J'y retournerai après la bataille !
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le Sam 17 Fév - 0:23
A Théâtre, Nika était dans son élément. Elle y avait passé la majeure partie de sa vie après la mort violente de ses parents dans la grande guerre contre la Hanse. C'est ici qu'elle avait été formée, qu'elle avait appris tout ce qui faisait d'elle la populaire commissaire politique Veronika Pavlovna Chanina et qu'elle avait découvert son intérêt pour les arts de la scène.Auprès de ses supérieurs du parti, l'efficacité de son travail était reconnue. Elle ne se contentait pas d’exécuter avec assiduité les formalités administratives inhérentes à sa fonction ou même de mener certaines actions parfois périlleuses personnellement. Nika avait transcendé la nature de sa profession en se faisant égérie de la propagande communiste. Elle avait très vite compris les enjeux de cette popularité et tacha de l'entretenir.

Par conséquent, elle avait fait le choix de s'adonner occasionnellement à l'un des plaisirs favoris du peuple de la Ligne Rouge, le fleuron de la culture métrovite dont la pratique rayonnait dans toutes les stations habitées par l'Homme : le théâtre. D'abord comédienne, Nika avait rapidement pris la double-casquette de metteuse en scène, mais avait toujours refusé la direction du théâtre de Teatralnaya, trop chronophage selon elle.

Ce soir là, elle montait sur les planches pour la première fois depuis des mois. L’événement avait attiré toute la station, ouvriers, militaires et politiciens s'étaient réunis, certains spectateurs avaient même osé le déplacement depuis des stations voisines. Comme avant chaque représentation, Nika avait le trac. Une sensation très particulière de peur et de dépassement de soi qui provoquai une puissante décharge d’adrénaline suivi d'un puissant sentiment d'accomplissement. Ces émotions, dans cette ordre, rappelait un peu à Nika les effets de la drogue qu'elle consommait quotidiennement ; sauf les jours qui précédaient une représentation, d'autant plus si il s'agissait d'une première. La répétition générale s'était achevée en milieu d'après-midi, vers 16h d'après la grande horloge qui surplombait les quais. Après cela, les membres de la troupe avait manger un morceau avant de vaquer tranquillement à leurs occupations, pour se détendre et se préparer à entrer en scène d'ici quelques heures.

Nika profita de ce répit pour potasser un peu son texte. La pièce de ce soir s'intitulait J'y retournerai après la bataille et mettait en scène la vie d'une femme du siècle précédent qui avait participé à l'une des grandes guerres de la surface. Inspirée de la véritable histoire d'une tireuse d'élite de l'armée rouge, elle tenait particulièrement à cœur à Nika pour deux raisons. Premièrement, il s'agissait de la biographie de sa quadrisaïeule Roza Iegorovna Chanina, née en 1924 et morte en 1945 pour sa patrie. La seconde était qu'aujourd'hui, sa mentor Olga Romanova serait présente dans la salle. La pression était à son comble et c'était jouissif. Nika était en émoi, n'attendant plus que le moment fatidique du levé de rideau.
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Maquerelle & Espionne
le Dim 18 Fév - 1:04

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Ce qu'était en train de faire Tatiana relevait presque du suicide. Jamais elle n'avait été aussi loin dans son entreprise d'espionnage et peut être qu'elle était en train de prouver quelque chose : La Hanse rôde partout, et surtout chez les rouges. Elle avait rejoint la station Théâtre en suivant un petit groupe de marchands, elle avait profité de cette sécurité en se faisant passer pour une communiste qui gérait les relations assez tendues entre la Hanse et la Ligne Rouge. Une sorte de médiatrice et son mensonge avait fonctionné à merveille. Une fois à Théâtre, elle avait réussi à trouver un coin assez discret qui pouvait lui servir de base. Elle avait renseigné dans un carnet ce qu'elle avait parcouru comme chemin, ce qu'elle avait appris des marchands et avait plus ou moins entendu qu'une pièce allait se tenir le soir même. Elle se décida donc à changer de tenue, et elle s'était parée de son manteau en fourrure. De là, elle avait rejoint le lieu où devait se tenir la représentation, avait passé sans mal la maigre sécurité environnante et avait même ri avec quelques privilégiés de la Ligne Rouge. Elle s'appelait Nadejda Svanidzé à présent, et elle était une communiste qui s'entendait bien avec quelques dissidents de la Hanse et elle avait pour objectif de créer une sorte de propagande et de cabinet noir au sein même des lignes ennemies. Elle avait aussi prise place au premier rang, faisant attention à ce que son silencieux et sa lame ne soient pas visibles au risque d'attirer l'attention. Elle croisa les jambes.

Elle voyait les rideaux pourpres. Elle allait assister pour la première fois à une pièce de théâtre. Elle n'aimait pas spécialement la littérature, bien qu'elle avait lue Anna Karénine. Son but ici, était de glaner le maximum d'informations utiles, et de surtout ressortir vivante de cet endroit, elle estimait ses chances de survie assez hautes. Une autre femme vint s'asseoir à côté d'elle et elle lui décocha un sourire. Tatiana était le loup dans la bergerie… Enfin, elle était plus l'agneau dans la meute, le moindre faux pas pouvait être fatal mais elle était déjà assez rodée pour savoir ce qui pouvait griller sa couverture ou non, le tout était de tenir son mensonge au maximum. Dans sa tête, la vie qu'elle s'inventait était bien ficelée et elle pourrait presque passer pour une mythomane puisqu'elle y croyait à présent fortement.

Elle était là, assise aux côtés de cette foule imbécile qui croyait encore en une utopie faite sur le partage. Karl Marx était un imbécile, et les dirigeants communistes des escrocs et des manipulateurs. Elle représentait en quelques sortes Adam Smith, qui montrait ce qu'était la réalité du monde. Et un jour viendra où les rouges brûleront avec leurs idéaux, et l'espionne ferait en sorte de mener toute cette population à sa perte. Ce qui la différenciait de ces gens là, c'est qu'elle n'était pas éblouie par une politique pourrie jusqu'à l'os, elle savait très bien choisir ce qui était bon ou non. Et ce qui était le mieux pour le métro, c'était la Hanse, rien de plus.



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le Jeu 22 Fév - 22:42
Balalaïka jam:
 
Devant les portes du Bolchoï, la foule qui constituait la file d'attente diminuait peu à peu. Les premiers spectateurs avaient déjà pris place dans la salle. Les invités attendaient le début du spectacle sur les balcons, construits de morceaux entier de wagons, qui surplombaient le reste des sièges, alignés sur une dizaine de mètres jusqu'au pied de la scène. Parmi eux, Olga, vêtue d'un bel uniforme gris et blanc, s'était déjà assise sur ces hauteurs et scrutait sans y penser les bas-relief du haut plafond voûté. Juste au-dessus de la station se trouvait les ruines d'un des deux plus célèbres théâtres de Russie : le Bolchoï. La rumeur voulait que des accès entre les sous-sol du bâtiment historique et la station de métro plus récente avaient été construis. Les artistes présents sur les lieux lors de l'apocalypse auraient pour la plupart survécu aux bombes grâce à cela, ce qui pouvait expliquer que les habitants de Teatralnaya aient réussis à faire renaître ce monument dans les profondeurs de la ville en respectant autant son ambiance, ainsi que sa programmation.

Le publique acheva son entrée accompagné d'un doux air de balalaïka, puis soudain la lumière baissa, le silence se fit et enfin le rideau s'ouvrit sur le décors. Nika était là, habillée d'un uniforme de cadet en date de 1940, au garde-à-vous devant un gros officier patibulaire. Le premier acte fit une présentation succincte du personnage de Roza Chanina, jeune recrue à l'Académie centrale de formation des femmes tireurs d'élite de Podolsk, puis de son engagement dans la184e division de fusiliers de l'armée rouge en pleine Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne fasciste. Les actes suivant racontèrent sa courte, mais néanmoins héroïque, existence ; comment elle vécu, comment elle est morte...
La scène de l'offensive de Vilnius avait donner du fil à retordre aux techniciens qui avaient finalement réussi un rendu extraordinaire  en terme de lumière et d'effets spéciaux On eu droit à une reconstitution de la bataille très immersive et spectaculaire, où Nika, dans la peau de son ancêtre, avait prononcé, face à son commandant lui ordonnant de retourner sans délai à l'arrière, la fameuse phrase :
« J'y retournai après la bataille ! »
Enfin, le rideau se referma sur une Roza inerte dans une immense flaque rouge, la neige pour lit mortuaire, et la gloire pour linceul. Le silence se maintint quelques secondes dans l'assemblée. Le temps semblait comme suspendu dans cet instant. Puis les premiers applaudissement retentirent, rapidement suivis par une véritable liesse. Sous les acclamation de la foule, les comédiens saluèrent le publique, plusieurs fois. Ils retournèrent dans les loges manifestement émus et épuisés. Il était temps à présent pour un festin bien mérité.
Bonus:
 


Rapidement après s'être réapprêtés pour la suite de la soirée, les artistes réapparurent en contre-bas de la scène du côté cours. Ils échangèrent encore quelques mots avec leurs admirateurs avant d'être rapidement rejoins par les invités d'honneur qui descendaient des balcons. Ensemble, ils traversèrent les loges pour rejoindre le salle du banquet. Sur la droite un bar en bois vermoulu barrait la pièce éclairé par une guirlande électrique multicolore accrochée au-dessus. Derrière lui, plusieurs serveurs proposaient de servir différents alcools artisanaux. Sur la droite plusieurs tables rondes étaient nappées de rouge et recouverte de viandes grasses et de fruits rares. Au fond de la pièce, un escalier donnait sur la pièce supérieur plus grande et aussi plus chaleureuse spécialement aménagée pour la soirée.

La quarantaine de convives fourmilla vers les sources de nourriture et de boisson et les conversations débutèrent. Nika, à présent de retour dans son uniforme de commissaire, se dirigea d'abord vers le bar pour y commander verre. Elle s'assit sur le tabouret derrière elle pour siroter lentement sa vodka d'écorce de Mane et observa les gens. Elles n'eut pas le temps de songer qu'un groupe d'officiels l'accostèrent pour, mielleusement, la féliciter.
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Maquerelle & Espionne
le Jeu 22 Fév - 23:16

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Il n'y avait pas à dire, ce spectacle était beau. Tatiana n'avait jamais vu quelque chose comme ça et elle comprenait à présent beaucoup de choses. Comment la propagande marchait du côté de la Ligne Rouge et comment on voulait usurper certaines personnes que l'on disait héroïques. Elle avait applaudi comme le reste de l'assemblée les acteurs. Puis, elle rejoint la salle du banquet comme tout le monde le fit, elle restait silencieuse et décrivait tous les plats et autres alcools qui s'y trouvaient. Tandis que l'on vantait une vie où tout se partageait, voilà qu'elle voyait sans mal l'hypocrisie des communistes dans toute sa splendeur. Ce qu'il y avait ici ce n'était pas destiné aux plus pauvres, c'était juste pour se donner bonne conscience en se disant que la gloire communiste atteindrait de nouveaux son apogée dans les sous-terrains. Elle pensa alors immédiatement à un attentat, à une bombe bien placée pour ravager tous ces idiots qui ne connaissaient rien de la véritable pensée communiste, ils étaient aussi capitalistes dans leur idéologie que les dirigeants de la Hanse. Elle avait donc prit un verre de vodka, et à sa grande surprise, aimait le liquide qui pourtant, la dégoûtait quand elle était dans son bordel. C'était un alcool différent et d'une meilleure qualité, ça la confortait donc dans ses pensées. Elle regardait aussi les invités, vit les acteurs se mêler à la foule, dont celle qui interprétait le rôle principal, assise. Son regard bleu pâle avait prit un fruit qu'elle jugea exotique alors qu'il s'agissait sans doute de quelque chose de commun mais elle n'avait jamais eu la chance d'en goûter de vrai, si ce n'était ceux que l'on pouvait trouver en conserve et qui n'avaient donc pas énormément de saveurs à révéler. Elle restait donc dans son coin à épier les moindres paroles.

Enfin, elle se décida à quitter toute cette joyeuse bande d'aveugles pour se diriger tranquillement bien que discrètement dans les loges. De là, elle s'assura que personne ne se trouvait dans les parages et regardait ce qui s'y trouvait. Elle fouillait quelques étagères, regardait les costumes, puis sa curiosité se centra sur un objet se trouvant sur une table. Elle s'approcha et elle put décrire quelques tiges de métal ainsi que quelques tubes de la même confection. Il s'agissait d'une espèce de gant et n'était pas là que pour faire joli. Sans se demander à qui pouvait appartenir cette chose, elle l'épia de nouveau, le saisit puis elle l'enfila à sa main gauche. Elle scruta autour d'elle de nouveau puis détailla ce dispositif. Il suffisait d'une simple pression pour que ça balance quelques chose, et Tatiana ne souhaitait pas essayer ça sur elle. Quoi qu'il en soit, elle avait déjà adopté ce gant et eut même un léger sourire. Il y avait de belles choses chez les communistes, en dehors de leur politique. Elle s'amusa même à dégainer ce prototype qu'elle qualifiait de lanceur de gaz et se rendit compte que ça pouvait être quelque chose de redoutable. Simple d'utilisation. Il suffisait juste d'une chose, trouver le meilleur moment pour s'en servir. Elle arrêta ensuite de jouer avec cet objet, le gardait contre sa main tandis qu'elle avait cette fois ci été intriguée par un miroir. Elle se regarda et se détailla. Elle n'était pas une catin ici, mais avec ce manteau de fourrure, elle faisait pute de luxe. Ironiquement, elle se demandait ce qu'il lui serait arrivée si elle avait été secourue par des soldats de la Ligne Rouge. Elle ne serait sans doute pas Tatiana Romanova, mais quelqu'un d'autre, et sans hésitation, quelqu'un d'encore plus mauvais qu'elle ne l'est actuellement. Elle repensait alors aux paroles de l'actrice principale : J'y retournerai après la bataille.

Oui, elle y retournera après la bataille, seulement, faudrait-il qu'elle aille déjà à la bataille, du moins, qu'elle la connaisse.

Ce genre d'énergumène, ne sait pas ce qu'est la vie dans le métro. La Ligne Rouge, était le royaume des aveugles. Pour preuve, ils n'avaient même pas remarqué que Tatiana était le seul hibou parmi eux...



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le Mer 28 Fév - 0:01
Bien que vite lassée, Veronika joua la carte de la courtoisie opportune. Elle souriait froidement, dodelinait de la tête en signe d'approbation, remerciait poliment... Cette hypocrisie était la rançon de la gloire, la commissaire n'était pas très adepte de ces aspects là de la vie politique sur la Ligne Rouge. Bien sûr, elle adhérait aux idées du partie et y resterait loyale en toute circonstance. Son interprétation du communisme était des plus strictes et autoritaire. Nika n'avait rien d'une humaniste, selon elle, chacun devait participer à la vie collective à la mesure de ses capacités. Il n'y avait de place ni pour les oisifs, ni pour les dissidents. Il était du devoir du citoyen de montrer sa valeur pour être assigné au poste qui lui convenais la mieux. L'objectif n'était pas de convenir aux principes de tout le monde, mais bien la survie de la race. La seule et unique solution résidait dans la mise en commun et la répartition équitable des biens et ressources.
La corruption de l'Homme avait toujours précipité de tels projets dans la décadence et l'histoire nous apprenait qu'il n'y avait aucune chance pour que cela change un jour. C'était à ce moment là que Nika se prenait une dissonance cognitive dans la cervelle. Elle avait beau se convaincre de la nécessité du parti, de son administration, il restait toujours un parfum de magouille en suspend dans l'air des réunions du type de ce soir. La soif de pouvoir ne pouvait être rassasier par des festins et des spiritueux, bien qu'on n'en eu pas manqué dans les hautes sphères du gouvernement.

Dans ce débordement de mondanité, quelques figures dénotaient avec le reste de l'assemblée des bonhommes à moustaches rond comme des cochons et des jeunes premiers, fringants et distingués, tout droit pistonnés des jeunesses communistes par un ami de la famille. Des figures plus marquées, dont les yeux avaient vus bien plus qu'ils n'auraient dû, tranchaient dans l'ambiance à coup de faucille. Parmi eux, des prédateurs, qu'il n'était pas toujours évident d'identifier comme tel, prêts à tout pour gravir les échelons du pouvoir.
Et puis il y avait Olga, elle jouissait d'une position privilégiée dans la hiérarchie politique, pourtant personne ne connaissait exactement la nature de son grade. On la savait vétéran de la grande guerre du métro et ancienne directrice d'un orphelinat pour jeune fille dans les années 20. Après quoi elle avait été promu au sein du parti dans le département jeux et théories dont personne ne questionnait véritablement l'utilité. Elle n'était pas spécialement appréciée ou influente au sein du parti, mais obtenait tout le temps ce qu'elle voulait. Veronika Chanina était commissaire politique sous les ordre direct de cette femme mystérieuse.
Nika se délesta doucement des ses courtisants pour la rejoindre.
- Je suis heureuse que vous ayez pu venir à la représentation de ce soir, lui dit-elle en s'adossant au mur à côté.
- C'était un beau spectacle, vous faite honneur à toute la Ligne Rouge mademoiselle Chanina.
Elle prononça ce dernier mot avec insistance.
- Je fais de mon mieux pour maintenir le morale de la population.
- Oui, dommage qu'il faille se coltiner tout ce ramassis de parasites !
Nika eut un sourire amusé. Au même moment elle aperçu du coin de l’œil une silhouette se glisser subrepticement dans les loges.

Olga regarda sa subalterne droit dans les yeux, puis se glissa sur le côté d'un pas, pour la laisser passer ; elle avait compris. Sans dire un mot, le regard braqué sur la porte des loges, Nika s'avança d'un pas déterminé entre les groupes d'invités qui discutaient joyeusement. Elle entra. Dans un coin de la pièce, une jeune femme blonde et intrigante se tenait face à un grand miroir. Elle n'avait pas encore remarqué la présence de Nika. Celle-ci profita de ce cours répit pour récupérer le fusil en bois cachée derrière un fauteuil. Elle s'approcha ensuite d'un pas léger de l’indiscrète.
- Vous aimez les accessoires de théâtre ? lança-t-elle en scrutant le poignée gauche de l'intruse. Je trouve que ce sont des objets fascinants. La plupart du temps il est plus facile de se procurer un véritable artefact que d'en faire une reproduction fidèle.
Elle s'approcha encore de quelques pas. Elle avançait calmement, mais ses mains était crispées sur l'arme qu'elle tenait.
- Comme ce fusil Mosin-Nagant de 1944, continua-t-elle en le désignant. Un authentique fusil du siècle dernier ! Dans le métro, de tels objets sont des pièces de musée. Il s'agit eut-être même du dernier modèle au monde !
Ne cherchant pas à caché sa suspicion, elle continuait de marcher et sans aucune agressivité, elle enclencha le verrou pour charger l'arme.
- Et le plus réjouissant, c'est qu'il est encore fonctionnel.
Ses yeux d'acier s'étaient fait plus glaçant. Sa démarche ralenti jusqu'à s'arrêter à quelques pas de l'intruse. Elle posa son doigt sur la gâchette comme pour savourer complètement la tenue de cette antiquité.

- Je m'appelle Veronika Pavlovna Chanina, annonça-t-elle finalement, mais, pardonnez mon impolitesse, je n'ai pas souvenirs de vous avoir déjà rencontré...
Déjà tendue, l'atmosphère venait de s'électriser. Nika resta à distance respectable de son interlocutrice. Droite, inquisitrice et armée d'un fusil chargée de balles blanc, elle se dressait avec l'aplomb d'un soldat face à Tatiana ignorant tout de l'inutilité de l'arme.
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Maquerelle & Espionne
le Mer 28 Fév - 0:31

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Tatiana n'aurait jamais pu prévoir une arrivée aussi soudaine. Elle eut un sursaut en entendant les premières paroles qui venaient de briser le silence et les pensées de la jeune femme, elle se retourna donc et vit un femme avec une allure certaine tenant un fusil dans ses mains. Elle ne savait pas vraiment comment agir, surtout qu'elle se trouvait dans un lieu assez spécial et qu'elle n'avait d'ordinaire rien à faire ici. Elle se ravisa cependant, gardait son calme et regardait le fusil dont le bruit significatif montrait qu'il était prêt à tirer, même si elle n'était pas directement visée. Sa stature se fit alors beaucoup plus détendue, elle fixait la jeune femme qui était à présent devant elle. Elle la reconnaissait, elle était celle qui jouait dans la pièce de théâtre. Une chose l'intriguait cependant. Vue la façon dont elle venait de charger le fusil, c'est qu'elle savait s'en servir. Et une arme aussi vieille fait toujours des ravages à courte distance, et Tatiana devait tout faire pour éviter de se prendre une balle. Il était d'ailleurs hors de question qu'elle finisse ici, avec un morceau de plomb dans la tête et être considérée comme disparue par ses compères de la Hanse. Elle avait joué avec le feu et voilà qu'elle commençait déjà à se brûler. Il restait à savoir si elle n'allait pas complètement s'immoler et se trahir elle même à avoir voulu être trop curieuse. Le gant accroché à sa main, elle esquissa alors un léger sourire, et sorti le plus naturellement possible.

« Je suis Nadejda Svanidzé. Je suis ce qu'on peut aller une ombre parmi les ombres, j'officie à la Hanse où j'ai construit un cabinet noir pour faire tomber les têtes pensantes qui contrôlent l'Anneau. Je m'occupe de mener une propagande à l'intérieur des lignes ennemies, beaucoup d'hommes et de femmes sont en accord avec nos idées de partage, seulement, ils sont enclavés, presque prisonniers à la Hanse et n'ont pas de moyens de se rebeller au risque de se faire jeter en pâture aux mutants. »

Puis, elle regardait de nouveau l'arme. Elle était trop impatiente pour attendre une réponse de cette jeune femme, elle ne voulait pas en tout cas que la réponse soit une balle dans la jambe pour l'immobiliser, elle savait que peu importe la faction, la torture était parfois le moyen le plus efficace pour faire parler. Et Tatiana savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas tenir

« Et en effet, ces fusils là sont exceptionnels, je n'en avais jamais vu hormis celui que vous avez dans vos mains et que vous aviez durant votre prestation. Je trouve qu'ils représentent un symbole… Celui de la puissance de l'idéologie communiste, l'idéologie qui combat le fascisme par son courage et son sens de la communauté. Je me revois presque dans les récits de la bataille de Stalingrad, où nos anciens ont donné leur vie pour que nous soyons ici actuellement. »

Elle cherchait à faire quelque chose, mais pas quelque chose de précipité. Elle était déjà en train de calculer les échappatoires, elle trouvait en même temps la façon la plus rapide de quitter cette station et de rejoindre la Hanse de la façon la plus sûre possible. Tout un système se mettait en place dans sa tête, chaque geste était étudié, et un seul lui semblait être le bon.

« Je suppose que ça vous appartient ? »

Dit-elle en montrant le prototype qu'elle avait sur sa main.

« Je suis désolée de l'avoir enfilé, sans doute est-il d'une valeur inestimable lui aussi, mais je n'en avais jamais vu. Je suis trop habituée à voir les gradés de la Hanse porter uniquement un couteau voir une hache, et non un outil aussi sophistiqué que celui là… »

Sa main était en évidence, et elle se mit alors à compter dans sa tête, la suite pouvait très bien se passer, tout comme elle pouvait très mal se dérouler, elle s'éclaircit alors la gorge, et articula.

« Vous passerez mes amitiés aux hauts gradés de notre belle Ligne Rouge. Je souhaite même personnellement que vous les embrassiez de la manière la plus chaleureuse possible qui soit de ma part... »

Et elle pointa alors subitement le dispositif devant le visage de Veronika et l'activa directement. Une fumée s'en échappa pour asperger directement le visage de la jeune femme et Tatiana se recula d'un pas, prête à se prendre une balle si jamais cela ne faisait pas effet. Parce qu'il se pouvait très bien que ce ne soit que de l'eau qui soit contenu dans le dispositif, mais elle avait tenté le diable, et elle espérait secrètement qu'elle n'allait pas finir sa vie ici. Si elle devrait mourir, se serait ailleurs, mais pas dans la Ligne Rouge, et surtout pas par la main d'une communiste.



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le Jeu 1 Mar - 3:30
Il n'y avait que deux possibilités : le jet d'acide, destiné à la destruction de petits mécanismes, ou le chloroforme, pour les approches plus agressives. Dans le doute, Nika qui connaissait bien son arme, eu le réflexe de retenir sa respiration et de fermer les yeux. Dans le même temps elle pointa son arme en direction de la menteuse et pressa la détente. La culasse percuta la douille, la poudre à l'intérieure s'enflamma et un éclatant coup de feu retentis, souligné d'une gerbe de flamme jaune d'où aucune balle ne sorti. Par contre, la détonation avait du s'entendre dans tout le théâtre. Olga ne tarderait certainement pas à rappliquer.

Pour Nika il était trop tard. Son reflex n'avait pas été assez vif, elle sentait l'odeur du gaz soporifique dans sa bouche et tournait déjà de l’œil. Elle lutta d'un coup de crosse contre son opposante, un coup sans puissance dont le peu d'élan la fit perdre l'équilibre. Elle se rattrapa d'un pas en avant un peu maladroit, avant de vaciller cette fois-ci vers l'arrière. Elle venait de se faire avoir par sa propre arme, l'humiliation était totale.

Nika s'effondra enfin sur un canapé derrière elle. Dans la salle de réception, on percevait un mouvement, une agitation...
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Maquerelle & Espionne
le Jeu 1 Mar - 14:34

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Tatiana avait sursauté au coup de feu qui au final ne lui avait rien fait. Mais elle maudissait intérieurement cette femme, elle venait juste d'alerter toute la population amassée au théâtre et elle espérait que l'effet spectateur pouvait lui sauver la vie. Il suffisait juste qu'elle aille reprendre ses affaires et repartir aussi vite de cette station avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle ne se retrouve dans une très mauvaise posture. Ce qui fut le cas quand elle vit que la jeune femme qui avait eut l'intention de l'arrêter s'affaler contre un des canapés, visiblement endormie par le gaz. Elle regarda alors brièvement le dispositif qu'elle portait à sa main et elle se hâta vers la sortie. De là, Tatiana croisa le regard inquiet d'une femme, celui de l'espionne était emprunt d'une profonde inquiétude pour sa propre survie et il ne lui fallut pas plus de temps pour se retrouver en dehors du théâtre. Elle rejoint sa planque, décida de se débarrasser de son manteau de fourrure qui lui était pourtant si cher afin de ne pas éveiller les soupçons, le cacha dans un coin. Elle retira aussi le dispositif qu'elle mit dans son sac et partit en direction de la sortie de la station qui était surveillée. La chance était avec elle, du moins pour le moment, un groupe de marchand se dirigeait aussi en dehors de la station et elle leur offrit quelques balles pour faire part de ce voyage. Son objectif était clair, rejoindre la Hanse à tout prix.

Elle s'assura aussi que son arme était encore fonctionnelle son pistolet était son seul moyen de défense potentiellement dangereux. Elle avait l'impression que son coeur allait sortir de sa poitrine, elle s'était mise dans une sale situation et elle savait très bien qu'elle ne pourrait plus jamais remettre les pieds dans une station de la Ligne Rouge. Mais elle était à présent au courant de plusieurs choses. Des représentations de théâtre comme celle qui avait eu lieu étaient des moments parfaits pour attaquer et surtout faire tomber le plus de gradés communistes possibles, il fallait juste de la discrétion et mener une attaque redoutable pour empêcher de prendre une riposte lourde. La neutralisation de la station Théâtre pouvait devenir un objectif principal, en faisant tomber ce bastion rouge il y avait la possibilité de semer le doute parmi la population et de montrer que la Hanse avait une puissance de feu que personne ne pouvait égaler. Permettre au final à la station contrôlant l'Anneau d'asseoir sa domination sur le métro moscovite. Elle regarda rapidement derrière elle et tenta de se calmer. Il lui faudrait un peu plus de temps pour rejoindre ses stations alliées, de là, elle partirait vers sa maison close, avec en quelques sortes un trophée. Elle se considérait comme une survivante à présent, et se demandait même au final si elle n'avait pas une bonne étoile au dessus de sa tête. Même si elle n'était pas forcément croyante...
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le Jeu 1 Mar - 14:40
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Intervention du Destin
Les antiquités du Métro datant de la Grande Guerre Patriotique pouvaient être qualifiées de plusieurs choses : rares, prestigieuses, anciennes, voire en de rares cas, particulièrement bien entretenues. Mais une chose était sûre, dans tous les cas, elles étaient imprévisibles.

Car s'il était déjà assez rare de tomber dans le Métro sur un fusil à verrou tel que le Mosin-Nagant, surtout s'il datait de 1944, il était presque impossible d'affirmer sereinement que ce même fusil serait en parfait état de fonctionnement. Car si la production des Mosin Nagant s'était arrêtée très tard, du fait de la rusticité et de la simplicité de ces armes de légende, les armes ayant été produites durant la Grande Guerre Patriotique avaient souvent été retrouvées dans des musées ou chez des collectionneurs, après avoir dormi durant quelques années sans beaucoup de soins.

Et voilà qu'une de ces antiquités se retrouvait de façon parfaitement improbable entre les nobles mains d'une commissaire politique de la Ligne Rouge, et que cet accessoire de théâtre était de plus chargé.

Malheur à elle qui pressa la détente.


Effets:
 



Spoiler:
 
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le Jeu 1 Mar - 17:33
>> Lance le dé
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le Jeu 1 Mar - 17:33
Narrateur
Le membre 'Veronika Chanina' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'D20' : 3
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le Ven 2 Mar - 3:42
C'est la douleur qui réveilla Nika quelques minutes après son évanouissement. L'intruse s'était enfuit et Olga avait rejoins la loge au plus vite. Plusieurs gardes armés avaient aussi sécurisé le périmètre et un infirmier s'occupait déjà de la commissaire. Elle hurla de souffrance et de rage en voyant l'état de sa main droite. Son pouce était complètement déchiqueté : sur un os carbonisé, des lambeaux de chaire s'accrochaient encore fumant. L'index, littéralement arraché avait été retrouvé encastrer dans le mécanisme du fusil défectueux.

C'était un incident extrêmement rare, surtout pour un accessoire de théâtre soigneusement restauré par les mécanicien de la ligne, mais ce genre de chose pouvait arriver avec les armes très ancienne. Et l'espionne en avait fait sa chance. Double aubaine pour elle que de parvenir à quitter la station sans anicroche malgré l'état d'alerte générale.

Cela révélait une grande faiblesse des services de contre-espionnage de la Ligne Rouge. Nika avait raison, la corruption et la décadence avait mené cet état à se ramollir. Quoi qu'il en soit, elle était hors course pour un certain temps. Il fallait se résigner face au coup du destin, car le métro n'est pas un monde juste, comme chacun sait.

Le jour suivant, on lui amputa proprement les deux doigts les plus importants. Les efforts des chirurgiens pour rendre sa motricité à la main furent vains. Forçant la jeune femme à supporter ce poids morts au bout de son avant-bras durant les mois de convalescence qui allaient suivre. Nika lutta contre le désespoir avec acharnement, uniquement maintenue en vie par la colère. Faire un pareil deuil n'était pas chose aisée, même quand on a un cœur en acier trempé.

Ironiquement, une phrase tournait en boucle dans sa tête :
"J'y retournerai après la bataille !"
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