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le Lun 21 Mai - 11:27

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Age :: 27 ans
Patronyme :: Ivanovitch
Surnom :: Rat

 Airat se passa une main sur le visage. Lentement, comme pour réussir à enfoncer ses ongles courts dans le creux de ses joues. Il sentait l'os sous la peau des pommettes, les tranchés des cernes. La cicatrice à sa lèvre, la peau granuleuse de sa tâche de vin. Il était toujours aussi fatigué, mais même lui, avec tout le déni dont il était capable, sentait qu'une certaine personne avait en partie chassait la tension dans ses muscles.

Le rouge avait toujours disséqué sa vie : Travail, amis, problèmes, souvenirs. Peut-être un reste méthodique de brahmane, une tentative pour rester un élément froid toujours, quoi qu'il arrive. Mais parfois il se retrouvait face à certains organes trop gros, aux tissus trop résistants. Des cas où l'affecte ne pouvait être séparé du reste. Où il restait bêtement devant quelque chose de rouge et palpitant, qu'il avait créé par manque de discernement.
Dans ce cas il y avait Alexandre Prokhorenko. Et Anton Leonidov.
Et si le premier avait été un coup à l'estomac qu'il n'avait pas vu venir, le second germait dans sa tête depuis presque une décennie.
Anton avait douze ans quand Airat avait posé un pied à la LR pour en prendre les couleurs. Et réitérant son jeu d'aimant, s'approchant du positif en tenant le rôle de négatif, le déchu de Polis s'était rapproché du gamin. Au début plus par une curiosité presque scientifique, encore un mirage de la Cité, il avait plus observé les effets d'une éducation communiste avant de voir un humain. Et un bon coup de pied aux genoux après une vanne douteuse a remis les points sur les «i». Airat a accroché au répondant du gamin, installant entre eux un jeu de fausses chamailleries. Continuant de provoquer le gamin, assumant le contre-coup, du coup de pied jusqu'à celui de barre à mine. En passant par la réponse cinglante. Pour le colporteur, le tournant fut aux quinze ans d'Anton. Ils avaient la même différence d'âge que lui est Dimitri, une relation à la fois différente et similaire. Paradoxalement, voulant trouver la preuve qu'il n'était pas en train de faire la même erreur fatale  qu'un certain soldat, il se rapprocha encore de l'adolescent. Comme pour être sûr que même seul, à un centimètre du garçon, il ne tenterait rien, il n'en aurait pas envie. Le rouge aurait pu garder la même distance avec Anton qu'avec le reste du monde. Mais au lieu de cela, il s'infligea le rôle d'un grand frère ou d'une sorte de protecteur, gardant toujours un œil bleu sur l'adolescent. Et un plan peut-être inconsciemment fomenté marcha, Airat se pris au rôle, accompagnant Anton dans ses missions dès qu'il le pouvait, finissant par tenter lentement mais sûrement de désamorcer les idées communistes du tout nouveaux colporteur.

En cinq ans, leur relation n'avait pas changé, il vannait toujours autant son confrère, le suivait toujours aussi souvent. Mais c'était la première fois qu'ils allaient se croiser depuis son « accident » avec Baba Yaga. Le rouge redoutait les questions, il se méfiait de lui-même. Son agressivité contre Klara ne l'avait pas laissé de marbre, pas du marbre blanc et lisse de Polis. Et il préférait perdre un autre doigt que de se retourner contre celui qu'il avait décidé de protéger, autant qu'il le pouvait. Le colporteur s'écrasa un peu plus contre le mur où il comatait depuis une demi-heure, attendant que sonne le moment des retrouvailles et du départ pour la Kitaï-Gorod. Ils partaient de la Kusnetsky Most, devaient passer par la station indépendante, puis continuer jusque dans les bras de la Hanse, à la Taganskaya. Avec le poids de leurs sacs remplis à ras-bord sur le dos. Et pour Anton, le point d'un fusil d'assaut.

Airat s'était infligé huit heures de cauchemars dans l'espoir d'en tirer ne serait-ce qu'un infime repos, et avait abandonné une dizaine de cartouches pour un vrai repas. Sinon il s’écroulerai avant d'avoir atteint la Kitaï-Gorod.

Il ferma les yeux, laissant sa conscience sombrait entre le sommeil et l'éveil, espérant qu'avec cet état chien-loup, il écharperait à la malédiction. Anton le réveillerai quand il arriverait. Et ils pourraient enfin partir...
 





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le Lun 21 Mai - 23:35
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Il fallut une bonne heure de marche à Anton pour rejoindre la station de Kuznetsky Most, allant d’un pas serein dans les tunnels obscurs et couloirs crasseux du métro moscovite. Si par endroit les allées étaient encore régulièrement nettoyées, resplendissantes de leurs parures d’antan, on ne pouvait en dire autant des couloirs qu’Anton avait pour coutume d’employer. En bon colporteur, il choisissait son chemin avec soin, pesant attentivement le pour et le contre de chacun des itinéraires possibles, ne renâclant point à la tâche, telle une fourmi vadrouillant dans ce gigantesque dédale.

Le regard droit, le pied sûr, il marchait d’un air sérieux à un rythme qui ne connaissait pas la trêve, mais son esprit était ailleurs, préoccupé. En temps normal, le colporteur aurait accueilli cette nouvelle mission aux côtés d’Airat avec un certain plaisir. Une nouvelle mission parmi tant d’autres, au point qu’ils ne les comptaient plus. Ils s’étaient maintes fois épaulés, parfois sortis des pires guêpiers. Airat était présent la fois où Anton avait bien failli finir bouffé par des chien-loup mutants. Il n’était pas passé loin d’y laisser la peau, mais n’avait pu éviter d’y perdre quelques lambeaux.

Il faut dire qu’ils faisaient une très bonne équipe après tout, complémentaires par bien des manières. Anton était le fusil, Airat était le cerveau. Mais il ne s’agissait là que de la partie émergée de l’iceberg, cachant une partie bien moins reluisante qui aujourd’hui pesait tout particulièrement sur la conscience du jeune homme.

« Encore à rêvasser ? » Lança Anton, un léger sourire aux lèvres, après avoir jeté sur l’homme assoupis un sac en toile chargé de plusieurs kilos de documents. Airat se réveilla en sursauts. « Et c’est ça qui me sert de chef de mission… » Ajouta alors le cadet en soupirant.

Vu de loin, la relation qu’entretenaient Anton et Airat n’avaient pas grand-chose d’amicale. Des années durant le jeune communiste avait surtout vu le transfuge comme un traitre à sa classe, tout juste bon à servir de nourriture aux mutants dégénérés. Mais avec le temps, la rivalité avait fini par s’estomper au profit de la nostalgie des temps anciens, et la bienveillance avait remplacé les penchants parfois sadiques de l’ainé envers son cadet. Au final, malgré les apparences, tous deux s’appréciaient d’une certaine manière, et se respectaient entièrement.

« Regarde, tu vas adorer. » Dit le jeune homme en donnant un coup de tête en direction du sac à moitié ouvert, invitant ainsi Airat à en observer le contenu. « De la bonne veille propagande à destination de nos camarades prolétaires de la hanse. » Ajouta-t’il d’un air amusé. « Tu résisteras à l’idée de tout brûler ? »

Au final, Airat était un peu le grand frère qu’Anton n’avait jamais eu, et qu’il n’aurait parfois jamais souhaité avoir : Un ami, un rival, un frère d’arme, un ennemi, un sauveur, et un traître. Airat avait mainte fois commis l’erreur de l’ouvrir un peu trop grande face à Anton, cherchant plus d’une fois à se jouer de son dévouement à la cause prolétarienne. Quelle folie, pensa Anton, ressassant encore et encore les ordres qu’il avait reçu au matin.

« Ça va, tu tiendras mon rythme ? » Dit-il d’un air inquiet lorsqu’il vit la mine déterrée qu’affichait son camarade. « On est censé remettre ces documents discrètement, et l’itinéraire ne sera pas franchement de tout repos. J’ai besoin d’un binôme qui tienne la route… » ajouta-t’il d’un air blagueur avant de se tourner, le regard inquiet, vers le tunnel qui s’enfonçait face à eux. Sérieusement, pensa-til, leur route ne permettrait pas que l’un d’entre eux ne se laisse aller.



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le Dim 3 Juin - 15:02

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 Le colporteur sursauta, refermant par réflexe ses bras autour de ce qui l'avait frappé. Il leva un regard brumeux sur Anton, souriant après une seconde d'observation. Toujours la même tête de merdeux... Le commentaire du plus jeune changea son sourire, le rendant amusé et presque carnassier. La fausse guerre avait repris. Ça m'avait manqué.. Il déposa le sac à moitié ouvert au sol, faisant disparaître ses mains dans ses poches.

« - Silence jeune blanc-beeeec ! Tu ne sais rien de mon immense savooooiiiiiir ! »

Marmonna le rouge, imitant la voix sourde et fatigué d'un ancêtre. Il quitta enfin le mur, vacilant une seconde avant de s'avancer vers Anton. Ses mains tremblaient infiniment par la fatigue, il le sentait sans pouvoir l'arrêter. Crispant ses doigts pour les calmer, Airat tendit la main vers son confrère, le fixant droit dans les yeux. Y cherchant peut-être la lueur communiste qui l’exaspérait tant. Tout ce petit monde qui se dit porté par de « grandes valeurs humanistes »... C'est bien hypocrite. Si l'humanisme, c'est la guerre avec la Hanse... Enfin la ligne rouge, ROUGE ! Ça parle tout seul . 
Il tourna la tête vers le sac, se penchant pour attraper un trac rouge. Son regard revient à Anton, brûlant du mépris qu'il avait pour ces « conneries » de la LR. Il réexpédiant le trac d'où il venait, les lèvres tiraient en moue moqueuse.

« - De la fumée communisme, ça serait intéressant.... »

Ricana Airat, ramassant son sac et celui de trac. S'il avait su... Peut-être qu'il aurait collé un lapin à son co-équipier. Enfin... C'est ce qu'il voulait se dire. En réalité, il aurait difficilement eu le courage de laisser le merdeux y aller seul. En générale, les rouges ne faisaient pas un tabac à la Hanse. Il l'avait compris rapidement en se faisant refouler à un poste de l'anneau sous un prétexte bidon, il y a des années. Depuis il faisait toujours extrêmement attention à toujours avoir un passeport en règle lorsque qu'il approchait de la faction marchante, et en dernier recours... Il s'était fait un ou deux contact. La conscience ne l'étouffait pas.
Alors y envoyer Anton en solo...
Airat était du genre à laisser les autres avec leurs problèmes. Ceux qui crèvent ne me crèveront pas . Mais le cadet colporteur n'était pas « les autres ». Il avait appris à le connaître, il s'était habituer à travailler avec lui... Et l'envoyer seul dans ce tunnel, c'était un meurtre détourné. Quelqu'un d'autre était mort dans les tunnels. Les deux cas ne serait pas comparable, mais le résultat serait le même.

« - Ca va. Pas dormis depuis deux jours, c'est tout. »

Menti le colporteur. Il pouvait faire l'allée. Mais le retour... Et il ne pouvait pas rejoindre seul la LR via la Hanse, et laisser Anton repasser par les tunnels. Airat envoya balader cette habitude qu'on lui avait greffé de toujours tenter de tout prévoir. Depuis un moment, il ne dirigeait plus rien dans sa vie, s'il l'avait un jour fait. Son cerveau était hors-service, la faute à Baba Yaga, et son corps faisait un peu n'importe quoi. Parfaitement n'importe quoi.
Alors autant faire cette mission à l'aveugle, et voir le moment venu. Tant pis, il y passerait peut-être, et Anton ferait peut-être aussi les frais de sa connerie, mais Airat était dans un tel état...

« -Aller, on y vas. Tu me fera un topo de tes derniers exploits sur la route. »

Ironisa le colporteur, se tournant vers le tunnel traversant la station. Il avança jusqu'au porte, sortant d'une poche intérieure son passe-port. 





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le Ven 15 Juin - 17:08
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Le cadet se mit sans plus attendre en marche, imposant sans sourciller à son ainé un rythme de marche soutenu. Cette mission ne s’annonçait pas particulièrement difficile, pourtant l’état de son compatriote avait de quoi l’inquiéter. Que feraient-ils lorsque de l’ombre surgirait une créature errante ? Ou encore s’ils croisaient une patrouille de la hanse ? Comme à son habitude, et en accord avec les doctrines militaires de l’Interstationale, Anton ouvrait la marche. En cas de danger, il serait le premier à combattre, tandis qu’Airat aurait le recul nécessaire pour prendre les décisions nécessaires. Mais d’aucun disait qu’il s’agissait là aussi d’un moyen de protéger les plus anciens. En cas de pépin, Anton ferait office de chair à canon tandis qu’Airat aurait le luxe de prendre ses jambes à son coup…

Sur quelques centaines de mètres, s’enfonçant dans l’un des tunnels ferroviaires reliant Kuznetsky Most à Kitay-Gorod, le binôme longea tentes et baraques de fortune. Profitant de la relative sécurité dont ils pouvaient encore jouir avant de quitter le périmètre de la Ligne Rouge, Anton raconta à son compagnon quelques-unes de ses dernières missions. Rien de bien exceptionnel, disait-il, si ce n’était le transport de quelques messages vers Frunzenskaya, et comment à cette occasion ils étaient parvenus de justesse à semer une patrouille de Polis en les menant droit dans les bras de soldats de la Hanse. « Tu aurais dus voir leur tête ! » dit-il en rigolant, sans faire attention aux regards parfois craintifs, parfois méprisants, que leurs portaient les habitants de la périphérie, condamnés à vivre dans ces quartiers peu convoités du simple fait que le parti ne les avait pas jugés dignes de mieux.

Bien évidemment, Anton ne raconta rien des quelques missions dont il avait eu ordre de garder le secret, ou encore des ordres qu’il avait reçu avant de rejoindre Airat. Quelqu’un devait bien faire le sale boulot, se disait-il encore et encore, cherchant à se dédouaner tant bien que mal. Si ce n’était lui, ce serait un autre. Se disait-il. Si ce n’était lui, sa mère ne pourraient plus avoir les médicaments dont elle avait besoin, et lui, et son frère, seraient à nouveau miséreux.

« Salut camarades. » Lança Anton aux deux sentinelles en faction lorsqu’ils arrivèrent au checkpoint. « Comment va le tunnel ? » dit-il en souriant, comme il avait pour habitude de le faire. « Ta gueule, Anton. » Lui répondirent-ils tout deux, comme à leur habitude également… Suite à quoi on leur offrit un petit verre d’un alcool particulièrement fort que ceux qui n’avaient jamais connu la vie à la surface appelaient vodka. C’était une petite tradition à laquelle Anton n’aimait pas échapper.

Finalement, après quelques minutes d’un bavardage relativement inutile, il fut venu l’heure de se mettre en route. Anton fit quelques pas en avant et le checkpoint se trouva derrière lui. Il se tût alors, et pour clôturer son rituel, d’une caresse virile arma son fusil d’assaut, et le bruit métallique raisonna dans l’allée qui continuait devant eux.

« Airat. Dit-il sur un ton sérieux. Si tu n’es pas en état de faire cette mission, c’est le moment de le dire… Et… Il marqua une pause. Si tu veux discuter de ce qui t’empêche de dormir, il vaut mieux faire ça maintenant. »



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le Sam 16 Juin - 11:27

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 Le colporteur s'était sur-estimé. Dans certaines circonstances, il se serait dit « enfin ». Mais cette fois, la situation lui donnait plus une bonne sueur froide qu'un rire hilare. Ils n'avaient même pas quitté la station, Airat ne faisait que suivre Anton. Mais déjà sa tête pesait des tonnes, ses genoux le rappelaient à l'ordre, et ses yeux tentaient de se fermer. Il étouffait ses bâillements contre son poing et luttait pour marchait droit. Mais rien à faire. Ses mains étaient prises de légers tremblements, il avait l'impression de passer dans un four puis sous une douche glaciale. Parfois même il lui semblait perdre conscience pendant une seconde, incapable de se rappeler se qu'il venait de se passer. Ou l'inverse : un sentiment de déjà vu. Mon cerveau déconne putain.... Mon corps avec.

Face aux sentinelles, Airat resta silencieux. Il laissa Anton faire son pitch de bon petit communiste ami de tous. N'ouvrant la bouche que pour refuser un verre d’alcool qui l'aurait fini. Observant son cadet du coin de l’œil. Anton était capable de donner une impression de naïveté... Alors qu'il était la vigilance même en mission. C'était peut-être ce qui lui donnait cet espèce de charme. Le fait que que le plus jeune puisse cacher aussi bien la pression que le métro infligeait à chacun. Pendant quelques instant, il buvait juste un verre avec des connaissances. Et il n'y avait plus de monstres, plus de nucléaire, plus de danger. Au dessus de leurs têtes ne se déchaînait plus un enfer de mutations, et dans l'ombre du métro ne se développaient pas les pires horreurs.
Airat sourit faiblement en voyant son confrère éclater de rire à une plaisanterie inaudible. Il n'avait jamais vu leur relation sous l'angle médicale, ou thérapeutique. Peut-être qu'il restait prés d'Anton pour cet effet apaisant...

Ils quittèrent le poste dix minutes plus tard, Anton toujours aussi serein, lui toujours aussi muet. Le plus âgé essaye de ne penser à rien. Ne pas ruminer le passé. Ne pas, surtout pas, penser à Alex. Ne pas commencer à s'inquiéter pour la suite. Il ferma les yeux, se fiant aux bruits des pas de son confrère pour anticiper un obstacle. Le déclic d'une arme lui fit froncer les sourcils, puis vient la remarque qu'il aurait voulu évité.
Airat rouvrit les yeux, s'arrêtant net. Son regard s'était ombragé, ses lèvres s'étaient tordues en grimace menaçantes. Est-ce que Anton était pris d'un élan paternel ? Il voulait jouer au aîné ? Une infime secousse traversa les épaules du colporteur. Un rire lugubre et silencieux, suintant de poison. Il n'avait jamais était du genre à parler, ce n'était pas ce que sa mère lui avait appris à faire. S'il avait un problème, une faiblesse, surtout n'en parler à personne, la taire. Ou on la retournerait contre lui à un moment ou un autre. Et il n'était jamais bon que quelqu'un le connaisse par cœur.

« -Je t'ai dit que je suivrais ! Et mêles-toi de tes affaires Anton. T'es pas spy que je sache, et si tu crois que j'en suis encore à pouvoir exorciser par la parole.... Alors la ferme et avances. »

Mordit-il en accélérant, frôlant de l'épaule le cadet en le doublant. Il oubliait toutes règles de sécurité, revitalisait sous la colère. Elle lui donnait une nouvelle force, un nouveau combustible pour continuer de bouger le moindre de ses muscles, pour garder les yeux ouverts, pour continuer de faire pulser la bombe dans sa poitrine. De toute façon vu ma gueule, c'est moi qui ferais peur aux mutants.
 





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