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EVENT :: Sur la brèche - Extérieur
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le Mar 7 Aoû - 20:48
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Le membre 'Pavel Kadochnikov' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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le Mar 7 Aoû - 20:54
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Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom :: Alyosha / Lyocha
Bon on pourra pas dire que je suis mauvais joueur, je relance le dé avec le bon compte ! What a Face
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le Mar 7 Aoû - 20:54
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Le membre 'Aleksey Vassiliev' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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le Mar 7 Aoû - 23:49
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Cela avait été chaotique, bien loin d'une attaque planifiée et organisée avec précision. Mais après tout, le groupe hétéroclite n'avait pas la fluidité de ceux qui sont habitués à travailler de concert. Il était déjà miraculeux que tous s'en soient sortis plus ou moins indemnes.

Tous ?

L'absence de l'un d'entre vous vous frappe immédiatement une fois le calme revenu. Aucune trace de lui. Pas de sang, d'arme au sol, de signe de lutte. Rien qui ne vous indique qu'il ait péri, mais rien non plus n'indique qu'il soit sain et sauf. Mais la raison et l'urgence de la situation l'emportent sur l'inquiétude de la disparition d'un camarade. Il était inconcevable de mettre en jeu les vies de ceux attendant que la brèche soit comblée pour retrouver une seule et unique personne.

Vous poursuivez donc votre route, guidés par Jora, tant bien que mal, soutenu par Lyocha. La cadence infernale vous permet de parvenir rapidement à votre but, bientôt ce serait à l'artilleur de se mettre à l'œuvre, pour que tous puissent se replier ensuite sous terre.

Soudain, dans le ciel ravagé par l'orage, une ombre nouvelle passe, si furtivement que vous vous demandez si ce n'est pas votre esprit déjà mis à mal par l'angoisse et la fatigue qui vous joue des tours. La statue devant vous semble frémir, un liquide sombre l'éclabousse sous vos yeux, teintant d'un rouge écœurant le métal déjà dénaturé par le temps et les radiations. Fascinés, vous prenez conscience du reflet incarnat du liquide épais, quand quelque chose s'abat à vos pieds dans un bruit sourd, un craquement confondu dans un coup de tonnerre.

Le regard sans vie de Wladislaw Sokolosvi semble vous dévisager, mais est-ce bien lui? C'est en tout cas la seule partie encore intacte du corps jeté sans compassion à vos pied. Le reste a été affreusement mutilé, dénaturé. Certains membres forment un angle étrange, d'autres ne sont tout simplement plus là, arrachés avec bien d'autres lambeaux de chairs, dévorés par la furie de l'abomination. Le peu d'entrailles qui subsistent se répandent sur le bitume, s'échappant de la cage thoracique défoncée, ouverte sur le ciel noir.

Vous vous figez devant l'insoutenable.

Yvan ne semble pas choqué, intéressé tout au plus devant le massacre. Valentina en revanche se détourne, retenant de toute ses forces la bile aigre envahissant sa gorge, mais pas le cri de détresse qui la secoue. Gueorguï vacille, envahi par la rage. Aleskey continue de fixer le corps de son mentor, l'horreur le déchirant plus que n'importe quelle autre blessure, son esprit incapable s'assimiler l'insoutenable. Incapable de fonctionner normalement.

Représailles ou avertissement ? Quoi qu'il en soit, les Démons semblent se satisfaire de ce dernier coup d'éclat. Finissez votre mission, menez à bien ce pourquoi vous êtes venus pendant que vous en avez encore le temps.

Spoiler:
 



Spoiler:
 
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le Mer 8 Aoû - 23:35

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Bien plus calme et déterminée à présent que la situation avait changé et qu'elle avait compris son rôle, Valya rechargea son arme aussitôt après avoir fait feu. Armer, choisir une cible, la suivre, viser, tirer, tous ces gestes lui étaient plus naturels que ne serait-ce que dire bonjour à un voisin. Vladimir avait fait d'elle un excellent petit soldat même si ça n'avait jamais été dans le but de servir, que ce soit en surface ou en dessous.

L'un d'entre eux avait disparu et le chef de l'expédition était blessé, le bilan n'était pas fameux. Mais ils avaient descendu les mutants qui les avaient attaqués et ils n'en avaient miraculeusement pas attiré d'autres pour le moment. Il fallait bouger, et vite. Ils se répartirent les tâches et les poids sans même avoir besoin de se concerter, prenant spontanément une formation en colonne qui permettait à l'un des deux costaud de soutenir le vétéran pendant que le second et elle-même sécurisaient leur avancée. Autant que faire se peut.

C'est ainsi qu'ils parvinrent à atteindre leur objectif. Ils n'avaient plus vraiment fière allure et il y avait fort à parier que sous les masques, les regards étaient bien différents à présent. le sien l'était en tout cas. Vladimir lui avait bien dit d'éviter la surface et elle s'y était tenue autant que possible mais cette fois encore les circonstances avaient été contre elle. Il leur restait encore une bonne part du boulot à faire avant de pouvoir enfin rentrer. Et il en manquait déjà un... Y repenser pinça le coeur de l'armurière. Même sans le connaître, un homme restait un homme et une vie restait une vie.

Ils étaient à peine arrivés que la livraison funèbre eut lieu. L'ombre furtive, le sang ensuite, l'incertitude des images et des couleurs. L'incrédulité surtout. Le corps qui atterrit à leurs pieds n'avait plus rien de commun avec leur compagnon hormis un visage glaçant et un air presque étonné, comme s'il ne savait pas ce qu'il faisait là. Si lui s'était fait avoir alors qu'adviendrait-il d'eux ? C'est la première chose qui traversa l'esprit de Valya. Son père lui avait déjà raconté des choses sur le sort auquel on pouvait s'attendre quand on affrontait la surface et ses créatures abominables. Il avait tenté de la préparer au mieux aux horreurs de ce monde, qu'elles soient dans les tunnels ou au-dessus. Mais rien au monde n'aurait pu la préparer à ce qu'elle voyait, pas même les pires histoires d'horreurs racontées au coin du feu pour se faire faire des cauchemars entre gamins.

Pétrifiée par l'innommable, les yeux grands ouverts par la stupeur, elle sentit son estomac se révolter et la bile lui remonter dans la gorge à toute vitesse. Ses genoux faiblirent soudain et ses mains tremblèrent l'espace d'un instant. Le coeur lui manqua et elle dut se détourner de l'horrifiant spectacle pour reprendre pied. Elle raffermit alors sa prise sur son arme et se concentra sur leur objectif mais elle avait la certitude que ses nuits ne seraient plus jamais paisibles. La maîtrise de soi et le sang-froid inculqués par Vladimir firent leur office et elle se sentit rapidement prête à poursuivre, mais le regard vide continuerait à la hanter.

À cet instant, elle vit vaciller celui qui soutenait leur leader et son espoir prit un grand coup dans l'aile. Ils n'étaient déjà plus que quatre dont un vieux diminué, il fallait à tout prix préserver le peu d'atouts qu'il leur restait. Elle se tourna alors vers le dernier de la bande, celui qui restait droit dans ses bottes. Imperturbable au milieu de la tempête, il avait l'air d'attendre que ça se passe bien sagement. Et c'était lui l'artilleur si elle avait bien compris, donc il restait un espoir qu'ils atteignent leur objectif. Dos au cadavre du camarade et dos aux deux éclopés, elle scruta donc les alentours du bout de son fusil tout en approchant du chauve à qui elle tapota sur l'épaule et fit un signe de tête. C'était à lui de jouer. Si Gueroguï Asimovitch avait des instructions en plus, c'était le moment.



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Artilleur infiltré
le Jeu 9 Aoû - 15:55
Artilleur infiltré

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Age :: 29
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Surnom ::


Le dernier était tombé, nous laissant enfin la possibilité d'avancer. Gardant tout de même mon arme à la main, sait-on jamais, je fermais la marche, laissant le chef être soutenu pour marcher. La jeune femme devant moi, scrutant les alentours. Le silence avait reprit son trône, n'étant dérangé que par le bruit du vent et de la pluie, finit -pour l'instant- les coups de feu, les claquements d'ailes. Parfois mon regard se posait sur la femme, intrigué pas par ses formes ou le fait qu'une femme nous accompagne à la surface. Après tout si elle veut se rendre utile et mourir, ça la regarde, je n'avais aucun problème à faire équipe avec elle ou un homme. Tant qu'on ne me demandait pas d'être social... Ce qui m'intriguais, c'était l'intérêt que portait mes congénères aux femmes. Me souvenant que certains aiment particulièrement observer la croupe d'une femme. Là, avec ses vêtements trempés et amples, je ne comprenais pas ce qu'il pouvait bien y avoir d'attrayant... Et son masque cachait son visage.

Oui, je profitais de ce moment de calme pour m'analyser, comprendre ce qui cloche chez moi mais aussi analyser mes compagnons. Le chef était blessé, il marchait difficilement mais donnait toujours ses ordres, fier et obstiné à mener à bien la mission. La femme semblait douée avec les armes, peu hésitante à tirer mais elle était incroyablement silencieuse: le stresse ? Et le dernier, il ne disait rien non plus, portant le chef pour montrer sa loyauté, sa détermination. Et moi... Fermant la marche, remarquant qu'il en manquait un à l'appel mais comme personne n'en parlait: je ne m'en souciais pas. Peut-être avait-il prit de l'avance, peut-être avait-il simplement fuit ou alors il était mort. Quelle importance de toute façon ?

Nous étions dans une grande avenue, ici tout semblait si... Grand. Sans fin. C'était l'exact opposé des tunnels et c'était déstabilisant. J'étais habitué aux endroits confinés, à me dissimuler dans l'ombre et le danger venait généralement d'une seule direction: celle d'où on ne venait pas. J'observais les carcasses des véhicules, mon père m'en avait parlé: à une époque, c'était très pratique. Maintenant ça pourrissait au soleil et sous la pluie, apportant une touche de romantisme à ce paysage déjà à l'agonie. Je trouvais l'endroit aussi beau que perturbant. Grand et si vaste qu'il me rappelait ma solitude que je ressentais, celle me remémorant que j'étais quelqu'un de différent, de seul, incapable de ressentir les émotions...

La marche cessa, le groupe semblait porter son attention sur une statue. Un démon lâcha le corps de notre compagnon porté disparu au pied de l'effigie. Mort, le corps dans une position d'une poupée désarticulée, le visage exprimant l'horreur. Ce vieil homme était donc mort. J'imagine une vaine tentative de fuite et les démons s'en donnant à cœur joie. Enfin c'était trop tard pour l'aider et trop tôt pour le pleurer: on avait autre chose à faire.

Valentina fit volte face pendant un instant. Certaines personnes vivaient mal de voir des morts, une histoire d'attachement ou simplement que cela pourrait avoir un effet traumatisant. Elle se reprit toute fois et avança vers le chef et l'autre. J'en fis autant, observant les démons au loin, apparemment satisfaits de leur jeu. Vérifiant d'un mouvement d'épaule que mon sac était toujours là, j'étais prêt à poursuivre, à faire exploser le bâtiment qu'on me dirait pour colmater le trou.

Celui qui soutenait le chef: Aleksey je crois, restait figé, observant le cadavre. Je m'approchais de lui pour lui parler, me disant que le vieux aurait besoin de temps pour souffler et accuser le coup de la perte de son ami.

"Allé viens. J'aurai besoin de quelqu'un pour me couvrir et m'indiquer quel bâtiment faire sauter... Ma voix était calme, posée, cherchant à ne pas alarmer l'homme, à être rassurant: on touchait au but. Notre chef étant blessé, autant qu'il souffle un peu. Et cette charmante demoiselle semble parfaitement se servir d'une arme pour l'aider. Tu me semble donc être celui sur qui je vais devoir compter. Enfin si tu veux toujours terminer cette mission et rentrer en vie."

J'ignorais si mes mots avaient une quelconque importance pour lui, j'ignorais même son traumatisme d'avoir vu son ami, son mentor, se faire tuer. J’espérais juste avoir de l'aide pour m'engouffrer dans un bâtiment, qu'il puisse poser une bombe à un endroit et moi à un autre pour ne pas perdre du temps. Restait encore à savoir s'il aurait les couilles de m'accompagner, s'il passerait son traumatisme et s'il savait comment poser une bombe et l'activer. Faites que je n'ai pas choisis un poids mort...



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Chef de l'Alliance V.A.R
le Jeu 9 Aoû - 22:29
Chef de l'Alliance V.A.R

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Age :: 54 ans
Patronyme :: Asimovitch
Surnom :: Jora
Musique:
 

A contre-coeur, et sous l'effet de la douleur qui le lançait méchamment dans la poitrine, Gueorguï se laissa relever et aider par Alekseï, refusant néanmoins de lâcher son AK, qu'il garda braqué d'une seule main.

- C'est bien parce que c'est toi, bleubite, maugréa-t-il de toute sa verve de vétéran pour garder une certaine contenance.

Et sans attendre, sous la pluie battante et le vent rageur, il se remit en marche avec les autres. Ils avaient encore de la route, et chaque seconde leur était précieuse. Surtout à lui, même s'il refusait de l'admettre : il n'était pas à l'abri d'une perforation interne, et il ne mourrait pas d'envie de l'apprendre à la dure à la surface. Mais tant qu'il ne crachait pas - encore - du sang, le vieux soldat se rassurait avec la pensée que rien de vital n'était - pour l'instant - atteint.

Le petit groupe traversa alors des lieux que Gueorguï avait déjà pu arpenter dans sa jeunesse, bien avant l'Apocalypse, et qu'il avait également exploré suite aux bombardements. Et bien qu'il ait passé un temps à la surface suffisant pour faire pâlir d'effroi les plus aguerris des cancérologues, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver un léger pincement au coeur à la vue de tous ces souvenirs enfouis sous des tas de cendres et de poussières radioactives, balayées par des années de tempêtes et de pluies torrentielles.

Un détail l'inquiétait cependant de plus en plus, chassant sournoisement ces instants prisonniers de sa mémoire comme les vagues effacent tranquillement des mots écrits dans le sable : le vieux Polonais de Wladislaw ne les suivait plus. Il ne s'en était tout d'abord pas soucié lorsqu'il s'était rendu compte que le stalker s'était fait la malle, car tout bon vétéran ayant survécu toutes ces années à la surface était tout à fait à même de fausser temporairement compagnie à son groupe pour des raisons toutes aussi légitimes les unes que les autres. Mais son absence commençait à durer, et la solidité de leur petite équipe en souffrait tout à coup. Une paire de bras et d'yeux expérimentés n'étaient jamais de trop dans ce genre de situations.

Quand soudain, comme pour faire écho à cette inquiétude qui le rongeait, quelque chose chuta brutalement devant leurs yeux, heurtant l'immense statue avant de se briser au sol dans un craquement sinistre.

Ce salopard de Polack.

La Tchétchénie à côté de ce merdier, c'était comme boire un verre d'eau le matin après une sale cuite. On tuerait pour retrouver le plaisir d'y goûter à nouveau. Et la Tchétchénie, c'était vraiment un sacré foutoir.

Le corps sans vie du stalker gisait à leurs pieds, méconnaissable si ce n'était pour son regard qu'il aurait reconnu entre mille. Il sentit aussitôt son estomac se serrer, mais, comme blindé par une vieille et macabre habitude, rien de plus ne vint troubler son équilibre mental et physique. Il boirait un verre à son souvenir quand ils rentreraient, comme pour tous les autres, et la vie reprendrait son cours normal. Mais ce qui l'inquiétait davantage, c'était le soutien soudain chancelant du petit Lyocha, et ses côtes qui le lançaient à nouveau tandis qu'elles cherchaient à le soutenir d'elles-même.

- Tvoyu mat' ! jura-t-il lorsqu'il se sentit vaciller et qu'un de ses genoux vint heurter le sol, secouant son flanc meurtri.

Il ne fallut pas longtemps avant que l'artilleur vienne tenter de détourner le jeune du sinistre spectacle, curieusement impassible à ce qui venait de se produire. L'ancien stalker sentit alors la jeune femme qui les accompagnait lui tapoter l'épaule comme pour l'inciter à agir, à leur dire quoi faire. Un genou à terre pour soulager son flanc qui le tiraillait, son fusil automatique dans une main, il pesta intérieurement contre la mauvaise fortune. Mais la mission primait sur tout le reste. Dans un élan douloureux, il se redressa alors, et s'écria à travers son masque à gaz, cherchant à percer les éléments qui emportaient sa voix :

- Yvan ! C'est toi qui a les explosifs, tu traces jusqu'à la brèche et tu fais tout péter, nous on va attirer l'attention des bestioles du coin pour te couvrir ! Si Alekseï ne veut pas venir avec toi, on s'occupe de le mettre à couvert !

Et comme pour sceller ses propos et empêcher toute discussion, il sortit une torche rouge qu'il craqua sans attendre. Une épaisse fumée ainsi qu'une vive lumière rouge en jaillirent aussitôt, et d'un puissant mouvement du bras, le vétéran projeta la torche dans la direction opposée à la brèche.

- Valentina, on se met à l'abri, et on dessoude tout ce qui bouge. Plus question de reculer, à partir de maintenant, on réussit la mission où on meurt.
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le Sam 11 Aoû - 10:31
Mercenaire

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Age :: 28
Patronyme :: Dimitrievitch
Surnom :: Alyosha / Lyocha
Kalinka:
 

La main droite du mercenaire s'activait avec lenteur sur les cordes de sa guitare. Il jouait dans un boui-boui de l'Anneau. Rien de notable jusqu'ici : c'était devenu pour lui une habitude entre deux contrats, lorsqu'il n'avait pas encore succombé à l'alcool. En tant qu'habitué, il était parvenu à un accord simple avec le patron : jouer une partie de la soirée pour payer ce qu'il consommait.              

Les arpèges s'enchainaient, volontairement saccadés et toujours sur ce tempo nonchalant. Puis, accélérant très légèrement le rythme, un deuxième instrument vint accompagner la guitare sèche de Lyocha : la Balalaïka de son mentor et ami Wladislaw. Le vétéran polonais maniait le long manche du luth triangulaire avec une habileté extraordinaire.
Le tempo allait crescendo maintenant, les deux instruments à corde s'accompagnaient parfaitement sur cette mélodie qui se voulait captivante et entraînante. Ils interprétaient "Kalinka",  probablement l'un des classiques russe dont les habitants du métropolitain moscovite ne se lasseraient jamais.
Tout le monde s'était joint à eux maintenant : certains s'étaient levés de leurs tabourets et frappaient dans leurs mains, d'autres -trop saouls pour rester debout- préféraient marteler leur table du poing.
Les deux amis jouaient désormais avec une rapidité déconcertante : le morceau touchait à sa fin, le martèlement se faisait de plus en plus pressant et l’énergie dégagée dans ce recoin de la station s'avérait impressionnante. Le duo de troubadours moderne avait joué face à face tout du long, dans une complicité détonante : la joie se lisait sur leur visage. Lyocha était heureux...



Il sortit enfin de ses pensées. Au pied de la statue, juste devant lui, gisait à présent ce même visage : le visage de son ami. Le sourire du vétéran avait laissé la place à une grimace tordue de douleur. Ses yeux, encore grands ouverts, semblaient le fixer. Le regard de son mentor avait transpercé sa volonté, balayé son calme habituel. Son sang froid légendaire bouillait maintenant, martelant ses tempes au rythme endiablé du final de "Kalinka". Les accords retentissaient à toute allure dans son esprit et Lyocha se sentit finalement perdre tout contrôle : il étouffait sous ce foutu masque, il devait respirer... Aleksey en arracha sans plus tarder la lanière supérieure, laissant pendre le tout sur son torse, dévoilant dans le geste un visage empourpré par la colère.
Dans le mouvement, il s'était rapproché de la route et avait pris ses distances du groupe, de quelques mètres. Ses mains tremblaient. Il devait évacuer cette colère ou bien il serait incapable de continuer la mission.
Lyocha ne réfléchissait pourtant plus depuis que le corps de son ami les avait rejoint. Il saisit son fusil d'assaut par le canon et commença à s'en servir comme objet contondant. Un rétroviseur vola en éclat. Le véhicule le plus proche servirait de défouloir. Vint le tour de la carrosserie. Une porte s'ouvrit finalement sous les coups répétés du soldat, qu'il s'empressa de détacher d'un seul et unique coup de pied.

Il voulait crier, vider son chargeur dans les airs : extérioriser sa rage de n'importe quelle façon, mais ne trouva pas mieux que de faire tournoyer son fusil dans les airs, avant de l'envoyer quelques mètres plus loin à travers un nouveau véhicule.

L'air commençait à lui manquer, la tête à lui tourner : il suffoquait. Il ne prit même pas la peine d'aller récupérer son arme, pourtant si précieuse. Il voulait simplement en finir. Accomplir cette foutue mission et rentrer noyer son chagrin au plus vite.
Lyocha revenait sur ses pas et se dirigeait vers l'artilleur, remettant enfin son masque en place. Il attrapa le fusil à pompe qui pendait dans son dos.

"Finissons-en."
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le Dim 12 Aoû - 15:12

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Age :: 22 ans
Patronyme :: Vladimirovna
Surnom :: Valya
Même si elle n'en avait pas l'air sous son harnachement et le masque qui dissimulait ses traits, Valya était chavirée par la mort de leur camarade comme par la réaction de celui qui le connaissait le mieux. Elle connaissait parfaitement les émotions violentes qui l'assaillaient, qui vous donnaient envie de hurler et de tout casser. Ses propres sautes d'humeur avaient parfois cette saveur là, quand on a envie de s'arracher la peau pour mieux hurler ce qui nous dévore de l'intérieur. Les pieds bien plantés dans le sol, elle savait pourtant que ce n'était ni le lieu ni le moment de se laisser aller. Il leur restait un travail à accomplir. Et Gueorguï Asimovitch, pour blessé qu'il soit, n'en restait pas moins un leader efficace. Approuvant aussitôt son plan d'action, elle fit craquer une seconde fusée et la lança aussi fort qu'elle le put à quelque distance de la première et toujours à l'opposé de leur objectif. Des carcasses de voiture leur offriraient un abri précaire mais appréciable le temps que les deux autres reviennent de leur partie de la mission. Ou peut-être ces blocs de bétons armés à demi cassés et effondrés.

En quelques pas rapides, elle alla récupérer l'arme de celui qui l'avait lancée, puis elle rejoignit le chef de la V.A.R. et lui offrit le soutien de son épaule sans un mot. En se glissant sous son bras du côté valide, elle put l'aider à s'appuyer sur elle et à tenir sur ses jambes le temps de se mettre à l'abri. Silencieuse, concentrée, efficace, elle suivit les indications du patron pour le choix de l'abri et de leur position. De là, elle s'adossa à un bloc solide, un genou à terre, et elle scruta les alentours. Les Démons n'étaient pas loin, ils les attendaient au tournant, guettant la moindre faille pour les emporter comme l'autre vieux. Mais elle vendrait chèrement leurs peaux. En tâtonnant, elle vérifia le nombre de cartouches dans ses poches puis hocha la tête sobrement. Ça suffirait. Il le faudrait. Il leur resterait encore à rejoindre les souterrains après et ce ne serait pas non plus une partie de plaisir. À présent, tout reposait sur le psychopathe artilleur et le stalker émotif.

Dans leur cache, suffisamment à l'abri pour se détendre mais suffisamment exposée pour pouvoir attirer l'attention et buter tout ce qui se pointerait, elle se paya le luxe de desserrer son masque et essuyer l'eau qui ruisselait sur ses cheveux noirs collés à son crâne. D'un coup d'oeil, elle s'assura que son chef était correctement installé et armé.

- C'est les côtes ?



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Chef de l'Alliance V.A.R
le Mer 15 Aoû - 13:09
Chef de l'Alliance V.A.R

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Age :: 54 ans
Patronyme :: Asimovitch
Surnom :: Jora
- On file vers les blocs de béton, se contenta sobrement d'indiquer le vieux vétéran au moment où Valentina vint l'aider à se déplacer.

Il n'aimait pas beaucoup être traité comme un handicapé. Même s'il s'était déjà maintes fois retrouvé blessé et transporté par ses frères d'armes, admettre qu'il ne pouvait faire quelque chose seul lui coûtait bien plus que de souffrir le martyre. Mais il n'avait pas le temps pour de telles considérations, orgueil de soldat d'élite ou non, et déjà, les cris stridents de Démons affamés percèrent à travers la tempête.

Il remarqua que la jeune femme avait eu l'intelligence d'aller chercher l'arme d'Alekseï, et se félicita d'avoir choisi des membres dans son équipe qui percutaient aussi rapidement. Pour le feu d'artifice qui arrivait, il allait en avoir besoin...

Gueorguï s'installa derrière le bloc de béton comme il pût, de façon à avoir une vue nette et dégagée sur ce qui pouvait approcher des fumées des torches tout en trouvant un juste milieu entre exposition et protection. A travers le déluge qui s'abattait sur eux, il ne pouvait que distinguer approximativement les formes qui se mouvaient lentement dans le ciel. Et la douleur dans la poitrine qui continuait sournoisement de le lancer l'empêchait de se concentrer efficacement sur son environnement. Nul doute que les prochaines rafales de son AK-12 le feraient durement souffrir...

- C'est superficiel, répondit sobrement le vétéran à la jeune femme, j'ai connu pire en Tchétchénie.

A ces mots, il décrocha une grenade défensive de son gilet tactique et la tendit à Valentina :

- Dès qu'ils arrivent, tu balances ça dans leur direction, et surtout tu te protèges avant que ça pète. Ces machins-là projettent des shrapnels jusqu'à deux cent mètres. Ca les tuera pas, mais ça les fera stresser un peu. Et si on a des bestioles terrestres qui approchent... Ca nous fera gagner du temps.

Il éluda volontairement le passage durant lequel il avouait s'être flingué encore davantage les côtes après avoir jeté sa torche, et se contenta de braquer les Démons qui tournoyaient lentement dans le ciel.

- Feu sur mon ordre.
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