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Discontinuité de Mohorovičić
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Soldat-infirmier
le Lun 2 Avr - 3:33

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Ses calculs et le diagnostic en résultant, n’étaient déjà plus que de lointaines données stockées quelques part dans un classeur mémoriel, lorsque le groupe se profila à son horizon. Parce que son dernier patient en date était un homme avant tout, un homme de terrain et non pas un bureaucrate ou fragile brahmane, Kraïevski le savait en état d’y retourner sans que ça n’inquiète le côté Medic de son esprit. Volkovar était un stalker; il en avait vu d’autre. Son métabolisme juxtaposé à un esprit certes en perdition sur le moment mais bel et bien combatif, pouvait surmonter une deuxième expédition dans un brouillard toxique. Filtre aidant, bien évidemment.
Ou bien, sa propre assurance à ce sujet venait-elle du fait que cette fois, lui-même serait présent. C’est-à-dire un Medic, formé au combat et conscient des dommages infligés sur les hommes qu’il accompagnait.
Daniil secoua la tête, le geste presque imperceptible, encore à bonne distance du groupe et réajusta l’attache d’une trousse à sa ceinture. Non-loin derrière lui, il savait la présence de Volkovar sur qui il se fiait pour la direction à prendre ; lui donnant l’impression de marcher dans une bulle protégée, qui se blindait un peu plus à chaque enjambée le rapprochant du lieutenant Prokhorenko. Et du reste de la petite assemblée.
Confiance et détermination. C’était ce qui nourrissait l’éclat animant son regard bleu lorsqu’il stoppa finalement son jogging à distance respectable de l’unité et faisant face aux présents pour les salutations d’usage dans l’ordre, avec force et respect ; attendant le moment opportun pour une énième vérification de son matériel. Ceux le connaissant savait qu’il devait déjà avoir assuré tout cela au moins trois fois avant son départ mais Kraïevski refusait de laisser place à l’imprévu, lorsqu’il s’agissait du maintient de ses instruments de terrain. La course l’ayant mené du point A au point B, pouvait très bien avoir dérangé le placement d’une bande ou d’une compresse et chaque seconde comptait en situation, jouant sur le dénouement de celle-ci. Il ne pouvait pas en perdre une seule, en recherche d’inventaire. C’était pourquoi la plupart de ses effets étaient solidement accrochés à sa ceinture. Outre cela, il portait avec lui son arme de poing et son fusil d’assaut. Sans oublier la paire de gant qui semblait être greffé à ses paumes tel une seconde peau, épaisse et protectrice, lorsqu’il s’exposait à des risques d’écorchures sévères.

Placide, il écouta les uns et les autres sans pouvoir s’empêcher de passer le lieutenant Prokhorenko au crible de son regard, discret l’espérait-il. Car il n’avait pas eu le temps d’aller à la rencontre d’Anna, chirurgienne de son état, pour s’enquérir des dernières données constituant le dossier d’Alexandre. Il se maudissait pour cela, autant qu’il détestait ne pas connaître la condition médicale de ceux qu’il accompagnait. Son visage eut le temps de se tordre en une moue réprobatrice sans qu’il n’en ait conscience, avant de mentalement décréter que tout semblait bien aller -sans doute Andreï et Alexandre partageait-il un diagnostic similaire si non pas identique-. Il entendit une voix qui s’informait à son sujet et bâcla à son tour un simple « Ça va. » plus sec qu’il ne l’avait souhaité, en se raidissant dans son maintien du garde-à-vous.
Bien qu’il puisse en donner l’impression au premier coup d’œil, il n’était pas nerveux. Sous l’épiderme, chacun de ses muscles frétillaient d’impatience tout autant que d’appréhension. Après tout, quoi de mieux qu’une journée largement remplie, pour bien dormir le soir venu ? Il espérait seulement qu’ils rentreraient tous, vivant. Ce dont il ne doutait pas une seconde. L’attention passait du major sur le départ, à Rozanov qui semblait avoir eu quelque chose à dire -ou rectifier-, de Dordevic à Kashirsky et de Volkovar à Igorevitch.

Il se retint d’ouvertement demander au lieutenant s’il devait être mis au courant de quelque chose vis-à-vis l’état de santé de celui-ci, tout comme il ne fit nulle mention de l’état d’Andreï, car rien d’alarmant ne venait le perturber sur l’instant. La position de son MP443 vérifié à sa taille et l’équilibre du AKS réajusté à son dos, Daniil était prêt à toute indication suivante et à se mettre en mouvement.



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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Lun 2 Avr - 13:41

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Lobachevszy, sur le départ, aperçut Volkovar et Kraïevsky à une cinquantaine de mètres du point de rencontre. Affichant un air de satisfaction sévère, il s’en alla d’une démarche roide et parvint à ne pas se retourner. Chaque fois qu’il quittait une unité de kshatriyas était peut-être la dernière. Il le savait et tous le savaient.

Pendant ce temps Prokhorenko vérifiait les fixations de la baïonnette et de la lampe sur son fusil. Dès que le sergent et le kombat medic furent à portée de voix, il désigna les équipes. Les soldats s’étaient déjà présentés aux civils et Viktor Kashirsky donnait quelques consignes sécuritaires à Yuliana Rozanov, qui l’écoutait attentivement. Lorsque la voix du stalker retentit, et avant que Murugan n’eut le temps de répliquer quoi que ce soit, le sergent-chef Kashirsky déclara très calmement, l’expression de son visage neutre et fermée : « C’est sa première fois, il peut être maladroit. » L’artilleur secoua lentement la tête, sa colère désamorcée par l’intervention cynique de leur supérieur hiérarchique. Il ne comprenait pas qu’un stalker se trouve parmi eux, ces types étaient des éléments rogues nocifs au travail d’équipe.

Puis le starchina rassembla son équipe en un signe, obtempérant sur le champ au geste de ralliement du lieutenant, tandis que Volkovar briefait l’équipe A, rejointe par l’ingénieur Yegorov. Le serbe Dordevik renifla en guise de salutations à l’approche du médic, ce qui représentait du reste, un grand signe d’attention de sa part. Un flash blanc violent s’ouvrit sur le visage de l’artilleur indien, qui répondit au regard de Kraïevsky en un sourire express. Murugan espérait ne pas avoir à tirer de grenades. Parce que cela signait inévitablement la déclaration d’une situation désespérée. L’enfouissement et la retraite derrière une obstruction volontaire, n’était jamais qu’un dernier retranchement face à une armada de mutants.

Le lieutenant leva le bras en angle droit et ferma le poing. Attention. Le principe était effectivement que tout ce qu’ils allaient rencontrer dans cette galerie, y compris les bacilles, molécules et pathogènes éventuels invisibles et nanoscopiques, voulait leur mort. Les forêts pluviales de l’Australie mythique n’auraient été qu’un immense camp de vacances pour les soldats de Polis. Il les mit en garde contre les chambres d’échos, puissantes, qui risquaient de les surprendre dans la galerie. Un bel euphémisme rationaliste pour désigner des cris déchirants et sidérants, d’origine non identifiée. Tandis qu’il les briefait sur les conditions de terrains réelles, il capta l’observation méticuleuse de Kraievski, et son regard chirurgical lui fit l'effet du passage d'un scalpel sur la large cicatrice de son épaule droite. Souvenirs d’une sortie de surface mémorable.
« … sur une distance de trente pas environ entre l’aval et l’amont du lieu des prélèvements. Mais Rozanov devra déterminer le plus tôt possible, avec le détecteur Dräger, la nature du gaz ou des gaz rémanents, le cas échéant.  Nous sommes en environnement confiné. Le boyau SO-E17 se resserre à 2.50m de largeur au bout de 740 pas et nous ne voulons pas imaginer les conséquences d’un coup de feu dans un milieu à haute densité de propane.. ou de méthane... d’acétylène ou d'hydrogène, et j’en oublie. Vous avez vos matraques. » Il s’était exprimé d’un ton fluide, l’articulation régulière, et ne paraissait pas nerveux. Son regard irradiant avait en revanche, quelque chose de survolté. Les effets culminants du comprimé qui frappaient enfin, et n’échapperaient pas à l’observation d’un professionnel aguerri. Viktor s’était penché vers l’analyste pour lui souffler que le E de SO-E17 signifiait « éphémère », et lui apprenait par la même occasion que les galeries étaient classées par postes de garde attenants. Le nombre 17 lui fit froid dans le dos.

Ils communiqueraient majoritairement par signaux de mains standardisés pour les opérations de proximité immédiate, que tous les kshatriyas maitrisaient. Prokhorenko passa dans la formation en place pour une dernière inspection, et rien dans son attitude n’indiquait qu’il s’était trouvé sur une table d’opération affublé d’un masque à oxygène pas plus de trente-cinq minutes plus tôt. Arrivé face au stalker, tandis que les autres étaient occupés à ajuster les masques par-dessus leur tête sur son ordre, il présenta discrètement la main ouverte, et se contenta de l’informer : « De la part d’Anna. Caféine. » Un comprimé blanc au centre de sa paume. Il espérait qu'Andreï se passe d’une démonstration de fierté et accepte le boostant chimique. Son regard d'ambre, marmoréen, était illisible devant lui. L’intoxication, l'injection et le traitement qu’ils venaient de subir et de recevoir, en l'espace de deux heures, n’étaient pas sans effet sur leur vigilance.

Quelques secondes plus tard, l’escadron pénétrait le premier tunnel de service et s’enfonçait dans l’obscurité des souterrains labyrinthiques. Les faisceaux des lampes illuminaient les anfractuosités et les striures des parois, et les ombres fines et nervurées donnaient un aspect vivant aux conduits, comme s'ils progressaient dans le système digestif d'un ver géant. Très vite, le lieutenant ramena sèchement l’avant-bras, poigne de main en équerre, vers son visage, et les masques à gaz se fixèrent en dix bruissements d’étoffes et claquement de lanières. L’éclaireur Volkovar avait été le premier, tout devant, à rabattre le sien, ce qui donna le signal au chef d’unité. Yuliana gardait les yeux fixés sur l’écran du Dräger, consciente de la valeur de cette simple pièce d’équipement électronique. Sa peau valait moins cher sur le marché. Elle n’attendait qu’une seule chose, pouvoir annoncer que tout était au clair pour les soldats armés, dans un geste de main idoine.
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le Mar 3 Avr - 6:13

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Les propos du sergent-chef Kahirsky lui firent l'effet d'une mauvaise blague. C'était une première fois ? Une première fois peut suffire pour tout faire basculer cette opération de recherche et d'identification du gaz dans le mauvais sens. Au sein de la caste de Polis des Militaires, une sortie dans la Bibliothèque Lénine pouvait tourner au vinaigre. Les Bibliothécaires étaient sans merci. Une maladresse comme le fait de détourner le regard pouvait se révéler fatale pour quiconque qui serait distrait. Et Dieu savait que la force de ces créatures pouvait fracasser le thorax d'un homme si le coup était bien placé. Andrei avait appris depuis le temps d'esquiver leurs coups, connaissant leurs habitudes de mouvements. Mais personne n'était réellement en sécurité.

Une maladresse pourrait se révéler fatale. Si l'explosif de ces lance-grenades explosait, le gaz au sein de ces tunnels de services serait alors un souci primordial : volatile ou non ? Il ne savait pas. Mais s'il était volatile, alors que Dieu tente de les sauver, ou qu'un quelconque miracle puisse arriver. Il écoutait sagement les propos de son ancien meilleur ami, Alex, qui débriefait la situation comme un haut-gradé : ton de voix formelle, professionnelle et sérieux. Chacun l'écoutait. Lui aussi. Même s'il savait déjà que tout serait dangereux dans cette histoire. La lampe de son fusil illuminait le passage devant lui. Mais l'arrivée d'Alex le coupa dans son élan. Le comprimé blanc. De la part d'Anna. Se souvenant des circonstances de leur rencontre.

Sans dire un mot, Andrei prit le comprimé de caféine pure et l'avala sans plus attendre. Ce n'était pas sa première fois qu'il en consommait. Ainsi donc, il était habitué de garder son sang-froid avec ce genre d'apport énergique. Et toujours sans dire un mot, Andrei avait pénétré dans le tunnel en bougeant calmement, l'arme pointée devant lui. Son fusil était chargé et encore en excellent état, résultat d'entretiens quotidiens. Il était sur ses gardes, pleinement, ne voulant pas perdre la face de nouveau ni son calme, et qui plus est, l'équipement que portait cette ingénieure était de valeur.

Il errait avec cette équipe dans ce tunnel de service qui leur avait été... Traumatisant. Lui davantage qu'Alex. Mais il n'allait pas se faire avoir une seconde fois. Du moins, l'espérait-il. L'esprit portait une armure contre la peur. Respirations lentes et bien calculées, pour ne pas perdre davantage de son oxygène. Il n'était techniquement plus en danger de respirer le gaz. Mais tout pouvait arriver.
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le Mar 3 Avr - 22:39

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Les conséquences d’un coup de feu dans un milieu à haute densité de propane -ou autre-… Daniil ne pouvait s’empêcher de les imaginer lui, ces effets sur un corps humain. Des brûlures qu’il ne serait pas en mesure de prendre en charge efficacement, si tant est que ça ne les tue pas. Pris en flagrant délit d’une attention trop précise portée sur le lieutenant, le sourire qu’il voulut lui renvoyer ne fût que mental.
Le masque fut vérifié, ajusté sur sa tête et vérifié une seconde fois avant que l’unité ne se mette en mouvement et qu’il entre à son tour dans l’obscurité des tunnels, éclairé uniquement par les lampes de tous un chacun.
Sans état d’âme particulier.

Que laisserait il derrière lui après tout, s’il ne revenait pas d’une expédition ? Il n’avait aucune famille par le sang et avait renié jusqu’à sa propre mère, pour servir Polis de la manière qu’il croyait la plus juste et utile. À proprement parler, il n’avait rien à perdre malgré qu’il ait tout à gagner, à revenir vivant. Non pas gloire et fortune, mais la connaissance du fait irrévocable qu’il serait là, une nouvelle fois, pour servir sa faction et sa caste.

Le médic prit une autre inspiration, lente, alors qu’ils s’enfonçaient dans la galerie comme l’on avance en terrain inconnu ; leurs ombres changeantes sous les lampes torches, semblables à ces monstres auxquels l’ont croit durant l’enfance et qui en grandissant dans le métro, s’avéraient souvent être moins effrayant que la vérité crue. Son esprit gardait de sanglant souvenirs qui corroboraient ces faits.
Une dernière fois, à peine quelques secondes avant que le lieutenant n’ordonne silencieusement la mise en place des masques, il revisualisa la position de la troupe et la sienne propre en son centre ; calculant le nombre de pas approximatif qu’il devrait faire pour rejoindre la tête ou l’arrière. Au cas où. Puis les masques furent tous en place sans produire d’arrêt dans leurs avancées.

Malgré la dangerosité des lieux et ce qu’en avait décrit le lieutenant, il restait curieux d’une certaine manière, de découvrir ce qui pouvait se cacher un peu plus loin. Sur ce qu’ils risquaient de rencontrer, que ce soit de phénomènes ou de créatures.



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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Mer 4 Avr - 19:56

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Gruzdev fermait la marche, à deux mètres derrière l’analyste et le sergent-chef Kashirsky. L’artilleur indien avançait au bord du tunnel, à un mètre devant eux. Les faisceaux conjoints de leur lampes fixées se mêlaient à l’éclairage de la torche du kombat medic. Le lieutenant progressa un moment au niveau de Kraievsky, se retournant de temps à autre sur Viktor Kashirsky et Yuliana Rosanov, la faible luminosité de l’écran du dispositif Dräger se perdant sous la nappe de lumière produite par les équipement des soldats. Toujours rien. Dans son sac à dos, une mallette Aerotest, et à sa ceinture tactique, des senseurs PIDs qui n’étaient autre que des détecteurs de photo-ionisation.

L’ingénieur marchait d’un pas lourd et retentissant, furtif comme un bataillon à lui seul. Marko Dordevic, n’y tenant plus, finit par lui accrocher le coude et le trainer pour qu’il se cale sur sa foulée. Alexandre les dépassa jusqu’à se stabiliser à trois mètres derrière Andreï. Lorsqu’une situation se présenterait, l’éclaireur aurait le serbe en ailier pour protéger Yegorov. L’unité avançait dans un silence relatif, au rythme de leur respiration amplifiée, et au bout de vingt minutes de progression dans les galeries, ils parvinrent à l’entrée du boyau SO-E17.

Alexandre comptait les pas en arrière-routines réflexives de sa cervelle machinique, situant la localisation du cadavre à environ 750 pas dans l’espace resserré de la galerie nue, ainsi que la zone de contamination active, selon son propre rapport. Peu de possibilités se présentaient à lui : soit la contamination s’était étendue et le volume de gaz augmentait, soit le statut était inchangé. Ou enfin, la fuite s’était tarie et le gaz résiduel était progressivement dissipé. Une pensée insidieuse lui souffla qu’il était temps de faire fit de son rationalisme et de se préparer à toute éventualité. Le cas échéant, il obtiendrait les explications physicalistes a posteriori, et il n’en démordrait pas.

Il repassa en arrière, jusqu’à épauler Viktor et Yuliana. Il se pencha vers l’analyste, le canon de son fusil pointé vers le bas et éclairant les talons du médic, tout en continuant d’avancer. Un alignement vertical de symboles chimiques et de pourcentages défilait dans l’ordre suivant : O2, Cl2, CO, CO2, H2 et H2S. Sous son masque, il fronça les sourcils. Consciente de l’observateur, l’ingénieure manipula le terminal et fit défiler les autres fenêtres d’écran, affichant à la suite les taux de HCN, de NH3, de NO, de NO2, PH3, SO2 et O3. La dernière fenêtre indiquait un statut « Processing » pour le listing suivant : Amine, Odorant, COCl2 et vapeurs organiques. Lorsqu’il se redressa entièrement, elle leva le pouce. Afin d’être certain, il produisit le signe « ok », à deux reprises. Elle releva la tête, son regard floué derrière les protections du masque, et écarquilla les yeux sous le coup d’une compréhension subite. Elle reproduisit le bon geste. Jusqu’ici, tout allait bien et ils ne risquaient pas d’ouvrir la porte des enfers en faisant feu.
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le Jeu 5 Avr - 6:11

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L'étreinte froide et presque langoureusement indécente de l'obscurité les encerclait, les tenait en tenaille. Un sujet de répétition qu'était la vie dans les Métros, aux tunnels rarement éclairés, sauf si ce n'était de quelques champignons radioactifs et d'ampoules qui atteignaient leurs fins de vies. Après tout, même si elle semblait répétitive, il y aurait toujours quelque chose pour surprendre les habitants du métro Moscovites, que cela soit des Mutants comme des événements paranormaux, ou des rencontres louches avec des personnes plus ou moins fréquentable. Cet aspect de la vie des taupes humaines russes était renforcé lorsque l'on devenait Stalker.

Un vétéran peut mourir d'une façon ridicule en tombant des escaliers, en étant abattus d'une balle en pleine poitrine pendant qu'on était aux latrines, une insuffisance cardiaque ou encore une vulgaire maladie comme le rhume ou la grippe. Les radiations avaient fait leurs travails sur le monde comme sur le corps des humains. Andrei avait les yeux plissés, concentrés, sa lampe pointée devant lui et parfois vers la gauche ou la droite quand d'autres tunnels se présentaient devant eux, mais qui finissaient soient sur des chemins bouchés ou des effondrés.

Il avait beaucoup de qualités en tant que combattant et survivant de ce monde apocalyptique. Il était débrouillard, regorgeait d'idées pour s'en sortir, avait un bon équipement et un bon savoir-faire, possédait quelques amis dans plusieurs stations. Mais rien ne pouvait préparer les hommes et les femmes face aux dangers se tapissant dans l'ombre. Une lampe torche ne pouvait qu'éclairer le chemin, et non repousser les monstres et autres affreusetés qui s'y cachaient. Il avait une expérience de vie assez conséquente, dans un monde ou atteindre une trentaine d'années était déjà honorable en soi, ou les naissances et les mortalités infantiles sont au plus haut.

Andrei cessa de bouger et une main avec la paume ouverte fut dirigée vers le groupe qui le suivait, un peu plus loin dans son dos, leur donnant l'ordre de ne pas bouger. Un froncement de sourcil et il continua sur sa route, mais toujours en restant dans la vision des personnes l'accompagnant. Un rat sortit d'un petit tas de gravats en couinant. Andrei pointa sa lampe bien en évidence devant lui, et observait aux alentours. Il n'avait pas vu quelque chose. Mais le souvenir de son entrée ici était encore gravée dans son esprit.

Où était passé le cadavre ?


Andrei sentit la nervosité exercer son infâme piqûre dans ses muscles, les serrant un instant avant de reprendre contenance. Le cadavre n'était plus là. Ou n'avait tout simplement pas été là. Dur de dire. Il était sur ses gardes. Chaque détail comptait. Chaque instant était ponctué de regards périphériques devant lui, attentif au moindre signe du danger. Il agita sa main près de lui, intimant les autres alors de continuer sur son chemin, Andrei attendant qu'ils le rejoignent sur environ trois mètres avant de reprendre la route. Le doigt était posé sur le flanc de son arme, juste au-dessus de l'emplacement de la détente.

Comme un chevalier préparant son épée pour la sortir de son fourreau, Andrei se préparait au combat, en cas de contact hostile.
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le Sam 7 Avr - 6:32

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Le temps commençait à lui paraître long. Plus le décompte grandissait dans son esprit, plus le silence extérieur à leur unité, lui paraissait lourd. Et étrange. Il s’était tout de même attendu à ce qu’un écho quelconque leurs parviennent de quelques tunnels adjacents, témoignant d’une présence autre que la leurs. Quelque part. Mais il ne percevait rien de plus, pour l’instant, que le bruit des respirations au travers les masques et les pas martelant le sol. Ou celui, tambourinant plutôt, de l’ingénieur. Il y dirigea un bref regard alors que Dordevic intervenait.
Puis le silence se rappela à son ouïe.

L’arrêt fut brusque, lorsque devant de la troupe, Andreï donnait le premier signe. Était-il tant concentré sur l’instant présent et sur chacun des pas exécutés par l’ensemble, qu’il en avait raté le temps passant ? Ou bien, était-ce autre chose qui excusait cet arrêt soudain. Dans le doute, Daniil fit un demi pas vers l’avant alors que le stalker s’éloignait sensiblement ; se déplaçant sans sortir de sa place sur l’échiquier. Il savait que si un danger venait d’être repéré, ça n’était pas à lui de prendre la ligne de front. Ainsi était la dure réalité de sa fonction. Entraîné autant pour l’offensive que la défensive, mais fait pour rester en retrait, tel une dernière ligne de défense.

Au bruit que produisit la créature en sortant de sa cachette, il ne put s’empêcher de pointer sa lampe vers le rat, le suivant jusqu’à le voir disparaître plus loin. Ça n’était qu’un rat, trop petit pour ouvrir en lui une coulée de stress, mais un rat restait une créature de type rongeur, qui pouvait parfaitement s’attaquer à eux. Il préférait éviter une montée de panique que créerait une bestiole grimpant sur une jambe d’un des leurs ou encore, devoir traiter une morsure de Muridé avant d’être sorti de ces tunnels.

Le stalker bougea à nouveau, d’un geste visant à les faire avancer et le médic tourna l’attention vers Alexandre sans pour autant bouger la tête ; en attente de confirmation du lieutenant. Mais dans l’attente, nul immobilité complète et il bougea prudemment un bras pour sortir le MP443 de son étui, éclairant à nouveau devant eux. De sa position, il ne pouvait pas entièrement voir ce qu’il y avait -ou n’avait pas- devant Volkovar et ce qui provoquait le changement de comportement de celui-ci.

Ce silence devenait pénible. Était-ce le calme avant la tempête ?



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le Sam 7 Avr - 15:03
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"Déjà-vu".

Ce frisson désagréable parcourant votre échine ; ce souffle glacé, traversant votre corps...L'air se faisant frais et humide. La sensation de malaise liée à cette galerie vous submerge une nouvelle fois et vous avez l'intime conviction que vous ne devriez pas vous trouver là en cet instant. Vous en êtes conscient, au plus profond de vos chairs, mais vous refusez toutefois de céder à la panique.
Vous décidez en effet de continuer l'exploration de la galerie, avec la ferme intention de tirer tout cela au clair. Vous y voilà enfin : vous venez tout juste de dépasser l'emplacement où, quelques heures plus tôt, vous avez flanché et décidé de faire demi-tour. Vous vous enfoncez une nouvelle fois dans l'inconnu. Vous confiez une nouvelle fois votre vie entre les mains du destin.

Un fait subsiste cependant, quelque chose que vous n'arrivez pas à expliquer de façon rationnelle. Un homme se trouvait ici même, adossé contre cette paroi, le regard vide et le teint pâle : vous en étiez convaincus. Qu'est-il advenu de son corps ? Peut-être a-t'il été déplacé ? Emporté par un animal, ou par un humain ?
Peut-être avez-vous tout simplement halluciné ? Tous les deux... ?

Vos réflexions sont interrompues une nouvelle fois par cet étrange phénomène magnétique : vos lampes se mettent à clignoter de longues secondes, mais cette fois-ci, rien n'y fait : elles finissent par s'éteindre, pour de bon. Vos repères disparaissent en même temps que la faible lueur de votre éclairage.
D'instinct, vous tentez d'exploiter la moindre ressource à votre avantage : vous tendez l'oreille, concentrant toute votre attention et celle de votre organe auditif sur les sons ambiants, devinant la respiration altérée de vos camarades, le bruit de leurs pas hésitants, s'arrêtant soudainement.

Une voix, douce, vient briser ce silence. Suivie presque aussitôt d'un rire : celui d'un enfant, à l'évidence, à en juger par ce timbre fluet.
Puis le silence, de nouveau. La galerie se fait totalement muette. La tension est palpable : vous parvenez à compter les battements cardiaques de votre camarade le plus proche, tambourinant dans sa poitrine ; ou peut-être s'agit-il des vôtres ?

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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Sam 7 Avr - 18:37

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740, 741, 742. Alexandre balayait la paroi de la galerie au faisceau de sa lampe, la baïonnette matte réfléchissait un éclat sombre dans le cône de lumière. 751, 752. Andreï s’était figé. Un rongeur, un seul, surgissait d’une anfractuosité. Les ombres noires des aspérités paraissaient pleines et tranchantes. Le cadavre, songea-t-il en simultané, branché au sens d’alerte du stalker. Ils auraient dû le croiser, sinon déjà l’avoir dépassé. Quelque chose l'avait emporté. Avant qu’il n’y pense seulement, son bras gauche s’était relevé, poing fermé, signalant aux équipes de s’arrêter sur le champ. Son attention était focalisée au-devant, vers l’éclaireur et bien au-delà, toutes ses routines analytiques tournaient en mode urgence. En vision périphérique, Kraïevski, Marko Dordevic et Yegorov. Derrière lui, à trois mètres, la présence de Viktor, Murigan et Rozanov. Yuriy avait réduit la distance et s’était rapproché de l’équipe Bêta.

Un sentiment d’ineffable, à nouveau, se concentra en ses tripes pour se matérialiser en un noyau de fer. La déferlante dopaminergique renflouait bile et métal en lui tapissant la gorge. L’impression était effroyablement familière et trop fréquente à son goût. Deux fois, soit deux fois de trop. Face à un bibliothécaire ou à un groupe de mutants, son métabolisme réagissait normalement. Afflux d’adrénaline, focalisation extrême de sens et, à la fois, extension léviathanique de la vigilance. La peur n’était qu’un déferlement de neurohormones salutaires. La peur n’était qu’un calcul de la chair, un calibrage affiné par l’entrainement, l’expérience et le terrain. L’effroi était tout autre chose. L’effroi n’était pas survivaliste. L’effroi était une anomalie.

Avant que l’interférence magnétique ne se reproduise, il eut la présence d’esprit et le temps de donner une série de consignes. Son pouce et son index se dressèrent alors, perpendiculaire, ordonnant aux soldats de se tenir prêts, et enfin, il rabattit le poing vers le bas dans un mouvement de balancier. Derrière lui retentit le cliquetis et le bruissement unique de cinq kshatriyas s’exécutant de conserve. Le placement en formation de pointe fut aussi rapide, disciplinés. Ranvir avait attrapé Yuliana, Marko ne mouftait plus à se coltiner l’ingénieur.

La froidure se communiqua des uns aux autres et les masques épargnèrent la montée de fumerolles givrantes. Mais les torches se mirent à clignoter intempestivement et de manière erratique, provoquant l’espace d’un instant une visibilité stroboscopique. L’analyste eu le temps de constater que les stats du terminal Dräger étaient au vert avant que le dispositif ne succombe également aux interférences magnétiques. « Matériel inactif. » C’était la voix tremblante de Rosanov, le timbre distordu par le dispositif de filtrage. Puis le silence, sidéral, provoquant un syndrome de chambre sourde, tandis que leurs yeux s’adaptaient difficilement à l’obscurité totale.

« Murugan, Rosanov, sortez » ordonna d’un soudain le lieutenant, la fermeté de l’ordre, inaltérée en dépit du masque et de la terreur qui le dévorait de l’intérieur. Perdre des vies ou maintenir des innocents dans l’axe du danger était bien plus terrifiant encore, que l’imbittable sentiment d’épouvante qui contaminait peu à peu son esprit. Or, Yulianna ne pouvait pas remplir sa mission avec un matériel inopérationnel. Et c’était pourquoi il la renvoyait aussi sec. Ranvir obtempérerait sur le champ sans qu’il n’ait à se répéter. Les autres devaient poursuivre la mission : cette fois-ci, pas d’hallucination ni de psychose puisqu’ils étaient équipés de masques, tenta-t-il de se raisonner.  

Mais alors, tous l’entendirent. Cristallin et pur, supplantant le souffle indistinct et sans filtre qui venait de retentir à son oreille, telle une voix trop proche pour être seulement réelle. Etait-ce seulement lui ? Il gardait le silence, donnant l'exemple, et ne fléchissait pas.
Le rire lui fit l’effet d’une coulée d’hydrogel le long de l’échine tandis qu’il atteignait l’unique bâton de feu de détresse que contenait sa ceinture tactique. Il interrompit son geste, la proie d’un méchant pressentiment.
Les soldats, disciplinés ou interdits faces aux anomalies environnementales qui gagnent peu à peu leur sang-froid, se taisent et se répètent en un mantra les procédures de progression sécuritaire en intervention NRBC.
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le Dim 8 Avr - 6:09

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Age :: 30 ans
Patronyme :: Nikitovitch
Surnom ::
Inspiration. Expiration. Inspiration. Expirante. Lente. Profonde. Lente et profonde. Calme. Régulant sa matrice vitale au sein de sa poitrine pour ne pas perdre son calme. Un besoin vital, autant pour les autres que pour lui. Pour ne pas céder en la peur, qui, comme une gangrène, se propagerait aux autres et qui aiderait davantage pour semer la panique, couplé avec le fait qu'il soit Stalker. Et quand un Stalker éprouve de la frayeur, ce n'est en aucun cas quelque chose dont lequel l'on pouvait s'en moquer. Après tout, nombre des individus dans cette communauté étaient des personnes singulières. Et généralement suicidaire, car pour aller sur la surface... Ce n'était pas en la portée du premier venu. Du moins, pour y survivre longtemps.

La réalité fut alors dissociée pour faire place en l'inconnu : le surnaturel. En reprenant le chemin, aussitôt, sa lampe se mit à clignoter de manière de plus en plus violente au fil du temps. Andrei, surpris une seconde, reprit contenance. Respirant lentement et profondément, dans un rythme réguler. Il avait eu peur, une fois. La deuxième fois serait peut-être la meilleure. Les lampes clignotaient de plus en plus vite et Andrei Volkovar cessa de bouger, s'immobilisant alors qu'il regardait devant lui avec un pli entre ses sourcils, faisant signe aux autres soldats de ne pas bouger. Puis l'obscurité finit par les embrasser. Une sensation de froid parcourut le long de son échine. Une voix. Un murmure. Un appel. Son cœur rata un battement. Un écho de ce qui aurait pu être, et ne fut jamais, dans sa conscience, une mer d'abysse.

-Viens nous rejoindre, Andrei... Natalya veut une dernière histoire avant d'aller au lit...

Sevastiana. Non. Le rire d'enfant qui suivit le fit mal au cœur, mais il tint son esprit inflexible comme il le pouvait. Rien d'ici n'était naturel. Tout ne serait qu'illusion de ce qui se trouverait ici... Il ne faut pas céder. Petit coup de crosse assez fort contre sa propre épaule. Réalité. Plongé dans le silence.

-Ne... bougez... pas. Ne faite surtout rien....

La voix d'Andrei était dure, mais tendue. Il y vit alors de plus en plus clair. Lentement, mais sûrement. Une minute. Une minute de silence, et enfin, Andrei put avoir une meilleure vision dans le noir, alors que ses yeux, sa mutation, s'adaptait aux changements de vision drastique. La vitre de son masque était idéale contre les puissantes lueurs du soleil ou de la lumière en soi. Ainsi donc, il ne serait pas gêné par les fusées éclairantes de secours des autres soldats.

-En avant. Mais resserrez les rangs, et si vous voyez quelque chose de suspect et d'inhumain, notifiez-en immédiatement aux autres. Ouvrez le feu sur ce qui est hostile, sans exception.

Sur ces mots, Andrei continua son chemin avec le groupe derrière lui, mais sur une distance de cinq mètres au lieu de trois, histoire de couvrir davantage de terrain pour eux.
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Soldat-infirmier
le Lun 9 Avr - 19:54

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Age :: 30
Patronyme :: Ivanovitch
Surnom ::
Et au silence venait s’ajouter désormais, ce frisson porteur de mauvais pressentiment. Dans quoi s’était-il embarqué ?
Non… Dans quoi s’étaient encore mis Prokhorenko et Volkovar ? Quelle brèche avaient-ils ouvert en venant ici une première fois ?
Daniil ne croyait pas au paranormal. Fantômes, esprits, revenant ou échos du passé ; tout cela n’existait pas. Si des phénomènes inexpliqués survenaient, c’était uniquement parce que personne n’avait encore pu les déchiffrer. Ce en quoi il croyait néanmoins, c’était à la capacité hors-norme de l’être-vivant à s’adapter, changer et évoluer en fonction du milieu. Et dans le Métro comme en surface, la faune tendait à se transformer dans le but d’exterminer les derniers représentant d’une population qu’étaient les Hommes du tunnel.
Et ça ne lui inspira nulle confiance en cet instant. N’auraient-ils pas pu tout simplement boucher l’entrée et s’en contenter ? Oui, mais le gaz et le cadavre, se souvint-il pour garder contenance.

Deux pas de plus et Kraïevski compris que le corps n’était plus là. Il tourna la tête vers Alexandre, prêt à lui demander s’il était certain que l’individu était bel et bien mort, ou non pas simplement inconscient mais n’eût à peine le temps de prononcer le « L » du 'Lieutenant', avant que les signes du lieutenant ordonnent une formation à laquelle il obtempéra et que les lampes ne se mettent à clignoter. Toutes, en même temps. La frapper contre une paume ne servit à rien et il l’accrocha à sa ceinture pour s’armer plus rapidement qu’il ne l’avait d’abord escompté ; mirant droit devant lui.

Comme tout militaire qui respecte son insigne, Daniil gardait un calme apparent inébranlable. Pourtant, il entendait clairement son cœur battre contre sa cage thoracique, comme s’il voulait en sortir ; lui rappelant par la même, qu’il ne rêvait pas lorsque lui parvint une voix qui n’appartenait à aucun d’entre eux. Suivi d’un rire, celui d’un enfant.

Que diable faisait un enfant dans ces tunnels ?
Les propos du stalker l’empêcha de faire un pas de plus, lorsque Devoir et Esprit de préservation créait un conflit naissant. S’il y avait une chance, aussi infime soit-elle, qu’un enfant se trouve quelque part devant eux, ils devaient avancer. D’un autre côté, est-ce que l’évolution permettait à l’hostile de muter au point d’imiter une tonalité humaine, dans le seul but de les attirer dans un piège ?
Dans le noir le plus complet, ils ne pouvaient se fier qu’à l’ouïe et l’odorat. Mais que faire alors, quand le masque en place venait barrer ce dernier et que les lieux se jouaient de l’audition ? Que pouvaient-ils croire, dans cet enfer permanent ?

Involontairement, son regard se dirigea vers la position présumée en pareille formation, du lieutenant. Il le devinait devant eux et pouvait presque voir se dessiner dans l’obscurité de son imaginaire, les dorsaux se tendre sous la peau, sous l’effet d’une réflexion intense. Le poids du grade : Trancher et assumer.
Encore, Volkovar donnait les ordres ; resserrer les rangs, tirer à vue. Oui, mais quelle vue ? Ils étaient dans l’obscurité. Même si quelque chose venait se mettre à deux centimètres de leurs visages, tirer était un risque élevé.

Lorsqu’il aurait senti le souffle du déplacement de Rosanov et Murugan se repliant, Daniil se déplacerait d’instinct sur leurs verticales pour défendre la retraite. 755 pas environ, les séparaient de l’entrée du tunnel. L’étroitesse de celui-ci empêchait que quelque chose passe sur leurs flancs. Le repli était, en théorie, tout à fait sécure pour les deux. Ne jouait contre eux, que la noirceur ambiante.
C’était ce qu’il se disait intérieurement pour garder son attention rivée sur le devant.



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Narrateur
le Mar 10 Avr - 18:46
Narrateur


Toujours plongés dans l'obscurité la plus totale, les quelques froissements d'uniformes et les bruits de bottes s'éloignant de votre position vous signalent le repli de vos deux camarades, en direction de la station.

Après quelques minutes d'attente dans cette sombre galerie, en position d'attaque et crispés sur vos armes, vos appareils électroniques semblent fonctionner à nouveau, par intermittences. Le sentiment de soulagement laisse cependant rapidement place à la stupeur.
En effet, vous êtes désormais témoins d'un spectacle indicible, inexplicable : chaque recoin éclairé par le faisceau de vos lampes dévoile des ombres, parfaitement nettes, projetées sur les murs et insensibles à la lumière. Des ombres, solitaires et abandonnées de tout propriétaire.

Les anciens les appellent les "Ombres de souffle nucléaire" ("Nuclear blast shadows"), des marques correspondant aux projections d'objets, ou de corps.
Une partie de ces hommes et de ces femmes, pulvérisés par la chaleur de l'explosion, semble se trouver devant vous, figée pour l'éternité : comme s'ils avaient été, dans leurs derniers instants, surpris par la mort ; tout comme les Pompéiens par une coulée de lave, presque deux mille ans plus tôt.

Explication phénomène "N.B.S.":
 
Vous réalisez cependant que quelque chose cloche, que ce tableau n'a aucunement sa place dans cette galerie. Les tunnels ont, théoriquement, été épargnés par les bombes, tout ceci est donc tout à fait incohérent. Et probablement irréel. Quel est donc le sens de cette mise en scène ? Y en a-t'il un ?

Vous tendez l'oreille dans cette semi-obscurité et percevez une nouvelle fois un rire d'enfant. Cette fois-ci, plus longtemps, mais aussi plus lointain. Vous tentez, à travers la lumière stroboscopique de votre lampe, de détecter l'origine de ces éclats de joie ; mais c'est lorsque le faisceau porte au plus loin de la galerie que vous l'apercevez, de nouveau : cette forme mystérieuse, brumeuse...mouvante.
Quelle que soit cette chose, elle semble vouloir communiquer avec vous, ou à défaut, vous l'indiquer.

L'ombre se dirige lentement vers les profondeurs du tunnel, et s'évanouit dans ce qui semblerait être un passage, creusé perpendiculairement à la paroi. La galerie principale, quant à elle, est totalement effondrée une dizaine de mètres plus loin, empêchant toute progression dans cette voie.
Assez large pour qu'un homme puisse y circuler sans trop de gênes, le passage a été creusé récemment, vous pourriez y mettre vos doigts à couper... Vous jetez un œil plus attentif au boyau et remarquez qu'il est en partie encombré, ne laissant pour le moment qu'un espace plus que restreint : un espace néanmoins suffisant pour un enfant.
Il vous faudra quelques minutes d'efforts pour déblayer et libérer la voie, dans le but de continuer l'exploration ; en supposant bien-sûr que vous ayez les tripes de vous y aventurer...








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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Mer 11 Avr - 12:04

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Age :: 32
Patronyme :: Nikitovitch
Surnom :: Stena
Ranvir avait embarqué Yuliana sans attendre, commandant à ses membres pétrifiés de se mouvoir en dépit de la terreur qu’il ressentait. Lui savait ce qui se passait : c’était des bhūtas, les esprits des morts qui cherchaient à se réincarner. Pire encore, il avait entendu le rire d’un enfant, ce qui signifiait qu’il s’agissait d’un chudail, peut importait la manière dont les slaves les nommaient. Si le lieutenant avait voulu récupérer son artillerie, il le lui aurait déjà fait savoir. Murugan était bien plus avisé que de questionner Prokhorenko. Il atteignit sa ceinture tactique et sortit le snaplight qu’il brisa sur le champ, la situation protocolaire le lui permettant. La lueur verte irradia du bâton, phosphorescente dans l’obscurité totale et insensible aux interférences magnétiques. Il s’agissait d’une lumière chimique. Leurs pas n’étaient plus qu’un lointain écho.

Alexandre relâcha le bâton avant de l’avoir même détaché de sa ceinture. Pour les mêmes raisons qui l’avaient poussé à vouloir éteindre sa lampe torche quelques heures plutôt, devant le silence suspicieux et l’absence anormale de la vie grouillante, rongeurs ou insectes, habituellement rencontrée dans les boyaux terreux et les galeries plus anciennes, il prit vaillamment son effroi en patience. Le port du système de filtrage respiratoire opérait comme une béquille psychologique et l’aidait à lutter contre la psychose.

Il avait donné ses consignes. Le stalker, en position d’éclaireur, n’avait pu voir les gestes, et ignorait qu’il n’avait fait que répéter à voix haute les directives du lieutenant. Pendant qu’Alexandre luttait contre l’engourdissement de ses membres, et la froidure imbitable qui le pénétrait jusqu’à l’os, il comprit que le manque de synchronisation avec son meilleur ami d’enfance était dû à quelque chose de terrible. Andreï faisait probablement face à un effroi différent. Quelque chose qui le coupait de lui, et qui l’avait secoué suffisamment fort pour lui faire perdre connaissance le matin même. Elle, comprit-il dans un recoin de son cervelet primitif, colère et piqure de jalousie venant dans une ironie terrible, le réchauffer. Une déferlante neurohormonale inonda son système nerveux, l’adrénaline détonnant de conserve avec l’affaiblissement des interférence magnétiques, si bien qu’il lança l’ordre d’avancer, répétant le geste de bascule basse, la main ouverte, à plusieurs reprises.  

Et le groupe avança en formation de pointe, très lentement, rapprochés les uns des autres tout en respectant une distance sécuritaire. Le spectacle qui se dévoilait autour d’eux en un clignotement hallucinatoire, était incroyable. La fascination avec laquelle ils découvraient l’art pariétal monstrueux, les rémanences de l’horreur à laquelle ils avaient échappé leur auraient presque fait oublier qu’ils tenaient leurs armes braquées. Marko et Yuriy ne comprenaient pas ce qu’ils étaient en train de regarder, leur sens d’alerte et de prédation en veille active fermait les chemins d’accès à leur librairies mentales et réduisait les facultés de réflexion inutiles. Vicktor Kashirsky et Demyan Yegorov savaient, suffisamment âgés et ayant validé une partie de leurs études en surface, jusqu’au lycée pour le premier et jusqu’à l’université pour le second.

La seule chose dont Alexandre était certain, c’est qu’ils n’étaient pas seuls. Une présence non-identifiée, de nature indéterminée qui, en dépit des phénomènes étranges de sa manifestation, n’avait pas ouvert les hostilités. Pas encore. Communiquer par geste tout en progressant devenait difficile, les flashes de lumière étaient intempestifs, lui donnant l’impression de se tenir à proximité d’un pulsar à neutron. Sa voix retentit, lointaine et distordue au travers du masque, mais calme. « Baissez vos armes. » Il s’était exprimé d’un ton posé, neutre au possible. Ceux qui utilisaient les lampes clipsées sur leurs fusils désarmèrent tout en étant incapables de détacher leur attention des figures fantomatiques. Des peintures radioactives impossibles.

Le serbe avait relâché l’ingénieur, médusé devant les apparitions spectaculaires. Une migraine ophtalmique commençait à lui taper sur le système, à cause de ce foutoir stroboscopique qui le forçait néanmoins au respect, entre stupeur et tremblement. Daniil Kraïevski était sur sa gauche, en avant, et derrière lui se trouvaient Viktor et Yuriy, espacés, qui fermaient la marche. Une prédiction, craignit le grand blond, qui se passa bien évidemment de faire part de son interprétation de l’augure. Il respirait lentement et profondément, rythmé sur le souffle mécanisé des autres.

Tous s’arrêtèrent comme un seul homme, lorsque le rire cristallin ricochait à nouveau en une succession d’écho. L’espace d’une seconde seulement. L’éclaireur et le chef d’escadron se remirent illico en marche. Alexandre orientait son arme, et donc, sa lampe, le plus loin possible au-devant, le cône de lumière pulsée rejoignant l’éclairage d’Andreï tandis que Viktor et Yuriy balayait les flancs des parois. Marko et Daniil flashaient à dix et quatorze heures.

, réalisa le lieutenant, son cœur manquant un battement avant de cogner avec force vigueur sous sa combinaison tactique. La dépression mouvante, semblable à une perturbation de Coriolis ectoplasmique. Il reconnaissait le phénomène, mais beaucoup plus apparent, presque tangible. Machinalement, et en dépit du grésillement insupportable de l’éclairage, il leur fit signe d’avancer à plusieurs reprises, gardant le silence. Une impression viscérale lui intimait de produire le moins de bruit possible. Libre de la nausée et du manque d’air qui les avaient affectés durant leur première exploration, Alexandre avait la sensation de penser clairement, cette fois. L’effroi était passé, compacté en noyau de fer sous le diaphragme. Il ne quittait pas des yeux la manifestation qui flottait au loin, emportée dans des courants invisibles.

L’enveloppe ectoplasmique disparut, comme aspirée dans une cheville. Andreï l’atteignit le premier, suivit d’Alexandre. Sans un mot, ils inspectèrent l’entrée, encore terreuse et projetèrent les faisceaux à l’intérieur. Nul signe de vie. Alors, le lieutenant fit signe à l’ingénieur tunnel qui s’approcha, accompagné de Marko, protecteur du civil et porteur de ses affaires. Le serbe posa la valisette de matériel et Damyan Yegorov s’affaira sur le verrouillage. Un infime cliquetis retentit, suivit d’un chuintement de dépressurisation. Un rictus égaya l’expression renfrognée de Marko, sous son masque, devant le constat de l’outillage plus qu’approprié, qu’il ignorait avoir transporté jusqu’alors.

L’ingénieur sortit une houe et une pioche compactes et démontables, tendit l’une au sergent et l’autre au lieutenant, sans aller jusqu’à oser leur expliquer comment agencer et enclancher les parties. Pendant ce temps, il alla examiner le premier mètre du boyau percé de frais avant d’en ressortir recouvert de terre humide. Marko et Yuriy étaient engagés dans une dispute de muets au sujet de l’éboulement qui leur barrait la route, à grand renfort de gestes. Alexandre saisissait parfaitement leurs inquiétudes : guet-apens, piège, ennemi, et un geste détourné qui signifiait à l’origine ‘ramper’ mais qui s’apparentait plutôt à ‘écrase toi’. Il se dirigea sur eux, brisa l’altercation et leur ordonna en trois gestes standard de rester sur place de manière à couvrir l’entrée et de surveiller la galerie. Ensuite, il désigna Andreï, lui-même, et Daniil, au vu de tous, et pointa droit dans le boyau, du bout de sa pioche.
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le Mer 11 Avr - 21:08

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Quelque chose flottait dans l'air. Plus sinistre que les Mutants, plus mystérieuses que ce qu'il avait pu vivre jusqu’à maintenant. Être Stalker était être habitué de vouloir devenir une sorte de nomade du Métro. Toujours se déplacer, dans les souterrains comme dans les rues abandonnées et les anciens bâtiments de la surface. Dieu savait que les dangers étaient omniprésents et variés. Mais ce tunnel était différent de bien des autres. Andrei Volkovar marchait calmement malgré la tension dans son corps, ses muscles prêts à réagir comme un ressort en cas de danger. Il voyait clairement. Il maîtrisait son palpitant en lui, par des respirations régulées et profondes.

Et la lumière fut. Aussi brusquement qu'elle s'était éteinte, la lampe poche accrochée au fusil d'Andrei Volkovar se ralluma. Mais non sans créer de zones d'ombre. Observant alors ce spectacle macabre qui lui fit un effet amnésique, oubliant de respirer. Des ombres parmi les ombres, ceux qui erraient dans l'abysse. Comme un spectacle désolant de ce qu'avait pu être des anciennes personnes ayant vécus dans le Métro dans la plus grande des souffrances ou bien ceux qui ont connu le feu nucléaire. En sortant dehors, Andrei avait bien vu des ombres de ce genre, dans son chemin, les silhouettes marquées au sol par le feu atomique. Mais ceux-ci... Était bien plus différent.

Sous terre, aucune chance que le feu atomique ait pu se propager. Alors comment auraient-ils pu arriver là ? Andrei ne voyait qu'une explication surnaturelle, et au diable ceux qui essaieraient de rationaliser. Comment expliquer les lampes de chacune des personnes ici présentes qui défaillaient en même temps, et ces ombres ? Andrei continuait d'appliquer ses techniques pour calmer son pauvre corps et son mental durement mise à l'épreuve. Mais Andrei, comme pour les autres, probablement, vit au fond quelque chose bougé. Immatérielle tout en ne l'étant pas. Solide en état vaporeux. Bizarre sensation pour les yeux que c'était, mais Andrei se jura d'avoir vu une sorte.. D'invitation. Le fait est que l'ombre se soit mise à vue ainsi, pour ensuite partir ailleurs, était plus ou moins positif. Elle ne voulait pas attaquer, vraisemblablement. Et en quelque sorte, c'était une... Invitation pour la communication.

Se dirigeant là ou elle était passée, il entra dans un tunnel bouché au fond. Andrei pesta mentalement. Les lumières ayant été revenues, il pouvait observer à sa guise les alentours, avec l'aide de la visière de son masque, conception ingénieuse pour se protéger les yeux en pleine journée comme dans l'obscurité la plus totale dans le Métro. En vérité, Andrei pouvait ainsi épargner une grande quantité d'énergie dans les batteries de son arme. Ainsi donc, il rangea son arme vers le bas de son dos, une attache solide le maintenant en place, comme une sorte de bandoulière. Prenant l'outil tendu par l'homme, lui donnant la forme d'une houe. L'usage de ce genre d'outil était commun pour certains Stalker. Ainsi donc, il se mit au travail. Avec de l'aide, et au bout d'un moment, Andrei finit par déblayer le chemin de sorte qu'il pouvait continuer. Étant Stalker, le Russe décida de s'enfoncer en premiers dans le tunnel.

L'arme était de nouveau sortie et il suivait ce chemin. Faisant attention. Quelque chose lui disait que le bruit pouvait se montrer bien nocif pour eux, alors qu'il était toujours devant, sur une certaine distance des autres, mouvant dans les ténèbres...
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Soldat-infirmier
le Dim 15 Avr - 1:55

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Age :: 30
Patronyme :: Ivanovitch
Surnom ::
Les pas s'éloignaient. Daniil se rendit compte qu'il avait retenu sa respiration, jusqu'à n'en entendre plus que l'écho se tarissant et que le halo vert de la lumière ne vienne éclairer leurs alentours. Encore, l'unité progressait lentement, comme si chacun de leurs pas pouvaient leur être fatal d'une manière ou d'une autre. Plus tard sans doute, lorsqu'il profiterait d'un moment seul et que le temps lui en serait alors donné, le médic repenserait à cette aventure en accusant le contre-coup du stress qui grattait en ce moment contre le mur bétonné de professionnalisme dont il devait faire preuve sur le moment. Là, tapis dans les méandres de son esprit et de sa personnalité propre.

L'effet stroboscopique qui leurs fit une nouvelle fois cadeau de sa visite, passa proche de lui filer la gerbe et le tournis ; maltraitant finement son équilibre. C'est la vision qu'il découvrait en même temps que les autres, qui le cloua sur ses deux pieds. Des ombres de souffle nucléaire. Une trace macabre du passé. Sous le masque toujours en place, ses yeux étaient grands ouverts et ses pupilles contractées ; fixé qu'il était sur le triste tableau qui éveillait en lui un mélange d'émotions qu'il n'était pas prêt à avouer. Fascination un brin morbide peut-être, curiosité, et tristesse. Une peine légère qui venait lui rappeler un passé qu'il n'avait point eu le temps de connaître, de voir, mais qui avait hanté nombre de récits tant relaté par sa mère que les plus anciens, lorsqu'il était enfant et qu'imaginer un soleil irradiant la place rouge, lui était encore faisable. Aujourd'hui, ça ne l'était plus.
Aujourd'hui, il n'y avait plus que la vie dans le métro pour les siècles à venir, et ces ombres, témoins quasi éternels des Hommes qui s'entre-déchirèrent jusqu'à fendre l'équilibre de la Terre elle-même.

Dans sa tête, il jura lorsqu'il baissa son arme à la commande du lieutenant ; se retenant tout juste de s'arrêter le temps de toucher les ombres, intrigué par leurs présences particulières. Puis à nouveau, ce rire d'enfant, qui manqua de lui dévisser la nuque. Son cœur battit si fort qu'il crut que son épiderme tressautait sous la puissance inhabituelle du muscle cardiaque et sa vision sembla crépiter d'un bleu Majorelle, l'arrêtant une seconde dans sa progression.
Probablement dû à un afflux de sang, se convainquait-il en reprenant sa marche, se retenant de frotter ses yeux. Car il aurait dû déranger son masque pour cela. Et pour le rassurer un peu plus, le phénomène ne dura pas, disparaissant en même temps que la silhouette.

Une profonde inspiration, puis une seconde, visait à calmer l'intégralité de son système cardiovasculaire afin de pouvoir vérifier la solidité de son matériel, pendant que les outils s'assemblaient. Puis il se tint prêt, la lampe défectueuse accrochée à sa ceinture, à suivre le mouvement qui les mènerais au travers le tunnel déblayé, en espérant que rien de dramatique ne les attende de l'autre côté.



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le Lun 16 Avr - 18:01
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Après une bonne cinquantaine de pas dans une galerie qui, à première vue, semblait davantage fragile que le mental déjà chancelant de vos partenaires, vous risquez quelques enjambées supplémentaires sur de larges dalles de marbre.
Les faisceaux lumineux se croisant et se recoupant, vous distinguez une partie de ce qui semblerait être une salle, profonde. Et bien que l'on pourrait croire ce lieu abandonné de toute vie, vos oreilles vous garantissent le contraire : le hall fourmille d'insectes disproportionnés et d'araignées de la taille d'une assiette ; tous fuyant devant le son résonnant de vos lourdes bottes sur les dalles de pierre.

C'était une sorte d’entrepôt, condamné par l'effondrement de ses issues. Un entrepôt bas de plafond, dépouillé de tout ornement, de toute décoration : seules les quelques épaisses colonnes de pierre et le damier au sol conféraient un soupçon de charme à ce lieu. De larges bonbonnes de gaz, fixées à l'un des murs -le plus proche de votre position- et quelques bidons de tôle rouillée disposés ça-et-là complétaient le tableau.
Un léger mouvement de poignet, une légère rotation du faisceau lumineux de votre lampe découvrait ensuite un mur entier de lourds sacs de sable, empilés rigoureusement, et abandonnés là : à quelques mètres seulement de votre groupe.

Toujours en proie à une soif insatiable d'exploration, votre lampe s'agite une fois de plus, dévoilant deux nouvelles galeries, semblables à la votre en tous points : sombre, basse, étroite...et fréquentée de quelques paires d'yeux, toutes plus curieuses les unes que les autres, au moins autant que les vôtres.

Le silence mortel du hall fut soudain brisé par de lourds grognements gutturaux, provenant de ces mêmes galeries. Vous sentez finalement l'adrénaline vous envahir, la sueur perler sur votre front, malgré l'air toujours frais de la pièce. Les grognements s'intensifient, leurs propriétaires se sont déplacés avec agilité et multipliés dans l'obscurité. Vous voilà très probablement encerclés.

Mutation d'une race d'animal depuis longtemps disparue, ces créatures semblent habituées à vivre dans ces galeries enténébrées et à chasser en meute. Elles savent se tenir sur deux pattes, mais semblent plus à l'aise sur quatre pour se déplacer.
Créature à la crinière sombre ; massive, puissante et coriace à première vue, sa gueule est dotée d'au moins deux rangées de dents, pointues et acérées.

La meute n'attend en réalité qu'un seul et unique signal pour vous déchiqueter : celui de son mâle alpha.



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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Mar 17 Avr - 15:25

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Patronyme :: Nikitovitch
Surnom :: Stena
Vaille que vaille, le lieutenant envoyait les coups de pioches, recroquevillé, un genou posé au sol. Il tenait l’outil comme une batte de baseball. Improvisation en milieu confiné. Le sergent déblayait au fur et à mesure les blocs fragmentés et les mottes terreuses à l’aide de sa houe. Au bout de quelques mètres de progression, les débris devenaient moins calciques et le milieu plus hydromorphe, couleur rouille sous l’éclairage des torches. A partir de ce moment, leurs opérations retentiraient avec moins de clameur, mais le mal était déjà fait. Leur exploration spéléologique aurait pu réveiller les morts. D'autres morts. Sans un mot ils échangèrent leurs outils et passèrent en file, le stalker en tête, le médic à l’arrière. Au bout d’une trentaine de pas, le conduit s’élargissait et Alexandre estima leur visibilité à trente pas encore. L’exercice l’avait réchauffé tout en lui refroidissant la tête. Les hallucinations hypnagogiques s’étaient envolées.

Obligé de se courber pour se déplacer, autant pour ses quadriceps bétonnés, il rejoignit Andreï à l’avant, dix pas plus loin, lorsque celui-ci leur signifia un changement de terrain radical. Relevant sa kalash et le faisceau de lumière, Alexandre vint se placer contre la paroi opposée et balaya l’issue de la galerie, située à une quinzaine de mètres. La visibilité était médiocre. Il l’informa de son intention d’aller chercher les autres avec un geste de ralliement, suivi d’un geste directionnel, et lui donna ensuite, en deux signes supplémentaires, la consigne de stationner en tenant l’éclairage bas jusqu’à leur retour. Le déblayage fait, il mettrait moins de deux minutes pour parcourir les quarante mètres d’aller-retour. Il avait estimé leur lente progression à trente pas depuis l’entrée dans la cheville, soit environ une vingtaine de mètres. Il accrocha la pioche à sa ceinture et fit demi-tour, posant une main ferme sur l’épaule de Kraïevski au passage, tant comme marque de sympathie que par maintien d'une distance, pendant qu’ils devaient manœuvrer l’échange de leur position en espace réduit. Tout va bien se passer cette fois-ci, semblait-il lui dire en croisant son regard.

L’atmosphère était différente, à l’autre bout, comme si la nervosité des trois vigies empesait jusqu’à l’air même. Pourtant le phénomène n’avait rien de comparable à ce qui s’était produit un quart d’heure plus tôt. Non, ce n’était là qu’une tension électrique humaine. Le sergent-chef s’était approché de l’entrée dès les premières lueurs aperçues dans le boyau. Chacun leur tour, ils orientèrent leur lampe de manière à pouvoir se lire. Rien à signaler du côté de Kashirsky. Signe de ralliement du côté de Prokhorenko, enchainé sur la désignation du starchina et de l’ingénieur. Sa voix retentit au travers du dispositif, déformée. « Sortez-le de là et revenez avec Murugan si nous ne sommes pas de retour dans vingt-cinq minutes, entrée SO-E17. » Il pointa vers l’arrière et ajouta :  « Chambre inconnue à 35m environ. Menaces possibles. Nous engageons. Compris ? » La mission d’ingénierie tunnel avait manifestement pris un tout autre tour et le lieutenant ne voulait plus de civils tant que l’endroit n’était pas balisé.

Viktor eut un instant d’hésitation qu’Alexandre interpréta comme de l’inquiétude. En dépit de leur différence d’avancement, le sergent-chef était bien plus âgé que lui. Justement, Arbatskaïa avait besoin de tous les vétérans du monde pour tailler dans le charbon. Il fit volteface et repartit illico vers Andreï et Daniil, talonné de Marko et Yuriy. Tous devaient fléchir les jambes et arrondir le dos, l’échine quasi-parallèle au conduit. Mais ils avancèrent rapidement et aussi furtivement que possible, suivant le lead du lieutenant. Le serbe, qui dépassait à peine le mètre soixante-quinze, était sec et tout en nerfs, un vif combattant. Le blond devait le dépasser de cinq centimètres, mais en beaucoup plus large et plus lourd, robuste, élevé aux patates et à la smetana. Aux vestiaires, une fragrance d’hémoglobine ionisée se dégageait de lui, parce que cet idiot dormait avec son RPK et refusait de le déposer à l’armurerie. Ça n’était pas réglementaire, et Alexandre allait devoir s’occuper du problème. L’excentricité était la matrice des égoïsmes, lui avait souvent répété Lobachevsky.

Le reste de l’unité atteignit le duo en tête, et les hommes se placèrent en pentagone, suivant le signe de main que produisit le lieutenant : geste de la formation en pointe, mais avec la main ouverte, les cinq doigts écartés. Kraïevski à 10H, Volkovar à 12H et Prokhorenko à 14H. A l’arrière du pentagone, Dordevic à 20H et Gruzdev à 16H. Les cliquetis des armes retentirent de concert et la formation rapprochée franchit les vingt pas restant, aussi légèrement que possible. Les vibrations produites par leur avancée étaient minimes, et des humains se seraient laissés surprendre par leur arrivée. Ils étaient formés pour ça. Mais ils ne pouvaient tromper les sens des animaux et des insectes. A l’orée de la galerie, le trinôme avant posa le pied sur un dallage. Sans désarmer, Alexandre signifia aux soldats de s’arrêter et d’observer. Le serbe et le russe étaient toujours sur la terre humide, mais leur visibilité était dégagée.

Des arthropodes et des vertébrés au corps annelés crépitaient dans leur propre nécromasse. Leurs carapaces irisées renvoyaient des reflets multicolores sous la lumière des lampes torches mouvantes et le sol même, luisant de chitine gluante, parut tourbillonner. Ils étaient les premiers organismes étrangers à perturber la colonie, jugea-t-il. De sa main gauche, il pointa tour à tour les bonbonnes à l’Est et les barricades de sable à l’Ouest. Tandis que les faisceaux balayaient le fond du hall, la fourrure d’une créature thérianthropique chatoya avant de disparaitre dans un boyau du fond. Les grondements s’élevèrent en canon, menaçants. Alexandre fit un pas en avant, dépassant Andreï, et barra toute progression en un geste militaire qui ne souffrait d’aucune équivoque.

Son état mental était un trait-plat émotionnel, il n’était plus qu’un sac à catécholamines. Une meute de créature mutantes revendiquait un territoire qui appartenait de fait à Polis et c’était inacceptable. Dès le moment où il avait posé la semelle de son godillot sur le sol de béton-acier antiatomique, l’endroit tombait sous les possessions de la cité lumière. Tout allait très vite, nul débat intérieur derrière ses rétines, regard et sens focalisés sur le terrain. La tension grandissait. Lentement, il pointa le mur de barricades sur leur gauche et exécuta un geste de balancier bas. Les insectes avaient vidé les lieux. Les renâclements agressifs, les borborygmes de bile étranglés et les bruissements des bêtes allaient crescendo, entrecoupés de silences d'autant plus menaçants.

Finalement, c’était encore ce qu’il préférait. Ne rien ressentir sinon en tant que terminaison nerveuse géante, et traversée d’instincts primitifs qui déclenchaient une série de comportements survivalistes hautement codifiés. METT - TAP : Mission, Ennemis, Terrain, Troupes. Territoire, Attaquer, Protéger. Les 4B, baiser, bouffer, se battre, se barrer, étaient bien trop primitifs et charnels pour qualifier son état. Car ce qui leur faisait face n’était pas humain, ou pas suffisamment humain pour tisonner en lui le moindre instinct de compétition.
Ne pas avoir à s’inquiéter de quiconque, là-bas, dans le monde civilisé, représentait dans ces moments un atout de taille. Qu’il revienne ou non n’affecterait personne en particulier et il y aurait toujours d’excellents éléments pour le remplacer. Peu importait que ce soit vrai ou faux, c'était ce qu'il croyait. Diffuse à des niveaux fondamentaux de sa psyché, cette pensée le rendait inébranlable, uniquement concentré sur sa mission et ses équipiers.

Il atteignit le bâton de lumière chimique, le brisa contre sa cuisse et le balança en direction d’une des deux entrées, de l’autre coté du hall. Une lueur bleue nucléaire illumina la topographie de la salle avant de tomber devant la galerie, révélant sous sa fluorescence Tcherenkov, un balai monstrueux de thérianthropes vivaces en train de prendre position. Leurs yeux luisaient comme des billes de verre au-dessus de rangées de dents taillées pour percer les carapaces des insectes mutants. Et les armures, craignit-il sans avoir le temps de cerveau de se le formuler consciemment. Le tiers nord de la chambre était maintenant éclairé. Le mystère de l'intoxication était résolu. Dans un coin de cerveau, Alexandre espérait que le Dräger ait correctement fonctionné jusqu'aux interférences. Car Yuliana leur avait annoncé que tout était au vert au niveau des gaz explosifs.

Le pentagone de kshatriyas était prêt sur 360° et se déplacerait en direction du mur de sacs, dans le but de prendre abri. Et commettre un génocide. « Tirez dans la viande. Pas sur les bonbonnes et les bidons, » s’entendit-il grogner d’un timbre rendu rauque d’anticipation. Il n'avait pas besoin de le leur dire, mais le protocole l'exigeait.  Il n’y avait pas moyen qu’ils puissent s’en sortir sans faire feu contre l’attaque imminente de ces bêtes mutantes.
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le Mer 18 Avr - 8:45

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Et ho, et ho, et ho. On ne rentre du boulot. Tapant contre les débris avec sa houe portable, Andrei s'imaginait un instant dans une sorte de tunnel avec des multiples pierres aux facettes colorées brillant comme les étoiles. L'instant présent lui rappelait un conte qu'il avait lu un instant pendant une sortie dans la bibliothèque Lénine, il y a de cela un an ou deux. L'instrument donné par l'ingénieur avait délogé les débris, et ils avaient tous finis par avancer. Toujours aussi prudemment, ayant rangé l'outil dans sa ceinture. L'arme braquée devant lui. Encore, de nouveau, cette sensation glacée se glissant le long de sa colonne vertébrale comme un vilain serpent.

Dieu qu'il aurait aimé un lance-flamme.


La présence de gaz, cela dit, compliquait les choses, surtout en l'absence de l'outil qui leur avait permis de détecter la présence de gaz ou non. Passée ce point-ci, probablement que le gaz était dans les environs. Inflammable, probablement, et Andrei ne tirerait qu'au moment où les choses se révéleraient chaotiques. Un coup bien placé. Mais qu'en était-il de ce spectre ? Pouvait-on seulement les éloigner, à défaut de les blesser ? Un instant perdu dans ses pensées, il fut ramené brutalement dans la réalité en posant le pied sur un sol fait d'un matériau familier, si souvent fouler par ses bottes en surface. S'étant stoppée subitement, observant devant lui ce spectacle dégoutant.

Dans les anciens livres, on les avait détaillés comme petit et inoffensif pour la plupart des humains. Mais la taille de ces bestioles laissait à désirer, et il aurait adoré qu'un lance-flamme vient flamber ces bestioles pour les réduire en cendres, ces saletés. Il avait eu un mauvais souvenir quand un jour, une araignée s'était glissée dans son chandail une nuit pendant qu'il avait été en formation pour rejoindre la caste des soldats de Polis. Il s'était débattu dans son propre lit et avait effectuer une sorte de danse, avant que l'on ne remarque le pauvre insecte écrasé. Depuis cette nuit, il avait toujours vérifié chaque recoin d'une chambre avant de s'endormir.

Ignorant sa haine des insectes, il observa ce que pointait Alexandre. Un gros tas de sac de sable, vers la gauche, et vers la droite... Des bonbonnes. L'origine du gaz, probablement. Une ressource précieuse qui s'avérera probablement utile pour la station de Polis. Mais Andrei releva subitement son arme vers les nouveaux invités, alors que son cœur augmenta en rythme. Il battait, cognait contre sa cage thoracique comme un tambour de guerre. En tant que Stalker, il en avait vu, des saletés. Mais ces choses... Qu'étaient-ils ? Un instant, il s'imaginait presser la détente et exploser sa sale gueule.

Mais ils étaient plusieurs. Et dérangés par la présence des humains ici présents. Une soudaine lueur bleue, alors qu'Alex jetait un bâton chimique. Andrei pesta mentalement, alors que, tout en gardant un œil bien vigilant et attentif sur les mutants, et les alentours, il se déplaçait avec le groupe en direction vers les sacs de sable. La soudaine lueur pourrait faire peur aux Mutants, qui semblaient davantage habitués de vivre dans la noirceur et la solitude. Ladite peur qui pourrait les convaincre d'attaquer.

-Si l'un de vous touche les bonbonnes, je vous jure que je vous traquerais jusqu'en enfer et vous montrerez de quel bois je me chauffe... alors si un Mutant aie la brillante idée de s'y placer tout prés, ignorez-le, sauf s'il s'approche de vous rapidement.
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Narrateur
le Mer 18 Avr - 18:30
Narrateur
Compte tenu de la situation et de cette soudaine poussée d'adrénaline, le joueur Daniil Kraïevski doit lancer le dé suivant : "Pièce du destin" afin de déterminer la réaction de son personnage (mutation du joueur). Il postera ensuite sa réponse.

Le barème est le suivant :

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Soldat-infirmier
le Mer 18 Avr - 18:57

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Patronyme :: Ivanovitch
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Lancé de dés



Dans les spectres colorimétriques, se consume la vérité.

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