Visite de courtoisie (Pv : Anna Volkovar)
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Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Ven 18 Mai - 22:56

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Age :: 29 ans
Patronyme :: Philipovna
Surnom :: Oksie
Depuis le retour de mission de Stena et ses hommes, l’ambiance était des plus énigmatiques à Polis. Je n’avais vu le lieutenant, ni les Kshatriyas qui l’avaient accompagné depuis leur retour. Je me rappelais seulement du regard hanté de Stena, lorsqu’ils avaient remis les pieds dans la cité de la lumière. Le silence lourd et pesant de Daniil et Andreï. L’effroi de Viktor et Ranvir. Les traits des hommes, tenus et les muscles aussi solides que le rock. Solide et aussi rigide que la corde d’un arc, comme si le moindre sursaut allait leur faire prendre les jambes à leur cou. Ce n’était pas ainsi que je connaissais les hommes du Vympel. Ils vivaient dans l’urgence, alors que normalement ils sont doués pour désamorcer et prévenir les crises.

Ensuite leur isolement. En quarantaine et limité dans leurs interactions sociales. Je continuais mes entraînements routiniers, dirigeant les Kshatriyas pendant l’absence du lieutenant et du maître principale. J’accomplissais ce rôle à la perfection, mais alors qu’on mon dos venait heurter le tapis après une prise d’une de mes collègues, je ne pouvais retenir un regard en direction des dortoirs. J’avais tellement envie d’aller le voir. Pauvre Alexandre, maintenant deux jours depuis sont retour et je n’avais toujours pas eu de nouvelle. Pas même un ‘’Bonjour, je suis vivant’’.

Toutefois la fille du Colonel à certains passe-droits. Favoritisme? Oui cela en état. Ou plutôt, l’instinct paternel d’un père qui avertissait sa progéniture d’un danger potentiel. Alors que je buvais un verre un soir, mon cher père me convoquait. C’est alors qu’il m’expliqua en détail comment c’était déroulé la mission. Un sombre, cette créature de légende était donc réelle. Un cauchemar de notre imagination, maintenant solide et bien réel. L’Histoire m’avait laissé des frissons dans le dos, mais me donnait maintenant une meilleure compréhension en lien avec la disparition de Marko. Car un soldat de sa tempe ne serait pas tombé au combat sans réel danger. Ce bougre me manquait terriblement, même si je refusais de l’avouer à voix haute.

Après avoir promis à mon père que je ne dirais rien, je quittais ses quartiers. Bien déterminé à finalement parler à Stena, j’avais rencontré le Ryadovoï Ulyanov devant sa porte, appuyer le dos contre un mur et les bras croisés. Ambiance de méfiance, alors qu’il haussait les sourcils en demandant la raison de ma présence. J’avais tout simplement formulé mon désir de discuter avec le Lieutenant, n’allant pas par quatre chemins. Ses traits s’étaient adoucis, mais j’avais bien observé cette lueur de malaise, alors qu’il regardait vers la porte. M’expliquant qu’il était présentement occupé et le serait encore plut ensuite. Décidément, ce n’était pas mon jour de chance. J’avais évidemment posé un peu plus de questions, cherchant à déterminer la raison de ce malaise. Le rouge sur les joues de l’homme lorsque j’avais lancé tout bonnement ‘’ Comme si Stena pouvait avoir une femme! ‘’ m’avait alors mis la puce à l’oreille.

Le Kshatriyas était réellement tombé de haut. Depuis quand reniait-il ses tâches et devoirs envers sa cité, pour le corps d’une femme? Mais qui était ma principale question… Stena n’a jamais été porté sur la chose, mais m’avait parfois énoncé des attirances envers certaines demoiselles. Plus particulièrement cette femme, Anna. La sœur d’Andreï. Ce glaçon sur deux pattes où avoir un sourire de sa part est un jour de fête. Toutefois, ceci n’était point une preuve, ni même un fait. Je ne pouvais donc pas la pointer du doigt aveuglément. Mais quel comportement étrange venant du soldat, du jamais vu chez lui.

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Le lendemain, je n’avais poussé mon investigation plus loin. Cela faisait maintenant 3 jours que je n’avais pas parlé à Alexandre, et je ne cherchais pas à forcer l’interaction entre nous. Il avait des choses à régler avec les bureaucrates et scientifiques avant. Je me contentais alors de conserver ce qu’il avait si durement acquis, soit son titre et sa prestance auprès des citoyens de Polis. Repoussant les fausses rumeurs de la main et corrigeant les propos diffamatoires des gueules mal intentionnés.

Daniil encore en quarantaine, je n’avais pas le choix d’aller la voir… Elle… Anna, cette chirurgienne pour effectuer une tâche aussi simple qu’un changement de pansement. Il était le temps de retirer mes points de suture à une blessure à l’épaule et de refaire le pansement pour prévenir l’infection. Si j’ai certaines compétences en premiers secours, je ne peux effectuer une telle tâche sur moi-même et ce n’est pas faute d’avoir essayé! Je détestais avoir à dépendre d’autrui pour préserver mon intégrité et je savais dès le départ que la brune ne serait aucunement heureuse de faire ce travail, hors de ses tâches au quotidien.

Une fois devant la porte de son cabinet, je cognais à la porte avec nonchalance. Mon regard se tournait alors vers des enfants, courant en riant un peu plus loin. Lorsque la porte ouvrait enfin, je tournais mes pupilles de couleurs coltans vers la chirurgienne. Mes cheveux châtains attachés de façon réglementaire, je l’observais du haut de ma stature, les mains dans les poches de mon pantalon. J’observais son visage de glace, et brisait enfin le silence qui s’était installé entre nous,

-Bonjour, j’ai un pansement et des sutures à retirer. Mais Daniil ne peut pas le faire présentement…

Le dos bien droit, posture fière et disciplinée. Je rajoutais ensuite en la détaillant de la tête au pied,

-On m’a dit de venir te voir dans cette mesure… Exceptionnel…

Oui, c’était bien le mot! Un sombre, c’était du jamais vu et les scientifiques s’arrachaient les trois hommes pour investiguer plus profondément ce phénomène hors de la normale.
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Médecin-chirurgien
le Lun 21 Mai - 14:01
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Age :: 28 ans
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Anna n’avait pas eu une seule seconde à elle ces trois derniers jours. Les tâches se succédaient depuis son intégration dans l’équipe chargée d’analyser l’attaque du Sombre. Et, non sans soulagement, elles occupaient la plupart de ses pensées si bien qu’elle n’avait plus eu le temps de songer aux changements dans sa relation avec Alexandre. S’ils s’étaient côtoyés, c’était toujours en présence d’un tiers et généralement dans le cadre de leurs fonctions respectives. D’un accord tacite, ils avaient tous deux décidé de faire profil bas afin de ne pas attirer davantage l’attention sur eux. Et si dans leurs échanges, il y avait eu parfois quelques dérives, elles échappaient aux yeux des spectateurs peu attentifs. Il s’agissait pour l’essentiel de gestes anodins : un frôlement dans un déplacement, une main posée quelques fractions de seconde plus longtemps que nécessaire ou un simple échange de regard. Autant de gestes innocents qui recouvraient un autre sens à la lumière du lien qui les avait uni pendant un instant coupé du temps.

Et au moment même où elle prenait quelques secondes pour souffler, Anna fut assaillie par les souvenirs en un flot d’émotions contradictoires. Elle avait eu grande peine à dissimuler son trouble en présence d’Alexandre ces derniers jours. Elle lui était reconnaissante, du moins, de la ménager en ne cherchant pas à provoquer leurs rencontres. Après tout, il devait lui aussi affronter ses devoirs et devait certainement compter les instants de répit. Assise dans son fauteuil, tête rejetée en arrière, elle poussa un grognement de dépit. Elle ne trouverait véritablement le repos que lorsqu’elle affronterait de nouveau le Ksatriya. Mais pour l’heure, elle avait bien d’autres affaires auxquelles penser. Et c’est ce que lui rappelèrent les coups frappés à sa porte puis la missive qu’on lui apporta. Elle prit le temps de rajuster sa blouse, de terminer son thé d’un trait et de repousser ses cheveux en arrière puis elle suivit l’aide-soignant qui était venu la chercher dans la salle de repos.

Elle avait dû traiter quelques dossiers et rédiger un rapport qu’elle avait ensuite remis à son missionnaire avant de rejoindre son propre bureau. A peine installée, elle accueillait une nouvelle visite qui s’annonça par des coups fermes frappés à sa porte. N’ayant même pas pris le temps de s’asseoir, elle fit demi-tour après avoir jeté un coup d’œil à son office pour en vérifier le rangement puis ouvrit la porte sur la personne qui l’y attendait. Anna haussa un sourcil lorsqu’elle croisa l’éclat si particulier du regard d’Oksana, chef de groupe du Bastion Vympel. Les deux jeunes femmes n’avaient guère eu l’occasion d’apprendre à se connaître mais elles s’étaient croisées à de nombreuses reprises. Après tout elles faisaient partie toutes deux des fréquentations d’un certain lieutenant. En revanche, les liens envers ce dernier était bien différents et c’était, justement, ce qui avait opposé les deux jeunes femmes de bien des manières, à commencer par l’opinion qu’elles avaient de ce dernier.

Elle fut frappée par le choix des mots de la jeune femme. D’expérience, elle savait pour cette femme que rien n’était laissé au hasard. Loin de montrer sa surprise pour autant et sans égard pour leurs différences, Anna acquiesça sans un mot puis s’effaça pour laisser entrer la militaire. D’un mouvement du bras, elle lui avait présenté la table de soin puis avait refermé la porte derrière elle. Quand celle-ci fut installée, elle prit enfin le temps de lui répondre. Le froncement de sourcil qui accompagnait ses paroles ne pouvait échapper à la Ksatriya.

- Daniil n’est pas disponible, bien sûr…

La raison de son indisponibilité étant certainement connu des deux parties, elle ne prit pas la peine de s’étendre davantage sur le sujet. De toute manière, il vallait mieux éviter avec Oksana tant qu’elle ne savait pas jusqu’où était poussée sa connaissance de l’affaire.

- Et bien évidemment aucun infirmier n’était disponible pour ce genre de broutille alors on se dit que je pourrais faire l’affaire.

Le visage dur et l’air contrarié, elle laissa filer quelques secondes avant de soupirer. Ses traits se détendirent d’un coup.

- Allons-bon, comme si j’avais le temps ! Après tout c’est pas comme si je me tournai les pouces en permanence.

Elle avait continué sa diatribe en tournant le dos à la jeune femme. Après avoir rassemblé le matériel nécessaire, elle le déposa prêt de la table de soin et jeta un coup d’œil au pansement qu’elle lui présentait. Anna n’émit aucun commentaire et se détourna pour aller se laver contentieusement les mains. Toujours en lui tournant le dos, elle lui donna ses instructions en grommelant.

- Il faut enlever votre haut, je vais jeter un œil à tout ça.



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Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Lun 21 Mai - 18:14

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Age :: 29 ans
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J'avais bien remarqué le haussement de sourcil de la brune. Étonné de me voir devant elle probablement, puisque je fréquente rarement les cabinets des médecins. Tout comme le colonel, j'ai toujours eu une santé de fer et rarement eu recours à des soins médicaux. Je dis probablement, car au fond je ne savais réellement ce qui pouvait bien se tramer dans les pensées de la jeune femme. Elle a toujours eu le don d'arriver à bien cacher ses intentions... Et a toujours sut être discrète dans ses actions. J'évoquais l'étonnement derrière sa réaction, car c'était ce qui me semblait le plus logique. Mais je pouvais très bien mal interpréter le tout.

J'entrais finalement dans l'antre de ma comparse et observait le décor. Je passais devant elle, frôlant son bras de mon coude en marchant vers la table de travail. Sans m'asseoir pour le moment, je me contentais d'attendre ses instructions comme une bonne soldate. Dans un tunnel de Métro, je lui aurais ordonné de rester derrière moi pour la garder à couvert et de suivre mes mouvements. Mais dans ce contexte, j'étais dans son bureau et c'est elle qui faisait la loi. Règle normale et non écrite. Les invités se doivent de se plier aux lois de leurs hôtes.

Son froncement de sourcil par contre était des plus évoquant. Comme si elle-même savait pourquoi Daniil était hors service. Son choix de mot me le confirmait également. La confirmation de mes propos de façon positive. Toutefois, une question restait bien présente. Que pouvait bien savoir la chirurgienne sur le sujet? Le court silence me donnait le temps de constater que la chirurgienne elle-même semblait pensive.  Nous avions l'air bien bête, à toutes les deux réfléchir aux connaissances de l'autre. Mais nous avions toujours eu ce type de relation. Pas en accord, mais non dans la confrontation également. On tournait toujours autour du pot, sans réellement en discuter pour éviter le sujet et fuir le problème. Le pot étant Stena, mon meilleur ami qui avait un œil sur la brune depuis vingt ans déjà.

J'observais les traits de la brune de mon regard perçant. Comme si je l'analysais entièrement et que je cherchais à savoir ce qu'elle pensait pendant les moments de silence. Contrariée, elle semblait ruminer contre le fait que cette tâche lui a été dédiée. Réaction à laquelle je m'étais attendue en toute franchise. Réaction que d'un côté je ne comprenais pas toutefois! C'était son boulot non? De soigner les gens? Si cela était dans son cadre de référence, elle devait le faire sans même questionner! Bon... Je n'étais pas son Sergent et donc gardait cette pensée pour moi, ne voulant point mettre de l'huile sur le feu dès les premières minutes de notre rencontre.

Lorsqu'eu eu terminé de râler, elle me donnait de plus amples indications. Profitant du fait qu'elle ait le dos tourner, je retirais mon chandail à sa demande, le déposant près de moi sur la table de travail. J'étirais mon cou et mes bras en grimaçant à cause des points de suture à mon épaule. Blessure que je m'étais faite en entraînement. J'étais tombée sur une plaque de métal au sol, après qu'un des Ksatriyas ait mal calculé sa prise... Moi qui essayais de le lui apprendre... J'y repenserais deux fois avant d'être le mannequin d'entraînement dans le futur!

Une longue blessure profonde se trouvait à mon épaule. Refermé par des sutures alors qu'un peu de rouge décorait les bords de la plaie. Signe qu'il était temps d'un bon nettoyage quand même pour prévenir l'infection... Je prenais place sur la table de travail finalement, dévoilant mon corps avec un peu de peau pour la première fois à la Médecin. Portant un soutient gorge sportif noir, elle ne pouvait voir ma poitrine et cela avait un côté rassurant. Comme si le regard de la chirurgienne pouvait me mettre à nue.

- '' Votre? ''

Un petit sourire en coin s'installait sur mes lèvres. Je me penchais légèrement vers l'arrière et appuyaient les mains sur la table pour tenir mon corps en angle de 130 degrés. Faisant ainsi saillir mes abdominaux et ma musculature puissante a vu de la brune.

- '' Ton '' aurait fait le travail, Anna.


Je laissais un petit rire amusé résonner, alors que ma posture restait nonchalante, confiante. Continuant d'observer la brune, je prenais mes aises rapidement. Venant d'arriver dans le bureau de la jeune femme et me l'appropriant déjà. Penchant ma tête sur le côté je rajoutais alors sans gêne,

-Je crois qu'on peut se tutoyer à cette étape... Nous avons après tout... Une connaissance intime commune n'est-ce pas?
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le Mar 22 Mai - 10:08
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Un sourire sans joie était venu étirer ses lèvres lorsqu’Oksana avait brisé les barrières de la courtoisie. La franchise de la jeune femme n’était guère une surprise en soi et elle lui en fut partiellement reconnaissante. Anna éprouvait une forme de gêne à traiter avec autant de distance l’amie et collègue d’Alexandre. Lorsqu’elle découvrit son corps sculptural, elle avait instinctivement porté le regard à ses propres mains. Un corps entraîné pour tuer, des mains éduquées pour sauver des vies. Elles n’auraient pu être si différentes. Pourtant, au-delà des apparences, Anna sut qu’elles auraient pu être amies. S’il n’y avait pas eu Alexandre peut-être, songea-t-elle sans amertume. Son sourire s’estompa quelque peu lorsque la militaire lança son premier assaut verbal sous la forme d’une insinuation. Jusqu’ici affairée à ôter le pansement et à nettoyer la plaie, la chirurgienne avait marqué un temps d’arrêt. Présentant un demi-profil à la jeune femme, elle put dissimuler le froncement de sourcil qui vint agiter son visage marmoréen. Intérieurement, elle se fustigeait d’avoir ainsi baissé sa garde et se reconstituait l’expression peu amène qu’elle réservait aux patients désagréables. Sous le rideau de ses cils baissés, son regard étincela et se perdit sur quelques détails des tatouages recouvrant les bras de la Ksatriya.



Tu aurais donc couché avec mon frère, voulut-elle rétorquer avec cynisme mais se ravisa au dernier moment. Inutile de tendre une occasion pareille pour la jeune femme. Tant qu’elle ignorait l’étendue des connaissances de cette dernière concernant sa relation avec son supérieur, il lui faudrait faire profil bas. Sur ses résolutions, la chirurgienne ne put cependant se retenir d’appuyer plus fort que nécessaire sur la plaie. Elle grimaça à la vue de celle-ci sans aucun égard pour le spasme de douleur qui avait dû parcourir sa patiente.



- J’espère que ce n’est pas Daniil qui a fait ces sutures sinon il va m’entendre parler. Petit conseil, la prochaine fois, vérifie que celui qui te recoud est bien sobre.



Elle avait ponctué sa sentence d’un claquement de langue puis ses doigts avaient quitté la plaie et elle s’était décalée de manière à faire face à Oksana.



- J’imagine que tu continues de faire de l’exercice et de solliciter ton épaule non ? Si tu veux que ça cicatrise correctement et ne pas avoir de gêne à l’avenir, il va falloir refaire les sutures. Il me faudra doubler les points et utiliser un fil plus gros. Ca va pas être facile vu que les bords de la plaie sont peu nets ; peut-être qu’il faudra que j’incise un peu pour redessiner les bords de la plaie afin de faciliter la cicatrisation.



Elle patienta une seconde à la recherche d’un signe d’assentiment puis fit volte-face. Elle ouvrit une armoire et en récupéra le matériel nécessaire, le déposa à côté de la table de soin puis reprit le chemin de l’évier afin de se laver une nouvelle fois les mains. Entre-temps, elle lança d’autres consignes.



- Il va falloir que tu t’asseyes en te penchant en avant histoire de décontracter tout ça sinon je ne pourrais pas te recoudre sans douleur. Je te préviens par contre, la cicatrice risque de ne pas disparaître complètement.



Elle avait rajouté son dernier avertissement par habitude, convaincue que la militaire s’en fichait comme d’une guigne. Si l’on se fiait aux cicatrices et aux tatouages qui couvraient une grande partie de son corps dévoilé, c’était bien là le cadet de ses soucis. Pour sa part, Anna portrait très peu d’intérêt à sa propre apparence. Chanceuse ou bénéficiant d’une constitution avantageuse, elle disposait de presque aucune cicatrice cependant. Et ce n’était pas faute de se porter au-devant du danger et de collectionner les blessures. Incontestablement, Anna avait été une source d’angoisse importante pour sa famille et ses proches.



Lorsque tu braves la mort, en quoi est-ce différent d’un suicide délibéré ? Lui avait rétorqué son frère lorsqu’il avait appris qu’elle était montée en surface. Elle avait alors répondu d’un haussement d’épaule désinvolte sans aucun égard pour la fureur de son aîné. Quelques temps plus tard, elle avait ressenti une pointe de remord non pour ses inquiétudes mais pour la colère qu’il avait déchargé sur les soldats qui l’avait accompagnée en surface. Autrefois, le souvenir aurait tiré un sourire nostalgique à la jeune femme mais les rapports de plus en plus houleux avec Andreï lui en avaient ôté l’envie. L’état de ce dernier l’inquiétait de plus en plus. L’affrontement avec le Sombre n’aurait pu tomber mieux.



Plongée dans ses pensées, la jeune femme avait entreprit de défaire les points de sutures. Les lèvres pincées, le regard verrouillé sur son office, elle finit par pousser un soupir lorsqu’elle ôta le dernier morceau de fil. Aussitôt, elle appliquait une compresse et nettoyait la plaie.



- Pas facile ce qui se passe pour Stena en ce moment, lâcha-t-elle laconiquement comme elle reprenait le fil de la conversation qu’avait lancé Oksana une minute plus tôt.




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le Mer 23 Mai - 5:30

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Je grimaçais fortement lorsque la chirurgienne appuyait sur la plaie. Autant de force était-il réellement nécessaire? Je n'étais pas médecin, alors je fermais ma grande gueule sur la puissance à appliquer sur la blessure. Un petit spasme de douleur traversait mon bras et ma main se fermait avec force. Question de contrôler mes réactions pour ne pas trop bougé sous les doigts de la chirurgienne. Daniil? Non ce n'était pas lui qui m'avait fait les sutures. C'était un autre infirmier parmi les Ksatryias.

-Non ce n'était pas Daniil... Mais je cherchais Daniil pour me les retirer! C'est si moche que ça?

Je tournais ma tête, essayant de regarder sur mon épaule comme une idiote. Comme un chien courant après sa propre queue, évidemment je n'arrivais pas à avoir. Je ne disais pas le nom de l'infirmier non plus. Comme un pote qui protège l'erreur d'un autre. Comme j'ai toujours protégé et excusé les erreurs de Stena malgré sa naïveté par moment. Mon cou n'était pas assez flexible et me faisant un mal de chien a l'épaule. Les sutures étiraient encore, et je me contentais de grimacer. Ce n'était pas une petite blessure qui allait m'empêcher de bouger. J'avais traversé des épreuves bien plus difficiles et j'en étais ressortie plus forte. Posant de nouveau mon regard dans le bleu glacé d'Anna, j'haussais les sourcils avec amusement,

-Évidemment que j'ai continué à faire mon boulot. Polis et ses citoyens ne se protégeront pas seuls... Surtout que nous avons trois joueurs de moins... Fait ce que tu sembles juste pour ma blessure ma jolie, je te fais entièrement confiance sur ce plan.

Un petit sourire en coin s'installait sur mes lèvres. Après tout, nous avons chacun nos champs d'expertise respectifs. Sur le domaine médical, je la laissais guider et contrôler la conversation en fermant les yeux. Pourquoi même chercher à argumenter une chirurgienne? J'étais peut-être une patiente chiante et arrogante, mais au moins je ne contestais pas ses mots et j'obéissais comme une bonne soldate. De plus, je n'ai jamais détesté Anna... Je n'ai juste jamais appris à la connaître. Nos champs d'intérêt divers nous ayant tenu à l'écart et ses intentions douteuses à l'égard de Stena m'avaient toujours laissée incertaine quant à comment je devais la considérer. Tout comme moi, elle était une femme qui avait fait ses preuves et bossé pour obtenir ses acquis. Une autre femme qui s'était démarqué dans un monde patriarcat et sexiste.

-La cicatrice ne me dérange pas... J'en suis déjà recouverte...


Je laissais un petit rire nerveux résonner, alors que j'observais le matériel et l'aiguille. Je déteste les aiguilles! Mais je n'allais certainement pas le dire à voix haute à la chirurgienne. De quoi lui donner un élément pour se foutre de ma gueule ensuite, comme Stena dans mes cours de danses il y a quelques années! Et puis, je n'avais qu'à ne pas regarder lorsqu'elle ferait les sutures. Je n'aurais qu'à blâmer la douleur et fermer les yeux dans le pire des cas. Orgueil mal placé? Oui totalement, et je l'avouais sans honte. Avec amusement je rajoutais alors,

-Je n'aurais qu'à trouver un joli tatouage pour la recouvrir une fois bien guéri!


Me courbant vers l'avant comme demandé, je faisais cette fois saillir les muscles de mon dos, alors que l'épaule et mes bras se décontractaient. Malgré la posture détendue pour le membre visé lors des soins, la douleur était toujours présente. Je me contentais de serrer la mâchoire bien docilement, tout en serrant les coins de la table de travail sous moi de mes mains. Je croisais les jambes et forçaient les muscles de mes cuisses pour oublier un peu les attentions de la médecin à mon égard. Il n'y a rien d'agréable dans la sensation de se faire retirer des sutures presque infectées!

Voilà que j'étais une patiente bien plus agréable. En silence pour laisser la brune se concentrer et ne poussant pas un seul gémissement. Je savais quand il était le moment de provoquer les gens et lorsqu'il ne fallait pas le faire. Ce moment par exemple, n'était pas le bon pour essayer de mettre à nue la jeune femme quant à ses désirs à l'égard de mon supérieur. Pas alors qu'elle était en position de pouvoir sur ma personne. Son cabinet, ses règles!

La conversation que j'avais initiée revenait alors sur la table. Stena, le lieutenant du Vympel. Moi qui avais cru que la jeune femme voudrait éviter le sujet, je la félicitais de le ramener pour y faire face comme une grande. Je grimaçais alors qu'elle déposait le dernier morceau de fil et nettoyait la plaie.

-Non en effet... Je ne l'ai pas revu depuis son retour de mission, mais... Je me doute qu'il doit passer des moments difficiles. Stena n'abandonnerait jamais ses tâches ni son rôle de Lieutenant. C'est un passionné, comme moi...

Je fronçais les sourcils, pensive. La formulation de sa phrase me laissait aisément savoir qu'elle savait des choses. Aussi, avant de lui demander directement si elle était la femme qu'il avait baisée, ce qui me semblait le plus plausible, j'élargissais ma cueillette de donnée.

-Tu l'as vu depuis son retour. Sinon, comment peux-tu savoir qu'il passe de sombres moments?

Petite allusion, discrète et passe-partout évidemment. Je laissais un petit sourire en coin prendre part sur mes lèvres, alors que j'avais un court répit du massacre à mon épaule. Conservant un regard neutre et paisible. Toujours calme et maître de moi-même, je rassemblais les pièces du puzzle lentement, mais surement!
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le Mer 23 Mai - 11:15
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Un passionné. Ses lèvres s’étaient tordues en un sourire, bien incapables de dissimuler le cynisme qu’avait provoqué la remarque. Anna n’avait pas cherché à s’en cacher, ignorant le regard rapace qui tentait de capter le moindre de ses gestes. Elle déposait le dernier morceau de fil dans une écuelle et le repoussa du bout des doigts. Se décalant légèrement, elle fit de nouveau face à la jeune femme et lui offrit un regard suspicieux, yeux plissés et lèvres pincées en un simulacre de sourire. Enfin, elle poussa un soupir et posa une main sur l’épaule de celle-ci. D’une pression légère, elle l’invitait à se pencher davantage en avant. Ses doigts s’enfoncèrent doucement dans l’épaule noueuse et elle grimaça en réponse, pleine de sollicitude.

- Faut vraiment que tu te détendes plus si tu ne veux pas avoir mal. J’ai de la gnôle en réserve si tu en veux.

L’espace d’une fraction de seconde, une étincelle de défi avait éclairé son regard céruléen. Mais déjà elle se détournait de la jeune femme et préparait les sutures à venir puis allumait son précieux réchaud à gaz pour désinfecter une nouvelle fois son matériel. Les conditions actuelles ne lui permettaient pas de bénéficier d’un matériel parfaitement stérilisé mais la chirurgienne se montrait intraitable et méthodique, usant du peu de ressources dont elle disposait à ces fins. Entre ses dents, elle répéta les derniers propos d’Oksana. Dans ses déplacements, elle n’avait pas oublié de sortir une bouteille d’un tiroir de son bureau et l’avait posé au côté de la Ksatriya.

- De sombres moments, oui…

Le choix des mots n’était pas anodin. Le regard qui se braqua sur elle en était un indice. Elle releva la tête pour plonger dans ces yeux qu’elle ne connaissait pas réellement et resta un moment muette. Elles se jaugeaient. Au terme de quelques secondes de silence, elle finit par pousser un soupir qui se mua en râle, à mi-chemin entre l’agacement et le dépit.

- A quoi bon ! Si tu ne l’apprends pas de moi, tu le sauras de lui ou de ton père. Après tout, c’est l’officier supérieur qui supervise l’affaire…

Anna laissa filer une seconde, faussement hésitante. L’étincelle qu’elle capta dans le regard de la militaire confirma ses derniers soupçons. Elle savait définitivement quelque chose. Plus effrayant encore était l’avidité qui lui avait semblé percevoir. Cette femme souhaitait obtenir une information d’elle, ou du moins supposait qu’elle la détenait. La Brahmane eut un geste agacé de la main et repoussa toutes les hypothèses qui se disputaient ses mécanismes neuronaux. Autant se montrer franche, si elle se fiait à ce qu’elle saisissait de son interlocutrice, cette dernière en ferait de même.

- Je l’ai vu à quelques reprises depuis le retour de la mission. Je suis dans l’équipe chargée de leur…suivi.

Elle avait hésité un instant sur le choix des mots, se ravisant de justesse d’employer le terme « surveillance ». Anna se mordit l’intérieur des lèvres, consciente d’en avoir trop dit et trop peu révélé pour satisfaire Oksana. Elle reposa une nouvelle fois la main sur son épaule et l’intima à se pencher en avant puis elle repassa derrière elle. Après avoir lâché une dernière consigne entre ses dents, elle saisit un bistouri et entama la chair abimée afin d’en retailler les bords. Les mains se déplaçaient avec une assurance surnaturelle, précises et minutieuses dans leur ouvrage. Le regard vissé sur la plaie, elle oubliait momentanément le sujet de leur conversation et l’identité de sa patiente. L’opération ne dura qu’une vingtaine de seconde. La lame fit un bruit mat lorsqu’elle retomba dans l’écuelle inoxydable. Anna avait accompagné le mouvement d’un claquement de langue satisfait, à peine consciente de son geste. Déjà elle installait un fil sur l’aiguille courbe qui lui permettrait d’effectuer les sutures.

- S’il ne va pas bien, il va mieux depuis quelques jours. Physiquement, il est indemne mais c’est dans sa tête que le problème prend une autre ampleur. Les hommes ont été secoués par ce qu’ils ont découvert au cours de cette mission. Stena se torture davantage encore pour des considérations de responsabilités et d’erreurs de jugement qu’il aurait commises.

L’air impassible, elle avait jeté ses révélations d’une voix blanche. Lorsqu’elle se tut enfin, elle avait achevé la moitié des points de suture et coupait l’excédent de fil. Marquant une légère pause, tant dans ses explications que dans son ouvrage, elle jeta un rapide coup d’œil à Oksana. Cette dernière ne pouvait la voir et, conciliante, cessait de tordre pour l’observer. Les mâchoires légèrement serrées, elle encaissait le coup sans frémir. Anna revint à son ouvrage et passa une compresse pour nettoyer la plaie avant de reprendre les sutures. Elle resta silencieuse jusqu’à la fin, plongée dans ses propres pensées.

- La quarantaine devrait prendre fin, ils ne peuvent les garder indéfiniment sans que ça ne créé de vagues. Il aura besoin de toi, de vous. Quoiqu’il puisse dire ou penser, c’est auprès de ses amis qu’il parviendra à se défaire de tout ça.

Si elle s’était exprimée sur un ton neutre quelques instants plus tôt, elle était incapable de dissimuler son propre trouble cette fois-ci. Au-delà des tournants qu’avait pris leur relation, Anna s’inquiétait réellement pour le militaire. S’il trouvait momentanément du réconfort auprès d’elle, elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait le préserver de ses propres démons. Alexandre ne déploierait toute son assurance qu’auprès de ses hommes. Anna regrettait la situation, incapable de jouer véritablement le rôle d’intermédiaire. Alexandre lui avait intimé la méfiance la plus absolue. En se confiant ainsi auprès d’Oksana, elle fissurait les promesses qu’elle lui avait faite quelques jours plus tôt. Anna appliqua une compresse sur la plaie recousue puis l’observa quelques instants avant de s’estimer satisfaite. Il ne lui restait plus qu’à effectuer un pansement assez solide pour résister au programme sportif de la militaire.

- J’ai fini ! lâcha-t-elle enfin en emportant l’écuelle remplie des victuailles de l’opération.



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le Jeu 24 Mai - 1:49

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Me détendre plus? Plus facile à dire qu'à faire Madame! Je gardais toutefois cette pensée pour moi-même. M'ayant penchée à la hauteur qu'elle m'avait demandée par l'intermédiaire de sa main, sa grimace alors qu'elle tâtait ma musculature m'indiquait que cela allait être douloureux. Noueuse et tendu à souhait, fruit d'entraînement rigoureux et constamment prêt à exécuter des mouvements dynamique. Fort et rapide en prévention que tout peut arriver, à n'importe quel moment. Certains me traiterait de paranoïaque, mais mieux vaut prévenir que guérir dans mon livre.

L'étincelle de défi ne m'avait pas échappée à sa proposition pour la gnôle. Défi d'en boire sans grimacer, ou de supporter les sutures sans en boire une goutte? Je n'aurais su dire et déjà, elle se détournait en m'empêchant d'observer ses traits. J'écoutais ses indications avec attention, puis mon regard déviait brièvement sur la bouteille à mes côtés. L'envie d'en boire était bien présente et non seulement pour tenter d'endormir la douleur avec un dépresseur... Plutôt par désir d'en avoir un verre, comme lorsque je bois avec les hommes du Vympel parfois le soir. Toutefois, je suis toujours raisonnable quant à mes quantités, n'excédant jamais le point de non-retour et une perte de contrôle sur le plan comportemental.

Orgueilleuse, je ne touchais pas à la gnôle pour le moment. Je pouvais supporter sans et j'en boirais après, comme une forme de récompense. Cela me permettait de gagner le défi qu'elle m'avait lancé tout en obtenant mon dû. Alors qu'elle répétait mes derniers mots, je posais sur elle un regard acéré. Ne quittant les traits de son visage, comme si j'essayais d'entrer dans sa tête pour savoir à quoi elle pensait littéralement. Je restais silencieuse, attendant qu'elle continue sur sa lancée et ne voulant en aucun cas rajouter un élément qui lui offrirait une porte de sortie. Dès que j'entendis le dépit dans sa voix, je lui adressais un petit sourire amusé. Comme une gamine bien chiante qui sait qu'elle a gagné.

Comme je l'avais espéré, elle en savait beaucoup et avait même rencontré Stena plusieurs fois. Intéressant. Elle était dans l'équipe qui suivait les hommes depuis leur retour de mission. Ma posture devenait alors un peu plus décontractée, alors que je me sentais en contrôle de la conversation. Elle s'orientait vers la direction que je lui avais donnée au départ et mon dos par réflexe redevenait droit et fier. Mon corps était moins menaçant et exigeait moins de la brune, mais mon regard lui ne changeait pas. Toujours aussi intense, sans la quitter des yeux. Je me retenais alors de lui demander '' Mais encore? ''. Elle finirait bien par parler par elle-même. Le silence est d'or et rajoute souvent une pression imperceptible chez les gens qu'on essaie de faire parler en interrogatoire. C'est une arme lorsqu'il est bien utilisé évidemment.

Les secondes qui suivirent, je les passais en silence afin de contrôler les vagues de douleur venant de mon épaule. Je fermais les yeux, le corps penché vers l'avant et serait mes mains une dans l'autre. La mâchoire légèrement serrée, j'étouffais tout les sons que ma gorge aurait pu produire. La sensation de la lame coupant ma chair était franchement désagréable et mon regard se tournait une fois vers la bouteille. Cherchant une distraction. Non, ma récompense attendrait à la fin. Un soupire silencieux m'échappait lorsqu'elle relâchait le scalpel. D'un regard en coin, j'observais la chirurgienne et déviait rapidement le regard en voyant l'aiguille. Je hais les aiguilles putain. Ses mots rapidement me ramenaient à la réalité. Je retombais agilement sur mes pieds et reprenait le fil de la conversation,

-Stena s'est toujours mis beaucoup de pression sur les épaules, comme tous les hommes du Vympel d'ailleurs... Ceci est un comportement propre aux militaires et vu les pertes dans la dernière mission...

Je baissais mon regard en fronçant les sourcils. Ayant à ce moment une pensée pour Marko, qui était l'un de mes amis aussi. La mâchoire serrée et les yeux fermés, alors qu'elle faisait les sutures, je rajoutais pour me changer les idées,

-Je peux comprendre qu'il soit affecté et prenne le blâme. Lorsqu'on perd des hommes au combat et que nous sommes en position de pouvoir. Il est toujours difficile de se déresponsabiliser et de se pardonner un échec. Plus particulièrement lorsqu'on est impuissant lors d'une situation... On se repasse à ce moment la scène encore et encore dans notre esprit, en se demandant chaque fois ce qu'on aurait pu faire pour éviter le pire... Toutefois erreur de jugement? Cela ressemble peu à Alexandre.

Oui je défendais mon ami. Le lieutenant peut être bien bête parfois et naïf à la limite, mais il restait un très bon ami. L'Homme qui m'avait aidée également à me faire accepter dans le Vympel. Je lui devais tout et me sentant redevable, je m'assurais d'être toujours présente. En bien ou en mal, je l'engueulais lorsqu'il faisait une bêtise, mais toujours dans le meilleur de ses intérêts. Que la chirurgienne veille sur lui dans l'équipe de surveillance avait un côté rassurant. Au moins, il n'était pas coincé dans les griffes d'Akilina seul... Car Dieu sait que cette femme est effrayante. Je soupirais durant ma courte pause, puis serraient de nouveau les dents lorsqu'elle reprenait le travail. Ça faisait un  mal en chien! Mon épaule me brûlait et un tatouage n'était rien comparé à cette douleur, mais c'était tolérable encore.

La compresse sur ma blessure et ses mots m'annonçait la fin du traitement. Je relevais le haut de mon corps, reprenant une posture nonchalante et penchait ma tête du côté inversé de la blessure en grimaçant. Je profitais de ce moment pour bien réfléchir à ses mots. Son ton avait été des plus évocateur et amenait alors une dose d'incohérence dans mon esprit. Sans jouer plus longtemps au chat et à la souris, mon regard d'acier se posait sur la brune. Je soufflais alors,

-J'ai entendu de l'inquiétude dans ta voix, te sentirais-tu toi aussi impuissante par hasard?

Prenant finalement la bouteille de gnôle, je prenais une longue gorgée après avoir ouvert celle-ci. Pas même, une grimace et j'avalais d'un trait. Soupirant en étirant de nouveau mon cou, alors que je penchais ma tête vers l'avant en espérant éliminer la douleur.

-Tu sais quoi? Je suis contente que tu sois dans l'équipe qui fait le suivi à son égard. Il ne sera pas seul avec Ivanova et sa bande... Au moins, je sais qu'une personne à son bien-être à cœur... Maintenant la prochaine question qui me vient en tête sur ce sujet...

Je prenais une pause, buvant une autre rasade de l'eau de vie. Conservant une lueur toujours aussi intéressée, je haussais un sourcil curieusement, alors que je me préparais à bien analyser ses réponses, particulièrement attentive, trop même.

-Pourquoi es-tu inquiète à son égard? Quel est ton lien avec lui et que recherches-tu chez Stena?

Mon ton était calme et détendu. Sans aucune animosité, alors que je continuais de bouger un peu la tête pour trouver une position confortable pour mon épaule.
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le Jeu 24 Mai - 11:13
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Anna n’avait rien trouvé à répondre aux explications de la militaire. En connaissait bien mieux Stena dans l’exercice de ses fonctions et, pour le reste, n’avait pas entièrement tort. Si à une ou deux reprises elle hocha légèrement la tête, elle ne fit aucun commentaire et poursuivit son travail. Elle nettoya une nouvelle fois la plaie puis la pansa correctement de manière à ce que le bandage puisse tenir sous les sollicitations sportives. Pendant les instants de silences qui s’installaient entre les explications d’Oksana, elle lui montra deux ou trois points particuliers dans la mise en place du bandage afin qu’elle puisse le reproduire à l’avenir. La chirurgienne terminait tout juste son ouvrage que sa patiente jetait, enfin, son dévolu sur la bouteille qu’elle lui avait proposé et en buvait une longue gorgée. Elle profita du mouvement pour s’éloigner et nettoyer une partie de son matériel puis elle coupa son réchaud à gaz. Lorsqu’elle se retourna, elle lui jeta un regard perplexe.

- Il s’agit d’un interrogatoire maintenant ? répliqua-t-elle sans agressivité.

Un sourire s’était glissé sur son expression impassible, relevant le coin de ses lèvres. La jeune femme inspira lentement puis haussa les épaules, toujours déconcertée.

- Qui ne serait pas inquiet ? Un ami d’enfance, mon frère aîné et une poignée d’hommes que je connais reviennent d’une mission avec les syndromes d’un stress post-traumatique et je n’ai pas lieu de m’inquiéter ?

Les poings plantés sur les hanches, elle avait légèrement haussé le ton de la voix. Si seul le pli entre ses sourcils trahissait sa contrariété, son attitude ne dissimulait rien de son agacement. Elle n’aimait pas l’air docte qu’employait la jeune femme. Un instant figée dans un silence éloquent, elle finit par secouer légèrement la tête et reprendre d’un ton plus calme.

- Impuissante, certes. Mon boulot c’est avant tout d’ouvrir et de refermer correctement les gens, le tout en trifouillant à l’intérieur entre les deux étapes. Et quand je m’occupe de regarder ce qu’il y a dans leur tête, c’est généralement trop tard. Je ne peux rien faire sinon me montrer présente et disponible pour mes proches.

Prenant une seconde pour poser sa voix et formuler sa réponse, elle croisa les bras sur sa poitrine. Son sourire s’était estompé pour laisser place à une moue dubitative.

- Mon frère refuse de me parler, je ne peux même pas l’approcher. Quant à Stena, et bien, même si nous avons toujours eu des points de vue relativement opposés, il reste mon plus vieil ami et l’une des personnes qui me connait le mieux. En dehors de nos différends, je sais que je peux compter sur lui. J’essaie simplement d’en faire autant à la hauteur de mes capacités…pour ce que ça vaut.

Anna ne se faisait aucune illusion sur le sujet. Elle n’avait jamais démontré de talent particulier dans les interactions humaines. Et, à l’instar de son frère, elle souffrait d’une certaine maladresse verbale que son entourage tolérait avec bienveillance. Elle poussa un soupir, agacée par les questions d’Oksana et par ses propres réponses. Il n’était jamais plaisant de reconnaître ses propres lacunes. Elle se pencha en avant et récupéra la bouteille d’alcool avant de la déboucher et d’en boire deux gorgées. Le geste trahissait une habitude consommée. La chirurgienne poussa un grognement discret en rebouchant la bouteille. Deux expirations plus tard, elle laissait une grande part de son amertume derrière elle. Focalisant de nouveau son regard sur la Ksatriya, elle lui décocha un sourire torve.

- Mais j’imagine que ce n’est pas tout à fait la réponse que tu attendais, non ?

Depuis le temps, Anna avait fini par s’habituer aux approches du genre. La jeune femme ne comptait plus le nombre de fois où des consœurs étaient venues la trouver dans le but de lui arracher quelques révélations concernant Alexandre. Certaines désiraient simplement des informations sur ce dernier dans le but de faciliter leur approche. D’autres souhaitaient plutôt déterminer le type de liaison qu’ils entretenaient tous les deux. Oksana, connaissant sans doute très bien son supérieur, était certainement venue dans l’idée de répondre à la deuxième alternative. A ce compte, Anna avait développé une certaine habileté pour traiter le sujet. Déni, sarcasme ou humour, elle possédait une bonne réserve de réparties. Tout compte fait, la Brahmane était presque surprise qu’Oksana ne l’ait pas trouvé plus tôt pour aborder le sujet. Profitait-elle de l’absence forcée de son supérieur ou avait-elle eu vent de quelques rumeurs le concernant ? Polis, aussi grandiose puisse-t-elle être, était après tout un milieu confiné dans lequel les secrets ne restaient pas bien longtemps sous silence.



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le Ven 25 Mai - 0:16

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Un interrogatoire? Non ce n'en était pas un. Si cela était réellement le cas, nos rôles seraient inversés et je serais debout. Alors qu'elle serait assise, me mettant dès le début en position de force à son égard. Présentement, j'arriverais à obtenir mes réponses par l'usage simple de la ruse et de l'analyse de ses réactions. Je n'avais aucunement utilisé la manipulation ou la force physique. Ce qui me laissait pensive quant à ses propres émotions. À fleur de peau à cause de cette histoire en général, où regrettait-elle une chose plus principalement?

Il est vrai que mentionné ainsi, elle avait des raisons de s'inquiéter. Je pouvais aisément apprécier sa franchise dans ses réponses. La tension entre nous semblait augmenter, mais c'était encore contrôlé. Elle bougeait, comme pour chercher une position qui apaiserait son agacement. Bougeant les poings sur les hanches, puis croisant les bras sur sa poitrine comme pour cachez une douce tentation. Mais en réalité, je savais qu'elle cherchait à calmer sa colère grandissante, qui ne m'était aucunement cachée. Elle n'aimait pas que je la questionne et devait encore plus détester mon regard, qui lui avait fait légèrement froncer les sourcils. Bien souvent, les individus n'aiment pas être analysés... Mais j'ai toujours pensé que seuls ceux qui regrettent leurs actions ont une raison d'être inquiets ou de réagir de cette façon.

Continuant de la fixer silencieusement, j'avais pris appuis sur la table d'opération le corps légèrement penché vers l'arrière. Retrouvant ma position nonchalante et paisible d'origine. Comme un maître d'orchestre qui observe le résultat de sa mélodie. Je lui avais montré quelques notes et déjà, elle me jouait la total, ou presque... Il me faudrait la guider un peu plus dans les bons accords pour que la discussion soit à mon goût. Et comme si la Brahmane lisait dans mes pensées, elle me redonnait la balle. Devinant clairement que je n'étais pas encore satisfaite. Penchant légèrement la tête sur le côté, je prenais alors la parole,

-Je te remercie de ta franchise jusqu'à maintenant. Il est parfois difficile de qualifier vos relations avec vos prises de tête! Tu ne peux pas m'en vouloir d'essayer de protéger mon ami et supérieur immédiat.

Un petit sourire en coin s'installait sur mes lèvres, alors que je redressais ma tête droitement. Je devenais alors pensive, puis demandais d'un ton doux,

-Je te sens escalader... Autant physiquement que dans le ton de ta voix... Pourquoi? Je suis calme pour ma part.

Petit reflet amicale, alors qu'une lueur passait brièvement dans mes yeux. Vive et rusé. Continuant de garder en vue les réactions de mes comparses face à mes propos, je ne ratais pas une seule de ses réactions. Maintenant était venu le temps de poser la vraie question. Celle qui brûlait mes lèvres depuis que j'avais franchi le bas de la porte de la chirurgienne. Pour cette question toutefois, un peu de délicatesse et de contexte s'imposait.

-Depuis que vous êtes jeune, Stena a toujours eu un œil sur toi... En entraînement, je devais le mettre au sol pour le ramener sur terre lorsque tu passais près de lui... J'ai essayé d'aller le voir hier, mais Ryadovoï Ulyanov m'a dit qu'il était occupé avec quelqu'un à faire des choses... Plutôt intime selon les grognements à travers la porte...

Retombant sur mes pieds, je me laissais tomber en bas de la table. Mon pansement tenant solidement, tout comme mes sutures, j'avais entièrement confiance en les mains de la brune sur ce point. Je faisais alors un pas dans sa direction, brisant la distance entre nous. Je n'étais pas bien plus âgée qu'elle, ni plus grande. Deux centimètres n'étaient pas réellement significatifs de mon point de vue. Ma carrure toutefois comparée à la sienne était des plus significative. Mon avant-bras devait être plus gros que l'un de ses mollets... Haussant curieusement les sourcils, je demandais alors d'un ton franc et non menaçant, les bras le long de mon corps paisiblement,

-As-tu couché avec Alexandre?

Simple question, alors que je gardais une posture calme et décontractée. Je ne voulais pas que la Brahmane se sente menacé. Encore moins qu'elle soit encore plus agacé. Car j'aurais pu rajouter '' En profitant du fait qu'il était à ce moment inapte à prendre des décisions éclairé ''. Toutefois, devant une femme comme Anna qui chauffe rapidement, je préférais user de calme et de froid. Afin d'essayer d'éteindre l'incendie que pouvait déclencher ma comparse à tout moment.
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le Ven 25 Mai - 9:36
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La chirurgienne ne pipait mot. Les bras toujours croisés, elle affrontait le regard de la jeune femme sans animosité. Du bout de l’index, elle marquait le rythme sur son biceps. L’anecdote d’Oksana lui fit hausser un sourcil, à la fois intrigué et perplexe. Que sous-entendait-elle là-dedans ? Et si Anna ne dit rien sur l’instant, elle se félicita de son silence lorsque la militaire en vint enfin au cœur du sujet. De l’histoire et des bruits dont elle avait entendu parler, elle ne montra rien de son désarroi. Le visage toujours inexpressif, elle renvoyait un regard impassible à son interlocutrice. Même si elle avait voulu se bercer d’illusions concernant ce qui s’était passé avec Alexandre, au fond d’elle-même elle avait anticipé la situation. Polis n’était finalement qu’un milieu clôt d’où les rumeurs circulaient rapidement. Leur histoire ne serait pas restée secrète bien longtemps. L’idée en revanche qu’un soldat un peu trop bavard ait pu posséder des informations à ce propos ne lui plaisait pas vraiment. Pour le moment elle pouvait se féliciter que ce fut Oksana qui soit venue lui en parler. Pour ce qu’elle connaissait de la Ksatriya, elle pouvait compter sur sa discrétion et son discernement. Quoi que puisse présager son physique, la jeune femme disposait d’une finesse peu commune. Mais quand celle-ci posa à brûle-pourpoint la question qui la taraudait, la Brahmane répondit d’un sourire mauvais. Elle lui faisait face, ignorant leur soudaine proximité, et soutenait toujours son regard. Elle haussa un sourcil interrogateur tandis que son sourire se métamorphosait, l’ironie succédant l’amusement.

- Si tu savais le nombre de fois où j’ai entendu cette question au cours de ces dernières années, lâcha-t-elle avec un soupir exaspéré.

La jeune femme avait secoué doucement la tête. Un sourire étirait toujours ses lèvres mais il n’y transparaissait aucune joie. Anna ferma les yeux une seconde, triant parmi la foule de réponses dont elle disposait. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle retrouva immédiatement le chemin de ceux d’Oksana. Le visage détendu, presque transparent, elle s’exprimait d’un ton las.

- Que gagnerais-je à te répondre ? Et surtout, toi, qu’y gagnerais-tu à en connaître la réponse ?

Décroisant les bras, elle avait accompagné ses questions d’un mouvement vague de la main. Jusqu’ici le visage d’Oksana ne laissait rien filtrer de ses pensées. Anna ne se sentait pas la patience de trouver une énième réponse à l’énigme. Pendant des années durant elle s’en était amusée et maintenant que la rumeur trouvait un fond de vérité, elle ne voulait plus en entendre parler. Pour être honnête envers elle-même, la jeune femme ne savait pas encore bien ce qu’elle devait penser de cette liaison. Il lui arrivait encore de s’arrêter, soudainement submergée par le souvenir de leurs ébats, et de se demander si elle n’avait tout simplement pas rêvé. L’alternative aurait été plus arrangeante, certainement, mais le souvenir des mains d’Alexandre sur son corps était trop tangible pour y croire. Au sourire solaire qu’il lui offrait se superposait les pressions de son corps contre le sien, à la fois possessif et dévoué. C’en était effrayant.

- Je te répondrai honnêtement, Oksana, mais j’ai besoin de savoir : à quoi te servirait ma réponse ? Confirmer tes vues sur ton supérieur ? Assoir ta protection autour de lui ? Peaufiner ton jugement sur ma personne ?

Loin de s’être perdue dans les méandres de ses souvenirs, Anna n’avait rien laissé paraître de ses pensées et reprenait ses questions. Elle ne savait ce qui la poussait à pencher pour la vérité face à la militaire. La lassitude peut-être ? Ou le besoin de se confier à quelqu’un ? Dans l’idéal, elle aurait préféré que cette personne ne soit pas en mesure de la juger cependant. Ses paupières s’abaissèrent une seconde puis elle les rouvrit, dardant un regard déterminé sur Oksana. Son sourire ne s’était pas tout à fait estompé, défiant son interlocutrice de lui fournir les réponses dont elle avait besoin.



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le Dim 27 Mai - 19:39

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L'exaspération de la chirurgienne était des plus visibles, alors qu'elle n'essayait aucunement de cacher ses réactions. Elle jouait à jeu ouvert, sans me cacher ses cartes et cela me surprenaient franchement. J'aurais cru qu'elle nierait, me jetterait hors de son bureau ou me demanderait de la fermer. Trois options qu'elle aurait pu effectuer et auxquelles je n'aurais pu forcer l'entrée vers la vérité. Car au final, mon but n'était pas de l'interroger et je n'avais donc aucun levier ou argument me donnant l'autorité nécessaire pour la forcer à répondre. Je lui posais mes questions, comme une connaissance le ferait. Dans le cadre de sa vie privée, donc une sphère sociale qu'elle pouvait effectivement refermer et tirer à l'écart.

Contre toute attente, la cadence de son doigt sur son biceps ralentissait sa course. Ses traits redevenaient détendus et son ton, las. Abandonnait-elle la guerre? Alors que ses pensées me devenaient accessibles et translucide, la tension dans la pièce avait diminué d'un cran. La pression qui semblait avoir grandi entre nos deux corps près de se toucher venait de se dissiper un peu et je relâchais la tension dans mes jambes. Tension qui s'était accumulée dans mes propres muscles et que je n'avais pas remarquée. Comme si je m'étais préparée inconsciemment à reculer vivement si un coup devait survenir. Réflexe naturel de mon entraînement militaire, alors que de façon consciente, je savais que je ne courais aucun danger auprès de la femme qui venait de me soigner.

Ha... La question des gains maintenant. Mais je comprenais totalement le sens de la question de la Brahmane. Elle cherchait à valider mes intentions tout simplement, ce qui était totalement légitime. Je détendais mes traits à mon tour et laissait un petit soupire résonner. Laissant un petit sourire prendre place sur mes lèvres, un sourire amicale et authentique. Mon regard devenait plus doux, alors que l'acier de mes yeux devenait moins coupant. Mon regard coltan devenait serein et empathique alors que je répondais,

-Ce que tu y gagnerais? J'ai bien vu ton inquiétude lorsqu'on parlait d'Alexandre. Tu y gagnerais une alliée, puisque toutes les deux, nous avons le même objectif.

Continuant de la regardez calmement. Je penchais la tête par habitude d'un côté et grimaçais à la douleur. Replaçant alors celle-ci droitement. Pensive, je gardais le silence une dizaine de secondes. J'avais bien toutes mes idées en tête, mais je voulais m'assurer de les formuler dans le bon ordre. Un petit sourire en coin devenait plus marqué, alors qu'un ton taquin répondait à sa première question,

-Mon supérieur... Alexandre est un frère et un ami avant tout. Oui je respecte la hiérarchie et le suivrait jusqu'en enfers sous son commandement, mais cela ne serait pas à cause d'un ordre, mais sous ma volonté propre de l'accompagner.

Je laissais un petit rire résonnait et relevait mes larges épaules avec nonchalance. Ignorant la douleur, je continuais sur ma lancée,

-Et non Anna, je n'ai aucune vue sur Stena. C'est un bon partenaire d'entraînement, un ami fidèle et un frère d'armes. Mais je n'ai aucun désir pour sa personne. Oui il est très beau!

Mon sourire s'élargissait, alors que je me rappelais toutes les rumeurs que j'avais entendues au sujet du lieutenant. Que cela soit de la bouche des Brahmanes, des jeunes filles de Polis ou d'autres militaires. Il faisait tourner des têtes fréquemment et plusieurs entretenaient le désir d'être dans ses bras.

-Mais je n'ai pas l'envie de me retrouver dans ses bras de la façon que tu le penses. Nous avons plus une relation basée sur la fratrie... Un peu comme toi et Andreï... Tu coucherais avec Andreï? Je ne crois pas, même si lui aussi est un bel homme.


Je restais sympathique, lui donnant un peu accès à mes pensées. Parlant avec elle, comme le ferait une bonne copine autour d'un verre. Une conversation purement féminine, dirigée autour d'un même et seul homme. J'osais alors poser une de mes mains sur la joue de la chirurgienne. Caressant celle-ci du pouce de façon rassurante. Concluant d'un ton emphatique, avec une lueur tolérante dans le regard,

-Je ne juge personne Anna. J'ai beau avoir l'apparence d'une brute, j'ai un bon fond. J'essaie de savoir dans quel état sera mon ami. Stena est très naïf sur le plan relationnel intime... Tu comprends... Et si vous avez réellement couché ensemble, je ne t'en tiendrais pas rigueur si les choses se terminent mal. Car chacun a ses besoins et désirs et je sais qu'il recherche principalement une vie de famille.
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le Lun 28 Mai - 9:16
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Le même objectif ? Anna avait imperceptiblement froncé les sourcils. A dire vrai, elle espérait que son objectif actuel concernant leur connaissance commune n’était pas le même. Evidemment, Oksana ne pouvait pas vraiment le deviner. La suite de ses explications vint donc clarifier ses propos et la jeune femme se détendit légèrement. S’il fallait bien reconnaître une qualité chez cette femme, c’était son sens de la persuasion. Elle avait beau avoir embrassé le métier des armes, en dépit de tout ce qu’on aurait pu redire sur son genre et ses origines, elle disposait de qualités remarquables en termes de tact et diplomatie. Mais lorsque la Ksatriya en vint à parler de son propre frère, Anna ne put réprimer un sourire amer. Evoquer le sujet de son aîné était désormais assez épineux. Leur relation n’allait clairement pas en s’améliorant et la jeune femme se sentait de plus en plus impuissante face à ce constat. La complicité qui les avait liés ces dernières années volait en éclat. Et, ironiquement, elle s’était rapprochée en parallèle de son meilleur ami, bien plus qu’elle ne l’aurait envisagé.

La jeune femme cependant n’eut guère le temps de creuser le sujet. Une main sur sa joue vint l’électriser, éparpillant l’ensemble de ses pensées. Sous le contact, elle s’était figée. Puis, dans un mouvement instinctif, elle avait légèrement reculé. La main n’avait pourtant pas quitté son visage, l’effleurant du bout des doigts. Un pli s’était creusé sur le front de la Brahmane, perplexe. Sous les dernières paroles d’Oksana, elle voulut secouer la tête mais la main l’en retenait. Les yeux arrondis de surprise, elle fixait son interlocutrice d’un air troublé. La facilité avec laquelle elle était parvenue à rentrer dans sa sphère intime et à initier le contact était déconcertante. Les sujets qu’elle venait d’aborder le furent davantage encore.

…très naïf sur le plan émotionnel…Il lui avait paru pourtant très sûr de lui, quelques jours plus tôt ou même dans l’ensemble ces dernières années. Puis, progressivement, le doute vint s’insinuer au cœur de ses propres certitudes. Ne s’était-elle simplement convaincue de cette assurance ? Face au ballet de prétendantes qui se succédaient aux côtés du lieutenant et qui venaient même s’aventurer auprès d’elle en quête d’une ouverture, elle s’était simplement persuadée qu’il prenait conscience de son charme et de ses atouts, qu’il en usait à sa guise pour parvenir à ses propres fins. Mais, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle ne l’avait jamais eu ouvrir en public la moindre relation. Discret au possible en dépit de sa propre curiosité, il s’était toujours arrangé pour éluder les questions à ce sujet. Anna avait fini par abandonner la partie en tirant les conclusions qui l’arrangeaient. Mais dans les révélations d’Oksana, ce n’était pas tant cet argument qui retint vraiment l’attention de la jeune femme…une vie de famille…Cette fois-ci, elle avait senti le sol se dérober sous elle. La main sur sa joue lui fit l’effet d’un point d’ancrage auquel se rattraper. Dans un frisson elle s’en détacha et se fit violence pour se pas vaciller. Esquissant une retraite, la jeune femme rétablit une distance plus convenable avec son interlocutrice et la dévisagea sans un mot.

- Une vie de famille ? répéta-t-elle dans un croassement qui n’avait rien de gracieux.

Comme s’ils devenaient maintenant plus tangibles, les mots la percutèrent de plein fouet. Les dernières promesses d’Alexandre, sibyllines, prenaient désormais un nouveau sens. Sous le coup de la perplexité, la jeune femme secoua légèrement la tête. Elle cligna des yeux à deux reprises sans parvenir à effacer l’image des rétines d’Oksana qui la fixaient. Portant une main à sa bouche, elle grogna doucement sans en avoir véritablement conscience. Intérieurement, elle se maudissait de sa propre naïveté. Alexandre lui apparaissait désormais sous une autre lumière, facette de sa personnalité qu’elle avait volontairement éludée jusqu’ici.

- Mince, il ne manquerait plus que tu me dises que je suis la seule femme avec laquelle il n’ait jamais eu envie de fonder une famille…

Les mots étaient sortis spontanément, sans aigreur. Par crainte d’une réponse peut-être, Anna n’avait pas relevé le regard immédiatement en direction de celui d’Oksana. Les yeux plissés, la main encadrant menton et lèvres, elle ne cherchait plus à dissimuler son trouble. Au terme de quelques secondes de silence, figée dans la même posture, elle finit par soupirer. Sa main retomba mollement le long de son corps tandis qu’elle relevait enfin le regard et croisait celui d’Oksana. L’éclat de ses prunelles, d’ordinaire si tranchants, semblaient pensif, presque compatissant.

- Oui, nous avons couché ensemble.

Elle cligna des yeux à deux reprises, surprise de sa propre révélation. Il lui semblait abandonner une partie du fardeau qui l’avait tourmentée ces derniers jours.

- Je ne regrette pas même si je n’ai pas eu vraiment l’impression d’avoir le choix.

Sa bouche se tordit en un sourire amer, sans joie. Avec un temps de retard, elle réalisa l’autre sens que l’on pouvait donner à ses paroles. Elle secoua la tête et rectifia d’une voix moins hésitante.

- Je veux dire, tout compte fait, c’était inévitable, nouveau froncement de sourcil avant qu’elle ne poursuivre, à un moment donné, ce jeu entre nous, il fallait que ça cesse.

La jeune femme en avait pris progressivement conscience. Au cours de cette dernière année, elle s’était peu à peu éloignée du Ksatriya dans l’espoir de clarifier leur situation. Mettant de côté le jeu de provocations qui avait constitué l’essentiel de leur amitié, elle avait fini par fuir les occasions de passer du temps avec lui dans l’espoir qu’elle puisse changer le fil de leur trajectoire commune. Son retour de V.A.R. avait fini par effacer tous ses efforts, reprenant le chemin inéluctable qu’ils avaient emprunté au cours de ces dernières années. Sourcils froncés, la chirurgienne poussa un nouveau soupir. Oksana avait observé suffisamment longtemps leur amitié pour comprendre où elle voulait en venir.

- Il va falloir que j’en discute avec lui d’ailleurs, de tout ça je veux dire. On a passé l’âge d’agir sans réfléchir aux conséquences et, avec ce que tu viens de me révéler, je crois qu’il faut vraiment que nous en discutions.



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le Mar 29 Mai - 4:52

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Bingo! Mon touché avait eu l'effet désiré. Mon pouce continuait de caresser cette joue à la peau si douce, alors qu'elle reculait son visage sans se dégager complètement de ma prise. Une succession d'émotion prenait place sur son visage au fur et à mesure que je m'étais exprimée. J'avais observé la perplexité laissé place à la surprise, alors qu'elle ne semblait pas savoir comment réagir. Exactement ce que j'avais voulu, détendre ses traits et éteindre la colère en elle d'une légère brise. Son visage perdait un peu de couleur, alors qu'elle prenait un peu de distance entre nous et échappait à ma main. Je laissais celle-ci retomber sans chercher à la retenir, alors qu'elle répétait mes mots.

Je me retenais de lui répondre '' De ma mémoire, tu es la première femme avec qui il couche '', alors que mon regard des plus éloquents quant à ma réponse la fixait. Comme si elle ne voulait affronter la vérité ou fuir l'horreur au cas où ses propres mots seraient vrais, elle fuyait mon regard pour le moment et je ne lui en tenais pas rigueur. La chirurgienne semblait déjà assez troublée ainsi et mon intention n'était pas de la terroriser d'Alexandre, mais de remettre les pendules à l'heure tout simplement. Lorsque j'avais enfin le luxe de pouvoir admirer ses prunelles, le tranchant avait laissé place à de la douceur. Je me félicitais, alors que je constatais que la douceur avait eu bien plus d'impact sur la Brahmane que la force. J'avais eu raison de suivre mon instinct et de calmer le jeu rapidement.

Lorsqu'elle m'avouait la vérité. Je remarquais que ses épaules s'affaissaient. Comme si une pression accumulée venait de se relâcher soudainement. Je haussais les sourcils à la suite de ses mots. Pas le choix? Je doutais fortement qu'Alexandre ait fait quoique ce soit contre son consentement. Elle dut remarquer ma soudaine curiosité, car elle rectifiait le tire. Je ne pouvais qu'être d'accord avec son explication. En effet, ils avaient joué longtemps au chat et à la souris, à un point que des rumeurs s'étaient créées avec les années et une sorte de tension primaire entre eux. Une pression présente dans l'air lorsqu'on était en leur présence. Comme si un champ magnétique les reliait et allait soudainement les attirer l'un contre l'autre. Ils avaient beau avoir pensé être discrets, quelqu'un qui connaissait intimement l'un de deux amants pouvait aisément relater ce type de fait et les avoir observés avec les années.

-Une discussion serait effectivement la bienvenue entre vous. Vous jouez au chat et à la souris depuis de nombreuses années.

Croisant mes bras, je continuais alors de sourire avec amusement. Faisant saillir les muscles tendus de mes bras, je laissais un petit rire résonner. Léger et amusé alors que j'essayais de détendre l'atmosphère.

-Si vous vouliez être discret, c'est raté pour ma part!

Mon regard redevenait alors un peu plus sérieux, alors que je ne quittais toujours pas le teint glaciale des yeux de la chirurgienne,

-En toute franchise, je ne crois pas qu'il m'est déjà parlé de relation sexuelle... Avec toi ou avec une autre femme. Quant à savoir si tu es sa première, cela m'est inconnu. Il ne m'a jamais dit directement qu'il voulait une famille... Mais à le voir aussi investi dans Polis, à la façon qu'il protège ses citoyens et frère, il me fait penser à un père. Paternel, présent et attentionné à sa façon. Un modèle masculin qui donne l'exemple de l'homme parfait aux yeux du patriarcat.

Je décroisais les bras, soupirant en faisant mine de réfléchir en regardant le plafond,

-Mais probablement nierait-il mes propos... Ou peut-être ai-je tort même! Je ne suis pas voyante. Je suis Sergente de section et je mange des Nosalis au petit déjeuner... Mon esprit analytique me fait rarement défaut généralement...


Haussant les épaules, le coltan de mon regard retournait sur Anna. Rajoutant d'un ton léger, humble et sans prétention,

-Au final, je ne suis qu'une Ksatriya qui essaie d'aider un ami fidèle. Ainsi que la femme qui m'a recousue adéquatement et probablement évité une infection!
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le Mar 29 Mai - 14:31
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Elle n’avait pu retenir un soupir. Si les révélations d’Oksana avaient éveillé chez elle une foule d’émotions relativement contradictoires, elle se sentait étrangement plus apaisée qu’elle ne l’avait été ces derniers jours. Fermant les yeux une seconde, elle formula une excuse silencieuse à l’adresse d’Alexandre. Elle ignorait sa réaction si l’histoire venait à se savoir dans le cercle de son bastion. Anna espérait simplement que son bras droit aurait assez de discernement pour rester discrète sur le sujet. Jetant un nouveau coup d’œil à cette dernière, elle décida qu’elle pouvait décidément lui faire confiance et se détendit davantage.

- Par certains côtés tu le connais bien mieux que moi. S’il n’a jamais voulu me parler de ses relations avec d’autres femmes, malgré mes nombreuses questions, j’avais simplement conclu qu’il préférait ne pas partager ce genre de détails avec moi.

Elle haussa les épaules, s’excusant de sa propre naïveté d’un sourire chargé d’ironie.

- J’ai voulu croire et voir ce qui m’arrangeait…

Claquant des doigts, elle lui désigna le bandage qui ceignait désormais son épaule.

- A propos de cette plaie, ça dépendra surtout de ton aptitude à la ménager et à faire les soins quotidiens correctement. Il faut veiller à ce qu’elle reste bien propre au moins pour la dizaine de jours à venir.

Elle contourna ensuite la Ksatriya et reprit la bouteille d’alcool qu’elle lui avait proposé quelques minutes plus tôt. Elle la déboucha et en huma le contenu. Le breuvage provenait de ses provisions de V.A.R.. Si la faction présentait des conditions de vie déplorables, elle avait le mérite de produire un alcool relativement correct. La chirurgienne en but deux gorgées puis tendit le flacon à Oksana. Un éclat amusé dansait dans ses yeux lorsqu’elle reprit la parole.

- Si tu veux vraiment m’aider, c’est pas tant du côté de ma relation avec Stena qu’il faudrait se pencher mais plutôt de celle avec mon imbécile de frère. Est-ce que le sergent de Vympel fait aussi office de conciliateur familial pour les stalkers bornés ?

Elle accompagna sa question d’une grimace. A travers ses sarcasmes, elle ne cherchait pas vraiment à dissimuler son amertume. Si la dernière rencontre avec son aîné s’était conclue sur une note encourageante, elle restait pour le moins houleuse. Pour la première fois de sa vie, Anna devait apprendre à composer sans l’appui habituel de son frère, ce dernier s’étant fermé hermétiquement. Comme elle prenait consciente de regard appuyé d’Oksana sur elle, la chirurgienne haussa les épaules et laissa filer un rire aigre.

- Laisse tomber, ça m’a l’air d’une cause perdue !

Reprenant l’alcool des mains de la militaire après que celle-ci y ait bu, elle y but une nouvelle gorgée qu’elle ponctua d’un claquement de langue.

- De toute façon je n’ai pas le temps de m’en préoccuper. Entre le travail habituel et la surveillance de l’équipe revenue d’expédition, j’ai plus vraiment le temps de me soucier de tout ça.

Elle avait fait un geste vague de la main pour englober l’ensemble de la pièce.

- Pour dire, je n’ai pas eu le temps de discuter avec Stena depuis notre récent…échange. Je l’ai croisé dans le cadre des examens que subissent les survivants de l’expédition mais c’est tout. L’essentiel c’est qu’il va à peu près bien et que la quarantaine devrait enfin prendre fin. D’ici peu un rapport officiel sera diffusé et le bastion Vympel pourra reprendre ses fonctions avec son effectif réel.

La jeune femme grimaça, baissant soudainement le regard. Elle n’oubliait pas le corps démembré qu’elle avait dû examiner ni celui que le Sombre avait emporté sans espoir de retour. A voix basse, l’air meurtri, elle rajouta :

- Je suis désolée pour Marko et Yuri…



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Sergent-chef, chef de groupe du Bastion Vympel
le Mer 30 Mai - 5:32

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L'authenticité d'Anna me surprenait de plus en plus. À vrai dire, je m'attendais à une confrontation, suivi d'une engueulade avec celle-ci. Elle était reconnue pour son tempérament chaud et fort au sein de Polis. Tout comme moi d'ailleurs, peut-être que je la surprenais moi-même présentement. Deux têtes fortes qui discutaient. Normalement cela ne peut que créer des flammes plus grandes, alors que la loi de la nature reprend normalement ses droits. Alors que l'orgueil et l'esprit de compétition primaire en nous refont surface. Poussé de testostérone pour définir l'alpha, encore et toujours. Dans le milieu des hommes, c'est un phénomène qu'on observe souvent. Malgré ma ressemblance avec la chirurgienne, contre toute attente nous arrivions à nous entendre. À entretenir une discussion et à se répondre de façon civilisée. J'admirais le courage de la brune, alors qu'elle avouait même avoir nié possiblement la vérité de son plein gré. Avoir déformé la réalité à son avantage. Cette capacité d'introspection me montrait sa maturité sur le plan affectif et sa capacité à prendre du recul pour analyser une situation.

Dix jours?! Mon regard se fronçait un peu. C'est long dix jours... Très long... Toutefois, je me rappelais comment en faire l'entretien et surtout, comment refaire ce magnifique bandage qui tenait bon, sans gêner mes mouvements plus principalement. Comme si la chirurgienne avait lu dans mes pensées et prévu que je ne resterais pas assise pendant ce nombre de jours en convalescence. J'observais mon épaule avec le bandage et retournais mes prunelles Coltan sur ma comparse,

-Je vais faire les soins quotidiens nécessaires... Et tenter de la ménager le temps qu'il le faudra...

Une question me venait alors en tête. Pour retirer les points de suture, devais-je revenir la voir, ou aller consulter un infirmier? La bouteille tendue dans ma direction me la faisait rapidement oubliée, alors que je buvais une autre rasade de l'eau de vie en soupirant de bien-être. À l'énumération de son frère, je l'observais de nouveau avec curiosité. Haussant un sourcil à ses mots, j'écoutais attentivement son récit. Buvant une gorgée afin de ne surtout pas l'interrompre.

Clignant lentement des yeux, j'assimilais toutes les informations qu'elle me donnait, alors qu'elle semblait vider son sac en même temps. Me divulguant son problème relationnel dans sa fratrie, son manque de temps et ses nouvelles tâches. Je haussais les deux sourcils, surprise lorsqu'elle me présentait ses excuses pour la mort de mes deux frères et amis. Observant la pièce autour de moi avec une lueur distraite dans le regard, j'essayais d'effacer de ma mémoire le sourire de Marko. La voix de Yuri me revenait en tête, lançant avec force '' trouvez-vous une chambre! ''. Phrase qu'il disait souvent lorsque j'argumentais avec Stena. Je retenais une grimace douloureuse, restant forte face à la brune. Leur disparation et mort certaine dans le cas de Marko nous avait tous chamboulés. À cet instant, alors que je faisais face à la chirurgienne qui me présentait ses condoléances, je ravalais mon chagrin derrière ma fierté, pour faire un pas vers ma comparse.

Prenant la bouteille de ses mains, je la déposais sur la table de travail. Instinctivement et sans réfléchir, j'attirais alors celle-ci dans mes bras. Formant une étreinte réconfortante, alors que ma main droite venait caressez le dos de celle-ci paisiblement. Désormais à l'abri de ses yeux perçants, je laissais un triste sourire prendre place sur mes lèvres. J'avais réagi d'instinct, alors que dans ses réactions et dans son ton, j'avais cru percevoir une certaine détresse chez la jeune femme. J'espérais que ce câlin la réconforte et l'aide à se sentir mieux. Ou peut-être l'avais-je serré dans mes bras pour qu'elle ne remarque pas mes traits légèrement déformés par la douleur de la perte de mes amis. Moyen efficace de garder la face et cacher ma douleur à la Brahmane. Mon ton était doux, alors que je répondais,

-Ils étaient de très bons amis... Loyal et présent pour leurs frères...

Simple façon de la remercier pour la sympathie dont elle faisait preuve à mon égard. Je décidais de lui rendre l'appareil à l'aide d'une reformulation empathique, tout en continuant de la serrer contre moi sans force réellement, de sorte qu'elle pouvait se dégager sans difficulté.

-Je suis désolée que tu aies à porter plusieurs chapeaux difficiles et importants. Je ne peux imaginer combien la pression doit être grande sur le plan du travail, sans parler des difficultés que tu viens de me nommer avec Andreï. Si on rajoute ce qui s'est produit avec Stena et la mission... Je crois que tout Polis présentement est sens dessus dessous...

Cherchant à diminuer le sentiment de culpabilité de la brune, je rajoutais avec une lueur peinée dans le regard, alors que le visage de Yuri me revenait en mémoire.

-Je peux aisément comprendre la détresse qui t'habite présentement. Ce sentiment, ou nous sommes dépassés, sans savoir comment régler les conflits face à nous. Impuissant. Il y a une chose que je désire te rappeler, Anna.

Continuant de promener ma main paisiblement dans son dos, comme si j'avais fait ceci avec elle depuis toujours. Mon mouvement était naturel et doux. Je fermais les yeux et concluait,

-Ce n'est pas de ta faute. Un conflit oppose premièrement deux personnes, et un problème, plusieurs éléments. Ne prends surtout pas l'habitude de tout prendre sur tes épaules et surtout... Ne garde pas ce mal-être pour toi. C'est en s'isolant socialement et en accumulant les éléments anxiogènes qu'on se noie sous la pression.
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le Jeu 31 Mai - 21:18
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Les yeux clos, le souffle tendu, elle n’osait esquisser le moindre geste. Lorsqu’Oksana l’avait enlacée, il lui avait fallu quelques secondes pour répondre à l’étreinte. Ses mains étaient venues se refermer sur son dos, d’abord en le pressant légèrement puis avec plus de fermeté. Elle avait posé son menton dans le creux de sa clavicule tout en veillant à ménager la blessure fraichement pansée. La chirurgienne se laissait ainsi bercer par les mots de la Ksatriya. Puis dans un soupir qui devait passer pour un rire aigre, elle se détacha d’elle. Comme elle laissait ses mains retomber le long de son corps, elle observait la composition du visage d’Oksana. Il lui semblait découvrir un personnage complètement nouveau, familier et pourtant inhabituel. Anna n’avait pas reculé tout de suite, conservant une partie de leur proximité puis, avec un sourire, elle avait rétabli une nouvelle distance entre elles. Comme elle passait une main dans sa nuque puis dans ses cheveux, elle détourna un instant le regard. La facilité avec laquelle Oksana était rentrée dans son espace intime, à deux reprises, était déconcertante. Pourtant, à aucun moment, l’expérience n’avait été désagréable.

A croire que j’en avais besoin et qu’elle le savait, conclut mentalement la jeune femme avant de reprendre enfin la parole.

- Merci.

Elle se racla la gorge, grimaçant sous le son de sa propre voix.

- On est tous un peu dépassés en fait. Depuis que je suis rentrée de V.A.R., je n’ai pas vraiment eu un moment où je ne me sentais pas larguée par les événements.

La jeune femme inspira profondément puis haussa les épaules. Elle n’avait pas eu l’occasion de parler de son expérience à l’extérieur de Polis. L’enfer qu’elle avait vécu contre l’épidémie la hantait encore ponctuellement dans les épisodes de sommeil qu’elle s’accordait. Dans l’urgence et la détresse, elle avait agi méthodiquement en appliquant chaque mécanisme soigneusement rôdé de son savoir-faire, poussant ses propres capacités à leurs limites. Comme elle trouvait à peine le temps de se reposer, elle n’avait pas eu un seul instant pour se détacher de la situation. En revenant à Polis, elle avait naïvement pensé en trouver l’occasion. Et plus égoïstement encore, elle n’avait pas songé un instant à ce qu’avaient pu vivre ses proches pendant son absence. Un spasme crispa ses mâchoires, les muscles saillant une seconde sous la peau diaphane, avant qu’elle ne penche en avant et saisisse la main d’Oksana entre les siennes. Le regard rivé dans le sien, elle la fixait avec intensité.

- Rien n’a été facile pour aucun de nous. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ça de notre rencontre mais, elle marqua une hésitation, inspira puis poursuivit dans un souffle, merci...j’aimerais que tu saches que tu peux compter sur moi aussi, peu importe la manière.

Trop solennelle à son goût, la jeune femme fronça les sourcils. Elle secoua la tête, tant pour se détacher du magnétisme du regard coltan que pour chasser ses pensées et claqua dans ses mains. Brièvement, son regard s’était aventuré du côté de l’horloge murale.

- Bien ! Te voilà maintenant recousue comme il se doit. J’aurais aimé t’offrir l’hospitalité plus longtemps dans ce bureau mais je n’en ai clairement pas le temps. J’espère que nous aurons l’occasion de discuter à d’autres reprises, autour d’un verre et hors de cet endroit. En attendant, tu sais où me trouver !

Elle ponctua sa tirade d’un clin d’œil, un sourire lumineux fiché sur le visage. Encore un peu troublée par l’échange, elle se sentait néanmoins revigorée et comptait bien profiter de ce regain de motivation pour s’attaquer aux devoirs qui l’attendaient. Une pile de dossier administratif agrémentait son bureau, il était temps de s’y attaquer.



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le Sam 2 Juin - 2:54

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Au départ, la chirurgienne ressemblait à une barre de fer dans mes bras. Tendu avec une posture des plus droites. Comme si elle était en rang et que la moindre déviation dans sa colonne vertébrale lui ferait faire cinquante pompes. Puis peu à peu, elle devint plus souple. L'acier se moulait un peu plus à mon corps, alors que ses bras se posaient finalement dans mon dos. Douce accolade qui devint finalement un peu plus vigoureuse et à laquelle je répondais avec la même force. Adaptant la mienne à celle de la brune pour ne pas paraître plus imposante qu'elle, même si c'était carrément la réalité.

Narguée par les événements était une bonne façon de qualifier la chose. Je l'avais relâché quand elle avait voulu reprendre ses distances sans chercher à la retenir. Je me retenais d'ajouter que je me sentais de la même façon, mais depuis leur retour de mission. Regrettant de ne pas avoir été avec eux ce jour-là. J'aurais peut-être pu essayer d'intervenir dans le kidnapping de Yuri et aider Stena à supporter la pression de la mort de Marko. Puisque nous aurions été deux dans les décisions qui ont été prises, donc deux responsables. Toutefois, cela n'aurait fait qu'alimenter de nouveau notre sentiment d'impuissance, alors que la Brahmane semblait se sentir mieux. L'objectif étant atteint, je ne cherchais pas à rallumer la flamme.

Les mains qui prenaient la mienne me ramenaient à la réalité. Je reposais mes yeux sur la brune en clignant des yeux, comme si elle venait soudainement de me réveiller d'un profond sommeil. Les mots choisis m'arrachaient alors un sourire amusé. Une petite lueur enjouée venait éclairé mes prunelles, alors que je rajoutais d'un ton taquin,

-En effet... Je m'attendais à ce que tu sois moins délicate à mon égard après mon entrée...

Soit en forçant inutilement sur la plaie, en prenant encore plus son temps ou en me souhaitant d'avoir de l'infection en ne lavant pas la plaie! Mon sourire perdait un peu de son amusement, pour devenir plus tendre à la suite. Ses remerciements étaient sincères et francs. Elle ne semblait satisfaite de la tournure de sa phrase, mais cela m'avait fait chaud au cœur à dire vrai. Elle n'avait pas besoin d'en dire plus, c'était clair dans mon esprit que notre échange lui avait été agréable et qu'elle voulait redonner en retour. Alors qu'elle secouait sa tête, je répondais avec un petit sourire rassurant,

-Bien compris Docteur!

Alors que notre échange semblait se conclure, elle m'invitait poliment à sortir de son bureau. Penchant ma tête sur le côté, je posais mon poing devant ma bouche avec un air songeur.

-Je pensais qu'on aurait le temps de jouer une partie de cartes!

Désignant la table de travail, je rajoutais alors en riant,

-J'ai cru que nous étions dans tes quartiers, vu le temps que tu passe dans ce bureau! Tu n'utilises pas cette table de travail comme un lit entre deux patients?

Riant joyeusement, je reprenais une posture nonchalante et calme. Je reculais d'un pas et pivotait mon corps vers la porte du bureau, avançant d'un pas, puis d'un deuxième. Ma main se posait sur la poignée de la porte,

-Plus sérieusement, bonne continuité et merci pour les soins Anna... Je reviendrais te voir pour retirer les sutures... Si on te demande pourquoi un infirmier ne peut pas faire le boulot, tu n'auras qu'à dire que... J'ai peur des aiguilles!

Lui adressant un clin d'oeil, c'était une façon discrète de la forcer à me revoir d'une certaine façon. Cela me permettrait de faire un suivi en temps et lieu aussi de la situation de Stena sans passer par mon père.

-À la prochaine Anna!

Trois derniers mots qui résonnaient entre les murs du cabinet, alors que la porte se refermait derrière moi en laissant la Brahmane seule à son travail. Bougeant mon épaule, je grimaçais. Mais déjà la douleur était plus tolérable qu'avant ma consultation, grâce aux doigts de fée de la brune.

RP TERMINÉ
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