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le Ven 5 Jan - 22:20
Après vingt années à "faire surface" plus ou moins régulièrement, le vieux sapeur en avait assez. Il se faisait vieux, et même si son savoir était précieux, il risquait désormais de devenir un poids pour ses camarades. Chose qu'il s'était promis de ne jamais être. Il avait formé nombre de stalker de la nouvelle génération alors il était temps de quitter la scène.

Sur le plan financier, il n'avait pas le moindres problème. Il avait acheté sa chambre plusieurs années auparavant et avait depuis économisé une bonne somme. Non, si une chose devait poser problème au nouveau "retraité", c'était bien d'avoir du temps. Il ne pouvait ne pas nier être incapable de tenir en place sans rien faire. Même si on lui demanderait sûrement de partager de temps en temps son savoir, il lui resterait tout de même beaucoup de temps.

Le vieil homme était arrivé à ce constat alors qu'il s'ennuyait à mourir sur sa chaise au milieu d'un bar familier de sa station, Marksistskaya. Sa vie avait été bien plus longue que ce qu'il avait imaginé. Maintenant qu'il était vieux et usé, il ne pouvait plus vraiment jouer à l'aventurier. Il fallait bien pourtant qu'il s'occupe. À défaut de trouver une idée brillante dans l'immédiat, il se résolut à aller voir un armurier pour faire réviser son matériel. La dernière sortie en surface avait été mouvementé. Par conséquent, le matériel avait lui aussi pas mal dégusté. SVU comme PPS avaient besoin d'une petite révision. Et maintenant qu'il n'était plus au service de la station, il faudrait qu'il aille voir un marchand et paye pour tout ça.

De mémoire, il avait connu un type plutôt doué lorsqu'il avait enfin posé ses "valises" ici. Son nom ne lui revenait pas. Merde... Il avala son tort boyaux d'une traite tout en continuant à se triturer les méninges. C'était ce type qui lui avait trouvé une lunette PSO pour son fusil. Vladimir quelque chose. Ouais, ça devait être ça. Le mec connaissait son affaire et était plutôt sympathique. Même si son nom ne lui revenait pas, il se souvenait toujours de l'endroit où se trouvait sa boutique.

Prenant son courage et son estomac à deux mains, Wladyk se leva de sa chaise avant de se diriger vers le comptoir. Vu qu'il n'avait pas été un ami très "sérieux" ni un client régulier, il comptait au moins offrir une bouteille à cette connaissance. Après tout, la lunette que l'homme lui avait trouvée avait sauvé bien des vies y compris celle de l'ancien stalker.


---


Le lendemain, l'estomac vide et son matériel sur le dos, il se dirigea vers l'emplacement que sa mémoire, bien que floue sur nombre de points, lui indiquait avec certitude comme étant l'atelier de ce Vladimir machin. Arrivé devant la porte, il hésita un peu. Ce n'était vraiment pas sérieux de sa part. Il avait l'impression d'être un ami terrible. Prenant son courage à deux mains, il frappa à la porte avant d'entrer.

Arrivée à l'intérieur d'une "cabane" qui avait plus des airs de logement que de boutique, il se racla la gorge avant de demander sur un ton faussement autoritaire et avec un sourire aux lèvres :

Vladimir Fiodorovitch ! Ta marchandise c'est vraiment d'la merde camarade ! La batterie de ta fichue PSO a pas tenu 6 mois ! Où es tu 'spèce de voleur ?

Curieusement, le patronyme de l'artisan lui était revendu alors qu'il sortait cette blague de mauvais goût. Si le désormais vieil homme avait un minimum d'humour comme dans les souvenirs de l'ancien lieutenant, il ne manquerait pas de trouver une bonne pique à lui renvoyer. Ah, souvenirs, souvenirs...
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le Ven 5 Jan - 23:59

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Penchée sur son établi, la lampe à dynamo orientée sur ses doigts qui s'activaient et une loupe fixée sur l'oeil, Valya retouchait un ressort avec un soin maniaque. À présent que le matériel de base était rassemblé, elle n'avait plus qu'à modeler chaque pièce selon ses plans. Reposant sa pince pour souffler, elle ouvrit une petite boite métallique cabossée et en sortit une cigarette qu'elle alluma aussitôt. Excellente récompense pour le beau boulot qu'elle venait d'effectuer. Après une pause pour bouffer, elle se mettrait à la suite. Elle éteignit la lampe, déposa la loupe et quitta son siège pour étirer ses jambes et réfléchir à ce qu'elle allait bien pouvoir se caler dans le gosier. De la haute gastronomie, aucun doute là-dessus. Un truc à base de patates d'Evdo et de porc séché, probablement. L'ordinaire des fauchés du métro. Ou de ceux qui avaient des choses sacrément plus passionnantes à faire que composer des menus dignes de la Russie tsariste. Mais avant le dîner de reine, elle voulait juste retoucher encore un détail. Parce que ça venait de l'effleurer là, comme une envie soudaine de pisser. Il fallait qu'elle règle l'orientation de la pièce sur laquelle elle avait bossé la veille.

Reprenant sa place à son établi, la cigarette vissée au coin des lèvres, elle rajusta la loupe et sortit ce dont elle avait besoin. Elle n'eut même pas le temps de commencer quoi que ce soit que des coups à la porte l'interrompirent, aussitôt suivis de l'entrée d'un type avec un humour à chier. Enfin elle exagérait un poil. C'était quand même pas de sa faute s'il tombait au moment où elle s'excitait la nouille sur un minuscule bout de métal destiné à jouer un rôle capital dans sa création. Si elle devait se montrer honnête, son père aurait adoré et de son vivant, elle aussi aurait ri avec le camarade. Elle hésita très brièvement à répondre avec son habituelle franchise que Vladimir était mort depuis longtemps, mais elle savait reconnaître un type avec des moyens quand elle en voyait un. Comment ? Allez savoir. Le sixième sens du commerçant, peut-être ? Ou juste le fait qu'il avait l'air pas trop mal nourri malgré son âge et qu'une SVU bien entretenue pendait dans son dos. Si ce mec bichonnait son fusil selon les préceptes de Vladimir, il devait pas être trop mauvais et méritait un accueil au minimum poli.

- S'il vous a fallu plus de 5 ans pour venir vous plaindre, c'est qu'elle devait pas si mal fonctionner, rétorqua-t-elle donc en se levant de son siège.

Ben quoi ? C'était vachement poli de répondre à une blague par une autre, non ? Retirant une fois de plus la lunette de son oeil, elle la déposa sur le plan de travail et sortit la clope de sa bouche pour souffler la fumée. Évidemment, si le type s'attendait à voir son père, il avait du chercher sa tête 30 centimètres trop haut et s'attendre à une silhouette nettement plus imposante. Mais il avait du bol, elle avait fait un effort pour se saper ce jour-là au cas où un client intéressant se pointerait. Elle avait mis son plus beau futal en lycra à motif zébré et arborait une sorte de t-shirt en résille noire qui dévoilait un bandeau également noir en guise de haut. Des années de recherche et de négociation pour des trésors pareils. Le type avait l'air vachement vieux, au moins aussi vieux que son père ou que Gueorguï Asimovitch et soudain, elle n'eut pas très envie d'être celle qui lui apprendrait que Vladimir Fiodorovitch les avait quittés depuis longtemps. Il avait l'air d'un vieux pote perdu de vue qui allait être déçu et peiné. L'espace d'un instant, elle hésita, touchant le petit pansement qui ornait encore son nez en le considérant de la tête aux pieds pour tenter de deviner si elle pouvait s'y fier, puis elle décida que le MP-442 attaché à sa cuisse suffirait à le dissuader de l'escroquer. Elle fit un pas en avant alors et tendit sa bonne main, le droite.

- Valentina Vladimirovna, annonça-t-elle avec sérieux mais courtoisie.

Après tout, un client est un client. Et un client de son père était sûrement également un ami. Il avait double crédit à ses yeux.



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le Sam 6 Jan - 16:26
Wladyk ne s'attendait pas vraiment à tomber sur une jeune femme. Dans ses souvenirs, Vladimir faisait déjà "vieux" alors qu'il n'avait pas 30 ans et dépassait bien le mètre soixante-dix sans le moindre problème. La première réaction de l'ancien stalker fut donc de lever inconsciemment un sourcil inquisiteur. S'il s'était gouré de place, son ego en prendrait un sacré coup. Lui qui se plaisait à dire qu'il était né une boussole à la main et ne se perdait jamais, bah là y aurait un précédent.

La gamine qui lui faisait face atteignait avec difficulté le mètre soixante. Un beau brin de fille fallait bien le dire. Elle ressemblait un peu au souvenir qu'il conservait d'Ekaterina. Y avait bien un air de famille avec le Vladimir qu'il avait rencontré deux décennies plus tôt. Bon, les traces de coups en moins cela dit. Elle avait visiblement pris une sacrée rouste récemment.

- Après 17 ans de service, je pense que ma garantie a expiré... mais qui ne tente rien...

Répondit le "vieil" homme un sourire léger au visage. Il sera chaleureusement la main de la demoiselle qui se présenta sous le nom de Valentina Vladimirovna. Vu son patronyme, elle devait être la fille de l'armurier. Wladyk se racla la gorge avant de reprendre sur un ton un peu plus sérieux :

- Wladyslaw Stanislasovich. Votre père est il...

Il s'interrompit. Vu le regard de la "gamine", y avait peu de chance que l'ami dont il espérait avoir des nouvelles soit encore en forme. Bien qu'il ne soit pas un être très social, il avait vécu assez longtemps pour comprendre quand il posait le pied sur une "mine". 5 ans hein ?

- C'est lui qui faisait les réparations sur mon matériel quand je ne bossais pas encore pour une station en particulier. Des histoires de grand père quoi. Il est... ? Bah, je suppose que la bouteille que j'ai ramené pourra être bue à sa mémoire.

Il sortit de sa besace le "précieux" récipient et le posa sur le "comptoir". Il fallait un peu s'y attendre. Il était un peu une bête curieuse maintenant qu'il y songeait. Il était d'une espèce en voie de disparition. Et un spécimen plutôt rare qui plus est vu son ancienne profession. Plutôt que de tomber dans le pathos, il soupira un bon coup avant de se tourner vers un sujet plus gai. Place au business, ça au moins, ça ne risquerait pas d'agacer la demoiselle.

- J'ai mon fusil et un pistolet-mitrailleur à faire réviser. J'peux faire l'entretien classique moi-même. Mais vu qu'ils ont pas mal donné d'eux même récemment, l'œil d'un pro serait le bienvenu. Mieux vaut prévenir que guérir comme on dit. La queue de détente de ma PPS a aussi sans doute besoin d'un réglage, elle fait un peu de résistance. Voulez bien vous en occuper ?

Si elle était aussi compétente que son père, y avait moyen qu'elle s'occupe de ça correctement. Il pouvait au moins laisser une chance à la gamine. En souvenir du père. Même si visiblement, un client mécontent était passé récemment...
Tout en faisant sa requête, il déposa à coté de la bouteille la mitraillette qu'il avait jusque-là porté grâce à la bandoulière sous le bras. Il retira le chargeur de l'arme et vérifia la chambre avant de prêter à nouveau attention à la nouvelle "propriétaire" des lieux.
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le Dim 7 Jan - 12:07

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Exactement comme elle l'avait pensé, le type était un vieux client de son père qui n'était pas revenu depuis sa mort et ignorait donc qu'elle avait repris ses affaires. Hochant la tête simplement, elle lui confirma ce qu'il avait déjà deviné.

- Vladimir est mort il y a environ 5 ans.

Cinq ans, quatre mois, 16 jours et quelques heures. Son esprit si mathématiquement ordonné ne pouvait que garder avec précision un décompte depuis le moment où tout avait changé. Hochant à nouveau la tête, elle lui indiqua un siège et sortit deux godets ébréchés qu'elle déposa à côté de la bouteille. Elle le laissa cependant déposer ses armes sur l'établi et s'y intéressa immédiatement. Le boulot d'abord, l'hommage ensuite. Elle jeta un coup d'oeil au vieux copain de son père puis se percha sur son tabouret haut et examina la PPS avec soin après avoir déposé sa cigarette dans un cendrier.

- Joli petit bijou, ne put-elle s'empêcher de commenter.

Avec une dextérité dénotant de longues années d'expérience dans ce domaine, elle manipula l'arme, l'examina sous toutes les coutures, puis entreprit de la caler avec soin pour s'occuper de la détente récalcitrante.

- Elle tire à droite ? Plaisanta-t-elle tout en restant de marbre.

Le flegme, l'humour pince-sans-rire, c'était un héritage qu'elle ne tenait pas de son père pour le coup. Allez savoir d'où il lui venait. Peut-être simplement du métro. Elle sélectionna une pointe minuscule et la glissa dans un interstice pour une petite vérification.

- Ce sera pas grand chose, lui annonça-t-elle sans lever le nez du boulot. Elle avait ajusté sur son oeil sa loupe et procédait déjà en douceur au petit réglage nécessaire. Elle travailla ainsi en silence un petit moment puis se redressa et cala la mitraillette dans ses bras, pointant sagement le mur, pour tester le bébé. Pour elle, c'était parfait, mais ce n'était pas son arme, aussi la rendit-elle à son propriétaire.

- Dites-moi si ça vous va.

Toujours aussi laconique et calme, elle attendit en silence qu'il lui confirme ce qu'elle savait déjà. À savoir qu'elle avait parfaitement réglé la détente pour son doigt à lui. Elle n'avait pas eu besoin de l'observer longtemps ou d'examiner ses mains de près pour se faire une idée précise de ce qui le gênait et de la manière dont elle pouvait l'arranger.

- Je vous fais la révision complète ?

Cette fois, un demi-sourire étirait le coin de ses lèvres. Elle était satisfaite d'elle-même et satisfaite de ce nouveau client revenu à elle. Surtout qu'il n'avait pas commencé par la bassiner avec le fait qu'il l'avait vue toute petite comme la plupart des vieux clients de son père. Ils ne pouvaient pas s'empêcher de lui tapoter la tête avec condescendance la première fois qu'ils la voyaient après la mort de Vladimir. Forcément entre un colosse cinquantenaire et barbu et une jeune femme toute menue, ils avaient un choc. Mais la plupart reconnaissait sans peine qu'elle bossait au moins aussi bien que son regretté père. Parfois mieux car elle était aussi plus créative pour certaines choses. Pendant qu'il examinait son arme, elle déboucha la bouteille qu'il avait apportée et en servit deux doigts dans chaque verre.



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le Jeu 11 Jan - 22:29
La jeune femme s'empara du pistolet-mitrailleur et l'examina d'un œil expert. Cela fit un peu plaisir à l'ancien stalker. Ce n'était visiblement pas une novice. S'il doutait toujours un peu de la compétence de la demoiselle, au moins il pouvait déjà se rassurer en se disant qu'il n'avait pas confié son arme à une charlatane. Elle démonta l'arme après l'avoir calé avec soin dans un étau.

Le fait qu'elle confirme que le décès de Vladim n'était pas d'hier mit quelque peu le vieil homme dans l'embarras. C'était maintenant une certitude, il était un ami pitoyable. Il versa une quantité raisonnable du liquide incolore qu'il avait apporté dans les deux verres que l'armurière avait posé sur le comptoir. Le premier toast serait à la mémoire de l'ancien propriétaire des lieux au moins. Le compliment qu'il reçut sur son arme laissa Wlad de marbre. À ses yeux, ce n'était pas vraiment un bijou. Cette PPS était peut-être bien une œuvre d'art, mais dans ce cas elle était un éloge à la simplicité. Un produit de la Grande Guerre Patriotique conçue pour être produite en masse par des gens simples, pour des gens simples et ce, tout en gardant une fiabilité presque à toutes épreuves.

Alors que la fille de son ancien camarade fouillait les entrailles de la mitraillette, elle ne sembla pas résister à l'envie de sortir une bêtise sans doute dans l'idée de détendre l'atmosphère. Sur un ton rieur, Wladyk répondit :

C'est très pratique pour tirer dans une pièce sans s'exposer. Ou pour intimider un gamin. J'le vise, je dessine sa silhouette sur le mur et lui il pense que c'est du pur talent...

En fait, le sapeur hésitait franchement à dire qu'il avait cogné un type avec l'arme. Pas avec la crosse pliante bien sûr! Non, ça c'était un coup à avoir de la casse. Mais il avait saisi le canon comme une crosse de hockey ou une batte de baseball et avait sonné un type dans un tunnel avec la poignée de l'arme. Un véritable "home run" vu que le type bien que protégé par un casque d'avant-guerre avait terminé dans les vapes en un seul coup...

Bien que la fillette soit agréable à l'œil, il ne quitta pas des yeux ses mains qui trifouillaient l'arme à une vitesse digne d'éloges. Même s'il avait passé sa vie à utiliser des armes, ça restait pour lui très impressionnant. Lorsqu'elle termina enfin d'apporter des corrections au mécanisme de l'engin, il lui adressa un hochement de tête approbateur avant de se saisir de l'arme. Tirant sur le levier d'armement, il arma le mécanisme de l'arme sans y introduire la moindre munition. Son doigt vint se glisser lentement devant la queue de détente qu'il pressa lentement comme on lui avait enseigné quelques dizaines d'années auparavant. Il ne servait à rien de se brusquer et il aimer que les détentes offrent un peu de résistance. C'était là une preuve que l'arme ne se déchargerait pas au moindre choc ou suite à une chute. "L'examen" terminé, il posa à nouveau la PPS sur le comptoir de fortune.

Plus que satisfait par le résultat, il adressa un sourire chaleureux à la demoiselle avant de faire glisser son SVU de son dos à ses mains. Comme avec l'arme précédente, il enleva le chargeur et vérifia la chambre avant de poser le fusil sur le comptoir à côté de la mitraillette. De sa voix grave, il dit à la jeune femme :

Ouaip, une bonne révision complète de ces deux monstres est plus que nécessaire.

Son ton était cordial. Pour le moment, il pouvait éviter la question fâcheuse du père. Il était tout de même un peu curieux de savoir comment avait fini son ami. Partir avant ses 50 ans quand on s'occupe d'une boutique même dans le métro, bah, faut bien avouer que c'est pas de bol. Que Dieu ait son âme... Maintenant, fallait voir ce que la révision allait donner et si la jeune fille se porterait volontaire pour choisir le toast.
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le Ven 12 Jan - 22:17

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- Bien sûr, approuva Valya, toujours aussi flegmatique. Et ça n'a évidemment rien à voir avec la tache de sang.

Un sourcil légèrement arqué, elle tapota une petite ombre sur la crosse puis s'en désintéressa. Il pouvait bien utiliser ses armes comme il le souhaitait, c'était pas elle qui lui jetterait la pierre, surtout avec ce qu'elle comptait de conneries du genre à son actif. Elle le regarda tester la détente et parut satisfaite de ce qu'elle voyait. Comme lui d'ailleurs. Parfait. un client satisfait, c'était un client qui revenait. Et qui parlait d'elle en prime. Son sourire disait assez qu'il la recommanderait sans hésiter. Les deux armes l'attendirent bientôt sur son établi et elle se réjouit sincèrement de pouvoir travailler dessus. Ce qui se traduisit par un frémissement à peine visible du coin droit de sa bouche. Presque un sourire, dis donc. Avant de s'y attaquer, cependant, elle guida sa main tridactyle vers l'un des godets emplis par le visiteur et le leva dans sa direction.

- À Vladimir, qui vous a ramené ici malgré son absence.

Elle attendit qu'il lève son verre à son tour avant de boire cul sec. Trinquer à son père était toujours une excellente raison de boire. Et même s'il lui manquait chaque jour, la douleur de sa perte et de son absence s'était un peu apaisée avec le temps. Boire à sa mémoire était devenu plutôt réconfortant avec le temps. De plus, les vieux amis appréciaient qu'elle honore le souvenir de son père, alors pourquoi s'en priver. Surtout qu'il lui fallait du carburant pour le boulot. Les godets claquèrent sur le comptoir et un sourire bref mais franc étira ses lèvres. Ajustant la lumière, elle prit tout son temps pour s'occuper tour à tour des deux bébés qui l'attendaient sagement. En réalité, elle n'avait aucune idée du temps qui s'écoulait quand elle travaillait sur des armes intéressantes. C'est aussi pour ça qu'il y avait de quoi s'asseoir pour les autres, de quoi passer le temps. Même si elle était capable de discuter en même temps que ses doigts et ses yeux se concentraient sur ce qu'elle faisait. Son père l'avait bien élevée, quand même.

- Ça faisait longtemps que vous aviez pas vu Vladimir ?

Aucun reproche dans sa voix. Dans le métro, on avait pas une vie comme son père lui avait raconté à propos de la surface, on faisait pas des visites mondaines, on prenait pas le thé tous les quatre jours en discutant du petit dernier ou de la voisine qui souriait trop largement au facteur. Et puis les stalkers passaient la moitié de leur courte vie à affronter les immondices de la surface, alors on allait pas leur demander d'envoyer des cartes de voeux en plus. Surtout s'ils apportaient une gnôle plus que buvable comme celle de son nouveau camarade.



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le Mar 30 Jan - 23:03
L'ancien stalker haussa les épaules d'un air innocent lorsque la demoiselle souligna le fait qu'il avait sans doute commis une petite erreur en utilisant sa mitraillette comme une batte de baseball. Si c'était à refaire... Bien qu'elle se soit montrée assez froide lorsqu'il était entré dans sa "boutique", elle semblait désormais se détendre un peu. Elle leva son verre à la santé de son père. Le toast était simple, mais Wladyk n'était pas du genre à faire dans le pathos. Il se contenta donc de haucher la tête et de répondre "à Vladim'!" avant de vider son verre d'une traite. Il secoua la tête pour "faciliter" le passage de cet alcool qui lui brulait la gorge. Un vrai tord boyaux à l'ancienne. Du pur débouche chiotes avec un arrière goût d'alcool de contrebande de la grande époque soviétique.

Après avoir descendu le montre, il déclara pour lui même et avec un sourrire aux lèvres: "je lui trouve un goût de pommes...". Il versa une autre rasade dans le shooter de la jeune fille avant de se resservir également. Puisque l'attention de la fille de son ancien ami s'était détourné à nouveau vers les armes, il laissa son verre sur le comptoir et obersa la dame à l'oeuvre. Ça avait quelque chose de relaxant de contempler un expert au travail. Le vieux sapeur s'appuya lourdement sur le comptoir. Respectueux, il resta silencieux jusqu'à ce que cette Valentina Vladimirovna engage à nouveau la discutions. Depuis quand n'avait il pas vu le père ? Une éternité. De sa voix grave et calme, il répondit :"Plusieurs années, vous vous en doutez. Je l'ai rencontré lorsque je suis arrivé dans cette station peu après la chute des bombes. Nos chemins se sont séparés lorsque les patrons locaux m'ont recruté.". Il soupira en faisant à nouveau le constat qu'il était un dinosaure.

Wladyslaw chassa ses idées noires et se concentra à nouveau sur la jeune femme. Plusieurs questions lui brûlaient les lèvres. Curieux, il demanda à la gamine : "sans vouloir être indiscret, c'est votre paternel qui vous a appris les ficelles du métier ? J'ai souvenir qu'il était plutôt débrouillard ce koulak...". À l'époque où ils s'étaient rencontrés, l'ancien lieutenant était sans le sou alors que Vladimir tenait déjà un commerce prospère. Il n'y avait pas d'amertume dans les propos du vieil homme, juste un peu de nostalgie. Comment diable Vladimir était il parti ? Ça aussi, c'était une question qu'il voulait poser...
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le Mer 31 Jan - 11:25

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Valya hocha doucement la tête. Evidemment que ça faisait des années, sinon elle se serait rappelée de lui. Mais à vrai dire, ça faisait peut-être tellement d'années que, même si elle avait été présente, elle ne se serait pas souvenue de lui. Lui en revanche, n'aurait sans doute pas oublié une gamine à couettes qui suivait Vladimir comme son ombre. Du coup, elle ne devait pas être là quand il avait fréquenté son père. Sans doute n'était-elle même pas née. Vingt-deux ans, c'était long pour un stalker mais pas si long à l'aune de leur monde corrompu. Ses mains déséquilibrées continuaient à travailler vite et bien sous son œil attentif. Au moins Wladyslaw Stanislasovich prenait-il soin de ses outils. En même temps, un stalker qui n'entretenait pas ses armes n'avait aucune chance de survivre à sa première sortie.

Une main s'écarta un instant de sa tâche et vint s'enrouler autour de son verre pour le porter à ses lèvres. Ses yeux n'avaient pas quitté le canon qu'elle scrutait attentivement. Une belle gorgée de corrosif plus tard, elle se remit au travail sans sourciller. C'était l'effet de la concentration. Sinon un tord-boyaux pareil lui aurait fait monter le rouge au front. Bordel, il arrachait bien la gueule. Alors qu'elle passait un doigt sur une surface légèrement graisseuse, son client revint à la charge avec une question qu'elle trouva légitime. On la lui posait souvent en fait. Et la réponse était un motif de fierté à ses yeux.

- Il m'a tout appris, confirma-t-elle. Dès que j'ai été en âge de piger ce qui se passait, il m'a tout montré, tout expliqué, tout laissé faire.

Un vague sourire esquissé accueillit sa dernière remarque. C'était bien vrai. Vladimir avait su remarquablement bien tirer son épingle du jeu. Quand il s'était retrouvé sous terre avec sa jeune épouse d'abord, puis quand il s'était retrouvé seul avec une enfant à élever. Il n'avait jamais perdu pied. ou en tout cas, elle n'en avait jamais rien su.

- Il a bien travaillé, oui. Quand il est mort j'ai au qu'à reprendre le flambeau. Les clients sont presque tous restés.

La question suivante, elle la connaissait aussi. Elle l'attendait, même. Elle ne lui faisait pas peur, plus maintenant. Mais elle la laissait venir en douceur, pas la peine de forcer la dose.



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le Jeu 1 Fév - 16:06
La réponse de la jeune femme ne le surprit pas. C'était là une évidence, on ne peut que difficilement atteindre ce niveau de maîtrise en autodidacte. Il répondit du tac-au-tac "ça se voit" avec un regard chargé de nostalgie. Visiblement, il avait bien transmis le flambeau avant de passer l'arme à gauche. Lorsque la demoiselle répondit avec fierté que la clientèle était restée, il comprenait bien pourquoi. Avoir un bon armurier, c'était autant nécessaire maintenant que l'était la digestion avant la guerre. Ça évitait toute une série d'emmerdes considérables.

Trop pudique pour poser la deuxième question qui lui venait en tête depuis qu'il savait l'ancien propriétaire parti, il chercha un autre sujet qu'il pourrait aborder. Si la question concernant le père était peut-être indiscrète, la violence elle était omniprésente dans le métro. Valentina Vladimirovna avait sans aucun doute eu recemment des ennuis vu les traces bleutés qui restaient sur son visage. Ça ou bien elle avait fait une sacrée mauvaise chute dans les escaliers. Il demanda donc en contemplant le fond de son verre vide : "Un mauvais client qui vous a autant amoché ? L'y est pas allé de main morte...". L'incident ménager étant fort peu probable, il était parti sur l'hypothèse qui lui semblait la plus évidente.

Mine de rien, ça lui donnait une idée tout ça. Il comptait en parler dans un premier à Vladimir mais vu que c'était devenu plutôt difficile, il pourrait peut-être en parler à la demoiselle. Après tout, qui ne tente rien... Et puis, si la boutique était restée aussi populaire qu'à l'époque, ça pouvait être une bonne idée. Il avait eu raison de venir à une heure "creuse" si tel était bien le cas. Selon toutes les apparences, la jeune femme avait bien besoin de ses services. Le vieil homme avait peut-être trouvé là une possible reconversion professionnelle. Son CV étant plutôt bon, ça semblait presque être une bonne idée que de proposer ses services comme garde. Sur un ton neutre mais le regard confiant, il dit à la demoiselle : "je comptais demander ça à votre paternel vu que j'avais beaucoup d'estime pour son travail mais... bref. Vous seriez pas à la recherche d'un garde par hasard ? En dehors de l'aspect pratique, ça serait aussi très bon pour votre business. Ça permet d'éloigner les gêneurs et ça met en confiance les pontes pour les gros deals. Ça prouverait la prospérité du commerce et le sérieux de votre enseigne. Savez bien comme moi que les tauliers du coin ne respectent d'ailleurs que ça...". Avant de se vendre lui, il fallait déjà vendre les bénéfices d'engager un suppléant à la jeune femme. Si l'ancien propriétaire était là, il aurait tout de suite commencé par son expérience et son histoire. Mais vu qu'il était face à une inconnue qui semblait plutôt bien se débrouiller seule...
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le Dim 4 Fév - 11:29

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Et comme la question tant attendue sur son père ne venait finakement pas, Valya se laissa surprendre par le sujet qui la remplaça. Elle avait presque oublié les marbrures qui coloraient encore son visage et son corps, ainsi que le pansement sur son nez qui s'était étonnamment bien ressoudé et reprendrait très prochainement sa jolie forme initiale. Elle prit un instant pour reposer son outil, boire une gorgée de débouche-chiottes, puis se remettre au travail, avant de répondre avec un petit hochement de tête qui n'était ni confirmation ni déni, juste acceptation du fait.

- Y'a toujours des connards qui croient pouvoir profiter du fait que je suis une femme seule. Ils oublient que je sais manier mes outils de travail. Cette fois, c'est moi qui aie oublié qu'un salopard ne vient jamais seul.

Elle aurait pu mentir, inventer une quelconque histoire de bagarre dans un bar - c'était presque la vérité, au fond - ou une embuscade au moment d'une transaction, mais quel intérêt ? Au fond, ce type, il s'en foutait bien de savoir si elle embrassait des barres à mine par plaisir dans les rades ou si elle avait un job dangereux. Dans le métro, la vie toute entière était dangereuse et la mort vous attendait à chaque tournant. Vladimir lui avait appris à l'accepter et à vivre avec, même si elle prenait plus de risques qu'il ne l'aurait souhaité. Quand il reprit la parole pour lui faire sa proposition - enfin une sorte de proposition, elle s'arrêta de travailler et fit tourner son siège vers lui pour le regarder, concentrée sur ce qu'il disait. C'était la voix de la raison, elle le sentait, mais ça posait un tas de questions pratiques auxquelles elle ne savait pas répondre. Wladyslaw Stanislasovich avait l'âge de son père à peu de choses près, peut-être juste quelques années de moins. Et jamais encore elle n'avait embauché qui que ce soit. Le seul avec qui elle avait bossé en duo était Vladimir mais c'était encore autre chose.

- Vous voyez ça comment, demanda-t-elle lentement après un temps de réflexion. Vous vous installez à côté et vous êtes là à la demande quand j'ai des clients casse-couilles ou importants ?

S'il lui expliquait ce qu'il avait en tête, elle y verrait sûrement plus clair. Le fait est qu'un type qui en imposait à côté d'elle, ce serait jamais du luxe avec tous les blaireaux qu'elle fréquentait pour le boulot. Mais elle pouvait pas le payer à rien foutre et la regarder quand il se passait rien ou que les clients étaient normaux. Ça voulait dire plutôt une assistance sur les transaction importantes, les clients difficiles et les voyages dans les autres stations. C'est vrai que ç'aurait pas été mal d'avoir une paire de bras supplémentaire quand elle allait livrer des flingues sur la V.A.R. ou même plus loin dans la Hanse. Une paire de bras avec l'intelligence du danger qui habitait les couloirs, c'était pas négligeable.

Mais fallait voir à quel prix évidemment, parce que payer le bonhomme à croiser les bras devant la porte, elle avait clairement pas les moyens. Même si son commerce était largement florissant, la vie dans le métro était telle qu'elle ne serait jamais riche au sens où on l'entendait quand on visait en surface. Vladimir lui avait parlé des palais, des voitures, des vêtements, il lui avait raconté comment pouvaient être les choses dans leurs plus beaux aspects, mais aussi les pires. En tout cas, même dans le métro, elle avait pas les moyens d'embaucher à temps plein un type aussi qualifié que le Stalker. Il faudrait qu'il trouve à mettre de l'huile dans ses patates avec d'autres petits contrats, sûrement. Mais elle pouvait réfléchir à fournir un gros point de départ, c'était clair. Un investissement sur l'avenir pour elle et une retraite presque paisible pour lui.



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le Lun 26 Fév - 11:00
Wladyk fit une moue dubitative en observant toujours avec curiosité la trace sur le visage de la demoiselle. Dans un sens, ça l'amusait de voir que même sans avoir à sortir, y avait toujours moyen de se retrouver dans une bonne baston. Comme quoi, même si la Hanse se revendiquait comme civilisée... Mais bon, il fallait aussi reconnaître le fait que les vendeurs y avaient tout de même une vie plus simple que dans d'autres factions.

Lorsqu'elle lui demanda ce qu'il pouvait faire, il haussa les épaules. Ce n'était pas histoire de dire "je ne sais pas". C'était plutôt une façon d'exprimer sa surprise. Il pensait que le métier de garde n'avait pas vraiment besoin d'une présentation. Comment voyait-il "cela" ? Sur un ton légèrement surpris, il déclara :


"C'est plutôt l'idée. En gros, je fais le travail d'un chat mais au moins je sais préparer un thé pas trop immonde, j'ai pas besoin de litière et je chasse les rats même lorsque je suis fatigué. Le bon coté est que j'ai déjà un logement alors je ne scouate les locaux que lorsque vous auriez besoin de moi. S'il vous faut un guide pour voyager entre les stations, j'ai une bonne partie du réseau moscovite en tête. Et sait-on jamais, je connais pas mal de monde niveau gardes. Mon carnet d'adresses et mes amis deviendraient vos amis."

Maintenant qu'il y pensait, ça avait presque des airs de proposition mafieuse. Mais il fallait bien reconnaître que l'on n'avait jamais assez de contacts dans ce bas monde. Et l'ami d'un ami était toujours mieux disposé durant une fouille de "douanes" ou lorsqu'il fallait affronter ce terrible monstre qu'est l'administratif.
Et puis, la comparaison avec un chat avait beau être assez peu flateuse dans un sens, elle restait ce qu'il y a de plus juste à ses yeux. Il pourrait aussi ajouter qu'il était plutôt bon marché en raison de son âge et du fait qu'il cherchait avant tout à s'occuper, mais il espérait bien que la question soit d'abords abordée par la jeune femme. C'était là une règle basique du monde commercial qu'il avait appris à la dure durant les brocantes de sa jeunesse.

Tout en versant un nouveau verre de jus de vidange, il ajouta à la gamine :


"Et puis, j'suis encore en forme. S'il faut aider pour porter des trucs, mes bras sont encore solides. Encore un verre ? Je sais qu'il est pas terrible, mais une négociation bien arrosée ne peut échouer à ce qu'on dit !"

Il avait entendu cette maxime dans un bar. C'était là de l'humour bas de gamme, certes, mais il y avait aussi sans doute un fond de vérité. On ne boit pas avec quelqu'un avec qui on ne veut pas faire d'affaires après tout.
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le Sam 17 Mar - 9:20

Passeport
Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Sagement assise et son travail abandonné derrière elle sans l'ombre d'un remords, Valya serrait son verre entre ses doigts et y faisait parfois tourner la gnôle puissante qui s'y trouvait. Elle écoutait très attentivement son visiteur tout en l'observant. Tout en lui criait l'honnêteté désabusée du stalker revenu trop souvent de la surface. Son âge était un point en sa faveur, contre toute logique. Parce qu'un stalker qui vivait vieux était soit un planqué, soit un type prudent et doué. Or, il ne lui faisait pas l'effet d'un lâche. Son regard était franc et droit, ses mots directs. En fait, si elle prenait un peu de recul, il lui faisait vraiment une bonne impression. Elle se trompait rarement sur les gens mais personne n'était infaillible. Son nez était là pour témoigner qu'elle avait approché un connard de Tchétchène d'un peu trop près.

Un demi-sourire étirant le coin de ses lèvres, elle hocha la tête quand il se compara à un chat. Elle voyait bien l'image. Mais elle le soupçonnait d'être plus tigre que chat de salon si le besoin s'en faisait sentir, ce qui était également un bon point pour lui. Protection, guide, bras supplémentaires, il lui faisait vraiment une proposition intéressante, surtout si elle n'avait pas à lui fournir une piaule. Trempant les lèvres dans son verre, elle prit le temps de réfléchir soigneusement et de peser chaque mot. Rien n'était jamais décidé à la légère avec elle mais elle savait trancher rapidement et s'en tenait à ses choix, assumant pleinement ses décisions.

- C'est ce qu'on dit, approuva-t-elle en tendant son godet à l'ancien stalker avec un vague sourire.

Le fait était qu'on ne buvait pas avec quelqu'un en qui on ne plaçait pa sun minimum de confiance et à qui on ne voulait pas parler. Partager un verre, c'était déjà ouvrir les négociations.

- J'ai pas les moyens de vous payer des fortunes, attaqua-t-elle de front sans plus attendre et le regard franchement planté dans celui de son invité. Mais c'est vrai que votre physique et votre expérience m'intéressent.

On aurait pu voir un énorme double sens à cette dernière phrase mais Valya ne mélangeait jamais les affaires et le plaisir. Même chez Tiana, elle attendait d'avoir fini son travail pour rejoindre la tenancière du bordel dans sa piaule. Ramenant le verre à sa bouche, elle en but une autre gorgée, pensive. Le silence s'étira encore quelques instants puis elle se redressa et hocha la tête. Sa décision était prise.

- Je vous propose de faire un essai quelques semaines. Si ça marche et qu'on se convient l'un à l'autre, on parlera finances. Sinon, je vous payerai pour le coup de main et on se quittera bons amis. Ça vous va ?



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