Piotr Zinoviev
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le Ven 27 Juil - 14:53

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Age :: 40 ans
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Surnom :: Petya
« - Encore ! Encore ! Youhou ! »

Piotr esquissa un sourire épuisé qui creusa les rides naissantes de son visage. Il releva sa main couverte d'un chiffon, où un visage avait vaguement était dessiné au charbon de bois. Lentement, ses doigts s'agitèrent, devenant un personnage à part entière, une entité faîte pour amuser sa fille. Il prenait une voix plus grave, plus ronde et plus expressive que la sienne. Une élocution plus adaptée à un enfant que le ton lasse et froid qui était généralement le sien.

« - Mais je suis fatigué ! Je dois dormir ! Sinon tu ne me reverras plus ! »


Croassa la marionnette en venant picorer les joues d'Inna. La petite fille rentra la tête dans les épaules, un immense sourire sur le visage et le corps secoué de rire. La marionnette, devenu indépendante de Piotr s'acharnait sur la fourrure artificielle de la capuche d'Inna, tirant dessus de sa mâchoire édentée. Hurlant des « Laisses-moi dormir », « je vais dormir ici ! »  Qui faisaient repartir la petite dans un nouveau fou rire dès qu'elle semblait se calmer.
Le sourire de sa fille était la chose la plus précieuse du métro. Plus précieuse que son matériel, plus précieuse que sa situation qui n'avait rien à envier, plus précieuse que sa vie sûrement. Il savait que certains le pensaient fou. Et que le spectacle d'un père jouant avec sa fille, sans mère aux alentours en confortait plus d'un dans cette théorie. Mais les Zinoviev n'étaient pas connus à la Hanse pour leur santé mentale.
Et la population de Prospect Mira savait que s'il était là, Sergueï et Isaac pouvaient apparaître à chacun seconde.

« - Roh ! Puisque c'est ça, je vais dormir dans le sac ! »

La marionnette fit la moue quelques secondes avant de plonger tête la première dans la grande sacoche de toile, se glissant entre un jeu d'osselet et un entrelace de fils de fer.

« - Ho non !
-Aller Inna, va plutôt jouer avec les autres enfants...
-Mais y'a pas d'enfant ici !
-Bien sûr que si. Tu n'veux juste pas aller les voir... S'il te plaît, fais un effort.. »


Insista Piotr en fermant les yeux, un soupire fatigué entre les lèvres. Inna aurait un jour une des têtes les plus dures du métro à ce rythme. Elle ne s'appelle pas Volkonskia pour rien, telle mère telle fille... Ou peut-être qu'elle tient ça de son père. Le médecin retient un frisson de colère en pensant à cet homme dont il ne connaissait strictement rien. Ni le nom ni le visage, et dont l’existence restait à ses yeux chimérique. Mais pourtant il avait réussi à changer sa vie, et celles d'encore beaucoup de monde. Pas en mieux.
L'homme ressentit une démangeaison de colère passer entre eux, et leur faire froncer les sourcils presque synchroniquement, avant qu'Inna ne tourne les talons. La petite fille partit en direction du quai, couverte et protégée par le regard inquiet de son père.

Tsss... Encore quatre heures...


Piotr lança un regard à l'horloge presque luisante de Propekt Mira, suivant un instant le mouvement de la trotteuse trop lente à son goût. Sergueï et Isaac étaient partis il y avait cinq heures pour assurer une transaction entre Prospect Mira et Novoslobodskaya, et lui les attendait depuis tous ce temps. Il n'avait eu quasiment aucun cas pour s'occuper, juste la blessure en cour d'infection d'un armurier. Mais pas de quoi l'occuper plus d'une heure.
L'homme se releva de la caisse où il était assis depuis presque une heure, jouant au marionnettiste sous la menace d'une crise de larmes. Son dos lui envoyait une douleur lancinante, l'impression de câbles dans ses muscles voulant lui faire retrouver la position qu'il avait tenu une heure.Assit et bien plus recourbé que ce qu'il interdisait à Inna. Il soupira, s'apprêtant à rejoindre Inna sur le quai...



Isaac souleva le corps sanglant de Sergueï avec deux autres hommes, repoussant du coude les trop curieux, tentant de traverser le cercle s'étant formé autour d'eux.




Piotr releva d'un mouvement de bras le pan de la tante qui lui servait d'hôpital ambulant avant de courir vers le quai, retirant son manteau dans sa course, repoussant tout ce qui l'empêchait d'avancer. Il les rejoint au moment où ils commençaient l’ascension de l'escalier menant à la salle principale. Isaac était en tête du cortège, les traits déformés par l’effort et la douleur que lui infligeait sa jambe. Mais malgré tout, il ne lâchait pas leur sœur, la soutenant comme il pouvait, évitant ses côtes.

« - Qu'est ce qu'elle a ? »

Le roux sursauta. La tension dans ses épaules diminua légèrement alors qu'il reconnaissait la voix de son aîné. Il lança un léger sourire à Piotr en le voyant passé à ses côtés et ordonner aux deux hommes soutenant sa sœur de reculer.

« - Un mutant l'a choppé et écrasé contre le tunnel. Inna t'a prévenu ?
-Oui. Sa tête est touchée ?
- Non, elle a eu le temps de se protéger.
-Ok, on l’amène à la tente. »

Le médecin empoigna les cuisses de Sergueï en maudissant son treillis qui tentait de lui échapper, et fit signe à Isaac de continuer de monter. Il aurait pu prendre sa place, et lui épargner la douleur de sa jambe. Mais Sergueï était leur famille, leur lien et ce qui les obligeait à tenir debout. Et ni l'un ni l'autre n'auraient laissé leur place pour la sauver, douleur et handicap ou non.
Leur progression s’accéléra quand ils arrivèrent dans la salle. Ici, les gens étaient au courant de sa présence. Ils savaient que des blessés pouvaient être amenés en catastrophe. Et se pousser devant leur cortège familial était un réflexe. Piotr se recroquevilla pour passer sous la toile de la tente, lâchant momentanément les jambes de sa sœur.

« - Passe-la moi, j'vais m'en occuper.
-M...
-J'ai besoin de place pour l’examiner Isaac... »


Dit-il en tendant les bras vers son frère, un sourire douloureux sur les lèvres. Il savait que laisser Sergueï coûté au roux, mais il savait aussi qu'il avait besoin de calme. Surtout quand il s'occupait d'un patient qui le haïssait viscéralement. Il passa ses bras autour des épaules de sa sœur, sentant un instant Isaac résister, avant qu'il abdique, lâchant précautionneusement Sergueï. Piotr la ramena contre lui, retenant sa tête contre son épaule d'une main, la soutenant d'un bras autour de la taille. Il la sentait légèrement remuer contre lui, son revenant peu à peu de l'immobilité.

« - Ça va aller Seryoga, respire lentement. »



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Sergueï Zinovieva
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le Sam 11 Aoû - 13:32
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Lorsque les paupières de Sergueï s’entrouvrirent, elle peina à recouvrer la vue. Éblouis par une lumière immaculée. La tatouée reprenait ses esprits, et peu à peu les sensations de son corps s’éveillèrent. Plus exactement celle de sa tête. Elle était blottie contre quelque chose de chaud. Des doigts venaient tracer des cercles sur son crâne rasé et tatoué.

-Tout va bien. Repose-toi, mon garçon.

L’entente de cette voix rassura Sergueï, l’enveloppant d’une aura chaleureuse et bienfaitrice. La mercenaire ne se sentait réellement sereine que lorsque cette voix venait visiter ses songes. Sergueï ouvrit les yeux. Découvrant le visage usé, ridé, fatigué de sa mère. Pourtant, malgré cela, elle restait magnifique. L’enfant sentit toute la bienveillance de sa mère l’envahir. Elle finit par de nouveau fermer les yeux. Sereine.

-Tu as bien mérité de te reposer. Goûte, toi aussi, à ce repos que TU m’as offert.

La voix fut soudainement caverneuse, impératrice. Sergueï rouvrit les yeux pour découvrir le visage défiguré qu’elle avait laissé à sa propre mère.


Sergueï se projeta en avant en criant. Une vive douleur au niveau de ses côtes la fit se tordre de douleur. Elle se cambra pour retrouver sa position initiale. Se tortillant, sanglotant et gémissant de douleur. Elle se frottait contre ce qui la retenait comme un chaton effrayé. La douleur semblait s’être répandue dans tout son corps. Chacune de ses respirations était un supplice. Elle avait l’impression que sa cage thoracique allait exploser à tout moment.

Ses yeux félins finirent par fureter aux alentours. Sergueï cherchait un point sur lequel se concentrer pour oublier la douleur. Elle était dans une tente hospitalière. Ses protections et armes lui avaient été retirées. Elle ne portait que son treillis et ses sangles au niveau de la poitrine. Pourquoi était-elle ici, déjà ? Plus important, que faisait celui qui était en charge de sa santé ? Elle avait besoin d’un anti-douleur ou quelque chose comme ça.

Soudainement, elle eut sa réponse. Elle était dans les bras de celui en charge de sa vie. Et ce n’était pas n’importe qui.

Piotr Zinoviev. L’ainé d’Isaac et d’elle. Une colère fulgurante l’envahit. Sa mutation s’éveilla subitement, anesthésiant un court instant la douleur avec une montée d’adrénaline fulgurante. Les bras de la mercenaire repoussèrent avec force le médecin. Elle, elle dégringola en emportant une étagère remplie d’outil. Créant un impressionnant capharnaüm.

Elle parvint difficilement à se redresser. Perchée sur ses jambes pliées, son dos cambré, ses mains écrasées contre le sol s’apprêtaient à la faire bondir sur le médecin.

Ses yeux rougis étincelaient de haine. Haine qui n’avait jamais été vraiment justifiée. Lorsque l’ainée avait quitté la station Sergueï était trop jeune pour se rendre compte du sacrifice qu’il avait fait. Cela dit, elle ne lui en voulait pas pour les avoir abandonnés. Elle lui en voulait car, d’une certaine manière, il lui rappelait Yvan. Leur parent commun.

Même si des trois Zinoviev, c’était bien avec Sergueï qu’Yvan partageait le plus de ses traits. Aussi bien physique que caractériel.

Pourtant, la logique de Sergueï ne prenait pas ce fait en compte. C’était quelque chose d’inconscient. Comme un chien qui se rétracte et grogne sur l’Homme qui l’approche. Mais, après s’être rétracté, le chien bondit.

Et la chienne de la hanse aime être debout, elle ne peut pas se permettre de s’asseoir.

La seconde d’après, elle se jetait contre Piotr. Mais n’ayant pas calculé sa trajectoire dans sa colère, son pied s’accrocha à un autre meuble médical. Le corps tatoué perdit l’équilibre. Une expression surprise remplaça la face bestiale et féroce. La seconde d’après, Sergueï avait le nez dans un bac à outil médical.


Spoiler:
 

Piotr Zinoviev
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le Sam 8 Sep - 9:52

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C'était un des rares moments où il pouvait voir le visage de sa sœur presque détendu. Presque. Elle ne serait jamais totalement dissociée de toute la violence qu'elle vivait au quotidien, et qu'elle semblait même par accepter et apprécier. Mais à cet instant, elle retrouvait son visage d'une jeune femme d'à peine trente ans ; elle recouvrait une identité arrachait. Lentement, sans qu'il s'en rende compte, il avait commencé à la bercer. Oubliant l'urgence de la situation pour reproduire les mouvements de balancier, l'une des premières choses qu'on ressentait, petit et encore informe, dans le ventre de notre mère.

Sergueï se projeta en avant, torse plat et vêtu de cuir en premier, un criant venant du fond de ses poumons envahissant la tente. Son frère n’eut pas le temps de se reculer, recevant en plein menton le haut du crâne de la mercenaire. L'impacte fit craquer sa mâchoire, provocant entre ses dents serrés un hoquet de surprise et douleur mélangé.

« -Seryogua, tu- ! »


Les deux pattes de sa sœur venait de lui arrivait en plein torse, chassant tout l'air de ses poumons et le faisant basculer en arrière. Ses coudes encaissèrent, l'arrêtant avant que sa tête de rencontre le sol, et lui permettant d'assister à un spectacle pour lequel certains des ennemis ou victimes de sa sœur aurait payer chère ; Seryoga coincée et sonnée sous une étagère médicale, tentant de se relever, la respiration lourde et le regard embué de rage. Il comprenait l'affectueux surnom dont l'avait gratifiait la Hanse : Ne connaissant les loups, leurs concitoyens l'avait nommé par ce qui y ressemblait le plus.Le médecin déglutie devant le regard haineux de la siffleuse, retenant un mouvement de recule. Il devait lui faire face. Avec elle, seul l’affrontement faisait ses preuves.
Dès qu'il la vu sauter, Piotr se releva, prêt à lui coincer les bras le long du corps. Mais elle continua dans sa forme resplendissante et s'écrasa à un mètre de lui, glissant littéralement entre ses bras entrouverts. Le médecin ambulant resta une seconde immobile, incapable de se dire que la femme qui faisait trembler toute la Hanse ai pu s’étaler de la sorte. Seryogua, qu'il avait vu courir partout dès qu'elle avait su marcher, qui enfant était un diamant brut qu'il ne restait qu'à polir venait de se ramasser juste devant lui.
Piotr sentit un rire secouer ses épaules et se répandre au reste de son corps alors qu'il profitait du moment de faiblesse de sa sœur pour s'allonger sur elle, l’écrasant de tout son poids. C'était la seule méthode efficace qu'il connaissait, et encore; il ne fallait pas se faire désarçonner. Ses bras se nouèrent autour de son torse, l'immobilisant autant que possible, et sa mâchoire endoloris trouva refuge sur l'épaule tatoué de la femme.

« -Seryogua calme-toi. Tu es blessé, je vais te soigner ça ne prendra pas longtemps. Mais n'aggrave pas tes blessures. »

Chuchota-il à son oreille, prenant le risque de détendre sa prise autour d'elle. Au lieu de l’écraser, il se laissa aller contre elle, perdant toute force, posant son front sur son omoplates, lasse et fatigué.

« - Pourquoi.... Pourquoi tu réagis toujours comme ça ? Qu'est ce que je t'ai fait pour que tu me haïsse à ce point ? »

Il lui avait déjà posé cette question de manière détourné, jamais aussi frontalement. Et à l'idée d'obtenir une réponse tout aussi directe et crue, il sentit sa gorge se serrait. Sa voix devient tremblante, étouffée.

« - Seryogua, toi et Isaac êtes ce que j'ai de plus précieux. Je m'évertue à vous protéger, à rattraper mon erreur, alors... Alors pourquoi toujours cette méfiance ? »

Les dernières mots qu'il voulu dire restèrent un instant collé à sa langue, bien à l’abri derrière ses dents. Jusqu'à ce qu'il trouve le courage de les souffler à sa sœur, pour la première fois de sa vie il lui semblait.

« - Je t'aime, Sergueï. »



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Sergueï Zinovieva
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le Dim 14 Oct - 15:18
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Sergueï sentit comme un poids sur son corps. Il ne fallut qu’un instant à la mercenaire pour deviner ce qui venait de se passer. Piotr s’était couché sur elle. Restreignant l’entièreté de ses mouvements. La Chienne était acculée, bloquée. Dès lors, elle commença à se débattre de toutes ses forces. Si elle avait pu, elle aurait déployé toute la puissance de sa mutation autodestructrice. Mais, même Sergueï avait des limites. Et il pouvait lui arriver d’en avoir conscience. Là, la prise de conscience fut particulièrement rude.

Une décharge de douleur venant de ses côtes parcourut son corps. La mercenaire se raidit en poussant un râle étouffé. Elle n’eut d’autre choix que de courber l’échine et détendre son corps. Le garder ainsi contracté lui procurait une douleur indescriptible. Des larmes lui étaient montées aux yeux. Des gouttes de sueur s’étaient formées au niveau de son épiderme. Déjà, il lui semblait sortir de son corps.

Lorsqu’elle sentit cette tête se poser contre son épaule, elle ne savait déjà plus si elle rêvait ou pas. Ce contact eut, l’espace d’un instant, quelque chose de réconfortant. Cependant, ce moment d’accalmie fut de courte durée. Les mots de Piotr tirèrent Sergueï de son état onirique. Son visage, qui s’était adoucit, reprit cette expression colérique si caractéristique de sa personne.

Mais elle écouta. Un léger grognement s’évadait de sa bouche. Mais elle écoutait. Son corps la faisait encore trop souffrir pour bouger. Il disait qu’elle était blessée. Qu’elle ne devait pas s’agiter, au risque d’aggraver ses plaies. Piotr releva la tête pour la poser sur l’omoplate de la blessée. Elle avait encore trop mal.

Il lui demanda la raison de sa haine pour lui. Sergueï fut secoué d’un spasme. Elle voulait réagir. Elle voulait se libérer de cette étreinte. Et en même temps, il y avait autre chose, qu’elle n’aurait pas su décrire.

Il parlait d’eux. D’Isaac. De les protéger. Réparer son erreur. Puis, il prononça à mi-voix ces mots. Ses mots.

Sergueï posa le plat de sa main droite contre le sol. Donnant une forte impulsion à son bras, elle projeta la partie droite de son corps vers le côté. Les rôles s’inversèrent. À présent, Piotr était sur le dos, Sergueï sur lui, une main sur la gorge du médecin. Son corps peinait à se maintenir. Son autre main, posée à côté de la tête de Piotr l’aidait à ne pas tomber. Ses jambes étaient encore molles et inertes. Coupées par la douleur. Elle haletait. Ses joues gonflaient à chaque respiration.

-Isaac n’a… pas besoin… que tu le protèges.

Ses yeux lançaient des éclairs, alors qu’elle faisait son possible pour ne pas laisser la douleur déformer son expression.

-Maman m’a demandé de le protéger. Maman a confiance en moi. Maman m’aime.

Les deux dernières phrases furent psalmodiées par la jeune femme à une vitesse vulgurante. Ses yeux se perdaient dans le vide.

-Seryoga, arrête immédiatement.

Sergueï se figea, elle se redressa, regardant à l’entrée de la tente et découvrit le visage soucieux d’Isaac. Elle voulut se lever, mais ses jambes n’étaient toujours pas décidées à répondre. Elle s’écroula contre le sol. Le boiteux s’approcha lentement, au rythme de sa canne, il avait, avant de rentrer fait signe à quelqu’un de rester en arrière. Il se pencha sur sa sœur, qui s’efforçait de s’élever vers sa fratrie et prit son visage entre une de ses mains.

-Sois gentille avec ton frère.

Soudainement, Sergueï se détendit. Se recroquevillant un instant. Elle finit par se déplacer jusqu’à l’une des tables d’opération, à laquelle elle se hissa, sans un mot.

Piotr Zinoviev
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le Mar 23 Oct - 1:58

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Piotr sentit les muscles du dos de sa sœur se tendre. Et avant qu'il est à nouveau le temps de la plaquer au sol, elle l'avait projeté sur le côté, profité de l'élan pour se hisser sur lui. Et maintenant, sa patte griffue était autour de sa gorge, serrée dans un étau inextricable. Elle ne l'étranglait pas, mais lui arrachait toute liberté, possibilité de mouvement.  Le médecin posa par réflexe une main sur la cuisse de sa sœur, sentant sous ses doigts ses membres trembler. C'était suffisant pour lui rappeler l'urgence de la situation. Il tenta quelques paroles, mais Serguei ne le laissait pas parler. Elle était à bout de souffle, au point d'en déformer son anatomie. Et ses dernières phrase furent soufflées comme une vérité infuse.
Le tatoué eu l'impression de se prendre un poing en pleine figure. Comment Sergueï cette femme ? La silhouette minuscule et gesticulante de sa sœur, quelques secondes après sa naissance lui revient.  Piotr perçut un élan de colère remonter du fond de ses tripes, remonter le long de ses bras jusqu'à ses mains, qui raffermirent les prises sur les cuisses de sa sœur.

Si Isaac n'était pas arrivé, les choses rapidement dégénérés. Coups, insultes, colère, haine. Sergueï l'aurait peut-être tué. Mais comment pouvait-il en être autrement dans leur famille ? Eux qu'on avait détruis, éclatés, séparés, acculés. Comment étaient-ils sensés s'aimer ? Ils auraient du être un trio inséparable, une mélodie ternaire. Mais non, les voilà séparés, divisés simplement par les caprices d'enfant de Serguei.
Il se releva en regardant la bête à deux têtes que formait Sergueï et Isaac s'entre-aider pour se relever, et sentit une envie de vomir le prendre. Des traces de dégoût vinrent sur son visage, traçant une ride prêt de ses lèvres tournées vers le bas,  remplissant son regard usé d'animosités. Des invalides. Voilà ce qu'ils étaient tous les trois, chacun à leur manière.
Pas un pour rattraper les autres. Et Portant Sergueï a toujours sa conscience pour elle.

Il s'éloigna en direction de la table d'opération, qui laissait n'importe qui y séjournant trop longtemps avec un mal de dos des enfers. Ses poings trouvèrent appuies sur la planche de boit surmontant une structure de  métal à la peinture écaillée. Et ses yeux continuaient de lorgner le duo avec la colère du rejeté. Le médecin vit sa sœur s'approcher d'une démarche de fauve lourd, qui se jetait sur toi pour te dévorer jusqu'aux os, et s'allonger, sans un mot, aussi inerte d'une étoile de mer en plein coït.
Le tatoué en profita pour glisser un regard questionneur à Isaac, désignant l'extérieur de la tente d'un coup de menton. Qui tu as retenu dehors?

Il remonta ses manches, et approcha lentement ses mains des côtes de Sergueï en la surveillant du coin de l’œil. Il avait conscience que le moindre de leur contact était une agression pour elle. Il faisait attention, prenait soin d'elle, retenait sa rage bouillante qui lui donnait parfois envie de la frapper.  Tout cela pour qu'entre eux la situation se dégrade plus qu'autre chose. C'était à pleurer de rire. Toute cette ironie dans leur vie. Il n'y avait pas plus belle pute que le Destin.
Ses doigts finirent enfin par atteindre le grain épais de la peau basanée de sa sœur. Il sentait un mélange noueux de muscles et d'os, tous ses réflexes médicaux lui hurlait que ce corps n'allait pas bien. Tout y était tordu, foulé, blessé, fatigué. Sergueï abusait de cette machine fragile qu'était son organisme, elle lui en demandait trop.

« -Dis-moi quand t'as mal. »

Piotr descendit ses mains, partant des sangles étouffant la poitrine de sa sœur jusqu'aux dernières côtes, relevant les yeux vers le visage de Sergueï dès qu'il sentait sous la pulpe de ses doigts le relief d'une nouvelle côte. Il s'était toujours demandé comment elle vivait ses auscultations. Mais quoi qu'il arrive, il ne voulait pas savoir.

« -Ok. »


Lâcha-t-il en se redressant.

« -Enlèves tes sangles, faut que je vérifie que rien n'est cassé en haut. »

Sur ces mots il commença à remontrer ses manches, fit méthodiquement craquer ses doigts, et se tournant vers Isaac.

« -Tu peux fermer la tente ? »



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Sergueï Zinovieva
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le Sam 3 Nov - 17:17
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Après avoir raisonné Sergueï, Isaac reporta son regard sur Piotr, affichant une expression sévère sur son visage malade et fatigué. L’infirme avait un certain don pour capter les mauvaises ondes et la tente médicale en était rempli, il pouvait comprendre la raison de cette tension, Sergueï ne voyait que lui et fatalement, il avait partagé une infinité de choses avec sa sœur. Il peinait à exprimer son amour à son grand frère. Pourtant, il l’aimait autant que sa cadette, car en y repensant, il avait toujours agi pour eux et dans leur intérêt, délaissant le sien. Mais maintenant, les choses avaient changés, Piotr ne pouvait plus se mettre en quatre comme ça, ironiquement, c’était à l’infirme de s’occuper du médecin et de veiller à ce que sa chienne de garde ne le morde pas.

Face à ce regard interrogateur que venait de lui lancer Piotr, encore chargé de colère et d’onde négative, Isaac se contenta de froncer légèrement les sourcils. Il le saurait bien assez tôt de toute façon, qui était derrière cette tente, et lui ajouter un facteur de stress supplémentaire n’arrangerait rien. L’infirme s’appuya sur sa canne et se dirigea vers la sortie restant sur le pas de cette dernière, pour observer le bon déroulement de l’auscultation.

Allongée contre la surface dure de la table du médecin, Sergueï respirait. Sa poitrine se soulevait lentement. Elle faisait des efforts pour canaliser sa haine. Mais lorsque que son aîné posa ses doigts sur elle, la Chienne secoua son corps. Agressivement. Isaac poussa un cri, même pas un mot, juste une onomatopée. La chienne se calma et fixa son regard sur un point du plafond. Ne pensant plus à rien. Détaillant simplement les détails de la toile de la tente. Le contact des doigts de Piotr la faisait frissonner de temps en temps. Parfois fermer les yeux. Elle alla pourtant jusqu’à coopérer. Lui indiquant quand elle avait mal. Ne prononçant jamais rien de plus qu’un mot. Pourtant, ce mot n’était pas chargé d’agressivité. Ou du moins, pas celle de d’habitude. C’était plus naturel. L’agressivité ressentit lorsque la douleur irrite l’esprit.

Ses côtes inférieures étaient celles qui lui faisaient le plus mal. Son visage se déforma quand Piotr les toucha, elle laissa tomber sa tête sur le côté.

-Aie ! Ça fait mal ici…

Elle serra un instant les dents et retourna sa tête vers Piotr. Mais elle ne le regarda pas. Son regard se perdit sur les seringues posées dans un bac. Son rythme cardiaque s’accentua. Elle lutta pour ne rien laisser transparaître et reporta de nouveau son regard sur le haut de la tente. Elle sentait son dos suinter de sueur. Elle ressentit la moiteur de son corps d’un seul coup. Comme si son corps tentait d’expulser quelque chose par les pores de sa peau. Les yeux écarquillés, elle restait inerte. Ce n’est que lorsque Piotr lui demanda de retirer ses sangles qu’elle bougea.

Se redressant légèrement, elle passa une main dans son dos et libéra sa poitrine comprimée d’un geste. Pendant ce court instant, elle avait plongé un regard froid dans celui de son frère. Isaac. Ils s’étaient regardés un instant. Elle ne voulait pas qu’il parte.

Isaac de son côté, détourna simplement le regard pour le poser sur Piotr et acquiescer à ce qu’il venait de lui dire. Mais au lieu de simplement fermer la tente, il souleva cette dernière et offrit un sourire à une personne derrière l’entrée.

-Tout va bien, ma puce. Ça va juste durer quelque temps, allons leur chercher du thé pour quand ils auront terminé. Tu veux bien ?

Il lança un dernier regard vers sa sœur, cette dernière le regardait, les yeux écarquillés. Elle psalmodiait silencieusement, bougeant simplement les lèvres. « Ne me laisse pas, ne me laisse pas, ne me laisse pas. » Isaac disparut hors de la tente. Sergueï se laissa retomber. Les sourcils froncés, l’expression souffrante. Ses yeux s’humectèrent instinctivement quand elle entendit la fermeture éclair de la tente.

Elle ferma les yeux. Ses lèvres s’entrouvrirent pour soupirer. Voilà qu’elle était seule avec Piotr. Isaac n’était plus là. Que faire s’il lui arrivait quelque chose ? Et pourquoi diable, il la laissait pour la fille de leur grand frère ? Elle ne pouvait pas le protéger, elle était faible. Non. Elle était dangereuse. Comme tous ceux qui approchaient Isaac. Elle se mordit la lèvre inférieure. Ce flux de pensée incessant. Horrible. Que ça cesse. De l’aide. Elle en avait besoin. Elle pointa du doigt les seringues, tournant un visage moite et suppliant vers Piotr.

-J’ai besoin d’antidouleur.

Sa voix avait contrasté avec son état de faiblesse. Elle avait presque grogné ces mots. Les crachant comme si quelque chose les retenait. Cette chose, c’était cette douleur. Globale et insupportable. Si elle disparaissait, elle pourrait rejoindre Isaac. Elle voulait la sentir partir, quitter lentement son corps alors que les antidouleurs faisaient effet. Elle les voulait.

Piotr Zinoviev
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le Ven 14 Déc - 21:04

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Peut-être qu’il était malsain, peut-être fou, mais Piotr aimait le corps de sa sœur. Il y avait une sorte de vérité rassurante à voir le léger renflement des seins de la siffleuse s’écraser sur son torse. Les muscles de la femme et sa maigreur avaient diminués leurs tissus graisseux, n’en faisant plus que de légères bosses maltraités par les lanières de cuire. Quand Sergueï forçait trop sur son corps, il voyait même se tracer le dessin de ses sangles à certains endroits de sa peau. Des marques éphémères de la compression que subissait sa peau.
Mais ils étaient là, comme pour rappeler qu’Elena n’avait pas réussit  sa transformation  forcé. Les prémisses d’une révolte contre sa mère qu’il espérait, un jour, voir la mercenaire faire. Cette idée, récurrente, l’apaisa légèrement, faisant retomber la tension viciée qui crépitait entre les enfants Zinoviev.

« Excuse-moi… »

Il retira rapidement ses doigts de la côté qu’il sentait fêlée sous la peau halée de sa sœur. Ses yeux coururent vers son visage, se plissant devant la contraction  douloureuse de ses traits. Piotr détestait voir souffrir ses patients. Mais plus particulièrement elle. Son corps crispé de souffrance le renvoyait directement dans une époque qu’il voulait oublier, et qui pourtant s’était ancré en lui à vie. Il avait dans ces années commis des choses bien trop irréparables.

« Tu m’achèteras un rat grillé ?! »
Le médecin releva la tête, tendant le cou pour discerner la petite silhouette d’Inna, n’entrapercevant que quelques mèches blondes traversées par la lumière blafarde d’un spot de la station tout près. Il pinça ses lèvres, hochant calmement la tête. Il ne pouvait pas être partagé entre les deux femmes de sa vie pendant une opération. Mais pourvu qu’Inna ne ruine pas Isaac en cadeau.

Dès que l’oncle et la nièce furent partit, la tente s’enlisa dans un silence bipolaire : tantôt malaise au point que  Piotr hésitait à le brisé, tantôt aussi doux qu’un baume. Ils étaient chacun à leurs activités, remous intellectuel et palpation médicale, et pour une fois, cohabité dans ce qui aurait presque pu passer pour un certain équilibre. Sergueï l’avait oublié, et lui avait omis qu’une âme habitait le corps entre ses mains. Ses doigts continuaient s’explorer les creux et les pleins de ses côtes, dessinées par sa maigreur, s’allégeant quand il devinait un angle étrange. Son regard cristallin se perdait quelque  part sur son ventre, surveillant par un mécanisme de médecin, la houle sa respiration.

Ce n’est que la voix fiévreuse de sa sœur qui le sortie de sa torpeur. Il tourna la tête vers elle, suivant la direction de son bras, fronçant ses sourcils, et reportant sur elle un regard assombrie. D’un coup ses yeux s’écarquillèrent, alors qu’il remarquait la pellicule  s’était formée sur le corps de la femme.

‘Piotr referma une main sur l’épaule de sa sœur, la penchant sèchement en avant pour passer son autre main sur son dos. Il leva devant ses yeux sa paume poisseuse de sueur, une sueur à l’odeur forte et âcre qui lui fit écarquiller les yeux. Un regard paniqué à Sergueï lui échappa, alors que ses lèvres tentaient d’articuler un mot bloqué dans sa gorge sèche. Qu’est-ce que tu as fait petite sœur ?Le médecin abattit son poing sur la table d’opération, à quelques millimètres de la cuisse de Sergueï. La douleur commençait à peine à se diffuser dans ses os métacarpiens qu’il levait ses mains tatouées pour prendre entre elles le visage effilé et félin de la siffleuse. Il posa son front contre le sien, les très déformés par une douleur attaquant soudainement son mental.

« Pitié, dis-moi …. Dis-moi que… »

Il n’arriva pas à finir sa phrase, la relâchant aussi tôt. Son corps était prit d’une frénésie folle provoquée par l’adrénaline ayant prit possession de son cerveau. Et ce surplus d’excitation qu’il savait d’habitude dompter l’obligeait cette fois au mouvement.
Piotr s’accroupit près de ses sacoches, cherchant frénétiquement ce qu’Oxana lui avait donné. Ses doigts finirent par se fermer sur le métal froid de la boîte de thé. Il l’extirpa violemment, la posant sur une table dans un coin de la tente.  Du pied, le tatoué poussa de sous la table une cuvette métallique remplie d’eau. Y flottait paresseusement une vielle éponge qui n’attendait que son heure pour partir en petits copeaux.

« Lave-toi en attendent que j’arrive. »

Il attrapa une tasse ébréchée et une petite boule à tête cabossée, tentant de la remplir, maudissant ses mains tremblantes et imprécises. D’un geste énervé il finit par la jeter dans la tasse sans un regard. Piotr saisit fermement le gobelet, faisant volte-face pour observer sa sœur.

« N’espères même pas de t’injecter un antidouleur seule. Tu pourrais juste réussir à te percer une veine. Et t’aurais pas l’air maligne, vu ton état déjà par glorieux.  Tu m’attends, je reviens.»

Lâcha le médecin d’une voix tremblante de colère. Et il quitta la tente, hurlant dans leur tête le nom d’Inna.

***
La fillette lâcha la tasse de thé entre ses doigts, plaquant ses mains sur ses oreilles. Elle grimaça en entendant le cri mental de son père, fronçant les sourcils et son nez de lutin.

« Pourquoi il gueule comme ça !? »

Feula la gamine en sentant son crâne bourdonner. La migraine semblait être tombée sur elle pour aujourd’hui. Tant pis. Elle leva la tête vers Issac, esquissant un sourire aussi innocent que possible.

« J’ai oublié un truc pour toi dans la tente ! »

Elle était très douée pour jouer les écervelées idiotes. La petite blonde tourna les talons, écrasant au passage un éclat de tasse, et sautilla sur les quais, jusqu’à échapper au regard de son oncle. Elle se mit à courir, serrant les dents face aux fourmillements commençant à attaquer ses tempes.

***
Piotr entendit les protestations sur le chemin de sa fille avant de la voir. Elle bousculait.les adultes devant elle sans ménagement, sans même un pardon. Répondant par une insulte à ceux trop bravaches. La petite arriva devant lui, s’arrêtant un instant pour reprendre sa respiration, bras scellés autour du ventre.

« Qu’est… Y’a ?
-Va faire bouillir ça et ramène-le à la tente! »


Souffla le médecin en lui tendant la tasse, ses mains crispées dessus. Inna le saisit, relevant vers Piotr un regard luisant qu’inquiétude au bord de la panique.

« Seryoga a un problème … ?
-Rien d’irréparable, dépêche-toi, je peux pas la laisser seule. »


Elle hocha la tête, reprenant sa danse de coup d’épaules et de coudes dans l’autre sens, la tasse serrée  contre sa poitrine. Piotr resta immobile, l’observant quelques secondes s’éloigner. Il avait cette sensation désagréable de donner la priorité à la mauvaise personne. Un prémisse de remord envers Inna, qu’il négligeait pour une sœur qui ne les portait pas dans son cœur. Le médecin ferma les yeux, baissant la tête avec un soupir. Il tentait d’être un point d’attache entre tous ces gens épars qui ne partageaient même pas le même sang, mais qu’il voulait fédérer en famille. Quelque chose d’assez fort pour résister au métro.

Il tourna les talons, retourna à la tente d’un pas rythmé allant crescendo.D’un mouvement sec, il releva le pan de la tente, dradant un regard furieux sur Sergueï.

« Depuis quand tu touches à la drogue ? Depuis quand tu fais des crises de manque ?! »



"Inna adore la roulette russe..."
Sergueï Zinovieva
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le Mar 25 Déc - 23:11
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En une fraction de seconde, tout avait changé. En demandant les anti-douleurs, Piotr était devenu quelqu’un d’autre. D’un geste, il avait tordu sa sœur en avant. Elle grogna subitement de douleur et se raidit quand elle sentit la paume du médecin passer contre son dos. Ses côtes lui donnèrent l’impression de se disloquer. Elle aurait voulu se redresser et se jeter sur Piotr, qu’elle identifiait maintenant comme l’unique source de sa douleur. Au lieu de cela, elle ne fit que se ramasser sur elle-même, en jetant ses bras contre son ventre.

Une désagréable impression de vertige l’a saisi subitement. La chaleur de son corps se mit à l’étouffer. Cependant, quand Piotr abattit son poing contre la table d’opération, Sergueï bondit de quelques centimètres en arrière. Une expression apeurée au visage. Ses traits se contorsionnaient maintenant à cause de la douleur et de la peur. La surprise envahit la jeune femme quand Piotr attrapa son visage entre ses mains osseuses et qu’il colla son front contre le sien. La tatouée avait le souffle court, des sons enraillés s’échappaient ponctuellement de sa gorge.

Pourtant, le geste de son aîné avait quelque chose de chaleureux, témoignant d’une réelle inquiétude, chose que même la Chienne de la Hanse pouvait comprendre. Cette expression douloureuse, elle pouvait la comprendre. Puisqu’elle l’avait déjà vue. L’instant d’après, Piotr se séparait d’elle. Sombrant à nouveau dans une colère sourde. Il l’intima de se laver en poussant une bassine vers elle. Elle n’y fit pas attention. Recroquevillée sur elle-même, Sergueï suivait chaque action de l’homme. Trop concentré pour poser ses yeux sur autre chose. Son regard habituellement sombre et patibulaire était maintenant beaucoup plus enfantin et figée par la surprise. Ce lunatisme, cette précipitation dans les actions, tout ça lui rappelait quelqu’un.

Elle resta ainsi prostrée, silencieuse, pendant que son frère manipulait une boule à thé et s’activait à la manière d’un démon. Elle ne fit que s’enfoncer et reculer un peu plus sur la table d’opération quand Piotr lui hurla dessus et la mit en garde de ne pas tenter de s’injecter quelque chose par elle-même. Ce ne fut que lorsqu’il sortit qu’elle se détendit. Une vague de douleur inonda alors son corps. L'obligeant à se contorsionner et perdre l’équilibre. Elle roula contre la table avant de s’écraser douloureusement contre le sol. Elle feula de douleur avant de se reposer un instant sur le sol froid du métro. Son souffle soulevait lentement sa cage thoracique, ses yeux étaient vides de toutes émotions. Son regard finit par se porter sur la bassine. Se rappelant de la consigne de Piotr, elle se mit sur le ventre pour se traîner jusqu’au seau. Ses deux mains agrippèrent chaque pan de la bassine et elle se hissa au-dessus. Elle s’arrêta face à ce que lui reflétait l’eau.

Le fracas d’une tasse poussa Isaac à se retourner, il découvrit sa nièce les mains contre ses tempes et les débris d’une tasse à ses pieds, d’où s’échapper un fin volute de fumée provenant du thé encore chaud. Il arqua un sourcil en la voyant se plaindre de quelqu’un qui criait trop fort, il s’avança vers elle, comme pour la réconforter, mais l’enfant devança son oncle annonçant qu’elle avait oublié quelque chose pour lui. Il se mit à sourire chaleureusement, affichant un sourire énigmatique ; il n’était pas dupe, cela avait un rapport avec son père. Le père et la fille avaient un lien spécial, d’ordre mental, supérieur à celui que les enfants avaient avec leurs parents d’ordinaire. Si Piotr restait vague dessus, ça n’échappait pas à Isaac et ça ne l’étonnait pas beaucoup non plus. Sa propre sœur développait des capacités surhumaines à chaque nouveau combat et lui-même, avait cette jambe dans cet état pour une raison dépassant les connaissances médicales du métro.

Lorsqu’elle se lança à travers la foule, l’infirme ne put s’empêcher de la suivre comme poussé par la force invisible de sa curiosité. Si Isaac ne s’était pas douté de la destination de la jeune fille, il n’aurait jamais réussi à la retrouver ; elle le distançait bien trop facilement. Empruntant le chemin de la tente médicale, ses yeux distinguèrent rapidement les deux silhouettes, elles étaient trop loin pour qu’Isaac puisse comprendre ce que le père et la fille se disaient. Il préféra disparaître dans la foule, les laissant à leur intimité.

Lorsqu’Inna se sépara de son père pour aller accomplir la besogne demandée, Isaac réapparu une tasse fumante à la main.

-Tiens, je t’en ai repris un, puisque tu avais à peine touché au dernier.

Il souriait chaleureusement, contrastant avec l’énervement de la jeune fille face à lui.

-J’ai l’impression que quelque chose cloche, tu veux en parler tout ça en allant faire bouillir ça ?

Du regard, il désigna la tasse vide qu’elle tenait entre ses mains.

Lorsque Piotr arriva dans la tente et entreprit de régler ses comptes avec sa sœur, il trouva cette dernière assise au sol. Les jambes étendues devant elle. Le corps ruisselant d’eau et la bassine renversée à ses côtés. Elle avait eu trop chaud et n’avait rien trouvé d’autre à faire que vider la bassine sur elle. À présent, sa peau humide et luisante était secouée par des tremblements compulsifs. La chienne de la Hanse releva un regard hagard vers son frère. Elle ne parvenait pas à le voir nettement. Sa vue était trouble et le tremblement de son corps l’empêchait de le voir nettement.

Néanmoins, elle avait reconnu le timbre de voix caractéristique de Piotr. Elle éleva son visage pour tenter de le voir entièrement. Tendant les tissus de sa gorge à leur maximum. Elle ouvrit faiblement la bouche et parla tout aussi faiblement.

-Pas… Pas drogue… Donne-moi…

Elle se coupa soudainement et son corps s’affaissa brusquement. Elle se retint tout juste avec son coude. La patiente releva ses yeux rougis et humides vers le médecin.

-Fais-là… Cesser…

Ces paroles s’étaient extirpées de ses lèvres dans le même souffle qui lui avait servit à expirer.

Piotr Zinoviev
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le Sam 9 Fév - 0:19

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Il aurait voulu être froid avec elle. Lui rendre l’animosité qu’elle lui témoigner, sortir les crocs comme elle le faisait. Dans cette haine arbitraire, il aurait presque espéré trouve une résonnance entre eux. Puisqu’il n’arrivait pas à lui communiquer, à simplement lui faire comprendre l’amour qu’il lui portait, peut-être est-ce lui qui devait appréhender sa haine. Mais à la voir au sol, tremblante, hagarde et aveugle, il avait la certitude de ne jamais y arriver. Cette femme recroquevillée et fiévreuse, il était condamné à l’aimer et la protéger toute sa vie. Quelques soient les crimes qu’elle commette et les ennemis qu’elle se fasse.

Piotr se précipita vers elle en se débarrassant de son manteau dans un geste ample. Il s’agenouilla, prêt une fois de plus à lui prêter allégeance, déposant le vêtement sur ses épaules, entourant son torse d’un bras, passant l’autre sous le pli de ses genoux. Ses lèvres sèches et tremblantes s’appuyèrent un instant contre le pavillon de son oreille, alors qu’il la serrait contre lui avec la peur qu’elle s’évapore entre ses bras.

« Calme-toi, ne panique pas. Je vais juste te soulever, tout va bien. On va la stopper. »

Murmura le médecin, insufflant à sa voix une véracité à laquelle il ne pouvait croire, puisqu’encore incapable de comprendre le mal de la mercenaire. Il connaissait les sauts d’humeurs tempétueux de sa sœur, et son intolérance au touché humain en dehors des combats, le siens plus encore que n’importe quel autre. Mais il ne pouvait même pas émettre un diagnostique si elle ne coopérait pas pour lui expliquer ce qui se déroulait dans son propre corps. Pour une fois, il espérait qu’elle enterrerait la hanche de guerre, ou serait assez raisonnable pour comprendre qu’elle devait se laisser approcher, ne serait-ce qu’un instant. Et qu’elle lui fasse sauter l’émaille des dents après s’il lui plaisait.

< i>Fais-là cesser.
La vielle ennemie de Sergueï. Son éternelle hantise. Piotr n’avait découvert cette phobie chez sa sœur qu’à leurs retrouvailles. La petite fille qu’il avait tenue dans ses bras avant son départ n’avait pas encore cette peur panique de la douleur. Il n’avait aucune idée précise de ce qu’il s’était passé dans leur station paternelle. Le sujet serait éternellement sensible, et les enfants Zinoviev n’avaient besoin que d’une chose pour aller mieux : voir le fantôme de leur père s’éloigner.  Mais le corps presque entièrement tatoué de Sergueï lui laissait entrevoir un peu de l’origine de cette peur. Yuri était présent quand lui-même avait été enchaîné à ses racines par ces marques sur ses bras, bien moins soignés que celles sur le dos et le torse de sa sœur –qui avait reçût un traitement de faveur, il en était sûr, et en remercié presque leur géniteur. Son tuteur lui avait assuré que les moyens dans le métro étaient bien plus rustiques et douloureux que ceux de l’époque rayonnante et glorieuse de la surface. Et qu’Yvan avait veillé à ce que le moment soit une vraie épreuve, longue de plusieurs heures, où une fois de plus il avait voulu tester la valeur de ses fils. Et de sa fille.
Piotr espérait que la vielle folle à l’esprit altéré qu’était la mère de Sergueï avait réussit à convaincre leur père de rendre l’épisode moins éprouvant et traumatique pour sa sœur. Mais des informations qu’il avait tiré des brèves réponses -murmurées d’un ton sec- d’Isaak à ses questions, il devinait qu’Yvan avait été sans pitié avec elle, et l’avait faite tatouer quelques années après son départ. Alors qu’elle n’était qu’une gosse.

Le médecin souleva la femme avec une expiration d’effort, sentant les muscles de ses bras et de son torse se tendre et se crisper, les tendons de son cou saillirent un instant sous la peau alors qu’il bloquait sa nuque. Les muscles masses de sa mâchoire frémirent quand son regard se posa sur les iris claires et fiévreux de Sergueï, déjà parties il ne savait où dans l’inconscience. Raffermissant sa prise sur le corps taillé en muscles de sa sœur, Piotr traversa la tente en quelques enjambés, la déposant aussi doucement que l’urgence de la situation le lui permettait sur le lit de camp repoussé au fond.

« Seryoga, écoute-moi. Ne t’endors pas, reste consciente. Garde les yeux ouverts. »

Ordonna-t-il sèchement, sa voix claire détachant chaque syllabe avec une précision qu’il espérait pouvoir servir de repère à l’esprit délirant  de la mercenaire.  Il vint prendre son poignet entre ses doigts, appuyant son index et son majeur contre le dessin bleuté de la veine presque dissimulait sous l’encre des tatouages. Tu nous compliquera la vie même mort, Yvan.

« Appart tes côtés, aucune blessure ? Rien n’a percé la peau ? Pas de morsures ou de coup de griffes ? »

La faune du métro s’évertuait à adresser un doigt d’honneur à Darwin qui devait s’être retourné dans sa tombe depuis des décennies, et personne ne pouvait prétendre savoir ou prédire ce qui pouvait se trouver au bout des griffes d’un mutant. Si les aberrations du métro se mettaient à suinter de poison, Piotr allait passer de médecin à croque-mort en quelques mois.
Lâchant le poignet de la femme, il approcha sa main en coupe à quelques centimètres de ses lèvres, ferments les yeux pour limiter les informations parasites et se concentrer sur l’ostinato de sa respiration. Compliquée. Trop lente ? Dépression respiratoire ?
Il feula un juron en rouvrant les yeux, sourcils froncés et muscles du visage crispés. Son esprit de médecin, déboussolé par le manque d’information –où le trop plein- lui faisait halluciner des symptômes qui aurait pu lui permettre de rattacher avec certitude l’état de sa sœur avec une maladie qu’il connaissait. Fièvre. Sueur excessive. Complication respiratoire. Bouffé de chaleur. Crise de manque ?

« Pas de drogue, jamais ? Même pas une fois ? »

Il trainait dans le métro des merdes qui collaient à la peau des la première prise. Et pour peu qu’un charlatan ait su trouvé les arguments pour la convaincre de se jeter dans ce paradis plus ou moins synthétique mais éternellement nocif, et qu’Isaak n’est pas été là pour la préserver, il ne doutait pas que Sergueï n’ait pas résisté au chant des sirènes.

« Tabac ? Alcool ? »

Continua le médecin, l’assaillant de questions pour la garder avec lui. Au vue de la jambe d’Isaak, des excès physiques de Sergueï, et de son propre lien avec Inna, Piotr avait finit par soupçonner leur station d’origine d’avoir une imperméabilité aux radiations plus que discutable. Des enseignements de Yuri sur les effets théoriques et observer des radiations avant l’apocalypse, il ne restait que des ruines dans sa mémoire, et sûrement que la réalité avait dépassé de loin toutes les attentes des scientifiques. Il s’était renseigné autant qu’il avait pu, mais Polis, le siège du savoir dans le métro, était avare d’informations, et ce qui y rentrait en ressortait rarement. Au finalement, des mutations il ne savait rien. Rien de plus que son voisin de tente, alors qu’il était médecin et un des premiers concernés. La Cité des Lumières  pratiquait toujours aussi assidument la désinformation, et il se savait déjà privilège de le savoir,  aidé par son amitié avec Anna. Il n’avait pas la moindre idée des effets que pouvaient avoir une bière de Prospect Mira ou un joint sorti du sac d’un colporteur sur la mutation de sa sœur. Il était dans le brouillard.


Ramène-Isaak. Urgence.


« Putain ! »

Inna fit un effort pour ne pas sursauter en entendant une nouvelle fois la voix de son père résonner dans son esprit. Une douleur lui traversant les tempes. Des formes blanches dansèrent un instant devant son regard aveugle. La petite reposa son regard sur son oncle, un instant hagarde avant de se ressaisir. Elle posa les yeux sur le thé fumant qu’Issak lui avait ramené, maintenant entre ses propres mains, alors que ce que Piotr lui avait demandé de faire infusé était passer entre celles bourrues et carrées d’Oleg le tenancier. Son esprit mit quelque seconde à analyser le flot de penser à la fois primaire et hyper-détaillés que lui avait envoyé son père, la statufiant le regard plongé dans la couleur sombre de son thé. Enfin elle brisa le mutisme dans lequel elle s’enlisait depuis que son oncle l’avait rejoint et qu’ils étaient retournés au bar où ils attendaient un instant plus tôt, relevant sur lui un regard panique. Elle sauta de son tabouret trop haut et légèrement bancal, passant derrière le comptoir fait de vielles caisses de munitions et d’une plate de métal redécoupé pour servir de zinc.

« Oleg ! Le truc de Papouchka, vite ! »

Le grand barbu baissa sur elle un regard interloqué, interceptant au dernier moment la petite main qu’elle précipité vers une petite casserole installé sur une cuisinière de fortune, sans tuyauterie et qui enfumé plus ou moins délicatement le bar.

« Touche pas à ça ! Attend, je vais te servir… »

Pressé par Inna, il versa dans l’eau chaude dans la tasse, enroulant autour un chiffon.

« Tiens.
-Merci ! »


Comme une pile électrique, elle fit volte-face, s’approchant d’Isaak pour lui prendre la main, et le tirait loin de son siège.

« On doit aller à la tente, vite ! Seryoga consomme quelque chose d’addictif régulièrement ?! »



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