Alexandra Kitsetskaya (Terminée)
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Ex-nettoyeuse en reconversion
le Dim 26 Nov - 8:04

Passeport
Age :: 31 ans
Patronyme :: Mikhaïlovna
Surnom :: Sasha

Alexandra Kitsetskaya
« J'ai aucun problème de self-control. C'est les autres qu'arrivent pas à s'empêcher de me faire chier ! »

FACTION :: V.A.R.
PATRONYME :: Mikhaïlovna
PROFESSION :: Ex-nettoyeuse de la Hanse, elle cherche aujourd'hui un plan de reconversion professionnelle
SEXUALITE :: Hétérosexuelle

DATE DE NAISSANCE :: 24 décembre 2014
ÂGE :: 31 ans
TAILLE :: 1 m 70

Profession & Faction


Alexandra tente de refaire sa vie dans l'Alliance Nord-Est, le V.A.R. où elle s'est pour ainsi dire retrouvée coincée. Elle s'invente des curriculum pour taire son passé de tueuse et enchaîne (désastreusement) les petits boulots pour tenter de s'y tailler une place.


Physique





Elle fredonne un air entraînant entre ses lèvres minces, plein de notes envolées. Les longs doigts de sa main musclée tapotent en rythme sur sa cuisse : son pantalon est d'un genre de polymère sombre qui renvoie un son de plastique. Assez moulant d'ailleurs. On s'égare vite sur son petit cul.

« Tu ne serais pas en train de me reluquer, des fois ? »

Oh sainte mère. Elle a tourné son regard vers moi : je suis à peu près certain qu'il y a plus de chaleur dans les yeux d'une vipère que dans ceux-là. Ils sont d'un gris changeant, qui me donne parfois l'impression de virer à un vert clair de ruisseau. C'est un peu déconcertant, mais pas autant que le gros flingue qu'elle pointe maintenant vers mon front.
Je fais non de la tête. Allongé sur les gravats comme je suis, je ne peux pas faire grand-chose d'autre. Elle esquisse un sourire démoniaque, celui qu'ont les types dérangés avant de tout faire sauter : mais aucun caisson n'explose pour l'instant. Elle reprend sa chanson.

Dommage qu'elle soit aussi cinglée. Son haut est dans le même goût que son bas, serré et mat. Ça a l'air solide, mais un peu usé aussi. Elle a la poitrine plutôt menue. C'est comme ça que je les préfère.

J'ai à peine le temps de me dire ça qu'un grand claquement m'arrache le tympan. Une demie-seconde plus tard elle me colle la bouche brûlante de son arme sur la joue. Voilà qu'une petite odeur de grillé arrive à mes narines : j'ai envie de gueuler mais je sais que c'est une mauvaise idée, et puis, j'en ai vu d'autres.

« Mate-moi encore et je descends un autre de tes petits potes. »

Elle me sourit de toutes ses dents, petites, blanches et un chouilla pointues. J'en fais autant, le cerveau submergé par les drogues : qu'est-ce qu'elle me plaît. Complètement déjantée. Et puis, j'ai jamais aimé Vassili. Il est bien là, l'arrière du crâne en bouillie.
Je sens son haleine sur moi. C'est un mélange d'alcool et de menthe, pas désagréable. Il y a un soupçon de parfum au niveau de sa gorge, quelque chose qui ressemble à du cassis ou de la mûre. Ouais, les fruits des bois (du moins ça m'évoque les merdes à grignoter qui clament ça sur l'emballage), ça lui va bien.

Et ces cheveux. J'ai toujours eu une préférence pour les blondes, mais ces mèches en bataille qui fouettent l'air comme des épines, ça me rend dingue. Brune comme de l'huile de moteur, sur sa peau pâle des jeunes nés dans le métro...

Elle m'attrape l'index et le pète en deux, d'un geste soigneusement étudié. Ça fait un craquement de bois mort. Je me tortille pour lui échapper, et elle se contente de claquer de la langue avec une mine faussement chagrinée.

« Toi, tu n'es vraiment pas très sage, et beaucoup trop défoncé pour comprendre ce qui est en train de se passer. »

J'adore son visage. Il y a une espèce d'harmonique sauvage dans ce qu'il dégage. Le nez fort et des pommettes saillantes suggèrent un lointain héritage caucasien, là où la silhouette en amande de ses yeux me fait plutôt penser à une ascendance asiatique. Ou alors c'est juste moi qui déconne.
Elle a les traits particulièrement anguleux, de ceux qui laissent aisément transparaître les émotions qu'il y a derrière... et pourtant je ne lis pas grande expression dans sa figure blême, sinon une sorte d'excitation sous-jacente. Si c'était un mec elle serait en train de bander, sérieux. Le sang l'enivre.

Je lui dis qu'on devrait partir. Rien qu'elle et moi.

« Avec toi ? » Elle éclate de rire. C'est pire que le pôle Nord tellement sa voix dégouline de mépris. « C'est quoi ton nom ? »

J'ouvre la bouche pour lui répondre : elle en profite alors pour introduire le canon de son flingue entre mes dents, en brisant une ou deux au passage. Je sais déjà qu'elle va presser la détente tandis qu'elle me murmure quelque chose... Ça ressemble à un va te faire voir.




Mental


« Tu sais ce que c'est une inhibition ? C'est la sécurité que tu mets sur ton arme. Le jour où les parents d'Alexandra ont fait voler les draps, ils ont fabriqué un putain de fusil sans sécurité. »

Alexandra est un concentré de violence déguisé derrière un masque malicieux. Adolescente, elle a rapidement compris que celui qui aboyait le plus fort avait souvent raison : adulte, elle a réalisé qu'il était bien plus simple de devenir ce qu'on faisait semblant d'être. S'abîmer dans la brutalité est devenu un moyen facile d'échapper à la peur des autres qui la tenaillait auparavant, et dans ce domaine, elle est capable de taire ses moindres états d'âme.

On pourrait lui prêter une forme de courage, ou l'accuser d'être une impulsive déraisonnable : ce n'est pas le cas. À sa façon, la tueuse à gages est une personne très réfléchie et même très logique, qui étudie assez clairement les situations se présentant à elle. Mais elle n'a pas de discipline ni de sang-froid lorsque l'action lui saute au visage, et elle réagit alors dans l'excès, sans plus se torturer les méninges une seule seconde. Et une fois lancée dans sa course, il lui faut un long moment pour redescendre et retrouver un semblant de normalité.

Elle aime la Terre qu'elle n'a pas connue. Une Terre qu'elle a découverte dans des bouquins sans queue ni tête, dans des histoires racontées au détour d'une poubelle en feu. Lorsqu'elle dort, il lui arrive de rêver d'un lever de soleil rose et mauve qui teindrait le ciel comme une tache d'encre sur du papier. Elle s'imagine le bruit du ressac de la mer, son goût salé - est-ce que ça ressemble à la transpiration ? À la viande de rongeur ? Elle dessine dans la poussière du béton une myriade de points, du bout du doigt, et se persuade que ce sont des étoiles.

Alexandra a une protégée. Une jeune fille, une adolescente perdue qu'elle aurait dû tuer. Une fois déjà, elle a pris la vie d'un enfant : elle a refusé de recommencer, et a pris la gamine sous son aile. Une façon de se racheter à ses derniers scrupules. Lentement, au fil des mois, elle découvre ce que signifie avoir la responsabilité de quelqu'un et c'est une expérience qui l'effraie autant qu'elle s'y accroche. Mais se débarrasser du manteau d'assassin n'a rien d'aisé, et ce rôle lui colle encore trop à la peau pour qu'elle puisse envisager sereinement l'avenir.


Compétences


Ancienne meurtrière professionnelle, la nouvelle résidente du V.A.R. est bonne tireuse ; mais c'est surtout une excellente fouineuse. Elle sait se servir de ses yeux et de ses oreilles pour repérer les lieux et surprendre les gestes suspects indiquant qu'une personne se prépare à se battre ou à s'enfuir. Si elle met un point d'honneur à s'entraîner régulièrement, ce n'est pas dans l'optique de se mettre sur la figure avec sa cible (chassez le naturel, il reviendra au galop) mais plutôt dans celle d'être capable de s'infiltrer n'importe où, même si ça suppose d'escalader un mur ou de bondir par-dessus une crevasse.

Une autre donnée importante concernant Alexandra est qu'elle est l'un des premiers cas de mutant au sein de la génération née dans le métro : en cas de sollicitation importante du centre de la douleur, son cerveau se met à sécréter de façon pathologique une véritable marée d'endorphine qui la plonge dans un état d'excitation croissant. Outre le fait de la faire progressivement passer pour une cinglée, cette particularité lui permet surtout de compenser la souffrance d'une façon difficilement compréhensible pour les individus normalement constitués.
Le revers de la médaille est que ce sur-régime est suivi de dysfonctionnements neurologiques : la redescente des endorphines s'accompagne d'hallucinations cauchemardesques la laissant incapable de s'occuper d'elle-même pendant de bien longues heures, ce qui la tient  sagement éloignée du masochisme.


Possessions


Alexandra est littéralement une déserteuse. Employée par certains des plus retors des gros bonnets de la Hanse, elle a officié dans ces stations pendant plus d'une dizaine d'années en tant que nettoyeuse. Elle a emporté ses outils de travail dans l'Alliance Nord-Est, clandestinement : une tenue sombre d'un cuir qu'elle huile régulièrement lorsqu'elle ne la porte pas, ayant la propriété d'absorber partiellement les coups de poing ou de couteau. Et afin d'y répondre, la native du métro se départit rarement de son Nagant - un revolver sur-mesure, incapable d'accueillir plus de neuf munitions mais crachant la mort avec une rare virulence.

Inutile de préciser qu'elle adore le bruit légèrement ouaté qu'il produit.

En sus de ces objets, la Russe ne se départit jamais de son baladeur : un petit boîtier attaché à la ceinture qu'elle alimente au réveil à l'aide d'une dynamo, en rangeant soigneusement les écouteurs avant de passer à l'action - ou augmentant plutôt le volume, ça dépend un peu de son humeur.



Antécédents médicaux


Alexandra n'a pas clairement d'antécédent médicaux : il aurait fallu qu'elle consulte pour ça (certains seraient d'avis qu'on ne le répétera jamais assez à son sujet : elle doit vraiment consulter).
Un examen de sa constitution rapporterait toutefois qu'elle présente la cicatrice d'une blessure par balle à la hanche, la Russe ne semblant pas présenter de séquelle de l'incident.



Intérêts & Loisirs


La brune est une adepte des festivités et des défis, ne perdant pas une occasion dans ce monde morne et rude pour laisser libre cours à sa soif de sensations. On la verra souvent effectuer un pas de danse ou fredonner un air rapide ; sur son temps libre, elle adore bouquiner ou écouter les histoires de l'ancienne Terre, celles sur ce qu'était ou est encore la surface qu'elle n'a jamais connue (et qui en fait, ne l'attire pas tant que ça : elle aime sa vie sous terre, mais demeure curieuse de l'extérieur). Quant à ses quelques moments perdus, elle les passe régulièrement à s'entretenir physiquement afin de ne pas perdre l'athlétisme qu'est le sien.




Histoire

La musique. Elle est la seule à l'entendre, cette mélodie endiablée qui résonne à ses oreilles. Hochant la tête en rythme, claquant des doigts à ces moments où le tempo s'envole, Alexandra trace son chemin dans la station sans prêter attention aux regards suspicieux qu'on lui jette parfois. Son pas décidé, un rien dansant, l'amène jusqu'à ce petit bouiboui improvisé qu'elle apprécie, surtout après une journée passée à essayer de trouver un boulot correct : les types là-bas ont l'air encore plus dans la merde qu'elle, ça la rassérène un peu.

Elle s'assied sur une caisse en guise de chaise, dessine quelques cercles en l'air avec l'index pour attirer l'attention du patron. C'est un échalas entre deux âges, la barbe grisonnante et les yeux immanquablement alourdis de cernes violacées. Il accuse la bedaine des hommes de la quarantaine qui ne bougent pas autant qu'ils le devraient : impossible de se rappeler son nom, si seulement elle l'a déjà entendu.

Le type l'approche et pose un tabouret en face d'elle, où il s'installe une bouteille à la main. Alexandra reconnaît la couleur ambrée de l'alcool qu'elle préfère.

« Bien aimable » sourit-elle en tendant la main vers la boisson. L'homme la met hors de sa portée et lui parle sans qu'elle comprenne un traître mot, alors elle enlève ses écouteurs avec une mine contrariée. Elle aime vraiment la musique. « Hein ? »
« C'est quoi ton appareil ? Ce n'est pas un baladeur quand même ? »

Il désigne le boîtier attaché à sa ceinture, relié à ses oreilles par de longs fils sombres.

« Et si. Enfin, un genre de. Le gars à qui je l'ai pris avait l'air de croire qu'ils étaient différents avant que tout pète, mais j'ai pas connu. » Elle hausse les épaules, le geste secouant ses mèches de jais. « Il faut juste que je m'acharne sur la dynamo pendant une demie-heure quand je me lève, et je suis bonne pour la journée. Bon, cette bouteille, c'est pour décorer ou on peut s'empoisonner avec ? »
« J'trinque pas avec les gens que je connais pas. C'est quoi ton histoire ? »

Elle relève un coin de la bouche en une parodie de sourire. Un rictus narquois, presque mauvais.

« Ça efface mon ardoise ? »
« Celle d'hier seulement. »

Elle lève les yeux au plafond avec un soupir à fendre l'âme.

« T'es dur en affaires, patron... »

*

Je suis née dans le métro. C'était dans les toutes premières années où les gens s'enfermaient, pleuraient leur monde qu'on était en train de détruire dehors. Il paraît qu'il était merveilleux : quand je posais la question à mes parents, de ce qu'ils pouvaient me dire de la vie d'avant, ils échangeaient ce regard tellement triste entre eux, tellement douloureux... Et puis ils me souriaient, me disaient que ce n'était pas très important. Qu'on était tous sous terre maintenant.

Je ne sais pas ce qu'ils faisaient auparavant. Je sais juste qu'ils se sont reconvertis dans la récupération, l'acquisition et la revente d'à peu près tout ce qu'ils trouvaient. Toute petite déjà, je fouinais dans les recoins effondrés de ce qui deviendrait la Hanse, là où mes parents s'étaient assurés que l'endroit était sûr - si une telle assurance peut encore exister à notre époque.
Ils se méfiaient de tout. De tout le monde. Comme ils avaient raison !


*

« Ouais ! Je ne savais pas compter que je rampais déjà dans des conduits d'évacuation ! »
« Ça explique pourquoi tu t'attires autant d'ennuis. »

La femme plisse soudain les yeux, dévisage son camarade de beuverie d'un regard glacé.

« Qu'est-ce que t'en sais ? Tu me surveilles ? »
« Y a que des gens avec des emmerdes pour venir boire ici. »

Il opine doctement du chef. Il faut un long moment avant qu'un mince sourire ne vienne détendre le visage d'Alexandra. Elle balaie les environs et se permet un rire désabusé.

« T'as pas tort. »

*

Je n'ai pas compris tout ce qui est arrivé durant mon enfance. Au début tout allait... à peu près normalement. Et puis, sans que je saisisse de quoi il retournait, j'ai senti que tout le monde commençait à s'inquiéter. Il y avait des nouvelles chuchotées à voix basse, on disait que certaines stations en avaient marre du gouvernement. Que tout ça ne pouvait plus durer et qu'il fallait faire quelque chose.

Alors quelque chose a été fait.

Je ne sais pas si c'était la bonne solution. Et puis, est-ce qu'il y en avait une seulement ? Tous les maux n'ont pas de remède. La violence en est-elle un au désespoir, c'est une question que je laisse à d'autres.
Y a eu la ligne Rouge, et puis la disparition des pontes, et puis... ce gros foutoir. Je me rappelle qu'à un moment donné on bougeait beaucoup, ne restant jamais trop longtemps dans les mêmes stations. J'ai fini par réaliser que mes parents volaient les gens, ce qui expliquait déjà pas mal pourquoi ils n'aimaient pas trop s'attacher à un endroit particulier. Jusqu'à la naissance de la Hanse.


*

Alexandra appuie la joue contre sa paume, secouée d'un rire silencieux. Le patron retient lui aussi son hilarité : tous deux, bien imbibés, ont consciencieusement vidé la bouteille. Il appelle ça du schnaps, avec un accent qu'elle trouve irrésistiblement drôle.

« Alors t'es fille de voleurs, hein ? Ça ne me rassure pas quant à tout ce que tu me dois ! »
« On avait dit plus d'ardoise ? »
« L'ardoise d'hier, oui. Qu'est-ce que tu fais de celle du mois passé ? »
« Alleeez ! »

Devant la mine faussement inflexible du tenancier, la Russe prend à témoin un client attablé non loin : un jeune homme, l'air timide, presque déplacé dans cet endroit où se retrouvent les paumés de l'Alliance Nord-Est.

« Hé, toi ! Dis-lui qu'il abuse ! »

L'intéressé se contente d'un sourire nerveux, avant que l'homme ne vienne à son secours :

« Disons que j'éponge ta dette des deux derniers jours et que tu laisses ce p'tit gars tranquille. »
« À la bonne heure ! Bon, où j'en étais... »

*

La Hanse, c'était la liberté. En quelque sorte.

Adolescente, j'ai compris qu'une seule chose faisait carburer toutes ces stations aussi sûrement que le sang dans les veines : la richesse. Les munitions. Savoir nourrir un flingue devenait aussi vital que se nourrir soi-même.
Alors, quand mes parents allaient se coucher après une journée à fouiller dans la poussière pour trouver des bibelots, moi je filais en douce et rejoignais les coins mal famés du métro. Je laissais traîner mes oreilles, j'observais comment faisaient les autres. Ça n'a duré qu'un temps avant qu'on me repère et qu'on comprenne que j'étais intéressée.

C'est comme ça que j'ai débuté les menus larcins. Pourquoi s'emmerder à prendre des risques quand on peut envoyer une gamine à la place ? Ça ne coûte pas grand-chose et c'est une assez bonne assurance-vie. C'est durant cette période que j'ai découvert ma... particularité, au terme d'une escapade qui a mal tourné. Et je ne vous raconterai pas les détails.
Y a quelque chose qui cloche chez moi. Dans mes neurones ou ailleurs, aucune idée. Je ne sais pas trop pourquoi ni comment, mais être blessée revenait à me plonger dans un état d'excitation carrément malsain. Je prends mon pied. Ça m'a sauvé la vie, et ça m'a aussi valu de découvrir l'enfer sur terre : parce que chaque fois que mon corps doit revenir sur terre, je perds la tête. Je vois et j'entends des choses qui n'existent pas, qui me mordent et me hurlent dans l'oreille. Mon cerveau pète complètement les plombs.


*

« Tu racontes n'importe quoi. »
« Pas du tout. »
« Masochiste, alors. »
« Les masochistes n'apprécient pas de se faire tirer dessus. Et ils ne se tapent pas une crise d'hallucinations d'une demie-journée après. »

Elle profite de l'incrédulité de son interlocuteur pour se retourner sur sa caisse et interpeller le jeune homme de tantôt. Elle lui fait signe de les rejoindre et, après un moment d'hésitation, il obtempère. À peine arrivé à leur hauteur la femme l'attrape par les épaules et le fait s'asseoir juste à côté d'elle avec un clin d’œil.

« Je vois bien que t'es pas dans ton assiette. Chagrin d'amour ? » Elle le pousse de l'épaule. « Bah, réponds pas, je le vois bien. Alors profite de l'histoire toi aussi, ça te changera les idées. »

*

J'ai gagné mes galons, comme on dit. Clandestinement, à l'insu de mon père et de ma mère, je suis devenue la gamine la plus malfaisante de la Hanse. Je me suis mise à gagner plus que mes parents, à me composer un pactole secret que je fourrais sous une vieille trappe comme un trésor de pirate. C'était un train de vie grisant et terriblement excitant : il m'en fallait toujours plus.

Alors les truands qui m'employaient ont décidé de me faire confiance. Ils m'ont mise sur des coups de plus en plus... et bien, foireux. Ça ne se passait pas toujours très bien mais, l'un dans l'autre, je faisais le travail.
Les années ont passé. J'ai pris mes distances avec ma famille, leur faisant croire que j'avais trouvé un petit poste dans les stations les plus éloignées - et que j'y réparais tout un tas de bidules inintéressants. Ils m'ont crue, et ça m'a fait plus mal que je ne m'y attendais. Mais bon, c'est la vie.

Et puis un beau jour, le boulot a complètement dérapé. Une transaction s'est terminée dans un petit carnage. Tu sais ce que ça fait de se retrouver dans une situation où tout le monde s'en met plein les dents, où des types se mettent à crier si fort que t'en as mal pour eux ? Y a de quoi perdre la tête. C'est comme ça que j'ai vraiment goûté à la brutalité et j'en ai été terrifiée.
Y avait qu'une seule façon, après, de gérer cette sainte terreur tapie en moi. C'était de replonger dans le même genre de folie, au fin fond de la violence.

Par la suite j'ai été voir les employeurs les plus pourris, les vrais sales types. C'est là que ça a commencé.


*

« Alors tu es devenue... quoi, une porte-flingue ? »
« Une nettoyeuse. Quand y a des gens qui posent problème, il faut les nettoyer. Un concurrent ambitieux et menaçant, un quidam qui vient de mettre la main sur un bon filon et refuse de le céder, un fouineur... Y a toujours une bonne raison pour payer un nettoyage. »
« Fille de voleurs et tueuse à gages. T'es une pourriture, en fait, hein ? »

Alexandra se fend d'un sourire éclatant et passe un bras autour des épaules du jeune homme à ses côtés. Gagné par son charme insolent, celui-ci semble partagé entre amusement et gêne.

« Hé, ça c'était dans la Hanse. Je suis au V.A.R. maintenant ! »
« J'aurais peut-être mieux dormi si t'y étais restée... »
« Pas d'impolitesse ou je me mets à tuer tout le monde. »

Un silence épais tombe suite à sa menace. Elle lève alors les mains en l'air et éclate d'un chaud rire de gorge :

« On se détend les garçons, je plaisante ! Bon, je veux bien vous donner la suite, mais va nous chercher une autre bouteille patron. Si tu veux bien. Et pas d'ardoise ! »

*

Pendant des années, j'ai flingué des gens. C'est fou comme c'est facile, en fait. N'importe quel crétin un peu patient, un peu méthodique et un peu athlétique peut y parvenir. Le plus subtil c'est la prise d'informations : savoir où va la cible, qui elle rencontre, ce qu'elle fait. Vous devez devenir son ombre, sa conscience. N'importe qui devrait pouvoir vous poser la question : qu'est-ce qu'il fout en ce moment ? Et vous devez être capable de répondre. Lorsque c'est fait, vous tracer au moins deux voies pour vous échapper sur votre plan mental. Vous vous assurez que vous êtes en bonne condition physique, suffisamment pour semer ou rattraper n'importe qui... Et après, y a plus qu'à.

Y a fallu une dizaine d'années avant que ça foire.

J'étais en binôme, une fois n'est pas coutume. Un certain Baranov, quelque chose comme ça... Notre cible, c'était une petite morveuse de dix-sept printemps qui était la dernière sur la liste de succession. Un à un, son papy, son père, sa mère... Ils avaient tous fini au fond du trou. Elle récupérait l'affaire familiale, la gestion d'un laboratoire pharmaceutique dans l'une des stations les plus riches de la Hanse. Et tu sais c'était qui, le commanditaire ?
Son oncle. L'héritier en queue de peloton.

Oh, on l'a trouvée la môme. Chez elle, terrifiée. Elle savait ce qui l'attendait. Elle savait ce qu'on était venu faire. Elle était là, à quelques mètres de nous, dans son petit salon cosy... On s'est regardé, Baranov et moi. Alors elle a sorti un pistolet de je ne sais où et vidé le chargeur sur nous.

Je me suis déjà jugée, vous en faites pas. J'avais aucun autre choix. Lorsque les balles se mettent à siffler à côté de vous après avoir transformé la moitié du visage de votre acolyte en éclats d'os ensanglantés, vous n'avez absolument aucune autre réaction humaine que celle de répliquer. C'est viscéral, toutes vos tripes vous hurlent d'appuyer sur la détente.
Je l'ai tuée. Et son fantôme m'a poursuivie.


*

« J'en ai eu ma claque. J'ai quitté la Hanse et toute cette pourriture pour venir ici. Et me voilà. »
« Sacrée histoire... alors tu essaies de te reconvertir dans... ce que tu trouves ? »
« Oui m'sieur. »

Enjouée, elle tend la main vers la bouteille.

« Alors on peut savoir c'est qui, cette adolescente que tu trimballes dans toutes les stations de l'Alliance ? »

Ses doigts s'immobilisent sur la bouteille. Le voile brillant de l'alcool se dissipe des yeux durs qu'elle lève avec une lenteur calculée sur son interlocuteur.

« Tu vas m'éco-... »
« Non, Kitsetskaya, c'est toi qui vas m'écouter. Je te propose un marché que tu vas certainement pas refuser : ce môme, tu le tues pas, et en échange je ferme ma gueule sur la gamine que t'as pas été foutue d'abattre. C'est une information que certains,
dans la Hanse, seraient ravis d'apprendre.
 »

Le jeune homme, pris entre deux feux, sursaute devant le sur-réalisme de cet échange verbal. Alexandra lui jette un coup d’œil de côté : il n'a pas remarqué que, sous son manteau noir, elle a braqué son revolver sur son flanc. Un moment plein d'une tension meurtrière s'écoule avant que finalement, elle ne ferme les yeux avec un soupir résigné. Lorsqu'elle les rouvre, il n'y brille plus qu'une sorte d'acceptation de bonne guerre.

« Ok. Ok, t'as gagné. Dégage, gamin. »

D'un geste de son arme qu'elle ne cache désormais plus, la meurtrière indique la sortie au jeune homme. Celui-ci, blême comme la mort, ne demande pas son reste et détale.

« Je devais recevoir plus de quatre cent cartouches pour lui faire la peau. Je crois que ça dépasse l'ardoise que j'ai chez toi. »
« Je confirme. » Le propriétaire paraît d'un coup beaucoup plus vieux et fatigué. Il se lève et presse l'épaule de la femme, ne laissant pas supposer qu'une minute plus tôt ils étaient prêts à se ruiner leurs vies respectives. « C'est pourquoi ta prochaine tournée est pour moi. Mais fais-moi le plaisir de ne jamais revenir ici si c'est pour flinguer quelqu'un. »

Elle opine, approchant le goulot de ses lèvres.

« Dur en affaires... »





A propos de vous

Age : Majeure et vaccinée, c'est promis !
Avez-vous lu le règlement ? Oui.
Système de jeu choisi : Oh bah roulette russe, hein. J'adore qu'on vienne semer la pagaille dans mes RP. Si c'est vrai.

Surnom : Gaby ça peut faire l'affaire.
Passion, loisirs : Ce qui me fait vibrer ? Les churros !

Comment avez vous découvert le forum ?  En fait je regardais un autre forum (Varteja) et au lieu de regarder les topites parfois je regarde les partenaires de tel ou tel site. Et c'est comme ça que je suis tombée sur vous.
Des suggestions ? Quelque chose à dire ? Un dernier mot ? Bonne lecture !






« Kagda my byli na vaynye... ♪ »
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Date d'inscription : 15/08/2017
Messages : 149
Double-compte : Evguenia Kholodova
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le Mar 28 Nov - 21:38
Artilleur infiltré

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Age :: 29
Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom ::
Hey!
Tout d'abord: bienvenue à toi !
Heureux de voir que l'humidité, la moisissure et l'obscurité du métro ne t'ont pas effrayé!

La lecture est  super agréable ! J'aime bien son coté un peu fofolle voir insouciante. Un personnage très intéressant, au premier abord, on pense à une bourrine un peu sadique, puis on voit qu'elle possède une profondeur ce qui me rend curieux de la voir évoluer au fil de tes rps. L'histoire est sympa, on ressent toujours le coté loufoque, tout en voyant qu'elle a pas eu une enfance simple même si elle s'est jetée d'elle-même dans les emmerdes, appréciant l'action et le crime. Pour ce qui est du baladeur que tu recharge à la dynamo par contre, je tiens à te préciser que ça ne court pas forcément les rues, donc ça pourra (peut-être) t'attirer des ennuis ^^

Pour tes possessions, ça me va juste peut-être ta combinaison en composite. Un plastron en cuir et moulant, avec des renforts (en cuir plus épais ou de fines plaques d'aciers) pour amortir les chocs et ralentir voir protéger des lames me semble mieux ou en tout cas plus adapté au contexte et, ça ne dérangerait pas pour autant ta mobilité. Et penses à y ajouter le baladeur ainsi que la dynamo que tu évoque dans l'histoire, que ce soit recensé également si tu compte le garder.

Pour ta mutation, c'est d'accord, penses juste à faire attention pour ne pas dériver vers le grobillisme. Mais la contrepartie proposée est très bien je trouve ce qui équilibre le tout.

Voilàààà !

Je reste à ta disposition si tu as une question ou si tu apporte des modifications !

Edite: ok les modifications ont été faites, du coup tout est bon, tu es validée !!
Félicitations ! Un admin passera pour te filer ta couleur. Je déplace la prez ^^

Avant de rp, il faut que tu penses à remplir ton profil : les champ contact pour ta fiche de présentation et ton carnet de bord, l'onglet "passeport" donnant des informations concernant ton personnage.

Il faut ensuite que tu créés ton carnet de bord dans lequel il faudra tenir à jour ton inventaire en fonction de tes acquisitions.

Et pour rp, il ne te manque plus qu'un compagnon. Pour cela, il suffit de se rendre au point rencontre et n'hésite pas à jeter un coup d'oeil au tableau d'affichage des missions.

Bon jeu !