Garde à vue pour réinsertion
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le Jeu 14 Juin - 21:48
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Quelques heures après m'être endormi dans la petite pièce à coté du bureau de Anna, on vint tambouriner à la porte pour me réveiller. Avant même d'avoir eu le luxe d'émerger de mes songes, que quelqu'un entrait déjà, m'invitant avec force à me lever. Récupérant mes bottes qui trainaient sur le sol ainsi que mon pull et ma veste, on me traina hors de la pièce. Malgré l'état somnolent dans lequel j'avais été, j'avais eu le temps de voir des armes à feu, des couteaux, des tenus militaires. La chirurgienne avait donc informé les grandes pontes de ma présence et ma demande d'asile? Il faut croire... Et là on me conduisait au peloton d’exécution car on n'accepte pas de satané rouge à Polis?

Marchant dans le couloir, mon pull et ma veste pliés dans mes mains, mes bottes dessus. J'avançais d'un pas lent, entouré par trois soldats. Un de chaque cotés et un derrière. Sentant leurs regards ainsi que leurs armes braqués sur moi. Encore heureux que je n'avais pas pris la peine d'enlever mon froc pour dormir, j'aurai eu l'air fin en slip à déambuler ainsi devant tout le monde.

On traversa ainsi la station pour m’amener dans un quartier plus adapté à mon statut de réfugié diplomatique. C'est-à-dire dans ce qui ressemblait le plus à une magnifique cellule où on pourrait me laisser croupir puis mourir. De temps en temps, j'avais trainé un peu la jambe, la douleur dans mes cotes ne m'aidant pas trop à marcher... Encore moins quand on te colle un coup de Ak-47 dans le dos pour t'ordonner d'aller dans telle direction. J'avais grogné de douleur à plusieurs reprises, titubé également mais sans jamais me plaindre, parvenant à ne pas faire tomber mes vêtements. Oui, j'avais voulu être le plus digne possible en pensant que c'était bientôt la fin de ma misérable existence. Mes victimes aussi avaient-elles voulues être dignes, la tête haute quand j'avais arraché leurs vies ?

On me poussa dans mon nouveau logis, je m'y écroulais. Le énième coup dans les cotes venaient d'avoir raison de mon endurance. Gisant comme une bouse sur le sol, le souffle court. Je sentais mes cotes me faire un mal de chien et pour couronner la scène: la gêne et la douleur me firent tousser, m'arrachant des vagues de souffrances supplémentaires. Crachant du sang, comprenant que mon poumon n'avait pas non plus apprécié ce traitement.

Après plusieurs minutes étalé sur le sol, je parvins à trouver la force de me relever pour m'assoir, adossé au mur. La tête entre mes bras, eux-mêmes posés sur mes genoux. Combien de temps suis-je resté ainsi? Aucune idée... Pris par moment de somnolence, ne me réveillant que quand la faim me tiraillait l'estomac. La douleur s’amenuisait lentement, ma capacité à cicatriser agissant toujours mieux avec du repos. Un bon repas aurait accélérer le processus mais j'imagine qu'on m'apportera tôt ou tard le repas du condamné... Ainsi donc, tout allait s'achever ainsi? Sans que je puisse revoir Anna? Mourir sans pouvoir tuer Stepan. Mourir en restant puceau à trente ans. Mourir sans avoir vraiment ressenti la vie, ni des émotions. Le vide que je sentais habituellement en moi me paru alors bien plus important encore. C'était à prévoir que je termine dans une cage: même les animaux ont plus d'empathie que moi. C'était plutôt surprenant que personne n'ait comprit jusque là mon déficient affectif. Hormis cette nana hyper empathique qui m'avait filé quelques conseils pour ressentir des émotions. Ce qui, avouons le, m'avait surtout servis à mieux simuler mes émotions et comprendre un peu mon entourage.

Attrapant ma botte, je tapais avec contre le mur pour faire du bruit afin d'appeler des gardes.

"Faut sucer qui pour avoir son dernier repas ici ?"

Plutôt fier de ma petite blague. J'espérais juste ne pas tomber sur un tocard sans humour qui allait me rouer de coups en guise de réponse...



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le Ven 15 Juin - 21:25

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Ses pas semblaient résonner dans le couloir qu’il empruntait, escorté d’un soldat qu’il n’avait pas eu l’honneur de croiser en mission, auparavant. Tout au long du trajet, Daniil repensait à son ordre de mission. S’assurer que le type ne meurt pas. Découvrir, si possible, les intentions de celui-ci. Il savait également qu’on l’envoyait là, pour ses doubles capacités ; soigner et savoir se défendre en cas de casse. Pourtant, la demande l’avait pris par surprise ; n’était-il pas plus adapté au terrain ? Il n’allait pas s’en plaindre néanmoins : le fantôme de Marko le suivait encore parfois lorsqu’il se retrouvait seul le soir.

Il remercia d’un geste de tête, le ksatriya l’ayant accompagné jusque devant la porte et l’y laissa pour tendre la main vers la poignée lorsque des coups firent échos. Le geste en suspends, le médic retint un soupire et entra en se flanquant d’un sourire de circonstance. C’est ce qu’on appelait ‘Tomber au bon moment’, surement.

“Je peux me dévouer à cela, si tels sont tes dernières volontés mais…” La porte se ferma dans son dos, couvrant presque sa voix avant qu’il ne s’avance sans marquer de pause dans son dialogue : “D’une, je n’ai pas pour habitude de laisser les hommes mourir lorsqu’ils sont confiés à mes soins. De deux, ça n’est pas très désaltérant, je le crains.”

Trois mois s'étaient écoulés depuis sa dernière mission sur le terrain, avec Vympel. Deux mois, depuis que Stena avait su stopper sa lente chute dans le gouffre de la culpabilité, ou au moins la ralentir.
S’occuper du dernier rejeton en date d'un cachot quelconque, se trouvait être la première tâche qu'on lui remettait depuis. Daniil la prenait comme un échauffement ; avec un peu de chance, il pourrait à nouveau retourner sur le terrain bientôt.

Droit dans un uniforme militaire bien entretenu, un kit médical accroché à sa ceinture tactique, la fonction de Kraïevski était facile à déterminer. Un medic de terrain, qui avait dû en voir bien d'autres si on se fiait à son regard désaturé.

Il n'attendait pas la répartie de l'autre, pour entrer dans la cellule du prisonnier. Il avait laissé son arme aux bons soins de l'armurier en chemin et n'avait plus sur lui en matière d'arme défensive, que ses gants tactiques. Et ses compétences.

Avec assurance, il pénétrait dans l'espace confiné du type et marcha droit vers lui en faisant taire du mieux qu’il le pouvait, ce que l’état du type éveillait en lui. Lui, qui vouait sa vie a protéger les autres. Quand bien même celui-là était-il de la Ligne Rouge, un humain restait un humain, tant qu’on ne lui prouvait pas le contraire. Tant qu’il ne devenait pas comme lui-même.

Du sang était non-loin au sol, remarquait-il sans avoir besoin de s’y pencher. Comme il devinait sans mal que l’homme avait dû encaisser quelques coups en chemin. Au retour, il râlerait sur ses confrères, en guise de demi-plaisanteries, sur l’amabilité dont ils auront fait preuve de lui fournir encore plus de travail.

Fléchissant les genoux, Daniil finit par s’accroupir et se présenter : “Kraeïvski. Je suis celui chargé de m’assurer que tu tiennes debout.” Il attendait visiblement que l’autre en face de même ; qu’importe les documents, il voulait l’entendre. Tisser un lien.

D’une main devant lui, un signe emmenant au calme ou témoignant que le geste suivant ne serait pas violent, il fouilla à sa ceinture pour en sortir une ration sèche qu’il lui tendit. Il n’avait pas de ‘vrai repas’ mais cela serait toujours mieux que rien du tout.



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le Ven 15 Juin - 22:19
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Des crissement de bottes. Quelqu'un approchait. Enfin ! J'avais tellement la dalle. Je me souvenais pourtant avoir grignoté une ration durant ma visite chez Anna. Mais elle ne m'avait pas laissé boire de vodka... C'était peut-être ça qu'il me manquait ? Allez savoir. Enfin mes quelques blessures, pas forcément graves, avaient tendance à m'affamer ou me donner envie de dormir. Et l'ennui devait aussi me pousser à bouger, à vouloir manger ou voir quelqu'un. Non pas que l'être humain et les relations sociales me manquaient hein ? N'allons pas jusque là non plus. Juste... Croiser un regard, savoir qu'on peut arracher cette étincelle dans les yeux de quelqu'un, prendre une vie. Oui, ça me manquait. Et si je sortais d'ici, par chance, en étant accepté à Polis, nul doute que mon prochain meurtre ne sera pas pour tout de suite. Combien de jours pour obtenir une arme ? Combien de semaines pour gagner la confiance des gens ? Combien de mois pour jouer avec des mécanismes et du plastique ?

Un bruit métallique, un grincement et une silhouette apparaissait dans ma geôle. Grand, crâne rasé, une tenue militaire, une posture l'étant également. Il affichait un sourire, l'optique d'une fellation orchestré par un prisonnier ou par la connerie de ma demande ? Ou alors simple rictus de plaisir sadique à l'idée de me torturer dans un futur proche ? Je détestais devoir décoder l'esprit de mes congénères... Il ne serait pas plus simple d'énoncer clairement ce qu'on pense, ce qu'on ressent ? Genre... Heureux: je suis ravi de vous rencontrer. Ou encore intimidé: votre sourire de pervers ne m'inspire rien de bon. Certains diront que ça fera bizarre de parler ainsi, mais moi ça me conviendrait hein ?

L'homme dit qu'il pouvait se dévouer, si c'était là mes dernières volontés. Et merde... Un détraqué sexuel. Enfin, l'idée de lui arracher le membre avec mes dents avant de me faire tuer, eut quelque chose de réconfortant ce qui me réchauffa le cœur. Au moins ne mourrais-je pas seul. Il claqua la porte dans un autre fracas assourdissant. Enfin quand on était habitué au calme, voir au silence depuis des heures, ça résonnait méchamment aux oreilles tout ce bordel.

Il enchaina alors, expliquant que ce n'était pas dans ses habitudes de laisser mourir quelqu'un qui lui était confié. C'était donc lui ma nounou ? Le soldat qu'on avait dépêché pour me surveiller, me torturer afin de me faire parler. En entrée en matière, j'aurai quelques cours à lui apprendre. Entrer sans un mot, coller une praline à notre victime en guise de chaleureuses salutations. Mais lui préféra me parler du fait que sucer n'avait rien de très désaltérant. Ok... Déjà première chose: il sait que ça hydrate pas. Je peux donc en conclure qu'il a déjà essayé hein ? Seconde chose: était-ce là de l'humour ou une explication suite à ma demande ? S'il déballais ses affaires, c'était pas une blague.

Sucer un crâne rasé balafré... Si c'était pour ça, j'aurai mieux fait de rester à la Ligne Rouge. Stepan m'aurait surement prêté son petit-ami pour m'infliger ça. Oui, on notera que je suis persuadé que ce commissaire politique a une préférence pour la gente masculine. En même temps: avoir des portraits énormes de vieux communistes morts dans son bureau... Si c'est pas de la fascination macabre et homosexuel, qu'est-ce que c'est ?

L'homme s'avança, pénétrant dans mon espace confiné, ma zone de confort si j'ose dire, bref ma magnifique cage. Je l'observais en silence, ne sachant pas trop à quoi m'attendre. Que me voulait-il ? Me torturer, me violer ou me parler ? J'en venais presque à regretter ma petite blague qui sur l'instant, m'avait rendu plutôt fier de moi.

Il finit par s'accroupir pour mieux m'observer. Nous jaugeant chacun du regard. Kraeïvski, il était chargé de s'assurer que je tienne debout. Il tendit ensuite la main dans un geste se voulant rassurant, ça, ma formation militaire me l'avait inculquée depuis des années. Il me tendit alors une ration sèche, preuve de sa bonne foi à mon égard. J'hésitais un instant, prenant la nourriture que je portais à ma bouche sans rechigner ensuite. Après avoir mastiqué la première bouchée, je reportais mon attention sur ce Kraeïvski.

"Première question: t'as fais une étude poussée sur le fait que ça ne désaltère pas ? J'imagine donc que c'est comme l'alcool, c'est liquide mais ça n'hydrate pas non plus... Vous en savez des choses à Polis. Les rumeurs sont donc vrais. Je parlais sur un ton détaché, n'affichant pas d'humour dans ma voix. Comme si j'énonçais des faits ou ma réflexion. Yvan Nekrasov, ancien camarade patriote de cette bonne vieille Ligne Rouge. Qui m'a congédié en disant que j'aurai fais exploser une station désaffectée volontairement. Dans le but de tuer mes camarades et m'enfuir. Et... Finir hospitalisé ici ensuite car dans mon plan, j'avais pas prévu que l'explosion m'emporte j'imagine ? D'un haussement d'épaule pour accompagner mes mots, je mangeais de nouveau la ration. Du coup on est venu me chercher ici pour me ramener et m’exécuter. J'ai donc pris la fuite pour venir à Polis, espérant y trouver l'asile. Mais j'imagine que mon exécution n'en aura été que retardé ?"

Je terminais la ration, faisant un hochement de tête et un signe de la main pour le remercier. Évitant de parler d'avantage la bouche pleine pour rester un minimum courtois. J'étais déjà satisfais de la situation, aucune apparition de membre viril pour répondre à ma première demande. Pas de coups dans le visage pour m'ordonner de cracher tout ce que je savais. J'avais pas mal parlé en plus, jouant la carte du mec qui coopère pour montrer sa bonne volonté. Stepan serait fier de moi...



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le Ven 15 Juin - 23:55

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Resté dans la même position tout le long, les bras négligemment posés sur ses genoux et le cul à quelques hauteurs du sol, Daniil observait Yvan d’une méticulosité certaine : il l’écoutait vraiment, intéressé par ce que le gars racontait, mais cherchait en même temps à percevoir l’étendue des dégâts corporels que celui-ci arborait sous les couches de vêtements et sous les apparences.

Des apparences. Il savait que c’était bien de cela qu’il s’agissait ; nul homme conscient ou lucide, encore vaillant, ne raconterait son histoire sans sourciller. Pourtant, quelque chose le gênait dans le discours, ou dans le regard de ce fugitif, sans savoir de quoi il s’agissait.

Les rumeurs. Nekrasov venait de toucher une corde sensible pourtant bien loin de celle qui se trouvait visée dans les propos tenus. Les rumeurs faisaient parfois autant de dégâts que les bombes nucléaires ayant dévastée le monde. Les rumeurs sur la mort de Yuriy lui pesait toujours aussi lourds sur la conscience. La confiance avait été bafouée et il avait dû s’en relever. Comme un grand.

”Je n’ai pas fait d’étude sur le sujet, non.” répondit-il lorsque la chance lui en fut donnée, sans avoir l’air d’en être vexé. Parce que Daniil s’assumait sans se voiler la face, bien que son orientation reste dans un espèce de jardin secret où nul fleurs ne poussent autours des tombes sans noms. “Mais si tu ne veux me croire et que la curiosité te pique, préviens moi ; je peux encore faire machine arrière et trouver de quoi satisfaire ta demande première.”

Non, il ne lui dirait pas clairement avoir déjà partagé l'expérience. Autant laisser le type se questionner sur la question, lorsque la solitude viendrait à le saisir de nouveau. Quand bien même il n’avait pas prévu la savante répartie du détenu.

“Ou bien,” Poursuivit-il en se redressant tranquillement sans s'écarter pour autant ; intimement proche de l'individu. “On peut passer à ce pourquoi je suis là. Tes poumons ne doivent pas être perforés, vu ta facilité à faire des discours. Hormis cette envie irrépressible de t’abreuver à la source, as tu mal quelque part?”

Le medic n'était pas le genre d'homme à porter la main inutilement sur autruis. Yvan était prisonnier. Il ne pouvait aller nulle part. Rien ne servait de s'acharner dessus. Et puis, les plus manipulateurs ou les moins idiots, savaient que la torture n'était pas fiable : l’instinct de survie et de préservation faisait dire aux détenus, tout ce que le bourreau voulait savoir, allant jusqu'à se convaincre eux-mêmes de cette nouvelle réalité, quitte à devenir un cochon volontaire vouant sa vie à alimenter un groupe de cannibales. La torture n'était pas faite pour tirer des renseignements mais pour casser un individu.

Il ne pouvait répondre à la dernière question, ignorant lui-même la réponse. Ignorant lui-même l’issu qu’il souhaitait. Tant d’interrogations naissaient du discours, le forçant à les mémoriser pour plus tard. Là, il souhaitait en venir à l’essentiel et la raison première de sa venue ; droit au but.



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le Mar 19 Juin - 2:46
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Mon nouveau compagnon et meilleur ami ainsi que confident, m'avoua qu'il n'avait pas fait d'études sur le sujet. Dommage, éclairé ma lanterne dans ce cachot aurait été fort utile. Répondre à des questions existentiels comme savoir ce qui hydraterait le mieux entre la semence humaine ou l'alcool, connaitre le sens de la vie. Ou encore percer le mystère des émotions humaines, savoir pourquoi je ne disposais d'aucune empathie. Après tout, si dieu m'avait donné la vie et m'avait conçu de la sorte, il y avait bien une raison. Mais je n'étais bien peu de chose pour comprendre la volonté divine. Quoique, je n'ai jamais été croyant, comme pas très fan de la propagande du communisme instauré par les rouges. Un homme de bien peu de convictions, j'en ai peur...

Quoique, j'avais bien un but dans la vie: me sentir vivant, cacher ma nature aux autres... J'observais un instant l'individu, me demandant combien de temps me faudrait-il pour le faire tomber et me retrouver au cheval sur lui... Sentir son corps collé au mien. Effleurer sa peau pour écouter son palpitant, sentir sa chaleur corporel. Combler par cette étreinte mon manque affectif ou ma solitude. Renifler son odeur pour enfin plonger mon regard dans le sien tout en serrant avec force mes mains sur sa gorge pour écouter son dernier souffle peiner à sortir avant que la vie ne le quitte... Oui, il était appétissant ce mec mais cela n'avait rien à voir avec notre discussion.

Il disait que si la curiosité me revenait, il pourrait s'arranger pour satisfaire ma demande. Pas contre l'idée hein ? Du coup il aimait les hommes ? Déjà que je ne comprenais pas pourquoi les hommes aimaient les femmes, hormis pour le besoin de perpétuer l'espèce. Mais alors homme avec homme ou femme avec femme... Enfin, j'imagine qu'il en faut pour tous les gouts. Les miens sont bien très... Particuliers. Cela me fit penser à un livre qu'une gamine d'enfance lisait, cinquante nuances d'obscène ou un un truc du genre. Elle semblait tellement heureuse de lire ce truc, les joues roses.

Là, il se releva, me mettant face à sa braguette. Et merde... Nous y voilà ? Devant mon charisme, mon charme naturel et mon petit coté latino qui faisait exotique dans le métro, il avait cédé à ses bas instincts ? Si c'était le cas, je jure que ses entrailles se répandraient bientôt sur le sol quitte à lui ouvrir le bide à mains nues. Pourquoi lui pourrait se satisfaire d'un petit plaisir de la vie et pas moi ? Et non, rien d'homophobe là dedans. N'ayant jamais essayé les femmes par manque d'intérêt sur le sujet, hormis une attirance étrange avec la chirurgienne, peut-être que les hommes me plairait? J'avais entendu dire que la pyromanie était une forme d'acte sexuel pour les gens comme moi. A méditer.

Il était là pour mes blessures, disant que mes poumons ne devaient pas être si mal vu comme je parvenais à parler. Affichant un sourire, singeant le genre humain après des années d'observation, j'espérais avoir une mimique amusée. Il me demanda où est-ce que j'avais mal. Sans attendre, je me relevais doucement, évitant les gestes brutes: ne pas inquiéter ma proie... Pardon mon docteur. Je retirais alors mon haut, laissant voir mon torse nu à cet inconnu avec qui on venait de parler d'échange de fluides... La scène allait devenir de plus en plus étrange ici ou quoi ?

Je lui montrais en effleurant mes cotes, le bleu noirâtre qui s'y était dessiné. Deux cotes fêlées, enfin simple appréciation de la douleur. Parfois un petit sifflement quand je respire: poumon touché ou simplement gêné ? Levant l'autre bras, je lui montrais une longue entaille en diagonal qui avait éraflée ma peau par chance: j'avais essayé un coup de feu, mais mon pull lui était troué... Dommage, je l'aimais bien. Kraïevski pouvait également voir que j'avais pas mal de cicatrices, dont certaines encore très fraiches suite à l'explosion accidentelle dans un tunnel qui m'avait valu un arrêt maladie ici même pour rencontrer madame Volkovar. Accompagné de plusieurs hématomes suite à l'accident et quelques combats lors de mon départ de la Ligne Rouge.

"Les cotes sont douloureuses... L'entaille de la balle, ça va. Et j'ai mal à l'omoplate aussi... Enfin ça fait déjà plusieurs jours donc j'imagine que le pire est derrière moi ?"

Petit mensonge, le combat et l'évasion de la LR était de la veille. L'entaille laissée par le coup de feu, une quinzaine d'heure, les cotes... Une heure plus tôt. Sauf que je sentais que ça allait mieux: deux vrais repas, vingt heures de sommeil et je serai comme neuf. Sauf que ça, je ne pouvais pas le lui dire... Anna le savait et peut-être ne l'avait-elle pas dit ?

"Et ça siffle un peu quand je respire... Un peu de vodka et ça ira, qu'en pensez vous docteur ? Et parlez moi un peu de vous ! Né ici ? C'est comment Polis ? Aussi sombre et sous terre qu'à la Ligne Rouge ?"

Je m'adossais alors au mur, regrettant vite mon idée: le dos nu sur l'acier fut glacial et déplaisant, mais j'attendais ainsi, me doutant qu'il allait surement vouloir inspecter mes bobos.



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le Mar 19 Juin - 20:28

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Il n’avait aucune idée de ce qui se tramait dans l’esprit du captif ; c’était un fait. Même s’il cherchait un indice, rien ne pouvait l’aider. Daniil n’était pas psychologue. Il l’observa retirer le haut, l’air aussi détaché que s’il observait un schéma anatomique sur lequel était inscrit les point vitaux. Car ça n’était que ça, au final : nul attirance, le travail seulement.

Du regard, il observait les blessures qui se dévoilait à son regard, suivant le tracé des doigts d’Yvan et se faisait une idée de l’étendue du portrait.

Un hématome foncé à niveau des côtes. Une entaille par balle. Quelques cicatrices de feu. Plusieurs bleu, ci et là. Rien qui ne paraissait bien grave aux yeux de Daniil qui écoutait avec une certaine attention, les propos du type sous ses soins.

Docteur.

“Je ne suis pas médecin.” Trancha-t-il dans le vif, rappelant ainsi, de façon inconsciente, qu’on n’accordait pas vraiment le luxe d’un docteur aux prisonniers, dès les premières séances. Non, son rôle n’avait jamais été de traiter des maladies, d’opérer, ou même de diagnostiquer. Son rôle, c’était de préserver la vie du mieux possible et de ramener les blessés à plus compétents que lui. Voilà pourquoi il allait sur le terrain.

“Toute les stations se ressemblent en ce point, je présume… Mais si un jour tu aperçois le soleil, surtout, prends une photo pour moi.” Il n’y croyait pas, n’y croyait plus. Qui d’assez fou pouvait croire qu’un jour, cela serait à nouveau possible ?

Un sourire en coin naissant à son visage alors que Nekrasov s’adossait au mur, il poursuivait avec un peu plus de vie : “Tu auras tout le loisir de découvrir Polis, si tu ne pousse pas les gardes à l’exécution avant que l’ordre ou son contraire, n’en soit donnée.” Un moyen subtil de lui conseiller de se tenir à carreau. Il ne donnerait aucune information, non. Néanmoins, il pouvait bien lui parler de lui ou d’autre chose, alors il s’approcha afin de vérifier les blessures visible tout en continuant.

“Ma mère aurait adorée que je sois devenu docteur. Ou chercheur. Mais mes idéaux ne rejoignaient pas les siens, malheureusement. Nous sommes condamnés à vivre sous terre et je ne voulais pas laisser les nôtre se battre pour notre défense, sans y participer un minimum. Et j’ai besoin d’adrénaline.”

Ses propres mots auraient pu lui arracher une moue étrange, d’auto-dérision sans doute. Mais il n’en était pas encore là dans son acceptation de lui-même, sur d’autre plan.

“Pour ce qui est de la vodka… Je te ferai parvenir de l’eau. Moins goûteux je le sais, mais mieux pour le corps. Je peux ?”

Nul temps de répondre, si Yvan ne se dérobait pas juste avant ; le médic avait besoin de toucher l’hématome aux côtes, afin de s’assurer que tout était toujours en place. Suite à quoi, il lui demanderais de se retourner pour voir les omoplates de celui-ci, qui selon les dires, le faisaient souffrir.



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