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le Ven 12 Jan - 1:22
La station Sokolniki était particulière à bien des égards en comparaison à l'homogénéité communiste habituelle sur la Ligne Rouge. Située à son extrémité Nord-Est elle bénéficiait non seulement des vertus de l'administration standardisée, et aussi d'une culture propre qui se démarquait pour qui avait l’œil aiguisé. La majeur partie de ses activités tournait autours des sorties en surface. Ainsi, l'industrie et la bureaucratie y étaient moins présentes qu'à la capitale, à la place, on y trouvait de nombreux techniciens, des commerçants, quelques militaires et bien sûr les légendaires Stalkers. Leurs excursions à l’extérieur du métro assuraient l'approvisionnement en artefacts d'avant-guerre à toute la ligne et avaient transformer la station en avant-poste expéditionnaire. Malgré sa position géographique excentrée, c'était une position stratégique pour l'alliance car elle offrait également un accès vers la tristement célèbre station VDNKh par les tunnels de service.

La loyauté des camarades de Sokolniki était acquise depuis les débuts de la Révolution de 2016 et le parti y gardait le contrôle sans soucis, par la propagande et la présence de l'armée à tous les accès vers l’extérieur. Lorsque des représentants de la hiérarchie politique étaient amenés à passer par là, ils étaient généralement accueillis en grandes pompes comme l'exigeait le protocole. De par son statut, Veronika Pavlovna Chanina n'échappait pas à cette règle et se pliait habituellement au jeu avec solennité et déférence. Elle n'était pas contre cette coutume et savait pertinemment qu'elle était nécessaire à la psychologie du peuple. Ce n'était qu'un bain de foule et quelques courbettes, mais tous savaient que la présence d'un tel agent dans la station obligeait une certaine probité.

Depuis son arrivée, deux jours auparavant, Nika logeait dans les quartiers des officiers des forces Stalkers. Elle était assise devant une table à côté du lit dans sa cabine, sur celle-ci plusieurs documents étaient étalés. Des dossiers où l'on pouvait lire des noms comme Nikolaï Jodanov, Gadhzi Platonov, Gueorguï Joukov et bien d'autres, dont celui que la commissaire tenait entre les mains qui avait particulièrement attiré son attention. Concentrée sur son papier, elle remonta ses lunettes de lecture sur son nez puis saisi un comprimé dans sa poche et l'avala aussi sec. Quelques instants après, son activité cérébrale s'intensifia, dilatant imperceptiblement ses pupilles. L’afflux nerveux fit frissonner ses narines et ses oreilles. Elle continuait de lire en prenant quelques notes sur un carnet sans même identifier ces petits effets secondaires. Absolument focalisée grâce au stimulant chimique, elle lu entièrement le dossier avant de le reposer. Sur sa couverture était inscrit en lettres capitales NINA PLATONOVA. Elle connaissait cette fille, c'était une figure montante de la Ligne Rouge, mais aussi un nom bien familier.

Le lendemain, Nika passa la matinée à rencontrer ses contactes sur place pour établir un rapport. Dans l'ensemble, la situation était plutôt calme malgré des informations assez alarmantes au sujet des stations de VAR. Quoi qu'il en soit, la raison initiale de sa venue à Sokolniki était une visite officielle à Gueorguï, le chef de la jeune alliance, et elle s'y rendrait d'ici quelques jours. Plus préoccupant, son dernier rendez-vous avait déjà plus de deux heures de retard. Ce n'était pas dans les habitudes de Gadhzi de faire à ce point défaut pour une invitation à déjeuner de sa belle commissaire. Celle-ci jeta un œil à l’intérieur de la pochette de sa ceinture et y compta deux comprimés de Mentats, c'était juste assez pour tenir une paire de jours, pas plus. Elle intériorisa son inquiétude, termina son repas seule et prit la direction du logement de Gadhzi.

La capuche de son manteau rabattue sur sa tête, Nika progressait rapidement dans les allées sans trop se faire remarquer jusqu'à arriver devant la porte en bois indiquant Platonov. Elle frappa plusieurs fois sans obtenir de réponse, puis plaça son bras gauche en avant, saisi entre ses doigts le dispositif métallique qui y était fixé et pressa une capsule insérée à sa base. Un trait de liquide transparent en jailli en direction du loquet, Nika sorti son pistolet et donna un coup chirurgical sur la porte qui s'entre-ouvrit d'un bruit sourd. L'endroit semblait désert, elle rangea son arme dans son étui et commença à inspecter les lieux. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait ici, elle connaissait un peu les quartiers de Gadhzi pour y être venu une ou deux fois passer la nuit avec lui. En général, ils se retrouvaient plutôt chez elle, la visite d'un subordonné à son supérieur ne suscitait aucune interrogation et c'était mieux ainsi. Nika se dirigea directement vers le tiroir à double fond où elle avait aperçu son ami cacher ses précieux comprimés. Neuf doses, cela permettrait de tenir une bonne semaine de plus ! Néanmoins cela ne résolvait pas le mystère de la disparition de Gadhzi...
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le Sam 13 Jan - 15:44
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Ma dernière mission remontait à trois jours maintenant. Nous étions revenus de la surface indemnes mais sans véritables trouvailles à notre actif. Le simple fait d’avoir survécu sans essuyer de perte relevait déjà en soi du remarquable mais je n’avais pu me débarrasser de cette humeur morose qui me collait depuis notre retour. Il m’avait fallu presque deux jours pour rejoindre ma station d’origine. Le trajet ne comportait pas de véritable danger mais les tâches qui m’y attendaient tout du long se succédaient et m’interdisaient le repos auquel j’aspirais. Quant à l’amertume qui me suivait tout au long du trajet, je la mettais essentiellement sur le compte de la fatigue et de la déception concernant mes trouvailles de la surface. Pourtant, j’aurais dû être un peu plus attentive à ce que me dictait mon instinct. Peut-être aurais-je pu deviner alors ce qui m’attendait une fois de retour à Sokolniki.

J’avais juste pris le temps de déposer mes affaires dans ma chambre personnelle et d’y faire un brin de toilette, évitant soigneusement le reflet que me renvoyait le morceau d’acier poli qui me servait de miroir. J’étais fatiguée et passablement de mauvaise humeur, je n’avais donc aucun mal à deviner l’expression qui tirait actuellement mes traits. Par coquetterie ou habitude, j’avais tout de même pris soin de démêler et brosser mes cheveux. Dans un monde où les couleurs avaient déserté, je n’avais jamais pu m’empêcher de ressentir une certaine fierté à l’égard de cette chevelure flamboyante. Un héritage de ma mère d’après Gadzhi.

Inlassablement, à chaque fois que je revenais de la surface, mes pensées allaient vers lui. Je ne l’avais pas encore revu depuis mon retour ni même entendu parler de lui. Si je me fiais aux dernières nouvelles que j’avais de mon oncle, il était encore dans la station et n’avait pas prévu de repartir le long de la Ligne. Une visite s’imposait donc. A cette idée, un sourire fleurit sur mes lèvres, le premier depuis que j’avais quitté la surface. J’enfilai ma veste, ajustai la sangle de ma sacoche sur mon épaule gauche puis sortait en fermant à clé la porte derrière moi. Gadzhi vivait à quelques blocs de là. Perdue dans mes pensées, je laissais mes pas m’y mener. Ce ne fut qu’au moment où je parvenais à ses quartiers que je m’arrêtais, le souffle suspendu. Sans doute pouvais-je une fois de plus remercier mes instincts de survie mais je n’étais pas encore parvenue à hauteur de la porte que je flairais l’embrouille. Cette dernière était entrouverte et un rapide coup d’œil à la poignée confirma mes soupçons.

D’un rapide coup d’œil, je m’assurai que les alentours étaient déserts puis je dégainai un couteau de ma ceinture. J’avançai alors avec précaution vers la porte, maintenant la lame à l’horizontal afin qu’elle n’accroche aucune lumière. Avec une lenteur infinie, je poussai la porte afin de me ménager un espace pour m’y glisser. Cette dernière pivota sur ses gonds dans un silence parfais. Je pouvais remercier Gadzhi et son obsession pour l’entretien de ses biens. La lampe principale de la pièce était allumée et une silhouette se découpait dans l’angle qui donnait vers la commode où son oncle rangeait la plupart de ses affaires. Sauf qu’il ne s’agissait pas de Gadzhi en train de fouiller dans ses affaires à en juger par la carrure. Les yeux plissés, la lèvre supérieure remontée en un rictus féroce, je m’avançai lentement vers l’intrus et levai ma lame. Au moment même où je parvenais à hauteur de pouvoir mener une attaque, je reconnus enfin la personne qui fouillai dans les affaires de Gadzhi. Je me figeai alors et baissai aussitôt ma lame, esquissant un mouvement de recul.

- Je ne m’attendais pas à vous trouver ici à la place de mon oncle.

Je n’avais même pas cherché à dissimuler ou rengainer mon couteau. Avec le temps, j’avais appris qu’il était inutile de chercher à lui mentir. Je me dressai de toute ma hauteur, toujours plus petite que la commissaire politique et la dévisageai avec perplexité. Avec un haussement d’épaule, je fini rengainer mon couteau. Je secouai légèrement la tête, ne cherchant pas à dissimuler ma confusion de la trouver ici.

- Je viens de rentrer et je cherchais justement à retrouver Gadzhi.

Je ne sais pas vraiment ce qui me poussait à me justifier alors que je venais de la prendre en train de fouiller dans les affaires de mon oncle, et, si je m’en tenais à l’état de la serrure, après une effraction. Je la dévisageai toujours, soutenant avec difficulté son regard inquisiteur. J'avais toujours été relativement mal à l'aise en sa présence. L'effet était essentiellement dû à sa position au sein de la Ligne Rouge mais également à ses véritables relations avec mon oncle et mentor. Bien qu'il demeurait extrêmement discret sur le sujet, Gadzhi n'avait jamais cherché à me cacher sa liaison avec la commissaire politique. Et, de ce que je pouvais deviner dans son regard, elle savait que j'étais au courant.

En d'autres termes, j'avais retenu son attention.
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le Dim 14 Jan - 23:36
- Je ne m’attendais pas à vous trouver ici à la place de mon oncle.

Cette gamine venait de réussir à surprendre l'enquêtrice qui porta vivement sa main sur son holster. Puis elle reconnu la voix de la jeune fille. Nika fit mine de rien et referma le tiroir comme elle l'avait ouvert avant de se retourner calmement vers son interlocutrice. Nina était belle avec sa longue chevelure rousse et si elle avait eu une dizaine d'années de plus, Nika aurait pu avoir du soucis à se faire face à une telle concurrente. Fort heureusement, les deux agents de jouaient pas dans la même cours, et la commissaire n'avait aucun intérêt à entretenir une quelconque rivalité. Au contraire, elle jouissait d'une position de supériorité hiérarchique dont elle contait bien se servir à bon escient. Gardant sa posture haute, elle toisa la Stalker de haut en-bas sans présenter la moindre expression faciale. Elle resta fixée un instant sur l'éclat de la lame, puis remonta son regard sur la jeune femme. A en croire son dossier, elle avait un grand potentiel, malgré une tendance à se tenir en retrait. Il y avait certainement quelque chose à en tirer.

- Je viens de rentrer et je cherchais justement à retrouver Gadzhi.

- Mademoiselle Platonova, j'espérais vous rencontrer durant mon séjour à Sokolniki, mais je dois dire que j'imaginais d'autres circonstances.

Nika était un peu décontenancée à l'idée que son petit secret soit découvert, mais n'en montra rien. Elle avait la tête froide dans ce genre de situation, même quand cela touchait autant au personnel, certainement une déformation professionnelle.

- Bon, puisque nous en sommes là, autant être directe. Votre oncle ne s'est pas présenté pour son rapport. Ce n'est pas acceptable compte tenu de la situation.

En effet, Gadhzi était mandaté par la commissaire pour garder un œil sur l'alliance de VAR ; mission tout à fait officieuse qu'il effectuait en parallèle de ses autres activités, sans se faire remarquer. De plus, il était surtout censé faire une livraison chère aux yeux de Nika, et cela, personne ne le savait. Leur petite liaison, quand à elle, avait peut-être fini par arriver au oreilles de la petite, mais c'était sans réelle importance du moment que celle-ci savait tenir sa langue. Ne jamais évoquer le sujet était une solution tout à fait adéquate pour Nika.

- Savez-vous où il se trouve actuellement ? fit-elle, sévère.

Nika se détourna de la jeune fille et commença à parcourir la pièce avec précaution. Elle passa son doigts dans la poussière qui s'était accumulée sur les étagères, jeta quelques coups d’œil dans les meubles, constata la toile d’araignée à l'intérieur de la guitare posée sur le lit... Manifestement, l'appartement était inhabité depuis quelques temps et Nina semblait s'en inquiéter elle aussi. Si Gadhzi avait belle et bien disparu, cela allait poser de sérieux problèmes à Nika dans un avenir assez proche. Elle le réalisait maintenant, il lui était indispensable. C'était une faiblesse dont elle allait devoir se libérer dès que possible et certainement avec beaucoup plus de difficulté qu'elle n'envisageait. Quoi qu'il en soit, la priorité était de retrouver sa trace et de lui mettre la main dessus urgemment, avant son départ pour VDNKh dans deux jours plus précisément.
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le Lun 15 Jan - 14:15
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Parce que je n’avais jamais été très douée pour dissimuler mes pensées, je ne pus retenir le sourire qu’évoquaient les justifications de la commissaire. Aucune de nous n’était dupe quant aux véritables raisons qui avaient poussé la politicienne à entrer par effraction dans la chambre de Gadzhi. Et si je n’avais pas bien vu ce qu’elle cherchait dans sa commode, j’avais suffisamment d’éléments sur sa liaison avec mon oncle pour ne donner aucun crédit à ses explications. Comme elle reprenait consistance, endossant son rôle d’inquisitrice avec une perfection calculée, je ne fis rien pour dissimuler mon propre scepticisme face à la situation. J’haussai les sourcils tout en croisant les bras sur ma poitrine, lui interdisant toujours la sortie.

- Comme je vous l’ai dit, je m’attendais à le trouver ici.

Le ton était courtois, discipliné. Le regard que je jetai en revanche aux alentours ne cachait rien de ma méfiance à son égard. J’enregistrai les divers détails qui avaient attiré l’attention de Veronika pendant son propre examen. Avec un soupir, je relâchai une partie de la tension qui m’animait jusqu’ici. Au moins j’avais eu l’opportunité de tomber sur elle plutôt que sur un vulgaire voleur. Si je n’aurais eu aucun scrupule à l’éliminer, je tenais autant que possible à ne pas faire de vague dans la station où j’avais grandi. Aux yeux des habitants de Sokolniki, j’étais la nièce du colporteur devenue stalker, une jeune fille droite et loyale au destin brillant et prometteur. Et autant dire que je tenais à ce qu’il en reste ainsi.

- Je viens de rentrer d’une expédition en surface qui m’a laissé à quelques stations d’ici. Je pensais trouver mon oncle à Sokolniki, il ne m’avait pas parlé d’une prochaine mission avant un moment justement.

Je fronçai les sourcils, intriguée par les informations qu’elle avait laissé échapper concernant une mission auprès de la V.A.R. Gadzhi ne m’en avait clairement pas fait part. Pour l’heure, ce n’était clairement pas l’élément principal de mes préoccupations. Depuis que j’avais quitté les côtés de mon oncle pour embrasser la carrière de stalker, nous prenions tous les deux soin de nous tenir au courant de nos divers déplacements afin de pouvoir se retrouver plus facilement.

- Ceci dit je dois pouvoir me renseigner de mon côté pour trouver des informations à son sujet, lâchai-je à moitié pour moi-même.

Je répertoriai déjà l’ensemble des connaissances de Gadzhi qui pourraient m’apporter des éléments de réponse quant à son silence. Depuis que j’avais quitté ma propre chambre dans l’intention de rejoindre mon oncle, j’avais eu cette intuition persistante qui se transformait désormais en conviction : Gadzhi avait disparu. Et mon inquiétude n’avait fait que monter d’un cran face aux explications de son amante. Avec un nouveau soupir je décroisai les bras et m’effaçait légèrement de manière à lui permette de prendre congé si elle le souhaitait. J’avais bien envie de pouvoir échapper au regard scrutateur de la commissaire et de me plonger dans mes propres investigations mais j’avais conscience de son utilité. Si j’avais bien retenu une chose en la côtoyant était qu’il ne fallait jamais négliger un commissaire de la Ligne Rouge.

- Vous auriez entendu des informations à son propos ? Quelque chose qui justifierait une absence momentanée ? Je sais qu’il s’absente parfois pour refaire le stock de certaines denrées...

J’avais imperceptiblement froncé les sourcils à l’évocation de cette dernière information. Gadzhi m’avait toujours tenue à l’écart de ces affaires en particulier et je n’avais jamais réellement cherché à en savoir plus. Je respectai son intimité autant qu’il pouvait respecter la mienne.
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le Mar 16 Jan - 1:26
Il n'y avait aucune trace de lutte dans la chambre et aucun objet ne semblait avoir été déplacé de manière incongrue, même si cela méritait un examen plus approfondi, c'était un indice notable sur la raison qui avait pousser Gadzhi à s'absenter. Parler de disparition était encore un peu prématuré au vu des éléments. Les hypothèses se bousculait dans la tête de Nika, elle ne pouvait en négliger aucune pour le moment et garder l'esprit ouvert. Véritable produit du métro post-nucléaire, elle savait que tout y était possible, même les événements les plus inattendus. Tendis que Nina semblait avoir eu sa dose de hiérarchie pour le reste de la journée et qu'elle s'écartait du passage comme pour inviter la commissaire à prendre congé, celle-ci tira la chaise du bureau et s'y assit. Elle parcouru son contenu du regard en espérant y trouver d'autres indices.

- Il n'y a rien que je puisse vous dire pour le moment, si ce n'est ce que je peux observer ici-même. Un lieu de vie comme celui-ci recèle ne nombreuses informations qui pourrait nous être utile sur cette intrigue. Vous qui êtes sa nièce, vous connaissez bien les habitudes de Gadhzi. Regardez un peu autours de vous et dîtes moi ce que vous voyez.

Cette requête aux allures de test ne cachait pas son jeu. Il était important que Nina prennent conscience du jugement que la commissaire était en train de se faire sur elle. Son apparente réactivité était un bon début, pourtant Nika n'était pas du genre à se laisser impressionner par les fortes personnalités. Assurément, la jeune fille avait ses qualités, louées de tous, mais aucune rumeurs ne surpassera jamais l'empirisme. Scrutant toujours les objets posés sur la table, elle saisi nonchalamment une boite métallique à la peinture écaillée par le temps et la rouille. Ce qu'elle trouva à l'intérieur en la vidant de son contenu devant elle ne présenta pas grand intérêt. Elle commença à l'étaler du bout des doigts et reprit :

- Chaque détail peut avoir son importance si l'on est capable de l'associer avec toutes les pièces du puzzle.

Dans cet amas de pièces de monnaie, de munitions, de capsule et autres ferrailles, Nika discerna une petite clé noire accrochée à un porte clé fantaisiste de l'ancien monde. Elle la récupéra avant de la glisser dans la serrure du premier tiroir sur sa droite. Le loquet se déverrouilla dans un cliquetis mécanique parfait. Ce coup de chance ouvrit à Nika l'accès à un cahier écrits de la main de son subordonné. Elle constata en lisant les premières lignes qu'il s'agissait d'un journal de mission détaillé. L'ouvrage était taché de terre et de sang secs et comportait un grand nombre de page dont les premières remontait au début de l'année précédente. Nul doute que les dernières entrées en dates se révéleraient intéressante.

Nika ne fit aucun commentaire sur sa découverte, elle se contenta d'un silence attentif tout en plaçant ses lunettes de lecture devant ses yeux. Enfin elle adressa un regard à Nina par dessus celles-ci , la tête tournée vers elle, stricte, elle attendait une réaction tout en la dévisageant.
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le Lun 22 Jan - 11:45
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Apparemment, Veronika n’avait pas vraiment envie de prendre congé. Si elle avait noté mon geste visant à m’effacer pour lui laisser le passage, elle n’en fit rien. Tirant l’unique chaise qui trônait dans la pièce, elle s’y assit et me considéra avec un air indéchiffrable. Je n’aimais pas vraiment les regards qu’elle portait sur moi, comme si elle cherchait à deviner mes pensées ou à percer à jour quelques secrets. Qu’elle soit ou non l’amante de Gadzhi ne changeait strictement rien à cet état de fait. S’il fallait bien se méfier d’une chose avec les Commissaires, c’était des informations que l’on pouvait laisser filtrer à notre insu. Comme elle m’invitait à examiner les lieux pour lui faire part de mes propres déductions, j’haussai les épaules avec indifférence avant de serrer mes mains l’une contre l’autre. Je réfrénai l’envie d’allumer une cigarette et de la planter sur mes lèvres. Quand on fumait, c’était facile de jouer sur les expressions et de dissimuler ses intentions.

Très rapidement je détachai mon regard de Veronika pour observer la pièce. Mes yeux avaient accroché jusqu’ici quelques détails mais je me forçai à un examen plus poussé. Si je n’avais rien d’une enquêtrice, je possédai un sens de l’observation suffisamment aiguisé pour tirer quelques déductions. Je tirai cette capacité essentiellement du long apprentissage à relever et suivre une piste, élément indispensable quand on voulait éviter de tomber nez à nez avec un nid de démons ou de nosalys. Je relevai la poussière qui couvrait les surfaces. Dans les souterrains du métro, elle était omniprésente. Fine et légère, elle trahissait cependant une absence relativement courte. Devinant que la Commissaire était certainement parvenue à ces conclusions, je m’attardai sur des détails qu’elle n’était pas en mesure de relever. D’autant que je sache, il n’était pas dans ses habitudes de rôder près des appartements de Gadzhi.

- La disposition des affaires indique qu’il a préparé son départ…comme avant une mission.

Je fronçai les sourcils, visiblement perplexe. J’étais sûre de ma conclusion mais je ne comprenais toujours pas la raison du départ de mon oncle. La dernière fois que nous nous étions vu, il ne m’avait pas parlé d’un nouveau départ avant un moment et avait laissé sous-entendre que je serais revenue bien avant qu’il n’ait à reprendre la route.

- Il a peut-être dû recevoir des instructions ou des informations au dernier moment mais je n’en ai pas eu vent.

Inutile de garder ces pensées pour moi. Veronika en savait certainement plus que moi à ce sujet.

- Parfois lorsqu’il entend parler d’un arrivage de nouvelles marchandises dignes d’intérêt, ça lui arrive de faire un crochet ou d’organiser un voyage si c’est à proximité.
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le Jeu 25 Jan - 1:32
Citation :
Journal de Gadzhi Platonov

« […] sur le chemin de retour de la Station Maudite nous avons pu réparer une draisine abandonnée qui nous a tenu jusqu'à Komsomolskaya où nous avons du la vendre aux marchands de la Hanse pour payer le droit de passage vers l'autre portion de la ligne rouge. J'ai également profité de notre passage pour contacter un de mes fournisseurs . Le reste du voyage vers Sokolniki s'est plutôt bien déroulé malgré le manque d'entretien de cette partie du réseau. A notre arrivé à la maison, nous avions deux jours d'avance sur le plan.

28 septembre 2045

Je préfère attendre d'avoir terminer cette affaire avant de laisser quiconque savoir que je suis de retour. Je vais profiter de ces deux jours pour agir en toute discrétion dans la station. J'ai rencontré un contact de mon fournisseur de la Hanse ce matin, nous avons convenu d'une livraison dans une semaine, il a réagit plus vite que d'habitude, je crois que notre partenariat commerciale est en train de se confirmer. Je vais rester à la station d'ici là et faire profil bas.

5 octobre 2045

Selon le fournisseur, la livraison a subie un imprévu et n'est pas parvenu à passer la frontière avec VDNKh. Il m'a fait savoir qu'il y avait eu une attaque de mutants sur la route et que le colis avait du être abandonné dans une planque à mi-chemin entre les deux stations. L'homme qu'il m'a envoyé propose de partir à sa recherche et affirme que ce n'est pas très loin et relativement peu dangereux. J'espère que je ne le regretterais pas, mais je n'ai pas le choix si je veux récupérer la marchandise à temps. Je pars avec lui demain matin, selon lui c'est l'affaire d'une journée maximum. Je n'aime pas la tournure que prend cet échange, ce marchand me devra une belle ristourne pour ça, si je ne décide pas de simplement garder toute la cargaison pour moi ! »

Nika englouti discrètement un comprimé tout en lisant la dernière page du journal de Gadhzi. En ce jour du 8 octobre 2045 cela faisait exactement trois jours qu'aucune mise à jour n'avait été faite. Cela ne faisait que confirmer les craintes de Nika. L'implication soupçonnée de trafiquants de drogue dans cette affaire pouvait mettre la commissaire politique dans une situation extrêmement délicate, voire critique. Ce dont était capables ces vauriens de la Hanse versait déjà bien dans la barbarie, mais ce n'était rien à côté de ce qui lui serait réserver par sa hiérarchie et le Politburo si cela devait leur arriver aux oreilles. Nika ne s'alarma tout de même pas trop, elle savait aussi ce dont était capable Gadhzi. L'optimisme s'échappait peu à peu, et quoi qu'il en soit, il fallait lever le voile sur ce mystère sans attirer l'attention. On pouvait oublier les informateurs de tous horizons, trop volatiles et sans aucune garantie ni de loyauté, ni de vérité. Non, sur ce coup-ci Veronika allait devoir se débrouiller seule... ou presque.

Nina ne pensait pas si bien dire en émettant l'hypothèse du voyage improvisé, elle n'avait peut-être rien apprit à la commissaire, mais semblait y mettre du cœur. Restait à voir si elle saurait se rattraper sur d'autres domaines. L'investigation était la discipline par excellence de Nika, elle pouvait tout à fait se charger de cette tache par elle-même et laisser à ses subordonnés le soin de finaliser la résolution des problèmes. Néanmoins, un minimum de perspicacité leur était absolument indispensable pour leur permettre suffisamment de liberté d'action sur le terrain ; il s'agissait de savoir prendre les bonnes décisions aux bons moments et pas simplement de suivre des ordres, la fidélité quand à elle, s'acquérait par une confiance mutuelle basé sur le respect et l'efficacité. L'art était de savoir tirer parti de la personnalité de chacune de ces fortes têtes pour les amener à donner le meilleur d'eux-même. Après tout la jeune stalker se démarquerait peut-être dans d'autres circonstance. Nika ne voulait présumer de rien et attendrait, comme elle le faisait toujours, d'observer les faits avant toute déduction. De plus, Nina serait certainement sa seule véritable alliée au cours des prochains événements.

- Bon ! Et bien si vos suppositions s'avèrent exactes nous n'avons pas à nous inquiéter. Il refera surface d'ici quelques jours et pourra nous expliquer les raisons de son absence à ce moment là. Plus gênant, il devait m'escorter après-demain à VDNKh pour une rencontre diplomatique.
. . .
C'est vous qui m'accompagnerez, vous avez trente-six heures pour préparer le voyage.


Cette dernière réplique sonna comme un ordre direct. Veronika ne laissait aucune issue à Nina, dès ce soir, son ordre de mission serait dûment rempli et cacheter par les autorités du bureau politique et elle le recevrait le lendemain matin par coursier en main propre, estampiller du sigle officiel de la Ligne Rouge. La jeune femme rangea le cahier dans la poche de son manteau, pui se leva énergiquement et fit face à la rouquine, elle la dominait de quelques centimètres et la perça du regard comme pour guetter la moindre réaction, le moindre rictus, le moindre frémissement de ses sourcils éternellement froncés.

- C'est une occasion pour vous de prouver que votre réputation n'est pas usurpée.

Sur ces mots, Nika s'effaça à son tour pour dégager le chemin vers la seule porte de sortie invitant la jeune fille à disposer.

- J'ai encore quelques affaires à régler d'ici là, je vous donne rendez-vous à la porte nord-ouest dans deux jours à huit heures prête à partir. Ne vous occupez pas de Gadhzi pour l'instant, votre nouvelle mission est prioritaire. Quelques chose me dit que nous en saurons plus très bientôt.

Nika retira ses lunettes et osa un léger sourire qui disparu comme l’incandescence du filament d'une vieille ampoule qui vient de s'éteindre.
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le Sam 27 Jan - 13:18
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En prenant le chemin de la chambre de Gadzhi, je ne m’étais certainement pas attendue à tomber sur la Commissaire avec laquelle il entretenait une liaison. Et j’avais encore moins prévue d’être recrutée pour une mission d’escorte. Lorsque la sentence était tombée, sans appel, j’avais grimacé un sourire. Les habitudes, bien ancrées, avaient alors rapidement prit le relais. J’avais hoché la tête tout en empruntant la pose martiale du soldat qui obéit sans broncher. Dans ma tête, en revanche, ça turbinait. Une multitude de questions se bousculaient, évidemment toutes sans réponse. Non seulement Gadzhi était absent mais je devais le remplacer. L’idée d’accompagner sur plusieurs jours Veronika tout en assurant sa survie n’était clairement pas plaisante. Et dire que je revenais juste de la surface !

Evidemment cela, la Commissaire se fichait éperdument de le savoir. Sa décision était prise, irrévocable, et en bonne recrue que j’étais, je devais ployer sagement l’échine. J’opinai donc du chef, accompagnant le geste des paroles adéquates. J’avais enregistré soigneusement toutes les informations qu’elle avait laissé filtrer, gardant pour moi le scepticisme qui en résultait et je finis par prendre congé. Comme je refermai la porte derrière moi, je sentais encore le regard inquisiteur de la Commissaire sur moi. Ses dernières paroles résonnaient encore dans mon esprit quand je m’éloignai. Le pas vif et alerte, les mains enfoncées dans les poches de ma veste, je regagnai mes propres quartiers sans plus me soucier des personnes que je croisai en chemin.

Suivant les conseils qu’elle m’avait donné, je m’étais temporairement de côté la question de Gadzhi et faisais mentalement les préparatifs de mon prochain départ. Je pourrais toujours profiter du réapprovisionnement pour glisser quelques questions à propos de mon oncle, voir ce que je pourrais en récolter. Comme je parvenais à la porte de ma propre chambre, je marquais un léger temps d’arrêt. Deux jours, il me restait seulement deux jours avant de repartir. Autant les utiliser à bon escient, pensais-je alors que je me laissais tomber sur le lit sans en retirer les draps. Les mains croisées derrière la tête, le regard fixé sur le plafond où l’enduit s’écaillait par endroit, je ne pensais plus à rien.
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