Noires ailes noires nouvelles
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Médecin-chirurgien
le Mer 23 Mai - 11:19
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Age :: 28 ans
Patronyme :: Nikitovna
Surnom :: Anya
Elle s’était arrêtée sur le pas de la porte, tête rejetée en arrière et yeux levés vers le plafond craquelé . Autrefois, il devait sans doute revêtir une certaine majesté paré de milliers de carreaux de faïence colorée. Aujourd’hui, un bon nombre manquait et offrait un spectacle désolant si l’on considérait l’utilisation actuelle que l’on faisait de cette portion de tunnels : des baraquements pour soldats. Parfois, Anna se surprenait à imaginer ce à quoi avait pu ressembler ces tunnels lorsqu’ils ne servaient qu’à assurer le déplacement de la population moscovite. Elle devait se fier essentiellement aux descriptions qu’elle en avait lues et aux souvenirs qu’on lui avait comptés, elle-même était un peu trop jeune pour en avoir noté les plus infimes détails. Un sourire cynisme étira ses lèvres. Elle avait passé l’âge d’oublier et de ne plus se souvenir. Sa mémoire, désormais, ne lui laissait aucun répit. Mais au lieu d’en porter le fardeau, elle avait décidé d’en faire un atout.

La jeune femme se redressa d’un bloc, regard vissé sur la poignée de la porte et se fit craquer les articulations des doigts avant de frapper pour annoncer sa visite. La quarantaine d’Andreï avait pris fin depuis peu mais elle ne l’avait pas encore revu. Même en ayant intégré l’équipe chargée de leur suivi, elle n’avait pratiquement pas côtoyé son frère, si ce n’est les dossiers qu’on lui transmettait à son sujet. Loin d’être acceptée à l’unanimité dans l’équipe, on lui avait interdit l’accès à son propre frère. Ils avaient sans doute jugé inopportun d’attribuer le suivi médical du Stalker à sa propre sœur. Et ils n’auraient pu se tromper plus lourdement. Depuis son retour de V.A.R, Anna avait été passablement plus proche du meilleur ami de son frère que de ce dernier. Depuis la dispute qui les avait séparés lorsqu’il avait refusé de lui révéler la mort de sa compagne et de l’enfant à naître, ils ne s’étaient pas adressé le moindre mot sinon des regards lourds de reproches lorsqu’ils s’étaient croisés.

Toujours étant qu’elle avait appris ce matin, toujours dans les rapports qu’on lui transmettait, que son frère était sorti de Polis la veille et en était revenu dans un état discutable. Elle n’en savait guère plus et n’avait pas ressenti le besoin d’en réclamer davantage. Profitant d’un moment de répit dans le cumul de ses tâches, elle avait pris le chemin de ses quartiers, bien décidée à crever l’abcès. Alors quand la porte s’ouvrit, elle se composa un visage amène et salua son frère de ce sourire cynique dont ils avaient tous deux le secret.

- Salut ! Me suis dit que tu pourrais avoir envie de ça.

Elle lui tendit un sachet duquel s’échappait une odeur sucrée et un vieux thermos cabossé. Sans attendre de réponse, elle avait poussé la porte pour l’ouvrir davantage et s’était engouffrée dans la brèche. Rapidement, elle jeta un coup d’œil circulaire à la pièce et nota tous les changements opérés depuis la dernière fois qu’elle était venue. Anna posa le sachet de beignets fris et le thé encore brûlant sur le bureau puis se retourna pour faire face à son frère, les mains enfoncées dans les poches de sa veste. Elle inspira lentement, figée sous le regard d’acier qui la transperçait puis ses épaules s’affaissèrent, vaincue.

- J’ai été assignée à l’équipe scientifique d’observation mais ils ont refusé que j’assure ton suivi médical. J’ai pu lire les dossiers cependant.

Elle avait ponctué sa déclaration d’une grimace, incapable d’exprimer convenablement toutes les pensées qui l’assaillaient. Lui comme elle n’avait jamais été douée pour cela. Alors, au terme d’une hésitation, elle se jeta enfin.

- Inutile de te demander du coup si tu vas bien ou même ce qui s’est passé. Je suis juste venue te voir et essayer de réparer un peu les choses entre nous.



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le Mer 23 Mai - 21:49

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Age :: 30 ans
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Des flash illuminaient le devant d'une des portes d'acier des stations de Polis, ouvertes. Des cris, des ordres qui fusaient de partout. L'odeur de la poudre qui emplissait l'air, les oreilles qui bourdonnaient sous les bruits incessants des fusils automatiques et des armes qui vidaient leurs chargeurs sur la masse de chair tentant d'entrer dans la station. Une vague, une marée de mutants, de Nosalis, poussant des plaintes d'agonies et des rugissements puissants. Sonné en raison d'un soldat l'ayant poussé par accident en rejoignant le poste de combat, le jeune Andrei Volkovar errait sans trop savoir où aller. C'était passé si vite, et c'en était presque magique en soi d'avoir l'impression de devenir un spectre dans cette situation d'urgence.

-Andrei !

Une voix puissante, rauque et familière vint briser ses pensées, et tourna ses yeux vers son père, ancien Stalker et maintenant armurier qui prenait les armes pour aider les Ksathriyas dans la tâche qu'était de stopper l'invasion de Mutants. Ses cheveux d'un gris foncé, parcourus de plusieurs mèches blanches, étaient en désordre et son visage était teinté d'un peu de sang, et son regard d'un bleu glacé était pointé sur Andrei, une lueur d'inquiétude en eux.

-Il faut que tu partes !

Le jeune adolescent avait toujours son regard posé sur son paternel, alors que derrière lui, se déroulait un véritable massacre. Les Nosalis débutaient leur percée, et s'engouffraient de plus en plus dans la station. Les Ksatriyas hurlaient quelque chose, débutaient leur retraite. Ils devenaient trop nombreux, bien trop, et trop peu pour pouvoir défendre convenablement malgré leurs équipements et leur entraînement. Renfort. Des renforts n'allaient pas tarder. Mais n'arriveraient pas assez vite, malgré l'utilisation de draisines motorisées. L'attaque avait duré depuis un moment, et l'appel de renfort avait été immédiat. Son père le secoua fortement, hurlant de nouveau.

-Andrei ! Veille sur ta sœur ! Veille sur elle ! Anatoli, emmène-le, je me charge de les retenir !

Il se sentit soulever par un homme de forte corpulence musculaire, et tentait de se débattre, mais la prise était ferme, alors que son paternel fonçait dans le tas, près de la porte d'acier, arme en main, vidant son chargeur sur les créatures. Andrei tentait de crier quelque chose, de l'intimer de revenir, mais il s'éloignait rapidement. Et il vit alors une silhouette nettement, au loin, parmi les Nosalis qui fonçaient vers la porte, élancée, des yeux vide, la peau sombre, inexpressive, un bras tendu vers lui, comme indiquant une direction aux Mutants, un ordre d'attaquer.


Il se réveilla en un sursaut, et sortit son arme pour la pointer devant, son pistolet prêt et bien charger. Mais personne. Toutes ses sensations avaient disparu pour faire place face à celle de la fatigue. L'empreinte du Sombre était puissante, forte, et elle hantait sa conscience chaque nuit. Andrei avait bien bu hier, et cela avait aidé le brun pour s'endormir, sans pour autant avoir une gueule de bois des enfers. Le Russe poussa un grognement inaudible et déposa son arme non loin, alors qu'il se frottait ses yeux. Il avait dormi bien longtemps, en juger l'état de la chandelle presque totalement utilisée.

Nettoyant ensuite son visage avec de l'eau froide, posée dans un seau non loin, avant d'entendre la porte cogner plusieurs fois. Se séchant ensuite rapidement, avant de s'y diriger et de l'ouvrir pour voir le visage d'Anna. Un pli vint entre ses sourcils. Et tout juste allait-il pouvoir répondre quelque chose qu'elle entra dans sa chambre comme un rat le ferait dans une cuisine, l'air de rien, déposant le thermos et le sachet contenant une quelconque nourriture. Le Stalker se croisa les bras après avoir fermé la porte, observant Anna Volkovar.

-J'en aurais bien eu envie, mais il semblerait qu'un cafard s'amuse à contaminer les lieux par sa simple présence.

Ses yeux se plissèrent alors pour devenir deux petites fentes d’où s'échappaient des éclats de glace froids et pointus qui étaient décochés en direction d'Anna. Le Stalker s'était dit que cela ne pouvait pas plus mal tomber, avec la rencontre contre le Sombre et ses Mutants, mais en plus de cela, il fallait que celle-ci entre dans l'unité. Sur un ton décidément mauvais, il finit enfin par parler après une minute de silence.

-Tu as été assignée, ou tu les as obligées à t'assigner dans l'équipe ?

Le brun finit par poser son dos contre un mur, observant Anna depuis une certaine distance sans faire de réel mouvement pour tenter de s'approcher, et l'aura qu'il dégageait n'était aucunement pas amical.

-Tenter de réparer les choses, hein ? Quelle merveilleuse idée de vouloir de tenter de les réparer en t'immisçant ici, en me disant cela. Pardonne-moi bien mon doute, mais je ne crois pas que l'on t'aurait laissé entrer dans cette équipe 'd'observation'. Je crois que nous avons déjà bien assez de scientifiques et de Brahmanes sur les bras bien qualifiés pour la tâche.

Andrei passa une main dans sa barbe un instant, le titillant avant de reprendre sa position initiale.

-Si tu es venue dans ce but, c'est mal parti.
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le Jeu 24 Mai - 14:10
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Age :: 28 ans
Patronyme :: Nikitovna
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Face à la première invective, Anna n’avait pas cillé. Les mains solidement enfoncé dans les poches, elle n’avait pas esquissé le moindre geste. Puis, accusant le choc, elle s’était fendue d’un sourire mauvais. Ses yeux étincelaient de colère. Andrei n’avait jamais été tendre avec sa cadette et elle le lui avait rendu à sa manière. Mais à travers leurs piques, l’on percevait toujours un fond d’affection, ultime preuve d’attachement dont ils étaient tous deux capables. Seulement cette fois-ci, la jeune femme était incapable de percevoir la moindre bienveillance dans la répartie de son frère. Et lorsque celui-ci poursuivit ses affronts, elle sortit les mains de ses poches et croisa les bras sur sa poitrine. Appuyée sur une jambe, elle tapait du bout du pied la mesure, accentuant les propos amers de son frère. Sourcils froncés et lèvres pincées, elle ne cachait rien de son mécontentement. En d’autres circonstances peut-être, elle aurait répliqué aussi durement à chacune de ses invectives. Au fond d’elle-même, pourtant, en dépit de la douleur et de la colère, elle comprenait les raisons qui poussaient son frère à agir de la sorte. Chacun traitait la souffrance à sa manière. Et ce fut sur cette idée qu’elle se focalisa pour se préparer aux prochains assauts.



- Sans doute, lâcha-t-elle mécaniquement puis elle enchaîna en détachant chacun de ses mots, J’ai eu le cadavre de Marko entre les mains, celui du mutant que vous avez ramené également. Pas sûre qu’un autre Brahmane ait pu pondre un rapport plus détaillé à ce sujet mais ça évidemment tu n’es pas en mesure de le savoir car ça ne rendre pas dans ton domaine de compétences.



S’il y avait une corde sur laquelle il ne fallait pas toucher, c’était bien l’orgueil professionnel de la jeune femme. Visage impassible, ses yeux étincelaient de fureur. Elle poursuivit sur un ton bas, presque grondant, martelant chacun de ses mots.



- Pour rappel je suis la chirurgienne la plus qualifiée de ces lieux alors pour ce qui est de mon utilité dans cette équipe, laisse-moi en juger s’il te plait et essaie de faire correctement ton devoir pour commencer.



La chirurgienne avait rompu son immobilité. En deux enjambées nerveuses, elle parvenait à la hauteur de son frère. Les mâchoires serrées, le regard flamboyant malgré son éclat polaire, elle semblait sur le point de le frapper.



- A commencer par celui de frère et d’aîné. Andrei je ne peux pas avancer sans toi, pas si tu te fermes ainsi. Je n’ai pas mérité cette haine. Je ne suis pas là pour ça.



Sa voix ne s’était pas adoucie mais quelque chose vacilla dans son regard. Sans laisser d’autres opportunités à son aîné, elle saisit sa main entre les siennes et la serra doucement. Elle en senti le contact, glacé entre ses paumes, presque étranger. Il lui semblait qu’ils ne s’étaient pas touchés depuis une éternité. La jeune femme inspira un grand coup, soutenant le regard de son frère. S’il brillait du même éclat, il lui semblait incompréhensible, inatteignable. Depuis quand s’étaient-ils autant éloignés ? En son fort intérieur, Anna connaissait pertinemment la réponse ce qui rendait la question plus douloureuse encore. Egarée dans son désir d’indépendance, elle en avait perdu de vue son frère et son propre épanouissement. Comment avait-elle pu passer à côté de tout cela ?



- Je suis désolée, finit-elle par rajouter en serrant la main un peu plus fort entre les siennes mais en se détachant de son regard, incapable de le soutenir plus longtemps sans se sentir davantage coupable.



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le Ven 25 Mai - 7:25

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Le Stalker avait une posture si commune chez lui : celle d'un mur de glace dotée d'une solidité non-négligeable, dont la volonté n'était que celle de l'acier, cassable qu'en de rares occasions, comme celle de la rencontre avec le Sombre, et qui pourtant, malgré la fureur de sa chère sœur, o bien aimée sœur, Anna Volkovar, et toujours malgré son regard en fureur en sachant qu'il avait touché un point sensible, il restait de marbre, les yeux plissés, méchamment. Anna avait beau être sa sœur, le Stalker n'éprouvait qu'une sorte de mépris amusante si elle pensait que cela s'avérerait effrayant pour lui. Andrei Volkovar se tenait aussi rigide et solide qu'avant.

Évidemment qu'il savait qu'elle n'était pas n'importe quelle chirurgienne. Après tout, l'on parlait peut-être en mal de sa langue digne d'une Nosalis, mais au niveau du doigté dont elle pouvait faire preuve lors d'une opération, quand il fallait faire une réflexion, quand il était du domaine médical et de la mémoire, peu de gens l'égalaient. Elle était une flamme aussi féroce qu'apaisante, porteuse de mort et protectrice de vie, et lui l'acier, froid, implacable et tranchante, apportant son lot de cadavre sur son passage, amis ou ennemis, de sa main ou d'une autre. Et même avec son entourage, il manifestait toujours cette sorte de froideur, d'aura glaciale sibérienne, exacerbée pour des raisons personnelles depuis quelques mois.

Andrei resta toujours aussi rigide qu'une statue, et se laissa mécaniquement prendre la main, la laissant prendre la manœuvre, toujours en la regardant dans les yeux. En cet instant, il avait presque un air de mépris dans ses yeux, et le Stalker se contenta de rester silencieux longuement, avant de finalement ouvrir la bouche.

-Si dire désolé pouvait tout simplement régler en ce monde, ce serait un bien beau monde, Volkovar, finit-il par répondre, en accentuant le nom de famille, rappel de leur dernière rencontre. N'est-ce pas ?

Et pourtant, il retira sa main avec douceur. Toujours froid, mais doucement, alors qu'on aurait pu s'attendre en une gifle colossale sur le visage de la jeune femme, et pour être honnête, probablement n'aurait-il pas eu de regret, car il se souvint des paroles d'une certaine personne. Que parfois, ce n'était pas d'une leçon de théorie dont on avait besoin, mais d'une leçon pratique. Que le geste parlait davantage que les mots.

-Tout le monde peut avancer sans l'aide de quelqu'un. Le problème n'est pas l'absence de quelqu'un ou de quelque chose, mais de trouver la volonté de le faire sans soutien. Ce que j'ai fait, de nombreuses fois. Avec ou sans toi, ou un autre.

Et le Stalker dégagea Anna de son chemin d'un coup d'épaule, mais bien plus doux que ce qu'il pourrait faire normalement, pour rejoindre le thermos, sortant alors deux verres d'un tiroir, pour en verser ensuite le thé, et prit son verre, laissant le soin en Anna de prendre le sien. Après tout, ce ne serait pas un effort colossal.

-Tu ne mérites pas cette haine ? Tu n'as rien fait pour arranger ton cas, sinon m'énerver davantage sur le sujet. Et pour être honnête, Anna, avec tout ce que j'ai vécu récemment, penses-tu vraiment que j'ai envie d'adopter le profil du gentil frère adoré ? Que j'ai envie que tu te mêles de cette histoire davantage ? Non. Je n'en ai pas envie. Aucunement, même. Non seulement on attire déjà plus d'attention qu'il n'en faut, alors que tu sois du panier en est trop pour moi, ne me plait pas du tout. Tu veux que je ne parle pas en mal de ton domaine ? De ta situation ? Je pourrais aussi en dire de même.

Le Stalker se dirigea alors ensuite vers son lit, pour s'y asseoir, tout en buvant une rasade de thé, ayant emporté le thermos avec lui, pour ensuite observer Anna dans les yeux.

-Si tu t'attendais à un accueil chaleureux et émouvant, alors tu te trompes. Tu dois bien savoir que chez les Volkovar, on ne fait pas dans ce genre-là.
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le Ven 25 Mai - 10:09
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Les mots ne l’atteignaient pas réellement. Ils rebondissaient à la frontière de son esprit, imperméable à la douleur. Mais lorsqu’Andreï retira sa main, il lui semblait que tout son être se déchirait en deux. Depuis était-elle devenue si émotive ? Mâchoires serrées à en faire crisser les dents, Anna se maudissait de sa propre faiblesse. Elle n’avait pas bougé d’une once, même lorsqu’on son frère l’avait contourné en la repoussant légèrement. Elle avait attendu qu’il s’assied sur son lit, tasse fumante en main avant de faire mouvement vers celle qu’il lui avait servi. Elle la prit entre ses mains puis pivota sur les talons avant de s’appuyer contre le bureau. Portant la tasse à ses lèvres, elle en apprécia la chaleur et se dissimula un instant derrière les vapeurs fumantes. Les effluves du thé lui parvenaient sans que son esprit s’en empreigne réellement. Elle restait focalisée sur les dernières paroles de son frère.

- Je n’ai pas souvenir non plus que nous faisions dans la méchanceté.

Le trait avait filé, assassin. Ne regrettant pas un instant ses paroles, elle s’emmura pourtant dans le silence. Les yeux plissés, le visage toujours dissimulé derrière sa tasse, elle observait son frère. S’il la ressemblance physique était presque insolente, ils n’avaient jamais été plus différents en cet instant. Dans sa souffrance, Andreï se métamorphosait en un homme qu’elle ne connaissait plus. Leur complicité jadis légendaire volait en éclat, foulant sans pitié les souvenirs de leur enfance. L’espace d’un instant, elle ne sut dire qui était le plus impitoyable. Andreï qui la repoussait sans état d’âme ou elle qui n’en ressentait qu’un gouffre insondable de froideur ? Par ses mots, Andreï avait dépassé le stade de la colère. La chirurgienne ne ressentait plus la moindre fureur envers son frère, sinon quelques traces d’amertume. Elle inspira longuement puis reposa la tasse sur le bureau sans en avoir bu la moindre gorgée.

- Andreï, j’ai voulu croire que je pouvais évoluer seule et indépendamment de mes proches mais je n’ai pas réalisé un instant qu’en agissant de cette manière je me fermais à eux ; que je ne pouvais être présente pour eux. C’est pour cela que je m’excuse, pas pour le reste. Je n’ai pas à me sentir désolée pour autre chose et je souffre déjà bien assez de mes erreurs.

La jeune femme marqua une pause qu’elle ponctua d’un soupir. Puis elle reprit sur un ton plus ferme, les yeux ancrés dans la glace iridescente de son frère.

- Je n’ai compris que trop tard pourquoi tu te fermais ainsi à moi lorsque nous nous sommes revus et j’en suis désolée. J’étais tellement heureuse de te revoir quand je suis revenue de V.A.R.. Je n’ai cessé de penser à toi, à mes amis dont je n’avais aucune nouvelle. Je n’ai rien vu venir, rien compris. Mais il était déjà trop tard, tu t’étais déjà fermé à moi depuis longtemps. Bon sang, Andreï, comme je t’en ai voulu de m’avoir caché tout ça !

Elle fit un large geste de la main, englobant l’ensemble de la pièce. Son regard était éloquent. Elle savait. Et il devait le savoir, il ne pouvait en être autrement.

- Et comme je m’en suis voulu davantage de n’avoir été là, de n’avoir pu vous accompagner, d’avoir été si imperméable. Je te jure Andreï je n’ai jamais autant regretté quelque chose de ma vie et tu es bien placé pour savoir que je ne me retourne pas sans raison vers le passé. Si à un seul instant j’avais pu mettre tout ce que je possédais pour assurer ton propre bonheur, je l’aurais fait.

Elle s’était redressée, son corps animé de mouvements nerveux tandis qu’elle s’exprimait. Puis elle s’arrêta d’un coup, suspendue dans son élan et le contemplant d’un air éloquent. Ils venaient d’atteindre un point de non-retour. La fracture était proche. Réalisant qu’elle retenait encore son souffle, elle expira d’un coup. Ses épaules s’affaissèrent, la tension désertant son corps et son visage jusqu’ici crispé en une expression douloureuse.

- Mais si c’est de temps dont tu as besoin ou si tu veux tout simplement plus ne avoir affaire à moi, soit. Je peux toujours essayer de faire semblant que tout cela ne m’atteint pas.

Alors elle avait souri doucement, pleine de résilience.



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le Sam 26 Mai - 5:45

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Méchanceté. Un bien grand mot, pour une si vaste définition, et pour cause. Le tout était relatif. Andrei Volkovar considérait que pour l'instant, sa gentillesse le permettait de ne pas tenter de la gifler après l'avoir entendu. Mais dans un autre temps, il se disait qu'aussi, au fond, il usait de cet éclat de glace de manière injuste contre Anna. Un conflit émotionnel était émergé en lui, mais il resta de marbre cependant, malgré le regard glacé toujours darder sur lui en continue, avant qu'elle ne se décide à s'avancer vers la tasse et qu'elle en boit un coup, la vapeur cachant un tant soit peu le regard acéré et enflammée d'Anna en une brume dansante. Le Stalker n'était pas habituellement quelqu'un de bavard. Mais les circonstances récentes voulaient qu'il parle.

Et les circonstances récentes le rattrapaient, signe que la mort frappait encore et toujours dans le Métro. En tant que Stalker, il n'avait ressenti de compassion pour Alexandre pour la seule et unique raison qu'il savait que perdre un homme pour lui était une frayeur insondable, et depuis leur récente liberté, ne l'avait aucunement vu. Andrei Volkovar n'avait éprouvé qu'une sorte de pitié au vu de la mort horrible de Marko, et de la disparition de Yuriy, mais de regret, point, car la mort, il y était habitué. Horriblement habituer. S'était-il si déshumanisé depuis la mort de Sevastianna ? Enfermé dans son carcan de douleur émotionnel, le Stalker n'avait trouvé de réconfort que dans son travail.

Jamais il n'avait voulu en parler aux proches, s'emmurant alors dans un silence froid et révélateur. Mais finalement, les circonstances récentes le rattrapaient, signe que le passé ne nous quittait jamais, peu importe nos forces et nos qualités. Le Stalker continua de rester silencieux, alors qu'il écoutait Anna, et qu'une image désagréable se formait dans son esprit. Le sourire si enchanteur de Sevastianna, et le fait d'avoir pu voir celui de Natalya, avant que l'étreinte de la Grande Faucheuse ne les emporte tous les deux. Toujours en regardant Anna, il avait une lueur étrange dans ses yeux. Une fureur glacée, une amertume profonde, qui sait ?

-Tu as fini ton discours ? Si tu veux, je peux faire comme si j'écoutais, pour que tu ne te sentes pas mal.

Serrant un peu trop fort le verre qui tremblait sous sa poigne puissante, le Volkovar se leva alors lentement de toute sa stature, et il parlait d'une voix lente, profonde, détachant avec attention ses mots, cette fois-ci sur ses propres gardes.

-Tu veux savoir dont j'ai besoin, Anna ? C'est de la tranquillité. Pas de quelqu'un qui vient ici en croyant connaître ce dont je souffre en ce moment, et ton domaine est celui du médicale, et non de la psychologie. Alors ne te permet pas de me dire ce dont j'ai besoin, Anna. Et en échange, je n'essaierais plus de critiquer ton travail de boucher. Cela te va ?

Il déposa le thermos assez brutalement près de la table ou elle avait été posée originellement, ainsi que sa tasse, presque vide, puis se croisa les bras, se tenant juste devant sa jeune sœur, son propre sang. Une petite flamme glacée était née dans ses yeux.

-Autre chose que tu voudrais ajouter ?
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le Lun 28 Mai - 17:19
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Pour ne pas ciller sous l’assaut verbal, la jeune femme avait repris en main la tasse de thé fumant. Elle l’avait humé, les yeux plissés, puis en avait avalé plusieurs gorgées. Elle grimaça sous la brûlure, sa langue malmenée se contorsionnant en réaction. L’espace d’un instant, il lui semblait saisir les paroles de son frère à travers un filtre opaque. Elle ne lui reconnaissait plus rien. Pourtant, elle sut que ces changements n’avaient rien à voir avec le Sombre. Andrei s’était refermé des mois plus tôt, au moment même où il avait décidé de cacher à tous l’ampleur de sa relation avec Sev. Alors que ce dernier achevait sa dernière question, elle demeura un instant silencieuse puis acheva son breuvage et le but d’un trait. Ce fut d’une voix basse, à la limite du murmure, qu’elle lui répondit.

- Je ne sais pas ce dont tu as besoin, Andrei, j’étais justement venue te voir pour l’apprendre.

Un sourire sans joie filtrait sur son visage marmoréen. Elle inspira longuement puis reposa la tasse sur le bureau dans un bruit mat.

- Mais tu n’as visiblement pas besoin de moi. Le message est passé.

Les yeux plissés, les lèvres figées dans un sourire placide, elle semblait désolée. Quittant l’appui du bureau, elle s’avança vers le stalker et l’observa quelques secondes en silence. Face à l’acier de ses prunelles, elle se faisait eau mouvante aux éclats arctiques. Puis elle ferma les yeux et pencha la tête de côté. Elle s’éloigna ensuite de son frère et se retourna vers le bureau pour en saisir le sachet qui dégageait encore l’odeur des beignets tièdes.

- Tu peux garder le thé, je repars avec ceci.

La chirurgienne le contourna sans un regard pour lui. Sa main piocha dans le sachet et en sortit un beignet. Elle croqua dedans mais sans déguster la pâtisserie car le thé avait achevé l’ensemble de ses papilles gustatives. Elle se lécha les lèvres, agacée par l’absence de sensation. Comme elle se dirigeait vers la porte, prête à prendre congé, elle posa la main sur la poignée et se tourna à demi vers son frère. Elle semblait sur le point de dire quelque chose, les lèvres entrouvertes.

Au fait, j’ai couché avec ton meilleur ami.

La réplique lui tira un sourire, tentée de la lancer avant de s’en aller mais elle se ravisa. Si elle pouvait lui lancer une dernière pique, elle refusait qu’Alexandre en subisse les conséquences. Connaissant les relations de ce dernier avec son frère, elle préférait encore l’épargner. Si Andrei décidait se fermer aux personnes qui le connaissaient le mieux, qu’il en soit ainsi et qu’il en subisse les conséquences seul. Sans autre forme de procès, la Brahmane tourna la poignée et disparu dans le couloir.



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le Lun 28 Mai - 23:30

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Il grondait, au fond de lui, comme une mer au bord de la tempête, un ouragan prêt à se déverser. Appeler Andrei 'Le blizzard' de Polis n'était pas une si mauvaise idée, puisqu'il lui était déjà arrivé de déverser sa mauvaise humeur sur ses pauvres ouailles ou les Ksatriyas ayant un peu trop tenté de le faire réagir, lui qui était de base quelqu'un de calme et composé, crachant ses insultes comme une nuée de grêlons froid et perçant. Le brun, pourtant, voyait que sa sœur souffrait de ce renfermement chez lui.

Il ne cillait toujours pas, surtout quand elle s'approcha pour le regarder dans ses yeux. On aurait dit deux loups se jaugeant du regard, au vu de la tension dans la chambre. Mais pour Andrei, tout ce qu'il voyait en Anna est une petite fille perdue et triste, qui recherchait un moyen de revoir son frère. Un pincement au cœur vint le rappeler que malgré tout ce qu'il avait vécu en un si court laps de temps, Anna restait sa sœur. Ça avait été injuste de la jeter ainsi. Pendant un instant, il sentit comme une claque fantomatique sur l'arrière de son crâne de la part d'Anton, leur père, lui intimant d'aller s'excuser au moins, avant qu'il ne reprenne ses esprits.

Sortant ensuite de sa chambre en la suivant, il finit par la rattraper et poser sa main sur son épaule et la retourner, avant de l'enlacer en silence. Pendant une dizaine de secondes, en fermant les yeux, profitant de ce contact humain dont la sensation semblait si lointaine, si inconnue aux yeux du Stalker, dont la vie ne se résumait qu'en une phrase : une course contre la mort, effrénée et intense, courte mais puissante, avant de lâcher Anna, pour la regarder dans les yeux. Toujours cette lueur résolue dans son regard bleu glacé.

-Je suis désolé, finit-il par murmurer. Je m'excuse de mon comportement. Mais cela ne te regarde aucunement de ce que je vis, alors ne viens pas t'immiscer dans ma vie, malgré tes bonnes attentions.

Il parlait toujours de ce ton ferme, mais l'on y dénotait une certaine empathie dans sa voix, continuant ainsi. Une sorte d'empathie froide, bien calculée, mais véritable.

-Tu es ma sœur, et tu ne mérites pas... Autant de haine et de méchanceté. Mais comprend moi bien que je ne veux que personne, même pas toi, tente de vouloir faire quelque chose sous le prétexte de vouloir mon bien-être. Tu m'as compris ?

Et alors, il rajouta en dernier mot.

-Personne.
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le Mar 29 Mai - 9:05
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Patronyme :: Nikitovna
Surnom :: Anya
Il va vouloir récupérer les beignets, avait été la dernière pensée cohérente de la jeune femme avant que la main ne se pose sur son épaule. Elle avait à peine effectué trois pas dans le couloir que son frère l’avait rattrapée. Face à l’aigreur de ses paroles, face à la colère qui filtrait au travers de ses regards tranchants, elle ne s’était pas attendue à ce qu’il l’enlace et la prive de toute retraite par l’étau de ses bras autour d’elle. Naturellement, elle s’était figée comme l’on s’immobilise en attendant la rafale. Avec un temps de retard, elle avait alors réalisé la nature du geste. Il ne la frappait pas, il ne la repoussait pas, Andrei l’accueillait simplement auprès d’elle. Alors lentement elle remonta ses mains et enserra le buste de son aîné. Toujours un peu raide, elle refusait d’enfouir sa tête dans le creux de son épaule. Peut-être avait-elle simplement peur de tomber les derniers remparts de sa volonté, peut-être était-elle encore trop abasourdie par le virement de situation. Un sifflement sonore dans ses oreilles l’empêchait de saisir complètement les paroles de son frère. Elle sut pourtant ce qu’il avait besoin de s’exprimer et acquiesça doucement, les dents serrées à en faire rompre l’émail. Avec difficulté, elle déglutit et tenta de se détendre un peu sous l’étreinte. La tension accumulée au cours de ces derniers jours et exacerbée lors de son échange avec son frère l’en empêchait, boule de nerf menaçant de rompre à tout instant. Son frère réalisait-il jusqu’où il s’était aventuré ?

- Compris, articula-t-elle péniblement.

Ses mais s’étaient resserrées autour du dos large d’Andrei, ses doigts s’enfonçant légèrement dans le vêtement rendu rêche par le temps et les mauvais traitements. Anna ferma les yeux et inspira longuement, tant pour s’imprégner de l’instant présent que pour recouvrir un semblant de contrôle.

- Je ne tenterai rien, promis, mais je serais là…quoiqu’il arrive, ne l’oublie pas.

Les mots étaient hachés, les paroles saccadées. Au prix d’un effort qui lui parut insurmontable, elle se détacha de l’étreinte de son frère. A contrecœur, elle eut un mouvement de recul et rétablit la distance entre eux. Son regard avait pris les nuances d’un ciel succédant l’orage.

- Je dois y aller. On se reverra plus tard…quand tu veux, tu me diras…je serais là.

La Brahmane inspira un grand coup afin de se redonner contenance. Machinalement, elle avait passé une main dans ses cheveux. Quand son regard avait retrouvé le chemin de celui d’Andrei, elle le dévisageait avec force. Lèvres pincées, elle conserva un moment le silence avant de reprendre la parole.

- En attendant je garde les beignets, finit-elle par rajouter avec un sourire.

Retrouvant l’espièglerie qui lui était connue, elle agita le sachet de pâtisseries et lui adressa un clin d’œil. Puis la jeune femme fit volte-face et s’éloigna d’un pas souple.



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le Sam 2 Juin - 8:41

Passeport
Age :: 30 ans
Patronyme :: Nikitovitch
Surnom ::
Son cœur battait en rythme avec celui d'Anna. Malgré tout, ils étaient de familles et ne devaient pas s'entre-tuer pour si peu. Mais Andrei restait Andrei. Tout avait changé en lui en si peu de temps, se refermant comme une huître faite d'acier, et Andrei devait vivre avec le fait qu'il avait rencontré un Sombre. Un Sombre qui avait créer une apparition effrayante de Sevastiana et jouer avec ses propres sens. Ce n'était plus du gaz qui avait alors créer cette illusion, pour lui, mais le Sombre, la première fois qu'il s'était aventuré dans ce tunnel de service avec Alex. Ce qu'il avait tenté de ne pas faire tomber s'était fragilisé de nouveau. Et il vouait une véritable obsession quant à cette réparation, de renforcer ce qui avait été fragiliser en lui.

La mort de sa future famille avait été dévastatrice pour l'esprit du Stalker, et bien qu'il eût été un véritable spectre d'outre-tombe les tous premiers jours, il avait repris une sorte d'aplomb questionnable, car quel homme, sinon un sociopathe, pourrait se remettre d'une telle tragédie aussi vite ? Le Stalker avait dans son comportement des systèmes d'auto-défense encombrants, quand on essayait de l'acculer. Mais si pour cette raison, il avait alors enlacé Anna, c'était pour deux raisons. La première étant un terrible manque de contact humain, et la seule personne disponible avait été Anna. La seconde étant qu'en assurant qu'il allait bien, même si c'était un véritable mensonge, et qu'il lui parlerait quand le temps le voudra... Il gagnait du temps, en somme.

L'observant partir, le Stalker retourna dans sa chambre avec vitesse, pour s'y enfermer ensuite, verrouillant la porte. Un puissant mal de crâne l'envahissait alors, et il émit un grommellement important. Il ne savait plus quoi faire. Tout ce qu'il voulait était de dormir profondément et se réveiller pour redevenir opérationnel. Il faisait ce qu'il devait être fait selon la situation. Mais que devait-il faire ? L'image du Sombre le secoue en son for intérieur. Non, il fallait dormir. Encore et encore. Malgré les cauchemars. Il devra probablement passer voir un certain Brahmane avant. Mais pour l'instant, il s'assit, ferma les yeux et tenta de se calmer.

-Un Sombre proche de Polis... et puis quoi encore, Baba Yaga qui m'offrira des conseils... ?

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