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le Sam 11 Aoû - 23:12
Médecin

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Age :: 29 ans
Patronyme :: Viktorovna
Surnom :: Katya
De l'avis général, Ekaterina avait été au sommet de son potentiel d'irritabilité ces trois derniers jours. Mais toujours de l'avis général, cela n'avait rien d'étonnant, et personne n'avait vraiment ni la force ni le courage de lui faire remarquer tout cela. Tout le monde s'accordait à dire que le fait de s'être remise au travail aussi rapidement dans son état lui offrait le passe droit de se complaire dans sa mauvaise humeur habituelle. Et il était bon de voir des choses immuables dans cette station.

Car bien trop de personnes n'y déambulaient plus, creusant un vide cuisant pour les occupants de la VAR.

Tous avaient conscience d'être passés de justesse à côté de leur fin à tous, et seul un heureux concours de circonstances leur avait valu la vie sauve. Si l'attaque des mercenaires, désespérés sous le flot soudain de mutants chassés par les inondations avait été source de chaos et de mort, leur alliance leur avait été finalement salutaire. Une fois la brèche comblée à la surface, les coursives où ils circulaient avaient été détruites, leurs nids avec. Ceux restant avaient été anéantis. Il avait ensuite fallu lentement se relever de l'impensable désordre qui en avait résulté. Compter les morts, soigner les blessés. Ekaterina avait été mortifiée de faire partie du compte, mais incapable de marcher seule, affaiblie par une hémorragie bien moins minime qu'elle avait voulu le faire d'abord croire, elle avait été forcée au repos alors que les quelques personnes disposant d'une formation en médecin militaire avaient pris le relai. La jeune femme avait été étonnement calme et indulgente avec le soldat qui s'était occupée d'elle et de recoudre sa plaie, ne critiquant pas la main parfois hésitante sous son regard glacé. Plus vite elle serait traitée, plus vite elle reprendrait son travail. Dès le second jour, clopinant à l'aide d'une canne, elle avait mis la main à la pâte, restant assise le plus souvent possible, contrôlant au mieux l'irritation engendrée par la douleur et la fatigue.

C'était le troisième jour. Ceux qui avaient pu être sauvés l'avaient été, quelques cas graves restaient en observation. C'était ce jour là, que rendue intenable de ne pas savoir ce qui s'était exactement passé en surface, qu'elle avait tempêté jusqu'à ce qu'on lui promette de lui ramener Jora coûte que coûte, sans quoi elle avait juré d'aller le chercher elle-même. Elle avait qu'il avait du traiter avec les mercenaires les ayant attaqués. Le dénommé Sergoya avait tenté de la rencontrer également, mais la jeune femme avait réitéré son souhait de le voir aller, pour la citer, "bien se faire enculer" de nouveau.

Assise à son bureau, la tête appuyée dans ses mains, elle prenait son mal en patience. La douleur lancinant sa cuisse également. Son état ne lui permettait pas d'avoir recours aux thérapeutiques habituelles, elle se contentait donc d'encaisser comme elle le pouvait. L'avantage était que, comme saturée par le flot d'émotions et de sensations qu'elle avait du encaisser ces derniers temps, son empathie semblait s'être mise en sourdine, comme court-circuitée.

La porte claqua, et Katya se redressa, pivotant sur son siège pour faire face au nouveau venu pour le saluer.

- Jora.
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Chef de l'Alliance V.A.R
le Mar 21 Aoû - 16:55
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Age :: 54 ans
Patronyme :: Asimovitch
Surnom :: Jora
- Gueorguï Asimovitch ? fit une voix derrière la porte du bureau du vétéran.

L'ancien stalker ouvrit les yeux qu'il venait à peine de fermer. Ou du moins c'était ce qu'il lui semblait. Cela faisait trois jours qu'il n'avait pas dormi convenablement, occupé qu'il était à gérer le bordel qui avait eu lieu durant son absence. Et il n'était même pas parti une journée entière...

- Oui ? maugréa-t-il en guise de réponse.
- C'est la Hanse, répondit la voix de derrière la porte, ils sont d'accord pour rouvrir la frontière et lever le blocus, ils vont nous envoyer des vivres et de l'aide pour tout déblayer.
- Il leur en a fallut du temps... grogna l'ancien stalker dans sa barbe.
- Par contre, ils demandent une cargaison de thé en échange...
- Pardon ?
- Ils demandent...
- Bordel mais restez pas derrière la porte ! Rentrez dans mon foutu bureau à la fin !

Un homme en uniforme rentra dans le bureau, tout penaud, tenant un dossier entre ses mains comme pour se protéger d'une éventuelle colère divine de la part du vétéran. Gueorguï grommela des paroles incompréhensibles en observant le secrétaire craindre pour sa vie, et déclara sans pour autant adoucir le ton :

- Tvoyu mat', ils sont gonflés à la Hanse, c'est à croire qu'ils ont balancé cette grippe volontairement. Répétez-moi ce qu'ils vous ont dit exactement, et arrêtez de vous planquer bon sang.
- Ils prévoient d'envoyer de l'aide pour déblayer et soigner les blessés, mais ils demandent une cargaison de thé en échange... "Echange de bons procédés" il m'a dit...

Gueorguï sentait la colère s'insinuer en lui. Il détestait décidément ces types de la Hanse, même s'ils étaient bien pratiques. Et sa foutue douleur dans le flanc qui ne passait pas. Il avait beau abuser d'un thé un peu spécial qui le calmait d'ordinaire, mais cette fois, il n'arrivait pas à trouver le repos. Le vétéran manquait décidément de sommeil, et leur voisin encombrant n'arrangeait en rien la situation.

- Accorde-leur, finit par céder Gueorguï, fatigué, et vois avec Danyl Yaroslavitch pour la cargaison.
- Bien, Gueorguï Asimovitch.
- Ce sera tout ?
- Et bien... Le docteur Ekaterina Viktorovna a encore insisté pour vous voir... Elle dit qu'elle viendra vous chercher elle-même s'il le faut...

L'ancien stalker réprima un juron. Il n'avait pas le temps de s'occuper de ses soucis de santé, et la petite Katya était le cadet de ses soucis. Ce qui s'était passé à la surface devait rester à la surface, et ce n'était pas à lui d'expliquer ce qui était arrivé au pauvre Lyocha. Et ce qu'elle entendait sur l'activité de l'alliance depuis trois jours suffisait amplement. Ils auraient bien assez de temps pour raconter leur vie quand il n'y aurait plus de boulot à VAR - c'est à dire, jamais - et même si Ekaterina Viktorovna était un membre essentiel de la communauté, il rechignait à partager tous les détails de ses histoires. Le vieux stalker faisait de la politique et de la stratégie depuis trop longtemps pour savoir qu'il n'était pas toujours bon de tout dire... Mais d'un autre côté, s'il ne voulait pas boiter toute sa vie, il était peut-être bon de consulter.

D'un geste, il congédia le secrétaire, et rangea les documents sous ses yeux. Il était temps d'aller voir la petite Katya.

***


Se rendre dans le bureau du toubib n'avait pas été chose aisée, cependant Gueorguï n'avait pas bronché, même avec sa démarche claudicante - mais fière. Refusant catégoriquement de se déplacer avec une canne, ou pire des béquilles, il avait pris son temps pour venir. Quelle idée pour un médecin de faire se déplacer un blessé... Mais dans le fond, savait-elle déjà qu'il était blessé ? Et dans tous les cas, il aurait refusé que Katya vienne elle-même, toute amochée qu'elle était.

Une fois devant la porte de son bureau, Gueorguï ne prit pas la peine de toquer et entra sans prévenir.

- Jora, salua-t-elle.

Comme beaucoup d'entre ceux qui l'avaient connu alors qu'ils étaient gamins, elle continuait à l'appeler par son diminutif. Il n'y prenait pas garde, habitué qu'il était désormais, car cela ne l'empêchait pas de remettre à leur place les gens qui prenaient trop de libertés avec lui.

- Katyusha, marmonna-t-il, qu'est-ce que tu me veux qui soit si urgent ?

De la part de l'ancien stalker, sa phrase d'introduction était ce qui ressemblait le plus à de l'affection.
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le Mar 21 Aoû - 22:52
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Age :: 29 ans
Patronyme :: Viktorovna
Surnom :: Katya
Elle avait beau le connaitre depuis sa plus tendre enfance, même une fois adulte, il lui faisait toujours l'effet d'un géant. Il la surplombait de toute sa haute stature, nullement vouté par l'âge. Jora était également le seul, en dehors de son père, à pouvoir l'appeler Katyusha sans se faire envoyer paitre en beauté. L'espace d'un court instant, Katya souhaita retourner à l'époque où elle écoutait, encore innocente, les histoires du vétéran au coin du feu. Et où elle était persuadée qu'elles n'étaient rien de plus que des histoires. Elle savait maintenant qu'il avait maintes fois enjolivé les fait, édulcoré la réalité pour la rendre audible à de jeunes oreilles.

Sans hésiter, Gueorguï rentra dans le vif du sujet, ne cachant pas son impatience, et avec un soupir, Katya le fait assoir et fit rouler son tabouret vers lui en s'aidant de sa jambe valide.

- La moitié de la station retient son souffle à la moindre de tes grimaces, Jora, et l'autre moitié se demande si tu as pris le temps de dormir depuis ton retour.

Elle avait entrepris de mettre à nu son torse, nullement gênée, comme toujours lorsqu'elle exerçait ses fonctions de médecin. Son chef ne voulait pas admettre qu'il était blessé et refusait de se rendre ici ? Très bien. Toute la station s'inquiétait de son état ? Hors de question. Il en bavait, elle l'avait compris rien qu'en entendant sa démarche inégale lorsqu'il était entré dans son royaume.

Katya n'avait pas sa langue dans sa poche, mais ses mains étaient aussi douces que sa langue était acérée. Elle palpait sans insister dès qu'elle avait repéré ce qu'elle voulait savoir, et grimaça devant l'hématome recouvrant le flanc du vétéran. Vissant le stéthoscope dans ses oreilles, elle écouta sa respiration pendant de longues secondes, avant de pousser un nouveau soupir, plus de soulagement cette fois ci.

- Au moins, il n'y a pas de lésions pulmonaires. Mais je suis à peu près sûre que cette côte ci
-elle la désigna du doigt- est cassée. Les autres ont probablement pris une claque, mais rien de grave. Mais ça te fait un mal de chien, non ?

Il suffisait de voir les ombres noires bordant les yeux de Jora, similaires à celles qui creusaient le regard de Katya dans son visage si pâle.

- Je suis désolée de t'avoir fait déplacer.


Tâchant de clopiner le moins possible -fierté oblige- elle alla se saisir d'une boite en métal dont elle dévissa le couvercle pour en étaler généreusement l'onguent qu'elle contenait sur l'hématome marbrant le flanc de son patient, avant de lui fourrer la dite boite dans les mains.

- Tiens. Et tiens. Avec ça, la douleur se calmera, tu devrais dormir. Toi au moins tu peux prendre ce genre d'antalgiques, ne te prives pas. Reviens me voir quand tu n'en auras plus, mais un sachet toutes les six heures au max.

En plus de la boite en métal, elle avait ajouté dans sa grande main quelques sachets contenant un antalgique. Le flore du métro pouvait s'avérer d'une grande efficacité dans ce genre de situation.

Le silence repris sa place entre eux quelques instants alors que Katya cherchait ses mots. Elle ne savait pas vraiment comment aborder le sujet avec son chef, à peu près certaine qu'il allait l'envoyer bouler. Après tout, on était pas sensé se mêler de ce qui se passait à la surface quand soi même on ne s'y rendait pas. Mais elle n'avait pas grand-chose à perdre à essayer.

- Jora… Je n'ai pas l'intention de te harceler concernant ce qui s'est passé là haut. Tu as déjà assez à faire avec le merdier qu'est cette putain de station. Je ne suis pas stupide, Wladislaw n'est pas revenu, et Lyocha est aux abonnés absents…

Elle ne voulait pas savoir comment le vétéran de la Hanse avait perdu la vie, les ombres dans les regards des survivants avait suffi à démontrer que cela avait été atroce. Et elle connaissait mieux que personne l'état psychologique d'Aleksey. Elle-même avait eu son lot de morts et d'horreurs dans l'opération, et elle venait à douter d'avoir un jour un nuit paisible à nouveau.

- Mais… J'ai besoin de savoir… Est-ce que tu penses qu'il va… revenir?


Elle ne savait pas très bien comment formuler sa question, et crispa inconsciemment ses mains sur son ventre. Elle savait que Jora n'allait probablement pas lui répondre aussi facilement que cela et qu'il allait la forcer à cracher le morceau, mais elle ne savait tout simplement pas comment s'y prendre… avec tout ça.
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Hier à 9:47
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Le vétéran avait répondu à toutes les questions par ce qui ressemblait vaguement à des grognements. Il n'était pas d'humeur à s'épancher sur ce qui n'allait pas chez lui, car la station avait d'autres problèmes bien plus pressants. Mais il se laissa faire sans broncher lorsque Katya l'examina, conscient que résister n'arrangerait en rien les choses.

Il hocha tout de même silencieusement la tête lorsque le médecin s'excusa. Il ne lui en tenait pas rigueur. Le vieux stalker avait connu bien pire. C'était du moins ce qu'il se disait pour se rassurer quant à son état de fatigue qu'il refusait d'afficher publiquement. Jusqu'à quand tiendrait-il avant de craquer ? Son corps, meurtri par les années, ne cessait de le porter malgré les épreuves, mais qu'en était-il de son esprit ? Cette mission à la surface avait prélevé un lourd tribut sur tout le monde, il ne pouvait se le cacher.

Il prit ce que Katya lui donna sans un mot et la remercia silencieusement d'un signe de tête. Il tâcherait de s'appliquer à suivre ses conseils, pour peu qu'il en trouve le temps...

Puis le silence s'installa. Il sentit que la jeune femme cherchait à demander quelque chose, et il se doutait parfaitement de la question qui allait suivre. Mais il lui laissa le temps de formuler sa requête, la brusquer ne ferait pas accélérer les choses. Et naturellement, la question finit par tomber. Maladroite, hésitante, inachevée. Alexeï allait-il "revenir" ?

On ne revient jamais vraiment de la surface.

Elle ne lui disait pas tout. Gueorguï n'était pas stupide, il voyait bien que Katya s'inquiétait pour autre chose que son simple retour physique. Son jeune protégé était devenu certainement bien plus important qu'une simple présence charnelle, et quelque chose de différent animait les angoisses de la jeune femme. Mais il ne pouvait pas tout lui dire, car ce qui concernait le jeune homme le concernait lui seul, tout comme les batailles qu'il avait à mener avec lui-même ne pouvaient se mener avec d'autres compagnons que lui-même.

- Je ne peux pas parler à la place d'Alekseï, répondit-il alors, mais je peux m'assurer qu'il soit en sécurité tant qu'il est chez nous.

Il ne voulait pas parler de ce qui s'était passé là-haut. Car même pour lui, cette histoire avait été particulièrement éprouvante. Voir un camarade mourir aussi violemment n'était jamais chose aisée, surtout lorsqu'il s'agissait d'un des derniers vrais vétérans du Métro. Il posa alors sa main lourde mais rassurante sur le bras de Katya, et acheva, d'une voix calme dénuée de condescendance :

- Je m'occupe personnellement de cette histoire, laisse-moi gérer ce qui a trait avec la surface, et concentre-toi sur les besoins de cette station. A chacun sa mission.

L'ancien Stalker attrapa alors ses vêtements, qu'il enfila sans un mot de plus. Il ne pouvait rester bien longtemps, mais il était prêt à écouter Katya si elle avait autre chose à lui dire.
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Hier à 21:03
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Les mots du dirigeants résonnèrent un instant dans la pièce avant qu'il ne se rhabille. Le silence s'installa entre les deux interlocuteurs, trahissant leurs inquiétudes et leurs problèmes. L'un désirait tout remettre en ordre et repoussait le moment où il pourrait pleurer ses frères d'armes, tombés durant ces événements. L'autre, sombrait lentement dans la peur à mesure que la vie grandissait dans son ventre. Allait-elle l'élever seule, dans cet endroit ? Après tout ce qu'elle venait de vivre, il était normal de remettre en question la sécurité pour vivre ici. Surtout pour un enfant.

Avant que le chef ne s'éloigne ou que la jeune femme ne puisse reprendre la parole, la lumière dans la pièce, tressaillit. Le temps d'un instant, ils furent plongés dans l'obscurité. Quand l'éclairage revint, les bruits à l'extérieur avaient cessé. Un autre silence s'était installé, bien plus pesant et intrigant. Le vétéran et la toubib sentirent un frisson, une sueur froide perler lentement dans leurs dos respectifs.

Le vieux néon clignota de nouveau avant de s'éteindre comme vaincu par toutes ces années de loyaux services. Des pas résonnèrent dans la pièce, quelqu'un marchait non loin de Georguï et d'Ekaterina. Mais à quel moment quelqu'un aurait-il réussi à s'introduire ici en douce ? Le crissement d'une chaise qu'on traîne sur le sol, les fit sursauter. Et ils purent entendre la mystérieuse personne s'y affaler, poussant un soupir. Son timbre de voix laissait supposer qu'il s'agissait d'une femme, mais sans parvenir à la distinguer, rien n'était sûr. Afin de ne pas laisser planer plus longtemps les doutes, elle se décida à prendre la parole:
La vie n'est pas simple. Certains se sacrifient pour que d'autres vivent... Certains vont même jusqu'à se surmener pour améliorer les choses. Comme vous deux.

La voix de la vieille, car cela s'entendait parfaitement, marqua une pause. Désireuse que ses mots soient bien entendus et surtout assimilés. Une chiche lueur orange apparut d'un briquet, laissant voir les traits d'un visage marqué par les années. Un nez crochu, un chicot visible quand la sorcière mit sa pipe en bouche. Ses yeux gris plein de cataracte se posèrent sur les deux individus, à tour de rôle. Baba Yaga tira longuement une bouffée de tabac, l'odeur se répandit dans la pièce. La fumée piquait un peu les yeux et sentait le champignon mélangé au nectar de chaussettes sales. Soufflant alors vers le plafond, elle reprit tranquillement la parole. Vous remarquez alors que jusque là, vous étiez comme tétanisés, incapable de bouger ou de parler. De la magie ou alors une drogue qu'elle libérait dans l'air avec sa pipe.
Ne t'en fais pas. La fumée n'est pas si toxique que ça pour un bébé, lâcha-t-elle comme si elle se doutait des craintes de Katya. Je suis justement ici pour parler de ça, mon enfant. Parler de ta progéniture... As tu bien réfléchis à ce qui attend ce bébé dans cet environnement ? À ce qu'il risque dans ce monde ?
Si Ekaterina souhaitait apprendre à son ami pour sa grossesse, nul doute qu'elle n'avait pas imaginé que cela se passerait ainsi. La sorcière tira une autre bouffée de tabac qu'elle expulsa par ses énormes narines. Son visage s'était fendu d'un sourire qui n'inspirait rien de rassurant. Elle porta alors son attention sur l'homme.
Et toi, mon cher Georguï. Cela fait bien des années que tu es ici. Tu commences à les sentir sur tes épaules ? J'imagine que la fatigue et ce stresse sont mauvais pour ton cœur.

À ses mots, le vétéran ressentit comme un pincement douloureux dans la poitrine. En un instant, il vacilla pour s'écrouler, emportant des affaires avec lui dans un grand vacarme. La sorcière s'était redressée de son assise pour observer la scène. Elle lança un regard pétillant de malice et de fourberie à la docteur.
Que dirais-tu qu'on discutes toi et moi ? Je pense, qu'on a chacune ce que l'autre voudrait. Alors... Ais-je toute ton attention ?
La torpeur que vous ressentiez semble s'être partiellement dissipée...








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