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Médecin-chirurgien
le Jeu 17 Mai - 15:44
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Patronyme :: Nikitovna
Surnom :: Anya
Qu’aurait donc pensé l’auditeur inopiné ? Anna ne s’en souciait guère bien qu’au fond de son esprit résidait la probabilité d’une intervention. N’avait-il pas dit qu’il reviendrait ? Elle n’avait aucune idée du gain de temps que ce visiteur était censé leur accorder dans le plaisir égoïste et interdit qu’ils s’accordaient. En revanche, elle comptait mettre à profit chaque précieuse seconde, dévorée par un appétit qui échappait à la raison. Et si l’on se fiait aux signaux émis par le corps contre le sien, Alexandre était bien du même avis. Dès lors, le reste ne comptait guère plus.




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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Jeu 17 Mai - 19:58

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Patronyme :: Nikitovitch
Surnom :: Stena


La torpeur le gagnait, la chaleur de leur ébat l’enveloppait, le corps d’Anna se confondait encore avec le sien, son esprit errait, absent, et il sentait enfin le sommeil le gagner. Le sommeil qui depuis la mission suicide, l’avait déserté. Derrière la porte, le soldat attendait.
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Médecin-chirurgien
le Ven 18 Mai - 9:55
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Age :: 28 ans
Patronyme :: Nikitovna
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Elle se laissa souplement glisser sur le côté et calla son corps contre celui de son amant, une jambe verrouillée autour de la sienne et la main posée sur la large poitrine qui se soulevait plus lentement. Refusant de jeter un coup d’œil autour d’elle par peur de briser l’atmosphère confinée de leur ébat, elle reporta son regard sur le visage apaisé d'Alexandre. Il lui semblait découvrir le Ksatriya sous un autre jour, complètement différent, et elle n’eut pas tout à fait tort. Refusant de laisser la culpabilité l’envahir, elle poussa pourtant un soupir. Elle aurait pu le regarder s’assoupir, se laissant emporter elle-même par la léthargie qui précédait l’extase. Mais déjà ses mécanismes neuronaux reprenaient leur routine et elle analysait les sensations qui dominaient son corps. Aucune surprise dans l’état sinon la confusion des sentiments, unique et incomparable.

- Pas sûre qu’on ne te laisse le temps de dormir.

Suivant de manière surnaturelle le fil de ses pensées, elle avait fini par rompre le silence. Sa voix s’était faite douce, presque affectueuse et contrastait avec la violence de leurs ébats. Comme Alexandre abaissait les paupières, elle l’engloba d’un regard délicat, les cils voilant légèrement l’éclat métallique de ses propres iris. Toute tension avait déserté son visage, rendant son expression indéfinissable en miroir des émotions qui se dérobaient à son esprit. Pour le moment, elle ne voulait réfléchir aux conséquences de leurs actes. Ils auraient tout deux le temps de les assimiler, à leur manière.



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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Ven 18 Mai - 13:52

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Age :: 32
Patronyme :: Nikitovitch
Surnom :: Stena


Une fournaise odorante, biome brulant, émanait en une épaisse touffeur engourdissante depuis leur corps, quand toutes les pores de leur peau exhumaient les métabolites de l’éros et de l’obscur. Alexandre avait l’impression que la déflagration avait emporté son cerveau, las et terrassé, les neurohormones de la torpeur baignaient tous ses sens, puisse-t-elle avoir exterminé les catomes étrangers, les troyens chimiques et les résidus psioniques du Sombre, si de tels homoncules existaient, et l’avaient jamais colonisé. Mais alors il frissonna, violemment, et ouvrit les yeux d’un soudain sous le sursaut de conscience, avant que les caresses d’Anna ne repoussent l’alarme. Il la gardait contre lui et tarderait à lui rendre sa liberté, si ce n’était le seul leste qui lui permettait de se placer contre lui, et d'étendre son dominion, liane sauvage, s’enroulant autour de ses muscles puissants. « Il faudrait », bourdonna-t-il en une tentative de communication humaine. Un vrombissement groggy valut pour ponctuation. Dans la brume post-dionysiaque, assommé et ivre, le rai de son regard, iridescent, projetait les nuances d’affects sans faux-semblant. Il la vit, elle le vit, et il ferma les yeux en la rehaussant contre lui d’un geste affermi, démentant la faiblesse physique.

*

Mais la brahmane avait raison et, si le lieutenant avait quelque peu perdu la notion du temps, l’homme du colonel Dezhnov égrenait les minutes en grinçant des dents depuis un bon moment. Le ryadovaï Ulyanov n’avait pas les accréditations pour connaitre la nature de la nouvelle menace. Kshatriya administratif de soutien, il vouait aux guerriers de terrain une admiration et une reconnaissance suffisamment sincère pour y puiser la patience et les justifications nécessaires au comportement de Stena. Dans les couloirs, la rumeur propageait la disparition du serbe et de l’ours blond, et nul n’osait encore réclamer leur équipement et leurs possession. Le Bastion Vympel ne soufflait mot et détournait les questions, intransigeant, avec la force de l’habitude au secret. Ranvir ‘Raj’ Murugan courrait des uns aux autres tel un Hermès messager, à la fois démuni et énervé, le maitre-principal Vicktor Romanovitch Kashirsky sur les talons. Eux aussi avaient été soumis aux interrogatoires du haut commandement, eux aussi avaient remarqué la présence de brahmanes en retraits. Les conflits de castes n’avaient jamais semblé si lointains, et c’était comme si, à l’insu de tous, une armistice avait été signée.

*

Le dôme anentropique se fendillait et les obligations sourdaient, corrosives, en bordées d’acide lactique. La pullulation panique et grouillante du Métro, leur réalité, n’était pour l’instant qu’un déchet métabolique. Avec violence, il s’efforça d’y revenir et de se souvenir de ce qui le poussait à persévérer dans l’existence, si ce n’était la réplication de ses gènes, les grands idéaux flottaient, insaisissables, comme autant d’idées platoniques indigestes. « Vais sortir le premier », annonça-t-il, rauque, et il se redressa en position assise, envoyant les jambes par-dessus le solide montant du lit. Son bras avait coulissé sous la taille d’Anna avant de s’en détacher, et il resta un instant à reprendre connaissance de l’endroit dans lequel il se trouvait, familier et étrangement aliénant. Puis il se retourna vers elle, du buste seulement, en une torsade d’obliques et de reliefs formidables, et se pencha pour l’embrasser, entourant ses épaules d’un bras et jusqu’à son visage, qu’il caressait du bout des doigts. Les yeux fermés, il posa son front contre le sien et envoya un coup de mâchoires, scellant leurs lèvres une dernière fois peut-être, pour l’investir d’un tour lascif et possessif.

Car elle était une indépendante éprise de liberté et de savoir, et avait à sa disposition des ressources médicales enviées du commun des métroïdes. Le repeuplement était un impératif, aussi, il n’y avait jusqu’à la Cité Lumière, mirage de l’humanisme, qui ne cherchât à contrôler le ventre des femmes, et leur fécondité, lorsque ce n’était pas elles-mêmes qui, aux prises du grand recul de l’égalité, cherchaient un accomplissement dans la contribution au renforcement de l’espèce. Alexandre était quant à lui des plus obtus sur le sujet. Il n’y avait jamais pensé, sinon lorsque Sevastiana leur avait volé Andreï, et lorsque l’enfant à naitre avait emporté dans la mort, jusqu’à leur vie. Avec une stratégie d’évitement de haut niveau, faisant de lui un tardif et convoité puceau, le lieutenant avait jusqu’alors évité les déboires de nombres de ses soldats, et les drames et les cocasseries qui en accompagnaient les devoirs. Et par ce faire, il avait aussi évité de creuser sous les fondations des murailles qui le préservaient.

Pour toutes ces raisons, il décida qu’il ne valait mieux pas bombarder son amie d’enfance de trop nombreuses attentes ou de pressantes questions, et alors qu’il se levait enfin, marcheur somnambule en direction du point d’eau, il songeait à ce qu’il allait pouvoir lui dire, pour lui faire comprendre qu’il était là, et que rien n’avait changé, sauf si elle le voulait. Et qu’il allait essayer de ne pas se montrer plus encore protecteur et paternalisant qu’il l’avait été par le passé. Qu’ils continueraient certainement à s’engueuler et à s’entredéchirer. A s’étreindre et se caresser et se consumer sans cesse, inextinguible combustible de l’incompréhension et de la passion. L’embrasser et s’embraser, la prendre et s’éprendre. « Bordel. » Juron inaudible plus proche d’un vrombissement bestial, accompagné d'un chuintement de carbone acier, lorsqu'il cogna trop vivement contre les spartiates installations. Dans le reflet du miroir mural, il l’observa en douce. Le jet d’eau fusa, couvrant un raclement de gorge. « Quoi qu’il se passe par la suite », commença-t-il, incertain, tout en s’activant rapidement au-dessus du lavabo, roulant des épaules et des dorsaux, gourd et pas tout à fait réamorcé, « j’veux pas que tu m’épargnes. Ne me cache rien de ce que tu vas apprendre.  » Il s’essuya la figure et le torse avant de se retourner, serviette sur le trapèze, la dardant d’une focale d’ambre fossile. Les traits du visage forcis de sérieux, il ajouta : « Là-bas, avec eux. Et pour le reste aussi. » Il parlait évidemment de l’unité scientifique, sans se douter de l’implication de la Main rouge, et la teneur duplice avec laquelle il s’était exprimé au sujet des nouveaux galons de de leur relation ne lui avait pas complètement échappé.

Mais le temps leur manquait, et Alexandre devait se dépêcher.
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le Ven 18 Mai - 17:48
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Les draps s’imprégnaient de leur sueur. La chambre baignait dans l’âpre moiteur des instants suivant l’extase mais dans son dos irradiait la fraîcheur apaisante de la pierre. Serrée contre Alexandre, elle s’était appropriée le peu d’espace que son corps massif n’occupait pas. Même l’étreinte qui l’avait resserrée encore un peu plus contre son torse herculéen lui avait arraché un râle de plaisir. Alors quand il s’était décollé d’elle, elle avait retenu de justesse un gémissement poussif, se maudissant intérieurement pour l’état de faiblesse dans laquelle il la plongeait. Ses paroles avaient trouvé sens avec un temps de retard et elle s’était redressée sur un coude, les sourcils froncés. Alexandre évaluait déjà la suite des événements à venir et elle dut repousser les dernières traces de léthargie qui embrumaient encore son esprit. Citant mentalement l’ensemble des mécanismes qui en étaient responsables, elle reprenait progressivement possession des talents qui la rendaient précieuse aux yeux de Polis. Ainsi, lorsque le bras musculeux s’était possessivement enroulé autour de ses épaules et qu’il s’était retourné vers elle, elle n’avait pas cherché à se dérober. Mais lorsqu’il était venu réclamer ses lèvres, ultime tentative de conquête, elle y avait répondu d’une morsure. Sa main était venue se poser sur son torse dans l’intention de le repousser doucement mais Alexandre battait déjà en retraite. Tanguant sur le matelas qui se déchargeait de son poids, elle se redressa complètement et s’assit à son tour au bord du lit.

Occupée à chercher du regard les vêtements disséminés de part et autres du lieu de leur crime, elle s’était redressée d’un coup sous l’exclamation du soldat. Ses yeux avaient accroché le corps plié au-dessus du point d’eau, magnifique dans la tension qui retenait chacun de ses muscles et elle avait ouvert la bouche, prête à intervenir. Le coup qui amorça le jet d’eau la fit sursauter et elle se ravisa aussitôt, craignant déjà les paroles qui devaient suivre. Elle fut tentée de se lever à son tour et de le couper dans son élan car elle ne voulait rien entendre. Sa main se souleva, prête à l’interrompre mais elle se ravisa aussitôt. Alexandre était sans doute moins lâche qu’elle, concéda-t-elle tandis que les mots, terribles dans leur vérité, s’extirpaient de ses dents serrées. Tétanisée dans son appréhension, Anna cligna des yeux à deux reprises, buttant sur les paroles du Ksatriya. L’espace d’un instant, elle ne sut plus très bien où il voulait en venir. Les sujets s’imbriquaient, brouillés par ses propres émotions. Alors, avec un temps de retard, ses épaules s’affaissèrent dans un soupir qu’Alexandre dut interpréter comme un acquiescement puisqu’il poursuivit. Elle finit par secouer la tête comme pour chasser les derniers mots qui s’imprimaient dans son esprit. Alors seulement elle releva la tête et dut se faire violence pour ne pas sombrer dans la contemplation du corps offert à ses yeux. Croisant le regard héliodore, elle répéta entre ses dents les derniers mots d’Alexandre.

- Pour le reste aussi

Bien malgré elle, le murmure avait pris des accents de promesse. Elle grimaça, consciente de n’avoir jamais eu le choix. Puis elle se leva et déroula une foulée leste jusqu’à lui, pleine de grâce et sans égard pour sa nudité. Levant la main pour la poser sur son visage, elle s’arrêta à mi-parcours et chassa du bout des doigts une goutte d’eau qui avait tracé un sillon sur le pectoral imberbe. Sa main reprit ensuite son ascension et vint se déposer à l’angle de la mâchoire pour encadrer le visage d’Alexandre. Un sourire énigmatique étirait les lèvres de la jeune femme tandis qu’elle levait un regard trouble vers lui.

- Me fais-tu confiance ?

Une fois de plus, elle reprenait les mots d’Alexandre. Et si ceux-ci avaient déclenché la salve incontrôlable de leur passion, ils trouvaient une nouvelle fois tout leur sens. La Brahmane se perdit encore un instant dans l’ambre fossile de son regard et y trouva les réponses qu’aucun mots ne pourraient fournir. Dans un spasme, la commissure de ses lèvres se releva puis elle se détourna de lui, pivotant sur les talons et partant déjà à la recherche de leurs vêtements. Anna se baissa, offrant à n’en pas douter une vue incomparable de son fessier et attrapa les vêtements d’Alexandre. Elle grimaça au moment de saisir le tee shirt plein de sueur et le laissa retomber à l’endroit où elle l’avait trouvé. Elle se tournait déjà vers le soldat et lui tendait son short.

- Tu devrais changer de tee-shirt. Allez habille-toi et donne-moi cette serviette s’il te plait.



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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Dim 20 Mai - 17:00

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Une niaque d’avertissement, la main posée sur son pectoral. Le geste prenait une autre tournure et cette fois, tout était différent. Alexandre s’y était dérobé, devinant le rabrouement et refusant de l’encaisser. Quelque chose avait changé dans le regard d’Anna et qu’il réalisait à rebours, avec une latence comptée en années lumières : des attributs de l’étalon, il en possédait jusqu’aux œillères. Elle l’avait désiré, déjà, et le regard qu’elle portait sur lui en cet instant n’était pas nouveau. La différence tenait à ce qu’elle ne s’en cachait plus, lorsqu’elle le fuyait depuis si longtemps et si souvent avait cherché à l’éviter, agacée par sa loyauté, son intransigeance, sa rigidité et la surprotection qu’il lui infligeait. Tandis qu’il menait maladroitement ses opérations de calibrage, d’essai en réglages et qui, récemment s’étaient révélés peut-être plus efficaces, en tout cas plus probants. Au moins, ils communiquaient, dernièrement. Et tous les défauts pointés par ses silences, ses évitements ou ses francs coups de gueule, recelaient des contreparties qu’il s’était cru seul à subir. Dont le désir.

Sérieux dans ses propos et sans pudeur dans sa spectaculaire nudité, il esquissait un semblant de sourire, contemplant le corps rosi de l’amante, avant de ficher le rai de son regard dans le bleu cyane, étincelant. Les yeux d’Anna pétillaient, résilience de la vie qui, en toute situation, tirait son lot d’excitation pour persévérer, dompter et régner. Un principe que les sombres ne comprendraient peut-être jamais. Un élan de persévérance le reprit lorsqu’elle s’élança vers lui, l’énergisant d’une vigueur nouvelle. Il la recueillit contre lui et d’un bras leste lui barra les reins, sa large main refermée sur une fesse. Du regard il suivait le moindre de ses gestes, magnétisé à sa présence, baignant encore dans l’attachement prolongé, preuve géante de l’inanité des idéologies sociobiologistes du passé. Il inclina la tête, appuyant la caresse dans un mouvement de grand félin, fermant les yeux à demi, paresseusement, dangereusement alangui, l’ambre brillante capturant le visage de l’amante. Lorsqu’il ferait face au commandement, tenant vaillamment son jugement et sa raison au-dessus de la confusion et de l’épuisement, elle serait son carburant, et sur ses rétines brilleraient en phosphènes irradiants, leurs derniers instants.

Le visage du lieutenant s’illumina, chassant le puit gravifique plombant de ses dernières paroles, un grand sourire solaire involontaire en réponse à la réplique, accompagné d’un ris, échappé. Drôle d’effet, que de se voir renvoyé la charge de ses propres mots. Un effet d’humilité, immédiat, tout comme la confiance qu’il lui accordait en retour. Il la laissa se détacher de lui, ne résistant à lui donner l’impulsion d’une légère claque sur les arrières. Soupir profond suivi d’un crissement de barbe. Ce n’était pas aujourd’hui encore, qu’il allait se raser, et ce n’était pas maintenant, qu’il allait avoir le temps de se doucher. Il secoua la tête en la voyant s’affairer, et se repassa une main sur la figure lorsqu’en indécente posture, elle le provoquait. Et l’aimantait. Tout n’était pas complètement déboussolé chez lui. Aussi, il allait à sa rencontre lorsqu’elle venait à la sienne, et en un geste souple et fouetté, la captura au lasso de sa serviette de bain pour l’attirer, sèchement, contre lui.

« Oui Madame », répondit-il solennel, le timbre grave et l’air théâtral, exagérément dévoué et jusqu’au regard même, qu’il voulut fervent. Mais pour un instant seulement, avant de plonger vivement et lui voler un baiser, puis d’attraper son cargo d’un geste tout aussi brusque, lui laissant la serviette autour du cou, rictus de satisfaction aux commissures des lèvres, l’air goguenard.

Et ce ne fut plus qu’une succession de chuintements et de bruissement d’étoffes rigides et renforcées, passant l’uniforme dans un balais de mouvements amples et de sursauts acrobates, colosse rapide dans la manœuvre. Hormis l’état des couvertures et les croquis sur son bureau, lieux subversifs du chaos, tout était ordonné en une organisation des plus rodées. Sous le montant du lit, des racks et des tiroirs aux intérieurs matelassés de mousse poly, renfermant une panoplie du matériel qui lui était alloué, certaines pièces frappées de numéro de série, et d’autres composantes où les gravures avaient été sciemment poncées. Le kshatriya s’équipait presque au complet, comme s’il partait patrouiller : c’était un message qui n’avait rien de subliminal pour ceux qui l’attendaient. Prêt et remonté, à défaut d’être frais et dispos, l’adrénaline et la dopamine chassait les dernières endorphines en le raidissant, changeant jusqu’à sa posture et sa démarche. Lourd et menaçant, un filtre nanométrique d’aménité sur le visage qu’il ne valait mieux pas gratter et qui n’était destiné à personne en particulier.

Tel quel il se retourna vers Anna et s’approcha, ne trouvant pas de mots qui ne soient superflus. Alors il se contenta de la darder d’un rai flambant, enfermant en un engramme de Faraday ce qu’il venait de vivre à ses côtés et en ses flancs. En un déferlement éclair, superposés aux considérations présentes, les anticipations du secret et de la discrétion. Tout était supposé tant que rien n’était confirmé. Chantage, manipulation, otage, menaces. Les liens affectifs étaient un point de pression, une faiblesse. Andreï le savait lorsqu’il décidait de ne pas divulguer sa liaison. Mais il en fut quand même terrassé. La mort dans la vie, Thanatos en Eros, les faux cousins éloignés devenaient frères siamois ici-bas, dans le Métro. Il n’eut pas d’autre geste, sinon que de se tenir contre elle, une main à la hanse de son AK, une autre calée à sa ceinture tactique, le menton baissé, les yeux ombragés, projetant leur radiance sur le visage aimé, en contre bas. Si elle se hissait, il se pencherait, si elle l’enlaçait, il se laisserait enlacer. Puis en coup de vent, il sortirait.
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le Lun 21 Mai - 10:28
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Surprise par le magnétisme instinctif de leur corps, Anna ne revenait pas de la facilité avec laquelle sa propre chair répondait à la sienne. Lorsqu’il avait enroulé la serviette autour d’elle, elle avait involontairement esquissé un pas en avant et s’était aussitôt retrouvée contre lui. S’en était suivi une foule de sensations familières, échos de leur précédent ébat. Et cette attirance dont elle ne parvenait à échapper. Elle s’insurgeait contre son corps qui se dérobait car si ses pensées tâchaient de rester claires, lui, répondait trop naturellement aux sollicitations d’Alexandre. Lorsqu’elle s’était éloignée de lui dans une volte-face un instant plus tôt, elle s’était redressée d’un coup sous l’impulsion de la main sur sa fesse, lâchant à son grand damne un léger glapissement.

Et lorsqu’il l’avait capturé de son regard, dévoué jusque dans les paroles qu’articulaient les lèvres maintes fois désirées et assaillies, elle oublia comment résister à leur attraction.  Lointain lui semblait le temps où elle répondait au charme du soldat avec dédain et amusement. Désormais, il s’agissait d’une lutte acharnée contre sa propre volonté, duel qui se concluait uniquement en frustration ou confusion selon son issue. Alors lorsqu’il lui vola un baiser, véloce dans son approche, espiègle dans sa décision, elle resta pantoise. Il lui semblait découvrir un homme bien différent de celui auprès duquel elle avait grandi. Un instant, la foule de différends et de contradictions qui les avaient unis par le passé lui parut invraisemblable, sinon impossible. Mais déjà Alexandre s’éloignait, lui laissant pour tribu une serviette passablement humide tandis qu’il s’habillait, lui arrachant la vision de ce corps si attrayant qu’il en devenait troublant.

Alors seulement elle fit mouvement. Trois pas lestes et une esquive du bassin pour éviter le soldat, elle se trouvait au point d’eau et s’aspergeait le visage et les épaules. La fraîcheur de cette dernière ne parvenait pas à la revigorer totalement mais lui permit au moins de démêler la confusion de ses émotions. Elle s’épongea rapidement, grimaçant sous la sensation de saleté tenace qui ne voulait la délaisser. Puis elle avisa le t-shirt qu’elle avait savamment rejeté pendant sa chevauchée et l’enfila non sans piquer un léger fard sous la réminiscence. Les traits figés, elle lança un regard en biais au Ksatriya. Fort heureusement pour elle, il était bien trop occupé par son propre habillement pour la remarquer. Vint ensuite la découverte des morceaux d’étoffe qui furent jadis une culotte et elle réprima un grondement bas, se retenant d’assassiner du regard le fautif. Elle laissa retomber les lambeaux de tissu puis enfila son pantalon sans chercher à retenir sa contrariété. Il lui faudrait non seulement une bonne toilette mais une lessive sans tarder. Et quelques verres pour essayer d’atténuer un peu la sensation des mains d’Alexandre sur mon corps, nota-t-elle mentalement.

Mais déjà ce dernier était revêtu de son vêtement de combat et prêt à lui fausser compagnie. Elle s’était redressée tandis qu’il s’était planté devant elle, les mains affairées sur son propre équipement. Intérieurement, elle l’en remercia, fustigeant les propres élans de son corps qui regrettait qu’il n’en fût autrement. Elle avait légèrement oscillé en avant, comme à la recherche du contact qui lui semblait désormais lointain et essentiel, puis s’était reprise dans une posture figée. L’expression sévère, elle ne leva pas tout de suite son regard vers lui.

- Je partirai quelques minutes après toi.

Dans sa voix se lisait la tension, tant pour la foule de pensée qu’elle ne pouvait exprimée que pour l’appréhension des instants à venir. Il était inutile de préciser la discrétion dont elle comptait faire preuve pour sa sortie. Tous deux savaient pertinemment les conséquences de leurs décisions. Et quand bien même opteraient-ils pour le silence ou le déni, dans un milieu aussi confiné que Polis, les rumeurs les rattraperaient tous deux. Cela ne changerait pas trop de leur adolescence, pensa la chirurgienne en se souvenant des histoires qui avaient circulé à leur propos. S’ils s’en étaient insurgés, parfois amusés, Andreï les avait vaillamment repoussé et les rumeurs avaient fini par se tarir. Pour le reste, le temps avait fini de les éloigner et de taire toute histoire de liaison.

Jusqu’à maintenant du moins.

Au terme d’un spectaculaire effort contre sa volonté, Anna avait fini par relever la tête en direction du soldat. Se rehaussant sur la pointe des pieds, une main appuyée sur son épaule, elle avait déposé ses lèvres à la commissure de celles d’Alexandre. Puis ses talons avaient claqué tandis qu’elle échappait à son emprise, refusant de céder à ses propres envies.  Alors elle acquiesça doucement, ne sachant ce qu’ils pouvaient se dire qu’ils ne savaient déjà. Elle finit par se fendre d’un sourire chargé d’ironie à l’égard de ses propres pensées et décocha un dernier regard à son amant.

- Mon lieutenant, lança-t-elle en termes de paraphe après s’être mordue la lèvre inférieure.

Puis le soldat s’en fut, véloce dans sa disparition, martial dans sa révérence et la jeune femme resta un moment interdite, réalisant avec retard la disparition de la source de ses désirs. Alors un long frisson la parcourut et son corps entra enfin en mouvement, mécanique jusque dans sa démarche. Elle enfila rapidement ses chaussures puis remis un peu d’ordre dans les draps méchamment malmenés en les secouants puis en refaisant le lit. Elle avisa ensuite dans le placard une veste qu’il ne lui semblait pas avoir vu sur les épaules d’Alexandre. Cette dernière semblait un tantinet plus petite que les autres et elle s’en empara avant de l’enfiler sans cérémonie. Avec un sourire satisfait, elle rabattit la capuche sur son visage. Aussitôt assaillie par des effluves qui lui étaient désormais bien familières, trop sans doute, son sourire s’estompa légèrement. Autant pour cacher son trouble que pour amorcer son départ, elle pivota sur les talons, observant la pièce une dernière fois à la recherche de quelque chose qu’elle aurait pu oublier. Ses yeux tombèrent successivement sur le bureau pour sur les vestiges de sa culotte. De l’éclat dans son regard jusqu’au sourire qui étira ses lèvres, personne n’aurait pu dire quel coup elle venait de fomenter.

S’appuyant sur le bureau, elle observa un instant les croquis qui en recouvraient la surface et en imprima les moindres détails dans sa mémoire. Si elle ne savait en quoi ils pouvaient leur être utile dans l’instant, elle avait la conviction qu’elle pourrait s’en servir plus tard. Elle jeta ensuite un coup d’œil aux schémas tapissés sur les murs et fit de même avant de reporter son attention sur le bureau. Elle y dénicha un crayon ainsi qu’une feuille vierge. Un sourire malicieux dansait sur ses lèvres tandis qu’elle griffonnait un mot. Un claquement satisfait de langue plus tard, elle reposa le crayon et emportait la note avant de la déposer sur le lit. Ce dernier était accompagné de ce qu’il restait du sous-vêtement qu’Alexandre avait déchiré dans son emportement. Elle fit un dernier tour de la pièce du regard puis s’estima satisfaite et entama son départ non sans avoir jeté un coup d’œil de part et d’autre du couloir extérieur, miraculeusement désert, puis elle sortit et claqua la porte derrière elle. Le regard vissé devant elle, dissimulé dans l’ombre de sa capuche, elle enfonça les mains dans les poches de sa veste et s’éloigna d’un pas mesuré.

Anya a écrit:
Al,
Je garde en gage une de tes vestes en attendant que tu m’offres une nouvelle culotte.
A.





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