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Garde du corps - Lycaon
le Dim 17 Déc - 23:45
Garde du corps - Lycaon

Passeport
Age :: 27 ans
Patronyme :: Yvanova
Surnom :: Seryoga

Zinovieva Sergueï
T’as déjà vu un monstre ?

FACTION :: Hanse
PATRONYME :: Yvanova
PROFESSION :: Garde du corps
SEXUALITE ::

DATE DE NAISSANCE :: 20 mars 2019
ÂGE :: 26 ans
TAILLE :: 1m76

Profession & Faction


« Sergueï, c’est une membre des Siffleurs. Qui sont, en gros, un groupe de marchands itinérants à la botte de la Hanse et qui se balade dans l’Anneau pour vendre ses marchandises, et parfois faire de la récup. Sergueï, c’est un peu notre chien de garde, c’est elle qui nous protège et s’occupe de tout ce que la négociation ne peut pas régler. Comprenez par-là ; si on ne nous paye pas, c’est elle qui casse les bouches.
Pour ce qui est de la Hanse, elle et moi, on voit seulement ça comme un moyen de se faire du fric. Leur délire de conflits, d’alliance et tout ce qui s’en rapproche, on s’en fout. »
Journal d’Isaac Zinoviev, Les Siffleurs


Physique


Un crissement aiguë résonne dans le sombre couloir du métro, comme si, l’extrémité d’un objet métallique était trainé contre le bitume froid. Les trois hommes qui discutaient paisiblement, isolés de tout, se retourne vers l’origine du bruit.

Sortant de l’obscurité, une silhouette se dessine. Une silhouette svelte et maigre, propre aux combattants du métro. Ce que les trois individus distinguent en premier, ce sont deux rangers noirs. Elles enserrent tant les pieds de la personne qui les porte qu’elles donnent l’impression de faire partie du corps de leur propriétaire. Usées et couvertes de boue, la pointe de ces chaussures semble scintiller. Un bout de métal y trône, au contraire du cuir qui composent ces chaussures, ce bout de métal est parfaitement propre, comme s’il venait d’être lavé et ciré.

Les jambes du propriétaire de ces chaussures sortent à présent de l’obscurité. Elles sont longues et vêtues d’un large treillis, lui aussi est noirci par la boue et le temps. Malgré, l’aspect large du vêtement, les trois hommes devinent que sous ce dernier se cachent des jambes musclées et puissantes. Un rayon de lumière éclaire le haut d’une hanche, dévoilant au passage, un poing fermé. Il est maigre et couvert d’encre. Un frisson parcourt alors l’échine des trois individus lorsque, sortant de l’obscurité se dévoile un torse presque nu, lui aussi, couvert de tatouages.

Ils savent qui est cette jeune femme, ils connaissent son nom. Sergueï Zinovieva, la Chienne de la Hanse se tient devant eux. Elle s’est arrêtée et fait à présent tournoyer un pied de biche de sa main gauche. Les trois individus restent pétrifiés devant elle, leurs yeux inspectent les traces noires qui découpe son bras droit, si les dessins de ce dernier paraissent ordonnés, il n’en est rien de ceux sur son bras gauche, qui se confondent entre eux. Lorsque que leurs yeux se posent sur son torse, ils se perdent, ne sachant où regarder. Cependant, il distingue un dessin parmi les autres, plus clair. Il recouvre la quasi-totalité de son ventre. Formant une longue étoile qui débute de son bas ventre pour venir s’achever entre ses seins. Ces derniers attirent les yeux des trois individus, non pas parce qu’ils ressemblent à ceux d’une adolescente à peine pubère mais parce qu’ils sont recouverts de formes noires et arrondies. Au-dessus de la poitrine de la jeune femme, quatre mains squelettiques semblent s’ouvrir vers eux, comme si la mort leur tendait les bras.

Et c’est ce qui se passe.

En un instant, le corps de la demoiselle avale la distance qui la sépare du trio. Son corps frêle semble métamorphosé par la contraction de ses muscles, elle est soudainement bien plus effrayante. Des veines sortent de sa peau et modifient les motifs sur son corps. L’homme du milieu écarquille les yeux en voyant le visage de la demoiselle à une vingtaine de centimètre du sien, être éclaboussé par une giclée de sang.


Son visage est, marquant. S’insinuant dans son esprit, les yeux de l’homme contemplent le visage de la mort avec une fascination qui lui fait oublier la situation. Son visage ovale est, à bien égards, presque séduisant. Son faciès se contracte dans une expression de colère, ses sourcils se froncent, le bas de sa tête se tend, ses lèvres qui étaient il y a quelques instants, charnues et d’un rouge vivifiant, sont repliées sur elles-mêmes, blanchies par la contraction des muscles. La mâchoire de Sergueï se serre, et ça se voit. Ses deux rangées de dents jaunâtres se battent pour la domination de sa bouche, comme si elles essayaient de faire céder l’autre et de la réduire en poussière, ses joues sont creusées par l’effort, elles se figent pour finalement pulser tandis que la Chienne de la Hanse lâche un cri de couleur, rauque, sordide, effrayant. L’homme sent ses jambes se dérober, mais il ne veut pas fuir, il regarde à présent le bas du visage de Sergueï, la peau de son menton se plaque aux muscles de sa gueule, à la lumière des réverbères, l’homme voit clairement les imperfections cutanées de la jeune femme ; des cicatrices de boutons ayant explosés, des traces de coups, des rougeurs. Ses yeux quittent bien vite ces soi-disant imperfections pour remonter jusqu’aux courbes de son nez, fin, discret et pourtant difforme. Il est tordu ou plutôt, replié sur-lui-même comme si on l’avait forcé à se résorber à coup de poing, au niveau des narines, de la peau s’est reformée suite, à ce que l’homme suppose être une coupure. L’arête de ce nez est pourtant longue. L’effort de la demoiselle lui fait plaquer ses narines contre leur intérieur, pourtant le futur cadavre imagine très bien ces narines mutilées retomber gracieusement, étreignant cette arête comme le ferait une mère avec son enfant. Pour finir, il y a ces yeux. Ses yeux. Ils brillent d’une lueur avide, cette même avidité infecte le bleu ciel des pupilles de la demoiselle, l’obscurcit. Le blanc des yeux de la tatouée est strié de vaisseaux sanguins vermeilles, prêt à exploser et tapisser ses yeux de rouges. Étrangement, l’homme ne put continuer de se perdre dans ce regard. Il en a peur, mais, ne s’en trouve pas non plus digne. Ses yeux parcourent le front large de la femme. Au même titre que son menton, le front de Sergueï est tapissé de blessures et de bleus, quelques crevasses s’y glissent ponctuellement et discrètement. Il est dans la parfaite continuité de ce crâne rasé à blanc couvert de la crasse et de la poussière du métro, il n’en reste pas moins intimidant et spectaculaire.

Soudain, l’homme met le doigt sur ce qui détonne dans le visage de sa future meurtrière, il n’est pas tatoué.

La chaleur du sang vient vite l’étreindre lui aussi et mettre fin à sa contemplation, quand d’un mouvement sec, Sergueï retire la pointe de son pied de biche du crâne de l’homme situé à sa gauche. Elle bondit sur le côté et esquive d’un réflexe surhumain la balle tirée par l’homme à l’opposé de celui qui vient de mourir, l’instant d’après, ce dernier s’écroule, la nuque brisée.

Les jambes du dernier survivant s’affaissent sous lui. Tandis qu’il sent un poids sur son abdomen, son regard est absorbé par la gorge de la demoiselle qui bouge au rythme de la respiration caractérielle de l’excitation sexuelle. Il regarde une dernière fois ce visage, se perdant sur les fines oreilles dont les lobes sont mutilés de la jeune femme, dans son regard le long de son front. À nouveau, son regard analyse, détaille l’immonde face de la Chienne.

Et c’est bien la dernière chose qu’il verra. Malgré tout, il sourit, après tout, le visage de la mort n’est pas si mal que ça.

Lentement, je m’avance, sortant de l’endroit où j’étais tapi durant tout ce temps, le son de ma béquille sur le sol fait relever sa tête à Sergueï. J’observe son visage aux traits durcis par la colère s’adoucirent, ses lèvres charnues s’entrouvrent au rythme de sa respiration tandis qu’elles reprennent leurs couleurs, ses grands yeux bleus me toisent tout en s’éclaircissant. Ils guettent mes réactions faciales, mon attitude, mes mouvements avec rapidité et précision. Je me contente de sourire alors que je m’abaisse et qu’avec un chiffon, j’essuie la phrase qui découpe le côté gauche du crâne rasé de ma petite sœur.


Mental


Sergueï est un monstre. Elle fait partie de ces gens brisés par le métro, qui ont pourtant essayé de le dompter. Autant dire que le résultat n’a pas été à la hauteur de ses espérances, ça me tue de dire ça de ma sœur, mais, elle est dorénavant plus proche de la Chienne que de l’Humaine.

Alors par où commencer pour dresser son portrait psychologique ?

D’abord son prénom. Sergueï ce n'est pas un nom qu’on donne à une fille. Le truc, c’est qu’elle n’a jamais été considérée comme une fille. Ma sœur a vécu et grandi comme un garçon, elle s’est alors naturellement approprié le nom de Sergueï après que notre mère lui ait bourré le crâne. Sergueï a, durant tout son enfance, développé une amour et une obsession morbide vis-à-vis de maman. C’est à partir de ce moment-là où sa descente aux enfers a commencé. Sa nature contradictoire la tire vers le bas, Seryoga ne sait pas ce qu’elle est. Elle porte néanmoins ce nom fièrement, mais, quelque chose en elle l’empêche de renier sa nature féminine. Ce vide identitaire cumulé à la vie au sein du métro l’a rapidement conduit à une sorte de perte d’humanité.

On en arrive donc à la clé de voûte de la personnalité de Seryoga ; son animalité. Ça fait vingt ans que je vois ma sœur se transformer en bête immonde, et je reste impuissant. Cette animalité se traduit par un besoin constant d’avoir quelqu’un avec soit, à protéger. Lorsque son côté bestial prend le dessus, elle a parfois un comportement étrange vis-à-vis de moi, elle devient plus ‘’tactile’’, elle se frotte contre moi comme le ferait un chien, son regard se vide alors qu’elle me toise et dès que quelqu’un se montre agressif, elle adopte des postures plus animales, je l’ai même entendu grogner une fois.

C’était un grognement rauque et glaçant. Inhumain. Juste après ce grognement est survenue une autre manifestation de son animalité ; l’anthropophagie. Sergueï a toujours été un concentré de violence, au fil des années, cette violence s’est affinée et contrairement à ce qu’on pourrait croire, son animalité l’a rendu plus précise, plus vicieuse. Elle se plaît à voir la souffrance sur les gens, même si ce n’est qu’une fraction de seconde. Lorsqu’elle abat ses proies acculées de la manière la plus terrible qui soit, en les dévorant ou en les battant à mort, sa transe se rapproche de celle qu’on assimile à l’acte sexuel et, il en est de même quand elle dévore les cadavres encore chauds de ses victimes.

Je m’efforce au maximum de camoufler ses traces, que ce soit en brûlant les cadavres ou en les faisant cuir pour ne pas qu’elle tombe malade avec la viande crue. Je fais toujours en sorte qu’elle ne craque pas en pleine station, ce serait gênant. Je la soigne aussi quand elle se laisse emporter. En bref, je m’arrange pour réparer les pots cassés en parlant aux bonnes personnes au bon moment.

Cependant, elle n’est pas encore arrivée au point de non-retour, celui où elle ne deviendra qu’une bête assoiffée de sang, attendant juste que son maître ne lui ordonne de tuer tout ce qui se trouve sur son passage. Elle est encore capable d’évoluer en société et de ressentir de l’empathie pour les gens. Enfin, elle tolère davantage la vie humaine plutôt que de pouvoir réellement la côtoyer. En général, je parle et elle agit, on a toujours fonctionné comme ça. Elle est renfermée sur elle-même et reste très taciturne en règle générale. La vérité, c’est qu’elle refoule depuis trop longtemps, son empathie naturelle. Même si elle persiste à se cacher derrière un masque d’indifférence, toute cette misère, cette injustice, ça l’effraie. Les souvenirs liés à ces situations remontent et, elle ne veut pas les revivre. L’empathie et tous ces autres sentiments qui auraient pu faire d’elle quelqu’un de sensible et d’un minimum humain sont refoulés à tel point que, son esprit y réagit mal. C'est ce genre de moment qui sont déclencheurs des crises de ma sœur.

Cependant, il existe une personne qui fait office d’exception et qui canalise Sergueï par sa présence, Ustinya Kabakova. Avec elle, Seryoga se contrôle instinctivement, j’en ai l’impression du moins. Elle est prévenante, protectrice. Se comportant comme une sœur vis-à-vis de la jeune adolescente. Seryoga veut la protéger au maximum, l’empêcher de vivre ce qu’on à vécu. Je ne veux m’immiscer dans leur relation, sans tellement savoir pourquoi, quelque chose m’en empêche. C’est peut-être voir ma sœur rire aux éclats ? Voir le manque, l’inquiétude, la paranoïa la ronger ? Dans tous les cas, Sergueï laisse exploser tous les sentiments qu’elle refoule une fois qu’elle est avec Styna, comme si cette dernière lui brisait sa carapace et la sortait de son mutisme social. La jeune Kabakova canalise Sergueï dans le sens où, auprès de cette dernière, ma sœur maîtrise ses pulsions animales les plus violentes pour en montrer d’autres, elle devient comme dit plus tôt, une sorte de chef de meute, une protectrice. Cette protection ne se limite pas uniquement sur un plan physique, elle influe également la manière dont Seryoga se comporte avec Styna. Elle a tendance à considérer la jeune adolescente comme une enfant, alors qu’elle est parfois plus gênée qu’elle sur certains sujets. Cependant, une chose ressort de cette relation, Sergueï veut à tout prix éviter à Styna de vivre la même chose que nous. Mais, elle ne s’y prend pas correctement. J’ai bon espoir qu’elle apprenne de cette relation et de comment elle finira.

Seryoga conserve un réel traumatisme de la douleur, même si ce dernier peut la faire partir en vrille, sa situation la préoccupe. Elle s’est déjà effondrée dans mes bras après un meurtre. Ces deux choses prouvent qu’elle est encore capable de palper la frontière entre bien et mal. Elle ne maîtrise pas ses excès de violence, ni sa colère. La douleur par exemple, fait directement remonter les souvenirs de notre enfance. Notre passé est le déclencheur premier de ses « crises », ainsi tout ce qui s’y rapproche de prêt ou de loin est susceptible de faire péter un plomb à Seryoga. Lorsqu’elle est dans cet état de transe, plus rien n’a d’importance. Ainsi, quand elle en revient, il ne lui reste qu’une faim insatiable à satisfaire sans laquelle elle se sent vide. Mais parfois, sans raison elle s’effondre, accablés par ses sentiments et la contradiction qui la ronge, je suppose. Je soupçonne, une certaine forme de paranoïa ; elle aurait peur de détruire ce qu’elle aime, les dernières choses qui la retiennent ici-bas.

Sergueï n’est pas faite pour la vie dans le métro, cette dernière est trop dure pour elle et continuera de la briser jusqu’à la fin.




Compétences


Sergueï est une combattante. Son goût prononcé pour la violence la prédispose au corps à corps. Le combat est comme une seconde nature pour elle, se battant de manière instinctive et violente, son aisance corporelle la rend plus que redoutable armée d’une arme de contact ou avec ses poings.
Cependant, si elle préfère largement le corps à corps, elle sait se servir d’une arme et comment se cacher lors d’une fusillade. Au fil des années, elle a appris à protéger son groupe des situations extrêmes où elle ne peut pas se permettre de sauter dans le tas.
En plus de ses capacités au corps à corps, son métabolisme de mutante lui permet de déclencher des montées d’adrénaline sur commande et de résister au contrecoup musculaire causée par ces dernières. Chose que n’est pas sans conséquences sur son corps.

Outre sa capacité à se battre, la jeune femme n’est pas vraiment douée pour autre chose. Elle a parfois du mal à évoluer en société et à comprendre des choses, parfois évidente,  mais bizarrement, elle a une certaine aisance pour ce qui est d’intimider les autres.


Possessions


Sergueï possède un gilet par balle et des protections aux couleurs de la Hanse.
Un pied de biche rouillé et parsemé de quelques tâches sombres.
Un fusil à pompe. La crosse est abîmée et, elle aussi, arbore les mêmes tâches que l’extrémité du pied-de-biche.
Un pistolet-mitrailleur.
Pour ce qui est de ses effets personnels, outre plusieurs treillis différents et une paire de rangers où elle a vicieusement incrusté une petite plaque de fer au bout, elle ne possède pas grand-chose, c’est plutôt son frère Isaac qui est un véritable inventaire sur pattes. Il la fournit donc en médicament, thés, etc.




Antécédents médicaux


Sergueï est un cas désespéré, il lui reste au mieux trois ans à vivre avant que son corps ne commence à ne plus suivre la cadence et qu’elle soit destiné à pourrir dans un lit.
Le fait qu’elle abuse de ces montées d’adrénaline malgré le contrecoup, fragilise son organisme. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai dû la soigner après une bagarre de rue ou en plein milieu du métro après une escarmouche de brigand.

Le fait de surmener son corps occasionne des nombreuses douleurs qui peuvent aller jusqu’à l’immobiliser, mais également causer des déchirures musculaires ou des fractures d’effort. Sur le long terme, sa résistance et sa tolérance à la douleur se sont certes renforcés, mais elle est souvent sujet à des nausées, des migraines particulièrement violentes.

L’intensité de la douleur s’ajoute à son problème de déshumanisation, si je puis appeler ça comme ça. Ses absences ponctuelles sont souvent suivies de très courtes amnésies.

Je dois absolument trouver un moyen de la sauver.





Intérêts & Loisirs


« Regarde, regarde ! Ça rentre ! »


Prostré contre un mur, un homme d’une quarantaine d’années était avachi sur le sol ; le corps totalement amorphe, parfois secoué par des sortes de spasmes. Complètement nu, ce corps suintait de transpiration, tandis que sa respiration se faisait de moins en moins rauque et haletante, elle perdait en vigueur. Son visage était livide, blanchâtre. Du sang coulait de ses lèvres, se frayant un chemin dans sa barbe hirsute et touffue. Son visage exprimait une peur sourde, intense. Son expression se fendit dans un rictus de douleur, cette dernière parvint même à lui arracher un cri, c’était un cri étouffé, faible, une sorte d’appel à l’aide qui ne porterait jamais ses fruits.

Au-dessus de lui, se tenait Sergueï, elle aussi, partiellement nue. Elle ne portait plus qu’un bout de tissu grisâtre au niveau de son entre-jambe. Les genoux au sol, le dos voûté, son regard fixait le haut du ventre de l’homme. Un sourire rayonnant fendait son visage tandis que ses mains pénétraient peu à peu l’homme. Lorsque ses mains entrèrent dans le corps de sa victime, elle eut l’impression qu’immédiatement, une vague de chaleur envahit l’ensemble de son corps. Un rire nerveux commença à l’emporter, transformant finalement en fou rire : elle avait l’impression d’aspirer la vie hors du corps de sa victime.

Relevant la tête, elle reposa son regard sur l’homme, lui offrant un sourire bienveillant. Ce dernier se contorsionna subitement de douleur en poussant des râles aussi bruyants que lui permettait son corps, lorsque, les mains de son agresseur se mirent à fouiller dans ses entrailles. Face à ce déferlement de sensation et de douleur, Sergueï projeta sa tête en arrière, fermant à moitié ses yeux, elle se mordit la lèvre avec force. Un râle sourd s’échappa de sa gorge à elle aussi.

Soudainement, elle sentit la peau et l’intérieur de l’homme s’écarter encore plus facilement sous la pression de ses mains, une gerbe de sang jaillit alors du tout nouveau cadavre, recouvrant presque entièrement le corps nu de la jeune femme qui se jeta en avant dans un hurlement d’extase venant du fond de son ventre. Sergueï se calmait progressivement tandis que le jet d’hémoglobine s’amenuisait. Elle haletait comme après un effort intense avec, un sourire béat sur le visage. Ses bras se retirèrent lentement du corps, emmenant avec elle quelques filets de liquide visqueux. En reposant ses bras de chaque côté du visage de sa victime encore chaude de vie, elle lui chuchota d’une voix douce et encore essoufflée.

« Merci pour l’aller-retour. »



Progressivement, sa respiration retrouvait un rythme normal. L’adrénaline retomba, son rire nerveux fut de moins en moins audible jusqu’à disparaître. Le sourire et l’excitation sur son visage laissèrent place à une expression inexpressive, tandis que ses muscles se détendaient au rythme de son souffle, Sergueï posa son regard sur l’homme et soupira, il n’avait plus rien d’intéressant à présent. Ce n’était qu’un jouet cassé de plus. Un profond sentiment de vide remplaça l’extase de la tatouée, malgré cela, elle trouva la force de se rhabiller et reprit mollement sa route, traînant presque des pieds.






Histoire

Métro, station inconnue 2028
Au fin fond du métro, dans un minuscule atelier en total désordre, était allongée à plat ventre sur une table d’opération, Sergueï, à l’époque âgée de neuf ans. Son souffle était à la fois rauque et sifflant. Son corps était sanglé sur la table tandis qu’un bâillon noué dans sa bouche ne lui permettait que de produire des sons étouffés, ses yeux étaient rouges et bouffis par les larmes, tandis que son visage traduisait une douleur intense. Au-dessus de son crâne fraichement rasé, se tenait un homme, massif et recouvert de tatouages en tout genre. Il avait dans la main un dermographe dont le vrombissement vrillait les oreilles de l’enfant.

Le son de l’appareil fit, en se rapprochant, tressaillir la jeune fille qui tenta encore une fois de se débattre. Le tatoueur posa son coude sur l’ensemble du maigre dos de Sergueï, l’immobilisant totalement et rapprocha encore plus l’aiguille du crâne de son crâne. Lorsque l’aiguille entra en contact avec la peau de l’enfant, cette dernière se mit à se débattre comme une damnée. Poussant des râles de douleur à travers son bâillon, ses yeux s’écarquillaient tout en laissant des larmes rouler le long de ses joues, chaque coup d’aiguille était un coup de marteau dont le son raisonnait à l’intérieur de son cerveau.

Pourtant, l’enfant se calma, presque instantanément, lorsqu’une main vint se poser sur son visage. Elle était douce et chaude. Lentement, elle se mit à lui caresser son visage moite de sueur.

-Ça va aller, sois fort mon garçon, ça va passer.

En entendant cette voix, un doux sentiment de chaleur envahit le « garçon », qui releva lentement la tête, les yeux larmoyants. Devant « lui », se tenait un visage aux traits incroyablement doux et plein de bienveillance malgré le fait qu’il soit usé par l’âge, la vie dans le métro et par une situation conjugale difficile. Les cheveux poivre et sel en bataille de la femme chatouillait le crâne de l’enfant, tandis que la main fragile caressait toujours la joue de Sergueï. Baissant finalement les yeux, elle se laissa réconforter par sa mère. Endurant la douleur. La douce voix raisonna une dernière fois.

-Tu dois devenir un grand guerrier pour protéger ton frère et ta mère.

Métro, Prospect Miria, 2043.
-Et du coup, c’est quoi la signification de ce tatouage ?

Instinctivement, la main de Sergueï passa sur le tatouage de son crâne. Elle plongea son regard dans celui de la jeune fille face à elle. Les yeux de cette dernière profitaient de l’obscurité du métro pour enfin être libérés des verres teintés qui les protégeaient d’ordinaire de la lumière. Au même titre que sa chevelure blonde qui lui tombait jusqu’à la nuque, les yeux de la jeune fille brillaient d’un éclat que Sergueï trouvait vivifiant, presque rassurant.

-Parmi la secte de mon père, c’était une manière de montrer que tu devenais un guerrier de sa « tribu ».

Ustinya Kabakova, c’était le nom de la fillette à qui Sergueï racontait l’histoire de ses tatouages. Les deux demoiselles se trouvaient au milieu de nulle part, plongées dans l’obscurité à proximité d’une station de la Hanse. Assise sur des caisses de provisions, elles se racontaient leurs vies, chacune leur tour. C’est comme cela que la tatouée en était venu à parler de sa mère. Touchant à nouveau sa tête, sa main descendit jusqu’à sa joue alors qu’elle parlait.

-Pour moi, ce tatouage, c’est pour ma mère. C’était le tout premier. Elle était à mes côtés pour me rassurer et m’aider. Ma mère, c’était tout pour moi, je voulais… je veux la rendre fier.

Sergueï laissa son regard se perdre dans le vide un moment, pensive quant au souhait de sa mère vis-à-vis d'Isaac. Finalement, l’adulte tendit son bras droit à son interlocutrice en montrant les divers tatouages de son bras.

-Ces tatouages symbolisent à la fois l’équilibre et la protection, c’est pour Isaac. Même s’il est un peu bête et borné, il est aussi important que maman !

Étrangement, en parlant de son frère, son timbre de voix changeait pour faire penser à celui d’une enfant. Il était difficile d’imaginer que cette expression candide était celle de cette même femme qui tuait et éventrait sans remords, comme un animal assoiffé de sang.

Métro, Station inconnue, 2026.

Alors que l’obscurité régnait dans les dortoirs médicaux destinés aux enfants, une jeune fille se glissa entre les parois de bois protégeant cet endroit du reste de la station. Elle se glissa entre les diverses couches pour se diriger jusqu’au chevet d’un jeune garçon aux cheveux d’un blond à la limite du blanc. Son teint était pâle, livide même, la peau de son front luisait à cause de la sueur le recouvrant. Les yeux du malade étaient fermés, des gémissements de douleur émanaient de sa bouche alors qu’il dormait. La partie droite de son corps était recouverte de nombreuses compresses humectées d’eau et de plantes médicinales, destinés à atténuer la douleur. Vraisemblablement, ce n’était pas suffisant.

À son chevet, Sergueï caressa doucement le crâne de son frère puis, lui passa un chiffon humide sur le front histoire de le rafraîchir. Suite à ces gestes, les yeux du garçon s’entrouvrirent, tandis qu’un sourire se dessinait sur son visage souffrant. Sa sœur lui rendit le même sourire tout en sortant une sorte de petit sac dont elle tira plusieurs friandises, lentement, elle se mit à déballer les sucreries et aida son frère à les manger. Lorsqu’elle eut fini de le nourrir, elle tira et ouvrit la petite sacoche qu’elle avait amenée avec elle. En même temps qu’elle fouillait, elle murmura quelques mots à l’attention de son frère.

-J’ai trouvé quelques trucs dans le bureau du vieux Vlad’. Puis ça, c’était dans une caisse.

Elle posait d’épais ouvrages sur le matelas sans jeter d’autres regards à son frère. Ce dernier s’était redressé, non sans grimacer de douleur, cependant, très vite, il se concentra sur autre chose. Lentement, ses doigts effleurèrent l’arcade de Sergueï.

-Aie !

En poussant ce cri, la fillette avait reculé d’un coup et avait, de justesse arrêté la main qui s’apprêtait à frapper celle de son frère.

-C’est quoi ça ?

La voix sifflante d'Isaac fit soupirer Sergueï, sachant qu’elle ne pourrait mentir, elle lâcha sa phrase en terminant de soupirer.

-Les gardes des caisses.

Isaac soupira longuement à son tour, avant de reprendre.

-Seryoga, papa te met déjà dans une salle état, alors, fais attention.

La jeune fille se redressa, malgré l’obscurité, ces yeux semblaient briller de conviction.

-Tu passes tes journées à croupir ici, je veux que tu penses à autre chose que la douleur, merde ! Pourquoi tu ne veux jamais de mon aide ?

La dernière phrase avait été trop bruyante, si bien que des bruits se firent entendre à l’extérieur du dortoir. Les deux enfants paniquèrent instantanément, ne sachant où cacher Sergueï. Finalement, au moment où la porte s’ouvrit, elle se jeta dans un meuble où plusieurs draps étaient rangés. De sa cachette, elle put voir la silhouette d’un médecin se diriger vers son frère, qui avait pris soin de rabattre la couverture sur lui pour cacher ce que lui avait amené sa sœur. Le médecin se pencha à son chevet, lui demandant si tout allait bien.

Une autre personne entra alors, malgré l’obscurité, Sergueï reconnut cette silhouette aux épaules larges et à la démarche lourde. Sur ces épaules, était attachée une large cape de fourrure qui lui tombait jusqu’aux pieds. Il s’arrêta auprès du médecin qui immédiatement, se leva et s’inclina respectueusement face à la silhouette d’Yvan Alekseyovitch Zinoviev, l’actuel chef de cette station indépendante. La porte qui avait été laissé ouverte par le nouvel arrivant laissa filtrer un rayon de lumière qui éclaira le visage de ce dernier.

Son visage était aussi massif que son corps, sa mâchoire était carrée, même ses joues semblaient musclées, elles étaient d’ailleurs striées de nombreuses balafres en tout genre. Son nez était large et aplatit sur lui-même, également fendu par une longue cicatrice. L’appendice nasal de l’homme semblait ne pas suivre l’ordre de son visage, son nez était complètement tordu vers la gauche. Ses lèvres presque inexistantes se contractaient dans un rictus colérique. Le reste de son visage était marqué par l’enfer du métro.

Son souffle souleva les deux mèches noires qui tombaient ce son crâne. L’homme prit une grande inspiration, à la seconde où il fit cela, tous ceux présent dans la salle retinrent la leur, comme s’ils avaient eu peur de déranger celle du maître de cette station.

-Tu ne devrais pas dormir à cette heure ?

Le jeune garçon acquiesça, la tête dans ses oreillers.

-Redresse-toi.

Difficilement, l’enfant s’exécuta. Le père de ce dernier fit taire le médecin qui s’inquiétait pour son patient, d’un simple geste de la main. Yvan était un homme impressionnant auquel personne n’avait envie de faire face. Si bien que, malgré la douleur, l’enfant s’était redressé. Sans un mot, son père tira la couette, faisant ainsi voler les friandises. Le regard de l’adulte se posa sur les ouvrages sur les genoux de l’enfant, sa lourde main plongea vers eux et les saisit, d’un coup d’œil, il les jaugea et les balança à travers la pièce.

-Combien de fois doit-on te dire de ne pas lire ces inepties ? Tu veux que le seigneur abatte sa colère sur toi, c’est ça ? ça ne te suffit pas de vivre comme un chien dans cet enfer ?

La voix rauque et puissante d’Yvan avait raisonné dans toute la pièce. Isaac baissait les yeux, effrayé par la monstrueuse autorité de son géniteur. L’enfant blond ferma les yeux en voyant la main de l’adulte s’élevait dans le ciel, son corps se raidit, prêt à recevoir le coup. Un bruit sourd raisonna, mais Isaac ne sentit rien, si ce n’est un courant d’air. Il rouvrit les yeux, pour voir sa sœur voler à travers la pièce et s’écraser contre un autre lit.

Sergueï s’était jetée sur le poing de son père à une vitesse hallucinante. Son bond l’avait mené de l’armoire à la main de son père. Main que ce dernier tenait entre ses gros doigts. Un sourire carnassier décorait son visage.

-Pas mal Seryoga. Tu encaisses de mieux en mieux, que dirais-tu d’un petit tour dans la chambre noire maintenant ?

Isaac se releva un peu plus, voulant protester, mais, sa sœur se releva soudainement, lui hurlant de se taire. Elle releva des yeux plein de défis vers son père.

-Vas-y, demande à tes chiens de me frapper, on verra qui sera debout à la fin.

Un éclat de rire rauque et glaçant raisonna, Yvan tourna les talons, ordonnant à sa fille de le suivre. Dans le même temps, il intima au médecin de brûler les livres. Cependant, en marchant vers son père, Sergueï glissa discrètement sous les draps d’Isaac, le livre qui lui avait valu l’hématome au niveau de son œil. De ce dernier, elle fit un clin d’œil à son frère, lui signifiant de ne pas s’inquiéter, puis, elle disparut en suivant la silhouette massive d'Yvan.

Metro, Prospect Miria, 2040

En racontant cette histoire, Sergueï paraissait passionnée, presque fière en racontant comment elle s’était dressée face à son paternel pour sauver défendre son frère. Pourtant, il y avait dans son regard, une certaine lueur de peur, une peur sourde et immuable.

-Il s’appelait Yvan ton père ?

Le nom de ce dernier fit frémir la tatouée, secouant son corps d’un frisson glaçant. Elle acquiesça lentement. Replongeant dans son mutisme habituel. Un silence s’installa entre les deux survivantes. De son côté, Sergueï s’était perdue dans ses pensées. Repensant à la façon dont cet homme lui avait insinué ce traumatisme de la douleur. Dès qu’elle souffrait, elle perdait ses moyens, n’arrivait plus à se contrôler. Une expression de dégoût déforma soudainement le visage Sergueï.

-Ce gars était un monstre, lui et sa secte, c’était tout ce qui comptait. Il n’a jamais rien fait pour la maladie d'Isaac et ma mère, tout ce qui l’intéressait, c’était le territoire qu’il dominait.

Le son d’une canne raisonna dans la rame, faisant tourner la tête aux deux demoiselles, une grande silhouette se dessina dans l’obscurité, se reposant sur une grande béquille en bois. La voix sifflante du frère de Sergueï et du leader des Siffleurs raisonna.

-Ce qui l’intéressait, c’était aussi ta mutation.

La tatouée serra les dents, les poings et sans qu’elle s’en rende compte sa respiration s’accéléra. À mesure que les souvenirs de cette époque refaisait surface, elle perdait son calme. En y repensant, c’était lui qui était à l’origine de tout. Mais, en sentant les regards d'Ustinya et de son frère, la jeune femme calma ses émotions, respirant un grand coup, elle trouva la force de se calmer. Relevant la tête vers la blonde, Sergueï reprit, presque essoufflée par la canalisation de sa colère.

-Ouais, dès que notre père a su pour mes « capacités », il m’a direct érigé au stade de petit soldat prodige. Du coup, soit, il me frappait, soit il m’envoyait casser des genoux et se fichait bien que je revienne complètement cassé.

Tout à coup, un sourire mauvais se dessina sur le visage de Chienne de la Hanse.

-Quand il a pris le retour de flamme dans la gueule, ça lui a fait tout drôle.

Métro, souterrain du métro, 2035

-Pourquoi est-ce que tu te soucies à ce point de ces déchets, Sergueï ?

Yvan était penché sur le corps de sa fille, prostré contre un mur, les mains menottées à une sorte de grosse tuile. Ces vêtements déchiquetés dévoilaient un corps maigre, blessé et recroquevillé sur lui-même. L’adolescente de seize ans était secouée de tremblements compulsifs tandis que du sang coulait le long de son visage et de son corps, que des ecchymoses se joignaient à ses tatouages pour décorer son corps. Un long soupir s’échappa de la bouche du vieux Zinoviev.

Il attrapa le menton de sa fille et releva sa tête vers lui. Il observa les yeux de Sergueï, bouffis par ces larmes tandis que deux tâches oscillant entre le noir et le bleu les entouraient. L’homme soupira à nouveau en voyant ce visage tordu par la douleur et la faiblesse. D’un geste las, il poussa mollement le crâne de Sergueï sur le côté et se redressa. Son pas lourd se dirigea jusqu’à une table sur laquelle plusieurs armes étaient alignées. L’épaisse main d’Yvan se saisit de l’une d’elle, dans un long mouvement, l’homme fit raisonner un sinistre crissement de métal.

Tout en faisant volte-face, il trancha l’air avec un pied-de-biche luisant de propreté. Yvan commença à faire quelques mouvements avec. Il maniait l’objet avec une facilité déconcertante, ses mouvements étaient amples, puissants, puis, ils gagnaient en rapidité et précision. Sergueï suivait l’arme de son regard apeuré, comme hypnotisée. Lassé de cela, Yvan arrêta brusquement ses mouvements en envoyant le pied-de-biche exploser la paroi du mur au pied duquel sa fille était attachée. Sergueï sentit les gravats rouler le long de son crâne et s’écraser au sol.

-Ils te rendent faible. Tu es trop émotif. Tu es un guerrier, une machine à tuer.

Sergueï releva sa tête en direction de son géniteur. Ce dernier affichait une expression neutre, sa respiration forte raisonnait dans le cagibi dans lequel ils se trouvaient. D’un geste sec et rapide, il frappa le visage de sa fille d’un puissant coup de pied, lui faisait cracher une gerbe de sang. Instinctivement, elle baissa la tête, haletante, tandis que de larges filets de sang coulaient le long de ces lèvres.

-J’aimerais que tu respectes ton père.

Marquant une pause, il se tourna et attrapa une chaise qu’il tira vers lui. En soupirant une énième fois, il prit place sur le siège.

-Tu ne te rends pas compte de ce que je sacrifie pour toi ! Ton potentiel est grand mais gâché par ton infirme de frère et cette sorcière qui te sert de mère.

Il attrapa le visage de Sergueï entre ses doigts.

-Tu es mon seul héritier, ton sang est le mien. Mon devoir de père est de te débarrasser de ces parasites.
-Et par qui vas-tu commencer ?


La voix venait de derrière, en l’entendant, un rictus de colère parcourut le visage d’Yvan. Lentement, il se releva et se tourna vers la porte du cagibi. Une silhouette s’y dessinait, elle avança, se précisant de plus en plus. Isaac se dévoila à sa sœur et à son père. Yvan, s’était redressé de toute sa hauteur, ainsi, même à cinq mètres de distance, il paraissait beaucoup plus imposant que son fils, perché sur sa béquille.

-Puisque tu es ici, je devrais commencer par toi ?

Isaac se mit à sourire, tandis que Sergueï retrouvait peu à peu son énergie, commençant progressivement à paniquer et à se débattre. Pourtant, lorsque le regard confiant de son frère se posa sur elle, la chauve se calma, devinant la suite des événements.

-Tu n’as donc aucune empathie pour ton fils malade ?

Yvan souffla sarcastiquement du nez, haussant un sourcil et serrant plus fort encore l’arme dans sa main.

-Tu n’es pas mon fils Isaac. Tu n’es qu’un pauvre bâtard dont le père était trop faible pour survivre. Tu es comme lui.

À ce moment-là, le chef de la famille Zinoviev perdit totalement sa contenance. Il fléchit les jambes et se jeta sur Isaac, brandissant son pied-de-biche en avant en hurlant. Isaac, ne bougea pas, ne cessa même pas de sourire.

Un grand bruit métallique raisonna, suivit de plusieurs craquements simultanés. Un hurlement déchira la station. L’instant d’après, Yvan tombait à genoux, en se tenant les côtes. Pris d’une violente et douloureuse quinte de toux, il se pencha en avant. La seconde d’après, un torrent de bile, de sang et de salive dévala de sa bouche. En face de lui, Isaac se contenta d’essuyer son visage d’un revers de main, puis releva son regard vers sa sœur. Elle était debout, légèrement voûtée, le corps suintant de sueur, les bras ballottant dans le vide. Ses lourdes chaînes tombèrent dans un fracas qui couvrit à peine les hurlements du père des deux enfants.

À l’aide de sa mutation, Sergueï avait pu briser ses chaînes puis, les avait utilisées pour broyer les côtes de son paternel qui se tordait à présent de douleur dans ses déjections gastriques.

-Va dire au revoir à Maman. On s’en va.

Sans un mot, la jeune fille acquiesça, ramassant d’un bras tremblant le pied-de-biche de son père. Et, dans un dernier geste haineux, elle écrasa la pointe de l’arme contre l’omoplate de son paternel, arrachant un autre cri à ce dernier. Après cela, elle se précipita hors de sa prison, ignorant tout ce qui l’entourait, n’ayant plus qu’un objectif : revoir sa mère.

Métro, Prospect Miria, 2043

A la fin de son histoire, les yeux de Sergueï se perdirent à nouveau dans le vide. Elle peina à reprendre la parole pour reparler de sa mère.

-J’ai toujours… essayé de rendre maman heureuse. Je voulais la protéger comme elle l’a fait pour moi.

Peu à peu, Sergueï avait cessé de raconter l’histoire, son corps était parfois secoué de tremblements tandis qu’elle s’était mise à parler de sa mère à un rythme effréné, peu à peu ses paroles ne furent plus que des chuchotements uniquement destinés à sa personne.

-Ça suffit.

La voix d’Isaac mit soudainement fin à la « transe » de Sergueï, qui releva lentement la tête vers son frère.

-Arrête cette fascination avec maman.

Il montra Ustinya d’un signe de la tête.

-Pourquoi tu ne lui parles pas de comment, maman a réagi lors de ta puberté ?

Les yeux de Sergueï s’écarquillèrent. Jusqu’à maintenant, elle avait fait attention à rester flou sur la façon dont ses parents l’avaient élevée auprès de la blonde, ne mentionnant pas le fait qu’ils avaient reniés son sexe d’origine. Isaac se tourna vers la jeune fille.

-Tu vois Styna, nos parents ont toujours considéré Sergueï comme un homme, d’où son prénom. Ça vient de notre mère et de sa psychose.

La tatouée fulminait pendant que son frère parlait.

-Alors, quand Seryoga a eu ses premières règles, notre mètre l’a battue, à mort. Elle lui a ensuite fait faire ce tatouage immonde.

Sergueï se redressa de toute sa hauteur.

-Elle t’a dit que notre père était un monstre ? Maman était pire.

L’instant d’après, le poing de la jeune femme au crâne rasé s’écrasa contre le visage de son frère, le projetant au sol. Ce dernier releva la tête vers elle, le regard dur.

-Ça y est ? Tu m’aimes autant que maman ?

Métro, Station Inconnue, 2035.

Sergueï se tenait à l’entrée de la chambre de ses parents. C’était une pièce relativement spacieuse, éclairée par trois ampoules situées à un mètre et demi de distance chacune. C’était sûrement l’endroit le plus illuminé que l’adolescente ait pu voir jusqu’à maintenant. L’ameublement était simple, des armoires et divers rangements se faisaient face de chaque côté du mur. Au fond de la pièce, situé face à l’entrée s’étendait un grand lit. A proximité de ce dernier, il y avait un bureau un bureau des plus quelconque.

Sur le siège du bureau, se tenait une silhouette voûtée et décharnée. Atteinte par la maladie, les coups et la folie. La mère de Sergueï releva la tête vers elle, plantant son regard émeraude dans celui de son enfant. Lentement, elle se leva, et s’approcha de Sergueï.

-Mon… Mon fils…

S’avançant également, Sergueï vint enlacer sa mère. Enserrant son corps fragile qui enflamma son cœur d’une chaleur réconfortante. Pourtant, une peine immense s’empara subitement de la tatouée et, sans qu’elle ne puisse l’empêcher, sa vue fut entravée par des larmes, qui roulèrent le long de ses joues. Elle qui pensait pourtant avoir pleuré l’intégralité de ces dernières après la séance de torture de son père.

-Je suis désolé maman, je n’ai pas été un bon fils…

Sergueï sentit les bras de sa mère quitter son corps. Cette dernière avait toujours haï ces moments où son enfant reniait le sexe qu’elle lui avait donné. Même si dans l’instant, la phrase de sa progéniture pouvait paraître ambigu, cette formulation avait souvent été utilisée par le passé par l’enfant pour renier sa nature d’homme et se confronter à sa nature de femme. Soupirant longuement, la femme glissa ses mains sur le visage de son ‘’fils’’ l’obligeant à le regarder, elle caressait lentement et avec douceur son visage.

-On en a déjà parlé. Tu es mon garçon. Tout le monde le reconnaît.

Un sourire triste se dessina sur le visage de Sergueï.

-Je sais que c’est ce que tu voudrais maman… Alors pour toi, je vais l’être encore un peu.

Ses bras vinrent se poser sur les épaules de sa mère, ces derniers étaient lourds et lui faisait affreusement mal, mais elle le supporta, serrant le pied-de-biche dans sa main gauche.

-Tu sais… je t’aime vraiment maman, j’aurais vraiment voulu être le fils dont tu aurais été fière.

Tirant à nouveau sa mère contre elle, elle fondit en larmes.

-Je… je… je vais protéger ton… ton fils aîné… promis maman… je suis désolé.

Étouffant un ultime sanglot contre l’épaule de sa mère, Sergueï se sépara lentement de sa mère, qui sondait sa progéniture d’un regard calme, un fin sourire se dessina alors sur son visage, signifiant « fais ce que tu as à faire » aux yeux de l’adolescente. Tout en gémissant et en secouant sa tête de gauche à droite, Sergueï recula légèrement le côté gauche de son torse et l’élança vers sa mère, en hurlant.


Haletant, le pistolet encore fumant, Isaac se déplaçait aussi rapidement que sa jambe paralysée le lui permettait. Les membres de la station ne tarderaient à découvrir la dépouille du vieux Zinoviev. Ça mettrait la station sans dessus dessous, c’était le parfait moment pour fuir. Ça faisait trois mois qu'Isaac préparait ce coup pour se sortir lui et sa sœur de cet enfer. Il avait réussi à obtenir un contact avec un récupérateur de la Hanse et l’avait convaincu de les sortir de là. Il faut dire que la mention de la mutation de sa sœur avait été un sacré atout.

Mais pour le moment, Isaac devait récupérer Sergueï. Il espérait simplement que leur mère n’essaierait pas de lui retourner le cerveau une fois de plus. Cette pensée lui fit accélérer le pas. Il se jeta contre la porte, la poussant de tout son poids. Au milieu de la pièce, se tenait Sergueï, presque intégralement couverte de sang et assise sur la dépouille de leur mère, dont la tête n’était plus qu’une bouillie informe. Sergueï tenait d’une main tremblante et pourtant ferme son pied-de-biche, elle tourna la tête vers Isaac, un rictus de satisfaction et un regard en quête d’approbation sur son visage dégoulinant du sang de sa génitrice.

-Tu as vu grand frère, je suis devenu une vraie femme.

Métro, Prospect Miria, 2043

Sergueï s’était figée suite à la phrase d'Isaac. De son côté, Ustinya ne bougeait pas non plus. La situation avait de quoi surprendre après tout. Après Isaac, la blonde était la personne dont Sergueï était la plus proche, par conséquent, cette dernière savait donc à quel point la tatouée surprotégeait son frère et ne tolérait pas qu’on le blesse. Pourtant, aujourd’hui, c’était elle qui l’avait frappé.

Nul doute qu’elle regrettait son geste. Lentement, son bras s’abaissa et elle se redressa puis, aida son frère à faire de même. Elle se redirigea vers Ustinya et s’agenouilla face à elle.

-Je suis désolé que ça ait fini comme ça. La prochaine fois qu’on se voit, je te parlerais du tatouage que j’ai fait pour toi, c’est promis.

Elle se releva en jetant un regard désolé à Ustinya avant de retourner vers la station.

La suite de l’histoire Ustinya la connaissait de toute façon. Une fois arrivée à la Hanse, Sergueï avait rapidement usé de ses talents pour servir la faction qui les avait recueillis. En échange de quoi, Isaac était pris en charge et soigné. C’est à cette période qu’elle gagna son sinistre surnom. Tous les sales boulots, on les lui donnait, ça ne changeait pas beaucoup de l’époque où son père l’utilisait, mais, au moins, Isaac était soigné.

Dès que ce dernier fut remis sur pied, que sa vie et sa mobilité n’étaient plus en danger, il fonda les Siffleurs et sa sœur fut libérée de l’autorité militaire de la Hanse. Cependant, Isaac et elle continuèrent de travailler pour eux en tant que marchands itinérants. La réputation de la Chienne de la Hanse n’arrêta jamais de suivre Sergueï, ce qui attira beaucoup d’ennemis au groupe de marchand.

Ce fut aussi à cette époque que la fratrie rencontra Ustinya. À l’époque, Isaac cherchait quelqu’un pour les guider dans le métro, mais personne ne voulait se frotter à Sergueï et à son instabilité, sauf une personne. Qui se révéla être la blonde. Elle n’était pas vraiment guide, mais, on leur avait dit qu’elle serait la meilleure dans ce rôle.

Sergueï d’abord méfiante refusa en bloc. Jusqu’à ce que l’adolescente lui propose de la suivre, seule. Piquée à vif dans son orgueil, la tatouée accepta. Et de fil en aiguille, les deux jeunes femmes gagnèrent la confiance l’une de l’autre. Elles continuèrent de se voir dès que l’occasion se présentait. Sergueï voyait en Ustinya une autre personne à protéger, mais aussi, une amie, quelque chose qu’elle n’avait jamais eu le luxe d’avoir.

Métro, Prospect Miria, 2044.

-Seryoga, t’es au courant ? Ustinya aurait quitté la Hanse, y a six mois.

Sergueï se figea en entendant les paroles de son frère, elle lâcha la cuillère avec laquelle elle remuait une bouillie verdâtre dans un petit bol de bois.

-Styna est partie ? Où ?

Elle s’était tourné vers Isaac, les yeux écarquillés. La nouvelle l’avait choquée. Depuis la dernière fois où Sergueï lui avait promis de lui parler du reste de ses tatouages, elles ne s’étaient pas revues.

-Elle a rejoint la V.A.R.

Un profond vide envahit Sergueï. Elle ne savait pas comment réagir à cette information, ni comment l’interpréter.

Elle ressentait une certaine colère, mais aussi une envie, un besoin irrépressible de revoir son amie. D’avoir des réponses.

Depuis un an, ce besoin demeure au plus profond d’elle, attendant d’être satisfait.





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Système de jeu choisi : On va essayer Roulette Russe même si je sens que je vais le regretter (ne laissez pas Yvan s’occuper de mon cas svp)

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Passion, loisirs : Jouer une naine avec un marteau sur un certain moba et hurler toute ma haine pour l’humanité en même temps.

Comment avez vous découvert le forum ?  Ekaterina et Yvan m’ont tanné pour que je ramène ma carcasse ici, du coup me voilà :D
Des suggestions ? Quelque chose à dire ? Un dernier mot ? Lâchez-vous (qui sait, peut-être qu'on vous offrira même un cookie !).

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le Mer 3 Jan - 18:01
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le Sam 6 Jan - 19:10
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Bienvenue ♥️

Alors tout d'abord !!

L'histoire est vraiment agréable à lire, les sauts de chronologies sont cools, ajoutant du dynamisme. Enfin j'aime beaucoup !! Je n'ai pas grand chose à dire dessus, c'est détaillé, intéressant et agréable à lire. Je ne vois pas non plus de choses particulières à modifier. Tu dis par contre avoir été battu à mort, normalement si c'est à mort baaah... T'es mort x) Du coup, dire "un passage à tabac très violent" ou "torturé et laissé à l'agonie", enfin c'est juste de la terminologie là ^^

Et pour citer notre chère Katya: "vraiment, mention spéciale pour l'histoire"

En revanche...
Niveau descriptions, j'aimerai bien un peu plus de détail sur le physique de Sergueï. Là tu t'attarde surtout sur les vêtements, les tatouages, on a peu d'information sur son visage, la couleur de ses yeux, sa taille. Pour la description psychologique, idem, tu t'attarde beaucoup sur son coté animal, quand elle perd le contrôle. Hors on sait pas vraiment comment elle est le reste du temps. Est-elle menteuse, franche, manipulatrice, tête brulée ? On sait qu'elle cède a des envie de tuer, de manger, comme un animal enragé mais ça m'étonnerai qu'elle soit tout le temps comme ça (ou alors elle serait déjà morte, abattu par quelqu'un). Ton histoire montre qu'elle n'est pas qu'un monstre, sa relation avec Usti et son frère par exemple. Ton perso est plus subtil que ça, dommage que tu n'en parle pas et que tu te concentre sur le coté animal (qui est nettement moins intéressant).

Pour les intérêts et loisirs de ton personnage, ce que je retiens du pavé c'est: baiser de façon glauque et tuer dans la foulée. Après c'est bien écrit et sympa, mais c'est beaucoup parler pour ne pas dire grand chose ^^ Tu aurais peut-être aussi du parler de ton frère ? Que tu l'apprécie ou veux le protéger, non ?

Enfin, tu parle à un moment anthropophage. Tu pourrais un peu plus donner de détail ? Car dévorer des gens à la pelle sera pas spécialement possible et donc, j'aimerai savoir ce que tu compte exactement faire en mentionnant ça.

Bon courage pour les modifications. Si tu as des questions, hésite pas !




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le Sam 6 Jan - 19:38
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Hello !

Alors, je vais faire toutes les modifications nécessaires ! J'ai juste une chose à préciser pour le paragraphe "Intérêt et Loisir" ; il faut comprendre avec ce dernier que c'est la seule chose qui la fait réellement vibrer et dont elle a "conscience". Le dernier paragraphe est là pour montrer qu'une fois ses victimes "mortes" elle quitte l'état de transe dans lequel elle est, et cherche à nouveau à le combler.

Encore une fois, elle n'est pas défini QUE par ses pulsions meurtrières, cependant, dans sa vision des choses, il n'y a que ça qui lui apparaît comme un plaisir !

Je ne sais pas trop si c'est clair °°
J'essaye de faire les modification rapidement !


Edit : Les modifications demandées ont été apportés o/
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le Mar 9 Jan - 17:33
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Fiche validée ♥️

Félicitations, tu viens de réaliser tes premiers pas dans le métro de Moscou, ton personnage est donc validé !

Avant de rp, il faut que tu penses à remplir ton profil : les champ contact pour ta fiche de présentation et ton carnet de bord, l'onglet "passeport" donnant des informations concernant ton personnage.

Il faut ensuite que tu créés ton carnet de bord dans lequel il faudra tenir à jour ton inventaire en fonction de tes acquisitions.

Et pour rp, il ne te manque plus qu'un compagnon. Pour cela, il suffit de se rendre au point rencontre et n'hésite pas à jeter un coup d'oeil au tableau d'affichage des missions.

Bon jeu !




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