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Retour de flammes
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Artilleur infiltré
le Mer 27 Déc - 16:17
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Elle retenait un sourire, montrant qu'elle s'amusait bien de la situation alors que ses paroles semblaient émettre une certaine déception. Elle ne l'était plus vraiment car, mon cerveau était revenu à la normale et mon instinct premier n'était pas la reproduction, mais la destruction. Après, le sexe ne m'attirait pas plus que ça, mais je savais apprécier la beauté des femmes, leurs courbes ne me laissaient pas totalement indifférent. Mon paternel m'avait juste dit, qu'il était beaucoup plus dur de mentir sur ma vie, mes émotions si je venais à trop me rapprocher d'une femme, physiquement ou moralement. Ce qui pourrait s'avérer dangereux. Nul doute qu'on ne me confierait plus d'armes ou d'explosifs si on savait que j'avais de sérieux troubles émotionnels. Pire, on pourrait m’exécuter en guise de prévention. Du coup, que pouvais-je répondre à Anya ? Lui dire que si, je l'a trouvais encore pas mal, voir attirante ? A un moment ou un autre, elle relèvera mon inexpérience ainsi que mon absence d'émotions et là, elle me traitera de monstre ou de psychopathe...

Elle m'attrapa le visage, enfin le menton pour dire que c'était donc l'endorphine qui avait parlé et pas moi. Comme si elle était déçue que je ne m'intéresse pas à elle. Je cogitais, que devais-je répondre ? Qu'en fait, je préférais les hommes mais chez les rouges c'était plutôt mal vu ? Pas sûr qu'elle apprécie ou qu'elle me croit après notre discussion. Et je n'avais pas envie de mentir, les hommes ne m'attiraient pas du tout. Ses doigts glissaient sur ma lèvre et cela me fit frémir. C'était la première fois qu'on me touchait de la sorte, d'habitude, on m'agressait lors d'un combat, avec des envies de tuer. Là, c'était totalement différent et j'ignorais quoi penser.

Anya avouait qu'elle était une femme de science mais qu'elle pensait que l'expérience, donc la pratique, était surement le moyen le plus efficace pour apprendre de nouvelles choses. Je me sentais bizarre, mon cœur s'était un peu emballé, ma respiration était plus saccadée. Je relevais un peu les genoux pour remonter le drap, qu'il ne me trahisse pas car quelque chose avait bougé en dessous et là, je n'avais pas trop envie qu'elle le remarque. Pourquoi ? J'en savais rien... Peut-être un manque de confiance en moi même si au fond de moi, je pensais que cela lui ferait plaisir. Son visage était encore proche du mien, elle se délectait de la scène en comprenant que j'étais perdu. Que dire... Que faire ? Jouer le jeu ? Allé Yvan, dis toi que c'est l'occasion d'apprendre, comme elle le suggère. Si autant de gens s'y intéressent, c'est surement car ce n'est pas désagréable.

"C'est toujours le cas..."

Ma voix n'avait pas été plus forte qu'un murmure. J'avais pas mal hésité à le dire et finalement, j'acceptais l'idée d'apprendre. Fallait partir du principe que je ne voulais pas mourir con ou ignare. Alors autant essayer ? Et si c'était un jeu sadique pour m'emmerder, j'allais y mettre un terme de ce pas.

Je lui enlevais la main qui tenait mon menton, m'avançant alors que mon autre main agrippait son haut pour la tirer vers moi. Collant mes lèvres aux siennes pour mon premier baiser qui en plus était volé à l'arrache sans vraiment son consentement. Ouais, pour une première expérience, on aurait surement réussi à faire mieux. Enfin... Comme ça c'est fait ? La sensation fut agréable, plaisante même. Je sentais son odeur ainsi que cella de la soupe qu'elle avait gouté un peu plus tôt. Le souffle de sa respiration sur ma peau. Étrangement, cela me détendit un peu. Jusque là, j'étais tout crispé et mal à l'aise mais d'un coup, je me sentais mieux. Pas non plus que j'étais à l'aise et confiant, mais nettement plus calme. Je reculais alors un peu, affichant un sourire amusé et enfantin. C'était pas si mal pour un premier essai, non ? Enfin elle allait surement m'achever d'une réplique disant que j'embrassais comme un gosse ou autre, mais rien à faire, moi ça m'avait convenu.

"L'endorphine me désinhibe mais n'invente rien... Elle me rend juste plus... Humain."

Je m'attendais à présent à une bonne gifle ou une réplique cinglante. Persuadé que mon geste ne resterait pas impunis, mais j'en garderai un bon souvenir. La boule dans mon estomac avait légèrement diminuée de taille, mais elle me brulait d'avantage. Était-ce la peur, la timidité ou l'excitation ? Et puis merde, cesse de réfléchir et essaie de t'amuser.

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le Mer 27 Déc - 18:21
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- C'est toujours le cas...

Anna aurait bien laissé filer un sourire victorieux mais l’artilleur ne lui en laissa pas le temps. Lorsqu’il chassa sa main, elle se figea. Légèrement sur la défensive, elle s’était attendue à ce qu’il la repousse complètement. En aucun cas elle ne s’était attendue à ce qu’il s’agrippe à elle et l’attire pour lui voler un baiser. Passée la première surprise, elle ferma les yeux et pressa ses lèvres contre les siennes. Au moment où elle fut tentée de repousser la barrière de ses lèvres pour y trouver sa langue, il se détacha d’elle avec un sourire de pure satisfaction.

- Ca ne te rend pas moins bavard en tout cas.

Sans lui laisser le temps de répliquer, elle se penchait à nouveau sur lui. D’une main, elle s’appuyait sur son torse et lui intimait l’immobilité. Elle pressa une seconde ses lèvres contre les siennes, retrouvant le contact qu’il avait initié plus tôt mais elle ne se contenta pas d’en rester là. Sa langue vint retrouver la sienne, curieuse et joueuse. Et, au moment où elle décidait de mettre fin au baiser, elle saisit entre ses dents sa lèvre inférieure et la mordilla légèrement avant de reculer, arborant un sourire également très satisfait. Sans retirer la main de son torse, elle se redressa et l’observa sans un mot. La paume appuyée contre le drap, les doigts contre sa peau nue, elle sentait son pouls. Erratique, effréné. Elle ferma les yeux une seconde puis acquiesça doucement. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, si son regard s’était fait plus doux, son sourire restait provocateur.

- Bonne capacité de régénération ou non, tu n’es sorti aujourd’hui que du coma et tu dois encore te reposer.

Sans plus de cérémonie, elle se releva et retira sa main. Elle replaça la chaise à sa place initiale et reprit le livre qu’elle lisait avant que l’artilleur ne se réveille. Le geste la laissa un instant perplexe. Anna n’avait clairement pas imaginé que la situation puisse évoluer de la sorte. Tout ce qu’elle avait souhaité, au début, c’était en apprendre davantage sur cet Yvan. Elle était loin de se douter qu’elle irait jusqu’à lui apprendre deux ou trois choses.

- Demain je t’apporterai des vêtements histoire que tu n’ailles pas montrer à toutes les infirmières qui passent ce qui se cache sous tes draps, elle plissait les yeux, amusée puis rajouta sur un air plus sérieux, tu devrais être en mesure de te lever demain mais il faudra peut-être un peu plus de temps pour que tu aies récupéré complètement.

La chirurgienne n'avait pu s'empêcher d'entendre des insinuations dans ses propres paroles. Elle fronça les sourcils, à moitié contrariée et à moitié amusée. Elle finit par lui décocher un clin d’œil puis quitta la petite pièce en tirant le drap derrière elle. Sur le chemin du retour, elle se sentait légèrement nauséeuse ; comme si la situation lui échappait. D’ordinaire la jeune femme n’avait jamais apprécié ce genre d’état mais, dans ce cas précis, elle en connaissait la raison exacte. Avec un soupir, elle repoussa ses cheveux en arrière et accéléra le pas. Quoi qu’on en dise, la journée finissait pour beaucoup de survivants du métro mais il lui restait encore une montagne de dossier à boucler avant de s’accorder un véritable répit.

*
**

Anna n’avait pas vraiment eu le temps de s’enquérir de l’état de l’artilleur depuis qu’elle l’avait laissé en plan. Pour dire vrai, elle n’avait pas vraiment cherché à en demander de crainte de s’attirer quelques suspicions. On pouvait en dire ce qu’on voulait mais la jeune femme se montrait particulièrement méfiante quand on abordait ce genre de sujet. De plus, elle n’était pas vraiment sûre de la situation dans laquelle elle s’était mise. C’était d’ailleurs la source du sentiment désagréable qui l’avait accompagnée toute la journée et l’avait laissé passablement de mauvaise humeur.

Des vêtements sous le bras, elle se dirigeait vers le coin où on avait alité Yvan. Comme le centre de soin comptait actuellement peu de patient, il avait la chance de disposer d’un peu d’intimité et se trouvait seul dans son alcôve délimitée par de lourds rideaux opaques. Quand elle arriva au pied de ceux-ci, elle marqua une légère hésitation. Lorsqu’elle les aurait repoussés, elle saurait si le jeune homme avait décidé de se faire la malle, nu de surcroit, ou s’il avait décidé de suivre ses conseils. Elle inspira un grand coup, formulant mentalement toute une série de juron destinée à repousser ses doutes et se faufila derrière le rideau.



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Artilleur infiltré
le Mer 27 Déc - 20:03
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J'avais passé la soirée à me remémorer ce qu'il s'était passé dans la journée. Moi, embrassant une toubib que je ne connaissais pas... Elle revenant ensuite à la charge car elle semblait en vouloir plus, allant jusqu'à mettre sa langue dans ma bouche. Ce qui m'avait pas mal surprit, je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle réagisse ainsi et encore moins à en éprouver un certain plaisir... C'était nouveau pour moi. Elle avait attiré ma curiosité sur quelque chose que je n'avais pas cru possible. On avait toujours prit soin à faire que je garde une certaine distance avec les gens, que j'évite de trop m'impliquer pour qu'on remarque mon absence d'émotion. Mais là, apparemment, ça ne s'était pas si mal passé non ? Elle n'avait pas trop souligné mon manque d'empathie et semblait avoir une attirance pour moi. Ou alors, c'était un intérêt qu'elle portait à tous ses patients ? Plutôt lugubre comme fantasme... Enfin, j'aime tuer, je suis plutôt mal placé pour juger qui que ce soit. Reste que je pensais à la scène, la reproduisant dans ma tête, passant machinalement mes doigts sur mes lèvres au souvenir des baisers. Glissant une main sur mon torse où elle m'avait touché. Jamais je n'aurai pensé que le contact humain puisse être agréable. Pour moi, c'était surtout froid, douloureux et avec au final la mort d'un des deux êtres vivants. Une nouvelle perspective plutôt intrigante.

Il y avait peu d'activité autour de moi. Les infirmiers devaient se reposer et les blessés dormaient. J'avais du mal à rester en place. Désireux de me lever, de me promener et de retrouver cette Anya qui m'intriguait un peu trop. Bondissant de mon lit pour me lever, je fis une grimace en sentant la douleur dans mes cotes. Mais ça irait, j'avais connu pire que ça. Je ne savais pas combien de temps j'étais resté inconscient, mais facile de deviner que plusieurs jours s'étaient écoulés. Peut-être même une semaine. Du coup, j'avais relativement bien récupéré. Mes os se ressoudait et les marques de brulures étaient presque un lointain souvenir. En parlant de souvenir, je pensais à Anya disant m'apporter des vêtements pour que les autres infirmières ne voient pas ce qu'il y avait sous le drap. Souriant, j'attrapais un oreiller pour cacher mon bas ventre derrière. Du coup, elle voulait garder ça pour elle ou...? Enfin, n'essaie pas trop de la comprendre Yvan. Une femme c'est toujours compliquée et toi tu as déjà du mal avec les bases.

Je déambulais ainsi, à poil, un oreiller pour cacher mon intimité. C'était loin d'être glorieux, très loin les batailles épiques des rouges pour montrer leurs suprématies. Là, j'avais plutôt l'air d'un détraqué sexuel à la recherche d'une proie. Tomber sur quelqu'un pour lui exhiber mes parties sous le nez avant de partir en courant. Putain ouais... C'était ridicule. Et forcément, je ne trouvais aucun vêtement. Enfin si, une chemise ouverte dans le dos. Je l'observais un instant, hésitant. Finalement en haussant les épaules je me dis que ça serait toujours mieux que rien. J'enfilais le vêtement tout en laissant mes yeux se poser sur un bureau à proximité. Curieux, je m'approchais pour le fouiller. Des dossiers médicaux, des factures, plusieurs ordonnances... Rien de bien intéressant. J'ouvrais un tiroir pour trouver quelque chose qui me fila le sourire. Sans la moindre hésitation ou remord, j'embarquais ce que je venais de trouver.

Me promenant encore un petit moment dans ce dortoir pour malades et blessés, j'en vins à une conclusion: il faisait trop froid pour foutre le camp dans ma tenue. J'avais espéré trouvé le bureau de Anya et qu'elle y soit mais non... Oui, elle m'obsédait, je l'avais dans la tête et pas moyen de l'en enlever. C'était aussi frustrant qu'excitant. C'est donc avec ma seule découverte que je retournais à mon lit pour m'allonger, attendre le lendemain. Voir si elle comptait revenir ou si tout ceci n'avait été qu'un jeu pour elle. Pour apprendre ce qu'elle voulait de moi. J'étais loin d'être naïf hein ? Je sais que les gens utilisent les autres pour obtenir ce qu'ils veulent. Mais... Ce baiser... Elle n'avait rien réclamé comme informations ensuite...

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Installé confortablement dans mon lit, je fixais machinalement le plafond. J'avais eu du mal à dormir même après ma petite escapade qui aurait normalement suffit à me fatiguer. Me demandant toujours si elle comptait revenir après m'avoir laissé en plan de la sorte. Frustré par ce premier contact humain, elle y avait ensuite mit fin en foutant simplement le camp... C'était donc ça une "allumeuse" ? Finalement, ma petite trouvaille de la veille, j'allais la garder pour moi dirait-on.

Je soupirai en regardant le drap servant de mur. Aucun mouvement, rien. C'était d'un ennuis. Puis vint des bruits de pas, attirant mon attention. L'heure du repas apporté par une infirmière ou le retour de Anya ? J'avais un peu faim, mais clairement, j'espérais surtout la seconde option. J'attendais mais la personne derrière le rideau semblait hésiter à entrer. Ou alors ce n'était simplement pas pour moi la visite. Alors que j'allais détourner les yeux, celui-ci bougea pour laisser apparaitre la chirurgienne. Nos regards se croisèrent, était-elle surprise ou contente de me voir ? Avait-elle imaginé que je puisse me tirer, nu, durant la nuit ? Moi, je souriais, plutôt content de la revoir même si ça entrainait une nouvelle vague de stresse face à une situation et des émotions totalement inconnus pour moi.

"Je me demandais justement si tu reviendrais... Après t'être sauvée de la sorte hier..."

Me laissant sur ma faim, mais ça, ça ne voulu pas sortir de ma bouche. Encore un peu trop mal à l'aise pour oser dire et avouer ce genre de chose. Elle tenait des vêtements, donc elle avait pensé à moi et à m'apporter quelque chose. Très attentionnée la demoiselle au final. Restait à savoir ce qu'elle voulait de moi. Des informations ou alors elle avait un autre intérêt pour moi ? Je me demandais également si elle avait comprit qu'elle avait toute mon attention. Un peu trop d'ailleurs, ça me déstabilisait de penser autant à quelqu'un sans chercher à lui ôter la vie. C'était nouveau pour moi, mais plutôt bien accueillit, ça prouvait que je pouvais malgré tout, éprouver des choses.

Anya m'avait donc apporté un pantalon militaire classique et une chemise ainsi que des rangers. C'est en voyant ça que je passais machinalement ma main à mon cou, cherchant mon collier, dernier vestige de ma défunte mère. Comment avais-je réussi à ne pas y penser plus tôt !? Me redressant d'un coup dans le lit, soulageant mon dos car j'avais planqué sous le coussin ma trouvaille. Je finis par voir le collier sur le meuble à coté de moi. Le récupérant immédiatement avant de me lever hors du lit. J'allais retirer dans la foulée cette chemise fendue que j'avais trouvé et qui ne me plaisais pas le moins du monde. Enfin, j’amorçais d'enlever mon haut en réalisant que: si je levais les bras, tout le bas de mon corps était visible. J'hésitais alors un instant... Je bougeais le coussin pour sortir ce que j'avais caché derrière, une bouteille de vodka appartenant surement à un toubib qui gardait ça pour les coups durs ou autre. Je la tendis à Anya en souriant.

"Tiens, pour fêter ton... Retour ? Ou mon rétablissement si tu préfère."

J'avais songé à lui foncer dessus dés qu'elle était entrée pour ressentir le contact de sa peau contre la mienne. De ses lèvres... Mais je m'étais retenu, cherchant à comprendre pourquoi elle m'attirait de la sorte... Là, je pouvais me changer le temps qu'elle trouve de quoi ouvrir la bouteille, non ? Me laissant un peu de temps pour reprendre contenance serait pas de refus. J'attendais de voir ce qu'elle comptait faire, ne sachant pas trop comment agir.

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le Mer 27 Déc - 20:36
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Anna ne sut pas vraiment ce que la vision d’Yvan provoqua chez elle mais elle en fut légèrement troublée. Elle avait relâché le rideau qui était lourdement retombé derrière elle et avait marqué un léger arrêt, les yeux rivés dans ceux de l’artilleur. Pour dire vrai, elle ne s’était pas vraiment attendue à le voir allongé sur le lit. Ou peut-être avait-elle espéré qu’il en soit autrement. Ainsi, elle se trouvait un peu prise au dépourvu. Son légendaire sens de la répartie venait d’en prendre un coup, c’était certain. Elle accueillit la remarque d’Yvan avec un sourire et un haussement d’épaule puis elle s’était approchée et avait déposé les vêtements sur la chaise près du lit.

Prenant les devants une fois de plus, le jeune homme s’était alors redressé et avait passé la main à son cou. Par le regard qu’il lança autour de lui, elle comprit qu’il cherchait quelque chose et ses yeux se posèrent au même moment que lui sur le pendentif posé à son chevet. Pendant sa convalescence, elle avait jeté un œil au bijou. Il devait certainement avoir une valeur sentimentale. Yvan le passa autour du cou puis se leva sans trahir la moindre faiblesse. La jeune femme eu un léger mouvement de recul pour lui céder la place et l’observa se déplacer vers les vêtements, les yeux légèrement plissés. Elle le vit hésiter à se déshabiller devant elle et esquissa cette fois-ci un sourire qui ne dissimulait plus rien de son amusement. Pouvait-il se montrer pudique après l’épisode de la veille ? Comme elle s’apprêtait à lui rétorquer quelque chose de ce goût-là, il se retourna et brandit non sans fierté une bouteille de verre qu’il agita sous son nez.

Elle tendit une main et la saisit, frôlant au passage les doigts d’Yvan. Le premier contact qu’ils rétablissaient depuis la veille. Elle fit une moue qui se voulait amusée, tentant de dissimuler une partie de sa gêne. Levant la bouteille à hauteur de ses yeux et l’agita un instant pour observer les reflets que prenait le liquide à la lumière.

- Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de savoir comment tu as trouvé ça, lâcha-t-elle avec morgue.

Maintenant elle avait la confirmation qu’il s’était bien levé depuis sa dernière visite et qu’il s’était probablement un peu baladé. Elle jeta un coup d’œil à sa tenue actuelle et haussa un sourcil. Et dans cette tenue en plus ? Comme elle n’avait pas entendu parler d’une telle histoire elle devinait qu’il s’était montré relativement discret pour ne pas se faire repérer. C’était déjà ça. Elle passa la main à sa ceinture et en dégaina un petit couteau qu’elle portait à l’horizontal, suspendu par deux boucles.

- Habille-toi pendant que j’essaie d’ouvrir ça, elle lui adressa un sourire torve puis ajouta, promis j’regarde pas.

Avant de se retourner, elle prit une seconde pour le détailler de haut en bas sans aucune gêne puis fit volte-face et s’attaqua à la bouteille avec une habitude consommée. Le bouchon sauta sans difficulté et elle porta la bouteille à son nez pour en humer le contenu. Elle émit un claquement de langue puis porta le goulot à ses lèvres et en but une gorgée. Elle plissa les yeux, retint un léger hoquet puis pinça les lèvres.

- J’sais pas si ça sert pas plutôt à désinfecter le matériel en fait.

Elle jeta un coup d’oeil par-dessus son épaule pour vérifier la tenue dans laquelle se trouvait Yvan puis elle continua sur un ton plein de sous-entendus :

- En tout cas tu es décidément plein de ressources Yvan Dimitrievitch !



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le Jeu 28 Déc - 18:55
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Elle avait semblé un peu offusqué de me voir avec une bouteille. Quoi ? Elle m'avait dit de pas m'exhiber devant les infirmières, pas que je devais rester au lit à attendre sagement hein ? Et bon, j'avais le cul à l'air mais je cachais le devant tant bien que mal. Certes j'avais pas trouvé la promenade très glorieuse mais personne ne m'avait vu, donc quelle importance ? Ses doigts effleurèrent les miens quand elle se saisit de la bouteille, un léger frisson m'avait parcourut pourtant, elle n'avait pas les mains froides... Elle disait qu'elle ne voulait pas vraiment savoir comment je me l'étais procuré. Je répondis d'un haussement d'épaule en souriant vaguement.

Anya sortit alors un couteau, mon corps se crispa alors de façon instinctive. Mon regard posé sur la lame, j'étais prêt à bondir pour lui arracher, pour me défendre. Mon rythme cardiaque s'emballa de plus belle, excitation à son paroxysme entre le désir qu'elle m'évoquait et la possibilité d'un acte violent allant jusqu'au meurtre. Si je savais ce que voulait dire jubiler et bien j'aurai employé ce mot pour qualifier mon état d'esprit à ce moment précis. J'en avais les mains qui tremblaient, une envie incontrôlable de l'attraper, de la toucher, peut-être même de la blesser ou de la tuer. Je n'avais jamais été excité de la sorte, jamais. J'y connaissais rien en relation amoureuse ou en sexe, mais là, je ne désirais qu'une chose: elle. Sa peau, ses lèvres, son corps, son âme, sa vie, son couteau, tout ce qui faisait que Anya était elle et personne d'autre. A croire que cette lame, cette potentielle menace: la rendait encore plus attirante.

Comme si de rien n'était, elle me sortit alors de m'habiller pendant qu'elle essayait d'ouvrir la bouteille. Cela me fit presque le même effet qu'une douche glacée. Une boule à l'estomac se forma, me déchirant les entrailles. De la déception ? M'étais-je emballé un peu trop vite ? D'ailleurs, pourquoi m'étais-je emballé ? Elle en profitait pour me détailler du regard sans la moindre gêne. Quoi ? Elle en avait pas suffisamment vu la veille ? Et là elle se retourna pour s'occuper d'ouvrir la bouteille. Je restais là à l'observer, à essayer de comprendre ce qu'il se passait dans ma tête. Mon regard s'attarda sur ses fesses qui à bien regarder, étaient très sympathiques à observer. En quelques secondes, elle avait, semble-t-il, ouvert la bouteille. Douée avec un couteau alors ? Ou habituée à boire ? Peut-être même les deux, allez savoir. J'avais empoigné le pantalon sans trop le regarder, mes yeux toujours posés sur Anya qui m'obsédait de plus en plus. Cette femme était une énigme pour moi. Enfin, elle avait comme ouvert une porte au fond de moi sans même que je sache qu'elle existait. C'était troublant. Je m'avançais d'un pas vers elle alors que la chirurgienne portait le goulot à ses lèvres, m'imaginant un instant être à la place de la bouteille, la jalousant presque.

Anya se demandait si l'alcool ne servait pas à désinfecter le matériel médical. Peut-être, je n'en savais rien. Je l'avais juste trouvé dans un bureau sans rien demander à qui que ce soit... Et là, honnêtement ? J'en avais strictement rien à foutre de cette pisse d'âne. Je m'étais rapproché d'elle, sentant son odeur, mon visage non loin de ses cheveux. C'est alors qu'elle jeta un regard en arrière en soufflant que j'étais plein de ressources. Ma main glissa sur sa hanche, l’agrippant en douceur pour inviter la belle à se retourner vers moi. A peine effectua-t-elle une rotation que mes lèvres allèrent à la rencontre des siennes avec une avidité non dissimulée. J'avais lâché le pantalon sans m'en rendre compte, laissant ma deuxième main glisser dans son dos pour remonter lentement vers son épaule, appréciant le contact de mes doigts sur ses vêtements, imaginant toucher sa peau... Avec une témérité que je ne me connaissais pas, ma langue entrait dans sa bouche, cherchant la sienne, désireux de danser avec, comme ça avait été le cas un jour plus tôt.

Je reculais alors légèrement, reprenant mon souffle comme après m'être immergé sous l'eau. Je me sentais plus détendu. Comme si cet acte avait suffit à calmer mes pulsions. Je l'observais un instant, ne sachant pas trop quoi dire. Retirant subitement mes mains de sa taille pour m'éloigner alors. Me tournant pour ramasser le pantalon, frustré de ne pas comprendre ce qu'il m'arrivait. Poussant un soupire dans la foulée.

"Je m'habille... Désolé..."

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le Jeu 28 Déc - 22:22
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En se retournant pour lui laisser un semblant d’intimité, Anna ne s’était certainement pas attendue à ce qu’Yvan se glisse dans son dos et s’approche suffisamment d’elle pour qu’elle sente son souffle dans sa nuque. Quand elle avait glissé un coup d’œil par-dessus son épaule, elle s’était figée en réalisant alors où il se trouvait. En d’autres circonstances, sans doute, aurait-elle réagi violemment. Et même si elle n’avait rien d’une combattante, armée d’une bouteille de vodka et d’un couteau, la chirurgienne savait suffisamment bien se défendre pour rebuter plus d’un audacieux.

Pourtant, la main glissée sur sa hanche déclencha l’invitation qu’elle attendait sans vraiment espérer depuis qu’elle l’avait retrouvé. Elle fit volte-face et se trouva aussitôt plaquée contre lui. Une main montait dans son dos tandis que des lèvres venaient se plaquer aux siennes. Et la langue ! Audacieuse, elle reproduisait ce qu’elle avait elle-même initié la veille. Tout aussi experte qu’elle pouvait se prétendre en biologie humaine, Anna n’était pas en mesure d’expliquer ce qui se produisait au moment même où elle cédait aux assauts d’Yvan. Comme elle répondait à son baiser, une main posée sur son épaule et l’autre tirant sur la ridicule chemise qui lui servait de vêtement, elle sentait une partie de la tension qui l’avait accompagnée toute la journée s’évaporer ; remplacée par un sentiment plus primaire.

Comme il s’éloignait, elle ne put s’empêcher de sourire. Si elle ne pouvait deviner ce qu’il ressentait en cet instant, il semblait au moins tout aussi troublé qu’elle. Elle finit par secouer la tête sans se départir de son sourire et fit un geste de la main, comme pour lui signifier son accord. Tout aussi bien dessiné qu’il était, Yvan serait certainement bien plus présentable une fois les vêtements enfilés. Pour dire vrai, la chirurgienne n’aurait certainement pas refusé de le voir nu, à nouveau, et cette fois-ci d’en profiter autrement que visuellement. Le lieu lui semblait seulement inapproprié. Quant au moment, le baiser d’Yvan semblait en annoncer autrement.

- La prochaine fois que tu veux boire de la vodka, essaie plutôt à la bouteille, lança-t-elle en passant la langue sur ses lèvres.

Elle posa ladite bouteille sur le chevet et s’assit directement sur le lit en repoussant les draps au pied de celui-ci. Assise de la sorte, ses pieds frôlaient tout juste le sol. Les mains appuyées sur le lit, le dos droit, elle pencha la tête de côté tout en laissant dériver son regard sur Yvan.

- J’ai décidé de regarder finalement puisque tu n’as pas l’air si pressé de te changer, elle plissait les yeux, provocatrice, dès que t’es prêt, j’t’emmène faire un tour si tu veux.

Elle avait désigné d’un geste de la tête le rideau derrière elle. Anna n’avait pas spécialement d’idée quant au lieu où ils iraient mais plus le temps passait en présence d’Yvan et plus elle avait envie de quitter cette maudite chambre de soin. En temps normal, personne à Polis n’aurait certainement pas accepté qu’un rejeton de la Ligne Rouge puisse s’aventurer en dehors du centre. Comme elle faisait partie du corps médical et comme elle emmerdait joyeusement la méfiance maladive de Polis, la jeune femme en avait décidé autrement.

Au moment même où Yvan achevait d’enfiler ses vêtements, jetant de temps à autres des coups d’œil dans sa direction, elle leva une main et lui fit signe d’approcher. Le même sourire provocateur étirait ses lèvres tandis qu’elle le fixait intensément. Lorsqu’il parvint à sa hauteur, elle tira sur sa veste sans chercher à épargner le tissu et l’attira à elle, le forçant à se courber pour venir à sa hauteur. Elle effaça alors le sourire qu’il affichait d’un baiser puis se surprit à mordiller sa lèvre inférieure. Elle recula légèrement, le souffle court et croisa son regard.

- On y va ?



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Aucun reproche pour ma témérité, juste un geste disant que oui, je pouvais m'habiller. Ramassant le pantalon, je jetais un œil pour noter l'absence d'un caleçon. Pas que cela me dérangeais particulièrement, j'aimais être à l'aise, pouvoir respirer si je peux dire. Je l'enfilais donc, une jambe d'abord pendant qu'elle me disait que si je voulais boire un coup, je devrais plutôt essayer à la bouteille. Lui lança un regard amusé, j'enfilais l'autre jambe en sautillant sur place. Une scène quelque peu ridicule mais à laquelle je devais passer si je voulais être décent devant la dame. Boutonnant finalement le froc alors que Anya s'était assise sur le lit pour m'observer à loisir. Le disant en plus: comme je ne semblais pas pressé, elle comptait bien regarder. Merci de le préciser... Histoire de me mettre à l'aise...

"Ah ? On fait toujours comme ça chez les rouges pourtant..."

Voilà que je faisais de l'humour ! Surement une technique d'auto-défense pour tenter de me mettre à l'aise. Enfin, elle avait clairement remarqué mon manque d'expérience en la matière et comprendrait facilement la boutade. Jouera-t-elle la déception une fois encore ou non ? Je ne parvenais à décrypter que deux choses chez elle: sa curiosité et sa déception. Elle semblait ressentir tout comme moi du désir, mais ça, je ne le comprenais pas chez moi-même, alors comprendre pourquoi elle en avait pour moi... Surement le coté animal qui est en nous ? Un simple besoin primaire, celui de perpétuer la race ? Non je ne crois pas. Enfin, j'en sais rien. J'y connais rien, merde ! Reste qu'elle avait dit qu'elle comptait m'emmener faire un tour. Intéressant, un rouge à Polis qui se promène librement. Enfin, presque de façon libre. Je ne pensais pas qu'elle comptait m'abandonner dans un coin pour me promener. Mais j'étais curieux de voir où elle comptait m'emmener.

Je mis ensuite les chaussettes et les rangers. Prenant le soin de bien lacer les chaussures, je le faisais de façon minutieuse. Serrant les boucles, m'assurant presque de la symétrie de celles-ci. J'aimais que les chaussures soient bien mises et l'idée de me prendre les pieds dans les lacets au mauvais moment ne me plaisais pas. Déformation militaire ou simple toc que j'avais, je n'en savais rien et je m'en moquais de toute façon. Me redressant ensuite, sentant toujours le regard de Anya sur moi. Je l'observais du coin de l’œil, me demandant ce qu'il pouvait y avoir de si intéressant à me détailler ainsi. J'avais des cicatrices ici et là, encore des marques de brulures et des pansements, clairement: il ni avait, à mes yeux en tout cas, rien de particulier à voir. J'enfilais finalement la chemise, ne crochant que deux boutons en plein milieu.

A peine avais-je mis le dernier bouton que Anya m'avait fait signe de m'approcher. Surpris et me demandant ce qu'elle voulait, je m'avançais vers elle. Me penchant un peu en souriant, elle me tira à elle avec plus de vigueur à quoi je me serai attendu pour m'embrasser et me mordre la lèvre. Me coupant ainsi le souffle pour me faire frissonner quand elle me mordilla. J'eus un peu de mal à avaler ma salive quand elle recula la tête, ma respiration était un peu saccadée. A croire que j'étais malade... Ce qui serait bien une première ! Comme ressentir autre chose que le vide ou l'envie de tuer cela dit... Anya me proposait donc d'y aller. Je lui fis un sourire, plongeant mes yeux dans les siens.

"Restait une goutte de vodka ? Sinon ouais, on peut y aller. Où ça... Je n'en sais rien cela dit."

Me reculant d'un pas, je lui tendis la main pour l'inviter à se lever. Trouvant la scène touchante: elle assise sur mon lit, ses pieds ne touchant pas le sol. Il y avait un petit coté enfantin dans cette femme, dans cette médecin qui faisait contraste avec le masque qu'elle avait affiché à mon réveil, celle qui n'en voulait qu'à ma mutation. Les gens étaient ainsi, à croire qu'ils avaient plusieurs personnalités. C'est donc ce qu'on appelait des sautes d'humeurs ? Moi, j'étais linéaire de ce coté là. Les seules fois où j'agissais différemment, j'étais généralement en train de me vider de mon sang ou prit d'extase à tuer quelqu'un... A noter qu'il était préférable de ne pas lui parler de ça.

De mon autre main, je levais le rideau servant de mur pour qu'on sorte de cette chambre de soin, désireux de visiter les lieux, de passer du temps avec elle, autrement que sur un lit à jouer son patient. Même si jusque là, ça avait été plutôt agréable, j'en conviens. Je la laissais donc m'emboiter le pas, ne connaissant pas les lieux c'était à elle de me guider. Je lui avais lâché la main, me doutant que cela pourrait attirer les questions et que de toute façon, elle l'aurait fait sinon.

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le Ven 29 Déc - 19:41
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Au moins Yvan ne perdait pas son sens de l’humour. La jeune femme le suivit lorsqu’il lui prit la main et la tira derrière elle. Lorsqu’il souleva le rideau, elle marqua une hésitation puis lui emboîta le pas. Elle jeta des coups d’œil dans le couloir avant de se tourner vers lui. D’un geste de la main, elle lui imposa le silence. Elle rebroussa alors chemin et se dirigea vers le chevet où trônait encore la bouteille de vodka. Elle prit son sac à dos, en sortit une longue écharpe pour faire de la place et rangea la bouteille avant de refermer le sac. Anna jeta encore un dernier coup d’œil à la pièce et tira les draps pour refaire un peu le lit. Elle rejoignit ensuite Yvan et lui tendit la longue écharpe qu’elle venait de sortir de son sac.

- Met ça s’il te plait, il faudrait qu’on évite de voir que tu n’as pas de tatouage sur le cou.

Elle lui désigna la petite marque tatouée sur le sien et qui désignait la caste à laquelle elle appartenait. Elle attendit qu’Yvan prenne l’écharpe pour la mettre à son cou avant de continuer avec un sourire. La laine était d’un rouge prononcé, une teinte relativement riche parmi les survivants du métro.

- Fais-y attention s’il te plait, j’y tiens.

Sans plus de cérémonie, elle prit les devants, marchant d’un pas vif. A quelques reprises, elle jeta un regard par-dessus son épaule pour vérifier qu’Yvan lui emboîtait bien le pas. Elle lui désigna l’issue du couloir qui donnait directement sur le hall d’accueil et se tourna pour lui faire face.

- A partir de là, essaie de marcher à côté de moi et de ne pas prendre un air trop suspect.

Elle lui jeta un coup d’œil critique et grimaça. Plus facile à dire qu’à faire. A ses yeux, il lui semblait que tout transpirait la Ligne Rouge chez cet homme. Ou peut-être avait-elle peur qu’on devine l’ambiguïté de leur relation ? Les yeux plissés, elle enfonça les mains dans les poches de sa veste et pinça les lèvres.

- Et n'essaie pas de te faire la malle non plus...

Elle n'avait mis aucune menace dans ses paroles, s'exprimant avec détachement. Ce qu’elle s’apprêtait à faire n’avait rien de très judicieux, pourtant elle n’en ressentait aucun remord. Au contraire, il lui semblait même ressentir un soupçon d’excitation. Etait-ce l’attrait de l’interdit ou la présence de l’artilleur à ses côtés ?

Une fois qu’ils eurent quitté pour de bon le centre médical, Anna marcha un instant dans le couloir principal. Ce dernier était relativement désert. Elle finit par s’arrêter et se tourner à demi vers Yvan. Elle le dévisagea un instant, imprimant ses traits dans sa mémoire. Les mains toujours dans les poches, elle effaça l’expression fermée qu’elle arborait jusque-là et se laissa tenter par un sourire.

- Bien, j’imagine que tu n’as jamais mis les pieds à Polis auparavant. A part les alentours je veux dire…

Elle avait sorti une main de sa poche et fait un geste un peu vague, désignant par-là la mission qui l’avait emmené à finir sous un tas de gravats à proximité des stations contrôlées par sa faction.

- Envie de voir quelque chose en particulier ?

La tête légèrement penchée sur le côté, elle l’observait sans se départir de son sourire. Anna n’était pas spécialement un guide de qualité mais elle connaissait les coins les plus appréciables de sa propre faction. Et, par chance, ils étaient sur le chemin pour se rendre à ses quartiers.



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le Sam 30 Déc - 10:55
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Intervention du DestinLes pas de lourdes bottes ferrées portées avec souplesse résonnèrent dans le long couloir quasi-désert menant aux quartiers médicaux. La haute silhouette svelte de Stepan Stepanovitch marchait avec assurance sur le dallage du couloir, son long manteau flottant gracieusement dans l'air dans un imperceptible bruissement contre son pantalon en toile kaki. Un sourire confiant et charmeur sur son visage agréable et tout juste débarrassé de sa juvénilité, un Nagant pendant ostensiblement à la ceinture malgré l'escorte de deux militaires taciturnes et bien armés qui l'accompagnaient, il représentait tout ce que l'on pouvait détester chez les Commissaires Politiques de la Ligne Rouge :

Impeccable, affable, beau, intelligent, et surtout, irréprochable.

Stepan Stepanovitch Gavrilov était de ces Commissaires que l'on envoyait régulièrement à l'extérieur de la Ligne Rouge, car ils étaient reconnus pour leur intégrité et leur foi inébranlable en l'idéal communiste, ainsi que pour cette sorte d'aura de perfection et ce charisme rare dont ils faisaient preuve en toute circonstances. Presque naïf et innocent dans ses idéaux, et pourtant dangereusement intelligent lorsqu'il s'agissait de traquer des traîtres ou des criminels, l'élégant Monsieur Parfait s'était trouvé d'astreinte lorsque la nouvelle de la disparition de deux membres de la Ligne Rouge avait retenti dans la station la plus proche. Et tout naturellement, les autorités avaient dépêché le plus vite possible quelqu'un de confiance pour s'assurer de leur état de santé - aussi bien que de leur loyauté. Malgré la paix durable qui s'était installée avec Polis, la Ligne Rouge ne tenait en effet pas à ce que des transfuges se débrouillent pour passer dans une faction... "voisine".

Et faisant jouer tout son réseau de contacts soigneusement entretenu depuis des années, Stepan Stepanovitch n'avait eu aucun mal à pénétrer au sein de Polis - même ostensiblement armé - tout en réussissant le rare exploit d'être administrativement irréprochable. Et même si les gardes de Polis n'appréciaient pas toujours qu'un "putain de propagandiste" vienne mettre les pieds chez eux, surtout avec une telle assurance, ils faisaient contre mauvaise fortune bon coeur lorsqu'ils se rendaient compte que Stepan Stepanovitch était du genre généreux, et sincère de surcroît. Il connaissait les noms de chaque garde qu'il croisait, ou bien de leur supérieur, s'intéressait à leur vie, à leurs joies et leurs peines, s'enquérait de leur famille, faisait passer ses bonjours, et gardait même un excellent souvenir de tout ce qu'on lui racontait - que ce soit politiquement intéressant ou non.  

Stepan Stepanovitch était un Commissaire Politique particulièrement dangereux.

- Ah ! lança alors sa voix aimable à travers le couloir lorsqu'il aperçut les deux silhouettes, dont celle qu'il recherchait particulièrement, vous voilà Yvan Dimitrievitch ! On s'est fait un sang d'encre pour vous !

Il ne lui fallut alors que quelques élégantes enjambées pour rejoindre le duo. Il salua alors aussitôt la jeune femme qui ressemblait fort à un médecin :

- Stepan Stepanovitch, enchanté, j'ai été envoyé pour récupérer notre camarade dès que nous avons appris la nouvelle de l'accident. Je suis véritablement navré d'apprendre que notre deuxième camarade n'ait pas survécu à ses blessures malgré toute la bonne volonté de vos services, j'ai vu l'autopsie, c'est une bien triste nouvelle...

Faisant fi de la présence des gardes et de la logique voulant qu'il soit en règle si ses chaperons étaient avec lui, il sortit son passeport, ainsi que la feuille sur laquelle était imprimée sa réquisition, tout ce qu'il y avait de plus officielle pour les montrer rapidement à la jeune femme. Stepan Stepanovitch savait en effet qu'il y avait pire que l'administration lorsqu'il s'agissait d'exfiltrer un camarade : les médecins.

Ne laissant alors pas le temps à Yvan Dimitrievitch de parler ou d'exprimer son désaccord - ce qui aurait été particulièrement dangereux si le camarade Dimitrievitch avait un tant soit peu de jugeotte - Stepan Stepanovitch lui lança, sur un ton particulièrement sincère et aimable, mais qui ne souffrait aucune contradiction :

- Yvan Dimitrievitch, je suis ravi de voir que vous êtes déjà sur vos pieds, les médecins de Polis sont décidément toujours aussi efficaces à ce que je vois, je vous demanderai donc de prendre vos affaires et de me suivre, nous rentrons à la maison.

Et, sachant que les ordres seuls n'étaient jamais très bons lorsqu'il s'agissait de convaincre quelqu'un de venir de son plein gré, il ajouta aussitôt :

- Nous avons fait la demande pour vous trouver une chambre plus grande que la vôtre actuellement, en remerciement du risque que vous avez pris lors de votre mission, elle n'attend plus que vous !



Lancer de dé:
 



Spoiler:
 
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le Sam 30 Déc - 14:43
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Yvan fixe monsieur Stepanovitch en se demandant ce qu'il fout là...

Lancé de dé pour savoir à quelle sauce on mange du Yvan!!
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le Sam 30 Déc - 14:43
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Le membre 'Yvan Nekrasov' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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le Dim 31 Déc - 14:58
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Alors qu'on allait enfin s'éloigner de cette chambre, Anya décida de faire demi-tour pour prendre la bouteille et la ranger dans son sac, en sortant une écharpe rouge plutôt jolie. Elle me la tendit en me disant de me couvrir la nuque, me montrant son tatouage. Et qu'il était donc préférable qu'on ne remarque pas que moi, j'en possédais pas. Judicieux en effet... J'avais entendu parler de ça, tous les gens de Polis portaient un tatouage pour se repérer. Et on disait que les rouges étaient chaud vin après ça ? C'était tout de même peu commun un vêtement de cette couleur, ça se faisait rare. Je la passais autour de mon cou, l'enroulant rapidement pour qu'elle me dise ensuite d'y faire attention car elle y tenait. Matérialiste la demoiselle ? Ou souvenir sentimental ? Je ne jugerai pas, j'avais bien un collier appartenant à ma mère que je refusais de me séparer. J'avais envie de dire une connerie, du style: c'était à ton défunt mari ? Mais... Si jamais c'était un truc sentimental, je risquais de la blesser. Ce qui ne m'intéressais pas.

Je la suivais tranquillement, marchant un peu derrière elle, observant le balancement de ses hanches avec intérêt. C'était tout de même troublant. Jusque là, j'avais toujours observé les gens mais jamais de la sorte. Bon, j'avais déjà reluqué des femmes, mais jamais avec un tel désire... Elle avait sut éveiller en moi quelque chose. Anya me lançait régulièrement des regards pour s'assurer que je la suivais toujours. Pensait-elle encore que je pensais à me tirer ? Si j'avais voulu le faire, je l'aurai fais cette nuit. Bon, d'accord, j'ai essayé mais je me suis ravisé. Elle me montra la fin du couloir, qui débouchait dans un hall. M'ordonnant presque de marcher à coté d'elle et de ne pas paraitre suspect. Normalement être discret, je savais le faire. Enfin avec une écharpe rouge autour du cou dans un lieu et entouré de gens inconnus... Peut-être que ça serait plus compliqué. Allez savoir.

Je passais mes mains dans mon dos alors qu'elle fourrait les siennes dans ses poches. Me glissant de ne pas essayer non plus de me faire la malle. Je ne parvins pas à cacher mon amusement. Elle craignait donc encore que je file ? Après ce baiser ? Après une nuit à l'attendre ? On avançait dans ce qui semblait être le tunnel principal. C'était différent de chez moi, déjà il y avait moins de monde. Je finis par mettre également mes mains dans mes poches, observant un coup le sol, le plafond, les rares personnes qu'on croisait. Regrettant presque de ne pas marcher derrière Anya, la vue y était meilleure.

Elle se figea alors pour se tourner vers moi, m'observant un instant en silence. J'inclinais un peu la tête, essayant de comprendre ce qu'elle pouvait penser. Elle finit par dire une évidence, je n'étais jamais venu ici, je m'en étais approché un peu sans plus. Me demandant alors si je voulais voir quelque chose en particulier. Je pensais déjà à une morgue... Voir des cadavres pour calmer toute pulsion de meurtre, mais lui dire ça risquait de jeter un froid. J'avais également entendu parler d'une bibliothèque mais aussi de rumeurs disant que l'endroit était, on ne peut plus dangereux. Restait donc une seule option. Déjà car je connais rien sur les lieux et rien d'autre n'avait pour l'instant d'intérêt.

"Tes quartiers ? J'aurai bien dit un endroit pour boire, mais on a déjà une bouteille..."

Après tout, que pouvais-je proposer d'autre ? Elle comme moi, on semblait ressentir quelque chose qui nous mettait un peu mal à l'aise, à fleur de peau. C'est du moins ce que je ressentais. Haussant alors les épaules pour dire que je n'avais pas d'idée en particulier hormis ça. Je cogitais pour me souvenir des rumeurs que j'avais déjà entendu sur Polis, mais rien ne m'intriguait autant que cette femme. Pour l'instant, elle était ce qu'il me semblait le plus attractif ou digne d'intérêt dans ce bled. Je pensais vaguement à des armes, de la poudre pour des explosifs, mais j'étais pas là pour faire des emplettes et pas sûr qu'elle me laisse en faire qui plus est.

"Si tu as une idée d'un coin sympa à voir... C'est comme tu veux."

A peine avais-je terminer ma phrase qu'une autre voix se fit entendre. Une exclamation suivit de mon nom, disant qu'on s'était inquiété pour moi. De quoi ? Qui ? C'est quoi ce bordel ? Pris un peu de court, je me retournais pour voir qui me parlait et surtout: qui pouvait bien me connaitre ici. Un jeune plutôt classe, habillé de façon impeccable, le contraste total avec moi, me faisait face. Accompagné de gardes en plus... Et c'étaient tous des rouges, qui semblaient presque se promener librement dans Polis. J'étais donc pas le seul à jouir d'un certain favoritisme. Enfin, moi ça n'avait rien d'officiel alors que lui, si.

L'individu avança rapidement vers nous, saluant Anya rapidement pour enfin se présenter: Stepan Stepanovitch. Apparemment envoyé pour me récupérer après avoir apprit l'accident et ma disparition. Disant être navré pour le décès de l'autre gamin stupide, qui avait fait sauter le tunnel avec nous dedans. Moi, j'étais pas navré pour lui. Enfin si, j'aurai bien aimé l'achever moi même. Brandissant déjà à ma compagne son passeport et ma réquisition. Ce type savait ce qu'il faisait, on avait pas envoyé un abruti pour me retrouver. Je trouvais ça étonnant qu'on s'inquiète pour moi. J'étais un simple artilleur. Le type qui aime rester dans son coin et qui accepte les missions un peu farfelues, à la recherche d'adrénaline. Avais-je attiré l'attention des hautes sphères ? Impossible...

Ne me laissant pas le temps d'en placer une, et pour dire quoi en plus ? Il s'adressa à moi, disant être ravi de me voir déjà sur pieds. Complimentant les médecins de Polis, cherchant à flatter Anya pour qu'elle me laisse partir sans faire d'histoire, ce n'était là qu'une hypothèse de ma part. Mais ce Stepan était un commissaire politique, baratiner, marchander, c'était sa vie, son métier. J'imagine qu'il savait à qui poser ses questions, dans quelles mains verser un pot-de-vin. M'ordonnant de récupérer mes affaires pour rentrer. Euh... Et si je veux rester un peu plus ici ? Profiter de ma visite de Polis ? Ajoutant enfin qu'on allait m'attribuer une chambre plus grande suite aux services que j'avais rendu à la Ligne Rouge. Ok, encore une surprise. Voilà qu'on me récompensait d'être une tête brulée. A croire que mon supérieur, Dimitri, avait finalement parlé de moi en bien. J'avais toujours cru qu'il gardait la gloire pour lui.

Lançant un regard à Anya puis à Stepan, ne sachant ni trop quoi dire, ni trop quoi faire. Je me contentais d'un haussement d'épaule. Saluant ensuite poliment mon camarade rouge. Que pouvais-je faire d'autre ?

"Monsieur. C'est un plaisir de vous voir. Mon masque solennel affiché, ne trahissant aucune émotion, comme toujours. Je vais voir avec cette médecin si elle peut me conduire à mes affaires alors ou envoyer quelqu'un les chercher. Je viens de sortir de mon lit pour voir si je pouvais marcher. Mais mes armes et mes vêtements n'y sont pas..."

Je restais droit, comme au garde à vous devant Stepan et les gardes. Obéissant comme le brave petit soldat que je devais être. Même si cela ne m'avait jamais plut. Si je voulais avoir accès aux armes, aux explosifs et pouvoir tuer, être militaire était ma meilleure option. Je lançais un regard en biais à Anya, j'aurai bien voulu lui dire que j'étais désolé et passablement frustré de la situation. Mais je ne voulais rien traduire devant Stepan, ne pas éveiller sa curiosité. Déjà qu'il me questionnerait surement sur mon rétablissement. Quoique, il avait déjà sous entendu les talents de Polis. J'étais peut-être tranquille de ce coté.

Je m'avançais vers Stepan pour le rejoindre, ne pouvant nullement m'opposer à lui sans risque. Me tournant alors vers Anya, plongeant mon regard dans le sien. Je l'aurai bien embrassé une dernière fois...

"Madame... Merci de votre professionnalisme à mon égard. Puis-je vous demander une dernière faveur ? Celle de me faire remettre mes effets ?"

C'était un au revoir au gout bien amer... Première fois que cela me dérangeait de quitter quelqu'un. Une boule à l'estomac, une envie de tuer Stepan et ses hommes. Je fantasmais à l'idée d'avoir une arme, de lui ouvrir le crâne, lui arracher la langue. Me moquant de passer pour un tueur ou un monstre devant Anya. Mais bon, on fait rarement ce qu'on veut...

"Je pense que... On peut attendre à la sortie de la station monsieur ?"

Je touchais l'écharpe à mon cou, hésitant à la rendre à Anya. Je l'aurai bien gardé en souvenir et surtout: je me demandais si cela interrogerait que je la lui rende. Observant la chirurgienne.

"Merci encore et j'en prendrai soin. Je veux dire... Prendrai soin de ma vie que vous avez sauvé."
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le Lun 1 Jan - 11:35
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Comme Anna hésitait sur la suite, un élément auquel elle ne s’était certainement pas attendue vint s’immiscer et retourner la situation. Elle s’était retournée d’un bloc en direction du Commissaire affable qui s’était adressé à eux. Son regard avait inévitablement dévié sur les soldats qui l’encadraient et l’armement qu’ils affichaient sans aucune gêne au sein de Polis. Ses yeux s’étaient irrémédiablement plissés, ne devenant plus de de simples fentes lorsqu’ils s’étaient attardés sur l’allure de ce Commissaire de Ligne Rouge. Trop parfait, trop aimable, trop influent, trop dangereux. La jeune femme avait senti les cheveux sur sa nuque se hérisser tandis qu’il énonçait sa sentence, tout imbu de sa personne qu’il était.

Les mâchoires crispées, elle s’était alors tournée vers Yvan. Ce dernier se fit alors docile, optant pour une attitude obéissante et disciplinée qu’elle ne lui avait pas encore connu. De manière inconsciente, Anna avait renfoncé les mains dans les poches de son manteau court. La tension qui la gagnait menaçait de les faire trembler. Loin de sentir indécise ou hésitante, elle s’emplissait d’une nouvelle hargne à chaque mot que l’artilleur prononçait. Ayant déjà analysé les opportunités qui s’offraient à elle, la chirurgienne rassemblait sa volonté et choisissait soigneusement ses mots. Lorsqu’Yvan prononça ses derniers remerciements avec un regret évident, elle secoua lentement la tête. Ses traits jusqu’ici fermés se tordirent en un air mauvais tandis qu’elle s’adressait directement au Commissaire.

- Je n’ai que faire de remerciements ! Ne croyez pas que Polis soigne à l’œil les rejetons communistes qui ont la judicieuse idée de faire sauter un tunnel à proximité.

Elle avait sorti les mains de ses proches et croisé ses bras sur sa poitrine. Un sourire venimeux vint étirer ses lèvres tandis qu’elle marquait une pause pour ménager son effet.

- Une plus grande chambre pour votre cher Yvan Dimitrievitch, c’est bien beau mais qu’en est-il des soins à payer à ceux qui se sont décarcassés pour vous le rendre en un seul morceau ?

Elle leva une main impérieuse pour interrompre le Commissaire.

- Que ce soit bien clair pour vous, les médecins de Polis ne s’escriment pas pour le simple plaisir du travail bien accompli. Et que ceci soit clair également pour vous, cet homme, elle désigna Yvan d’un geste de la main, elle ne l’avait toujours pas regardé depuis le début de sa tirade, nous a coûté excessivement cher. A vous d’en répondre désormais.

Elle inspira. Sa tension s’était envolée à mesure qu’elle s’était exprimée. Se tournant à demi vers Yvan, elle le considéra un instant. Son expression ne s’était pas vraiment radoucie pour autant.

- De plus, cet homme, en dépit d’une solide constitution, n’a pas totalement récupéré. Physiquement il s’en est plutôt bien remis mais d’après mes observations, il n’a pas l’air d’avoir totalement recouvré ses capacités cognitives.

Elle se permit un léger soupir comme elle annonçait son diagnostic. Comme elle avait rendossé son rôle de médecin, elle optait pour une attitude plus détendue. Pas sûr qu’Yvan n’ait jamais été autrement que dans son état normal mais, au moins, elle ne mentait pas complètement. Elle lui jeta un coup d’œil et regretta de ne pas pouvoir lui lancer mentalement quelques instructions. S’il se mettait à déconner un peu, cela aurait bien arrangé l’affaire.

- Il devra rester encore trois jours sous observation et il nous restera ensuite à clore son dossier et à vous faire parvenir les frais engagés.

La jeune femme fit mine de réfléchir un instant.

- Les procédures peuvent se montrer assez lentes. Les joies de la paperasse administrative et bureaucratique, glissa-t-elle non sans ironie, mais vous devez bien connaître ça j’imagine ?

Elle haussa les épaules d’un air sincèrement désolé.

- Nous vous ferons parvenir ceci le plus rapidement possible, comptez sur moi.

Son ton était sans appel.



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le Mer 3 Jan - 21:06
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Enfin un peu de résistance. Stepan Stepanovitch n’en attendait pas moins de la part de cette chirurgienne, surtout lorsque son visage lui revint en mémoire. Il avait vu sa photo dans un dossier compilé par un ami des services de renseignement, recensant toutes les personnes ayant une quelconque importance au sein de la station. Il n’y avait pas vraiment fait attention à dire vrai, elle était très compétente, sans doute même la meilleure de sa faction, mais politiquement, elle ne valait pas grand-chose, même si les médecins ont toujours une oreille attentive auprès des gens de la « haute ». Autrement dit, elle ne constituait pas un véritable danger pour lui.

De fines rides vinrent étirer ses yeux bleus très clairs, tandis qu’un mince sourire en coin s’installait sur le bord de ses lèvres.

- Oh mais bien sûr, de l’argent

Il avait insisté sur ce dernier mot avec toute la subtile ironie sarcastique dont il était capable lorsqu’il s’agissait des vices de ces capitalistes obsédés par un unique Dieu et Maître.

- … Suis-je étourdi, tout est déjà réglé, poursuivit-il avec cette tranquillité et cette assurance insupportables qui l’habitaient, je me suis arrangé avec votre hiérarchie, et la Ligne Rouge n’a pas manqué de se montrer généreuse envers ceux qui ont aidé l’un des nôtres. Et en voici même la facture contresignée, acheva-t-il sans nullement se presser en sortant de sa poche un morceau de papier où était apposé le tampon de Polis.

Il tourna alors la tête vers Yvan, dont le regard hésitant manqua de le faire sourire davantage. Il pourrait tout aussi bien aller raconter à sa hiérarchie qu'une histoire de coeur se déroulait entre ces deux-là que ses supérieurs se ficheraient bien de savoir si cela était vrai ou non. Ils le pendraient haut et court pour ne pas prendre le moindre risque. Le regard que Stepan Stepanovitch lança à l'artilleur se passa de mots : « tu me suis sans faire d’histoires, et je me garde bien d'aller rapporter aux autorités compétentes que j’ai des soupçons sur ta loyauté. »

Mais alors qu’il s’apprêtait à dire quelque chose au camarade Yvan Dimitrievitch, il se tourna néanmoins à nouveau vers la chirurgienne, avant d’ajouter :

- En ce qui concerne le temps d’observation nécessaire, je crains que nous ne souhaitions pas dépenser davantage dans vos services pour quelqu’un qui semble d’ores et déjà se porter à merveille. Son état mental ne l'empêche visiblement pas de marcher, et même si c'était le cas, les deux camarades présents avec moi se seraient fait un plaisir de le porter jusqu'à ses nouveaux quartiers. D'ailleurs, comme vous me l'avez si bien fait comprendre, vous refusez de prodiguer le moindre soin gratuitement, surtout à l’un de nos camarades. Nos spécialistes sont tout aussi capables et compétents, et surtout, eux, ne nous demandent pas d’argent lorsqu’il s’agit d’aider les gens dans le besoin.

Le ton de l’élégant commissaire politique commençait lentement à se durcir. S’il était d’une grande patience avec les gens qui manquaient d’éducation, il n’aimait pas se faire rentrer dedans sans répondre avec au moins autant de force. Il n’était certes pas chez lui, et même s’il était parfaitement en règle, il était loin de pouvoir demander ou faire n’importe quoi en ces lieux. Mais il venait récupérer un camarade, avant qu’il ne se fasse endoctriner par les discours fantaisistes et séduisants de ces impérialistes vendus au grand Capital. Et pour accomplir cette mission, il était dans son droit le plus strict. Il acheva alors, son infime sourire ayant disparu de son visage, la voix moins flegmatique et le ton plus ferme :

- Et avant que vous ne répondiez quoi que ce soit, j’espère que vous ne voulez pas me faire croire qu’une femme de votre intelligence ait la volonté de créer un incident diplomatique en gardant un otage de la Ligne Rouge chez vous ? Vous parlez des joies de la paperasse administrative, mais vous seriez surprise de la vitesse à laquelle certains documents circulent. Je ne suis en effet pas certain que ma hiérarchie apprécie qu’un camarade soit fait prisonnier loin de chez lui par une faction voisine, avec qui nous entretenons de bonnes relations depuis maintenant des années. Et je doute que vos supérieurs aient envie d’avoir à gérer une crise de ce genre pour si peu, surtout après avoir fait tant d’efforts pour que nous soyons tous de bons amis au sein de ce Métro.

Stepan Stepanovitch planta son regard bleu clair dans ceux de la chirurgienne, retenant tout le mépris que les gens de son espèce lui inspirait. Il avait pourtant été poli et cordial, pourquoi ces sauvages voulaient-ils toujours faire passer leur propre égo déformé par le profit avant l'intérêt du bien commun ? Il regarda alors Yvan Dimitrievitch, et lâcha :

- Nous partons, Camarade Yvan Dimitrievitch.

Puis à la chirurgienne, froidement :

- Nous ne souhaitons pas vous faire perdre davantage de votre temps, la Ligne Rouge vous remercie pour votre patience et votre aide. Fut-elle payante.

Et à ces mots, les deux soldats vinrent encadrer Yvan.



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le Ven 5 Jan - 20:31
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J'ignore pourquoi, mais j'étais persuadé que Anya ne resterait pas silencieuse. J'avais compris qu'elle aimait avoir la main sur une situation, qu'elle voulait avoir son mot à dire, elle voulait être celle qui décide. Donc forcément, qu'un un commissaire débarque et chamboule tous ses plans... Vociférant donc qu'elle voulait pas de remerciements, ajoutant qu'elle s'en foutait de ma nouvelle chambre. Elle ainsi que Polis voulaient être payés pour les soins qu'on m'avait fait. Ouais, ça aussi j'aurai pu le deviner, elle avait laisser sous entendre son coté pingre. Elle manœuvra cependant de façon habile, pour moi en tout cas, afin de dire que je n'étais pas totalement remis, que psychologiquement j'avais encore besoin de repos. En gros. On aurait pensé à une petite fille faisant un caprice: faut payer, ça coute cher, donc en attendant on le garde, par précaution. Ou alors que j'étais un otage... La seconde option ne me plaisant pas trop, je dois bien l'admettre.

Le camarade Stepan répondit rapidement, j'ignorais s'il était agacé ou amusé, ce type était... Ouais il était étrange. Moi personnellement, il m'agaçait. Sans ses deux gardes, je lui aurai déjà fais bouffer ses papiers pour qu'il s'étouffe avec. Il montra ainsi la facture, tout étant déjà réglé. Incroyable comme tout allait vite pour un simple artilleur... Cela ne me rassurait pas le moins du monde. Pourquoi tant d'intérêt pour moi tout d'un coup ? Juste une histoire de politique ou était-ce autre chose ? Il m'avait lancé un regard, comme pour me menacer. Mais ne lisant pas entre les lignes et avec ou plutôt sans empathie, c'était pas simple à comprendre. Tout ce que j'en sais, c'est que j'aimais pas trop l'idée qu'on me menace, qu'on me traite comme un otage. Cette situation m'irritait. Et quand j'étais contrarié, j'avais envie de tuer. Ouais... Cette affaire puait la merde.

Et Stepan enchaina, parlant d'incident diplomatique. Un truc qui revenait souvent... Avant ça, il avait dit que je pouvais marcher et donc, c'était suffisant pour que je rentre. Les deux se disputaient un match à coup d'arguments, le genre de combat auquel je ne prenais pas part: la répartie tout ça. Pas trop mon truc. Et l'autre qui balançait des menaces, mais ferme la elle va te rentrer dedans. T'as pas compris qu'elle était bornée ? Il m'intima l'ordre ensuite de le suivre, on partait. Me faisant encadrer par les deux soldats. Moins agréable compagnie, malheureusement. Je poussais un soupire, hésitant à avancer. Me demandant si le bout de viande que j'étais, pouvais donner son mot à dire. Enfin je connaissais la réponse: non. Mais qu'importe, je prenais ce droit.

"Incident diplomatique... Je crois que c'est l'expression préférée de ce monde en perdition. J'ignore comment c'était avant le métro, avant qu'on vive comme des rats. Mais me semble que nos ancêtres ont justement fait des incidents diplomatiques qui ont amené à notre situation. Mais j'imagine qu'il est mieux de ne pas trouver un prétexte pour en déclencher un..."

L'un des soldats me poussa l'épaule pour me dire d'avancer. Je l'observais, espérant lui faire comprendre qu'on ne me poussait pas, je pouvais avancer tout seul. Enfin j'avais pas envie de faire le malin, me faire tuer ici serait un peu trop stupide. Je lançais un regard à Anya, ne sachant pas trop quoi dire ou faire. Devais-je envoyer chier Stepan ou oublier simplement la chirurgienne. Après tout, je la connaissais à peine, elle n'était pas importante pour moi... Je pensais machinalement à ses lèvres et je sentis quelque chose en moi qui faisait mal, qui me rongeait de l'intérieur. Trouver une excuse pour rester ici... Mais quoi ?

L'autre garde me poussa avec force pour que je bouge. Grand coup dans les cotes, me coupant la respiration. Lui pour ça, je le tuerai, quoiqu'il arrive, je le jure. Je scrutais son visage, le retenant jusqu'au plus profond de mon âme, enfin si j'en avais une. Le tuer... Je sentais mon esprit s'embrumer un peu, comme après avoir bu de l'alcool. C'était comme avoir une absence. Seule mon envie de tuer était présente. Prenant une longue inspiration pour me détendre, j'avançais alors.

"Juste une question... Pourquoi tout ce remue ménage pour un simple artilleur ? Et toi pas de coup dans les cotes ! J'avance ! J'ai compris !! J'suis pas un bout de viande, un otage ou je ne sais quoi, on se calme."

Je le foudroyais du regard. Les mains et la mâchoire crispés. J'allais exploser à ce rythme et je ne voyais pas trop comment me calmer. Réfléchis, trouve un truc qui te calme... Du sang... Un crâne qui explose... Non, je viens de dire autre chose. Vodka... Soirée à bricoler des explosifs. Des gens qui éclatent... Et merde... Anya... Ses lèvres... Je soufflais lentement. Mon père, ses conseils pour m'aider, son sourire. Il avait toujours été là pour moi, m'aider à comprendre mon problème, à le canaliser. Ouais voilà, ça allait mieux.




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Médecin-chirurgien
le Dim 7 Jan - 11:02
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Le mot lui restait en travers de la gorge tandis que le Commissaire agitait sous son nez un dossier, visiblement fier de son effet. Anna ne chercha pas à dissimuler la surprise que provoqua l’annonce, tout comme elle ne fit rien pour restreindre le dédain qui naissait progressivement dans son regard. Elle finit par se fendre de ce sourire amer et plein de sarcasmes donc elle avait le secret. Du regard, elle parcourut rapidement les lignes inscrites sur le papier qu’on lui tendait mais ne fit rien pour s’en saisir. Les bras croisés sur la poitrine, elle darda sur le rejeton de la Ligne Rouge un regard mauvais, chargé de tout le mépris dont elle était capable. Ce dernier ne s’était pas gêné pour la traiter avec supériorité, elle n’allait donc pas faire l’effort de lui cacher tout le bien dont elle pensait de lui et des engeances de son espèce.

- Oh et je n’étais même pas au courant du fait que le dossier était clos, visiblement on a dû oublier de relayer l’information quelque part. Finalement, cette rencontre aura été utile sur un point.

Le ton était calme, la voix doucereuse. La chirurgienne ne quittait pas des yeux l’homme à la coiffure si soignée, ignorant ostensiblement ceux qui se tenait à ses côtés. Ménageant son effet comme le Commissaire un peu plus tôt, elle marqua une pause avant que son regard ne glisse vers le sujet de leur discorde.

- Et bien je n’aurais pas cru voir un jour un dossier pareil réglé aussi rapidement, c’est que tu dois être plus important que je ne l’aurais cru, soldat. J’aurais peut-être dû essayer de te soutirer quelque chose.

Cette fois-ci son ton était chargé d’ironie, une attaque à peine voilée envers les pratiques pour le moins douteuses de la Ligne Rouge. Ce fut alors le tour pour Yvan de rebondir sur la menace tout aussi délicate du Commissaire concernant un incident diplomatique. Jusqu’ici, Anna avait eu conscience de jouer un numéro d’équilibriste mais elle n’en avait eu cure, c’était là un trait caractéristique de la jeune femme. La tirade de l’artilleur eut pour effet d’étirer davantage son sourire, lui conférant des accents plus amusés et, par extension, plus avenants.

- Vous avez sans doute raison, Stepan Stepanovitch, mais j’aurais cru qu’un homme de votre finesse ne se serait pas abaissé à des menaces aussi grossières.

Très satisfaite de son coup de grâce, ultime revanche dont elle pouvait profiter, elle se tourna vers Yvan en ignorant ostensiblement le sujet de toute cette nuisance. Elle prit un air sincèrement contrarié.

- Pour ce qui est de tes affaires, j’ai bien peur que rien d’autres ne nous soit parvenus que ce que tu as retrouvé avec toi à ton réveil.

En d’autres termes, pas grand-chose. Les vêtements de l’artilleur étaient arrivés dans un état déplorables et avaient été découpés pour la plupart afin de pouvoir le prendre en charge dans l’urgence. Tout avait été probablement incinéré. Pour ce qui était d’un éventuel sac ou d’armes, Anna n’avait strictement aucune information là-dessus.

- Je tâcherai de me renseigner pour savoir si les forces d’intervention qui t’ont retrouvé détiennent de l’armement ou du matériel te concernant.

Sur ses dernières paroles, la jeune femme se composa une expression moins dure et se permit même un sourire sincère. Elle soutint le regard de l’artilleur un instant puis inclina doucement la tête en signe d’acceptation.

- Je te souhaite bonne continuation, en espérant que cette nouvelle chambre en vaille la peine. Bon vent, Yvan Dimitrievitch.

Sur cette ultime déclaration, elle resserra les bras autour d’elle et jeta un bref regard au Commissaire qui se tenait désormais aux côtés de l’artilleur. Son sourire ne s’était pas effacé pour autant. Elle inclina une nouvelle fois la tête pour lui signifier son congé, ultime bravade à son encontre puis les regarda s’éloigner. Elle surprit quelques paroles d’Yvan adressé aux hommes qui l’encadraient mais n’en saisit pas toute la signification car ils se trouvaient déjà loin. Comme ils disparaissaient, elle poussa alors un soupir. Jusqu’ici, la chirurgienne n’avait eu que vaguement conscience de la tension qui l’animait. Elle fit rouler ses épaules, étirant légèrement sa nuque puis fit demi-tour pour prendre la direction de son bureau.

Honnêtement, Anna ne savait pas vraiment quoi penser de cette rencontre.



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