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Lieutenant-instructeur, chef de section du Bastion Vympel
le Dim 25 Fév - 12:06

Passeport
Age :: 32
Patronyme :: Nikitovitch
Surnom :: Stena


Hope for the best, be prepared for the worst

FACTION :: Polis - Kshatriya
PROFESSION :: Lieutenant Instructeur

NOM :: Prokhorenko
PRENOM :: Alexandre
PATRONYME :: Nikitovitch

DATE DE NAISSANCE :: 31.01.2013
ÂGE :: 32
TAILLE :: 1.92 m

GENRE :: M
SEXUALITE :: Au garde-à-vous !


Descriptions

Profession & Faction

Lieutenant en charge de la section Bastion Vympel.
La topographie, les accès souterrains et les accès extérieurs de la station Polis sont gravés dans sa mémoire, il en connait les moindres recoins et culs de sac : c’est un réquisit implicite de sa fonction. Principalement et officiellement, il organise et déploie les stratégies de défense de la station. Parfois, il provoque des exercices d’anticipation de type chaos monkey pour tester l’efficacité et les faiblesses de l’organisation à l’échelon de sa section ou en collaboration avec la chaine de commandement. Aussi, ses stratégies sont en évolution constante, en compétition darwiniste avec les menaces éventuelles ou avérées contre Polis. La nature des missions qui lui sont attribuées peut varier dans le temps et selon les urgences. Instructeur pédagogue, il forme les jeunes recrues et est parfois chargé d’intervention spécialisée dans certains champs, allant du simple désarmement en one to one, aux différentes tactiques de retrait et redéploiement en unité en zone déclarées hostiles ou envahies. Le dernier module court qu’il délivra dans une faction alliée s’intitulait alors : « Opérations d’évacuation et mise en quarantaine civile en situation de risque bactériologique.»

Physique

Les clameurs et les rires sont rythmés par le cliquetis des couverts et le grincement des bancs ; de rares éclats de voix, grondements éparts et chants entonnés sans suite, se détachent de temps à autre de l’ambiance sonore du réfectoire aux parois carbones. Un répit tant illusoire que salvateur s’étend sur les soldats. Le Leïtenant  est installé au dernier quart de la tablée, rayonnant. Sa bouche généreuse est entrouverte en un demi-sourire d’incrédulité, son regard d’ambre est en iridescence, dans l’expectative de la chute de l’histoire qu’est en train de raconter le Serjant Dezhnyova. Il n’est pas dupe et secoue lentement la tête, sans se départir de son sourire, l’encourageant d’une salve de jurons sympathiques. Car ce qui compte n’est pas tant la réalité des prouesses d’ordre privé que celle-ci est en train de leur raconter, que son jeu de comédienne et la véracité qui s’en dégageait. Les autres sont pendus aux lèvres de l’héroïne, ils la gratifient d’une attention soutenue et ajoutent de la tension à son histoire en laissant échapper des « Nooon ! » admiratifs ou des « Dégage ! » enthousiastes. Adaptabilité et persévérance de l’humain, étrange créature capable de manifester de la bêtise en toute condition, et fière d’en faire autant. Soudain, Alexandre ne les entend plus qu’en un écho lointain, l’étirement de ses commissures se résorbe lentement en révélant une mâchoire carrée, à la ligne équilibrée et impeccablement rasée. Il présente à cet instant un faciès de brute fine empreint de bienveillance, et son regard, perdu dans quelques souvenirs, est d’une intensité radioactive, électrisante. En rang serré sur le banc, il prend son pesant d’espace, ses cuisses musculeuses poussant celle de ses voisins. Il se tient en rétroversion, le ventre creusé sous un pectoral d’airain, un coude calé sur la table, toujours tourné vers le sergent. Le volume ambiant et le sens des mots lui reviennent, l’anecdote et terminée.

La tablée explose de rire, l’excitation monte, le moral est là. Le lieutenant pousse un long soupir et, faussement dépité, se cache le visage d’une main, les commissures de ses lèvres largement étirées au point qu’il en montre les dents. Autrement, il va toujours à découvert : nulle mèche ne lui tombe devant les yeux ni ne risque de le gêner d’une quelconque manière dans le combat du quotidien, et dans le quotidien du combat. Ses cheveux bruns sont invariablement rasés de 9 mm sur les côtés à 20 mm sur le crâne. Né dans les ténèbres, il dégage quelque chose de solaire ; probablement de la mélanine : car sa mère, fugitive d’un régime fondamentaliste, était iranienne. Peut-être lui avait-elle véritablement transmis les gènes du battant. Puis il déploie son torse, sculptural sous le tee-shirt d’uniforme, se faisant craquer l’échine au passage. Il se frotte machinalement la nuque, solidement plantée dans une couronne de triceps renforcés, le tatouage symbolisant son appartenance aux ksatriyas y est nettement visible, et un frisson d’aise dévale les reliefs de ses dorsaux. Il songe alors à ne pas oublier de faire des étirements.

Comédien à son tour, il s’apprête à menacer Dezhnyova de suspension, le tribut usuel pour tout récit agitateur, lorsque le Polkovnik  franchit sans préavis le sas du réfectoire. Alors Prokhorenko se redresse illico, à la fois mur et rempart, repoussant le banc et ses passagers par le simple fait de s’être vélocement levé. Ses hommes se calquent instamment sur lui, quand bien même n’ont-ils pas encore aperçu le haut-commandement, coupant jusqu’à leur souffle.
Son expression changea telle une météorologie en accéléré, et ses traits forcirent de sérieux. Ses yeux d’ambre liquide se fossilisèrent, flamboyants, sous la ligne affirmée de ses sourcils bruns, lorsque détonna soudain le timbre de sa voix, portant et profond : « Mes respects Mon Colonel ! »

Mental

Alexandre est un passionné. Il croit en ce qu’il fait et il nourrit depuis toujours une espèce de foi inaltérable en l’avenir de l’humanité. Puisque selon lui : On a déjà touché le fond, y’a plus de plancher à crever. Du moins, a-t-il besoin de se le dire et de s’y accrocher. Mais c’est aussi une redoutable manière de ne jamais s’arrêter et d’ignorer les méandres de l’introspection. Le lieutenant est toujours en action et le Capitaine doit parfois lui ordonner de mettre l’uniforme au vestiaire et de prendre ses permissions. Rarement seul, il est la plupart du temps entouré de subalternes, d’officiers supérieurs ou de camarades : du pareil au même, il s’agit de sa caste, de sa famille, auquel il voue une loyauté inscrite dans son ADN. Meneur d’hommes et juge de caractère, il est attentif et à l’écoute.

Lorsqu’il garde le silence, il est probablement en train d’évaluer et jauger un problème humain : c’est ce qui fait de lui un bon instructeur. Il n’a généralement pas besoin de faire usage de violence physique et ce n’est pas seulement dû à son imposante stature. Il peut être patient ou brutalement franc, se montrer extrêmement compréhensif à l’endroit où d’autres abandonneraient. Parce que la salvation ne doit pas être un privilège, et que personne ne doit rester  en arrière. Ce qui ne l’empêchera pas, au contraire, de passer un savon monumental au fautif qui ne serait réceptif qu’aux démonstrations d’autorité ou de puissance. C’est pas un mauvais gars, l’avait-on entendu dire, mais tu ne peux pas le raisonner avant de l’avoir séché. A chaque problème sa solution, à chaque personnalité sa négociation. Mais ce qui fonctionne particulièrement bien avec le reste du monde s’est révélé chaotique dans les confins de sa vie privée. Si le lieutenant Prokhorenko est un homme très apprécié par ses pairs, collaborateurs et connaissances, et doté d’une faculté d’empathie tentaculaire, Sanya a commencé à essuyer dans sa vingtaine, une série d’échecs relationnels et affectifs, incapable d’établir une communication avec lui-même sur ce plan, et donc avec ses intimes.

C’est probablement sa seule faiblesse exploitable, face cachée de sa force de cohésion. Ainsi, il fera toujours passer la vie des autres avant la sienne et n’hésitera pas à traverser le feu pour sauver la peau de ses équipiers, ou bien rester seul derrière, si la neutralisation d’une situation l’imposait. Acculé à cette extrémité, le sacrifice est sa réponse viscérale.


Compléments

Compétences

-Combat rapproché niveau instructeur / désarmement/ neutralisation et immobilisation « civile » ou létale. Traumatologie du combat, gestes et secours à adopter.
-Tactique militaire offensive et défensive du niveau commandement de patrouilles et coordination des chefs d'unité.
-Analyse rapide des situations dans l’urgence et grande résistance au stress : la vie de ses hommes et le succès de la progression d’ensemble dépendent de ses décisions.
- Opération militaire avec gestion des civils.
- Montage/démontage d’armes à feu, connaissance intime des fusils d’assaut.

Ses classes officielles n’ont fait que discipliner et renforcer l’éthos de combattant et de patriote qu’il nourrissait déjà. Les techniques de combats militaires, mélange rescapé de Systema russe, d’Aïkido réelle (avec coups létaux) et de Krav-maga, morphés en un art martial propre à la caste militaire de Polis, rencontrèrent un écho facile dans ses membres aguerris aux altercations musclées. En compagnie de ses camarades, aux heures de repos, il réfléchissait et développait avec entrain, jusqu’à l’épuisement, des techniques de pieds-poings-clef-projection, d’immobilisation au sol ou dans des situations les plus fantasques. Et il avait découvert assez rapidement que rien n’était jamais assez fantasque en guise de praticabilité. Le premier ennemi était intérieur : la surprise. Éliminer la surprise et les réactions de surprise n’était pas une question zen, mais de préparation à toute éventualité, car rien d’humain ni d’inhumain ne devait leur rester étranger. Le tout exécuté dans une émulation de groupe, testant en combat souple ou pleine puissance, ce qui surgissait dans l’inventivité de l’instant, et jusqu’à ce que réflexe s’en suive. Placer une technique était à la fois une question d’efficacité et de répétition acharnée. Les mouvements devenaient réflexes, anticipation, puis anticipation des réflexes, piège, feinte et domination. L’art martial était une création perpétuelle et évolutionniste, qu’il pratiquait sans en connaitre l’histoire, sans avoir accès aux origines de cette pensée. Servir et protéger, en temps de guerre comme en tant de paix.

Possessions

Equipement militaire :
Armure lourde et Bouclier tactique (Alliages renforcés et kevlar) - Casque Kevlar avec visière ;
Fusil d'assaut AKMS – et poignard baïonnette KAMPO compatible ;
Fumigènes –  1 paires de menottes d’intervention alliage alu/acier et 6 liens de types colliers de serrages autobloquant (jusqu’à épuisement des stocks…) ;
Une lampe torche à dynamo qu'il embarque y compris en permission ;
A l’armurerie il peut demander : le matériel militaire disponible selon son niveau d’accréditation.

Il peut lui arriver de faire un emprunt officieux qui ne sera pas loggé, en bonne entente avec le Starchyï serjant en charge des inventaires.

Arme personnelle : depuis quelques temps, un modèle Marakov de 1998, balles 9mm standard. Il recherche un silencer d’origine ou fabriqué pour ce modèle et a fait passer le mot dans les canaux adéquats.
Les spécimens de poignards en sa possession tournent, majoritairement de fabrication originelle (provenant de la surface). Il n’a pas de panoplie et en possède au maximum deux à la fois ; mais il fait de nombreux échanges.

Pharmacopée :
Lorsqu’il est en fonction, il transporte quelques doses d’antalgiques et d’anticoagulants délivrés par la caste militaire. Ayant été amené à rencontrer, appréhender, fouiller et arrêter de nombreux individus aux connaissances et intérêts fort diversifiés, il saurait à priori à qui s’adresser pour obtenir des substances artisanales de type pseudo-opioïdes ou pseudo-morphiniques, issues de la flore locale (et bien plus rarement des trésors pharmaceutiques de surface), en cas d’extrême douleur. Non pour lui, mais pour ses hommes ou pour des proches.

Un exemplaire de la trilogie martienne de Kim S. Robinson traduit en russe, ainsi qu’un exemplaire de L’entraide, un facteur de l’évolution par Piotr Alexeïevitch Kropotkine. Son père les gardait précieusement, probablement appartenaient-il à la mère d’Alexandre. En tout cas, il les a embarqués avec lui et les as dévoré à plusieurs reprises dans sa vie, parce qu’il ne lui était tout bonnement pas possible d’en comprendre le contenu lorsqu’il était gamin bien qu’il en déchiffrait déjà les mots et interprétait le sens de certains termes mystérieux par compréhension de contexte.
Il possède également une armada d’exemplaires de manuels de terrain officiels de type Army Field Manual (FMs) version Mère Patrie.

Liste non exhaustive même s’il ne possède au final que peu d’affaires personnelles. Une partie de ses possessions est stockée dans le compartiment privatif (avec une rotation d'occupation régulière pour des questions de cohésion) qu’il occupe aux quartiers-dortoirs de la caste militaire, une autre est planquée quelque part ailleurs.

Antécédents médicaux

Natif de l’underground, son métabolisme et son rythme circadien sont adaptés à la vie souterraine. Ses yeux clairs absorbent avidement la moindre intensité lumineuse artificielle et son horloge biologique est quasiment synchronisable en fonction de ses besoins et des efforts fournis. Il peut dormir trois heures par cycle de sommeil pendant trois ou quatre jours et disparaitre 30 heures d’une traite. Ce sont des caractéristiques évolutionnaires propres aux environnements privés de la lumière du soleil qu’il n’est pas le seul à rencontrer.

Jusqu’ici, il n’a pas développé de syndrome dégénératif ni n’a conscience d’une quelconque mutation. Sa condition physique est athlétique, grâce à l’accès à la nourriture et aux exercices quotidiens. Il est particulièrement alerte, sans apports d’amphétamines extérieures. Peut-être a-t-il pour fournaise métabolique, une thyroïde nucléaire à laquelle il devra payer un jour, le tribut de son énergie débordante.
Son épiderme est strié de cicatrices minimes au point qu’il n’est plus même capable de se rappeler de l’origine de chacune. Coupures anciennes et récentes dues aux aspérités du terrain : ramper dans les colonnes d’aération ou des passages non balisés s’est souvent révélé très formateur. Une estafilade le long de l’avant-bras lui ayant servi d’ultime leçon quant à ne pas sous-estimer l’ambidextrie d’un adversaire.

Plus une méchante cicatrice sur le deltoïde droit qui ne ressemble à rien de ce qu’une arme humaine pût causer. Il en écopa lors de sa première et unique sortie dans la bibliothèque Lénine et il lui arrive parfois de douter de la réalité de la rencontre à laquelle il la doit. Quelle est en effet la probabilité pour qu’une créature aux membres hypertrophiés se déplaçant avec la rapidité d’un tir de kalash pût le tacler d’un soudain, ses petites cavités oculaires si noires qu’elles paraissaient absorber tout le spectre lumineux environnant, et surtout, le regard fixe et sidéré du lieutenant, dirigé tout droit dedans ? Pour s’en désintéresser aussi soudainement et le laisser ainsi médusé, ce qui lui permit d’entamer un retrait immédiat.

Intérêts & Loisirs

Alexandre est tout entier dévoué à ses fonctions et à sa caste. Loin du soldat drone impersonnel, son comportement et sa pédagogie inspirent des vocations et ce n’est pas quelque chose qu’il peut mettre au vestiaire comme une combinaison tactique. On le retrouvera souvent au milieu de débats politiques en tant que médiateur ou modérateur tant que la question de la sécurité de ses hommes et de la population ne vient pas. A partir de là, il devient inflammable et intransigeant, ce qui lui a valu quelques rappels de la part de sa hiérarchie. Même en permission, un ksatriya représente toujours sa caste.
Toutefois, de nature curieuse et grâce à ses aquaintances très diversifiés, il découvre régulièrement de nouvelles marottes moins explosives, ou pas, auxquelles il s’essaie quelques temps, avant de passer à autre chose. En dernière date, la distillation d’alcool. Et il parait que son pervatch est tellement infecte qu’il constitue un d’excellent désinfectant.



Histoire

« Allez, allez, enchainez ! Bon Dieu, y’a tellement de latence qu’on pourrait servir le thé au milieu !» les encourageait-il d’une voix tonnante, le ton empreint d’un agacement savamment calibré. La remontrance s’était accompagnée de vifs mouvements de moulinets. « Vous croyez que l’ennemi va bien sagement attendre son tour, pour vous ménager ? » Il recroisa les bras, clôturant son pantomime et les embrassa d’un regard circulaire. Un regard calme et exempt de tout mépris, nuançant l’expression fermée de son visage. Quand il les observait, le calque du terrain et des conditions réelles venait se greffer à sa perception, et ils ne le réalisaient pas encore. Parce qu’ils pensaient tout connaitre de la vie ici-bas et des menaces potentielles, terriblement humaines, qu’ils seraient amenés à traiter. Tous avaient déjà la fibre du combat et de la guerre souterraine, étouffante, la seule qu’ils n’aient jamais connue. Mais le lieutenant voyait bien au-delà de la station lorsqu’il préparait des soldats. Au-delà des bas plafonds, au-delà des dangers connus et recensés. Chaque erreur, chaque blessure et chaque mort serait sienne, et il en allait non seulement de sa conscience militaire, mais aussi de son devoir humain.

Quelques rires gênés avaient fusé, tout bas, parmi les recrues qui se redressaient péniblement tout en réajustant leur uniforme d’entrainement. Une grimace de perplexité rompit brièvement la sévérité de convenance de leur instructeur. En dépit de l’expérience, son visage au repos inspirait la confiance et l’aisance, pire, il avait le sourire facile. Ce n’était donc pas ce qu’il manifestait en premier à des jeunes en phase d’intégration. La distance s’appréhendait, s’évaluait. Les caractères de ces hommes et de ces femmes étaient approchés en mission de repérage, avec analyse des failles exploitables, des faiblesses, des esprits à fortifier et à réorganiser entre chaque nouveau déploiement. Son job était d’en faire des guerriers et des protecteurs de Polis. Parmi ces nouveaux éléments, quatre rejoindraient l’un des groupes de la Bastion Vympel, mais il n’avait pas encore déterminé lesquels.

« Vous êtes cuits ? » demanda-t-il, l’air faussement dubitatif, et desserrant enfin les mâchoires. Les recrues se consultèrent rapidement, en un conciliabule de regards silencieux, puis tous conclurent de concert : Non ! Mon Lieutenant ! Non !  Mais ils l’étaient et Prokhorenko le savait aussi. La séance touchait à sa fin, ils avaient tout donné. Déploiement, réorganisation et… improvisation : c’était à son tour de leur donner. Leur donner l’exemple de ce qu’il attendait doublement d’eux ; mais cela non plus, il ne le quantifierait pas. Idéalement, un patrouilleur ne se retrouve jamais seul. Théoriquement, une patrouille est constituée de deux individus au minimum, formatés pour les manœuvres éclairs et les progressions couvertes. Toujours conserver un champ de sécurité à 360°. Vous êtes responsables de votre sécurité locale. Et de celle de votre binôme, leur avait-il mainte fois assené. Les mots s’étaient imprimés en eux et des circuits neuronaux s’étaient constitués, développant la cohésion. C’était la brique fondamentale d’un peloton censé s’organiser, se défaire, se reformer dans la progression de l’attaque, dans le retrait de la défense, dans le repérage et l’infiltration en zone hostile où même les plantes cultivées pouvaient un beau jour se mettre à vaporiser un pathogène inconnu. C’était comme si l’air était en constante mutation, porteur d’assaillants microscopiques et de vibrions rongeurs d’esprit, corrupteurs de cœur.

Et puis, venait la pratique. Le terrain faisait sauter le verrou mal ajusté, la zone de faiblesse psychique qui se révèle et qui sidère dans l’action. Le terrain pouvait perdre les meilleurs et c’était pourquoi Alexandre devait déceler les fragilités qui se cachaient dans ses recrues. Parce qu’il voulait les déminer ou les faire péter avant que le réel s’en charge de manière traumatique. Mais personne ne se chargeait de déceler les propres faiblesses de ce parangon d’exemplarité militaire, bien profondément enfermées et entourées d’un blindage qui un jour ne demanderait qu’à céder.
Il avança sur eux, souple et leste, et s’immobilisa au milieu du cercle qu’ils venaient de constituer avec une diligence quasi-pavlovienne. Il étira un grand sourire, mi penaud, mi embarrassé, tout en relevant lentement les avant-bras. « Pas de quartier », déclara-t-il héroïquement en se désignant des deux pouces, afin que nul doute ne subsiste. Cette fois-ci, il n’eut pas le temps de prendre le thé.

*****

Les rats sont les premiers à s’accroitre et à s’adapter, durement, parce qu’ils sont programmés pour la survie. Parfois, le jeune Sanya croyait que son père avait transmuté avec les rats au point d’en oublier la finalité : survivre pour rester humain. Nikita Liebovitch Prokhorenko avait au moins eu le mérite de lui apprendre à se battre pour sa vie. De fait, le plus immédiat des dangers se trouvait sous son abri et partageait sa nourriture avec lui, à proportion de ce que ses forces et ses progrès le lui autorisaient. Selon Nikita Liebovitch, Alexandre devait mériter d’être en vie. Heureusement, des figures de résiliences avait été présentes dans son enfance, ainsi que l’amitié. C’était Anna et Andreï qui l’avaient rendu humain, offrant dans le partage du quotidien, un équilibre et une échelle de comparaison qui lui permit précocement de décréter que son père était cinglé. Beaucoup des natifs de surface l’étaient devenus. Nikita Liebovitch avait pété un plomb à la mort de sa femme, qui n’avait fui le régime du califat islamique que pour mourir quelques années plus tard des suites d’un accouchement en plein conflit mondial, soit à la naissance de son fils Alexandre Nikitovitch. Lorsque la déferlante nucléaire souffla la ville entière, la nullité des connaissances obstétriques du moscovite moyen frappa de plein fouet la santé de leurs femmes, les premières à casquer de leur vie en temps de catastrophe. Mais les Russes, pas plus que les occidentaux ne savaient tirer les leçons de l’archaïsme patriarcal qui n’avait fait que se renforcer, sapant les libertés embryonnaires que les populations du XXIème siècle avait tant peiné à faire germer.

Bien des années plus tard, dans un motif de circularité vicieux, Alexandre perdrait Andreï, à la mort en couches de la compagne de celui-ci. Et il n’avait pas su l’empêcher de sombrer, il avait failli à accepter et comprendre chez son ami, celui qui jusqu’alors était sa mesure, l’étendue du deuil qu’il portait. Parce qu’il avait refusé de réaliser qu’un homme tel que lui, si semblable à lui, pouvait être détruit, pire qu’il rechercherait sa propre destruction à la surface. Anna ne le lui pardonnerait pas non plus et s’éloignerait. A moins qu’elle n’ait pas supporté la place qu’il croyait devoir occuper : comme Andreï, Alexandre refusait d’accepter entièrement qu’elle était devenue une femme exceptionnelle, autonome et capable de s’occuper d’elle-même. Une brahmane du savoir et de l’ingénierie médicale, qui avait des positions de politique intérieure bien campées, et qui agissait pour les défendre. Elle était devenue bien meilleure qu’eux et Alexandre ne supportait pas de se sentir impuissant face à ses proches. Il devait les protéger, non pas l’inverse et dès lors, sans qu’il ne puisse se l’avouer, Anna l’impressionnait. Toutefois, aucun des trois n’avait jamais su démêler l’imbroglio de détonateurs qui avait explosé leur complicité. Prudemment, Alexandre tentait non pas de réparer, cela lui était impossible, mais de reconstruire une relation avec son ami d’enfance. Autant marcher sur des mines.

Très tôt, il apprit à deviner les humeurs et les intentions de son père, à lire dans les failles les plus sombres de sa psyché. Pour anticiper les coups et pour les rendre. Aussi, il déserta rapidement le box paternel : il n’était plus seul, il avait ses amis. Il savait avoir peur quand il le fallait, se battre dès qu’il le fallait, et prêter de l’attention aux signes, aux émotions des autres, à ce qui les tisonnait, mais uniquement lorsqu’il se trouvait menacé. Se mettre en danger deviendrait, sans surprise, un réquisit de son corps de métier. Parce qu’il avait quelque chose à protéger, précieusement. Toujours plus bravaches dans les défis qu’ils se lançaient, les adolescents écumèrent les boyaux obscurs et balisèrent des passages que les créatures empruntaient plus régulièrement que les humains. Dos à dos, côte à côte, en progression alternée, rapide, chirurgical, silencieux déjà, il manœuvrait ce grand corps vigoureux qui avait poussé d’un soudain, dépassant au printemps d’une tête ceux qui baissaient le menton et le nez pour s’adresser à lui l’hiver précédent. Et à défaut de pouvoir dissuader ses amis les plus casse-cous, il se désignait pour les guider et surveiller leurs arrières, leur flanc et leurs avants, développant très vite des comportements sécuritaires. Les déplacements tactiques en solo ou en groupe, qui n’étaient qu’une extension de ses propres membres, devinrent une seconde nature.

Le monde d’en dessous était suffisamment peuplé de mystères et de légendes horrifiques que la confrontation seule pouvait exorciser. Alors, armé de contrebande et d’esprit d’équipe, il s’y confronta. Jamais ne s’était-il senti aussi vivant que lorsque sa vie était sur la ligne. Jamais ne s’était-il aussi senti à sa place qu’en avant-garde sous le regard et l’admiration de ses compagnons. Et pourtant, nul ne l’aurait qualifié de tête brulée, ni accusé de nourrir un deathwish, parce qu’il visait avant tout le succès de son équipe. Parce qu’il avait besoin d’eux plus encore que ce qu’ils avaient besoin de lui, il devait les garder en vie. La stratégie n’est que la science de la survie portée à l’échelon de la caste et de l’espèce. Et c’est ainsi que sa loyauté résidait avant tout dans le périmètre qui s’étendait au-delà de son environnement le plus proche, potentiellement infini. Poussé par un sens du devoir ancré dans ses tripes et une vocation indétrônable à protéger, il passa avec brio les étapes du recrutement militaire dans le dernier bastion civilisationnel du passé, pour assurer un avenir à l’idée qu’il se faisait de la Russie, la mère patrie de son père déchu, la terre d’accueil de sa mère fugitive, cette battante qu’il n’avait pas connu. Ses supérieurs hiérarchiques, ses équipiers et bientôt, sa section, ses pelotons et ses hommes devinrent sa nouvelle famille et sa raison d’être. Il portait ses responsabilités comme un étendard.

Ainsi, le Lieutenant Prokhorenko était un homme de caste, incorruptible et territorial. Trop véhément parfois, mais jamais à tort, selon lui et ceux qu’ils défendaient contre les errements du pouvoir de commandement en fauteuil. Rarement, et mettant une décision inhabituelle sur le coup d’une intuition purement pragmatique, il court-circuitera la chaine hiérarchique ou commettra une dissimulation, nouant une alliance personnelle hors de toute justification professionnelle. Sans pouvoir se l’expliquer et viscéralement persuadé d’agir pour le bien commun, dans le cadre d’un tableau plus grand qu’un plan de métro. Ainsi, il noua une amitié dangereuse pour sa carrière. Parce qu'Alexandre Nikitovitch, rayonnant d’humanité et de responsabilités, avait passé sa vie entière dans l’ombre et l’ignorance de ce qu’il désirait, et avait jusqu’ici parfaitement su se débrouiller pour ne pas avoir à y penser.


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Chef de station et des renseignements intérieurs
le Mar 27 Fév - 21:14
Chef de station et des renseignements intérieurs

Passeport
Age :: 39 ans
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Surnom :: Pasha

Fiche validée ♥️

Félicitations, tu viens de réaliser tes premiers pas dans le métro de Moscou, ton personnage est donc validé !

Avant de rp, il faut que tu penses à remplir ton profil : les champ contact pour ta fiche de présentation et ton carnet de bord, l'onglet "passeport" donnant des informations concernant ton personnage.

Il faut ensuite que tu créés ton carnet de bord dans lequel il faudra tenir à jour ton inventaire en fonction de tes acquisitions.

Et pour rp, il ne te manque plus qu'un compagnon. Pour cela, il suffit de se rendre au point rencontre et n'hésite pas à jeter un coup d'oeil au tableau d'affichage des missions.

Bon jeu !

Pssst !: