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Chasseuse de primes
le Dim 29 Avr - 1:17

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Age :: 15 ans
Patronyme :: Vilorvna
Surnom :: Stya
La fatigue, les muscles douloureux, le sang séché. Elle voyait. Même dans ce noir total, elle voyait, ses yeux devenus presque entièrement noirs. Une main contre le béton du tunnel, l'autre pressée contre sa hanche, elle avançait lentement. Le sang coulait de sa plaie rouverte à la hanche et du tire dans son épaule. Il glissait entre ses doigts, dévalait sa jambe, cascadait sur son dos. Une traînée écarlate qui attirerait bientôt toutes les horreurs du métro. Il y aurait bien une bestiole pour faire d'elle son dîner attitré ?

L'adolescente était à bout. Elle était tombée un nombre incalculable de fois. Par la fatigue ou l'émotion. Ses genoux avaient tournées bleus, ils étaient brisés, ses mains écorchés.  Son cerveau trop assaillit de questions pour commander à son corps. La machine à tuer qu'elle avait commencé à devenir se désagrégeait, tombait en ruine. Était-ce parce qu'elle avait laissé Sergueï ? Encore ? S'appuyant contre la parois du tunnel, l'albinos se retourna un instant, fixant les ténèbres du métro. Comme si tout au bout de ce boyau, elle voyait encore Prospect Mira, la chasseuse entendais encore Serg l'appeler...
Elle ne savait plus ce qu'elle voulait et ce qu'elle ne voulait. Ustinya ne voulait pas que s’efface son enfance. Le future avec Sergueï lui faisait peur, elle tenait trop au passé. Peu importante qu'elle soit plus heureuse adolescente qu'enfant, elle ne voulait pas sauter à pied joint dans l'inconnu. Le petit bassin lui plaisait bien, elle y avait pied, l'eau y était chaude. Pourquoi aller quelque part où elle aurait froid et pourrait se noyer ?

Finalement, elle aimait plus le souvenir de la rasée que la femme en elle même. Elle s'attachait plus à une zone de son cerveau conservant précieusement ses souvenirs qu'à sa sœur. L'adolescente retrouvait cette violence en elle, cette envie de pleurer, de crier, de mourir. Ce mal-être, ce jamais-à-sa-place. Elle se trouvait à nouveau idiote, folle, la solution à tous ça lui échapper.

Ustinya retourna au milieu du tunnel, reprenant sa marche en zigzague, s'effondrant de seconde en seconde. Enfin ses jambes la laissèrent, ce fut presque un soulagement. L'albinos se brisa au sol, sa tête cognant contre une rail. Le métal froid sur la peau meurtrier atténué la douleur d'un souffle. Elle ferma les yeux, s’éteignant lentement.

Il lui semblait entendre un bourdonnement infime, des voix peut-être...Mais c'était lointain, trop lointain...




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le Mar 1 Mai - 16:00
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Age :: 24 ans
Patronyme :: Gadzhievna
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D’un mouvement d’épaule, elle voulut rajuster la sangle de son arme mais le poids de son sac l’en empêcha, la déséquilibrant légèrement. Nina ne s’était certainement pas attendue à revenir de la surface avec un tel chargement. Ils avaient eu de la veine, ne tombant que sur quelques mutants esseulés, relativement peu dangereux en comparaison du reste de la population en surface. Seul un membre de l’équipe avait pris par surprise et blessé, touché au niveau de l’épaule gauche. La plaie était relativement profonde et remontait jusqu’à la base du cou mais, par chance, ils avaient réussi à endiguer l’hémorragie. Seul les muscles de l’épaule avaient été touchés, rendant le soldat inopérant pour le reste de la mission. Les Stalkers s’étaient répartis son chargement puis avaient repris leur progression, maussades à l’idée de redescendre avec un blessé et aucune trouvaille de valeur. Et c’était là que leur chance avait tourné, tombant sur un immeuble d’apparence vide. Ils y avaient trouvé une infirmerie recelant toute une panoplie de matériel médical. S’il était destiné essentiellement aux premiers soins, il offrait une véritable aubaine pour la Ligne Rouge. Nina en avait profité pour consolider les bandages de son confrère blesse puis elle avait rempli son sac de tout le matériel qu’elle pouvait transporter. Elle avait même glissé une paire de bouquins dont le titre ne lui parlait absolument pas. Elle trouverait bien quelqu’un à qui les vendre, avait-elle pensé avant de refermer son sac puis d’ajuster les bretelles sur ses épaules afin d’en répartir le poids.

Moins d’un bloc plus loin se trouvait l’accès le plus proche aux souterrains. Il ne s’agissait pas d’une station du métro mais d’un accès via un parking souterrain. Le chef actuel du trinôme l’avait découvert lors de sa précédente sortie en surface. D’un accord tacite, les Stalkers de la Ligne Rouge au courant de la découverte avaient décidé de la garder pour eux car l’accès déboulait presque directement sur Prospect Mira. Une véritable aubaine. Plus encore si les Commissaires l’apprenaient, avait songé la jeune femme alors qu’elle passait à travers le pan de mur écroulé qui donnait sur le tunnel. La décision ne lui appartenait pas cependant, Nikolaï était l’auteur de la découverte et le chef de ce trinôme, c’était à lui de choisir comment il en userait. C’était du moins les arguments auxquels elle s’accrochait.

A peine étaient-ils redescendus de la surface que les Stalkers s’étaient séparés. Ils avaient discuté rapidement puis les deux autres soldats étaient partis en direction de la plateforme commerçante. En plus d’offrir un commerce libre d’accès au sein de la Hanse, Prospect Mira était la station la plus proche et la plus à même d’offrir de véritables soins au Stalker blessé. Nikolaï avait décidé de l’accompagner, laissant Nina rejoindre la station communiste la plus proche. Pressée de remettre son paquetage et de répandre la nouvelle de leur trouvaille, cette dernière y avait également vu l’occasion de rejoindre la dernière station où on avait entendu parler de son oncle. Progressant aussi rapidement que son chargement le lui permettait, Nina ne perdait rien de sa méfiance habituelle. Le doigt le long du fût de son arme, tout près de la détente, elle n’oubliait pas de sonder les ténèbres qui s’étendaient devant elle et qui échappaient au rayon faiblard de sa lampe. Quelle ne fut donc pas sa surprise de voir se dessiner une silhouette humanoïde sous le faisceau de sa lampe au moment même où elle rejoignait le tunnel principal. Dressant aussi son canon, elle estima automatiquement la distance qui la séparait de l’inconnu. Ce dernier ne se déplaçait pas réellement, à moitié voûté, il s’appuyait contre la paroi la plus proche. Un rapide jeu de lumière de sa part lui confirma que l’inconnu n’était pas Stalker. Fronçant les sourcils, la jeune femme fit un pas de plus tout en gardant en visée la silhouette penchée vers l’avant.

- Qui va là ? lança-t-elle d’une voix rauque, légèrement éraillée par l’exercice du silence.
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Chasseuse de primes
le Mer 2 Mai - 10:47

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Age :: 15 ans
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L'albinos gémit en sentant sur ses yeux la lumières d'une lampe de poche. Elle se recroquevilla contre la parois, cherchant d'une main sur elle la moindre arme, protégeant ses yeux de l'autre.. Ne trouvant que son poing américain. L'adolescente le glissa à ses doigts, comme une alliance, refermant sa poigne dessus. La voix était féminine, même si roque et imperceptiblement menaçante. Ustinya ferma les yeux, réfléchit aussi vite que son esprit embourbé la laissa faire. Elle était entre Prospect Mira et Chistye Prudy, dans ce sens là, la femme était forcement passé par la Ligne communiste. Les chances qu'elle soit elle-même rouge étaient élevés, faisant se crisper la mâchoire de la chausseuse, crisser ses dents.

« -Je te retourne la question... »

Gronda elle, s'écrasant contre le sol. Comme un chat, prête à sauter et lui griffer le visage, lui crever un œil. En cas d'affrontement, elle devait supprimer sa source de lumière. Sinon elle ne prendrait pas le dessus. Pas dans son état et seulement armée d'un poing américain contre une arme à feu. Pas alors que son sang dégoulinait dans son dos. L'adolescente était prise au piège. Dans son dos, la Hanse et Serg, fasse à elle l'inconnue et la Ligne rouge. Elle n'avait aucune idée de la façon de sortir de ce tunnel, mais elle avait plus de chance en passant par Chistye Prudy . Retourner à la Hanse signifiait faire face à Serg, ou pire, Isaac. Ni l'un ni l'autre ne lui pardonnerai. Les chances qu'elle meurt sous les coups d'un pied de biche venaient de doubler . Elle devait ensuite continuer  jusqu'à Kitaï-Gorod, et là elle pourrait se pauser et réfléchir.

La chasseuse ferma un instant les yeux, se redressant lentement, les mains loin du corps, faisant attention de garder sa main hors du faisceau de la lampe.

« -Baisses cette lampe. »

Fouetta sa voix, oubliant ce réflexe pavlovien qu'était pour elle le respect envers un aîné. L'albinos tourna la tête vers la droite, fuyant la brûlure de la lampe de poche. Elle était dans la merde, et pas qu'un peu, alors tout ou rien, elle s'en foutait.

« -Valeriya Azarova... »

Marmonna elle, cherchant dans sa mémoire pour se composer une identité. Kabakova avait, même si infime, une chance d'évoquer quelque chose à la femme. Son père avait été du coté de la Hanse dans la guerre qui l'avait opposé à la ligne communiste. Et même après tout cela, il avait gardé dans son travail un goût pour la traque des communistes. Le résultat lui avait coûté une main. Elle n'allait pas tout foirer comme lui. La haine s'était transmise entre eux, pas pour les même raisons, mais la sienne ne lui coûterait pas une main.




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le Jeu 3 Mai - 9:24
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Nina n’aimait pas le ton de l’étrangère. Quand elle l’avait vue se recroqueviller au sol, un long frisson était remonté le long de son échine. Un sentiment instinctif de méfiance vrillait son esprit. Sa main s’était crispée dans un spasme sur le fut de son arme. Le métal s’était réchauffé au contact de sa peau, sensation apaisante en de telles circonstances. Les yeux plissés, la stalkeuse observa plus en détail la jeune femme qui lui faisait face. Elle n’avait pas descendu d’un pouce le rayon de sa lampe. La dénommée Valeriya lui apparut alors d’une jeunesse presque enfantine. Mais peut-être était-elle seulement influencée par la silhouette chétive et recroquevillée sous ses yeux ? Un détail ne pouvait échapper cependant à la jeune femme : la pâleur maladive qui caractérisait la silhouette. Ce n’était pas seulement question d’une peau un peu claire ou d’yeux sans teinte à l’instar des survivants du métro. Non cette jeune femme-là rentrait dans une catégorie bien différente. Instinctivement, Nina avait grimacé. Elle n’avait rencontré un albinos qu’à une seule reprise et se souvenait des difficultés qu’il rencontrait au quotidien. Une vie que l’on ne souhaiterait à personne. Nina avança la main sur le fût de son arme et détacha la lampe qui s’y trouvait, abaissant le faisceau de celle-ci de quelques pouces afin de soulager la vision de l’albinos. Le canon de son arme restait toujours pointé sur Valeriya.

- J’veux voir tes deux mains.

Elle avait accompagné ses paroles d’un léger mouvement de la lampe. La main qui tenait cette dernière restait toujours en contact avec le corps de son arme, prête à la stabiliser si elle ouvrait le feu. Nina s’était avancée d’un pas, toujours sur le qui-vive. Elle n’aimait pas vraiment ne pas pouvoir distinguer nettement le visage de son interlocutrice. Ses yeux fouillaient l’obscurité à la recherche des siens, ne perdant pourtant dans l’exercice aucun de ses mouvements. Qu’elle tente quelque chose et Nina ouvrait le feu sans sommation. La préservation ne tolérait aucune autre considération.

- Moi c’est Nina Gadzhievna Platonova, finit-elle par rajouter.

Instinctivement elle avait baissé le ton. Elle avait l’impression d’avoir avalé du sable tant sa voix lui parvenait éraillée. Son nom était suffisamment connu le long de la la Ligne Rouge à une potentielle consœur. Le cas échéant, elle aurait une raison supplémentaire de se méfier. Clignements d’yeux puis elle continuait son analyse de la jeune femme plaquée au sol. Le sang qui la maculait semblait être le sien, majoritairement du moins. Nina sentit son pouls s’accélérer. Si elle n’avait aucun scrupule à éliminer un inconnu qui pouvait se révéler une menace, il en allait autrement d’un blessé. Elle ne pouvait décemment pas chercher à la neutraliser, encore moins passer son chemin. C’était autant une question d’honneur que d’intégrité. Du bout des doigts, elle régla le faisceau de sa lampe pour qu’il fut plus large et moins intense puis elle l’abaissa encore d’un pouce.

- T’es blessée ?
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le Sam 19 Mai - 15:13

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La femme face à elle ne bougea d’abord pas, semblant la détailler. La lumière qui l'aveuglait s'abaissa finalement, de quelques centimètres. Elle rouvrit lentement ses yeux, dévoilant toute la rondeur de sa pupille noir, toute son immensité, anormale sous le faisceau de cette lampe. Dans un coin de sa tête, une petite voix lui souffla que si la femme l'avait écouté, un dialogue était possible. Les armes ne seraient pas nécessaire, c'était une souffrance en moins. Son dos la brûlait, l'albinos ne comprenait pas ce qui la faisait tenir. La même force qui lui avait permit de rejoindre l'obscurité du métro en un temps record ?Peut-être. Mais cette énergie, elle en userait et en abuserait, l'utilisant jusqu'à sa mort, retardant grâce à elle ce moment. L'adolescente était désespéré, et prête à saisir la moindre main maintenant. Même une rouge. Elle n'avait pas d'autre choix. Elle traverserait la ligne communiste en courant d'air, mais elle devait y passer.

« -Ok... »

Dit elle doucement, essayant d'apaiser l'électricité qui crépitait entre elles. Elle avança ses deux mains au centre du faisceau, plissant les yeux quand la lumière frappa le métal de son poingt américain. Ustinya n’esquissa aucun geste pour l'enlever ou le dissimuler, ne prononça aucune parole d'explication. Il n'y avait rien, à dire, les choses étaient simple : Elle c'était préparer à un adversaire plus virulent que celui face à elle, dont elle  ne distinguait rien. Seulement une silhouette lourde, celle d'une stalker sûrement...

Platonova....Platonova... Elle chercha dans les tréfonds de l'organe étrange qu'était son cerveau ce nom. Rien. A si. Vaguement, le nom de quelqu'un à la LR... Un nom entendu comme ça, quand elle passait près du territoire  des rouges...
L'albinos gardait ses distances avec les bolchevikes, même pour le travail. A chaque fois, elle s'infligeait des détours qui la retard dans son travail, pour ne pas avoir à s'approcher d'eux. Lui en coûtait des nuits blanches, l'obligation à une marche forcé pour rattraper sa cible, ou l'atteindre dans les délais de sa mission. Alors leur monde, leurs idôles étaient pour elle de grands inconnus, d'immenses X.

« - Je suppose qu'un « enchantée » est hors-contexte ? »

Souffla la chasseuse. Nina affaiblit à nouveaux la puissance de sa lampe, finissant de convaincre Ustinya qu'un ton acerbe ne servirait à rien. Elle ferma un instant les yeux, se concentrant sur la douleur dans son dos, déchirante. La maintenir en sourdine était possible. Se focaliser dessus pour avoir une idée du nombre de balle qui s'était logées dans sa chaire la poussé au bord de la folie. Elle poussa un gémissement de créature blessé, serrant les points jusqu'à sentir une crampe se diffuser dans un doigt, elle ne savait plus le quel.

« - Trois balles....Dans...Le dos.... Et l'épaule... »

Avoir laissé à la douleur l’accès jusqu'à sa tête était la pire des idées. Les bras invisibles qui semblait la tenir jusque là l'abandonnèrent. Elle tomba à genoux, ravalant un cris de douleur. Son étreinte se referma autour de ses épaules, tirant la peau de sa colonne vertébrale, lui infligeant une souffrance de trop. Ses ongles de logèrent dans ses bras, comme des griffes. Elle avait envie de crier, évacuer la douleur par tout les moyens. Une peur qui n'était pas à elle, celle de la souffrance, la prenait en ventre. Tout son corps tremblait, comme si elle se tenait à l'article de la mort.
Trois balles dans son corps. Comment avait-elle pu tenir jusque là ?




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le Lun 21 Mai - 14:55
Stalker

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Un tressautement avait relevé le coin de ses lèvres en un simulacre de sourire. Nina n’était clairement pas d’humeur à accueillir les boutades de l’inconnue. Elle revenait d’une mission en surface, miraculeusement indemne, chargée d’un tas de radiations et de trouvailles médicales en prime. Pour l’heure, elle était surtout pressée d’en terminer avec la rencontre inopinée et de rejoindre rapidement sa faction d’origine. La révélation de la dénommée Valeriya réduisit cependant à néant ses intentions. La jeune stalker n’avait pu retenir un hoquet de surprise et avait esquissé un mouvement vers l’avant lorsqu’elle avait vu l’adolescente s’effondrer. Trop loin d’elle et encombrée de son armement, elle ne put la rattraper mais vint rapidement à ses côtés en faisant coulisser la sangle de son fusil pour se libérer les mains. « Merde » avait-elle lâché sous le coup de la stupeur avant de s’agenouiller auprès d’elle. A la lumière vacillante de sa torche, elle pouvait voir le sang qui maculait ses habits ainsi que les points d’entrée des ogives. « Petit calibre » avait-elle conclu mentalement. L’adolescente n’aurait pu survivre aussi longtemps sinon. Ne perdant pas de temps, elle encadrait les épaules de l’inconnue de ses mains et l’aidait à s’asseoir.

- Assieds-toi s’il te plait.

Dès que son équilibre fut assuré, elle fit glisser la sangle de son fusil sur une épaule et se défaussa de son sac à dos qui vint glisser à ses côtés. Intérieurement, les process cérébraux se succédaient, disputant la conscience à l’instinct de survie. Au terme d’un grognement, elle rejeta ses dernières réticences et se décida à utiliser une partie de ses trouvailles sur Valeriya. Timidement, elle tâtonna autour des plaies puis du côté de la poitrine de l’adolescente.

- Pour vérifier que les balles sont toujours logées et qu'elles sont pas ressorties, avait-elle grogné en guise d’excuse.

Puis avec un savoir-faire qui ne trahissait aucune hésitation, elle s’affaira à bricoler un bandage pour contenir les saignements puis sacrifia une dose de morphine de son paquetage. Avec difficulté, elle tenta de se resituer dans le temps afin de se souvenir de l’heure approximative de l’administration de narcotique. Les médecins de la Ligne Rouge rouspéteraient sans doute sous son manque de précision mais elle ne pouvait faire mieux. Passant ensuite son bras autour des épaules de la jeune femme, elle l’aida à se relever.

- Dans ton malheur t’as doublement de la chance ma vieille, Chistye Prudy est à deux pas et je reviens de la surface avec du matériel médical.

La jeune femme souffla, repoussant la douleur et la fatigue qui l’assaillaient depuis son retour dans les souterrains. L’urgence aiguillonnait ses sens et lui donnerait la force de continuer jusqu’à la station communiste la plus proche. D’ici à ce qu’elle puisse confier l’adolescente aux services médicaux, il lui faudrait tenir et vérifier que cette dernière ne trépasse pas entre ses mains.

- J’t’ai injecté de la morphine, poursuivit-elle en stabilisant au maximum son souffle sous l’effort, t’as vraiment de la chance que j’en ai trouvé car ça devient sacrément rare ici.

Et encore plus de chance que Gadzhi m’ait appris comment s’en servir, ajouta-t-elle mentalement non sans un pincement au cœur pour son oncle toujours disparu.

- Ca devrait donc calmer ta douleur mais faut absolument que tu restes consciente jusqu’à ce qu’on arrive alors t’as pour devoir de faire la conversation, okay ?
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le Dim 3 Juin - 16:08

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L'albinos entendis la femme s'agenouiller prés d'elle à travers le vacarme de son propre cœur. C'était tous ce qu'elle pouvait faire. Écouter sa voix, se concentrer dessus pour ne pas finir par hurler comme la dernière des cinglés, ne pas finir par l'attraper à la gorge et lui crier « Dégage sale garce ! ». Ustynia respirait lourdement, tentant de canalisait sa colère, ses nerfs qui flambaient sous la douleur, la peur. Elle redevenait une petite fille capricieuse, qui si elle l'avait connu aurait pu demander sa mère.

Platonova l'aida à s'asseoir, palpant ses blessures, marmonnant quelque chose. La chasseuse n'avait rien compris. Elle s'en foutait, du moment qu'on arrête ce qui dévorait son dos et la détruisait ! Une sorte d'aboiement lui échappa quand elle sentie une douleur s'ajouter à celle des balles. Comme une piqûre. L'adolescente secoua la tête, recouvrant son visage de mèches blanches pour cacher son visage aux bords des l'armes. Elle qui s'était crue forte... Elle pleurait pour trois balles. Sergueï en supportait bien pir...
Elle chercha autre chose pour occuper, détournant le sujet de sa sœur. Ne pas y penser. Ustynia n'avait pas la force de se dire qu'elle l'avait encore abandonné, qu'elle avait au dernier moment eu la peur de sa vie. L'albinos serra les dents. Merdé, encore une fois. Raté. Peut-être que son père n'était pas tant dans l'erreur, toutes ses fois où il l'avait regardé avec mépris. Elle s'était réfugié dans l'illusion que lui offrait Sergueï, s'accrochant comme un parasite à l'affection que lui portait la siffleuse. Si la tatoué l'aimait, alors elle ne devait pas être si imparfaite...

Ustynia poussa sur ses jambes, s'appuyant sur la femme pour suivre un mouvement qu'elle ne comprenait pas, se retrouvant finalement debout. Tout son cerveau était occupé à décoder les mots de Platonova, recollant lentement les morceaux avec des secondes des retards.

« -Ok..... T'es.... Stalkeuse ? »

Gronda elle d'une voix éteinte, le regard tourné vers la rousse, détaillant ce qu'elle voyait de sa combi.




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le Jeu 14 Juin - 10:26
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Elle ne pesait pas bien lourd. La jeune fille était plutôt chétive et semblait relativement maigrichonne à en juger par la main qui s’enfonçait dans les côtes lorsqu’elle cherchait une prise pour la soulever. Les yeux braqués au-delà du faisceau de la lampe torche qu’elle tenait de sa main libre, Nina s’accrochait aux paroles bredouillées par cette dernière. Elle laissa filer deux pas avant de chercher à répondre, grimaçant sous l’effort. Valeriya ne pesait pas bien lourd mais la stalkeuse accusait la fatigue de l’expédition en surface et du chargement qu’elle en ramenait. La station la plus proche n’était plus qu’à une centaine de mètres tout au plus. Nina s’accrochait à cette certitude et la répétait mentalement à la manière d’un mantra, puisant dans ses ressources pour continuer leur progression.

- Ouais, croassa-t-elle le souffle un peu court puis se remémorant ses propres instructions continua d’une voix un peu plus stable, depuis peu en fait…j’étais colportrice avant.

La jeune femme se racla la gorge puis marqua un temps d’arrêt afin de réajuster sa prise autour de la blessée. D’un coup d’épaule, elle avait repoussé le canon de son fusil qui la gênait. Le faisceau de la lampe torche avait vacillé, créant des ombres nouvelles et distordues sur les parois du tunnel. Les yeux plissés, l’air tendu, Nina cherchait à retrouver le contrôle de son souffle. Puis elle reprit sa progression d’un pas plus lent et mesuré, autant pour s’économiser que pour mieux analyser son environnement. Elles étaient toutes proches de la station communiste, elles auraient dû commencer à en percevoir des échos. Vieille habitude ancrée dans ses mécanismes neuronaux, la jeune femme anticipait déjà les pires scénarii. Et à mesure qu’elle sentait croitre ses craintes, il lui semblait entrevoir du mouvement tapis dans les zones d’ombre.

- Tu divagues ma vieille, marmonna-t-elle pour elle-même, exorcisant par la même ses inquiétudes.

A l’adresse de la jeune fille qui semblait perdre progressivement conscience à mesure qu’elle devenait plus lourde dans les bras de la stalkeuse, elle reprit d’une voix plus forte :

- Tu venais de Prospekt Mira ? Qu’est-ce que tu y faisais ?

Les yeux plissés, il lui semblait avoir aperçu un éclat de lumière au loin. Malgré l’acouphène qui menaçait d’emporter les derniers vestiges de sa détermination, il semblait percevoir des bruits. La station était toute proche. Le cœur battant et la respiration douloureuse, Nina donna un coup d’épaule sans trop d’égard pour son fardeau à demi-conscient et accéléra l’allure. Réalisant alors par le silence de la jeune femme que celle-ci ne voudrait certainement pas répondre à ses questions même si elle en avait les moyens, elle corrigea le tir en grommelant.

- Tu fais quoi dans la vie en fait ? Tu viens de quelle station ?

Nina n’eut cependant pas le temps d’entendre la réponse de la jeune fille. Confirmant ses soupçons, elle reconnut une silhouette au loin et actionna aussitôt l’interrupteur de sa lampe torche pour lancer un signal de détresse. Dans le même temps, elle hélait d’une voix rauque les silhouettes qui se découpaient dans le faisceau de sa lampe. Ces dernières semblaient lui crier quelque chose mais elle ne pouvait en saisir le sens tant le bourdonnement dans ses oreilles était omniprésent. Peinant à respirer convenablement, Nina souffrait désormais d’une migraine carabinée. Pourtant, oubliant toutes les douleurs qui aiguillaient son corps et entravaient sa progression, la jeune femme accéléra l’allure. Elles étaient arrivées.



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le Sam 16 Juin - 13:01

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L'albinos retrouva un semblant de conscience à la réponse de Nina. Une stalkeur. Ce n'était pas tant l'aura de légende qui entourait ceux qui montaient à la surface qui l'avait atteinte, comme n'importe quel enfant du métro. Eux verraient ce qu'elle ne connaîtrait jamais : La lumière du jour. Ils étaient les seuls témoins du époque passaient, alors qu'elle, en était l'évolution, l'héritage. Ustynia reposa un regard nouveau sur la rousse, la voyant comme quelqu'un d'autre. Une femme irradiée jusqu'à l'os, qui pour elle ne savait quelle raison sacrifié sa vie au confort des larves du métro. Elle observa son visage aux traits tirés, écouta sa voix déformée par l'effort, perçu plus nettement la prise autour de ses cotes. La chasseuse était partagée entre se laisser peser contre l'épaule de cette femme bien plus forte qu'elle, ou lui épargner une charge supplémentaire.D'un coup, la stalkeur lui semblait bien capable de supporter un poids aussi insignifiant que le sien....
Non. Arrêtes espèce de dingue. Ca te fait marrer de toujours retourner dans tes travers ? T'es malade ma pauvre, complètement. Papa te l'avait dit.

Ustynia loupa les première questions de Platonova, la regardant de ses grand yeux à la pupille dilatée.  Elle était incapable de répéter ce qu'avait dit la femme. La dernière syllabes lui était parvenus comme un rappelle à la réalité, mais pendant un instant, elle n'avait entendu que cette voix. L'adolescente baissa les yeux, fixant les railles au sol. Elles lui semblaient de plus en plus floues...De plus en plus sombres....

L'albinos secoua la tête, grognant en sentant le sang battre à ses tempes. Elle comprit douloureusement la question de Nina, se rappelant sa consigne. « Faut absolument que tu restes consciente jusqu’à ce qu’on arrive alors t’as pour devoir de faire la conversation » . Elle inspira, laissant l'air lui brûler les poumons, déchirer chaque millimètre de peau dans son torse. Que dire, que répondre ? Elle aviserait plus tard, pour l'instant il lui fallait une réponse de substitution, un échappatoire.

« -Je... Sais plus... J’accompagnai mon père.... Il est marchand....Je crois... »

Marmonna elle, jouant à peine la comédie. L'adolescente avait lancé à la volée quelques informations, elle se débrouillerait avec plus tard. Quand son cerveau pourrait enfin normalement marchait, qu'elle n'aurait plus cette impression de flammes somnolantes dans le dos. Et peut-être quand elle serrait clairement si les intentions de sa sauveuse était pacifique ou pas.
Dès qu'elles furent assez proche, la chasseuse se laissa tomber dans les bras des silhouettes s'approchant, libérant Nina de son poids. Elle sentie qu'on la rattraper en catastrophe, les traverses lui rappèrent les genoux, le feu dans son dos reprit pendant une seconde. Ustynia tourna à peine la tête vers la stalkeur. Dormir, elle voulait dormir. La fatigue prenait chacun de ses muscles, et même en sachant que c'était un Rouge qui la tenait, elle était prête à sombrer.

«- Merci.... J'peux m'évanouir ? »

Murmura elle, la voix sèche et faible, mais presque douce. La morphine c'était complètement répandu dans ses muscles, elle planait totalement. Plus de douleur, elle se sentait à la fois incapable de réfléchir, et complètement au dessus de tout. Sa respiration se calmait doucement, elle diminuait, sa poitrine se soulevait lentement... Ustynia avait l'impression que ses cotes l'empêchait d'utiliser toute sa capacité respiratoire...




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le Lun 18 Juin - 14:37
Stalker

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Age :: 24 ans
Patronyme :: Gadzhievna
Surnom :: Ninochka
Raclement d’acier sur les rails, frottement de l’étoffe contre son épaule et le corps glissait pour être accueilli par une nouvelle paire de bras. Nina avait cligné des yeux à trois reprises et les silhouettes étaient sur elles, prête à la décharger de son fardeau. Elle jeta un coup d’œil affolé au corps inerte qui venait de lui être retiré puis aux hommes venus la soutenir. Certains la reconnurent et l’accueillirent de mots d’encouragement, d’autres l’ignorèrent et se concentrèrent sur la blessée qu’elle leur apportait. Quelques mots furent échangés, la jeune femme retraça rapidement la situation. Elle glissa quelques mots sur l’expédition et ses partenaires puis sur la jeune fille qu’elle avait trouvée blessée. Elle ignorait son identité, connaissait simplement son prénom mais pour l’heure d’autres sujets importaient. Nina renifla bruyamment en rabrouant la paire de mains qui lui proposait de la décharger de son sac et de son précieux chargement.

- J’ai un rapport à faire et une livraison à effectuer, fit-elle d’une voix rauque.

Avec l’arrivée des secours la fatigue s’était partiellement volatilisée. Qu’il s’agisse d’un regain d’adrénaline ou d’une condition physique hors-norme, la jeune femme avait déjà retrouvé son souffle et se redressait fièrement prête à affronter les étapes suivantes. Elle darda un regard affûté sur les hommes qui l’encadraient. Elle connaissait chacun d’eux et refusait de montrer la moindre faiblesse. En compagnie de ses pairs, Nina rendossait l’aura chimérique qui entourait la plus jeune recrue stalker de la Ligne Rouge. Sans montrer sa réticence, la jeune femme leur donna une poignée de consignes au sujet de la blessée puis elle s’approcha d’elle et l’observa les yeux plissés, l’air indéchiffrable. A la saillie qu’elle lança, elle répondit d’un sourire laconique.

- T’as encore assez de réserve pour l’humour, tu devrais t’en sortir.

Sans attendre qu’elle soit emmenée au centre de soin de la station, elle tourna les talons et prit la direction du poste d’avant-garde afin d’y remettre son rapport. Avec un pincement au cœur, elle eut une dernière pensée pour Valeriya et formula une prière à son attention. Elle était jeune, chétive et son état précaire, Nina ignorait si elle s’en sortirait. Désormais son sort était entre les mains des médecins de la Ligne Rouge.

*
**

Peut-être s’était-elle sentie désœuvrée ou avait-elle ressenti une pointe de remord à l’égard de la jeune albinos. Nina avait repoussé le rideau qui formait l’alcôve dans laquelle on l’avait allongée puis elle était restée sans bouger à observer le visage assoupi. Elle était bien plus jeune qu’elle ne l’avait pensée et paraissait plus chétive encore. Elle était restée un moment ainsi puis avait laissé retomber le lourd rideau et s’était éloignée sans un mot. Elle fut hantée un instant par la vision de la jeune fille auquel on avait retiré un deux balles de calibre 9mm. La dernière s’était fragmentée en plusieurs éclats dont les chirurgiens avaient peiné à retirer. Son état était stable, avaient-ils dits, il ne restait donc plus qu’à compter sur les ressources de la jeune fille pour récupérer. Il n’y avait rien d’autre à faire. Nina s’agrippa à cette certitude et rangea le sujet dans un coin de son esprit, déjà la disparition de son oncle reprenait le relais et occupait la plupart de ses pensées. Elle avait donc consacré une grande partie de son temps libre à mener aussi discrètement que possible son enquête mais les rumeurs circulaient déjà au sein de la Ligne Rouge. L’étoile montante avait perdu son unique famille, murmurait-elle le long des stations communistes. Nina serrait les dents chaque fois qu’elle percevait l’écho des rumeurs et ne montrait rien de son désarroi. Elle ne cillait pas, fermement ancrée dans ses certitudes, se refusant d’espérer ou de baisser les bras.

- Elle a reprit connaissance, avait murmuré l’infirmier lorsqu’il l’avait croisé dans le couloir.

La jeune femme avait hoché la tête et murmuré un vague remerciement avant de reprendre son chemin. En attendant le retour de ses partenaires stalkers, elle n’avait cessé de visiter ponctuellement le chevet de Valeriya. Cette dernière récupérait, les yeux clos et la respiration régulière. Son sommeil avait été agité par moment de spasmes mais elle n’avait montré aucun signe de reprise de conscience depuis son opération en urgence. Refusant de laisser l’espoir ou le soulagement la gagner, la jeune femme s’était faite violence pour ne pas forcer l’allure et elle prit le temps de deux respirations avant de soulever le rideau. Rehaussée sur son lit, Valeriya regardait fixement devant elle. A son chevet était posé un plateau à demi consommé. Nina s’avança en laissant retomber le lourd rideau derrière elle et se planta au pied du lit, en plein dans le champ de vision de la jeune fille.

- T’encaisses plutôt bien pour une crevette, lança-t-elle en guise d’introduction avec un sourire narquois, bon retour parmi les vivants, Valeriya.

Les pouces verrouillés dans les passants de sa ceinture tactique, elle ponctua sa déclaration d’un hochement de tête.



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Chasseuse de primes
le Sam 30 Juin - 10:37

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Age :: 15 ans
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La chasseuse ferma les yeux, arrêtant de s'infliger la douleur de la lumière. Elle voulait dormir plus que tout. Le froid la saisissait, le poids de son corps devenait titanesque, et toujours cette impression de ne plus pouvoir respirer. En entendant la voix râpeuse de la femme puis le grincement de ses semelles sur le bitume du métro, Ustynia comprit qu'elle pouvait enfin sombrer, que le pays des merveilles était pour elle. D'un souffle elle expulsa tout l'air de ses poumons, se sentant lentement partir à la dérive.



Ses doigts passés et repassés sur la toile épaisse du cousin où reposé sa tête. Ils caressaient le tissu, le grattaient de leur ongles comme ils l'auraient fait pour un petit animal, ou pour S....
Usrtynia crispa le poing,ses traits de déformèrent sous la pire des douleurs. Celle qu'on s'inflige soi-même. Elle ramena à elle ses genoux noueux et squelettiques. Chaque mouvement de son dos lui donnait envie de crier et feuler comme un chat, de se tordre pour arraché les bandages entourant son dos et son torse. Elle se maîtrisait en expirant de toute ses force l'air de ses poumons, lèvres entre-ouvertes sur une respiration sifflante.
A sa place, elle savait que S....

« -Putain ! »

Elle se redressa d'une impulsion violemment donnée contre le matelas. Immédiatement le monde tourna. L'adolescente sentît le sang battre à ses tempes, un étau prendre son crâne. Un haut le cœur l'ébranla, lui faisant jeter une main devant sa bouche. Elle sentait la salive commençait à tapisser son palais, sa gorge se serrait. Cela fessait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi mal. Son travail de chasseuse ne l'avait jamais mis dans un tel état. Non, le seul qui aurait pu la pousser à vomir, c'était...Son père. Un coup au ventre, puissant et rapide, donnait par un homme qui savait tué. Portait sur une petite fille squelettique à la résistance physique moindre. Aujourd'hui elle encaissait bien mieux les coups. Mais cette fois, les dégâts reçus étaient trop pour elle.
Une main se posa sur son épaule, lentement, sans poids. Juste la sensation de doigts sachant qu'il ne valait mieux pas appuyer sur son épaule. Des doigts médicales. La chasseuse tourna rapidement la tête vers cette main, les lèvres retroussés sur des dents presque enfantines.

« -Hey ! Du calme.... Ca va ? »

Ustynia fixa l'homme face à elle, incapable d'articuler un mot. La situation lui revenait peu à peu. Après un raclement de gorge elle répondit d'un hochement de tête et sentie peser sur ses cuisses le poids d'un plateau.

« -Je te laisse te réveiller et manger. Je repasse dans une heure... »

Lui glissa-t-il avec un sourire, tirant l'épais rideaux qui la coupait du monde. L'albinos regarda l'assiette de champignon à moitié froid devant elle, attrapant d'une main faible la fourchette biscornue qui avait glissé sous l'écuelle. Elle commença à piquer ce qui passait sous sa fourchette, portant la nourriture à ses lèvres sans envie, sans force. Pour l'instant, son cerveau n'était concentré que sur la situation. Seule, chasseuse de prime, au milieu des rouges. Elle se ferait dégager, ou tuer. Tant pis, elle encaisserait n'importe laquelle de ces issues, mais qu'on en finisse ! L'attente la mettait sur les nerfs, lui coupait l’appétit, et surtout lui retournait l'estomac.
Après cinq minutes de fausse ingurgitation, elle repoussa le plateau, le déposant sur la petite table près de son lit. Ses mains passèrent sur son visage avant qu'elle ne se mette à réfléchir à un échappatoire. Elle serait trop facilement identifié comme la chasseuse de prime de la VAR. Les albinos ne courraient pas le métro, encore moins avec des yeux déformés comme les siens. Alors quoi ? Quitter la Ligne Rouge sans demander son reste ? Et aller où ? Et si elle retombait sur Sergueï ?
Le crissement du rideau l'arrêta. Elle leva les yeux sur Nina, détournant le regard quand la lumière de la station lui brûlant les rétines. Et merde. Ses lunettes. Ses putains de lunettes. Perdus.
La chasseuse attendit que Nina arrive dans l'ombre pour enfin pouvoir la regarder.
Elles étaient de parfaits opposés.
Nina avait une peau presque basanée, couleur caramel et couverte de tâches de rousseurs et grains de beauté. Tous chez elle était en teintes chaudes, flamboyants. Sauf ses yeux, deux pierres bleus au milieu de cils sombres.
Ustynia arrêta net de l'observer, se laissa retomber contre le matelas, grognant quand son dos douloureux toucha le drap.

« -Merci..... Nina. » 

Elle soupira, les yeux posés sur le plafond pierreux de l'alcôve, sentant ses haut-le-cœur la quitter. L'adolescente pris une inspiration, posant ses mains sur son ventre, guidant le chemin que faisait l'air jusqu'à ses poumons.

« -.... Quelque chose a été dit pendant que j'étais pas là ? »




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le Jeu 5 Juil - 16:01
Stalker

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Age :: 24 ans
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La jeune femme réceptionna le remerciement d’un vague grognement tout en détournant le regard. Sa bouche s’était plissée en un rictus gêné tandis qu’elle hochait vaguement la tête. Valeriya lui devait sans doute la vie mais cela n’ôtait rien de son embarras. La stalkeuse avait agi d’instinct, refusant de laisser une compatriote entre les mains d’un destin trop capricieux. Pas un seul instant elle n’avait songé aux conséquences de son geste. L’existence de la jeune fille était désormais liée la sienne et cela bien contre son gré. Les autorités communistes ne la laisseraient pas repartir avant d’avoir démêlé l’intrigue que constituait Valeriya. Si peu de doutes reposaient sur les intentions louables de Nina à l’encontre de la jeune fille, l’identité de cette dernière restait bien mystérieuse. Aucun compatriote dans les stations alentours n’avait été en mesure de l’identifier. La Ligne Rouge était certes peuplée mais elle ne comptait pas assez d’albinos pour que la jeune fille puisse passer inaperçu. Les commissaires s’étaient donc reposés sur cette certitude afin de mener leur enquête. Cette dernière avait fini par buter sur une impasse. Il ne restait donc plus qu’à attendre le réveil de la principale concernée.

A la question de cette dernière, Nina ne répondit pas tout de suite. Elle prit l’unique chaise de l’alcôve et la tira à elle de manière à s’assoir aux côtés de la convalescente. La position avait été soigneusement millimétrée, assez près pour que les expressions ne puissent être trompées, assez distante pour qu’aucun contact ne soit possible. Elle s’était glissée sur la chaise sans un bruit, les mains croisées sur son giron, le buste penché en avant. Les yeux plissés, l’air indécis, la jeune femme observait l’albinos sans un mot. Comme elle embrassait la pâleur fantomatique de son interlocutrice, elle se redressa légèrement en haussant les sourcils. Ses lèvres carmins s’étaient rassemblées en une exclamation muette et sa main avait plongé dans une des innombrables poches de sa ceinture tactique. Elle en sortit une paire de lunettes aux verres fumés. La monture métallique était si fine qu’elle semblait prête à se tordre sous ses doigts. A gestes précautionneux, elle la déposa sur le chevet de Valeriya, cette dernière ne quittant pas des yeux l’objet familier.

- Le reste de tes effets est sous consigne mais ils m’ont laissé te ramener ça.

Nina n’avait pas eu besoin de regarder son interlocutrice pour la sentir se pencher vers les précieuses lunettes. Revenant à sa position initiale, elle croisa les doigts, coudes appuyés sur ses cuisses athlétiques. Méfiance et indécision se disputaient toujours sur le visage de la rouquine. Elle inspira profondément, ses épaules se soulevant sous la mécanique, puis expira lentement ; les idées s’agençaient progressivement dans son esprit.

- Les commissaires se posent des questions, évidemment. Personne ne te connaît, personne n’est en mesure de confirmer ton identité...

Elle plissa les yeux davantage, l’éclat métallique de son regard perçant à peine derrière ses cils épais et maquillés.

- Maintenant que t’es réveillée, ce n’est plus qu’une question d’heures pour qu’ils t’interrogent.


Nina avait haussé les épaules, grimaçant à moitié. L’absence d’empathie et les méthodes peu conventionnelles des commissaires étaient suffisamment connues pour que personne n’apprécie d’être interrogé par leurs services. Valeriya n’échappait certainement pas à la règle. La jeune femme n’enviait guère sa situation et aimait encore moins endosser le rôle de messager. Si elle s’était rendue à son chevet pour prendre des nouvelles, c’était le cœur lourd qu’elle était venue la rejoindre depuis qu’elle avait appris son réveil.

- En tout cas, tant qu’ils n’auront pas démêlé ton cas, ils ne me laisseront pas tranquille non plus, déclara-t-elle de but-en-blanc.

Réalisant avec retard la maladresse de ses paroles, elle enchaîna en fronçant les sourcils.

- J’avais pas vraiment l’intention de m’éterniser dans cette station alors j’dois avouer que plus vite on réglera l’histoire, mieux ce sera.

Les mots tombaient abrupts, sans égard pour l’albinos. Un rictus sceptique crispait désormais les traits de la jeune femme. Elle se déroba au regard voilé par les verres fumés et se massa la tempe droite du bout des doigts. Sa main libre s’était refermée dans une crispation. Voûtée sur sa chaise, elle semblait mal à l’aise. Le tact n’avait jamais compté parmi ses principales qualités. La stalkeuse avait alors secoué lentement la tête, dérobant toujours son regard. Il lui semblait tomber dans une impasse. Si la jeune fille refusait de parler aux commissaires, elle se mettrait en danger et placerait Nina en porte-à-faux dans le même temps. Cette dernière poussa un soupir nasal, clairement peu convaincue dans ses capacités de persuasion.

- Puis quand ce sera terminé avec eux, si tu descends le long de la ligne, j’pourrais t’accompagner si tu veux, lâcha-t-elle à voix basse tout en relevant la tête.



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Chasseuse de primes
le Jeu 12 Juil - 16:59

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Ustynia ferma les yeux, attendant patiemment la réponse de la stalker. Elle prenait sur elle pour ne pas s'inquiéter, pour s’emmurer dans l'indifférence et la placidité. Son avenir était plus qu’incertain, s'en sortir allait lui demander toute sa force. L'albinos pouvait se noyer dans la panique, ou prendre du recule avec les événements. Assez pour arriver à envisager sa propre mort sans pâlir. Contrairement à plein de gens, j'ai toujours eu ma mort à l'esprit. C'est peut-être pour ça que je vis dans le passé...
Un bruit de chaise lui tira une infime grimace, un léger froncement de sourcil. La chasseuse tourna la tête vers Nina, suivant des yeux sa main qui déposa près d'elle ses lunettes.  Son regard s'illumina alors qu'elle tendait le bras vers l'objet, saisissant ses verres par le pont. L'adolescente les posa doucement sur son nez, souriant faiblement au contact des branches contre ses tempes.

« -Merci... »

L'idée que ses affaires pouvaient être fouillés, dépecés, qu'on pouvait s'infiltrer dans sa vie avait rendu sa voix  plus graves et dure.  Plus d'arbalète, plus de poing américain. Plus rien. Sans arme elle se sentait nue et presque... Humiliée. Peut-être parce que avoir un minimum d'arsenal à porter de main lui avait été inculqué trop tôt par son père.
Elle retourna à son immobilité, couchée sur le dos, la tête bien enfoncée dans l'oreille et ses lunettes empêchant de traduire toutes émotions que pouvaient provoquer les paroles de Nina. Ustynia s'en était doutée, mais la stalker venait de lui confirmer qu'elle allait devoir rendre des comptes à la Ligne Rouge. Pendant quelques instants, sa respiration se fit plus profonde, sa poitrine se soulevant lentement et exagérément. Il fallait t'y attendre ma vielle. T'as abandonner ton dernier refuge, ton seul chez toi. Quand le dernière arbre est tombé, l'animal ne peux plus se cacher.
L'albinos hocha la tête comme si Nina lui avait simplement parlé d'une arme enraillée ou une autre banalité du métro. Elle se redressa précautionneusement, goûtant le repos que lui offrait ses lunettes. Elle avait besoin de se changer les idées. Ce qui devait arriver arriverait, pour l'instant Usytnia  voulait stopper cette pression dans sa poitrine. Et puis elle n'était jamais venu à la LR.

« -Je suis confiner ici, ou je peut faire un tour ? »

Demanda-t-elle, changeant violemment de sujet, sans la politesse d'une transition descente.


Jeu HRP:
 




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le Lun 30 Juil - 13:57
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Nina avait accueilli le remerciement d’un pincement de lèvres puis avait rapidement détourné le regard. Ce n’était pas tant la gratitude de la jeune fille qui la gênait mais ce qu’elle impliquait. Machinalement, elle avait sorti d’une poche une boite en aluminium. Le temps et les mauvais traitements avait fini par en effacer les inscriptions. Quelques traces de peintures se disputaient la surface parmi les multiples rayures. La jeune femme n’avait pris conscience de son geste qu’au moment où elle ouvrait la boite pour en extirper une cigarette roulée. Alors elle jeta un coup d’œil aux alentours et referma la boite non sans une grimace. Elle la fit tourner entre ses mains, indécise ou agacée puis la rangea dans sa poche. La question de la jeune fille lui fit relever la tête. Elle fronçait les sourcils, évaluant ce qu’impliquait la question.

- Non je ne pense pas, lâcha-t-elle un peu abruptement après avoir secoué la tête, les commissaires ne te laisseront pas quitter la station avant d’avoir obtenu les réponses qu’ils voulaient.

La stalkeuse haussa les épaules. Tout habitant de la Ligne Rouge savait ce qu’impliquait de telles mesures. Une fois que l’on avait attiré le regard des commissaires, il était bien difficile de s’en défaire s’ils n’obtenaient pas ce qu’ils désiraient.

- Je n’ai pas eu de consigne spécifique alors quand tu seras remise sur pied, peut-être que tu auras droit de circuler dans la station. Ceci dit, je doute que tu puisses passer les filtrages pour sortir de la station sans papier ou passe-droit.

Elle avait poussé un soupir, résignée elle aussi à rester dans la station tant que l’affaire ne serait pas résolue. La situation n’était pas aussi pénible qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle avait tiré un très bon prix du matériel médical ramené en surface et ses deux collègues n’étaient pas encore revenus de Prospekt Mira. En attendant, Nina pourrait sans doute mettre de côté sa nature économe et profiter de son petit pactole pour renouveler une partie de son matériel. La station n’était pas connue pour posséder les marchands les plus intéressants mais elle pouvait toujours tenter sa chance et dénicher quelques objets utiles. Pour l’heure, elle pouvait encore rester au chevet de la jeune fille et discuter un peu avec elle.

- Valeriya Azarova, c’est ça ? T’es originaire de quelle station au fait ? Moi j’viens de Krasnyé Vorona.



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Chasseuse de primes
le Sam 8 Sep - 0:48

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Un  sifflement agacé se fraya un chemin entre les dents de la chasseuse. Non seulement elle devait attendre sa sentence, mais en plus elle ne pouvait même pas espérer se changer les idées. Tout ce qui l'attendait c'était une journée ou deux ici, à ruminer ses derniers choix. Et rien n'aurait plus pu la mettre hors d'elle. Ustynia savait pertinemment qu'elle s'était trompé en abandonnant S...
Elle savait qu'il fallait tirer un trait sur sa vie à la Hanse, sur son père, sur Isaac, sur S...
Et-ce qu'elle va arrêter de s'inviter dans mon esprit celle-là !?! De quel droit elle a élu domicile dans ma tête !... Les choses ne pourront plus être comme avant, faut que j'arrête de courir après le passé.... Les Zinoviev ne sont plus ma famille...

La chasseresse colla un vent phénoménal à Nina ; Son cerveau était occupé à autre chose, une tâche à ses yeux bien plus importante que faire la causette. A une femme à qui elle devait la vie certes, mais avec qui elle n'avait rien à faire. Entend que fille de mercenaire, Ustynia n'avait pas reçut la même éducation que la plus part des petites filles du métro. Même celles étant enfants de militaire ne pouvaient prétendre avoir les mêmes valeurs et le même quotidien qu'elle.
L'adolescente avait grandit dans un monde où tout tournée autour d'une chose : la vie humaine.
La garder, la prendre, l'épargner, la chérir. Pour elle, ne pas gaspiller une vie était comme ne pas gaspiller la nourriture. Après tout, c'était la vie que son père avait arraché à des inconnus qui l'avait nourrit pendant dix ans. Et elle avait parfaitement compris qu'en la sauvant, Nina pouvait revendiquer tous les droits sur elle. Dans les limites de ce que les commissaires de la ligne communiste lui laisserait après leur interrogatoire.

C'était pour cela qu'elle prévoyait déjà une solution de repli. Des salauds, elle en avait rencontré assez pour remplir plusieurs vies. Des vrais connards, qui l'avait humilié, rabaissé, traité comme une paria jusqu'à ses douze ans. Puis comme une fille de bordel dès que son corps avait était en âge d'être celui d'une femme. Chance pour elle : la féminité de son anatomie était resté à l'état de théorie.
Surtout, il y avait une chose qu'elle avait appris à ses dépends. Les femmes n'étaient pas ses alliés. Elle ne valaient ni pire ni mieux que les hommes ; il fallait s'en méfier au même titre. A aucun moment Ustynia ne doutait de la capacité de Nina à la vendre à un quelconque trafiquant si la femme y trouvait un intérêt.

Les filtrages ? Elle ne pourrait même pas espérer les passer en force. L'albinos n'avait pas d'arme, et surtout pas la moindre idée du fonctionnement de la ligne Krasnya. C'était un secteur qu'elle évitait comme la peste depuis qu'elle avait repris le flambeau famille. Elle n'avait pas fait que haïr les rouges. Elle les avait rayé de son existence, alors qu'ils étaient à l'origine de l'amputation de son père, cataclysme qui avait tout déclenché. De sa première séparation avec S... à celle ayant eu lieux il y avait quelques heures.
Tenter de s'intégrer et profiter d'un moment de vulnérabilité pour s'échapper ? Oui, mais peut-être que l'occasion ne se présenterait pas à temps, ou pas avant plusieurs jours, semaines, mois, années.
Attendre le passage d'un citoyen du V.A.R ? Espérer que Salevy passerait par la LR ? Il ne portait pas non plus la Ligne Rouge dans son cœur.

La chasseresse soupira, arrêtant de tourner dans sa tête une solution sans issue. D'abord elle devait repérer le terrain. Repérer le fonction des postes de gardes, les relevés, l'armement. Qui pouvait passer et qui ne pouvait pas. Elle pouvait toujours jouer les enfants dociles, accompagner Nina à la surface et à ce moment, fuir.
Ustynia replia sa main en poing avant de l’abattre contre son front, les yeux fermés et les sourcils froncés. Elle devait cesser de penser à un moyen de s'en sortir. Au fond, l'adolescente sentait ce qui la motivait :
Sergueï.
Qu'est ce qu'elle voulait faire, une fois la Ligne Krasnya derrière elle ?  Retrouver sa sœur ?
Pourquoi faire ? Présenter des excuses comme si j'avais enraillé une arme, perdu un chargeur ? Je l'ai trahis, et foutu dans la merde ! J'ai rempli un contrat, et je me suis fait la malle ! Ce n'est pas ce qu'il s'est passé dans ma tête, mais c'est ce qu'elle a vu. Elle me déteste. Et je ne peux pas la blâmer pour cela.
L'albinos releva les yeux sur la rousse, la détaillant un instant en émergeant de sa plongée mentale.

« -C'est ça. »

Lâcha-elle sèchement, faisant glisser sa main de son front à ses cheveux pour les tirer en arrière. Elle n'avait pas envie de se justifier d'exister. D'un coup la situation la révolter à l'en faire hurler. Elle ne devrait pas être là à tisser une toile de mensonge, mais avec Sergueï, à faire la chasse à leur congénères.

« -Je sais plus.... »

Et alors qu'elle savait pertinemment qu'il était préférable de se taire et de calculer le moindre de ses moins, elle ne put s'empêcher de provoquer la stalker et d'ajouter, avec un  perfide :

« -C'est sympa Krasnyé Vorona ? »




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le Mar 11 Sep - 14:39
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Le regard fuyant, les traits tirés, la jeune fille semblait en proie à une lutte interne. Le dos nonchalamment appuyé contre le mur le plus proche, bras croisés sur la poitrine, Nina se retenait de jouer machinalement avec la boite en aluminium qu’elle tenait dans la main droite. Elle observait Valeriya pour tenter, sans grande conviction, de deviner le cours de ses pensées. Elle ne savait rien de la jeune fille qu’elle avait recueillie et traînée jusqu’aux frontières de la Ligne Rouge. Et cette dernière ne semblait pas vraiment encline à lui en apprendre davantage. Visiblement, la menace d’un interrogatoire par les commissaires ne semblait pas l’inquiéter outre mesure. Ou peut-être soupesait-elle les informations qu’il lui faudrait divulguer pour s’en sortir indemne ? Une seconde, la stalker fut tentée d’user de son don pour lui soutirer quelques éléments mais elle se ravisa aussitôt. Elle s’était promise de ne jamais l’utiliser sur qui que ce soit ; sauf en cas d’extrême nécessité. Si l’albinos souhaitait garder le silence, qu’elle s’arrange avec ses propres démons et en porte seule le fardeau. Une fois son sort remis entre les mains des commissaires, Nina ne tarderait pas à retrouver sa propre liberté. Alors quand la jeune fille, peu décidée à lui apporter la moindre réponse, la questionna sur ses propres origines, elle haussa un sourcil sans esquisser le moindre sourire. Il n’y avait aucune curiosité dans son ton et, pour tout dire, elle n’appréciait pas vraiment les airs qu’elle prenait en la questionnant.



- Rien de plus que les autres stations le long de la Ligne, rétorqua-t-elle d’une voix monocorde.



Son regard s’était assombri. Elle se décolla du mur sur lequel elle prenait appui et décroisa les bras. Elle fit jouer le couvercle de sa boite dans un claquement sec et en sortit une cigarette roulée. Elle la glissa entre ses lèvres. Un briquet vint remplacer la boite cabossée dans sa main droite. Sur le point d’allumer la cigarette, elle se ravisa et jeta un coup d’œil à l’albinos. Inspirant lentement et retenant un soupir, elle soutint un instant son regard avant de murmurer entre ses lèvres, la cigarette toujours pendue à celles-ci.



- Bon, j’te laisse récupérer. En attendant si t’as besoin d’un truc, tu sais qui demander : Nina Platonova. A plus tard gamine.



Sans autre forme de procès, elle tournait les talons et abandonnait Valeriya. Quittant le couloir à vive allure, elle se retint d’allumer sa cigarette et salua d’un mouvement de tête l’infirmier qui passait par là. Au moment où elle passait le perron du centre médical, elle allumait enfin sa cigarette et en avalait une bouffée. Les pensées en suspens, elle ferma les yeux. Encore une journée de plus coincée dans la station. Elle chassa de son esprit le regard malade de l’albinos et s’éloigna en direction du marché.




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