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Mercenaire - Lycaon
le Sam 9 Juin - 13:43
Mercenaire - Lycaon

Passeport
Age :: 23 ans
Patronyme :: Ilitch
Surnom :: Nikki


Les secrets sont dans les cartes.


FACTION :: Hanse
PROFESSION :: Mercenaire, principalement employé par les stalkeur et l'Unité Zenit

NOM :: Azarov
PRENOM :: Nikita
PATRONYME :: Ilitch

DATE DE NAISSANCE :: 20/04/2022
ÂGE :: 23 ans
TAILLE :: 174

GENRE :: Masculin
SEXUALITE :: Bisexuel


Descriptions

Profession & Faction

Nikita est un mercenaire qui réside à la Hanse. Officiellement, il est au service des Stalkers de sa faction. Officieusement, il lui arrive d’accepter des contrats plus louches, notamment pour les Arrangeurs en tant que Lycaon. Cela dit, il reste extrêmement secret sur la nature de ses activités. Il ignore être engagé par l’Unité Zenit et qu’un de ses plus proches amis fait partie de Vityaz.
Il entretient une réputation de pivot de bar, allumeur et par-dessus tout de conteur et magicien.

Physique

Pourvu d’un débardeur ample et d’un jean délavé en piteux état, Nikita Azarov arpentait tranquillement un couloir de Park Koultoury.

Sa longue silhouette marchait nonchalamment, les mains enfoncées dans les poches et le dos légèrement voûté. Ses cheveux bruns tombaient jusqu’à ses épaules, en ondulant légèrement, la chevelure du jeune Azarov avait un aspect des plus chaotique. Si l’ensemble de ses cheveux ondulés, de nombreux épis s’extirpait de sa chevelure dont les pointes fourchaient. Deux épaisses tresses prenaient racine de chaque côté de son front pour retomber à l’arrière de son crâne et timidement s’effleurer. Deux centimètres plus haut, une paire de perles décorait chacune des tresses. Des tresses plus fines et discrètes pendaient dans le cou de Nikita, ballottées au gré de ses mouvements. L’une de ses mains vint plaquer quelques mèches sur le côté gauche de son crâne, révélant une raie sur le côté droit, parfaitement bien tracé. Les doigts fin et pâles se glissèrent sous les cheveux brunâtres du mercenaire avant de retomber, les recoiffant plus ou moins. L’index et l’annuaire du mercenaire étaient ornés de deux bagues. Celle de son index était parée d’arabesque tandis que celle de son annulaire n’était qu’un anneau d’argent, sur lequel était gravée les lettres N, A, D, Y, A. Son bras droit était finement musclé et paré d’un imposant tatouage. Différents bracelets d’encre venaient enlacer son membre, certains reproduisaient des formes géométriques tels que des losanges et des triangles, tandis que d’autre se contentait d’être d’épaisses bandes noires. L’avant-dernier motif était une bande rouge striée de fin espaces, elle était le seul motif du tatouage à être colorée. Le tatouage grimpait du poignet jusqu’à la délimitation de l’aisselle. Une épaule à la musculature harmonieuse surplombait le bras tatoué du mercenaire. Sa jumelle lui était identique en tout point. Elles encadraient le dos de Nikita qui était lui aussi finement sculpté, ses omoplates se dessinaient au rythme de sa marche, laissant deviner un manque certain de matière grasse à cet endroit. Le tissu du débardeur de Nikita les révéler, de temps à autre, aux yeux les plus curieux. Sa silhouette s’affinait de ses côtes à sa taille, faisant penser à la forme d’un entonnoir. Sa taille était, malgré tout, un peu plus charnue que le reste de son corps. Notamment, au niveau de ses flancs, une fine couche de graisse venait enlacer son ventre.

Ce dernier était pourtant relativement plat. Les abdominaux saillants de Nikita se dévoilaient sous son vêtement trop court dès que son buste se redressait. Au-dessus de son ventre, ses côtes se dessinaient on ne peut plus précisément sous sa peau, qui introduisait des pectoraux à la musculature sèches. Le torse svelte de Nikita était ciselé de quelques cicatrices et égratignures plus ou moins discrètes qui semblaient danser à chaque nouveau pas.

Sa silhouette, quant à elle, n’avait rien de celle d’un adepte du corps-à-corps, il excellait davantage dans la rapidité, la filouterie et la précision. Son corps était celui d’une personne agile. Ses longues jambes, bien que relativement fines, étaient musclés et athlétiques. Taillées pour la course, elles étaient façonnées pour la vie de filouterie qu’avait choisie le mercenaire. Ses cuisses, avaient tout de même une certaine épaisseur, à l’effigie de la courbe discrète mais néanmoins aguicheuse de ses hanches et du bas de son dos.

Sa main encore dans sa poche en sortit lentement pour s’élever et griffer son cou pâle. Ce dernier était à l’image du reste de sa silhouette ; svelte. Les doigts de la main gauche de Nikita étaient eux aussi bagués. Une bague au niveau du majeur, une autre au niveau du pouce. Celle de son pouce représentait des cornes de taureau, tandis que celle sur son majeur ressemblait en tout point à celle de son annulaire droit, mais cette fois, c’était son prénom qui était inscrit sur la bague.

Les doigts d’Azarov glissèrent sur sa fine barbe et vinrent s’enrouler autour de deux longues et fines tresses qui pendaient de son menton. La pilosité de Nikita formait un collier hirsute qui partait de ses oreilles parées d’écarteurs et d’anneaux. Il aimait s’amuser à nouer ses poils, leur faisant prendre différentes formes, les parant de perles et de ruban. En particulier son bouc qu’il malmenait à coup de brosse, d’élastique et de toutes sortes d’accessoires. A cette simple pensée, ses fines lèvres teintées d’un rose terne s’étirèrent, révélant des dents carnassière et relativement bien entretenue malgré le tabac et autres drogues. Le reste du visage du brun était composé de traits fins et doux, agrémenté de discrètes taches de rousseur, d’un nez pointu et plutôt discret. Le jeune homme avait un visage relativement espiègle et enfantin, qui en un instant, devenait aussi séduisant que possible.

Nikita se servait souvent de son sourire pour aguicher et séduire ses interlocuteurs, arquant les sourcils parfaitement épilés pour accentuer ses sentiments. Mais son arme secrète d’expression, c’était son regard. Des yeux noisette et sombres, qui brillaient pourtant d’un éclat passionné. C’était par son regard que Nikita s’exprimait, le reste n’était qu’artifice pour donner de petites indications supplémentaires. Il lui arrivait de se perdre dans son propre regard pour s’en remémorer un autre. Ces pupilles, c’était réellement le plus bel héritage que sa mère lui avait laissé.

Mental

Nikita est une personne simple. Il est bon vivant et se contente de ce qu’il a sa portée ; tourmenter son monde. Désinvolte, enfantin et parfois immature, il assume pleinement sa nature ; celle d’avatar de la Luxure.

Il ne cache pas l’être lubrique et provocant qu’il est, s’il est beau-parleur, ce n’est rien en comparaison de sa maîtrise du langage de la chaire.

L’une des choses qu’il apprécie le plus, c’est séduire, charmer. Il aime provoquer des réactions de tout genre chez ses interlocuteurs. Susciter ses réactions provoque en lui une sorte de satisfaction, lui donnant la certitude d’être un individu amusant, intéressant et précieux aux yeux de ses proches. Il se plaît à se savoir désiré, adulé et aimé. Ces prouesses relationnelles font de lui quelqu’un de sociable et de confiant. Il n’hésite jamais à aller vers les autres, à se montrer doux, attentionné, mais aussi, curieux et parfois virulent.

Pour Nikita, les relations sont un jeu de piste. Un jeu de piste qui ne connaît pas de fin. Pas même l’acte sexuel. Chaque moment passé avec un individu est une occasion de découvrir des secrets, et quel endroit plus adéquat pour les confessions que des draps encore humides ? C’est dans ce genre de moments que sa nature manipulatrice se manifeste. Nikita analyse et mémorise tout. Doté d’une mémoire particulièrement bonne, le garçon n’hésite pas à l’utiliser pour tromper et manipuler. Il est passé maître dans l’art du mensonge et de la tromperie. C’est d’ailleurs sa principale qualité en tant que prestidigitateur.

Azarov est un calculateur, il n’agit presque jamais à la légère ou en suivant son instinct. Il met un point d’honneur à toujours peser le pour et le contre de ses décisions. Tout est toujours soigneusement calculé dans son esprit, il sait où il doit aller et comment le faire. Malgré son tempérament joueur et enfantin, il perd rapidement son sourire quand tout ne se passe pas comme prévu et peut même se montrer très capricieux. S’il sait garder son sang-froid d’ordinaire, il n’est pas rare qu’à la suite d’un concours de circonstances et dans des cas extrêmes, le mercenaire perde son calme. À seulement vingt-trois ans, Nikita est encore très inexpérimenté. Mais ce n’est que dans ces moments spéciaux, de tension extrême, que le jeune Azarov peut agir trop vite, au gré de ses sentiments. Ça, et dans le cadre de ses relations sentimentales.

Mais, là où il est une véritable personnification de la Luxure, c’est dans sa difficulté à dompter son désir pour une personne. Si la sexualité est sa meilleure arme de manipulation, c’est aussi sa plus grande faiblesse. Puisque Nikita, s’attache relativement rapidement et avec une certaine intensité aux gens. S’il est un bon manipulateur, c’est en partie, car il se sait faible aux charmes des autres. Cette faiblesse est le résultat d’une profonde conscience de sa condition. Nikita a été élevé seule par sa mère. Le fils et la mère ont énormément souffert de l’absence du père de Nikita. Le garçon rend l’abandon de son père responsable de la vie et de la maladie de sa mère. Le décès de cette dernière n’ayant pas été un moment agréable de la vie de Nikita, ce dernier en a retiré une profonde peur de se reproduire. Il est terrorisé de répéter les mêmes erreurs de son père, de devenir ce qu’il déteste. Ce qui rend, paradoxalement, ses relations sexuelles avec la gente féminine plus que chaotique.

Cela dit, Nikita n’est pas seulement défini par cette conscience de soi et ce mal-être. Il est comme dit plus tôt, quelqu’un de positif, jovial et affreusement immature. Avec ses proches, il est sans filtre. S’il sait se tenir en société ou avec des simples connaissances, avec ceux qu’il considère comme « spéciaux », il taquine à outrance, est encore plus désinvolte et enfantin. Cela dépend évidemment de la relation, mais il aura tendance à laisser la provocation et l’ambiguïté de côté, pour se montrer plus démonstratif et entreprenant dans sa relation avec les autres dans un cadre privé.


Compléments

Compétences

Nikita excelle dans le vol à la tire. Il est habile, vif et précis, et ce, sans même user de sa nature de mutant. Il couple ces talents à ceux de détourner l’attention d’une chose sur une autre, qu’ils utilisent d’ordinaire dans ses spectacles. Nikita sait parler, charmer, manipuler et extorquer tout un tas de choses.

Sa vivacité en fait un combattant agile, qui ira toujours droit au but. Il a suivi une formation auprès des Stalker de la Hanse pour pouvoir les suivre à l’extérieur. Il sait donc tenir une arme et se cacher des mutants du métro. Le natif de la VAR sait surtout être discret et est conscient de ses limites.

Et comme tout voleur qui se respecte, il est habile de ses mains et capable de crocheter des serrures en un temps record, n’hésitant pas à utiliser son don pour cela.

Possessions

Vieille bougie
Pistolet Stechkin
Nécessaire de survie à la surface
Jeu de tarot
Kalachnikov

Antécédents médicaux

Métabolisme amélioré - Nikita est capable de modifier son métabolisme de manière à accroître considérablement ses capacités physiques (vitesse et force) pendant quelques secondes. L'exercice consomme cependant beaucoup plus vite son énergie si bien qu'il ne peut pas maintenir cet état trop longtemps sous peine de perdre connaissance ou d'entraîner des lésions physiques. Il lui faudra plus de temps et de nourriture pour récupérer d'une transe de ce genre.

Intérêts & Loisirs

Outre tourmenter ses amis, séduire des inconnus, subtiliser des biens et ses spectacle de magie, Nikita a une passion pour les histoires datant de l’ancien Monde.
Autant pour leur caractère dépaysant que pour le souvenir que celle qui les lui contait, sa mère. Ainsi, Nikita s’évertue à transmettre ses histoires à son tour. Il apprécie tout particulièrement les mythes touchant à Baba Yaga.

Il s’est également passionné pour le tarot divinatoire et escroque souvent les gens à coup de fausses consultations.




Histoire


D’aussi loin que je me souvienne, ma vie a toujours été rythmé par les histoires de l’Ancien Monde. Je veux dire par là, avant que la population russe ne soit cloîtrée dans le métro et que l’extérieur soit aussi accueillant qu’une fosse septique. Ces histoires, je les tiens de ma mère, Sveltana Azarov. Elle et moi, on a vécu dans la station VDNKh, pendant longtemps, très longtemps. Je crois qu’elle l’a même jamais quitté. Elle vendait des bougies, tous les jours. Elle avait pris l’habitude de les manipuler et de les façonner ses bougies elles-mêmes, quand elle ne lisait pas, elle faisait des bougies. Et un jour, elle m’a demandé de l’aider.

Comme chaque jour dans le métro, il faisait froid. Pourtant, ça n’empêchait pas le petit Nikita de gambader gaiement devant l’enseigne d’une échoppe miteuse. Au-dessus de l’encadrement de la porte, se tenait difficilement le dessin d’une bougie. Il était discret, le temps avait effrité la pierre et la peinture s’était lentement désagrégée. Une petite fenêtre se trouvait à gauche de la porte. Elle était trop sale pour qu’on puisse voir quoique ce soit à l’intérieur de la boutique, des plaques de crasses noirâtre s’étaient infiltré à même le verre.

Nikita était dans le même état que les lieux. Ses cheveux étaient gras de crasse, des tâches de poussière parsemaient ses bras potelés et pâles, tandis que ses vêtements étaient davantage des haillons qui se déchiraient petit à petit que de véritables habits. Le garçon s’amusait à jouer avec deux brindilles, l’une représentait un Nosalis tandis que l’autre était un stalker.

-Nikita ! Viens m’aider !

La voix venait de l’intérieur de l’échoppe, à son entente, l’enfant d'à peine cinq ans posa ses jouets de fortune et s’engouffra dans l’obscurité de la boutique.

Si l’extérieur était dans un état relativement pittoresque et n’était pas très vendeur, l’intérieure de la boutique était relativement accueillant. Deux longues étagères murales se faisaient face le long de la pièce. Toutes sortes de livres y étaient entreposées. Un petit meuble sur lequel était posé divers thés et théière se tenait à côté de l’entrée. Quelques meubles occupaient le reste de l’espace, diverses bougies y étaient exposées. Elles avaient des formes, des motifs, des couleurs différentes. Toutes les bougies semblaient uniques à leur façon.

Au fond de la pièce, il y avait un comptoir. Nikita s’y dirigea naturellement. À mesure qu’il s’approchait, ses yeux bruns distinguaient une silhouette fine, penchée sur sa chaise. Sveltana n’avait que la peau sur les os, quoiqu’une fine couche de muscles se dessinait le long de ses épaules et de sa taille. Sa peau était pâle et plutôt épargnée par les affres du temps. Ses cheveux gris étaient noués dans un chignon hirsute. En entendant les pas de son fils, la femme releva la tête, plongeant ses iris identiques à ceux de son fils dans le regard de ce dernier, ses lèvres s’étirèrent. Elle se redressa et attrapa une bougie posée sur le comptoir, ainsi qu’un petit bout de bois pointue. Elle mit les objets dans les mains de son fils.

-Tu peux m’aider avec ça, s’il te plaît ?

Nikita croisa ses petits bras sous sa poitrine, leva la tête, tout en mordillant sa lèvre inférieure et en plissant les yeux.

-Seulement si tu me racontes une histoire !

La dame soupira, laissant néanmoins un sourire éclairer son visage.

-Hmm, très bien. Mais reste attentif avec ta bougie !

Tout en manipulant la cire constituant les bougies, la mère commença à conter une histoire fantastique de l’Ancien Temps, tandis que son fils écoutait.

Petit, j’adorais ces moments où elle me racontait toutes ces histoires. Particulièrement celles concernant l’ogresse, Baba Yaga. Il parait qu’elle arpente le métro, ça ne m’étonnerait pas qu’elle ait survécu à l’apocalypse aussi. Mais je m’égare. Même si ces moments, passés avec ma mère, sont certainement les plus heureux et les plus doux de ma vie, ils sont ternis par toutes les fois où je l’ai entendu pleurer, car elle avait trop faim, toutes les fois où elle me hurlait dessus pour que je mange sa part de ration. Notre situation a toujours été plus que précaire.

De plus, au fil des années elle était de plus en plus faible. Sa grossesse avait grandement affaibli son système immunitaire et plus le temps passait plus ses rhumes et fièvres furent fréquents. Au fur et à mesure de mon enfance, puis de mon adolescence, je me suis rendu compte de la gravité de la situation. J’ai également très vite deviné qu’il manquait quelque chose à notre famille. Je fréquentais pas mal d’enfant du quartier, essayant de me faire des amis à droite à gauche pour grappiller une conserve ici et là. Et en observant ces familles, je remarquais qu’elles étaient toutes, pour la plupart, constitués de deux piliers, un père et une mère.

Moi j’avais pas de père. Et ma mère pas de mari.

Certaines familles galéraient déjà avec deux parents, alors nous, je vous laisse imaginer le désastre. J’ai fini par développer une haine contre mon père, si on peut l’appeler comme ça. Ce serait plus le mec qui vend des graines plutôt que le jardinier. Mais je diverge. J’ai été jusqu’à prendre le nom patronymique de mon grand-père. L’homme a juste engrossé ma mère et s’est barré de suite, comme un malpropre. Parait que ce n’était même pas bien. Il a laissé ma mère seul, avec un enfant dans le ventre -moi, au cas où. Je ne suis pas dupe, connaissant ma mère, je sais très bien qu’elle songé à me tuer à ma naissance, m’abandonner ou que sais-je. Mais, pour une raison que j’ignore, elle l’a pas fait. Et, dans un sens, c’est tant mieux. Même si notre vie n’a jamais été parfaite, je suis content d’être en vie. C’est sûrement grâce à elle que j’arrive à m’en sortir, et je l’aime. Toujours.

Hum. Un peu égoïste comme point de vue.

Mais donc, il va de soi que vendre des bougies, fut très vite insuffisant pour nous. À l’aube de la fondation de la VAR, je me suis engagé sur le chemin de la délinquance et du larcin. En même temps, miracle ou concours de circonstances, appelez ça comme ça vous chante, c’est à ce moment-là que mes « capacités » se sont manifestées. Mais ça non plus, ça ne s’est pas fait en un jour.


-Lâchez-ça ! Ce n’est pas à vous !

Nikita était recroquevillé derrière le comptoir de sa mère. Les mains plaquées contre ses oreilles, il tentait tant bien que mal, d’ignorer la scène qui était en train de se produire dans son dos. Plus tôt, deux hommes étaient entrés dans l’échoppe de Sveltana. L’un d’entre eux cherchait un cadeau pour sa compagne. Rapidement, il trouva son bonheur, une bougie sur laquelle était gravée un cœur en train d’être recousue par deux amants. L’homme avait immédiatement été séduit par l’apparence de l’objet. Seulement au moment où Sveltana lui avait demandé de payer, l’homme avait refusé, prétextant qu’elle devait plutôt le remercier de simplement rentrer dans sa boutique. En entendant ses paroles qui sonnaient plus faux que jamais à ses oreilles, la femme s’était jetée sur l’homme.

Et maintenant qu’elle était aux prises avec lui, elle se rendait de plus en plus compte qu’elle n’allait pas pouvoir reprendre sa création. L’homme était bien trop fort et elle n'était qu'un bout de femme malade de trente six ans. D’une simple pression, il la repoussa et, la frappa en plein visage. La projetant contre son étalage, le nez en sang.

-La prochaine fois, tu nous remercieras de venir ici, rapace.

Lança l’un des hommes en sortant de l’échoppe. Nikita se jeta immédiatement hors de sa cachette pour courir vers sa mère qui avait le nez broyé. Ce spectacle perturba au plus haut point le jeune garçon. L’impuissance de voir sa mère dans cet état sans rien pouvoir faire était insoutenable. Alors que sa génitrice pleurait à chaude larmes, Nikita alla prendre place à ses côtés et se promit de sortir de la misère, avec sa mère.

Voir ça à dix ans, ça laisse des traces. C’est donc à peu près à ce moment-là où je me suis dit : « Si les autres peuvent le faire, pourquoi pas moi ? » Après, évidemment, ces gars avaient un certain pouvoir politique en plus de forcer les gens par la force brute. Dans mon cas, je me devais d’être un peu plus fourbe, plus malin qu’eux. En ne me faisant pas prendre par exemple. Je me devais d’être invisible aux yeux de mes victimes. Ce qui était plus compliqué que prévu.

-Allez, avance sac à merde ! Et ne fais pas le malin !

Nikita fut une énième fois secouée par la pression qu’exerçait l’homme derrière lui. Ce dernier devait bien atteindre le mètre soixante-quinze et arborait une musculature forgée par le temps et le labeur du tout mécanicien qui se respecte. En poussant le jeune adolescent du bout de son bras, les muscles de ce dernier gonflaient, se pressant contre les tissus de son tee-shirt. Sa musculature était finement ciselée, donnant davantage de poids aux traits stricts et durs de son visage barbu. Des traces noirâtres parcouraient son visage, ses bras et son haut blanc, révélant sa nature de mécanicien. Des mèches brunâtres, grasses et abîmées lui tombaient sur le visage tandis qu’il ne cessait de crier après le garçon qu’il avait au bout du bras. Autant dire que du haut de ses quatorze ans, Nikita n'avait pas tellement la possibilité de lui tenir tête.

Nikita, lui, souriait de toutes ses dents, ses cheveux tombaient au niveau de sa nuque et étaient régulièrement remués par les pressions qu’exerçait l’homme sur le tissu froissé du débardeur blanc dont le tissu s’était effilé avec les années du jeune Azarov, le vêtement laissait dorénavant voir une partie des côtes squelettiques du jeune adolescent tandis que de l’autre côté, la lanière n’était plus en assez bon état pour permettre de couvrir l’entièreté de la poitrine de Nikita.

-Tu vas voir ce que tu vas voir, sale petit voleur ! Comment t’oses faire ça à ta pauvre mère ?!

Nikita leva les yeux au ciel tout en soupirant, un fin sourire en coin se dessina tout de même sur ces lèvres. S’il en était là, c’est parce qu’il avait tenté de subtiliser au mécanicien quelques pièces relativement coûteuse. Mais il s’était fait prendre. Pour en rajouter une couche, ce n’était clairement pas la première fois qu’il tentait de voler cet homme.

-Roh, détends-toi Niko, c’était rien !

Une violente tape derrière sa tête fit taire le voleur, mais son sourire ne s’effaça pas. Il était très agréable de voir Nikolaï s’énervait ainsi. C’était d’ailleurs pour ça que le jeune adolescent continuait de voler le mécanicien. Le voir hors de ses gonds, prêt à exploser à la moindre remarque, avait quelques choses d’amusant. Mais alors que le garçon tentait tant bien que mal de réprimer son ricanement, il fut soudainement poussé dans l’entrée de la boutique de sa mère.

Il fit quelques pas en avant pour conserver son équilibre et posa sa main sur une armoire pour rester debout. La silhouette chétive de sa mère se détacha progressivement de l’ombre. Enroulée dans un plaid marron, elle marchait lentement, laissant ses jambes se dessinait sous le tissu d’une longue et ample robe aux motifs floraux à chaque pas. Ses mains rachitiques tiraient les extrémités de son plaid vers sa poitrine, laissant sa gorge pâle et maigre visible aux yeux des deux nouveaux arrivants.

Son visage était parsemé de rides et creusé par la fatigue. Ces fines lèvres étaient fendues par diverses blessures et gerçures. Ses joues étaient creusées par la faim et la maladie, tandis que sous ses yeux, surplombés d’un maladroit trait de crayon, se dessinait d’énormes tâches noires dévoilant tout l’investissement qu’elle consacrait à son travail, allant jusqu’à sacrifier son précieux sommeil. Ses cheveux gris étaient noués dans un chignon hirsute qui se désagrégeait progressivement. Quelques mèches éparses retombaient sur ces épaules. Elle entamait tout juste sa quarantaine et semblait pourtant en avoir quinze de plus. En voyant Nikita et Nikolaï, Sveltana poussa un profond soupir.

-Qu’est-ce qu’il a encore fait ?

Face au visage fatigué de sa mère, Nikita eut un pincement au cœur, mais il se contenta de lever les yeux au ciel en passant ses mains dans son dos. De son côté, Nikolaï se sentait presque coupable de déranger la mère du voleur.

-Il… Il a encore volé mon atelier !

Sveltana soupira et posa ses yeux sur Nikita. Son regard terne était davantage blasé et fatigué qu’en colère.

-Tu ne penses pas que j’ai déjà assez de choses à gérer pour qu’en plus, je doive assumer tes conneries ?

Elle se tourna finalement vers Nikolaï, une mine désolée sur le visage.

-Pardon pour les problèmes qu’il te cause. Je n’arrive vraiment pas à le tenir…

Le mécanicien paru profondément gêné et mal à l’aise devant la jeune femme. Il bafouilla quelques mots disant que, ça ne devait plus se reproduire avant de tourner les talons et de partir sans demander son reste. Lorsqu’il fut parti, le fils et la mère se lancèrent un regard complice. Un sourire satisfait se dessina sur le visage de Nikita qui sortit lentement de son dos un portefeuille. Sveltana ne put réprimer un sourire, elle poussa un soupir exaspéré et attrapa le butin de son fils.

-Tu n’es pas possible. Bon attends-moi ici, je reviens.

Nikita joignit ses mains dans son dos et gigota d’un pied à l’autre, d’un air faussement enfantin, avant que son ventre ne gargouille bruyamment. En entendant cela, il songea à ses étranges capacités, il était capable de bouger plus vite et avec plus de précision que ses congénères rescapés. Il avait plus ou moins toujours eu cette faculté, mais, depuis quelque temps, il l’utilisait plus fréquemment, pour voler par exemple. Les conséquences arrivaient quelques heures après sa transe sous la forme d’une faim de loup et d’une fatigue subite.

La voix de sa mère annonçant qu’elle arrivait le tira de ses pensées et lui fit relever la tête. Dans la pénombre de la boutique de Sveltana, une faible lueur orangée scintillait. À mesure que le pas boitant de la vieille vendeuse de bougie raisonnait, la lueur se rapprochait pour finalement éclairer le visage aimant de Sveltana. La flamme qui brûlait sous le menton de la vendeuse surplombait une bougie relativement fine, des arabesques étaient creusées tout le long de l’objet, elles venaient se tordre entre elles, avec, parfois, un certain désordre et d’autre fois, les crevasses dans la cire se rencontraient avec harmonie. Inspirant à Nikita les mouvements gracieux de danseurs et danseuses de ballet classique. Il avait eu l’occasion de voir une prestation de ce type sur une place de la station VDNKh.

Sous la bougie, se trouvait un gâteau, du fait de sa couleur sombre, Nikita devina sans peine qu’il était au chocolat. Ses pommettes s’élevèrent dans un sourire radieux. Il releva des yeux reconnaissant vers sa mère et parla à mi-voix.

-C’est mon gâteau préféré.

Sa mère acquiesça, exprimant sa fierté à travers ses iris noisette et un sourire à l’image de celui de son fils. Elle lui mit le gâteau dans la main et se tourna pour aller chercher quelques choses derrière son comptoir. Se penchant doucement derrière ce dernier, elle souleva plusieurs boites pour enfin saisir quelque chose. Elle se redressa, plaquant la chose qu’elle venait d’attraper contre sa poitrine et l’enserra de ses deux mains. Nikita regarda sa mère marcher vers lui, ne pouvant détacher son œil curieux des mains de sa mère.

Arrivée en face de lui, elle déplia ses bras, du bout des doigts, elle tendait à son fils un épais livre. Sa couverture était d’une sombre teinte vermeille, tirant sur le bordeaux. Sur la couverture, un vieil arbre décharné dont l’écorce s’enrouler sur elle-même, par-dessus ce dernier, était gravé les mots « Légendes russes ». Le sourire de Nikita s’agrandit encore plus, témoignant de l’étendue de son bonheur.

-Merci maman, c’est trop bien !
-Pas sûr que tu le mérites, petit voleur ! Allez, souffle ta bougie avant qu’elle fonde entièrement et allons manger, j’entends ton ventre grogner d’ici !

Nikita acquiesça, il tourna à nouveau la tête vers son gâteau, il inspira un grand coup et souffla sa bougie.

-Joyeux anniversaire, mon cœur.

Cet anniversaire, c’est celui dont je me souviens le mieux et dont je chéris le plus le souvenir. Notamment à cause de la bougie. Même si elle se tuait à la tâche, ma mère adorait confectionner des bougies et j’adorais la regarder faire. Dans ces moments-là, elle dégageait une sorte de pureté, un truc spirituel, comme si, son don à elle, c’était de faire ça. Elle ne le faisait pas pour entendre des compliments, ni pour voir la réaction des autres. Non, elle faisait ça parce que chacune de ses bougies était comme un de ses enfants, elle passait du temps à confectionner chacune de ses créations avec une tendresse sans pareil. Donc, je considère que je suis issu d’une famille nombreuse, très nombreuse même !

Bref, après tout ça, on a continué notre petite routine. C’est pas parce que j’avais pris une petite année de plus que ça allait changer. Maman était toujours harcelée par les mêmes enculés et je continuais de leur faire les poches. Après tout, c’est pas du vol si je reprends ce qui m’appartiens, non ?

Y avait aussi le livre. Je l’ai lu une bonne quinzaine de fois, je crois. C’est un recueil de nouvelles et légendes russes. Il a été édité y a quelques années, quand tout allait encore bien. Dedans, y a une histoire que j’aime beaucoup, un mythe de Baba Yaga. Il parle d’un homme qui veut échapper à ses dettes, un soir de beuverie, il va décuver dans une forêt près de son village. Il tombe au pied d’un arbre et s’endort. Il est réveillé par le son des feuilles remuées par des pas. C’est Baba Yaga. Malgré qu’il soit effrayé par l’ogresse, il se confie à elle et lui raconte ses problèmes. Elle décide de l’aider en lui permettant de changer de visage. Avec son nouveau pouvoir, l’homme tâtonne un peu, ne sachant comment s’en servir. Mais finalement, il parvient à régler ses dettes avec ce dernier, mais, emporté par l’ivresse de son nouveau pouvoir, il use de sa nouvelle faculté pour tromper son monde. Abusant du don qui lui a été fait. Un jour, il recroise Baba Yaga et la remercie, qu’à présent, sa vie est meilleure. Elle lui reproche d’utiliser sa faculté à mauvais escient. Pour le punir, elle le condamne à l’immortalité et disparaît à nouveau.

L’homme est au comble de la joie, bien qu’il ne puisse plus changer de visage, à quoi bon imiter la vie des autres si la nôtre n’a pas de fin ? Cependant, au fil des ans, ses proches meurent un par un et il constate une chose. Son visage prend une particularité de ces derniers. Au bout d’un siècle, son visage n’est plus composé que de plaies du passé. Il part à la recherche de Baba Yaga, pour la supplier de le libérer. Lorsqu’il la retrouve enfin, elle efface son visage, tout bonnement. Devenu une abomination, il est obligé de vivre aux côtés de la vieille ogresse avec ceux qui, comme lui, ont abusés d’un don qui leur avait été fait par la sorcière.

J’aime vraiment beaucoup cette histoire, car d’une certaine façon, elle me fait penser à mon père. Et puis mine de rien, se plonger dans les bouquins a toujours été un bon moyen de sortir de sa réalité et de voyager. Ça a d’ailleurs, longtemps été mon seul moyen d’assouvir mon envie de voyage.

Au sommet d’un mirador de fortune destiné à la surveillance de la station VDNKh, deux jeunes hommes d'à peu près seize ans étaient assis sur des fauteuils de salon dont le tissu commençait à s’effiler et à dévoiler la mousse composant les parties moelleuses des sièges. Les deux gardes avaient avancés leurs sièges jusqu’au bois des barricades, ne laissant qu’un maigre espace, réservé à leurs jambes. Les bras croisés sur la barricade, les deux paires d’yeux se perdaient dans le vide.

Nikita et Vassily étaient amis depuis quelques années maintenant. Leur relation était relativement ambiguë. Tantôt, ils se comportaient comme de simple connaissance, pas vraiment proche, tantôt ils étaient perpétuellement fourrés l’un avec l’autre. Et parfois, l’un dans l’autre. Cela dit, cette relation étrange ne les empêchait pas de partager un goût prononcé pour l’aventure et de fantasmer sur leur avenir.

Alors qu’ils s’ennuyaient ferme ne s’échangeant que quelques banalités, des silhouettes se dessinèrent enfin devant leurs yeux. Les adolescents se levèrent, Vassily attrapa une arme qu’il pointa en direction des nouveaux arrivant, tandis que Nikita orienta un énorme projecteur vers ces derniers. L’arme à l’épaule, Vassily se mit à hurler.

-Approchez lentement et donnez votre identité ! Les mains en évidence !

Alors que les silhouettes se précisaient de plus en plus, les deux garçons découvrir une troupe de gens relativement bien armée et lourdement équipés. Leurs visages étaient cachés par d’imposants masques à gaz. Levant une kalachnikov en l’air, une personne s’avança, parlant pour le groupe.

-Stalker ! On vient de la Hanse, on veut juste se ravitailler un peu et soigner un blessé !

Le groupe s’écarta pour dévoiler deux personnes portant un autre homme dont la jambe était bandée. Le bandage était entièrement rouge à son extrémité, même de là où ils étaient, les deux hommes pouvaient voir les fils de ce dernier pendre et les traces jaunâtres envahirent le peu d’espace blanc des bandes. Vassily baissa son arme.

-Avancez jusqu’à la barricade, vous allez être fouillés et guidés !

Nikita détourna le projecteur du groupe et se laissa retomber sur son siège. Vassily en fit de même après avoir avertis les gardes sous leurs pieds qu’un groupe d’étranger allait entrer. Regardant dans l’obscurité profonde du métro, Vassily poussa un profond soupir.

-C’est quand même triste, de passer notre vie avec le cul vissé ici.

Nikita se repositionna en grognant légèrement, il passa une jambe au-dessus d’un accoudoir et regarda à son tour dans le vide obscur, répondant mollement à son ami.

-Si seulement on pouvait partir d’ici.
-Tu sais, suffirait d’attendre qu’une des caravanes marchande parte, et ça ferait l’affaire.
-Peut-être ouais…

Nikita passa une main sur son visage fatigué. De longues cernes descendaient sous ses yeux ternes. Il poussa un profond soupire et gigota dans son siège.

-Même si ce trou à rat pue la merde de porc, je peux pas laisser tomber ma mère. Et elle peut pas partir non plus, avec sa maladie.
-ça va mieux au fait ?

Nikita haussa mollement les épaules.

-C’est dégénératif, disons qu’elle peut vivre avec, mais s’il lui arrive une merde et qu’elle se fait pas soigner très vite, ça commence à devenir dangereux.

Vassily acquiesça silencieusement, ne sachant pas vraiment quoi dire pour répondre à son ami. Après ça, leur tour de garde se poursuivit normalement, quoique dans un certain silence.

À l’époque, partir de VDNKh était ma deuxième priorité. La première, c’était la santé de ma mère. Donc, fatalement, l’idée de partir a vite été reléguée au stade de fantasme.

Être avec ma mère, c’était tout ce qui comptait. Son état s’améliorait, mais on avait toujours besoin de plus de plantes, autant dire que ma vie a été chargée pendant cette période. Entre deux tours de garde, j’étais soit en train de faire les poches, soit j’aidais ma mère à la boutique. Une certaine routine s’installait, maman allait de mieux en mieux.

Et elle est morte.

D’une fièvre. Plusieurs personnes avaient été touchées, mais peu était morte. La maladie était relativement bénigne, mais maman était déjà affaibli avec sa propre maladie.


Nikita était au milieu des vieilles affaires de sa mère. Dans une petite cabine qui lui avait longtemps servit de chambre, des taules rafistolées faisaient office de toit, tandis que les murs étaient composés de planches chaotiquement placées. L’armature de bois des murs servait à séparer la laine de verre de l’espace de vie. Le mobilier était on ne peut plus simple. Un lit d’une seule place placé le long du mur face à la porte, une armoire à vêtements dans un coin du mur du fond, une petite bibliothèque murale à côté de la porte et enfin, une chaise en fin de vie au milieu de la pièce.

Chaise sur laquelle Nikita était assis. La jambe droite tendue, la gauche qui s’enroulait autour de pied de la chaise. C’était une vieille chaise en lin. Elle était des plus banales. Comme le reste de la pièce, elle était en piteux état. Et celui qui était assis dessus n’était pas mieux. Les bras ballants, le brun était avachis contre la chaise. Son tee-shirt déchiré cachait son corps, faisant disparaître les courbes de sa silhouette. Absolument immobile, Nikita gardait une expression qui se muait dans l’impassibilité pour ne pas craquer. Ses cheveux avaient été tressés et attachés entre eux, ses lèvres étaient serrées, les coins de ses yeux, comme ses narines étaient rougis par la tristesse. Ses yeux humides se perdaient sur les draps faits de sa mère. Le lit était la seule chose ordonnée en ce lieu. Les draps étaient tirés sous le matelas, ne laissant la place à aucuns plis. Des vêtements étaient pliés en parfait carré au bout du matelas.

En les regardant, le jeune homme sourit. Il avait visiblement des airs de maniaque quand il s’y mettait. Soudainement, un bruit le fit sursauter. Son corps fut soudainement irrigué d’énergie. Il se projeta hors de sa chaise et sortit de la chambre de sa mère pour entrer dans la pièce qui était autrefois l’échoppe de Sveltana Azarov. Étant donné que son décès était encore récent et qu’elle ne serait emmenée seulement ce soir dans l’une des autres stations de la VAR pour être jetée dans une de ces fosses à cadavres, l’échoppe n’avait pas encore eut le temps d’être vidée.

-Je vois qu’il y a des volontaires pour m’aider à ranger tout ça.

Nikita avait croisé les bras, laissant son épaule tomber contre le rebord de la porte, un sourire forcé sur le visage. Trois hommes armés de long sac d’osier relevèrent la tête, parmi eux, Nikita reconnut la puissante carrure de Nikolaï. Ce dernier ouvrit la bouche, un air gêné sur le visage.

-Nikki, tu comprends… Elle est morte maintenant et pour nous autres, ce n'est pas des temps faciles.

Nikita haussa un sourcil, un sourire figé sur le visage.

-Et moi, j’ai l’air mort ? Aux dernières nouvelles, c’était ma mère. Pas la vôtre, non ?

Nikolaï passa sa main dans sa chevelure grasse soupirant.

-Ecoute… C’est pas simple pour nous. On sait que tu traverses une période difficile. On peut prendre que le minimum, si tu veux.

Nikita poussa un profond soupire en se redressant mollement du mur sur lequel il s’était appuyé. Perdant immédiatement son sourire, il jeta un regard dédaigneux aux trois hommes. Le dos voûté et la mine lugubre.

-Prenez ce que vous voulez, j’me casse de cette station de merde.

Tournant les talons, il attrapa un sac et y fourra tout un tas d’affaire. Ses yeux se posèrent sur la bougie que sa mère lui avait offerte. Avec toute la tendresse du monde, il attrapa l’objet, la glissa dans une boite et déposa cette dernière dans son sac, après l’avoir enveloppé de vêtement. Attrapant quelques livres dont celui qu’elle lui avait offert qu’il glissa dans son bagage, il put enfin le fermer. Le jetant sur son dos, il sortit de sa chambre, bousculant sans ménagement un des pillards qui s’écrasa contre une étagère, une cascade de bougie lui dégringola dessus.

Se dirigeant à la hâte vers le quai de la Station VDNKh, il interpella un homme qu’il avait vu charger le corps de sa mère dans la caravane mortuaire un peu plus tôt.

-M’sieur !

L’homme qui se tourna était relativement grand. Sa peau était grisâtre, sa silhouette maigre et décharnée faisait presque peine à voir. Son visage osseux était habillé d’une barbe blonde et hirsute, ses lèvres était relativement charnues, ce qui détonnait dans la forme de son visage. Sur son crâne, s’échouaient les vestiges d’une chevelure blonde. L’homme regarda Nikita en arquant un sourcil mais sans vraiment paraître préoccupé de la présence du garçon. Ça lui faisait une bonne raison de traîner dans son travail.

-T’es le petit qui a perdu sa mère, toi, non ?

Arrivant à sa hauteur, Nikita acquiesça tout en détournant légèrement le regard.

-Euh ouais, mes condoléances p’tit. J’ai pas trop de tact avec ça.
-Ce n’est rien. Faut que je m’y habitue.

Il essuya ses yeux d’un revers de main avant de poursuivre.

-Vous pensez que je pourrais venir avec vous ? Maintenant qu’elle est morte… J’ai plus rien à faire ici.

L’homme paru gêné, à la fois attristé par le discours de l’adolescent qui lui faisait face et en même temps embêté par sa demande.

-C’est qu’on prends pas grand monde avec nous, en temps normal. Et…
-Je saurais me faire petit. Sortez-moi juste de ce trou et ça m’ira. Je pourrais faire quelques trucs pour vous… et je voudrais dire un dernier au revoir à ma mère.

Intérieurement, Nikita ne put s’empêcher de se sentir satisfait en voyant que son numéro de chien battu avait fonctionné. Mais les circonstances le rappelèrent vite à sa mélancolie. L’homme acquiesça et lui ordonna de se tenir prêt à partir.

Quelques heures plus tard, Nikita aidait à jeter des cadavres dans une fosse et, quand vint celui de sa mère, il s’arrangea pour avoir un peu de tranquillité et alla s’asseoir au bord de fosse, la tête de sa mère sur les genoux. Laissant ses mains se perdre dans les cheveux de sa génitrice, il alluma la bougie de sa mère, laissant l’odeur fruitée envahir ses narines et son esprit, comme un dernier souvenir. Un dernier au revoir.

Puis, il laissa les gens de la caravane faire leur travail et alla continuer de se morfondre dans un coin.

Ma mère morte, j’avais plus de raison de rester à la V.A.R qui ne m’évoquait pas vraiment de choses positives et sexy. Avec la mort de maman, je pouvais vivre mes rêves. J’avais lu ça dans un livre un jour ; « il faut parfois partir pour laisser s’épanouir », c’était justement la phrase d’une mère qui mourrait laissant ses enfants libres des contraintes qu’elle leur imposait avec sa maladie ou je ne sais quoi. Je sais plus si c’était pareil pour les enfants du livre, mais moi, paradoxalement, dans mes rêves, ma mère est là. Et perdre ma mère à dix-sept ans, n'en faisait pas partie. J'aime les histoires triste seulement dans les livres. Désolé.

Mais bref, j’ai réussi à trouver une caravane de gens sympa. Enfin, sympa. Disons, qu’ils ne m’ont pas tués ou battus à mort. Même si la psychotique chauve et tatouée me regardait comme un bout de barbac grillé à la broche. C’étaient des marchands de la Hanse. J’ai donc rejoint la Hanse, le chef de la caravane que j’avais squatté m’avait filé un contact pour du boulot. Du mercenariat, évidemment. Mais comme j’avais pas d’autre options et que dormir dans un dortoir collectif, c’est toujours mieux que sur les quais plein de pisse, j’ai foncé du haut de mes dix-huit ans fraichement acquis. De voyou, je suis passé à mercenaire. Belle évolution.

J’ai alterné entre les petits boulots, les vols et j’ai aussi trouvé de nouveaux livres.. Je me suis dit que quitte à avoir un don et une passion, autant que ce soit lucratif, j’ai décidé de me lancer dans la reproduction de mes histoires préférées. De temps en temps, je faisais quelques spectacles mélangeant histoires et tours de passe-passe. Ça payait bien. Puis un jour, après un an de boulots çà et là, un gars un peu louche et venu me demander si je voulais aider le bien commun, des conneries comme ça. Il s’est avéré que le bonhomme avait eu vent de mes petits talents en matière de filouterie et de mon impressionnante capacité à survivre à mes petits contrats de mercenaire. Il m’a proposé de rejoindre les Stalker de temps en temps, pour aider. Au vu de la paye, mais surtout, de la curiosité de découvrir la surface, j’ai dit oui. J’aurais peut-être dû refuser, peut-être pas.

Mais je pense que je le referais. Ou pas.


Accroupis face à une large trappe dans la cour d’un vieux bâtiment en ruine, Nikita tripotait une serrure avec différents outils. Derrière lui, deux stalkers montaient la garde, l’arme à l’épaule. Le groupe était à l’entrée d’un impressionnant boulevard de Moscou. Voir les imposantes voies désertiques et grignotées par la végétation avait arraché un haut-le-cœur au jeune mercenaire en herbe. Pour sa première expédition à la surface, on l’envoyait directement dans une zone aussi dangereuse, autant dire qu’il n’était pas franchement à l’aise. Bien qu’il soit avec des hommes et femmes expérimentés, ça ne l’empêchait pas de suer à grosses gouttes sous son masque à gaz et ses épaisses couches de vêtements.

Prenant une grande inspiration, il se calma peu à peu.

-Tu te grouilles, gamin ?
-C’est la première fois que je fais ça ! C’est un peu stressant ! Il n’y a personne, c’est bon ?

Le stalker acquiesça. Nikita reporta alors son regard sur son travail. Prenant une longue inspiration, il expira tout aussi longuement. Ses paupières se fermèrent et lorsqu’elles rouvrirent, ses yeux étaient injectés de sang.


Respirer. Je dois inspirer, puis expirer pour respirer. Remplir mes poumons. Ça y est, j’y suis. Les couleurs se ternissent autour de moi, ma vue panoramique se floute, les sons sont lointains. Mon corps est lourd, incroyablement lent. Sauf mes doigts. Eux, je les vois parfaitement, la serrure aussi. Je sens mes doigts bouger, j’ai du mal à me dire que c’est moi qui les fait bouger. Malgré tout, je sais exactement ce que je dois faire. Je mets le crochet ici… Je fais tourner le surin. Ça bloque. Je bouge le crochet, je progresse. Bloque. Bouger crochet. Progresse. Bloque. Surin, cette fois. Progresse. Bloque. Surin. Bloque. Crochet. Progresse. Bloque. Crochet. Surin. Progresse.

Clic.

Ça y est, c’est ouvert ! Je referme les yeux et bloque un instant ma respiration. Ça y est, je peux entendre les sons. Pourquoi est-ce que j’entends des cris ?

Nikita releva brusquement la tête. Des cris et des détonations raisonnaient autour de lui. Avec des yeux écarquillés, Nikita aperçut ses compagnons reculer tout en tirant sur des Nosalis fraîchement arrivés. Deux autres stalkers ont une horde de monstres au talon, tentant d’échapper à leurs griffes, tirant parfois en arrière pour repousser les monstres. Paniqué par la situation, Nikita défit le loquet et ouvrit les portes qu’ils venaient de crocheter.

-Vite ! Entrez là-dedans !

La pluie de balles des trois soldats en retrait créa vite un tas de cadavres de Nosalis, obstruant le passage aux autres bêtes. Les deux stalkers qui fuyaient les Nosalis purent rejoindre le groupe qui commençait déjà à entrer dans la cave. Nikita se chargeait de tenir les portes. Il n’y avait plus qu’une personne dehors et il pourrait lui aussi se jeter dans la cave. Mais, maintenant que les tirs avaient cessé, les nouveaux mutants étaient libres d’attaquer le groupe. Un puissant choc projeta Nikita à terre. Il sentit la morsure du froid Moscovite s’insinuer au travers de ses vêtements. À peine s’était-il tourné sur lui-même qu’un des Vampires lui plongea dessus, écrasant ses immondes pattes sur les épaules d’Azarov.

Le mercenaire écarquilla les yeux tandis que tout son corps se figea de peur. Le stalkeur resté à la surface fit volte-face, attrapa son couteau tactique, glissa la poignée d’une grenade dans un interstice du pommeau et planta son couteau dans la jonction entre l’épaule et la tête du mutant. La lame s’insinua dans la chair avec une certaine violence. La bête se contorsionna de douleur, laissant une ouverture au stalkeur pour frapper du pied la bête et la dégageait de Nikita. Le jeune homme attrapa la main qu’on lui tendait et courut avec son sauveur jusqu’aux portes qui se rouvrirent d’un coup. Les deux retardataires plongèrent dans la trappe, esquivant deux Nosalis qui bondissaient sur eux.

Les corps des deux rescapés glissèrent contre un escalier pour venir s’arrêter en bas de ce dernier casque contre casque. Dans le feu de l’action, Nikita s’était agrippée à la personne qui l’avait sauvé, enroulant ses jambes dans celle de son sauveur.

-J’ai pas eu peur hein, je m’accroche systématiquement aux gens quand je me manque de me faire tuer. J’contrôle pas.

Un pouffement s’évada du casque du stalkeur qui s’avéra être une stalkeuse.

-Pourtant, je peux sentir tes jambes trembler… On dirait une foreuse.
-C’est parce que je suis très stressé, c’est mon premier rendez-vous avec une stalkeuse.

Un autre ricanement émana du masque de la sauveuse de Nikita. Les autres membres du groupe, qu’à moitié amusé par leurs échanges les aidèrent à se relever. S’époussetant l’un en face de l’autre, la stalkeuse finit par tendre sa main à Nikita.

-Nadezhda, enchantée.
-Nikita, de même. Ravi que tu m’aies sauvé !
-Je vais attendre de voir ta tête pour le dire, de mon côté !

Nikita posa théâtralement sa main contre sa poitrine et replia l’autre vers lui également, poussant un gémissement faussement choqué. Tout en reprenant la marche, les deux personnes continuèrent de parler, ou plutôt de se taquiner l’un l’autre.

-De toute façon, tu m’as sauvée, je suis obligé de te trouver canon, de vouloir élever un cochon qu’on appellera Vladimir.

Nadezhda pouffa et n’hésita pas à en rajouter une couche. Ces échanges de piques durèrent jusqu’à ce que les Stalkers trouvent un moyen d’à nouveau accéder aux tunnels du Métro. L’équipe de six personnes due faire un détour pour éviter les Nosalis et descendre par l’accès à proximité de Park Koultoury. La descente fut tendue, des bruits étranges les faisaient s’arrêter toutes les dix minutes, environs. Mais ça n’empêchait pas Nadezhda et Nikita de continuer à se chamailler. Lorsqu’enfin, ils arrivèrent au niveau des tunnels, ce fut la libération pour tous. Nikita se jeta sur les rails, soupirant de bien-être, il arracha son masque à gaz de son visage. Dévoilant des cheveux collés par la sueur et une peau luisante. Il chassa également sa grosse veste sous laquelle il avait cuit toute la journée.

-Hum, après une bonne douche, je réfléchirais à élever un cochon avec toi.

Nikita fit volte-face pour voir sa sauveuse marcher tranquillement vers lui. Elle retira avec son masque à gaz, la cagoule qui lui couvrait les cheveux. Une traînée de cheveux sulfureux virevolta dans les airs, des mèches emmêlés et hirsutes s’échouèrent sur les épaules de la jeune femme. Sa chevelure était d’un roux si clair, si coloré qu’on peinait à croire que ses cheveux étaient naturels. La peau de son visage était d’une pâleur incroyable. Plus encore que les autres habitants du métro. Ses lèvres fines et rosées ressortaient encore plus avec le contraste de sa peau. Son visage était relativement fin, les os de ce dernier ressortaient légèrement, y ajoutant d’harmonieuses courbes. Son nez, quant à lui, bien qu’aquilin et svelte, était complètement tordu, une longue cicatrice devenue blanche descendait le long de ce dernier et venait fendre sa narine gauche. De multiples rougeurs où la peau pelait légèrement parsemaient ses joues creuses, le dessous de ses yeux et son menton. Ses yeux en amandes marrons, dévoilaient un regard pétillant qui était accentué par un sourire rayonnant aux dents blanches.

Le brun était un instant resté figé face à la demoiselle. Sans vraiment savoir ce qu’il s’était passé, la voir avait suscité en lui une réaction étrange. Un incroyable désir. Insatiable. De l’admiration aussi. Malgré les défauts de son visage, il la trouvait belle. Plus que tout. Cependant, il n’allait pas laisser sa faiblesse transparaître si facilement.

-Je pourrais camoufler mon odeur avec la sienne, c’est un bon plan.

Les deux explorateurs continuèrent de parler tout en marchant vers les lumières de la Station de la Hanse. Ils avaient tous bien mérité un long repos.

Nadezhda est vite devenu très importante dans ma vie. De deux ans mon aînée, elle m'a toujours traité en égal. C'était agréable. On passait la plupart de notre temps ensemble. Lorsqu’on avait besoin de moi à la surface, Nadya se greffait à l’opération. À force de bosser ensemble, frôler la mort, se sauver la vie, la présence de l’un comme de l’autre était devenu indispensable pour nous. On flirtait tout le temps, dès qu’on se voyait, c’était devenu un jeu. Puis, au fur et à mesure, le jeu est allé plus loin.



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le Dim 29 Juil - 16:54
Mercenaire - Lycaon

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Surnom :: Nikki
Suite de l'Histoire

Le soleil commençait tout juste à se lever quand l’escouade de Stalker pénétra dans les abysses souterrains du métro. Habitués à ce trajet les hommes et femmes de la Hanse furent naturellement portés par leurs pieds aux travers des divers tunnels de services. Le chemin était étudié pour que la présence de mutants et autres nuisances soit minimale. Puisque, même si les Stalkers ne subissaient aucune perte à la surface, ils étaient rarement en forme après une expédition à la surface. Leurs chargeurs étaient pour la plupart vides, leurs corps lourds et leurs souffles courts.

Ainsi, lorsque leurs bottes foulèrent le sol de la station Park Koultoury, l’escouade poussa un soupir de soulagement synchronisé. Une fois rentré, le chef d’expédition s’avança tout en faisant son discours habituel post-expédition. Il remercia tout le monde, leur demanda si rien n’avait été étrange ou gênant durant l’expédition puis, voyant qu’ils n’avaient aucune réclamation à faire et qu’ils étaient trop occupés à se réjouir de leur retour en évoquant la monumentale murge qu’ils allaient se prendre ce soir, il les libéra avant d’aller faire son rapport à sa hiérarchie.

Le groupe se fragmenta en plusieurs petits groupes. Ne laissant bientôt plus que deux personnes. Nadezhda et Nikita. Ils étaient toujours vêtus de leurs lourds vêtements destinés à la surface. Leurs visages étaient brillants de sueurs et leurs cheveux attachés dans un chignon presque identiques. La stalkeuse s’étira de tout son long, faisant craquer ses articulations.

-Ce que ça fait du bien de rentrer…

Elle jeta un regard à Nikita.

-T’as trouvé un truc ou t’es toujours dans ce vieux dortoir ?
-Mon voisin de lit ronfle toujours autant.

Il avait parlé avec un sourire ironique. Il se plaignait souvent auprès de son amie de cet homme qui avait un sommeil particulièrement bruyant. La rousse pouffa légèrement, mettant sa main devant sa bouche pour atténuer son hilarité. Tandis qu’elle se calmait, elle replongeait son regard dans celui de Nikita.

-Tu veux venir chez moi ?

Il y eut un instant de flottement. Le brun avait un peu de mal à réaliser la proposition de Nadezhda, si bien qu’il resta figé quelques instants face à elle, les yeux écarquillés. Ce n’est que lorsque la main de son amie passa devant ses yeux qu’il reprit ses esprits. Secouant la tête, un nouveau sourire vint étirer ses lèvres. Un sourire plus rayonnant que d’ordinaire.

-Tu veux dire, une nuit sans que deux poivrots se foutent sur la gueule pour se vomir dessus ? Je prends !

La réponse de Nikita arracha un sourire à Nadezhda qui l’invita à la suivre. Le trajet fut relativement rapide. Lorsque la stalkeuse poussa la porte de son appartement et invita Nikita à entrer dedans, ce dernier découvrit une pièce relativement spacieuse. Quelques armoires et meubles en tout genre jonchés les murs. Des fauteuils et un canapé entouraient une large planche de bois superposée sur plusieurs parpaings. Le tout faisait une petite table. Chose assez inhabituelle dans la vie de Nikita pour le souligner. Dans un coin de la pièce, se trouvait tout l’équipement nécessaire pour cuisiner.

Nadezhda retira sa veste, son pull pour n’être plus vêtu que d’un tee-shirt. Laissant ses bras sveltes et balafrés à l’air libre. Nikita se perdit inconsciemment dans la peau laiteuse de son hôte. Elle détacha ses cheveux d’un geste, laissant ses mèches tomber dans le creux de sa nuque. Nikita sentit son cœur palpiter dans sa poitrine lorsqu’elle se tourna vers lui et planta son regard dans le sien.

-Tu peux virer tes vêtements et les mettre en vrac ! On rangera demain ! Je vais dans la salle de bain !


Le brun acquiesça légèrement, suivant un instant des yeux la silhouette de Nadezhda et la voir disparaître dans une autre pièce, qui devait certainement être la salle de bain. Faisant lentement descendre la fermeture de son manteau, il observa les alentours. Il n’avait jamais eu droit à ce genre de chose. L’appartement qu’il avait partagé avec sa mère n’avait jamais été constitué que d’une pièce de vie et de deux chambres qui avaient été bricolées. Ici, c’était un vrai logement. Mais alors qu’il était plongé dans sa contemplation, un raclement de gorge lui fit tourner la tête. Il découvrit celle de Nadezhda, dépassant de la porte, le reste de son corps était perdu dans l’obscurité de la salle de bain.

-Bon, tu te dépêches ? Je commence à ne plus supporter ma propre odeur.

Nikita arqua un sourcil d’étonnement avant de comprendre. Un sourire narquois apparut sur son visage alors qu’il ôtait son manteau.

-J’aime me faire désirer avec toi, c’est pour ça !

La jeune femme leva les yeux aux ciels en entendant la réponse de Nikita avant de disparaître de nouveau dans l’obscurité de la pièce. Le brun prit rapidement le chemin de la salle de bain, se délaissant du pull qu’il portait sous son manteau. Il ne portait plus qu’un tee-shirt noir qui dessinait admirablement bien les courbe de ses épaules.

Lorsqu’il entra dans la pièce, il remarqua qu’un fin nuage de vapeur commençait lentement à s’élever, il provenait d’une bassine d’eau relativement large qui était posée au milieu de la petite pièce. Cette dernière était relativement exiguë, pourtant, Nadezhda avait réussi à agencer l’endroit pour que tout ce qui était nécessaire à une hygiène correcte soit présent. Plusieurs meubles de rangement présentaient des produits servant à soigner aussi bien les blessures que les imperfections de la peau. La stalkeuse se payait même le luxe d’avoir un large miroir, posé sur une planche en bois fixé dans le mur. Sur la planche, se trouvaient une brosse à dents ainsi qu’un pot de verre rempli d’une pâte blanche, du dentifrice. La jeune femme s’était de nombreuses fois vanté d’avoir réussi à trouver un moyen d’en fabriquer.

Nikita aurait pu sourire en voyant que le produit n’était pas une légende, mais, son attention fut bien vite accaparée par Nadezhda elle-même.

À travers, le nuage de vapeur translucide émanant de la bassine, se dessinait la silhouette de la jeune femme. Débarrassée de tous les tissus avec lesquels Nikita avait l’habitude de la voir. Ses yeux s’écarquillèrent alors que le rouge lui montait aux joues. Il avait subitement très chaud. Il ne savait pas si c’était la température de son corps ou celle de la pièce.

Mais, les harmonieuses courbes qui dessinaient le corps de Nadezhda l’hypnotisaient trop pour qu’il puisse y penser. Ses lèvres s’entrouvrirent, laissant sortir une respiration de moins en moins contrôlée. Son regard suivit la longue main de la stalkeuse venir caresser son bras, comme si elle était gênée. Ses lèvres s’étirèrent dans un sourire discret, la respiration de Nikita se coupa. Elle resta bloquée assez longtemps pour qu’il observe les hanches de la jeune femme se mouvoir. Le bras de la rousse retomba contre son corps tandis qu’elle avançait. Les palpitations dans la poitrine de Nikita s’intensifièrent alors que cette silhouette à la peau pâle s’avançait vers lui.

En un rien de temps, il sentit les puissants bras de Nadezhda s’enrouler autour de sa taille. Son regard noisette se perdit dans les sombres pupilles de celle qui l’enlaçait. Elle sourit, amusée de l’impact qu’elle avait sur lui.

-Tu as perdu ta langue, Nikki ?

Un frisson électrisa le corps de Nikita quand elle prononça son nom. Il sentit dans le même temps, les doigts agiles et précis de la rousse se glisser sous son vêtement et l’écarter de son corps. Il leva les bras, obéissant aux mouvements de la jeune femme. L’instant d’après, il sentit la poitrine de la rousse se coller contre son torse svelte. Cette dernière plongea son regard dans le sien, ses lèvres s’entrouvrirent.

-J’aime bien tes yeux.
-Ce sont ceux de ma mère.
-C’est la phrase la moins sexy du monde, ça, Nikki.

Le brun eut un sourire narquois, qui se mue en moue surprise quand le visage de Nadezhda vint se planter au creux de son cou. Un nouveau frisson parcourut Nikita quand il sentit les croissants de chaire de la rousse embrasser sa peau. Un gémissement étouffé accompagna le cliquetis de sa ceinture. Les dents de Nadezhda s’étaient plantées dans sa chaire, faisant grimper son désir en flèche. Ce qu’il n’avait pas pensé possible.

-On est aussi habillé l’un que l’autre maintenant.

Lentement, la plante de ses pieds quitta le sol, surélevant le reste de son corps qui se plaqua contre celui de Nikita.

Il fait chaud, pas vrai ? Les enfants, c’est l’heure de mettre vos mains devant vos yeux.



Le corps de Nadezhda glissa hors de la bassine d’eau, des gouttes ruisselaient le long de son bassin, pour se glisser jusqu’à ses cuisses. Elle posa ses mains sur les épaules de Nikita et le poussa lentement vers le mur. Il se laissa faire, son dos se colla lentement contre la surface dure et froide. Mais bientôt, il sentit la chaleur de sulfureuse de son amante au-dessus de lui. Toujours haletante, elle était fatiguée par ce qu’elle venait de vivre. Pourtant, son regard brillait encore d’une lueur lubrique.

Sa main se glisse lentement entre son bassin et celui de son amant. Mais une main l’arrête soudainement.

-Je peux pas.

Leurs regards plongent l’un dans l’autre. Celui de Nikita est larmoyant. Il se sent étrange, affreux. Vide. Il a besoin de ne faire qu’un avec elle, il ne veut pas qu’elle le repousse, il ne veut pas la décevoir. Mais il est terrorisé. Tétanisé.

-J’ai… peur.

Il s’attend à un soupir, une moue triste, déçu, un reproche.

Mais elle l’enlace, puis elle l’embrasse. Langoureusement. Avec tout l’amour du monde.

-Je comprends.


Plus tard, je lui ai expliqué un peu plus précisément de quoi j’avais peur. Elle m’a écouté et m’a répété qu’elle comprenait. Dans le même temps, elle s’est confiée à moi. M’a raconté ses déboires de stalkeuse, ses peurs de pas pouvoir revenir un jour. En bref, on s’est dit pleins de truc sympas. Finalement, on est tombés amoureux l’un de l’autre assez naturellement et la présence de l’autre est devenu encore plus indispensable qu’avant. Jusqu’à faire fabriquer des bagues avec nos noms dessus.

On a continué de bosser ensemble les fois où je sortais, parfois, je prenais un contrat de mercenariat tranquille pour avoir un peu plus d’argent. Mais dans l’ensemble, on ne manquait de rien. Ouais, je dis « on », parce que j’ai assez vite été squatter sa piaule. On avait même trouvé un moyen pour baiser. Elle connaissait assez de médecins avec son taf de stalkeuse pour avoir une idée relativement précise de ses cycles.

Bref, un parfait conte de fées en somme. Qui a duré, oui. Parfaitement.


Adossé contre une caisse à l’entrée de Park Koultoury, Nikita était absorbé par le dessin de ses ongles mal taillé. Il examinait ces derniers un à un, repérant toutes les imperfections, puis, il attaquait de sa lime à ongles ces dernières. Il n’avait pas vraiment l’habitude de s’occuper de sa manucure d’ordinaire, mais, attendre le retour de Nadezhda était d’un ennui mordant. Normalement, il rentrait avec elle de la surface, mais quand ça n’arrivait pas, il se contentait d’attendre son retour. Ainsi, toutes les activités étaient bonnes pour tuer le temps.

Dans un synchronisme parfait, Nikita acheva le pouponnage de son dernier ongle quand les lourdes portes de la station s’ouvrirent dans un long et profond grincement. Nikita sauta de sa caisse pour commencer à marcher vers l’entrée.

Les silhouettes lourdement équipées se dessinèrent progressivement. Plus le brun s’approchait, plus il parvenait à distinguer les visages de ceux qui revenaient de la surface. Tous les stalkeurs arboraient une mine grave et la dizaine de personne sortie à la surface avait réduit de moitié. Une pointe d’inquiétude secoua l’estomac de Nikita, mais cette dernière s’apaisa rapidement quand il vit la chevelure flamboyante de Nadezhda. Son visage était grave. Recouverte de boue et de sang, ses yeux se perdaient dans le vague, si bien qu’elle sursauta presque en sentant l’étreinte chaude de Nikita l’envelopper.

Restant un instant inerte, elle finit par l’enlacer aussi, un sourire béat sur le visage. Elle profita du réconfortant contact pour fermer les yeux et s’échapper un instant de cette réalité trop difficile. Les deux corps furent forcés de se détacher quand le chef d’expédition -qui n’était pas le même que ce matin- se racla la gorge. Énonçant sans conviction le discours habituel. Un silence de mort suivit ses mots avant qu’ils libèrent les stalkeurs et stalkeuses. Nikita s’empressa de débarrasser Nadezhda de son lourd sac. Cette dernière offrit un faible sourire à son amant avant que le masque de tristesse décorant son visage ne vienne reprendre possession de celui-ci.

Nikita comprit assez vite qu’il devait la laisser seule avec ses pensées pour le moment. Arrivé chez Nadezhda, Nikita l’aida à se déshabiller et alla rapidement remplir la baignoire de fortune de la stalkeuse d’eau brûlante. Il revint vers elle pour l’aider à se débarrasser des dernières couches de vêtements. La jeune femme semblait vidée de toute énergie. Ses mouvements étaient lents, fatigués. Tout dans sa posture inspirait une lassitude sans précédent. Nikita l’amena face à l’eau fumante de la bassine avant de repartir chercher du savon.

Lorsqu’il revint, il retrouva sa moitié comme il l’avait laissé. Les yeux vides, perdus dans l’eau calme. Finalement, avec l’aide du jeune Azarov, elle pénétra dans les eaux chaudes de la baignoire. Elle laissa échapper un soupir de bien-être en se laissant glisser dans l’eau. Quant au jeune homme, il s’installa sur un tabouret, trempa une large éponge dans l’eau de Nadezhda, l’enduit de savon et commença à frotter les parties du corps de la rousse avec énergie. Des amas de mousse se créaient le long de son corps tandis que le silence se prolongeait tranquillement.

-Un démon.

Nikita tourna la tête, une moue interrogative sur le visage face à ce que venait de dire la stalkeuse.

[color=#ff9900]-On a été attaqué par un démon, en revenant vers la crevasse. On avait déjà perdu Vassily et Grisha. Les autres y sont passés sans qu’on puisse bouger le petit doigt.

Elle marqua une pause alors que les larmes lui montaient aux yeux. Nikita avait cessé ses mouvements pour plonger ses yeux clairs dans ceux de son amante, tentant au maximum de capter son regard. Sans réel succès.

-Alexandra s’est faîte démembré…

Ses mains vinrent se plaquer contre son visage tandis que son corps se refermait sur elle-même.

-J’entends encore ces cris de douleur… Ces… Ces membres qui…

Les yeux de Nadezhda s’étaient écarquillés, laissant tomber de longs filets de larmes. Nikita s’approcha d’elle et l’enlaça de ses longs bras. Ils restèrent un moment comme ça. Le mercenaire apaisait tant bien que mal la stalkeuse avec des caresses sur son crâne. Finalement, cette dernière se calma et put sortir de son bain avec l’aide de Nikita. Elle grignota sans grand appétit le plat que son amant lui avait préparé avant de se lover dans ses bras pour s’endormir. Nikita veilla sur elle toute la nuit, l’apaisant dans ses cauchemars, pour finalement tomber de fatigue à son tour.

Le lendemain, ses paupières s’ouvrirent lentement sur la couche vide. Mettant un petit temps à reprendre complètement possession de son corps, il se glissa hors du lit. Attrapa du bout du pied un caleçon et un tee-shirt dont il s’habilla avant de sortir de la pièce. Il découvrit Nadezhda sur le canapé, les genoux contre sa poitrine. Enroulé dans un épais plaid. Une tasse fumante de thé entre les mains.

Lorsqu’elle entendit le faible salut de Nikita, elle lui sourit et tendit le visage pour recevoir son baiser matinal. Alors qu’il s’asseyait à ses côtés tout en commençant à rouler une cigarette, Nadezhda posa la tête sur l’épaule du brun, se laissant hypnotiser par les mouvements habiles de ces mains. Puis, elle posa ses mains sur les siennes, lui faisant poser sa cigarette sur la table basse. En un rien de temps elle fut au-dessus de lui. Le plaid tomba, dévoilant son corps nu à son amant. Attrapant son visage entre ses mains, elle l’embrassa langoureusement. Quelque peu surpris, Nikita mit quelques instants avant de déposer ses mains sur la taille de la rousse qui s’agitait contre lui. Le tee-shirt de Nikita vola dans le salon tandis que Nadezhda commençait à honorer de ses lèvres le cou du jeune homme.

Nikita arrêta cependant les mains de la jeune femme quand ces dernières entreprirent de se glisser sous son dernier vêtement.

-C’est un jour sûr ?

Nadezhda secoua la tête de gauche à droite, le regard fuyant.

-Mais, je veux un enfant avec toi.

Nikita écarquilla les yeux. Sans contrôler son expression. Nadezhda soupira et roula sur le canapé, attrapant la cigarette, elle l’alluma avant de s’enfoncer dans le canapé, le regard perdu dans le vide.

-Avec ce qui s’est passé hier, on change d’endroit de sortie. Je vais partir pour une autre station.

Nikita demeura silencieux face à cette révélation. Les volutes de fumée qui émanaient de la bouche de la stalkeuse s’évanouissaient lentement dans l’air.

-J’ai peur. Je veux avoir une autre vraie raison de m’accrocher. Je suis bonne qu’à la surface, c’est pas par vocation, c’est juste que d’une certaine façon, ça doit être mon destin. Mais…

Elle releva le regard vers Nikita.

-Si, on a un enfant, peut-être que je pourrais… Aspirer à une nouvelle vie ? Dire à ce foutu destin d’aller emmerder quelqu’un d’autre ?

Nikita resta bouche-bée. Sa respiration soulevait sa poitrine à un rythme lent. Pourtant, dans son crâne, c’était un véritable enfer. Un tas de pensée se bousculait.

-Je veux pas être comme mon père.

Nadezhda baissa les yeux.

-Mais… Tu seras là pour m’en empêcher non ?

Pour seule réponse, Nadezhda se leva lentement, posa une main sur son épaule, l’allongea contre le matelas et l’embrassa. Un large sourire sur les lèvres.

Les pas des deux amants raisonnaient dans la station. Les visages inexpressifs regardaient droit devant eux. Ils se dirigeaient vers une des sorties de Park Koultoury, là où une caravane de stalker attendait Nadezhda. Un silence pesant régnait entre les deux personnes. Seulement brisé par les cliquetis des bagages que chacun portait et le bruit de leur pas.

Arrivés à proximité du quai, ils s’arrêtèrent. Nikita se tourna vers la jeune femme, faisant glisser le sac de voyage de son épaule. La stalkeuse avait les yeux rivés vers le vide.

-J’imagine qu’on doit se dire au revoir.
-Adieu.

Elle tourna la tête vers lui, un regard sévère sur le visage.

-On se dit adieu.

Nikita soupira longuement, regardant aux alentours, espérant trouver les mots justes.

-Tu sais, y a pas que les gosses à ne pas abandonner, y a aussi ta copine.

Le ton avait été dit de la manière la plus sèche au monde. Nikita releva les yeux vers le visage impitoyable de Nadezhda. Voyant qu’il restait muet, cette dernière attrapa le sac qu’il avait déposé par terre plus tôt et tourna les talons pour se diriger vers la caravane. Elle s’arrêta quelques mètres plus loin, fouilla dans l’une de ses poches, tripota son doigt et lança quelque chose à Nikita. Il attrapa les projectiles à la volée.


-J’ai trouvé ça hier, pour toi. Considère ça comme ma dernière preuve d’amour. Et la bague, comme cadeau de rupture.

Nikita soupira à nouveau en regardant la jeune femme dont il était amoureux partir. Il reporta son regard humide sur ce qu’elle lui avait donné ; un jeu de tarot et la bague qui portait son nom. Il releva la tête.

-Je tirerais les cartes pour toi, la prochaine fois.

Je me suis dégonflé. Au dernier moment. Je suis sorti et j’ai craché mon sale foutre dans ma main. Bien que le plus gros ait fini contre ma paume, j’imagine que quelques résidus ont dû rester en elle. Mais sur le moment, j’ai flippé. Je me suis rappelé de tout. De l’absence de mon père. De la galère avec ma mère. Du conte de Baba Yaga.

Peut-être qu’en fait, c’est exactement ça qui s’est passé le jour de ma conception.

Reste que dans tous les cas, Nadya et moi, on ne s’est pas recroisé. J’avais des nouvelles de connaissances communes, notamment, cette armurière pas nette qu’on aimait taquiner avec Nadya, Valentina. Mais depuis le blocus, rien.

Globalement, depuis son départ, j’ai commencé à déconner. Boire plus que de raison, errer dans le métro sans réel but. En deux ans et demi de relation, elle avait réussi à devenir tout mon monde. Je suis retourné un temps dans mon ancien dortoir. Avant d’accepter des contrats que je n’acceptais pas d’ordinaire. J’ai rapidement replongé dans la délinquance et totalement plongé dans la criminalité. Je crois que y a que son tarot qui m’a un peu fait garder les pieds sur terre. M’enfin, la loi du métro, c’est bouffer les autres avant de se faire bouffer.

Depuis qu’elle est plus là, j’escroque un peu plus, j’accepte des contrats où mes capacités sont mis à profit pour tuer les autres ou leur faire de tort et j’accepte toujours plus d’expédition à la surface, dans l’espoir muet d’un jour la revoir, j’imagine. Mais c’est le blocus de la VAR qui m’a détruit. C’est à ce moment où Valya a commençait à plus pouvoir me donner de nouvelles de Nadya, fin à son retour pour être plus exact. Elle aussi était bloquée à la VAR. Et la dernière fois qu’elle aurait vu Nadya, c’était avant qu’elle sorte dehors. Trois jours plus tard, le blocus était annoncé et plus de nouvelle d’elle.

Dans mon malheur et mon ivresse, j’ai rencontré deux gars. Ivan et Piotr. Je les ai un peu baratinés avec mon tarot. De fil en aiguille, on est devenu potes. Je crèche chez l’un ou chez l’autre quand la solitude est un peu trop nulle à supporter. Plus chez Piotr. Il a une fille, Inna. Elle est géniale, on taquine son père ensemble, c’est amusant. Et je crois que je le perturbe un peu avec mes avances, héhé. Je n’ose pas en faire à Ivan, vu comment Valya le regarde, je ne veux pas risquer de me prendre un coup de barre à mine un soir un peu trop alcoolisé.

J’ai l’impression que leur présence m’aide pour oublier Nadya. Et à relativiser et avoir un peu d’espoir. Même si ça va faire un an qu’on ne s’est pas vu.

Est-ce que ça finira avec eux comme avec elle ? C’est ce qu’on va voir.
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Date d'inscription : 09/06/2018
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Mercenaire - Lycaon
le Dim 29 Juil - 16:56
Mercenaire - Lycaon

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Age :: 23 ans
Patronyme :: Ilitch
Surnom :: Nikki
Hello ! J'ai enfin terminé la présentation de Nikita ! Je la laisse entre vos mains !

Soyez gentil avec elle sheeping
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le Mer 15 Aoû - 18:19
Médecin

Passeport
Age :: 29 ans
Patronyme :: Viktorovna
Surnom :: Katya

Fiche validée ♥️

Félicitations, tu viens de réaliser tes premiers pas dans le métro de Moscou, ton personnage est donc validé !

Avant de rp, il faut que tu penses à remplir ton profil : les champ contact pour ta fiche de présentation et ton carnet de bord, l'onglet "passeport" donnant des informations concernant ton personnage.

Il faut ensuite que tu créés ton carnet de bord dans lequel il faudra tenir à jour ton inventaire en fonction de tes acquisitions.

Et pour rp, il ne te manque plus qu'un compagnon. Pour cela, il suffit de se rendre au point rencontre et n'hésite pas à jeter un coup d'oeil au tableau d'affichage des missions.

Bon jeu !

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