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Date d'inscription : 30/06/2018
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Double-compte : Airat Ivanov - Ustynia Kabakova
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le Ven 27 Juil - 14:53

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Age :: 40 ans
Patronyme :: Yvanovitch
Surnom :: Petya
« - Encore ! Encore ! Youhou ! »

Piotr esquissa un sourire épuisé qui creusa les rides naissantes de son visage. Il releva sa main couverte d'un chiffon, où un visage avait vaguement était dessiné au charbon de bois. Lentement, ses doigts s'agitèrent, devenant un personnage à part entière, une entité faîte pour amuser sa fille. Il prenait une voix plus grave, plus ronde et plus expressive que la sienne. Une élocution plus adaptée à un enfant que le ton lasse et froid qui était généralement le sien.

« - Mais je suis fatigué ! Je dois dormir ! Sinon tu ne me reverras plus ! »


Croassa la marionnette en venant picorer les joues d'Inna. La petite fille rentra la tête dans les épaules, un immense sourire sur le visage et le corps secoué de rire. La marionnette, devenu indépendante de Piotr s'acharnait sur la fourrure artificielle de la capuche d'Inna, tirant dessus de sa mâchoire édentée. Hurlant des « Laisses-moi dormir », « je vais dormir ici ! »  Qui faisaient repartir la petite dans un nouveau fou rire dès qu'elle semblait se calmer.
Le sourire de sa fille était la chose la plus précieuse du métro. Plus précieuse que son matériel, plus précieuse que sa situation qui n'avait rien à envier, plus précieuse que sa vie sûrement. Il savait que certains le pensaient fou. Et que le spectacle d'un père jouant avec sa fille, sans mère aux alentours en confortait plus d'un dans cette théorie. Mais les Zinoviev n'étaient pas connus à la Hanse pour leur santé mentale.
Et la population de Prospect Mira savait que s'il était là, Sergueï et Isaac pouvaient apparaître à chacun seconde.

« - Roh ! Puisque c'est ça, je vais dormir dans le sac ! »

La marionnette fit la moue quelques secondes avant de plonger tête la première dans la grande sacoche de toile, se glissant entre un jeu d'osselet et un entrelace de fils de fer.

« - Ho non !
-Aller Inna, va plutôt jouer avec les autres enfants...
-Mais y'a pas d'enfant ici !
-Bien sûr que si. Tu n'veux juste pas aller les voir... S'il te plaît, fais un effort.. »


Insista Piotr en fermant les yeux, un soupire fatigué entre les lèvres. Inna aurait un jour une des têtes les plus dures du métro à ce rythme. Elle ne s'appelle pas Volkonskia pour rien, telle mère telle fille... Ou peut-être qu'elle tient ça de son père. Le médecin retient un frisson de colère en pensant à cet homme dont il ne connaissait strictement rien. Ni le nom ni le visage, et dont l’existence restait à ses yeux chimérique. Mais pourtant il avait réussi à changer sa vie, et celles d'encore beaucoup de monde. Pas en mieux.
L'homme ressentit une démangeaison de colère passer entre eux, et leur faire froncer les sourcils presque synchroniquement, avant qu'Inna ne tourne les talons. La petite fille partit en direction du quai, couverte et protégée par le regard inquiet de son père.

Tsss... Encore quatre heures...


Piotr lança un regard à l'horloge presque luisante de Propekt Mira, suivant un instant le mouvement de la trotteuse trop lente à son goût. Sergueï et Isaac étaient partis il y avait cinq heures pour assurer une transaction entre Prospect Mira et Novoslobodskaya, et lui les attendait depuis tous ce temps. Il n'avait eu quasiment aucun cas pour s'occuper, juste la blessure en cour d'infection d'un armurier. Mais pas de quoi l'occuper plus d'une heure.
L'homme se releva de la caisse où il était assis depuis presque une heure, jouant au marionnettiste sous la menace d'une crise de larmes. Son dos lui envoyait une douleur lancinante, l'impression de câbles dans ses muscles voulant lui faire retrouver la position qu'il avait tenu une heure.Assit et bien plus recourbé que ce qu'il interdisait à Inna. Il soupira, s'apprêtant à rejoindre Inna sur le quai...



Isaac souleva le corps sanglant de Sergueï avec deux autres hommes, repoussant du coude les trop curieux, tentant de traverser le cercle s'étant formé autour d'eux.




Piotr releva d'un mouvement de bras le pan de la tante qui lui servait d'hôpital ambulant avant de courir vers le quai, retirant son manteau dans sa course, repoussant tout ce qui l'empêchait d'avancer. Il les rejoint au moment où ils commençaient l’ascension de l'escalier menant à la salle principale. Isaac était en tête du cortège, les traits déformés par l’effort et la douleur que lui infligeait sa jambe. Mais malgré tout, il ne lâchait pas leur sœur, la soutenant comme il pouvait, évitant ses côtes.

« - Qu'est ce qu'elle a ? »

Le roux sursauta. La tension dans ses épaules diminua légèrement alors qu'il reconnaissait la voix de son aîné. Il lança un léger sourire à Piotr en le voyant passé à ses côtés et ordonner aux deux hommes soutenant sa sœur de reculer.

« - Un mutant l'a choppé et écrasé contre le tunnel. Inna t'a prévenu ?
-Oui. Sa tête est touchée ?
- Non, elle a eu le temps de se protéger.
-Ok, on l’amène à la tente. »

Le médecin empoigna les cuisses de Sergueï en maudissant son treillis qui tentait de lui échapper, et fit signe à Isaac de continuer de monter. Il aurait pu prendre sa place, et lui épargner la douleur de sa jambe. Mais Sergueï était leur famille, leur lien et ce qui les obligeait à tenir debout. Et ni l'un ni l'autre n'auraient laissé leur place pour la sauver, douleur et handicap ou non.
Leur progression s’accéléra quand ils arrivèrent dans la salle. Ici, les gens étaient au courant de sa présence. Ils savaient que des blessés pouvaient être amenés en catastrophe. Et se pousser devant leur cortège familial était un réflexe. Piotr se recroquevilla pour passer sous la toile de la tente, lâchant momentanément les jambes de sa sœur.

« - Passe-la moi, j'vais m'en occuper.
-M...
-J'ai besoin de place pour l’examiner Isaac... »


Dit-il en tendant les bras vers son frère, un sourire douloureux sur les lèvres. Il savait que laisser Sergueï coûté au roux, mais il savait aussi qu'il avait besoin de calme. Surtout quand il s'occupait d'un patient qui le haïssait viscéralement. Il passa ses bras autour des épaules de sa sœur, sentant un instant Isaac résister, avant qu'il abdique, lâchant précautionneusement Sergueï. Piotr la ramena contre lui, retenant sa tête contre son épaule d'une main, la soutenant d'un bras autour de la taille. Il la sentait légèrement remuer contre lui, son revenant peu à peu de l'immobilité.

« - Ça va aller Seryoga, respire lentement. »



"Inna adore la roulette russe..."
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Garde du corps - Lycaon
le Sam 11 Aoû - 13:32
Garde du corps - Lycaon

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Age :: 27 ans
Patronyme :: Yvanova
Surnom :: Seryoga
Côtes à coeur

Lorsque les paupières de Sergueï s’entrouvrirent, elle peina à recouvrer la vue. Éblouis par une lumière immaculée. La tatouée reprenait ses esprits, et peu à peu les sensations de son corps s’éveillèrent. Plus exactement celle de sa tête. Elle était blottie contre quelque chose de chaud. Des doigts venaient tracer des cercles sur son crâne rasé et tatoué.

-Tout va bien. Repose-toi, mon garçon.

L’entente de cette voix rassura Sergueï, l’enveloppant d’une aura chaleureuse et bienfaitrice. La mercenaire ne se sentait réellement sereine que lorsque cette voix venait visiter ses songes. Sergueï ouvrit les yeux. Découvrant le visage usé, ridé, fatigué de sa mère. Pourtant, malgré cela, elle restait magnifique. L’enfant sentit toute la bienveillance de sa mère l’envahir. Elle finit par de nouveau fermer les yeux. Sereine.

-Tu as bien mérité de te reposer. Goûte, toi aussi, à ce repos que TU m’as offert.

La voix fut soudainement caverneuse, impératrice. Sergueï rouvrit les yeux pour découvrir le visage défiguré qu’elle avait laissé à sa propre mère.


Sergueï se projeta en avant en criant. Une vive douleur au niveau de ses côtes la fit se tordre de douleur. Elle se cambra pour retrouver sa position initiale. Se tortillant, sanglotant et gémissant de douleur. Elle se frottait contre ce qui la retenait comme un chaton effrayé. La douleur semblait s’être répandue dans tout son corps. Chacune de ses respirations était un supplice. Elle avait l’impression que sa cage thoracique allait exploser à tout moment.

Ses yeux félins finirent par fureter aux alentours. Sergueï cherchait un point sur lequel se concentrer pour oublier la douleur. Elle était dans une tente hospitalière. Ses protections et armes lui avaient été retirées. Elle ne portait que son treillis et ses sangles au niveau de la poitrine. Pourquoi était-elle ici, déjà ? Plus important, que faisait celui qui était en charge de sa santé ? Elle avait besoin d’un anti-douleur ou quelque chose comme ça.

Soudainement, elle eut sa réponse. Elle était dans les bras de celui en charge de sa vie. Et ce n’était pas n’importe qui.

Piotr Zinoviev. L’ainé d’Isaac et d’elle. Une colère fulgurante l’envahit. Sa mutation s’éveilla subitement, anesthésiant un court instant la douleur avec une montée d’adrénaline fulgurante. Les bras de la mercenaire repoussèrent avec force le médecin. Elle, elle dégringola en emportant une étagère remplie d’outil. Créant un impressionnant capharnaüm.

Elle parvint difficilement à se redresser. Perchée sur ses jambes pliées, son dos cambré, ses mains écrasées contre le sol s’apprêtaient à la faire bondir sur le médecin.

Ses yeux rougis étincelaient de haine. Haine qui n’avait jamais été vraiment justifiée. Lorsque l’ainée avait quitté la station Sergueï était trop jeune pour se rendre compte du sacrifice qu’il avait fait. Cela dit, elle ne lui en voulait pas pour les avoir abandonnés. Elle lui en voulait car, d’une certaine manière, il lui rappelait Yvan. Leur parent commun.

Même si des trois Zinoviev, c’était bien avec Sergueï qu’Yvan partageait le plus de ses traits. Aussi bien physique que caractériel.

Pourtant, la logique de Sergueï ne prenait pas ce fait en compte. C’était quelque chose d’inconscient. Comme un chien qui se rétracte et grogne sur l’Homme qui l’approche. Mais, après s’être rétracté, le chien bondit.

Et la chienne de la hanse aime être debout, elle ne peut pas se permettre de s’asseoir.

La seconde d’après, elle se jetait contre Piotr. Mais n’ayant pas calculé sa trajectoire dans sa colère, son pied s’accrocha à un autre meuble médical. Le corps tatoué perdit l’équilibre. Une expression surprise remplaça la face bestiale et féroce. La seconde d’après, Sergueï avait le nez dans un bac à outil médical.


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