeant rien à cette situation déjà trop stressante.

" Retiens ta respiration l'ami j'vais regarder ça " dit-il en se penchant au-dessus de lui. Il dévissa rapidement le filtre de son ami, le posa au sol et mit sa main en barrage devant le groin du masque.

" Vas-y, p'tite inspiration "

Yuri s'exécuta, mais la douleur l'accompagnant fit que l'inspiration fut plus grande qu'attendue. Enlever le filtre et obstruer le groin permettait de vérifier l'étanchéité d'un masque et donc, par la même occasion, l'état physique d'une cartouche à filtre, hors là, même en barrant la seule entrée d'air, le masque trahissait une perte d'étanchéité.

 Effondrement métallique et bruit de course effrénée dans cette cage d'escalier. Kolya les avait suivis et semblait avoir essayé de bloquer la porte d'entrée avec la grosse étagère. C'est en tombant nez à nez avec ses deux victimes qu'il leva les mains en l'air. Kolya était blessé à l'épaule, elle ne lui servirait donc plus pour s'en prendre à eux. Dans son regard se lisait la peur à l'état pur, la panique, la douleur. Canon du VSS braqué sur lui, Kolya supplia.

" Réfléchis bien... Les mutants, pas d'pour-parler avec eux... "

Faire un choix. Un comble pour un indécis finit. Pavel réajusta le guidon et la mire de son arme, entrevoyant le visage flouté de cet homme emprunt de regrets au travers de ses organes de visées. Peut-être avait-il une famille, peut-être n'avait-il pas le choix. Famine et nécessité l'avaient peut-être conduit jusqu'ici.

Pavel pressa la détente. Le cliquetis et le raquement du levier d'armement résonnèrent, Kolya se crispa. L'arme se tut. Enrayée. Kolya bascula rapidement sa main valide à son holster, comprenant qu'il serait quand-bien même victime de ses choix passés. Pavel enjamba le corps de son ami et se rua toute rage dehors sur un Kolya non préparé, les deux hommes dégringolèrent quelques marches dans un fracas de casseroles. Dans la lutte le but était de maintenir l'état valide de son masque. Pavel l'avait bien compris, récupérer le masque de ce type sauverai peut-être la vie de son ami condamné à respirer cet air toxique. Kolya se débâtait avec toute l'énergie que ses pensées l'invectivaient à avoir, mais il sentit rapidement l'oxygène brûlant se faufiler dans sa trachée, Pavel s'acharnant à arracher le dit masque, quand cela fut fait, il écarta le précieux objet derrière lui, loin des débattements sauvages de cette lute. Pas de suspens, pas d'attente. Le visage bleuâtre, suffoquant, encaissa rapidement quelques coups de crosse. Kolya semblait déjà basculer dans le monde du sommeil, mais Pavel libéra toute la colère enfouie en lui, frappant toujours plus fort, laissant ses yeux s'injecter de sang, râlant de fatigue, les articulations de ses épaules misent à rude épreuve, il frappait encore et encore, s'acharnant sur ce crâne fendu, répandant toute matière encore chaude sur l'asphalte froid. Il ne s'arrêta que quand cet amas de chair sanguinolent n'opposait plus aucune résistance.

A bout de souffle, les nerfs à vifs. Le jeune garçon se redressa de sa position barbaresque et contempla quelques instants le résultat de son déchainement incontrôlé. Le silence de son ami le rappela finalement à la raison, décrochant son regard presque artistique de ce cadavre distordu. Il se saisit du masque mit de côté et grimpa les marches qu'il avait dégringolé durant la chute. Yuri n'était plus là, ne restait de lui qu'une vague traînée de sang.

" Yuri ! " sa voix résonnait dans la cage d'escalier. Demeurant sans réponse. " YURI ! " Pavel gravissait les marches avec anxiété, nerveux, encore tremblant de sa lutte, son pas était lourd, son souffle encore sec. D'en haut, de l'autre côté de la porte de service défoncée, à l'extérieur, on pouvait entendre les pas déraisonnais du jeune homme qui perça finalement l'étroitesse de ces tunnels pour venir perdre son regard blafard sur l'immensité de l'extérieur.


 L'éclat d'un orage lointain et le souffle léger du vent ponctuent ce long silence. Pavel est désemparé devant l'immensité du monde qui s'offre à lui, bien qu'à moitié aveuglé par les rayons du soleil. Le spectacle est merveilleux. D'énormes tours de bétons chatouillent le ciel, la nature sauvage colore ce paysage cristallin. L'air est bien moins dur à filtrer à l'extérieur et cela se ressent et ça se remarque même sur le filtre, l'indicateur changeant assez rapidement de couleur. Aspirer moins d'air vicié facilite la filtration d'oxygène, mais par conséquent, la durée du dit filtre s'en trouve impactée.

 Son regard alors émerveillé coule légèrement sur la gauche, le corps de Yuri git ici, avachi contre le rebord de l'escalator. Le corps de son comparse vit ses derniers instants, parsemé de quelques soubresauts, il abandonne finalement cette carcasse au buste déchiqueté dans un dernier soupir. Quand le survivant s'approche lentement de son ami, l'analyse est vite faite, un de ces monstres l'a traîné jusque ici, lui dévorant les entrailles encore chaudes et pleines de vie. Pavel laissa tomber le masque récupéré et épaula son VSS. Il fit à nouveau jouer le levier d'armement, forçant de toute sa peine sur l'arrière. Le fusil aurait bien besoin d'un démontage et d'un huilage en bonne et due forme.


 La pierre vacilla, dégringolant en un bruit distinctif du reste silencieux de l'extérieur. Le jeune garçon leva le nez, pressa le pas en arrière et laissa la pierre s'écraser devant lui. Son regard plongea dans celui d'un de ces mutants, chiens fous, Nosalis, peu-importe leurs noms, leur stature était aussi abominable que l'on veut bien l'imaginer. L'animal se jette sur le corps sans vie de sa victime dans un fracas morbide, écrasant la chaire et les os de tout son poids, faisant face à un Pavel tremblotant, sa nouvelle proie.

Ces nosalis ont ce drôle de comportement. D'abord l'air calmes, sereins, ils se dressent sur leurs pattes arrières et hument l'air en décrivant de grandes rotations avec leur tête. Une fois dressés, ils dépassent en général la grande majorité de n'importe quel homme. Leurs pattes sont énormes, leurs griffes impressionnantes, Entre-voir la gueule de ces choses devient alors cauchemardesque.

L'animal retombe ensuite sur ses quatre pattes, battant l'air de son souffle fort, bruyant et affamé. Grogner ne servirait à rien. L'un envers l'autre aucun n'a quelque chose à cacher. Pas d'avertissement. L'animal était là pour se nourrir. Pavel se pressa, il creusa davantage son épaule, empoigna fermement le maigre garde main, il aligna guidon et mire, sa cible devint floue.

Respiration profonde. La bête pressent les gestes aventureux de cet homme dans la force de l'âge, le monstre presse le pas, puis ralentit, tout en ne lâchant pas le bipède des yeux. Le Nosalis tourne autour de sa proie avant de tenter son ouverture, un retard apparent dans la gestuelle de l'homme.

Cible floue.. Gueule béante et pas chassé, signe annonciateur que la bête s'apprête à charger. L'impulsion de ses pattes arrières donnent l'avantage au mutant, mais Pavel, inquiet de l'état de son arme presse généreusement la détente.

Le coup part, le couloir d'extraction s'ouvre merveilleusement bien, la douille s'envole dans un amas impressionnant de fumée, la différence de température se faisant, le gaz éjecté émettait un nuage non négligeable de fumée opaque. Le claquement de l'ensemble mobile emprunt le jeune homme de joie intérieur tandis que les douilles ne cessent de s'envoler, les impacts de balles venaient faire exploser la chaire du nosalis, contraint de couper court à son assaut et de se reculer.

La rafale de quatre coups fut brève cependant le mutant n'avait pas l'air trop mal en point. Pavel s'assura à nouveau de la présence d'une balle dans le couloir en faisant claquer le levier d'armement et réajusta sa position de tir. Les jambes fluides, toujours sur ses appuis, les apprentissages rustiques des gardes de VDNKH portaient finalement bien leurs fruits, ça et les conseils savamment avalés de son défunt père. La bête tourna les talons, il y avait déjà suffisamment à manger avec l'autre cadavre pour se risquer avec celui-là. Pavel ne tarda pas, toujours face à l'animal déchiquetant les chaires de ce qui restait de Yuri, il s'enfonça dans une petite ruelle adjacente, cramant la dernière bouteille bricolée au sol, espérant que le barrage brûlant suffirait à éloigner une possible horde mise à ses trousses.



  La beauté sans pareil d'une ville en décombres. La neige radioactive parcheminait ce ciel matinal. Pavel n'avait encore jamais vu le ciel, du moins, pas dans ses souvenirs et le résultat était éblouissant, véritablement. Le sens d'orientation du survivant était mit à l'épreuve, bien que s'étant terré dans le métro toute sa vie, il connaissait les rudiments du lever et du coucher de soleil. Seulement, la ville n'était pas si ouverte qu'il l'espérait. Du haut d'une tour effondrée, un démon observait le balai qui se jouait sous ses yeux. Prudent et surtout imposant, le mutant était d'humeur observatrice. On apercevait donc cette silhouette à la tenue crasseuse et poussiéreuse se faufiler çà et là dans les ruelles. Un battement d'aile, un nouvel angle. Le garçon fait preuve de lenteur, ne sachant pas trancher entre la panique et la joie d'être à l'extérieur. Il s'arrête, réfléchit, puis reprend ardemment son chemin en longeant les murs, serrant de toute sa crainte son arme, finalement bien plus affective qu'il ne voulait se l'avouer. Une envolée. La silhouette trace la neige encore fraîche, il observe chaque ouverture de bâtiments délabrés et s'enfonce un peu plus dans ce qui ressemble à un cul de sac. Parfait pour l'animal aux ailes déjà déployées qui pique finalement sur sa proie maintenant prisonnière.

Un coup d'oeil brumeux vers le ciel, un nettoyage de la visière du dos de la main, Pavel aperçut cette masse colossale aux ailes tout droit sortis des enfers qui l'avait suivi jusqu'ici. Il s'était guidé jusque cette entrée du métro, trois escalators, derrière lui, l'emmèneraient à nouveau dans les confins du métro. Aucune hésitation, il se jeta dans les escalators, dégringolant à vive allure, se pliant, dépliant, écrasant et malmenant tous les os de son corps. L'énorme bête aillée se confronta à l'entrée restreinte, son hurlement accompagnait les coups de poings donnés au lourd panneau blindé de Rijskaya.

Les gonds hurlèrent, le verrou se désenclencha, un grincement tonitruant émergea alors des gorges profondes du métro. Le démon s'était envolé, mais les problèmes ne faisaient que commencer. Au fur et à mesure que l'énorme porte s'entre-ouvrit Pavel réalisa qu'il venait de perdre un ami. L'excitation de l'extérieur serait à jamais souillée par l'image en charpie qu'était devenu Yuri. Un soupir, peut-être même une larme et Pavel se redressa tant bien que mal, l'important désormais était de retrouver ses deux autres comparses, s'ils avaient survécu à quoi que ce soit d'autres dans ces tunnels, mais il fallait surtout faire profil bas désormais.

_____
Récap'

 Maux de tête : Étourdissement, tête qui tambourine et vue fatiguée. C'est la première fois que tu vois le soleil ? ça se voit, et encore t'as de la chance que ce n'était que le lever.
 Hématomes : Tu pensais que rouler dans les vieux escalators t'éviterai de crever ? C'est pas faux, par contre t'as gagner quelques jolis ecchymoses sur les épaules et les jambes. Pour sûr qu'on va te prendre pour un vieux pendant quelques jours..
 Choc : Ouaip, pour un rat du métro t'as plutôt chié dans ton froc. Normal. Tu sera irritable, méfiant voir quelque peu désobligeant. Le temps de réaliser ce qu'il c'est passé.



A propos de vous

Age : 24 ans.
Avez-vous lu le règlement ? Oui.
Système de jeu choisi : Roulette russe
Surnom : Comment on vous appelle sur la toile ou vos proches ? Diesel.
Passion, loisirs : le VTT, la photographie, les chiens et bien évidemment les jeux vidéos  geekrolle  EDIT : Je préfère prévenir, mais je le referai surement dans mon carnet de bord, à cause de mon boulot il est possible que je sois absent pour des durées parfois indéterminées et parfois (rarement) imprévues. Cela reste rare et je m'engage à terminer mes Rp en cours si je suis au courant d'un départ !
Comment avez vous découvert le forum ?  Étant un fanatique des univers post-apocalyptiques et encore plus de l'univers Metro, j'ai longtemps chercher un forum sur cette dernière thématique. Donc merci google.
Des suggestions ? Quelque chose à dire ? Un dernier mot ? Non  pirat

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Date d'inscription : 27/03/2017
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Chef de l'Alliance V.A.R
le Sam 25 Aoû - 21:54
Chef de l'Alliance V.A.R

Passeport
Age :: 54 ans
Patronyme :: Asimovitch
Surnom :: Jora
Salut à toi Pasha !

Comme je te l'ai dit en mp, il y a des choses à modifier si tu veux que ta fiche soit validée. En voici la liste :

- Concernant le père de Pavel, il n'est nulle-part fait mention dans le contexte de courageux partis combattre en 2033 au jardin botanique, mais soit.
- La drogue de Pavel ne peut pas être aussi répandue dans le métro que le thé de VAR. Ce n’est pas un baron de la drogue (l’utilisation de psychotropes est sévèrement punie dans la plupart des stations du Métro, donc il aurait fallu qu’il ne se fasse pas attraper, surtout par Gueorguï qui sait tout ce qui se passe au sein de l’Alliance), et il n’a pas les infrastructures nécessaires pour produire en grande quantité, contrairement à VAR qui fait son thé. Donc, pas de « secrètement aussi typique que le thé de VDNKh » qui tienne, c’est un petit dealer qui fait sa tambouille dans son coin, même si sa drogue est efficace et appréciée. Dis-toi que si ça se sait de trop, les bandits de différentes stations vont s’y intéresser et t’assassiner dans ton sommeil parce que tu leur fais de l’ombre. Le plus curieux c’est que tu en fais même un pan de ton histoire, mais à mon sens tu as peut-être vu un peu trop gros concernant tes moyens. Fais-en un objectif de ton personnage sinon, un peu comme Walter White, on sera ravis de te faire des défis perso sur le sujet :)
- « un golgoth de Polis ni un amélioré des stations rouges » ? A quoi fais-tu référence ?
- Le patronyme c’est Dmitrievitch, « Dima » c’est le diminutif de Dmitri ! Et pour les filles de la famille ce sera Leskova. Donc pas de "Dimanovitch", ça n'existe pas :)
- Pour le boulot, les gardes toutes les 48h c’est bien, mais c’est pas suffisant. Tous ceux capables de tenir une arme à VAR prennent leurs gardes, et ils font autre chose à côté : fabrique de thé, colporteurs, infirmiers, agriculteurs, mécaniciens, marchands, tenanciers, etc. Vu le profil, il faudrait peut-être qu’il soit colporteur s’il veut vendre sa drogue aux autres stations, on ne traverse pas les autres stations et alliances sans raison.
- Pour la mutation, c’est intéressant, mais dis-toi que les visions pourront peut-être s’avérer fausses ou difficilement interprétables selon l’humeur du Destin !
- Concernant l’histoire, les prénoms des différents protagonistes sont assez fantaisistes (Lenko, Dikstra). A moins que ce ne soient des surnoms, il va falloir en changer. De plus, l’histoire raconte davantage un épisode assez court de la vie de Pavel sans développer sur l’ensemble de son histoire. A la limite, ce n’est pas trop gênant étant donné que des points sur l’histoire de Pavel sont donnés tout au long de la fiche, mais je le souligne tout de même.
- Dans l'ensemble, je le répète à titre préventif, méfie-toi des jeux et des livres. Fie-toi au contexte du forum, qui est volontairement adapté.

Sinon, pour les points positifs, l'écriture est vraiment agréable à lire (malgré les coquilles, mais ça arrive à tout le monde !), et le personnage est intéressant. Je serai ravi de te valider une fois que tu auras modifié toutes ces petites choses :)
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Date d'inscription : 07/08/2018
Messages : 2
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le Lun 27 Aoû - 13:10
Comme je t'ai dis par MP je ne pourrai pas faire ce que je souhaite, le temps va me manquer avec la reprise, néanmoins :

- J'ai changé le statu du père. Pas de charge héroïque, son corps fut retrouvé comme les autres gardes, le visage déformé et emprunt d'une peur pétrifiée.
- Je me suis fais mal comprendre pour la contrebande de Pavel, mais j'ai cependant essayer de faire comprendre que le trafic de la beubête se limitait à l'alliance V.A.R et que sa consommation était en essor dans cette dernière.
- J'ai essayé d'arranger la phrase, pas de grande importance de toute façon, si elle dérange encore je la dégage de la fiche hero
- J'ai corrigé le patronyme, une relecture supplémentaire sera à faire pour m'assurer qu'aucune trace de mon erreur ne survit encore !
- Pour la mutation, pas de soucis, je l'ai prise surtout pour handicaper mon personnage et ramener de l'intrigue dans son histoire à venir.
- Pour les prénoms ça a été changés :

Lenko = Piotr

Yuri = Yuri
Pavel = Pavel
Dikstra = Yakov
Anna/Anya = la petite sœur
Nastya = La mère

Me reste quelques relectures pour m'assurer des bonnes corrections et de trouver ces coquilles, je préviendrais par MP quand je penserai avoir terminé !
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