Découverte et apprentissage
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le Sam 23 Déc - 15:52
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V.A.R. cet endroit me fascinait. On y trouvait plein de commerces, pleins de gens. C'était l'endroit rêvé pour étudier le genre humain sans trop se faire remarquer. J'étais sur un marché, à observer des clients et un marchands. Les deux parties essayant de négocier le prix ce que je ne comprenais pas trop. L'un fixait le prix, l'autre s'y accommodait ou cherchait ailleurs, non ? Pourquoi les gens voulaient-ils toujours discuter ou négocier ? Cela faisait partie du protocole pour tisser des liens ? Forger des amitiés ou créer des tensions ? C'était tellement compliqué... Rien que regarder faire me fatiguais. Alors m'y essayer... Pas pour moi. Enfin, je n'étais pas là que pour étudier la psychologie humaine, je voulais aussi me procurer différents produits. Tel que de la poudre, des fils électriques et quelques mécanisme pour fabriquer quelques explosifs. Mes compagnons rouges aimaient à ce qu'on ait toujours trop d'explosifs et c'était un passe temps que j'appréciais particulièrement.

Avançant dans la foule, évitant les badauds qui s'arrêtaient devant moi ou qui avançaient à contre courant, je me frayais un chemin. Tendant l'oreille pour écouter les conversations, toujours pour apprendre un peu plus sur le comportement humain. Je m'arrêtais finalement pour regarder une étale avec des composants électriques dans un état plutôt déplorable. Estimant qu'il faudrait plusieurs heures pour remettre ça en état. C'était justement ce que je voulais, car ainsi, le prix était moindre. Vu la difficulté de trouver ce genre de matériel, il était facilement hors de prix si en plus c'était en état fonctionnel... Là je n'en parle même pas.

"La bobine de fil électrique et le circuit imprimé à moitié foutu... Ainsi que l'interrupteur là. Le tout pour combien ?
-Je vois que monsieur à l’œil ! Et ce bornier en parfait état ne vous intéresse pas ?
-Non. Combien pour ce que j'ai demandé ?"

L'homme semblait un peu déçu de voir que je n'en voulais pas plus, que j'avais jeté mon dévolu sur son matériel dans le plus mauvais état ce qui revenait à pas grand chose pour ses affaires. Je lui achetais donc pour m'éloigner ensuite sans chercher à négocier une baisse des prix, sans chercher à faire un brin de causette inutile. J'aimais l'efficacité et la simplicité, inutile de tourner autour du pot durant des heures pour un résultat quasiment similaire, non ?

Je m'arrêtais un peu plus loin pour prendre une tasse de thé, me réchauffer le corps. Profitant de la petite pause pour regarder de nouveau les gens. Tous ces morceaux de viandes qui déambulaient... J'aimais m'imaginer voir tout ça exploser, ou moi me glisser derrière quelqu'un pour le poignarder. Trouvant ça amusant, même si c'était agréable d'être invisible dans cette foule, cela me procurait une certaine tranquillité.

Continuant de marcher, ma tasse en main. Mon regard s'attarda sur une étale avec différentes poudres, surtout pour les armes à feux. Beaucoup faisaient leurs munitions eux même, c'est là que j'y trouverai ce que je voulais. Mon manque d'attention me fis percuter quelqu'un, renversant en partie mon thé sur moi et la dite personne. Regardant mon haut couvert de thé encore chaud, me disant tant pis, j'irai en acheter un autre après.

"Dommage... Désolé."

Mon ton était neutre, ne lançant même pas un regard à la personne que j'avais percuté. M'excusant par simple commodité sans vraiment l'être. Me moquant royalement de savoir si la personne était énervée que je lui renverse ma boisson dessus. Ce n'était là pour moi, rien de grave, un fait sans le moindre intérêt. Je tournais déjà la tête vers le stand pour m'y diriger, estimant qu'avoir dis que j'étais désolé, était largement suffisant. En plus, que pouvais-je dire ou faire de plus ? Rien.

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le Ven 29 Déc - 16:04
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Ekaterina faisait son chemin dans les stations de la V.A.R. avec aisance. Elle en connaissait les galeries, les habitants et les marchands. Elle y avait grandit, y était à l’aise. Les gens la connaissaient, c’était l’endroit où elle avait sa place. Son rôle de médecin au sein de l’alliance lui assurait une certaine reconnaissance, mais elle l’avait gagnée en se battant bec et ongles pour être reconnue pour ses compétences. Principalement parce que lorsqu’elle avait pris le poste elle était encore jeune, mais aussi parce que elle était une femme. Particulièrement petite et fragile d’aspect, qui plus était. Mais tout le monde à la V.A.R. savait que Katya gueulait deux fois plus fort que les autres lorsqu’elle savait qu’elle avait raison, et que s’attirer ses foudres signifiait d’aller se faire foutre quand on aurait besoin de ses services. Ou bien. subir sa prochaine intervention sans analgésie. Elle avait un sale caractère, et ne mâchait pas ses mots, mais elle faisait un peu partie du décor, en quelque sorte. La V.A.R. sans son petit médecin gueulard ne serait plus vraiment pareille, les gens s’y étaient faits.

- Borisovitch, tu vas quand même pas essayer de me vendre la merde mal distillée que tu essaie de refourguer aux gens de passage?

- Oh ça va Katya, pour ce que tu en fais, ça...
- Ta gueule, j’ai besoin de désinfectant, pas de ta gnôle pour soudards fauchés.

- Mais ça désinfecte pareil, pétasse !
- Je veux de l’alcool à 90° ou s’en approchant, pas de la vinasse, baltringue !

Butée, la jeune femme avait croisé les bras sur la poitrine, et commençait à battre la mesure du pied d’un air impatient, son air ombrageux habituel peint sur le visage. Mais elle n’était pas spécialement de mauvaise humeur. Se battre avec le dénommé Borisovitch était habituel, et les gens ne s’arrêtaient même pas pour enrayer l’altercation. Les habitués disaient que c’était leur rituel. Le marchand allait tergiverser encore quelques minutes, et Katya allait continuer de se plaindre de sa stupidité avant qu’il ne lui donne ce qu’elle voulait. La prochaine fois, leur petit manège reprendrait du début, chacun entendant faire entendre raison à l’autre.

- Mais ça m’arrache le coeur de savoir que tu balance comme ça un alcool aussi pur !

- Tu sais quoi? Je vais tout de suite te planter un truc dans le bras, et on a désinfecter avec ta vinasse. Comme ça je vais pouvoir débuter une étude comparée de l’efficacité de tes produits en fonction du degré d’alcool, avec pour principal sujet d’expérience ta petite personne.
- Ça va pas bien bien dans ta tête, oui?!
- Hinhinhin.

Dans un murmure, un passant commenta que la jeune femme était très en forme aujourd’hui en la voyant se pencher d’un air menaçant vers le marchant qui feignait assez bien l’effroi, avant de finalement éclater de rire.

- Ça va, ça va Katya. Aligne les poulettes, je te donne tes bouteilles.


Avec un sourire victorieux, la jeune femme paya et récupéra deux bouteilles d’un liquide limpide, à mille lieues de l’alcool trouble vendu en temps normal sur l’étal. Alors qu’elle s’apprêtait à prendre congé, quelqu’un la bouscula, et un liquide brûlant traversa ses vêtements au niveau de son épaules, lui tirant un cri de surprise et de douleur mêlées. Une sensation désagréable, froideur métallique d’un esprit déconnecté de toute émotion la fit frisonner, avant que l’excuse prononcée d’un ton détaché la fasse se retourner et interpeller l’imprudent.  

- Eh, face de rat, porte un peu tes couilles et reviens d’excuser correctement!


Il n’y avait aucune sincérité dans les mots prononcé par l’homme, plus par obligation de respecter les conventions sociales qu’autre chose. Si elle ne l’avait pas interpellé, il aurait tracé son chemin sans se préoccuper d’elle, ce qui l’agaçait au plus haut point.
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le Sam 30 Déc - 18:36
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J'avais donc continué de marcher après cette bousculade imprévue mais à peine avais-je fais deux pas que la voix d'une femme, plutôt de mauvaise humeur et avouons le: grossière, se fit entendre. Face de rat. Voilà un qualificatif très peu employé pour me désigner, peut-être même une première. Ce qui me surpris un peu et la suite n'en fut que plus poétique, chantant à mes à mes oreilles comme les mots de mon père durant mon enfance. Porter un peu mes couilles pour revenir m'excuser. Relativement bien imagé cette expression, même si je ne voyais pas l'intérêt de montrer mes testicules pour m'excuser. Coutume locale ou simple folie suite à un coup de colère de la dame ?

Je me retournais donc en soupirant. Posant mon regard sur une petite brune aux yeux magnifiques. Ok, sa voix enfin ses expressions ne collaient pas du tout à son gabarit. Quoique, elle compensait comme elle pouvait, c'était surement ça. J'avançais vers elle, affichant un sourire se voulant gêné et désolé, ça je savais faire, j'avais du l'employer tellement souvent... Jouer le mec un peu idiot qui se répand en excuse parfois on disait que je faisais pitié, d'autre on me traitait de lavette. C'était toujours mieux que balancer un regard froid suivit d'un "ta gueule ou j'te crève connard", enfin c'était ce que mon père m'avait enseigné: ne pas faire de vague. Je la détaillais rapidement du regard, elle ne portait pas de haillons, pas d'arme à feu en tout cas visible. Surement une personne connue ou habituée du coin. Quoique, réfléchir à comment la faire disparaitre, n'était parait-il pas la première option à envisager en cas de litige. Putain, les relations humaines, l'éthique tout ça, c'était d'un compliqué et barbant. Haussant les épaules, j'inclinais un peu la tête pour la regarder dans les yeux.

"Afficher mes couilles ici risque pas plutôt de faire désordre ?"

Je secouais ensuite la main, comme pour chasser une mouche. Essayant de prendre un air désolé et un ton compatissant. J'avais appris il y a peu, que je pouvais ressentir un peu les choses. Si je n'y arrivais pas, je pouvais toujours me forcer un peu ? Cela suffirait peut-être à la détendre ?

"Enfin, je peux te payer une veste ou un verre pour m'excuser de façon plus convenable peut-être ? J'étais concentré sur le stand d'armes et je ne t'ai pas vu. Et non: ce n'est pas là une remarque sous entendu et déplacée vis à vis de ta taille donc pas la peine de mal le prendre, hein ?"

A bien y réfléchir, dire que j'y avais pensé, c'était déjà mettre le feu au poudre non ? Reste que j'étais sincère, je voulais bien m'excuser correctement en lui payer un autre vêtement ou un verre. Pas car je m'en sentais obligé, juste pour éviter qu'elle beugle encore et que ça attire l'attention. J'aimais être anonyme, discret et libre de me déplacer sans me sentir observer... Mais déjà, plusieurs yeux se posaient sur nous, la plupart des passants faisaient ce pourquoi ils étaient là: passer, faire leurs achats. Mais certains c'étaient arrêté pour observer la scène. Putain de curieux... Une petite envie de tuer naquit en moi, que je chassais en me concentrant sur la fille. Attendant de voir sa réaction et comment la combler pour m'excuser d'avoir renversé mon thé sur elle. Encore une journée prise de tête dirait-on...




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le Lun 8 Jan - 0:33
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L’homme arrêta ses pas alors qu’elle l’invectivait, pour finalement se retourner avec un soupir. Agacement, lassitude, résignation? Étrangement, Katya n’arrivait pas vraiment à le percer à jour. Cependant, elle vit parfaitement le regard qu’il posa sur elle. Ce regard qui jaugeait d’abord sa taille et sa stature, la comparant à ses attitudes si affirmées, et haussait le sourcil devant le décalage.

L’importun afficha sur son visage un sourire qui donna immédiatement envie à Ekaterina de lui donner des claques. Parce qu’il essayait d’afficher une expression qui n’atteignait absolument pas la froideur calculatrice de ses yeux. Cependant, elle ne cilla pas lorsqu’il la regarda dans les yeux pour finalement lui répondre, tirant à la jeune femme un haussement de sourcils dubitatif.

- Toi, on a pas du t’apprendre les métaphores, visiblement. Ou alors tu te fous de ma gueule.


Autour d’eux, les gens passaient. Certains ralentissaient parfois pour jauger la situation, jeter un coup d’œil interrogateur vers la médecin, se demandant s’ils devaient se risquer à lui apporter leur aide, ou alors la laisser faire. Curieusement, pas une seule personne ne s’arrêta finalement pour de bon. Probablement trop habitués à la furieuse indépendance de la jeune femme, ces derniers ne voulaient pas risquer d’attirer ses foudres en lui apportant une aide non désirée.

Katya, elle, ne leur accordait même pas un regard, trop occupé à détailler son interlocuteur. Il y avait quelque chose chez lui qui à la fois l’interrogeait, mais aussi la dérangeait profondément. Mais déjà il enchaînait, et sa remarque sur sa taille lui fit plisser les yeux d’un air mauvais. Encore un qui ratait les occasions de se taire, songea-t-elle.

- Toi, t’as clairement des cases en moins, ou alors un sacré pet’ au casque.


Bras croisés devant elle, la jeune femme laissa le silence s’étirer quelques instants, ne se privant pas de le jauger. Ce n’était pas vraiment son physique qu’elle regardait, mais plutôt ses mimiques, son attitude, ce qui se dégageait de lui. Elle cherchait d’où venait cette curieuse sensation qui lui gelait les entrailles subrepticement alors qu’elle l’observait... Quelque chose de brutal et primitif, bestial. Une soif de sang difficilement maîtrisée, frémissant pourtant sous la surface. Décontenancée, Ekaterina vrilla le bleu cristallin de ses yeux dans celui de l’homme, comme pour tenter de percer à jour la vérité à son sujet.

- Va pour le verre.

Quelques instants plus tard, ils furent installés à une table bancale d’un des établissement du coin. Au moment de régler, la jeune femme ne manqua pas de désigner son compagnon au tenancier, attendant qu’il reparte pour reprendre la parole, se penchant vers lui pour mieux noyer son murmure dans le brouhaha des conversations alentours.

- J’étais sérieuse, concernant la case en moins.


Portant son verre à ses lèvres, elle ne le lâcha pas du regard, à la fois intéressée et circonspecte, comme attendant qu’il crache le morceau. Ce qu’elle doutait qu’il fasse aussi facilement, mais après tout, elle avait tout son temps.
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le Jeu 18 Jan - 20:17
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En toute franchise: je n'avais pas spécialement retenu les premières phrases de la demoiselle. Déjà parce que ça se résumait simplement à des insultes gratuites à mon égard. Ce dont j'avais l'habitude depuis longtemps: être un gamin peu voir pas expressif dans un groupe de militaires et de rejetons désireux de devenir des soldats, ça laisse des traces. On m'avait insulté souvent, fait plus de bizutage que pour n'importe qui et menacer de me tuer si souvent qu'à force, je n'entendais plus les critiques et les menaces. Cela glissait sur moi, me contentant de hocher la tête ou de la baisser. M'adaptant à mon interlocuteur. Tant qu'il n'en venait pas aux mains, je m'excusais ou en venait à jouer le type intimidé. Là, devant ce petit bout de femme, je me contentais de sourire et de hausser les épaules, faisant passer ça pour une boutade. Elle n'était pas une menace, je veux dire: elle n'allait pas m'agresser. Ainsi, j'avais observé ses yeux bleus plutôt jolis, entendu sans écouter sa voix qui aurait été surement belle et douce dans d'autres circonstances. A un moment, j'avais même suivis des yeux une mèche de ses cheveux pour finalement entendre qu'elle était partante pour un verre.

Ce qui me sortit de ma rêverie. M'étant focalisé sur des détails de son apparence, j'avais mis de coté mes pulsions, ma gêne. On s'était donc rendu ensuite dans un établissement non loin de là. Installé sur une chaise rustique, accoudé à une table branlante, la grande classe quoi. Je commandais finalement un verre d'alcool, ce qui réchauffera autant mes entrailles qu'un bon thé, enfin je crois. Elle se pencha vers moi pour me parler, de façon plus discrète à présent. Tiens ? On fait pas part de tout ça à ceux qui nous entoure ? Et bien non, elle disait donc dans un murmure, être sérieuse en disant qu'il me manquait une case. A ouais, encore plus violente et gratuite que prévu l'insulte...

Je poussais un soupire, reposant mon verre que j'allais porter à mes lèvres. L'observant elle boire tout en me fixant avec insistance. Je n'étais pas à l'aise, quelque chose me dérangeais. Ce n'était pas mon assise qui me faisait mal au dos ou au cul, non, c'était à l'intérieur... Comme si elle avait blessé mon égo. Déjà, je découvrais avoir un égo, c'était pas mal. Car oui, je positivais malgré tout, un peu. M'insulter pour l'avoir bousculé d'accord, je peux comprendre. M'insulter suite à une blague douteuse, pourquoi pas. Me traiter de débile alors que je paye un verre pour essayer de m'excuser correctement, là par contre... Lui coller une gifle pour faire voler son verre, lui attraper l'arrière du crâne pour lui fracasser le nez sur cette table de merde. Voilà ce que j'avais envie de lui répondre. De la colère ? C'était donc ça ? Quoique à bien me souvenir, ça m'était déjà arrivé, j'avais même tué suite à l'impulsion de cette rage. Sauf que là, je devais me calmer.

Ne pas imaginer que je déchire son haut pour glisser ma lame sur son ventre, la laissant descendre langoureusement vers son nombril pour remonter ensuite. Je lançais un regard à mon verre, l'empoignant avec douceur, dissimulant tout tremblement dans mes gestes à cause de la colère ou mes pulsions. La lame remontant sur sa poitrine, effleurant à peine son épiderme dans un frisson aguicheur... Je bu une longue gorgée, espérant que l'alcool me mette une claque psychologique. Le couteau passant sur sa clavicule, caressant sa nuque. Je reposais avec fracas le verre sur la table, faisant contraste avec mes précédents gestes plutôt calmes. Je pris une longue inspiration, croisant son regard. Levant la lame au dessus de sa tête. Oubliant d'adopter un sourire de politesse. Ma lame déchirant sa jugulaire, sa voix cassée appelant à l'aide...

"J'étais sincère en voulant payer un verre et m'excuser. Ce que je fais actuellement. Donc tes insultes et critiques, tu vas les garder pour toi. J'ai pas besoin de hausser le ton ou d'insulte pour te faire comprendre que ton comportement commence à me taper sur les nerfs."

J'avais parlé dans un murmure rauque Et c'était vrai, j'avais d'abord voulu m'excuser pour la forme, puis je m'étais prêté au jeu, désireux d'agir normalement, m'en voulant un peu de l'avoir bousculé, d'avoir renversé le thé. Je reprenais contact avec la réalité. Laissant l'image d'elle, cette parfaite inconnue à la grande gueule, se vider de son sang sur la table. La colère redescendait doucement. Je balançais la monnaie sur la table pour montrer que mes excuses étaient payées. Elle m'avait un peu vexé et je ne comptais pas m'éterniser. Pourtant j'étais habitué aux moqueries, juste là, je ne m'étais pas attendu à un tel coup bas si gratuit. Notant pour moi même que la prochaine fois que je bousculerai quelqu'un, je me contenterai de brailler plus fort que l'autre puis de partir. M'appuyant alors sur la table, pour montrer que je m'apprêtais à partir. Là, j'attendais des excuses si elle voulait continuer à bavarder, sinon je partais.

"Avant ta prochaine remarque blessante, je vais donc y aller... Encore désolé. Vraiment."

Je sentais une pointe de déception. Pas pour le thé renversé, pas pour lui être rentré dedans. Mais pour avoir réalisé à quel point il m'était difficile de tisser des liens avec les gens. Ce qui était un peu triste... Mon père me l'avait dit: le plus dur n'était pas de tuer, mais d'aimer ou d'apprécier les gens. Et il avait tellement raison. C'est avec une boule à l'estomac que j'allais me lever. Me disant que j'avais essayé, que j'avais voulu bien agir, la prochaine fois ça marchera peut-être. Car oui, comme dit précédemment, positiver avant tout. Je ne désespérais pas de retrouver un lien comme avec mon défunt paternel.

Ah oui ! Avant que quelqu'un émette l'hypothèse: mon vieux père est mort de maladie. Psychopathe, pète au casque ou case en moins, je ne le suis pas suffisamment pour l'avoir tué.




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le Lun 19 Mar - 18:04
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Katya n’avait jamais vraiment su faire dans la délicatesse, à vrai dire ce genre de considérations avaient tendance à l’ennuyer. Elle aimait gagner du temps et de l’énergie, et avait une tendance tenace à énoncer les vérités brutes et simples, comme elles lui venaient à l’esprit.

Peut être pas le meilleur choix stratégique ici, finalement.

Elle s’était souvent dit qu’il ferait parfois bon d’apprendre la diplomatie... Oh, elle en était capable. Parfois. Quand Jora le lui demandait explicitement concernant certains cas spécifiques, par exemple. Et encore. Elle était capable de douceur cependant, d’empathie. Lorsque l’on était médecin, on était de ceux qui annoncent les mauvaises nouvelles. Jamais la jeune femme n’avait dissimulé de vérité sous des belles paroles, mais elle n’avait jamais été cruelle en annonçant l’insoutenable.

Bref. Il lui était cependant compliqué de faire preuve d’empathie avec cet individu. Car elle, qui normalement était sensible aux émotions ressentait un vide terrible venant de lui. Aussi, la colère et la violence terrible qui émanèrent soudainement de lui lui firent hausser un sourcil, et pencher la tête sur le côté de façon circonspecte. Ainsi, il était tout de même capable d’émotion, le déficit ne semblait pas total. Il lui fallait avouer que si elle avait été seule avec lui en cet instant, elle aurait presque pu être effrayée par la soif de sang qu’il laissait filtrer, malgré tout le contrôle dont il faisait preuve. Ekaterina le scrutait de son regard de glace translucide. L’infime tremblement de son index alors qu’il empoignait son verre, sa voix un ton plus bas que ce qu’elle avait déjà entendu.

Oh, elle l’avait donc vexé !

Elle faillit même en rire, esquissant un sourire amusé. Elle avait fait fausse route en imaginant qu’il était dépourvu d’affects, et s’était imaginé parler à un roc, capable d’encaisser sa morgue habituelle. Elle allait donc tenter d’être moins brutale dans ses propos. Peut être.

- Oh, ne le prends pas sur ce ton, et ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit. Il n’y avait pas d’insulte, un simple constat.


Levant les yeux en l’air d’un air songeur, Katya se dit qu’elle allait achever de le vexer si elle continuait ici, et qu’elle ne s’aidait pas vraiment... Haussant les épaules, elle enchaîna rapidement avant qu’il ne prenne la porte, ne le laissant pas répliquer.

- Ose me soutenir que tu n’as absolument aucun problème avec la façon dont ton cerveau produit et gère les émotion. C’est de cette case là dont je parle.


Sirotant un instant son verre, la jeune femme se demanda si il ne fallait pas qu’elle aussi y mettre un peu du sien niveau informations pour qu’il prenne son information au sérieux... Par exemple, lui expliquer un minium comment elle pouvait être aussi certaine de ce qu’elle avançait, sans pour autant trop se mouiller.

- Je suis probablement ton exact opposé, d’une certaine façon.

Elle ne donna pas plus d’explications que cela. Si il était à peu près cortiqué et que sa petite saute d’humeur était terminée, cela devrait au minium capter son attention. Sinon... Et bien il quitterai l’établissement, et elle même finirait son verre, songea-t-elle en haussant les épaules.
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le Mer 23 Mai - 19:55
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Finalement, je n'avais pas essayé en vain de tisser des liens. De m'efforcer d'être aimable pour une fois. Bon, la première réplique de la demoiselle fit d'abord penser le contraire. Disant qu'elle faisait un simple constat. Enfonçant un peu plus le clou comme quoi il me manquait une case. C'était fatiguant de voir qu'après tant d'année à mimer mes semblables, ceux-ci remarquent encore un problème chez moi. Pire encore, qu'ils me mettent un peu à l'écart ou se méfient de moi. Il me semblait pourtant avoir fait de gros efforts de ce coté là. Qu'est-ce qui n'était pas bien passé avec elle ? Me disant que je pourrai y réfléchir une fois parti, j'allais me lever quand elle parla de nouveau.

Elle me disait d'oser soutenir que je n'avais pas de problème avec les émotions que je produis et comment je les gère. Et que c'était de ça qu'elle parlait. Comment le savait-elle? Une de ces personnes qui s'est spécialisée dans la psychologie humaine au point de déceler les psychopathe d'un simple regard? Si c'était le cas, elle devait voir souvent des dangereux spécimens. De quoi filer la frousse et donner envie de rester chez soi. Car soyons franc: cet endroit, le métro moscovite est un trou à rat, un coupe gorges. Nombreux sont ceux prêts à tuer père et mère pour obtenir un meilleur train de vie. Mais elle ne semblait pas avoir peur de moi, je ne voyais pas cette étincelle dans son regard, celle que j'apercevais avant d'ôter la vie à ma victime. C'était donc autre chose. Mais quoi?

Je restais donc assis, écoutant ses dernières paroles. Elle était mon exact opposé? Quelqu'un qui veut préserver la vie des autres et qui déborde d'émotion? Quelqu'un qui ressent les émotions des autres? J'arquais un sourcil, croisant son regard, singeant un intérêt soudain. Intérêt pas totalement faux. Je me demandais en quoi elle était mon opposé et si elle débordait d'émotions ou comprenait celles des autres parfaitement, quelques cours et explications pourraient s'avérer utiles pour survivre un peu plus longtemps dans ce monde de merde.

"En quoi aurais-je un problème avec mes émotions?"

Pour avoir un problème avec, il faudrait déjà en avoir, non ? C'était ce que j'avais eu envie de lui dire, mais il était préférable de ne rien dire. Buvant une gorgée de mon verre, l'observant un instant, elle était peu commune cette gonzesse. Grande gueule, aborde facilement des inconnus, pose des questions plutôt inappropriées. J'avais dû éveiller en elle une certaine curiosité. Ressentait-elle donc mes émotions? Ou plutôt l'absence de celles-ci? Cela me dérangeait. L'idée qu'elle puisse lire en moi, qu'elle ressente mon mal aise, mon... Handicape?

"J'en ressens... C'est juste dans de rares situations. Le reste du temps je suis..."

Vide. Oui c'était surement ça le mot qui désignait le mieux mon état psychologique. Juste le néant. L'ennui le plus total, le dédain de mon prochain, le désintérêt pour ceux de mon espèce. Regarder les autres se débattre pour survivre et tisser des liens, souffrir pour trouver le bonheur... C'était fatiguant. C'était même souvent incompréhensible. Parfois par contre, après un meurtre de sang froid ou avoir subit de lourdes blessures, je ressentais des choses. J'avais longtemps pensé que c'étaient des hallucinations, mais c'étaient surement des émotions. Mon cerveau dégageant alors trop d'endorphine, se mettait surement à dérailler et produisait finalement des émotions. Mais comment en être sûr? J'étais souvent dans un état second avec des pertes de conscience suite à mon état physique plutôt lamentable.

"Si tu es mon opposée. Tu déborde d'émotions alors ? Tu es hyper sensible ou un truc du genre ?"

Je terminais mon verre, faisant signe pour qu'on vienne le remplir ainsi que celui de la donzelle. Je m'étais un peu déridé. M'installant plus mollement dans mon siège, observant cette fille avec de l'intérêt. J'étais curieux de savoir comment ça se passait dans sa tête. Passait-elle des rires aux larmes d'un claquement de doigts? Pouvait-elle mourir de tristesse ou de remords? Déjà était-il possible de ressentir plus que la norme des émotions? Ne pas en ressentir est une tare souvent courante chez les tueurs, comme moi. Mais l'inverse est un sujet rarement évoqué. Pourtant mon paternel s'était longuement renseigné sur le sujet. Espérant trouver un remède à mon problème. Quand je pensais à lui, j'avais une petite pointe dans le ventre, très faible, à peine perceptible. Quand je parlais de lui, je ne savais jamais si je devais sourire ou afficher un masque de tristesse. Il ne me manquait pas spécialement. Parfois j'avais envie de lui parler et je me souvenais qu'il n'était plus là, c'est tout. C'est ce qu'on appelle de la nostalgie?

"Et à part avoir fait ce constat. Quelque chose à me suggérer ou à en dire?"

Je la fixais d'un regard impassible, n'affichant strictement rien sur mon visage. Je relançais la conversation, cherchant à savoir ce qu'elle attendait de moi. Si elle n'avait mit ça sur le tapis que pour discuter le temps de boire un coup puis partir ou si elle s'y intéressait vraiment. Pouvait-elle m'enseigner deux ou trois trucs sur les émotions ? Comment comprendre mon entourage ou mieux imiter ce que je suis supposé ressentir? Enfin la question serait plutôt: pourrais-je ressentir quelque chose ? Autre que l'envie de tuer...




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le Dim 15 Juil - 23:33
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Surnom :: Katya
Il semblait émaner de son interlocuteur une certaine lassitude alors qu’il consentait à l’écouter, déjà à demi levé de son siège, prêt à larguer les amarres loin de la morgue habituelle de la jeune femme. Comme s’il était fatigué d’essayer, de prétendre pour finalement se rendre compte que la duperie n’était que superficielle. A sa décharge, Katya n’était pas forcément la personne la plus facile à entourlouper. Ni du genre à lâcher l’affaire lorsque quelque chose -ou quelqu’un- retenait son attention.

Et son attention à lui, elle l’avait finalement. La médecin semblait avoir éveillé chez lui une certaine curiosité, bien qu’il semble encore réticent à laisser tomber la supercherie. En quoi avait-il un problème avec ses émotions...? Katya n’eut même pas besoin de lui répondre qu’il admettait déjà la chose. Elle avait ainsi vu juste, il n’était pas totalement dépourvu d’affects, mais ceux ci semblaient se manifester uniquement dans certains cas. Ou bien seulement certaines émotions...? Comme la colère tâchée de soif de sang qu’elle avait perçu un instant plus tôt.

La question suivante lui tira un léger rire, plus un ricanement qu’une réelle manifestation d’amusement.

- Déborder, c’est le mot...


Katya n’était pas exactement ravie de cette capacité curieuse dont elle était dotée. Bien qu’il y ait un certain nombre d’avantages à son empathie, le nombre d’inconvénients qui en découlaient faisaient que la somme de tout cela était relativement handicapante.

- Ce ne sont pas mes émotions à moi qui débordent, mais tu es dans le vrai en disant que je suis hypersensible. Ce sont les émotions des autres que je peux percevoir.


Joie, haine, colère, douleur, mélancolie, désir, tristesse... Tant de choses qui souvent la parasitaient sans que cela ne lui appartienne, sans qu’elle n’ai réellement de contrôle sur ce flux parfois permanent d’informations qui semblait se déverser en elle.

La question suivante du jeune homme lui tira un sourire d’amusement réel cette fois ci, presque un rire. Elle même était tellement brutale par moment dans sa façon d’exprimer ses propres sentiments, pouvait-elle réellement prétendre à lui donner des suggestions...? Mais elle était prête à essayer.

- Peut être...

Réfléchissant un instant, elle bu une nouvelle gorgée, puis fit tournoyer le fond de liquide restant au fond du verre, pensive.

- Je ne crois pas qu’en dehors de certaines exceptions dont tu sembles être au courant tu soit dépourvu d’émotions. Je ne pense pas que cela soit possible, pas à long terme chez un individu du moins, nous avons besoin de cela pour fonctionner... Mais il y a chez toi une sorte de... Détachement. Comme si tu observais de l’extérieur, le temps de choisir la réaction adéquate.


Elle posa les coudes sur la table de fortune, et appuya son menton dans ses mains pour l’observer, attendant de savoir ce qu’il pensait de tout cela.
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le Ven 10 Aoû - 10:11
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Son regard posé sur moi, elle m'analysait pour tenter de me comprendre. J'y étais habitué, ce n'était pas la première fois et surement pas la dernière. On m'avait observé ainsi lors de mon adhésion militaire, me questionnant pour savoir si j'étais apte ou non. Mon père aussi m'avait durant des années observé, analysé et expliqué comment me comporter en société. Mon paternel... Il avait passé son existence à m'éduquer, à tenter de me faire ressentir les choses. Je me souvenais encore de son regard quand j'étais enfant, quand je ne ressentais strictement rien et qu'il s’inquiétait. Mais j'imagine que c'était normal d'être comme moi dans ce monde ravagé par les radiations, par la guerre. Quoi de mieux qu'une personne incapable de ressentir de la pitié, de la joie et de l'empathie pour survivre dans cet enfer ? J'étais peut-être le premier de l'évolution humaine pour s'adapter à ce nouvel environnement hostile. Enfin non, je n'y croyais pas trop: je devais faire attention à mon comportement, à mes réactions, peser chacun de mes agissements pour ne pas éveiller les soupçons...

Elle expliqua alors qu'elle ne débordait pas d'émotion, mais qu'elle était bien hypersensible: elle percevait les émotions des autres. Une empathie sur développée en d'autres termes ? Intéressant: avec cette faculté, elle pouvait adapter son comportement et son dialogue rapidement. Pratique. Mon père disait que normalement les gens comme moi en sont capables: qu'on peut comprendre et analyser facilement les émotions des autres pour en jouer, juste, qu'on ne les ressent pas. Par on, je veux dire: les sociopathes ou encore ceux touchés par ce qu'on appelle l'alexithymie. Il s'était longuement renseigné, parvenant à trouver des livres pour comprendre ce que j'avais. Mais là n'était pas le sujet, cette femme était intéressée par ma personnalité et en me parlant, elle avait éveillé en moi une pointe d'intérêt. Si elle pouvait percevoir les émotions des autres, peut-être pouvait-elle me l'apprendre ? Comprendre les autres pour mieux cacher mon déficit, pouvoir me fondre plus facilement dans la masse. Ne pas attirer l'attention, c'était la règle d'or du paternel.

Je levais la main pour faire signe qu'on m'apporte un autre verre. Observant la brune qui était moins grossière à présent, c'était moins dérangeant de lui parler. Même si je me doutais qu'elle devait essayer de lire en moi, de sentir ce que je ressentais. Me voyait-elle comme une page blanche ? Un morceau de glace ? Ou un enfant à qui ont a pas apprit les rudiments ? Elle disait que je ne devais pas être dépourvu d'émotions, qu'on en avait besoin pour fonctionner. Disant alors que j'y étais comme détaché, simple spectateur de ce qui m'entoure.

Posant sa tête dans ses mains, m'observant toujours pour voir ce que j'allais dire ou ressentir ? Je la regardais droit dans les yeux, l'idée qu'elle lise en moi ne me plaisait pas. Mon intimité ne regardait personne, surtout si c'était pour y voir ce que je m'efforçais de cacher. C'était ce qu'on ressentait quand on nous voyait nu ? De la honte ? Non... Je trouvais ça surtout étrange car je n'avais pas l'habitude de ne pas surjouer pour paraitre être comme tout le monde. Elle me disait détaché hein ? C'était vrai, je n'avais pas d'attache, plus de famille, pas d'amis et encore moins de relations amoureuses. L'amour, parlons en tiens. Je ne l'avais jamais ressenti, ni le besoin de trouver quelqu'un. Ne comprenant pas cette idée d'avoir une moitié, une âme-sœur. Imaginez deux sociopathes ensemble et amoureux ? Discutant autour d'un repas romantique du prochain meurtre qu'ils vont commettre pour se sentir vivant. Effrayant non ? Enfin, j'imagine. Peut-être juste amusant.

"L'adrénaline suite à la violence. Me sentir en danger, me battre... Ôter une vie. Dans ces situations, je me sens bien, comme si le vide en moi était comblé. Comme si... J'hésitais un instant à l'avouer. Comme si je me sentais enfin vivant. Je ne pense pas en avoir besoin pour fonctionner. Mon paternel s'est efforcé toute mon enfance pour m'aider à ressentir quelque chose. Petit, j'étais vide à l'intérieur. Les gens, les verres, les armes ou encore la nourriture, pour moi tout était similaire: des objets du quotidien, utile pour vivre, pour occuper mes pensées. Il m'a fallut déjà du temps pour imaginer que les gens, les autres, possédaient une conscience."

On déposait alors mon verre devant moi. Un simple regard et signe de tête pour remercier le serveur, ne m'intéressant même pas de savoir s'il avait épié notre discussion. Dans le doute, je me disais alors de revenir cette nuit pour m'assurer qu'il n'entende plus jamais quelque chose mais surtout qu'il ne raconte rien. Je pensais à ça comme si je me disais de me rappeler d'aller acheter du lait après cette petite entrevue. Pouvait-elle détecter mon projet d'assassinat ? Petite expérience dans la foulée pour voir comment fonctionnait son don, sa capacité, son empathie.

"Je ne ressentais strictement rien. Comment imaginez que les autres pouvaient ressentir quelque chose ? Ce fut lors d'un malheureux accidents que j'en pris conscience. Mon père passa sa vie à tenter de me faire ressentir quelque chose, à remplir mon vide intérieur. Le comble dans tout ça ? Il est mort et cela ne m'arracha même pas une larme, ça creusa simplement un peu plus ce vide intérieur, ce sentiment de solitude permanent. Du coup ma chère... Je lui fis un magnifique sourire avant de rire comme après une bonne blague et ce de façon tout à fait naturelle. Permets moi de douter que c'est simplement du détachement."

C'était rare, voir même la première fois que je m'étendais autant sur mes soucis, sur ma personnalité. J'avoue que j'étais un peu intrigué d'entendre son diagnostique. Intéressé de savoir si elle pouvait m'aider à ressentir quelque chose ou à défaut, mieux comprendre les autres. Et si elle ne pouvait rien pour moi, qu'elle prenait peur, je pouvais l'éliminer comme je comptais le faire avec ce serveur... C'était la plus grande crainte de mon paternel, que je me perde dans l'indifférence, semant de cadavres sur mon passage. C'était pourtant ce que je savais le mieux faire...

"Je sais que quand on perd quelqu'un de proche, on pleure, on souffre. On a souvent besoin de temps ou de quelqu'un d'attentionné pour nous parler. Qu'on peut éclater de rire après une blague salace autour d'un verre. Qu'on peut se sentir fier quand on réussit quelque chose. Je sais tout ça, je vous ai suffisamment observer pour savoir comment vous réagissez la plupart du temps. Je ne comprend juste pas... Pourquoi ? Si quelqu'un qu'on appréciait meurt, on le remplace. Ou on reste seul pour ne pas s'attacher. Plus simple non ? Je ne m'attarderai pas sur l'humour ou le sexe, cela me semble encore plus compliqué que la tristesse. Bien que je conçoive le besoin de perpétuer l'espèce."



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