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Retour de flammes
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Artilleur infiltré
le Mer 13 Déc - 21:05
Artilleur infiltré

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Tout était flou, les bruits étaient assourdissant sans que je parvienne à savoir de quoi ils provenaient. J'avais mal, je souffrais. Respirer était difficile, penser l'était tout autant. Un râle s'échappa de ma gorge, laissant l'air entrer en moi, un élan de rafraichissement, le souffle de la vie. Mon corps fut secoué et ce n'étaient pas suite aux spams que je ressentais régulièrement depuis plusieurs minutes. Que ce passait-il? Que m'était-il arrivé? Une voix m'hurlait dessus, me disant de ne pas m'endormir, de rester éveiller. Pourquoi je ne devais pas dormir? J'étais pourtant si fatigué... Mais sans comprendre pourquoi, j'obéissais, je m'accrochais à ce semblant de conscient, à cet anarchie de son et d'une vision pleine de confusion. Le sol arrêta finalement de bouger, j'en avais des hauts le cœur. Crachant douloureusement mon repas en toussant, ma voix résonna dans ma tête, me faisant presque pitié car elle était brisée par la douleur. Le souffle court, je voyais des ombres passer au dessus de moi. Des mutants? Des humains? Des anges? Ou simplement une hallucination? Oui, tout ceci n'était qu'illusion, ce n'était qu'un cauchemar. En avalant ma salive, ou ce que j'avais en bouche, le gout du sang... Bordel, que m'était-il arrivé?

"Vous pouvez le soigner?"

------------------------

Je descendais un escalator, doucement et avec précaution. Mon arme à feu dans la main, une lampe dans l'autre. Arrivé en bas, il y avait de l'eau sur le sol, le clapotement d'une goutte qui vient s'écraser, puis une autre et ainsi de suite. Quelque chose bougea dans l'ombre, mais je n'eus pas le temps de l'éclairer. Grommelant, j'avançais comme si je savais où je voulais aller, comme si j'étais déjà venu ici. J'enjambais les racines d'un arbre plutôt grand, qui avait fissuré le plafond pour chercher la lumière du soleil un peu plus haut. Il y avait des lucioles qui volaient paisiblement autour. Un endroit plutôt magnifique, voir même apaisant. Je restais là, un instant, hébété par les lucioles que je n'avais jamais vu avant. J'en avais lu dans des livres, et cela me fascinait.

Tendant la main, une luciole vint se poser dans ma paume, me faisant sourire tel un gamin. J'étais content, satisfait. Je rigolais même. Moi, qui d'habitude ne savait pas mimer la joie ou une autre émotion. C'est en le réalisant que la luciole bondit pour foncer sur l'arbre et l'enflammer. Le décor changea alors, tout brulait, tout explosait. Le plafond s'effritait et je devais plonger pour en éviter les débris.

Après plusieurs roulades, je me retrouvais dos au mur, les flammes léchant mon corps avec avidité. C'est là que tout explosa pour de bon...


--------------

Encore le bruit d'une goute d'eau. Cela en devenait presque agaçant. J'ouvris difficilement un œil, la lumière fut douloureuse et je n'arrivais pas à voir où j'étais. Du peu que j'en voyais, cela ne me disais rien. Endroit inconnu... Reste que je me souvenais de ce qu'il s'était passé, enfin en partie. Je devais déblayer une station. Me demandez pas laquelle par contre. J'avais mis des explosifs sur un débris pour agrandir l'accès, on était entré, puis on avait commencé à nettoyer. D'autres explosifs et ce gamin qui avait voulu m'aider... Avait-il fait une erreur ou était-ce moi? Reste qu'on avait terminé enterré vivant. Des camarades de la ligne rouge nous avait sorti de là pour nous trainer ensuite à l'abri des éboulements. Et donc, on m'avait ramené à la maison? Non... C'était trop loin... Alors j'étais où? Et les autres...?

Une chose est sûre: j'avais moins mal. J'étais même couvert de pansements, on avait pas lésiné pour me soigner. A en juger par mes rêves, cet élan d'émotions, j'avais du dormir un bon paquet de temps. Endormis, mon corps se remettait rapidement, en contrepartie, j'avais une dalle de dingue et mon cerveau, créant trop d'endorphine, me faisait planer et m'inventait des émotions. Genre là, j'étais triste, incroyablement triste et sans même le vouloir, je m'étais mis à chialer. Triste d'être en vie... Triste de ne pas avoir tué cette jeune recrue pour assouvir mon envie de meurtre, triste d'être alité dans un endroit inconnu avec surement des gens inconnues. S'en suivit un fou rire en pensant à l'ironie de la situation.

Putain, j'étais dans la merde. Je devais foutre le camps et vite! Me redressant, enfin, en essayant, une douleur traversa mon corps: de mon crâne à mon orteil, oui, j'avais mal partout! Me laissant retomber, je soupirai. Ok, on va attendre une heure ou deux et on remet ça... En attendant, une sieste, ou des explications sur ce qu'il m'est arrivé ou l'endroit où je suis? Un grognement s’échappa de ma gorge, tentant tant bien que mal de montrer que j'étais là, cherchant la moindre attention. Enfin... N'allez pas croire que je sois en manque d'affection non plus hein? J'en ai d'ailleurs jamais eu, pour l'anecdote. Le bruit d'eau m'énerva, j'ignorais ce que c'était, mais si je le pouvais, je l'éclaterai! Tournant la tête, j'apercevais alors une perfusion. Ok, j'éclaterai ça plus tard aussi...




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le Mer 13 Déc - 21:37
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- Mauvaise idée, fit la jeune femme en relevant la tête du livre qu’elle était en train d’étudier.

Il lui avait semblé percevoir un mouvement du côté du patient mais c’était le grognement qui en était parvenu qui l’avait tirée de sa lecture. Elle referma délicatement le livre et le posa sur ses cuisses. Son regard dériva alors lentement vers le visage tordu par la douleur qui observait la perfusion d’un air furieux. Elle ferma les yeux et poussa un soupir. Une multitude de questions se bousculaient dans son esprit. Tâchant d’y faire un tri, elle finit par rouvrir les yeux. Les sourcils légèrement froncés, elle semblait contrariée.

*
**

La jeune femme n’avait rien fait pour dissimuler sa grimace lorsqu’on lui avait emmené les deux patients. Le plus jeune oscillait entre la vie et la mort lorsqu’on l’avait remis entre ses mains. Elle avait confié les premières interventions sur son compagnon à un collègue puis s’était attelée au chevet de l’adolescent. A peine sorti de l’enfance, sa respiration n’était qu’un sifflement faible et douloureux. Anna s’était acharnée sur lui, assistée par une infirmière qu’elle connaissait de longue date.

Un mort de plus.

Les yeux mi-clos, elle déposa doucement les outils dans un récipient en métal et croisa les bras sur sa poitrine. Il lui semblait encore pouvoir percevoir son souffle erratique. Elle se redressa et croisa le regard de l’infirmière. L’acceptation qu’elle y lut la fit grimacer. Elle se détourna puis appela d’autres soignants et leur donna des instructions. L’adolescent était mort.

Anna ne se serait pas intéressée outre mesure à son compagnon d’infortune si le confrère qui s’était chargé de ses soins ne lui avait pas reporté des informations pour le moins incongrues. Grièvement brûlé et contusionné, son collègue avait eu toutes les peines du monde à le maintenir dans un état stable. Pourtant, dès le lendemain, il montrait déjà des signes de convalescence fulgurant. Poussée par la curiosité, la jeune femme s’était alors penchée sur son cas.

Yvan Dimitrievitch Nekrasov.

Le dossier entre ses mains se résumait à une feuille recto-verso. Issu de la Ligne Rouge, le blessé était vraisemblablement artilleur. Les conditions de son accident restaient cependant floues. Elles provenaient de témoignages maladroits à propos d’un effondrement suite à une mission de déblaiement. Les sourcils froncés, l’air sceptique, les yeux de la jeune femme ne cessaient d’aller et venir entre la feuille et le patient couvert de bandage. Elle s’approcha et, poussée par des habitudes solidement ancrées, vérifia son rythme cardiaque et respiratoire. Il semblait stable et les frémissements qui agitaient par moments ses doigts semblaient trahir un sommeil agité.

- Qui es-tu donc ? s’entendit-elle marmonner tandis qu’elle défaisait les bandages.


La chair qui devait être à vif présentait déjà des signes de cicatrisation. Comme elle continuait de les défaire, elle étudia les traits du patient. Ces derniers étaient parfois agités de spasmes. Certains trahissaient la douleur, d’autres des émotions plus complexes dont elle ne comprenait pas vraiment l’origine. Avec des précautions infinies, elle termina de changer les bandages et de panser les plaies. Ces dernières cicatrisaient anormalement bien. Anna vérifia une dernière fois la perfusion du patient puis s’assit à son chevet. Les mains posées à plat sur ses cuisses, les yeux plissés.

Mutation.

C’était la conclusion à laquelle elle était parvenue face au rétablissement spectaculaire de l’artilleur. Depuis trois jours qu'elle l'observait, elle notait et quantifiait méticuleusement la récupération du blessé. La chirurgienne en avait fait part la veille au collègue qui l’avait pris en charge. Ce dernier avait acquiescé en fronçant les sourcils. Anna possédait elle-même une capacité de régénération relativement surprenante mais elle n’avait jamais assisté à un rétablissement aussi rapide. La conclusion était donc simple.

*
**

- J'ai beau exceller dans mon métier, habituellement les habitants du métro ont plutôt tendance à clamser après de telles blessures...Va falloir que tu m’expliques deux trois trucs, lâcha-t-elle d’un air sombre.



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Artilleur infiltré
le Mer 13 Déc - 22:28
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Une voix me souligna que oui, c'était une mauvaise idée de vouloir arracher la perfusion ou de l'éclater. Élémentaire ma chère ! Si j'veux m'en sortir, autant la laisser. Et oui, c'était la voix d'une femme, que je ne voyais pas d'ailleurs. Incapable de pouvoir la situer dans la pièce, ce qui était un peu frustrant. Je me contentais donc de grincer des dents, ne cherchant pas trop à la voir ni même à la remercier. Mon cerveau était en ébullition: l'endorphine accumulée dans mon corps commençait à estomper la douleur, donnant l'impression d'être enroulé dans du coton. Fixant le plafond d'un regard vide, affichant un sourire niais, je sentais un élan de gratitude monter en moi. Cette femme, m'avait soigné et était restée à mon chevet ! J'en viendrai presque à dire que c'était mignon. Si j'étais sûr de la définition exact d'être mignon... Mais mon esprit froid et calculateur mit un coup de pied au cul à ce surplus de guimauve que mon cerveau produisait. Si elle m'avait soigné, si elle était restée à coté, c'était uniquement et simplement car c'était son boulot. Pas de quoi en faire un fromage. D'accord, pour la forme, je devrais la remercier. Quand... Je pourrai bouger et m'en aller, par exemple?

Somnolent par moment, quand mon cerveau me l'autorisait, je tentais des expériences: bouger les doigts, les orteils. Sentant mon corps moins lourd. Bon, j'avais encore l'impression d'avoir des décombres sur le corps, par endroit en tout cas, mais ça allait mieux. Parfois, j'entendais mon estomac grogner à la mort et je me demandais s'il résonnait dans toute la pièce. J'aurai tué quelqu'un pour un truc à manger... Enfin ok, j'aurai tué pour moins que ça, pour le plaisir simplement. La voix de la donzelle me fit sursauter puis rigoler car je me trouvais bien à fleur de peau, un peu trop que ça en était même ridicule. Elle disait donc exceller dans son boulot mais que d'habitude dans mon état, les gens du métro avaient tendance à clamser plutôt que de s'en remettre. Le "si rapidement en plus" n'était pas dit, mais pensé si fort que je l'avais clairement entendu. Ou alors c'était encore l'endorphine ou la perfusion qui me faisaient halluciner.

"Maman et papa m'ont toujours dis de bien manger pour être en bonne santé... Et... Il disait aussi que j'étais spécial et qu'il m'aimait..."

Mes derniers mots s'étaient changé en murmure, vague nostalgie de mon paternel... Puis: grand sourire accroché au visage, fier de ma blague qui pourtant était nulle. Mon fou rire me fit me haïr car la secousse de la cage thoracique m'arracha des éclairs de douleur. Putain d'abruti que je suis... Soufflant doucement pour éviter tout mouvement trop brusque, je cogitais sur quoi lui dire. Mutation... Souci émotionnel enfin absence d'émotions la plupart du temps, besoin de nourriture de façon anormale et surtout: envie de meurtre... Ouais clairement mon dossier ne mentionnait pas tout ça et fort heureusement, sinon on ne me laisserait pas jouer avec une arme et encore moins avec des explosifs. Après, le pourquoi du comment je cicatrisais vite. Je n'étais pas médecin. Si c'était lié à mes pulsions meurtrières ou l'absence d'émotion, je n'en savais strictement rien... Et là, j'avais trop la dalle pour cogiter.

"Plus sérieusement... Une bonne nuit de sommeil et un bon repas et ça va toujours mieux. Bien mieux. Je ne me suis jamais interrogé plus que ça, je le reconnais. Et... Vous êtes?"

Pas mal, pas mal. Si je pouvais manger un morceau, retirer la perfusion, j'arriverai peut-être à garder un discours cohérent. Là, je devais trop réfléchir à chaque mot, au ton à employer et éviter tout sous entendu pouvant permettre de diagnostiquer un coté psychopathe. Ouais, j'étais pas encore sorti d'affaire. Mon corps allait guérir et on allait me diagnostiquer cinglé et bon à enfermer, voir pire, à tuer.

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le Mer 13 Déc - 22:52
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Anna voyait défiler un tas d’émotions sur le visage du jeune homme. Oscillant entre la léthargie et l’euphorie, il était difficile de deviner le cheminement de ses pensées. Mais au moment où la jeune femme fut tentée d’abandonner ses observations et de retourner à sa lecture, le patient finit par rompre son mutisme pour une réponse qui eut au moins le don de lui tirer un sourire. Se déridant légèrement, la jeune femme se laissa même tenter par un sourire plus franc lorsqu’elle vit le patient grimacer de douleur sous sa tentative de rire. Pour toute réponse, elle se contenta d’hausser les épaules puis se leva, déposant le livre derrière elle. Elle s’approcha alors lentement du lit, le tout sans quitter des yeux le visage de l’artilleur. Son sourire s’étira imperceptiblement lorsqu’elle parvint à sa hauteur.

- Médecin. Chirurgien plus précisément. Et relativement curieuse en ce qui concerne les mutations de surcroit.

Elle désigna d’un geste vague de la main le dossier qui servait de marque-page au livre qu’elle lisait un peu plus tôt.

- Et ceci est votre dossier Yvan Dimitrievitch. Relativement décevant par son contenu d'ailleurs.

Elle posa sur lui un regard qui ne dissimulait rien de son intérêt. Comme elle s’apprêtait à reprendre la parole, un bruit derrière elle l’interrompit. Une jeune femme entrebâilla le rideau qui servait à délimiter l’espace. Une odeur discrète mais nettement reconnaissable l’accompagnait. Décidément, le timing était parfait ! Anna l’accueillit avec un sourire et se dirigea vers elle. Elle lui prit le plateau des mains et la remercia avant de retourner vers le patient. Ce dernier la dévorait littéralement du regard. La chirurgienne poussa un soupir sarcastique et déposa le repas sur le côté, hors de portée du jeune homme.

- Justement ! Après plusieurs jours sous intraveineuse, je suis sûre qu’un repas solide ne serait pas de refus.

Elle s’était penchée vers lui et l’avait aidé à se redresser en ajustant les coussins dans son dos. Ses gestes étaient précis, empreint de délicatesse. Comme elle continuait d’observer un point de dessus de lui, elle baissa le regard vers le jeune homme.

- Surtout après avoir autant puisé dans vos capacités de régénération.

Rien dans ses gestes ni dans ses airs ne semblaient pourtant trahir son empressement à le servir. Elle jeta un coup d’œil au repas et fit la moue avant de revenir vers le jeune homme.

- Cela n’a rien de personnel mais il n’est pas vraiment dans les intérêts de Polis de nourrir gracieusement les rejetons de la Ligne Rouge. A moins qu’on puisse y voir un intérêt, elle ponctua sa pause d’un sourire faussement innocent, ou parvenir à un consensus...



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le Jeu 14 Déc - 21:30
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C'était donc une chirurgienne qui s'était occupée de moi. Rien que ça... Et bien, je ne savais pas où j'étais, mais ici, on savait recevoir ses invités, pas de doute là dessus. Elle souligna être très curieuse en ce qui concernait les mutations. Ah... Je ne voyais pas de quoi elle parlait. Non vraiment, je ne devais pas comprendre, faire semblant d'être totalement ignare sur ce sujet. Effaces ce sourire Yvan ! Quoique, je pouvais sourire parce que je pouvais enfin la voir. Oui, ça semblait possible et logique. Sans oublier qu'elle n'était pas désagréable à regarder. J'imagine même qu'on peut la qualifier de jolie? Enfin... Moi et les normes d'esthétiques et de beauté, voilà quoi. Son regard accompagné d'un geste montra quelque chose, qu'elle expliqua en ajoutant des paroles, ce qui avouons le, m'arrangeait plutôt vu ma confusion mentale. Ainsi, le contenu de mon dossier médical était décevant ? Plusieurs morceaux de shrapnels, une balafre sur le front, plusieurs entailles et brûlures mais pour elle, c'était décevant. Je n'osais alors imaginer la gueule de ses clients réguliers... Manchots et infirmes devaient faire la queue pour venir la voir.

"J'aimerai pas voir le dossier de vos autres... Clients ? Ah non, patients. Y en a quand même quelques uns qui ont encore tous leurs membres ou...?"

Reste que son regard ne m'inspirait rien. J'étais une bête curieuse, une anomalie qu'elle voulait étudier. Des réponses, c'est ce qu'elle attendait de moi. Ça risquait d'être long tout ça, attendre la fin de ma convalescence et réussir à tourner autour du pot, jouer le débile. Voilà un rôle que je n'aimais pas trop. Ok, chez les rouges, on disait souvent que j'étais simplet, un peu à l'écart, préférant mes bombes, mes trucs à bricoler plutôt que la compagnie humaine. Pas ma faute si l'Homme m'inspire des envies de meurtres, pas ma faute si je ne possède aucune forme d'empathie particulière. Je voyais par exemple son intérêt sur ma récupération, surement pour elle un moyen d'améliorer la science et les soins. Moi même j'étais ainsi: je ne m'intéressais qu'à ce qui pouvait m'être utile. De la curiosité, j'en avais... Mais c'était rarement pour des choses anodines. Reste que jouer le débile, ce n'était pas spécialement valorisant et actuellement, j'avais du mal à cogiter de façon efficace, alors il ne fallait pas trop m'en demander.

Quelqu'un fit irruption, bougeant le drap, enfin le rideau servant de mur. Ma nouvelle meilleure amie remercia l'autre et prit ce qu'elle avait dans les mains. L'odeur inonda rapidement l'endroit... Putain de la bouffe... J'en transpirais rien qu'à l'idée de manger. Ma bouche me démangeait et je commençais même à saliver. Elle déposa le repas à coté, hors de porté. Le Graal était là dans mon champs de vision mais l'immonde créature infernale se dressait entre ce trésor et moi. Elle me fit remarquer que je devais avoir faim après plusieurs jours sous intraveineuse. Putain t'as pas idée... Enfin si... Et c'est bien pour ça que tu me nargue. Foutue garce... Tu seras la première à mourir quand je pourrai sortir de ce lit.

Elle se pencha sur moi, me collant presque sa poitrine dans le visage. C'est quoi cette stratégie de merde? Aboule la bouffe plutôt qu'essayer un plan séduction voué à l'échec putain de merde ! Mais je compris alors, elle m'aidait à me redresser, plaçant les oreillers pour que je puisse me tenir assis. D'accord, peut-être pas si fourbe, je retire, peut-être, ce que je pensais. Enfin c'est posé là, comme ça, sous réserve quoi. Sous entendant alors que j'avais surement puisé un peu trop de mes capacités de régénérations. Mais vas-y là tu me fais quoi ? Un coup tu fais la meuf sympa et un coup la casse couilles ? Vas falloir choisir hein ? Et ses mouvements, calmes, précis, délicats. C'était lent !! Sûr qu'elle fait exprès et que ça doit l'éclater. Alors c'est ça ta drogue à toi ? Faire languir, souffrir ou frustrer les gens ? Moi je préfère les tuer et les débiter pour nourrir les rats. C'était tellement long, j'avais le sentiment que la bouffe était arrivée il y a plus de dix minutes. Mon estomac grognait, je pensais même qu'il allait finir par se mettre à parler. Si ça venait à se produire, nul doute que là, on discuterait mutation et je pense que j'aurai vraiment besoin d'aide. Mais on y était pas encore.

"Ouais, ça serait pas de refus... J'crois que mon estomac va sortir pour aller se servir tout seul à ce rythme."

Pas très glamour, mais ça résumait bien ma situation. Je réalisais aussi que je venais de lui fournir une arme pour me cuisiner et en plus... On restait dans le domaine de la nourriture. Putain mon esprit était trop embrumé par la fatigue et l'envie de manger. L'action de cette salope qui me détermina à choisir ce qualificatif, fut le suivant. Elle feinta de se diriger vers mon repas pour finalement faire demi-tour afin de me questionner. Ouvrant clairement les hostilités en disant qu'à Polis, on nourrissait pas à l’œil des rouges sans contrepartie. Tu veux un consensus ? Tu me file ce plateau et je t'enfoncerai pas la fourchette dans tes jolis yeux. Je pense ça plutôt honnête comme deal nan ? Et t'as dis être une chirurgienne, donc tu m'as opéré, ou un pote à toi, comparé à un repas, ça vaut que dalle. Alors fais pas chier et au point où Polis a déjà payé pour me soigner, le repas il est offert ou au moins comprit dans le tarif ! Bientôt elle va me dire que pour l'oreiller dans le dos, ça va me couter une information, genre mon signe astrologique ? Mon âge ? Ma sexualité ?

Mon air se renfrogna, mon regard se fit plus dur. Quelque chose en moi se réveillait, quelque chose me disant de trouver une alternative à cette situation. Une échappatoire qui éviterait trop de curiosité à mon égard sans me foutre la dame à dos. Je retrouvais ma capacité à réfléchir, ce qui était rassurant, mon cerveau avait donc décidé de ne pas me lâcher en situation de crise. Elle voulait quelque chose en contrepartie... Des informations sur ma mutation, peut-être même m'étudier voir me disséquer ? Je n'étais pas médecin, j'ignorais ce que je pouvais dire qu'elle trouverait intéressant sans me foutre dans la merde. Lui trouver un os à ronger et qu'elle me foute la paix. Je pris une longue inspiration pour soupirer, l'odeur de nourriture emplit mes narines, réveillant mes papilles gustatives et foutant dans la foulée mon cerveau en P.L.S.

Filtres de réflexion déconnecté, sang-froid abonné absent. Pulsion meurtrière et instinct primaire en approchent... Je crois même que je devais baver. Mon regard devait être passé de froid à confus ou stupide, enfin j'en sais trop rien, je n'avais pas de miroir et j'étais de toute façon pas en état de dire ce que je ressentais vraiment. Il me fallut toute la volonté du monde pour parler, pour lâcher quelques mots cohérents.

"Et... Tu veux quoi pour ce putain de repas ?"

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le Lun 18 Déc - 17:37
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Les expressions se succédaient si vite sur le visage du blessé qu’Anya peinait à en suivre le fil. Elle ne parvenait plus vraiment à deviner le cheminement des pensées du jeune homme mais il n’était pas compliqué d’imaginer qu’il ne devait pas vraiment l’apprécier avec le chantage qu’elle venait de présenter. La chirurgienne ne semblait pourtant pas en éprouver le moindre remord. L’innocence de son sourire s’était transformé en un rictus entendu, à mi-chemin entre l’amusement et le cynisme. Les bras croisés sur la poitrine, elle continuait de fixer les yeux ambrés de l’artilleur. Comme il cédait enfin, prêt à marchander, elle haussa les épaules sans décroiser les bras.

- Ca dépend des patients, laissa-t-elle filer d’un air exagérément grave pour répondre à sa première boutade.

Sans se départir de son sourire, elle décroisa enfin les bras de sa poitrine et s’approcha du plateau repas en se penchant vers celui-ci pour en humer les flagrances. Elle pouvait presque sentir la faim aiguiller son estomac. Les sourcils froncés, elle s’interrogea sur la dernière fois qu’elle avait pris le temps d’ingérer quelque chose de solide. Elle prit une cuillerée de la soupe qui reposait sur le plateau et la porta à ses lèvres. La cuillère suspendue et sans jeter un regard au jeune homme, elle entreprit de l’éclairer un peu plus quant à ses intentions.

- Des réponses, Yvan Dimitrievitch, et la vérité si possible.

Elle termina sa phrase en soufflant sur la cuillère puis en l’enfournant. Le breuvage était tiède, un peu âcre mais il avait la vertu d’apporter un peu de réconfort à son estomac délaissé. Elle renifla en posant la cuillère sur le plateau puis se tourna vers le blessé qui ne l’avait pas quitté des yeux. Elle soutint son regard une seconde puis tira sa chaise vers lui et posa le plateau sur ses genoux.

- Comme c’est ton premier repas depuis ton réveil, je vais commencer par te donner une ou deux cuillerées, ensuite tu essayeras par toi-même. Si tu es en état, je te laisserais finir le plateau toi-même.

Le ton était neutre, dépourvu de toute inflexion. Elle le considéra un instant, attendant son approbation puis souleva la cuillère et la plongea dans la soupe. Le regard penché sur le plateau, elle formula sa première question.

- L’accélération de ta régénération cellulaire, quand est-ce que ça a commencé ? Est-ce que tu as toujours présenté de telles dispositions ?



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le Mar 19 Déc - 20:32
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Elle était restée là, les bras croisés à attendre tout en affichant ce sourire qui ne m'inspirait rien de bon. Décidée à me torturer ou jouer avec moi pour assouvir sa curiosité à mon égard. Mon estomac me faisait mal et ma tête tournait, j'avais des difficultés à garder mes yeux sur un point précis plus de quelques secondes et c'était plus ou moins pareil pour ma réflexion. Elle huma mon repas en me donnant l'impression qu'elle aussi commençait à avoir faim. Et là, elle ne se gêna clairement pour se servir une bonne cuillère qu'elle ingurgita. Ajoutant donc qu'elle voulait des réponses et si possible, la vérité. Sans oublier le petit: Yvan Dimitrievitch pour ajouter à la scène un peu plus de drama et de piquant. Ok, elle voulait jouer. Elle voulait se donner des airs de maitresse dominatrice qui contrôle parfaitement la situation. Et bien soit, amusons nous.

Je tirai lentement sur mon bras, tendant la perfusion qui y était enfoncée, juste suffisamment pour sentir une légère gêne, une petite douleur qui avait pour seule et unique but de réveiller mon cerveau. J'allais peut-être simplement déclencher une autre vague d'endorphine et d'euphorie, ruinant ainsi mes plans. Mais que pouvais-je faire d'autre ? L'arracher ? Il est vrai que sans anti-douleur, je réfléchirais nettement mieux mais avais-je vraiment envie de souffrir ? J'étais au pied du mur mais cela ne me donnait pas pour autant envie de coopérer. Je relaissais tomber mon bras, arrêtant de tirer sur la perfusion, la douleur avait agit comme un petit stimuli, me donnant une meilleure stratégie. Pinçant ainsi discrètement le tuyau pour ralentir voir stopper l'apport du médicament dans mon organisme. Jusqu'à maintenant, j'avais toujours pensé les toubibs comme des gens faibles, prêts à aider les autres, à rendre service. Pas comme des gens curieux qui veulent apprendre des choses au détriment de la vie de leurs patients. Mais jusqu'où était-elle prête à aller pour me cuisiner ? Si cela aurait été possible, je lui aurai expliqué que la petite cuillère aurait du terminer dans une partie de mon corps, plantée avec suffisamment de force pour déchirer la chaire. Là, elle n'avait qu'à dire qu'elle voulait des réponses. Puis à tourner l'ustensile dans la plaie en y ajoutant: la vérité. Un jour, je prendrai le temps de lui apprendre. Avec ses capacités de chirurgienne, nul doute qu'elle pourrait être douée pour la torture.

En attendant, elle foutait la soupe sur ses genoux, se rapprochant de moi. Je lançais un regard à la nourriture, nettement moins intéressé à présent qu'elle avait tapé dedans. J'avais quelques principes, comme normalement: manger uniquement ce que j'ai préparé, dans l'état actuel des choses, je n'aurai pas fais la fine bouche. Et j'avais la certitude également qu'il ni avait pas de drogue dedans vu qu'elle en avait avalé. Ou alors, elle l'ignorait ? Là, ça serait plaisant, voir même très amusant. Et enfin, un autre principe: je ne partageais pas ma nourriture comme je ne partageais pas la vie que j'arrachais à quelqu'un, que ce soit un humain ou un mutant. Je lui aurai bien dis qu'elle pouvait se la foutre où je pensais, sa soupe, mais je préférais la laisser croire qu'elle dominait la situation. J'avais envie de lui sortir un: Yvan pas partager son manger! Mais non... Après tout, elle semblait être ce genre de personne, qui a besoin d'assouvir les autres pour se sentir forte. Je ne jugerais pas, moi je me contentais de les tuer... C'était plus radical, c'est tout.

Elle m'expliqua donc qu'elle comptait me donner à manger. Genre les premières cuillères et ensuite, elle me laisserait manger seule si j'allais pas trop mal. Mon visage était impassible. Me contentant de l'observer droit dans les yeux. En gros, le système de récompense: je parle, je mange. Serrant plus fort la perfusion pour bloquer au mieux le passage de l'anti-douleur. Elle plongea la cuillère dans la soupe, regardant le plat et formulant la question qui lui brulait les lèvres. Je reniflais bruyamment pour exprimer mon mécontentement. Elle voulait donc savoir quand ma régénération cellulaire avait commencée et si j'avais toujours été ainsi. Mon masque s'effrita lentement pour laisser apparaitre un sourire un peu niais.

"Avant de me nourrir comme ça... Et comme tu m'appelles par mon prénom. Je peux savoir le tiens ? Et pour ta question... J'imagine que ça a commencé après que je me sois blessé ?"

D'une main tremblante, j'approchais de la cuillère, sachant très bien qu'elle allait me la retirer vu que ma réponse ne lui conviendrait pas le moins du monde. Avant qu'elle amorce son mouvement, ma main retomba mollement sur mon autre bras. Ok, je pouvais bouger, ça faisait pas trop mal c'était plutôt comme si mes membres étaient lourds, fatigués...Enfin, ma main cachait l'autre qui pliait le tuyau, maintenant, gagner un peu de temps. Sinon, je devrai l'arracher, il y aurait du sang partout, ça ferait un pu désordre quoi.

"Souffle voir un peu dessus, ça semble chaud... Et ça me laisse le temps de réfléchir correctement... Remettre mes idées en place hein? Que je me souvienne si j'ai d'abord prit des débris ou les flammes..."

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le Mar 19 Déc - 21:55
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La première réponse d’Yvan prit la jeune femme au dépourvu. Haussant un sourcil, elle réalisait qu’elle ne s’était pas proprement présenté. Puis, progressivement, ses yeux s’arrondirent à mesure que le patient s’exprimait. Lorsqu’il eut terminé, elle se mit à secouer légèrement la tête, un sourire aux lèvres puis reposa la cuillère dans la soupe.

- C’est juste. Anna Nikitovna Volkovar, médecin-chirurgien de Polis. Ce n’est pas moi qui me suis occupée de ton cas, d’ailleurs, mais un collègue. Je me suis occupée de ton acolyte, l’autre blessé qu’on nous a apporté. Il n’a pas survécu.

Elle avait détourné le regard. Il était inutile de cacher sa déception ni la colère qu’elle éprouvait face à cet échec. Poussant un soupir, elle reporta son attention sur le blessé qui se montrait soudainement coopératif. Bien trop à son goût par ailleurs. Les yeux plissés, la lèvre supérieure légèrement retroussée, elle le toisa une seconde. Il lui semblait percevoir une légère tension dans l’air. Ils s’étudiaient, se jaugeaient l’un l’autre. Yvan avait peut-être récupéré bien plus qu’elle ne l’avait imaginé. Son regard glissa vers la perfusion qui l’alimentait encore et elle tendit une main vers la vanne qui se trouvait au sommet du tuyau pour réduire la dose.

- Tu n’en as peut-être pas besoin d'autant.

Et ça nous fera des économies.

Elle reprit la cuillère et jeta un coup d’œil à la soupe avant de revenir vers Yvan. Cette fois-ci elle l’observait les yeux plissés, l’air profondément sceptique.

- Si tu continues à répondre à côté de mes questions, elle finira par être froide cette soupe, fit-elle avec morgue. Prend cette cuillère pour commencer.

Elle la lui tendit, accompagnant son geste d’un mouvement du menton pour lui indiquer de prendre en main la cuillère. Comme elle attendait qu’il s’exécute, elle ne le quittait pas du regard.

- J’apporte quelques précisions à ma question puisqu’elle ne semblait pas assez claire. Tes dispositions, elles sont innées ou tu les as développés avec le temps ?

Elle ponctua sa tirade d’un soupir, ne cachant rien de son exaspération. Yvan l’agaçait déjà par son manque de coopération. En termes d’interaction sociale, Anna n’avait jamais été d’un tempérament très patient. L’histoire à proprement parler d’Yvan ne l’intéressait pas outre mesure. Nul doute que le personnage était excentrique, probablement un peu instable mais c’était là un détail en comparaison du cas scientifique qu’il présentait.



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le Mer 20 Déc - 21:41
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Et voilà, après plusieurs échanges et un réveil difficile, je savais enfin comment elle s'appelait. J'espérais qu'elle soit meilleure médecin que douée en politesse. Anna Nikitovna Volkovar. Anya donc, pas trop mal comme prénom. Ce n'était pas elle qui m'avait rafistolé donc, mais un collègue. Elle, s'était occupée du gamin qui m'avait mit accidentellement dans cet état. Quand elle m'annonça qu'il était mort, je n'avais nul envie de verser une larme. Quoique si, j'aurais bien espéré pouvoir l'achever moi-même... Je lui avais dis à ce petit trou de balle de pas faire n'importe quoi ! Je notais qu'elle avait détourné le regard, ben quoi ma petite, on a du mal avec la mort ? On assume pas l'échec ou c'est ta façon de compatir en imaginant qu'on était proche ? J'en profitais pour afficher, tant bien que mal, un masque triste, n'ayant jamais été à l'aise pour simuler le malaise suite à la perte d'un compagnon ou d'un être important. Je me souviens encore que je n'avais pas su comment réagir à la disparition de mon père... Impassible, aucune larme, juste un vide intérieur, un creux à l'estomac. Que j'avais comblé en tuant des mutants pour me défouler, réalisant que les tuer, ne m'apportait pas grand chose, seulement l'envie de tuer autre chose, d’agrandir et diversifier mon tableau de chasse. C'est depuis là que j'ai envie de tuer des gens, que je le fantasme, caressant l'espoir d'un meurtre qui m'apporterait félicité et émotivité.

Anya me fixa alors, semblant réfléchir à quelque chose puis elle s'avança levant la main pour couper l'arrivée du médicament dans la perfusion. Disant que je n'avais pas forcément besoin d'autant. Elle voulait que je souffre pour me questionner ou voulait-elle que j'ai les idées claires ? Je maintenais malgré tout le tuyau plié pour limiter encore le produit à s'infuser en moi. S'en vint un regard à la soupe puis à moi, j'en faisais autant: je l'observais puis le plat, me demandant si j'allais manger tôt ou tard. Je repensais machinalement à ma petite blague, plutôt fier de moi. Je commençais même à cogiter sur quoi lui répondre pour la satisfaire et en estimant que ça lui suffirait pour me foutre la paix. Anya disait justement qu'à ce rythme la soupe serait froide. Ouais ouais ma belle, ça va venir, il faut savoir se faire désirer, non ?

"Plutôt que de la morphine, un petit verre de vodka serait cool, non ? On trinque à mon rétablissement pour adoucir l'ambiance !"

Elle me fila finalement la cuillère, une expression traversa mon visage l'espace d'un instant avant que le masque impassible reprenait forme. Je commençais à retrouver mes repères, à sentir ce froid en moi, ce trou béant que je voulais remplir d'une façon ou d'une autre. Certains diront qu'avec des émotions, de l'empathie, je pourrais combler ce vide. Genre avec l'amour. J'étais peu convaincu. Pour moi, c'était juste une sorte de maladie, de folie. Une contrepartie à ma capacité à me rétablir. Aussi loin que je me souvienne, j'avais toujours été ainsi: cicatrisant vite et sans la moindre conscience.

J'attrapais aimablement la cuillère, lui faisant un sourire en signe de remerciement. Ajoutant des précisions: ma capacité était-elle innée ou l'avais-je développé avec le temps ? Lâchant un soupire pour ponctuer sa phrase. J'avais aussi cette capacité: faire soupirer les gens, les agacer, les irriter. En même temps, sans la compétence adéquate pour lire les émotions et attentes des gens, il est difficile d'être en diapason pour réagir comme ils l'espèrent. J'étais donc là, assit et appuyé sur des coussins, la tête un peu penchée sur le coté, le bras levé tenant une cuillère d'une main molle. Attendant de voir la soupe s'approcher de moi, tel un cadeau divin. Essayant aussi de ne pas penser qu'elle l'avait goutté. Je restais donc là, immobile, attendant qu'elle parle, qu'elle bouge. Au bout de plusieurs secondes, comprenant que je n'aurai rien, que c'était à moi de faire une interaction, je lâchais un soupire. Laissant mon bras retomber sur le lit, observant la cuillère tristement vide. Mon estomac grogna pour exprimer notre mécontentement.

"Un accident..."

Les yeux fixant mes doigts, réfléchissant et me remémorant un souvenir ou du moins, j'en donnais l'impression. Je reniflais bruyamment, crispant un peu ma cage thoracique qui me fit brièvement grimacer de douleur. Ouais, y avait encore quelques trucs pas totalement solidifié dirait-on.

"Tu vois la balafre au dessus de mon œil ? Je vins appuyer sur ma tempe avec la cuillère pour accompagner ma parole. Blessure infligée par un mutant, enfin une créature de la surface. J'ai finis dans un triste état, mes compagnons eux sont tous morts... J'ignore si ce truc m'a contaminé mais je suis comme ça depuis."

Il y avait du vrai, une fois en mission, j'avais été attaqué par un truc inconnu. Je ne l'avais même pas vu. Une attaque dans le dos, grand fracas sur le crâne, du sang plein les yeux. Des cris, mes compagnons qui se faisaient tuer. Je crois même avoir tué des alliés, pas dans le feu de l'action, mais comme si on m'y avait obligé. Enfin c'était flou, très flou. Je l'avais peut-être même rêvé...

"Je m'en suis remis incroyablement vite. Mais j'y ai perdu beaucoup... Une partie de moi... Et mes compagnons, également."

La fin, je l'avais rajouté un peu à la va vite, me rendant compte que j'avais oublié de parler d'eux. Me grillant peut-être même sur le fait que je n'avais aucun remord d'avoir survécu, aucune compassion. Cela c'était même senti dans ma voix. Enfin, je ne pensais pas que mon état psychologique l'intéressait. Je pourrai lui lâcher: j'ignore ce que c'est qu'être joyeux ou triste, je ne ressens que des choses primaires comme le désir, l'excitation... Et ça n'a rien de conventionnel en plus. Et non, rien à voir avec une cinquante de nuance de j'sais pu quoi. Moi, c'était pas un délire sexuel, c'était juste morbide.

"Cela vous conviens, très chère Anya ? J'ai mérité ma soupe ou tu vas m'ouvrir le bide pour voir comment je fonctionne ?"

Tout souriant, disant ça avec un calme incroyable alors que je savais pertinemment que cette situation pourrait se produire. J'avais même arrêté de mettre une intonation dans ma voix, parlant d'une voix posée, traduisant un calme presque inquiétant. En tout cas, c'est souvent ce qu'on me disait, que j'étais bizarre, voir flippant.

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le Jeu 21 Déc - 15:42
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- Plutôt que de la morphine, un petit verre de vodka serait cool, non ? On trinque à mon rétablissement pour adoucir l'ambiance !

Anna n’avait pas cherché à dissimuler le sourire que lui fit naître la remarque. En d’autres circonstances la proposition aurait pu être tentante. Comme elle ne pipait mot et lui tendait toujours la cuillère, Yvan finit par la prendre. Alors elle reposa doucement sa main et se laissa aller contre le dossier de la chaise sans quitter des yeux l’artilleur.

- Un accident.

Un léger tic retroussa la lèvre de la jeune femme, infime. Par son silence, elle l’invitait à poursuivre ses explications. Ses yeux suivirent les mouvements de la cuillère, s’attardant sur la cicatrice qu’elle désignait. Et comme il continuait son récit, son regard vagabonda sur ce visage aux multiples expressions. Les yeux du jeune homme étaient assurément l’élément qui accrochait l’attention. Au premier abord, ils revêtaient des nuances noisette, un brin banales, mais dès qu’on s’y attardait on y devinait des reflets ambrés. Au-delà de ses observations, la chirurgienne ne manquait par ailleurs pas un mot des explications de l’artilleur. Et lorsque celles-ci se tarirent, elle cligna par deux fois des yeux. Les lèvres pincées en une moue dubitative, elle rassemblait les cas similaires qu’elle avait pu étudier. Il lui semblait avoir déjà d’observé l’apparition de mutations chez certains soldats après un accident en surface ou un traumatisme notable.

Pendant un moment, la chirurgienne oublia la pièce dans laquelle elle se trouvait tout comme son autre occupant. Pendant un temps, elle parcourut les chemins sinueux de sa mémoire, décortiquant tous les souvenirs qui pouvaient lui être utiles, recoupant les conclusions.

…Anya…

Comme une invocation tombée d’une autre dimension, elle cligna plusieurs fois des yeux et revint dans l’instant présent. Il lui fallut quelques secondes pour accommoder de nouveau, retrouver le reste des paroles qui avaient été prononcées. L’artilleur l’observait, attendant visiblement une réponse. Comme les mots s’assemblaient et trouvaient enfin sens dans son esprit, elle se fendit d’un sourire cynique.

- C’est un bon début, admit-elle avec une moue boudeuse.

Elle prit alors le plateau à deux mains et le déposa délicatement sur les cuisses d’Yvan. D’un geste de la main, elle l’invitait à continuer de manger.

- Malheureusement je ne lis pas dans les entrailles. Je suis médecin, pas aruspice.

Elle avait prononcé ces mots en le fixant dans les yeux, l’air grave. Elle laissa filer un léger silence avant d’hausser les épaules.

- Et puis j’ai tendance à vouloir garder en vie mes patients. Ceci dit si tu venais à mourir, je pourrais toujours profiter de l’occasion.

Anna avait conscience des rumeurs qui courraient à son propos. Certains ne voyaient pas d’un bon œil les croquis d’anatomie qui tapissaient les murs de son cabinet. D’autres encore n’appréciaient pas la curiosité sans limite dont elle faisait preuve dès lors qu’un sujet la passionnait. Et, par-dessus tout, la jeune femme avait conscience de ce trait de caractère presque obsessionnel et s’en fichait absolument, traitant avec dédain ses détracteurs. Tout en se laissant aller contre le dossier de sa chaise, elle croisa les jambes et posa ses mains à plat sur ses cuisses. Elle continuait de fixer le jeune homme.

- Cet accident remonte à combien de temps ?



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le Jeu 21 Déc - 18:59
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Elle semblait perdue dans ses pensées. Ma petite blague concernant mon avenir en tombait à l'eau. J'étais même un peu déçu. Elle cligna finalement des yeux, comme revenant à elle après une absence. Elle avait tant cogité que ça suite à ma déclaration ? Impressionnant comme raconter des conneries peut bien fonctionner. Bon, il y avait une part de vrai, certes. J'avais tendance à penser que dans tout mensonges, il y a une part qui est vrai, une partie de laquelle on s'inspire pour y ajouter un peu de décoration ou des excuses. Parfois, on dit une connerie, qu'on pense vraiment, mais en y mettant un ton ironique pour ne pas l'avouer vraiment, par crainte de la réaction. Mais passons, elle posa le plateau sur mes cuisses, m'offrant finalement mon repas tant espéré !

Un large sourire s'afficha sur mon visage, je sentais l'odeur de la nourriture, si proche ! Anya disait donc que c'était un bon début. Quoi c'est pas terminé les questions ? J'ai mon repas hein ? Du coup je m'en fou du reste. Lâchant la perfusion, je tenais alors le plateau, enfournant la cuillère dans la soupe pour la porter ensuite à mes lèvres... Putain que ça faisait du bien ! Je sentais le liquide chaud, enfin tiède qui descendait dans ma gorge, arrivant doucement dans mon estomac qui soupirait de bonheur. Elle fit une petite boutade, disant ne pas lire dans les entrailles. Moi non plus, mais j'arrivais à déterminer rapidement de quoi était mort un cadavre, sauf si c'était de maladie ou poison. Voir un mort, couvert de blessures, j'arrivais à dire celle qui avait été fatale, celle qui avait terminé le boulot. Voyant presque la scène, l'imaginant avec un plaisir macabre. Reste qu'elle me fixait d'un air qui voulait presque dire: mais je peux essayer quand même. Haussant les épaules, je pris une autre portion de soupe que j'ingurgitais dans un succion bruyant. C'était plus pour briser le silence et l'énerver ou l'amuser un peu plutôt qu'autre chose. Anya reprit la parole, elle préférait donc garder ses patients en vie. Intéressant, donc même si je ne répond pas à tes questions, tu ne me feras aucun mal, car au final, la part altruiste en toi prendra le dessus pour me maintenir en vie. Mais qu'elle profiterait de l'occasion si je venais à casser ma pipe. J'avalais une autre cuillerée de soupe.

"Je dirai d'envoyer ma dépouille à mam'zelle Volkovar de Polis quand je rentrerai chez mes rouges adorés dans ce cas."

Je continuais de manger, la laissant à ses pensées. J'me demandais ce que Dimitri faisait, si cet abruti me cherchait ou s'il était mort également. Dimitri ? C'était mon supérieur, il aimait donner les ordres et vociférer des insultes. Niveau stratégie, il optait toujours pour foncer et en tuer le plus possible avant de crever. Sa politique, c'était: quitte à crever, autant en emporter un maximum avec moi. Il m'agaçait autant qu'il m'amusait. Je ne serai pas touché qu'il soit mort, ça m'embêterai juste un peu, je devrais trouver un autre lieutenant qui pourrait être plus méfiant. Anya s'affalait dans sa chaise, croisant les jambes, posant ses mains sur ses cuisses. J'en profitais pour un peu plus la détailler. Elle était plutôt jolie et bien formée. Bon, le coté sexy de l'infirmière n'était qu'une légende urbaine, en vrai la blouse ça n'a rien de bien folichon... Je n'avais jamais été trop intéressé par les femmes, même si je n'avais rien contre. Et non, pour les esprits fourbes, je ne m'intéressais pas aux hommes. L'un comme l'autre, c'était juste des sacs de viandes, des morts en sursis. Jusqu'à maintenant, je n'avais pas ressenti le besoin de construire des liens avec quelqu'un. Hormis mon père, mais lui, il était mort... Ma mère également, mais j'étais trop jeune pour m'en souvenir. Bref, si j'avais un hétéro normalement constitué et mentalement stable, peut-être que la dite Anya m'aurait intéressée. Là, elle éveillait un peu ma curiosité. Elle était froide, mais malgré tout prévenante. Son intérêt pour ma mutation cachait quelque chose également. Et justement, elle voulait savoir à quand ça remontait.

"Cinq, six ans. Je sais plus trop. Et c'est ton intérêt pour les mutations qui t'as orienté vers la médecine, ou l'inverse ?"

Je posais tranquillement la cuillère pour terminer la soupe en portant directement le plat à mes lèvres. Prenant le temps de savourer jusqu'à la dernière goutte. Après plusieurs secondes, je reposais le plat, lâchant un soupire de satisfaction. Je ne l'étais pas vraiment, mais c'était agréable de manger. Mon sang-froid était totalement revenu, juste encore une petite sensation vaseuse, ce qui rapporta mon attention à la perfusion.

"Ah oui ça..."

D'une main plus assurée, j'empoignais le tuyau fermement. Relevant les yeux pour fixer Anya dans les siens. Tirant sur le cathéter pour l'arracher de ma chaire, de ma veine, sans même sourciller. Laissant tomber l'objet sur le matelas, à coté de mon bras endoloris. Ouais, ça faisait mal... Plus que je l'avais imaginé. Mais gardons une expression neutre tant que possible. Paraitre fort ou viril, parait les femmes aiment ça. J'avais beau me dire ça, une légère grimace avait traversé mon visage au moment de l'extraction.

"J'en ai plus trop besoin en effet. Et j'aime pas spécialement la sensation d'être dans le gaz, ça me donne l'impression de ressentir des trucs que je ne connais pas... J'ai jamais trop aimé les médicaments."




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le Jeu 21 Déc - 20:04
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Elle avait beau posséder quelques contacts au sein de la Ligne Rouge et en dépit de sa bonne volonté, Anna doutait sévèrement recevoir un jour la dépouille de l’artilleur. Une nouvelle fois, elle se contenta de répondre à la saillie par un sourire amusé. Comme Yvan se jetait sur son repas, elle tendit le bras derrière elle et attrapa le livre qu’elle lisait avant qu’il ne se réveille. Elle le fit tourner un moment entre ses mains, sans grande conviction. Il s’agissait d’un traité de médecine générale, un simulacre de vulgarisation scientifique. L’ouvrage était intéressant mais manquait de détails. Sans l’ouvrir, elle retraça le pourtour de la couverture du bout des doigts. Entre deux bouchées bruyantes, Yvan prit alors la peine de lui répondre. Elle releva un peu vivement le regard vers lui, surprise par la question qui avait suivi. Elle le considéra un instant, indécis. Ses joues se creusèrent tandis qu’elle contenait un sourire amusé.

- Bonne question…

Les sourcils légèrement froncés, elle se penchait sur celle-ci. Décroisant les jambes, elle ouvrit le livre et le posa à plat sur ses cuisses et prit son menton dans une main. Faisant mine de réfléchir, Anna n’avait pas manqué le coup d’œil impudique qu’il lui avait lancé. Sans s’en sentir flattée ou gênée, elle décida de relever le regard et de croiser le sien, le soutenant quelques secondes. L’artilleur choisit alors à ce moment-là d’ôter la perfusion, le tout en rivant son regard au sien. Guère impressionnée, elle se contenta d’hausser un sourcil avant de lâcher sur un ton indifférent :

- La prochaine fois, tu n’auras qu’à demander.

Refermant son livre d’un coup sec, elle continuait de soutenir son regard.

- Ca évitera que tu abimes le matériel. Et puis ça fera moins mal.

Une étincelle passa dans son regard.

- A moins que tu aimes souffrir ?

La jeune femme laissa filer sa question quelques secondes avec un sourire en coin, satisfaite de son effet, puis elle renchaîna avec sérieux :

- D’ailleurs ta capacité de régénération accrue s’accompagne-t-elle d’un manque de sensibilité à la douleur ?

Au moment même où elle posait sa question, elle se souvint ne pas avoir répondu à la sienne. Elle inspira longuement, les sourcils toujours un peu froncés puis décida d’y apporter une réponse.

- C’est plus une conséquence. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été intéressée par l’anatomie, le fonctionnement du corps humain et les facultés qu’il peut développer. Comprendre comment il fonctionne, comment on peut le réparer…

Tandis que ses derniers mots mourraient, elle laissait filer ses pensées. Elle songeait à la somme de connaissances que l’humanité avait amassée et à tout ce que les survivants du métro avaient perdu. Là-haut, plusieurs mètres au-dessus d’eux, reposait une foule considérable de savoirs. Inaccessible. Secouant légèrement la tête, elle fit un geste vague de la main.

- Les mutations, et bien, c’est un bonus dans tout ça. Un mystère de plus à ajouter à la compréhension du corps humain.



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le Jeu 21 Déc - 21:41
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Avoir arraché la perfusion ne l'avait nullement impressionné. Après ce n'était pas vraiment le but, c'était plus lui montrer que je n'en voulais plus et que je n'avais pas spécialement peur d'elle. Oui, sur le coup, ça m'avait semblé judicieux pour montrer le retour de ma confiance en moi. Aussi stupide que téméraire j'imagine. Anya disait juste que je n'avais eu qu'à demander pour qu'elle me débranche et qu'ainsi, je n'aurai pas esquinté le matériel. Je fixais le cathéter en parfaite état et notais qu'elle était pingre. Comme tous les gens de Polis non ? Vouloir accumuler le savoir, le garder pour eux, espérer faire renaitre la science d'antan... Le monde d'antan est mort, sa science avec lui. Maintenant, c'est bouffer ou être bouffé. On doit survivre aux mutations, aux mutants, aux radiations, aux brigands et à des individus comme moi... Dépourvu de conscience ou de moral. Elle me demanda si j'aimais ça: avoir mal. Ne dissimulant pas son sourire, je notais enfin je crois, une note de sarcasme, mais je n'en étais pas sûr. Pourtant le sarcasme, je savais l'employer mais alors le détecter... Je me décidais donc de lui répondre franchement tout en souriant pour suivre l'idée de la blague mais elle enchaina directement pour savoir si ma capacité me rendait ou non insensible à la douleur. Un manque de sensibilité... Oui, c'était ça, mais pas la sensibilité physique.

Reste que je l'avais, semble-t-il, déridée. Elle continua de parler, disant avoir toujours été intéressée par l'anatomie et son fonctionnement. Sous entendu d'un appétit sexuel ou...? Bref, savoir comment ça marche, comment le réparer. J'avais le même genre de fascination, sauf que moi, c'était comprendre comment mieux le détruire... Comment ôter rapidement la vie. Du coup, j'avais moi-même une petite base de connaissances en médecine. Ce qu'il faut pour savoir si on va mourir de telle ou telle blessure.

"Je ressens la douleur. Juste en cas de grosses blessures, mon cerveau va juste lâcher beaucoup d'endorphine pour l'amoindrir. Mon fusible est juste plus résistant que la normale. Il me faut plus de douleur pour m'évanouir, parfois c'est pratique... Parfois c'est juste douloureusement chiant. Quelques fois ouais, c'est excitant et amusant, pour en revenir à ta question si j'aime ça ou non."

Anya avait plongé de nouveau dans ses pensées puis elle les chassa d'un revers de la main. Ajoutant que les mutations, c'était juste du bonus dans tout ça. Un mystère de plus quoi. Je souriais en l'écoutant parler. Elle se torturait à vouloir tout comprendre et analyser. Un bon verre lui ferait le plus grand bien je crois. Ou alors, un meurtre ? Nan, dans ce genre de cas, je dois être plutôt rare. J'me demandais tout de même si elle avait des connaissances en psychologie. Quoique, je ne voulais pas trop d'une thérapie... Ni qu'elle découvre un moyen de m'inventer des émotions mais qu'en contrepartie, je perde ma capacité à cicatriser. J'ai toujours été ainsi et j'ai pas trop envie de changer... Imaginez je deviens émotif, sensible... Ou encore romantique ? Genre ma passion dans la vie, ça deviendrait l'amour, le mariage et les enfants. Quoique... Les gens semblent plus heureux que moi. Surement qu'ils ont trouvé le bonheur ou quelque chose s'en approchant. Peut-être.

"Du coup toi, faire souffrir les gens c'est pas trop ton kiff normalement, nan ? On est donc pas trop compatible... Dommage, ça commençait pourtant si bien entre nous. Mais merci d'avoir veillé sur moi durant ma sieste."

J'hésitais alors à dire une connerie, oui j'hésitais. Normalement je ne me gênais pas trop mais là, c'était sur un sujet que je n'étais pas spécialement doué et du coup, en fonction de sa réponse, je serai surement le plus mal à l'aise des deux... Mais bon, autant se lancer, elle se déride un peu.

"Sauf si le but était de te rincer l’œil... Je soulevais mon drap, nu comme un vers en dessous, juste des pansements ici et là. D'ailleurs j'avais pas pensé mais il fait plutôt chaud ici pour pas que j'ai froid, non ?"

Et si jamais elle disait oui ? Ben Yvan, tu serais bien con. Car t'y connais rien aux femmes, en amour ni en sexe. Tu passeras donc pour un abruti, timide et couillu... J'en venais presque à espérer qu'elle le prenne mal. Pourquoi fallait-il toujours que je cherche les gens ? Un jour, je le saurais. Peut-être.

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le Jeu 21 Déc - 22:26
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Age :: 28 ans
Patronyme :: Nikitovna
Surnom :: Anya
A en juger par son humour, Yvan semblait avoir considérablement regagné des forces. Quant à savoir si la raison principale était le repas, leur conversation ou ses capacités de régénération, Anna n’était pas vraiment sûre de vouloir le savoir. Toujours étant qu’elle se trouvait désormais avec un patient en train de reluquer sous son drap. Et il semblait particulièrement fier de ses allusions. A voir comment il la fixait, attendant une réaction de sa part, il devait s’imaginer qu’elle prendrait des airs offusqués et l’enverrait valser. Haussant un sourcil, elle s’autorisa donc un sourire en coin tandis que ses yeux parcouraient le corps ainsi révélé ; qu’il se sente malin un peu ! Elle se pencha vers lui et prit le drap des mains pour le soulever davantage et y jeter à son tour un coup d'oeil.

- Pourtant tu n’as pas l’air d’avoir si chaud que ça, susurra-t-elle tout en laissant dériver son regard en direction de son bas-ventre.

Tâchant d’effacer toute trace d’amusement, elle lâcha le drap et se leva avec grâce puis posa une main sur le front du jeune homme. Ce ne fut pas la chaleur de ce contact qui la frissonner mais l’électricité qui parcourut sa paume. Tâchant de n’en rien montrer, elle fit la moue puis secoua la tête.

- Pas de fièvre non plus.

Toujours avec flegme, elle donna une pichenette dans la perfusion qui pendait au-dessus de lui et fit mine d’en lire l’étiquette.

- Rien là non plus.

Elle baissa les yeux vers lui. Une étincelle sarcastique y dansait.

- Et il ne me semble pas avoir détecté de trace d’alcool ou de drogue dans la soupe.

Elle se redressa de toute sa hauteur, toisant l’homme étendu devant elle, toujours nu comme un ver. Cette fois-ci, elle se laissa aller à un sourire qui ne dissimulait plus rien de son amusement. Lentement, elle posa un doigt sur son torse, juste au niveau d’une arrête saillante, tout près de la trachée. Elle pouvait sentir son pouls. Il lui semblait curieusement erratique. Les yeux rivés dans les siens, elle se pencha légèrement vers lui et prit le plateau des mains pour le poser à son chevet.

- Peut-être est-ce une contrepartie de la mutation ?

Elle avait repris ce ton insatiable et curieux dont elle avait usé jusqu’ici à chaque fois qu’elle posait ses questions sur ses capacités de régénération. Le sourire qui étirait pourtant ses lèvres semblait trahir d’autres pensées.



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Artilleur infiltré
le Sam 23 Déc - 14:51
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Alors déjà, elle n'en fut pas offusquée. Pire que ça, je l'avais amusé et tendu une perche pour se foutre de moi. Elle s'était carrément approchée pour soulever le drap et pas se gêner pour mater ce qu'il y avait dessous: soit mon corps nu. J'étais en train de me demander ce qu'elle faisait jusqu'à ce qu'elle me sorte que pourtant, je n'avais pas l'air d'avoir si chaud. Comprenant alors ce qu'elle sous entendait: j'en avais une petite surement à cause du froid. Que pouvais-je répondre à ça ? Elle avait constaté, commenté et achevé ma personne. Déjà que je n'étais pas doué sur ce sujet, si en plus elle m'enfonçait direct, je ne savais pas quoi dire... Putain Yvan, pourquoi tu peux pas fermer ta gueule ? Enfin, elle posa sa main sur mon front, je senti une petite décharge, surement de l'électricité statique ? Elle fit mine de rien... Cela devait donc lui arriver souvent, non ? Normalement, ça surprend un minimum. Ajoutant que je n'avais pas de fièvre. Puis elle observa la perfusion, disant que rien là non plus. D'accord, elle me tournait en ridicule à présent... Garce.

Un autre sarcasme disant qu'il ni avait pas de drogue ou d'alcool dans la nourriture. Ok, elle va pas me lâcher avec ça ? Je détournais les yeux, cherchant un truc intéressant à observer pendant qu'elle terminait son numéro. Mais rien à regarder, rien qui attirait mon attention, évidemment. Anya s'était redressée, laissant sortir son coté dominatrice, posant un doigt sur mon torse nu. Je l'observais, me demandant ce qu'elle faisait. Les yeux dans les yeux, on se toisait ainsi jusqu'à ce qu'elle se penche doucement vers moi. Mon rythme cardiaque c'était accéléré, je n'aimais pas ce genre de situations parlant de sexe ou d'amour. Je n'y connaissais rien et cela ne m'avait jamais spécialement intéressé, du coup, j'étais si néophyte dans le sujet que ça me stressait un peu qu'on le remarque. Juste pour une raison: mon père m'avait apprit à mimer les émotions pour être discret pour être comme tout le monde. Ne pas attirer l'attention sur ma mutation ou ma psychologie instable voir dangereuse pour les autres. Du coup, me retrouver à feinter quelque chose que je ne comprend pas du tout... Oui, c'est quasiment impossible. Qu'aurait fait un homme normalement constitué dans ma situation ? Tuer Anya pour arrêter toutes ses questions et petites moqueries ? Non, ça c'était ma façon de faire, de penser... Je ne me voyais pas lui expliquer ça, ni qu'elle m'aide à comprendre ce que je ne ressens pas. C'était donc simplement la merde.

Donc, elle s'était penchée pour récupérer le plateau et me l'enlever vu que j'avais terminé. Me demandant si c'était une contrepartie à ma mutation. Retour à sa curiosité, fin de la moquerie du coup ? Quoique son sourire disait autre chose, mais quoi ? Je n'en savais rien... Faudrait vraiment que j'apprenne à décrypter les émotions des gens, ça me faciliterait la tâche pour les comprendre et savoir comment réagir. Je haussais alors les épaules, sans trop sourire, mon expression était redevenue neutre, ne sachant pas laquelle adopter...

"C'était juste une blague... Pas besoin de faire tout ce numéro hein ?"

Devais-je faire genre j'avais mal pris sa remarque sur mon intimité ? J'avais noté que les hommes aimaient se pavaner niveau virilité. Celui qui a la plus grosse, celui qui est doué au pieu ou endurant. Combien de fois avais-je écouté ce genre de discussion que je trouvais sans le moindre intérêt... Bon, essayons de parler comme un beauf moyen afin d'éviter toute suspicion.

"Personne ne s'est jamais plaint de ma virilité d'ailleurs."

En même temps, personne avant elle ne s'y était intéressée ou en tout cas, avait jeté un regard. C'était un peu étrange et je ne savais comment réagir, mais qu'elle m'est observée nu en soit ne me dérangeait pas. Quelle importance ? Un corps humain est un corps comme un autre. Elle en avait déjà vu plusieurs de part son métier. C'était un coup d’œil et une remarque de la part d'une médecin. Et son seul but c'était d'en revenir à ma mutation, assouvir sa curiosité.

"Et nan, la contrepartie à ma mutation est tout autre. Je n'ai... Pas de pulsions sexuelles si c'est ça que tu crois."

C'était vrai, j'en avais pas. J'en avais jamais eu... Enfin si, quand je tuais, je ressentais du plaisir, j'avais même eu un regard déplacé à une compagnon ce qui après coup, m'avait même surpris. Peut-être qu'après assouvis mes pulsions meurtrières, je gagnais pendant quelques temps, des émotions ? Allez savoir... Mais revenons à Anya et son sourire qui m'intriguait, à quoi pensait-elle ?

"Et je peux savoir ce qui te fais tant sourire ? Exprime donc ta pensée, ça m'intéresse."

Moi aussi j'étais curieux. Je voulais comprendre le genre humain pour mieux l'imiter. J'étais parfois même jaloux de voir les gens ressentir tout plein de choses alors que moi... Que dalle. Ma vie semblait bien vide.

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Médecin-chirurgien
le Dim 24 Déc - 14:46
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Anya fut presque déçue de la réponse de l’artilleur. Elle s’était attendue à plus de répartie de sa part. Avait-elle touché un point sensible ? Quand bien même était-ce le cas qu’elle n’en ressentait pas le moindre remord. Yvan avait voulu jouer. Elle accueillit donc ses répliques avec un haussement d’épaules, visiblement peu convaincue. La remarque concernant sa virilité ne parvint qu’à étirer légèrement son sourire. C’était d’un classique ! En dépit de sa première déception, la jeune femme ne manqua pourtant pas son allusion à la mutation. Une étincelle d’intérêt éclaira son regard tandis qu’elle croisa les bras sur sa poitrine. Elle toisait toujours le jeune homme avec un sourire laconique, expression qui semblait le troubler plus qu’elle ne l’aurait imaginé.

- Oh, ça...lâcha-t-elle en haussant une nouvelle fois les épaules, elle fronça les sourcils puis reprit sur un ton plus sérieux, parle-moi un peu de cette contrepartie, s’il te plait.

Sans le quitter des yeux, elle tira la chaise à elle et se rassit. La chirurgienne avait volontairement éludé sa dernière question et s’était concentrée sur la mutation du jeune homme. Son sourire s’était d’ailleurs légèrement estompé ; laissant place à cette expression avide et curieuse si caractéristique chez elle dès qu’on lui mettait un sujet digne d’intérêt sous les yeux. Puis, visiblement traversée par une idée, elle écarquilla les yeux et leva un doigt, retenant un nouveau sourire qui menaçait d’étirer encore ses lèvres.

- Je sais, tu réponds à ma question et je te dis ce que tu veux savoir. Ça te va ?

La tête légèrement penchée de côté, elle ne le quittait pas des yeux.



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le Lun 25 Déc - 13:38
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C'était un feu d’artifice d'expression qui passait sur le visage de Anya, un coup elle semblait s'amuser en souriant et après elle tirait la tronche comme si quelque chose la contrariait. C'était compliqué de traduire tout ça, de comprendre, d'analyser... Que voulait-elle ? A quoi pensait-elle ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement dire ce qu'elle pensait et voulait ? Pourquoi fallait-il toujours décrypter ? Autant au début, je m'amusais un peu, autant là, j'étais perdu. Interpréter des choses qu'on ne ressent pas soit-même est tout de même difficile. Un exercice que j'essaie de réaliser mais là, j'étais largué. Surement car j'avais sous entendu du sexe... Réfléchis Yvan... Qu'est-ce qui t'excite et qui semble être similaire aux envies bestiales de tes congénères ? Eux, c'était le sexe, moi, c'était le meurtre. Souriait-elle vis à vis de ça ou se moquait-elle simplement de moi ?

Son regard me porta de l'intérêt quand j'avais parlé de nouveau de ma mutation, ça au moins, c'était facile à comprendre. Elle avait une forte curiosité et je pourrais peut-être m'en servir à mon avantage. Peut-être. Tout dépend ce qu'elle attend de moi. Si elle compte me garder ici comme cobaye, sa curiosité sera assouvie sans que je puisse tenter quoique ce soit. Elle me fixait toujours avec son sourire que je n'arrivais pas à décoder. Haussa les épaules et me demanda de parler de cette contrepartie. Là mon gars, c'était le moment de trouver une idée de génie pour cacher la vérité. J'avais déjà menti sur ma mutation, disant que c'était suite à un accident... Alors que j'étais né ainsi et la contrepartie, l'absence d'empathie et d'émotions était tout aussi ancienne. Sauf que là, je ne pouvais pas lui parler de mon soit disant désordre psychologique. Si j'en parlais, avouons le, ça va jeter un froid...

Me fixant toujours, elle prit le temps de s'assoir. J'avais remarqué qu'elle ne tenait pas trop en place. Un coup debout, un coup assit. Elle leva un doigt comme pour me couper et ajouter encore quelque chose. Me proposant de répondre à sa question et elle répondra à la mienne. Incroyable, la situation avait évolué où je n'étais plus le seul à être interrogé... Voilà que je pouvais assouvir ma curiosité. Il avait suffit de lever un drap pour ça ? Les gens et leurs histoires de culs, ils sont vraiment étranges hein ?

"En cas de blessures graves, comme là, j'ai un surplus d'endorphine. Ce qui fout le bordel dans ma tête et... C'est confus, tout ce bouscule et je ressens des trucs étranges. Comme des émotions que je ne connais pas. C'est pour ça que je voulais retirer la perfusion et manger, ça atténue ce problème et je... Redeviens moi-même ?"

Ouais, ça me semblais pas mal. Elle allait surement me sortir que c'était normal, le cerveau a tendance à merder quand on est bien blessé. Tant qu'elle ne relevait pas les émotions que je disais ne pas connaitre, tout irait bien. Pour éviter ça, je pouvais la relancer sur le sujet de moi à poil peut-être ? Apparemment, ça l'avait bien amusé. Mais bon, j'allais encore me couvrir de ridicule et ça ne m'aiderait pas beaucoup si je ne savais plus quoi dire. Mais en même temps, si elle en oubliait ma mutation et la contrepartie, était-ce vraiment grave ? Je fis un sourire, essayant de l'imiter même si j'ignorais le fond de sa pensée.

"Je me sens un peu lésé. Toi tu t'es bien amusée à m'observer à poil et j'ai même eu droit à une remarque. Tu trouve ça équitable ?"

Ok, là c'était peut-être un peu trop. Déjà j'aimerai bien qu'elle réponde à ma première question. Et cette dernière tirade me semblait tellement pas naturelle sortant de ma bouche que j'en étais déjà mal à l'aise. J'essayais de me concentrer, de comprendre ce qu'elle voulait de moi hormis des informations sur ma mutation. Je devrais demander un autre repas ou à boire, comme ça, on zappe ce passage gênant et j'en profite pour déguerpir pendant qu'elle part me chercher ça. Tout serait tellement plus simple. Quoique, me promener à poil dans un endroit inconnu. Pas sûr que ce soit réellement plus simple.




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Médecin-chirurgien
le Lun 25 Déc - 19:34
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- Equitable ?

La question grinça, accompagnée de ce sourire énigmatique qui semblait tant troubler l’artilleur. Ne s’était-il pas gêné pour la reluquer dès son réveil ? Anya n’avait certainement pas manqué le coup d’œil insistant qui avait décrit ses courbes, tentant de percer à travers son uniforme. Les sourcils froncés, elle considéra un instant sa question. La tête toujours penchée sur le côté, elle finit par rompre son immobilité et hausser les épaules avec fatalisme.

- Rien n’est très équitable dans le métro, les yeux plissés, elle ajouta avec un sourire venimeux, et tu crois que je n’ai pas manqué la façon dont tu m’as reluqué dès le début ?

Elle leva une main, comme pour l'interrompre et poursuivit sur un air entendu. Les hommes avaient cette fâcheuse tendance à se croire discrets et fins. Et les femmes, sans doute, à faire comme si de rien n’était mais cela était un tout autre sujet.

- Bon je l'admet, j'ai peut-être un peu exagéré pour cette histoire de coup de chaud.

Nouveau haussement d’épaule et changement de sujet, la chirurgienne revint à l’assaut de la fameuse mutation.

- Qu’est-ce que tu ressens exactement ? Quel genre d’émotions ?

Les éléments de réponse d’Yvan n’avait pas manqué de la surprendre. Il semblait relativement bien renseigné sur le sujet et elle ne s’était certainement pas attendue à entendre de la bouche d’un soldat de la Ligne Rouge parler d’endorphines. Pour ce qu’elle ne savait, en excès cette dernière pouvait produire des effets pour le moins surprenant.

- Hum je crois que je n’ai pas répondu à ta question, c’était quoi déjà ?

Son air faussement innocent n’aurait pu berner personne.

- Je me disais que l’endorphine se produit à l’excès dans des cas très particulier, elle leva un doigt pour en faire le décompte, après un effort sportif intense.

Elle marqua une légère pause puis leva le second doigt. L’espace d’une seconde le sourire laconique avait refait surface. Elle passa la langue sur ces dernières avant de reprendre sur un ton détaché :

- Ou après une bonne partie de jambes en l’air.



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le Lun 25 Déc - 22:50
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Anya ne sembla pas apprécier mon histoire d’équités. Enfin son ton disait une chose, son sourire en disait une autre. Que devais-je en conclure ? La tête inclinée sur le coté, elle haussa finalement les épaules pour reprendre la parole. Sa gestuelle, ses sourires, son ton, c'était un véritable exercice de la décrypter... J'en avais presque mal à la tête. Elle disait donc que rien n'était équitable dans le métro et qu'elle avait vu mes regards à mon réveil. Que je l'avais reluqué. Quoi ? J'évaluais sa corpulence dans le cas éventuel d'un conflit afin de prendre rapidement le dessus. D'accord, j'avais un peu regardé pour le plaisir, enfin n'ayant pas spécialement d'attirance sexuelle, je la regardais comme on observe un objet qu'on qualifie de beau. Bon, je n'étais pas totalement indifférent, ça serait mentir, mais de là à dire que je la désirais... Peut-être pas. J'allais lui répondre que... Je détaillais mon interlocuteur par curiosité, rien de lubrique ou autre, mais elle levait déjà la main pour me couper.

Disant qu'elle admettait en avoir un peu trop fait pour l'histoire du coup de chaud. Un peu ouais. Et elle enchaina en repassant à l'attaque sur ma mutation. Mais meuf, tu lâche jamais l'affaire ? Ce que je ressentais, quel genre d'émotion ? Compliqué ça... Que pouvais-je répondre ? Quoique, comme disait mon paternel: les émotions, c'est compliqué à expliquer, ça se ressent, ça s'expérimente, ça ne s'explique pas. Sortir un truc du genre suffirait plutôt qu'essayer de le décrire. Surtout que bon, expliquer ce que je ressens... Tu vois un immense trou béant ? Ben voilà, tu imagine parfaitement ce que je ressens. Remplissant cette fosse avec des cadavres et de l'adrénaline. Anya dit alors qu'elle n'avait pas répondu à ma question, attirant mon attention en me sortant de mes pensées. J'étais alors toute ouïe. Elle affichait un air... Plutôt étrange, comme si elle faisait mine de rien, l'air innocent que je savais si bien employé quand j'étais chez moi et qu'on me questionnait. Expliquant qu'elle pensait que l'endorphine pouvait être produit à l'excès dans certains cas. Levant un doigt pour énumérer ensuite en disant après un effort sportif intense. Je l'observais, intrigué. Me disant que ouais, après une longue course en étant poursuivit par des mutants, mon cerveau avait un peu déraillé. Large sourire suivit un passage sensuelle de sa langue sur ses lèvres pour finalement dire: ou après une partie de jambes en l'air.

Je sentis une boule se former dans mon estomac. J'avais chaud et cette fois, ce n'était pas une connerie pour la taquiner. Mes yeux s'étaient écarquillés, ouvert en grand quand elle avait dit ça. Je fuyais alors son regard, cherchant un truc à observer, n'importe quoi qui pourrait attirer mon attention. Sauf qu'il ni avait rien de particulier. Les idées de réponses défilaient dans ma tête, des images d'elle s'approchant de moi et m'embrasser. C'était un bordel incroyable dans mon esprit, pire que d'habitude. J'étais habituellement calme, froid et calculateur. Là, j'étais sur une pente glissante et je n'avais aucun outil pour m'agripper. Devais-je me laisser entrainer ? Attends, j'avais des pulsions, des envies que je voulais assouvir. Parfois, j'arrivais à les combler sans avoir à tuer. Et si c'était ça le truc ? La production d'endorphine ? Si j'en produisais suffisamment, mes pulsions s'estompaient ? Genre là, j'avais plutôt bien morflé et je n'avais pas spécialement envie de tuer Anya qui me taquinait ou se moquait de moi. Si la clé c'était ça ? Quoique, ça voudrait également dire que pour ne pas tuer, je devrais sois coucher, sois faire du sport, soit morflé régulièrement. Avouons que comme type de vie, il y a mieux. Mais toujours mieux qu'être un tueur au sang-froid et sans empathie ?

Reprenant contenance après plusieurs secondes, évitant toujours son regard. Que pouvais-je lui répondre ? Que j'en sais rien car... J'ai aucune expérience en la matière ? Je n'ai même jamais embrassé de femme, c'est pour dire. Si je lui disais ça, je l'imaginais déjà se moquer de moi. Et mes pulsions prendre totalement le dessus pour vouloir la tuer, la faire cesser de rire. Enfin au point où j'en étais...

"Et bien... J'en sais trop rien de ce coté là. Je lui lançais un regard, inclinant la tête à mon tour. Tu vas me dire qu'on peut expérimenter ça ?"

Haussant les épaules à mon tour, laissant mes yeux sur elle pour l'observer, voir sa réaction. Espérant que la moquerie ne soit pas trop violente ou douloureuse. Persuadé que de toute façon, ça allait déraper et mal finir, je me disais que je n'avais plus rien à perdre. Autant être franc. Dans le pire des cas, une morte ne pourra rien raconter, non ? Restait encore à voir comment j'allais passer de ce lit, nu, à moi debout en train de la tuer. Mais chaque chose en son temps. J'étais plutôt bon pour improviser de ce coté là.

"C'est compliqué à expliquer. C'est comme ressentir quelque chose pour la première fois. C'est... Indéfinissable."

Mon visage était dénué de toute expression, mon ton était neutre. Mais j'étais nerveux. Elle m'avait touché d'une façon que je n'avais pas pensé possible. Je me sentais un peu fragilisé, découvrant quelque chose de nouveau... Du bonheur ? De l'amour ? Non, à écouter les autres, c'est des trucs agréables ça. Du coup, de la honte ? Peut-être... Allez savoir... Comme je venais de le dire: quand tu découvre quelque chose d'inconnu, comment peut-on savoir ce que c'est ?

"Et je t'ai reluqué par curiosité. J'étais justement encore dans le gaz de l'endorphine... Désolé d'avoir pensé un instant que tu étais plutôt pas mal."

Là, ma voix avait été plus hésitante. Je n'étais vraiment pas doué pour ça. Pourtant je disais simplement ce qui me traversait l'esprit. Juste, je n'étais pas habitué à ce genre de pensées, justement. Bon... Là bas, derrière elle, un pantalon. Pas le mien, mais ça fera l'affaire. Mon corps était bien remit. Il était temps de foutre le camp je crois. J'aime pas trop cette situation que je ne maitrise pas du tout.

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le Mar 26 Déc - 17:58
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Anna allait de surprise en surprise. De ses premières révélations, elle ne put retenir un haussement de sourcil. Elle eut assez de bon sens pour ne rien relever. Son regard dériva légèrement vers le dossier qui donnait l’essentiel des informations sur le jeune homme. Quel âge avait-il déjà ? 29 ans, à peine plus âgé qu’elle. La chirurgienne ne s’attarda pas davantage sur le sujet, happée par le reste des paroles d’Yvan. Elle croisa les jambes puis les décroisa, légèrement mal à l’aise mais surtout profondément intriguée. Son sourire n’avait pas totalement disparu. Les yeux plissés, elle écoutait le jeune homme. Comme elle tentait de retenir le sourire qui menaçait d’éclore sur ses lèvres, de légères fossettes creusèrent ses joues. Elle finit par plisser le nez et prit une moue vexée, décidant de rebondir sur son utilisation du passé.

- Parce que je ne le suis plus ?

Elle n’avait pourtant pas manqué le compliment qu’il avait glissé de cette manière, ni le regard qui la fuyait. De toute évidence, Yvan était gêné par le sujet. Il ne cherchait pourtant pas à l’éviter et, l’espace d’un instant, elle avait été tentée de l’épargner en réorientant leur conversation. Mais Anna était ce qu’elle était et elle n’avait pu s’empêcher de rentrer dans son jeu. Elle passa une main sur son menton, prit un air légèrement songeur puis lâcha sans vraiment le regarder.

- L’endorphine, c’était donc ça…moi qui croyait que tu étais intéressé par moi.

Elle haussa les épaules. Si l’on omettait l’étincelle amusée qui dansait dans son regard, elle avait l’air presque déçue. La main englobant toujours son menton, elle caressa du bout des doigts sa lèvre inférieure. L'espace d'un instant, elle fut tentée de le provoquer physiquement, de tester ses réactions puis elle se ravisa. Peut-être n'était-elle pas aussi cruelle que ça ?

- J’ai beau être une femme de sciences, je suis intimement convaincue que l’expérience reste un des moyens les plus efficaces d’apprendre de nouvelles choses.

Anna ne faisait plus rien pour dissimuler son amusement. Elle observait toujours Yvan qui semblait vouloir se dérober. Bien qu’elle n’en tirât aucun véritable plaisir, Anna devait le reconnaître, elle aimait bien voir s’effriter son assurance à mesure qu’elle avançait sur le sujet. Et, pour la défense de ce dernier, Yvan avait eu au moins le mérite d’être honnête, reconnaissant à sa manière son ignorance. Qu’il soit de la Ligne Rouge ou non, Anna ne s’était certainement pas attendue à ce qu’un soldat s’avère inexpérimenté. Pour ce qu’elle en savait, ils avaient plutôt tendance à être les premiers renseignés et, surtout, les plus prompts à en parler.



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