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Zimmerwald

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Anna Volkovar
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Message Sujet: Zimmerwald | Dim 1 Oct - 18:43

Anna ne se souvenait plus très bien pourquoi elle chantait, ni pourquoi elle buvait ainsi mais, c’était un fait, elle était complètement ivre. Chantant à tue-tête, brandissant une bouteille à bout de bras comme elle le ferait d’une torche pour repousser les ténèbres, elle titubait à travers les couloirs désertés de la station. Quelques jours auparavant, ce dernier était rempli de campements de fortune accueillant tous les voyageurs retenus contre leur gré par le blocus. La jeune femme s’appuya contre un étai de fortune et souffla. Balançant sa tête par-dessus son épaule, elle chercha un instant sa compagne de beuverie. Ses yeux fouillèrent un instant les ténèbres, en vain, puis se plissèrent. Elle grimaça, contrariée.

- Irinaaaaa, chante avec moi bon sang !

Au moment même où elle cherchait à se redresser pour faire volte-face, elle fut prise d’un vertige. S’appuyant de plus belle contre l’étai, elle se laissa finalement glisser contre celui et étala ses jambes devant elle. La tête appuyée contre le mur, les yeux mi-clos, elle cherchait les paroles de la chanson qu’elle chantait un peu plus tôt. L’alcool ou la mémoire lui faisant défaut, il lui semblait qu’elles prenaient un malin plaisir à lui échapper. La chirurgienne poussa alors un juron qui n’avait rien de particulièrement respectable et but une nouvelle gorgée de sa bouteille.

- A ta santé camarade, lança-t-elle à l’adresse de la bouteille que lui avait offert Léonid quelques jours plus tôt.

En l’espace d’une minute, Anna venait de faire le tour de ses véritables amis encore présents dans la station. Par un coup d’infortune, aucun d’eux ne se trouvaient avec elle. De Léonid elle n’avait pas vraiment eu de nouvelle depuis l’annonce du retrait du blocus. Quant à Irina, cette dernière se trouvait à ses côtés quelques minutes plus tôt. Elle avait passé la soirée à se raconter de vieilles histoires et à écumer toutes les bouteilles d’alcool sur lesquelles elles avaient pu mettre la main. Anna ne se souvenait plus très bien lorsqu’elle avait perdu la trace de la mécanicienne. Il lui semblait qu’elle se trouvait à ses côtés à peine quelques minutes auparavant. Cependant, aussi ivre fut-elle, la jeune femme connaissait suffisamment bien les effets de l’alcool pour juger son sens de la temporalité peu fiable.

Ainsi, elle finit par reposer la bouteille à ses côtés dans un soupir de profonde lassitude. Les yeux fermés, l’air un peu somnolent, elle se mit alors à fredonner un vieux refrain qui lui revenait en mémoire. Elle ne se souvenait plus très bien d’où elle le tenait mais l’air nostalgique lui rappelait sa station natale qu’elle n’avait plus revu depuis plus de trois mois. Naturellement, elle l’associa donc à son passé et se l’appropria, sa voix se raffermissant tandis qu’elle chantait plus fort. Et alors qu’elle entamait un air appartenant à la Ligne Rouge, Anna songeait à ses proches de Polis dont elle n’avait plus de nouvelles.
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Maksimilian Kravtchenko
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Message Sujet: Re: Zimmerwald | Lun 2 Oct - 15:01

Victime d'un sommeil agité, Maksimilian se réveilla dans un sursaut de panique. Ses gestes furent si brusques qu'il envoya le mat de fortune de sa plashch palatka de l'autre coté du tunnel. La tige de fer à moitié dévorée par la rouille provoqua un tel vacarme que le jeune homme resta figé de surprise en constatant que l'écho du tapage se répercutait misérablement. Les tentes aux alentours et la vie au sein du tunnel auraient pourtant du étouffer ce phénomène acoustique. Plongé dans l'obscurité la plus totale et à moitié empêtré sous le large poncho-tente soviétique, Makka fut frappé d'effroi, véritablement paralysé par la peur et l'inquiétude. Etait-il seul ? Pire encore, quelle odieuse abomination du métro pouvait bien reprendre ses droits sur ce bout de ligne déserté ? Maksichka dégoulinait déjà de sueur, ses vêtements lui collant à la peau comme une combinaison de plongée.

Il attrapa sa lampe de poche et balaya l'endroit d'un geste rapide, après s'être relevé non sans peine, les muscles endoloris par une nouvelle nuit de couchage à la dure, sans matelas digne de ce nom. Autour de lui, les feux balisaient toujours la frontière nord de la station et quelques factionnaires le scrutaient d'un air perplexe. Combien de temps avait-il dormi ? Maksmilian se contenta de rassembler ses affaires à la hâte après avoir enfilé sa plashch palatka sur le dos, et son calot pilotka soviétique sur le chef. Il n'avait pas besoin de réponse.

Il s'approcha du quai aux lueurs rougeâtres, les mains fourrées dans les poches, jouant avec quelques douilles qu'il n'avait pas encore rangé dans le fond de son sac. Il déambula quelques minutes sur les quais, écoutant les derniers ragots du coin, avant de s'arrêter pour tendre l'oreille et prêter attention à quelque chose de bien plus intéressant. Il passa sous les arches du quai en direction de l'axe central de la station, littéralement appâté par un air bien connu qu'il ne connaissait que trop bien. Il le fredonnait doucement et lorsqu'il fut assez près pour en comprendre les paroles, il entama le couplet en cours, se joignant à la jeune femme, de sa chaude voix de baryton.

«- Partout la parole de Lénine, de Liebknecht et de Rosa retentit dans les champs, les casernes, les usines. L'ennemi est dans notre pays, si la guerre éclate, le bourgeois à abattre sera écrasé par Zimmerwald ! »

Il retrouva le silence et s'accroupit en face de la jeune femme, à distance respectable. Sur son visage courait un sourire enchanté en partie cabossé par sa cicatrice. Il croisa les bras sur ses genoux pour se tenir au chaud et garder l'équilibre.

«- Bonjour camarade, il est rare d'entendre de tels chants par ici ! Je peux me joindre à vous ? »

Il désigna la bouteille d'un geste du menton, tout en ôtant son couvre-chef.


Dernière édition par Maksimilian Kravtchenko le Mar 3 Oct - 17:10, édité 1 fois
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Anna Volkovar
Chirurgienne
Message Sujet: Re: Zimmerwald | Lun 2 Oct - 22:19

Comme Anna ne connaissait qu’une partie des paroles, elle était sur le point de laisser le chant mourir lorsqu’une voix basse et grave prit la suite. Et si le chant ne devint plus qu’un murmure pour elle, il se fit plus assuré à mesure que l’homme approchait. Comme il s’accroupissait près d’elle et retirait son couvre-chef, maintenant toutefois une distance respectable, elle tournait vers lui un regard à la fois perplexe et contrarié. Un rapide examen du faciès souriant lui permit de conclure qu’ils ne se connaissaient pas. Elle nota la cicatrice qui couturait sa joue et se fit la réflexion qu’il avait dû tomber entre de biens mauvaises mains pour conserver une si vilaine marque. Ne pipant mot, elle continua son analyse et conclut qu’elle aimait tout aussi bien le regard bienveillant de cet inconnu que sa voix, à la fois profonde et chaleureuse.

- Il est rare d’entendre quoi que ce soit de familier en ces lieux de tourments, lâcha-t-elle d’un ton laconique alors qu’elle lui tendait la bouteille.

Un fond d’alcool accrochait les pâles lueurs de l’éclairage du tunnel. Légèrement dégrisée et un brin amère, elle soupira puis reporta son regard vers les ténèbres à l’autre bout du couloir. Comme l’inconnu prenait la bouteille pour la porter à ses lèvres, elle lui désigna le sol à ses côtés comme s’il s’agissait d’un siège de choix et l’invitait à se joindre à elle.

- Ça reste de la gnôle distillée dans les stations de la V.A.R mais ça suffit à épancher la soif.

Appuyant ses propos d’un sourire, elle le regarda boire une gorgée avant qu’il lui tende la bouteille en retour. D’un geste de la main, elle la refusa et l’invita à la conserver. Comme elle rassemblait ses jambes contre elle, les entourant de ses bras, elle posait sa tête sur les genoux de manière à pouvoir l’observer plus facilement. Anna n’avait pas manqué l’adjectif qu’il avait employé à son encontre ni même la ferveur dans sa voix lorsqu’il chantait. Et si cela ne suffisait pas à l’aiguiller, l’accoutrement du jeune homme lui indiquait clairement sa faction d’origine. Alors qu’elle plissait les yeux, elle s’amusait de la méprise de ce dernier la concernant.

- Moi c’est Anna, et toi ?

La jeune femme avait volontairement omis de se présenter complètement. Son nom commençait à être suffisamment connu, tout aussi bien grâce à sa réputation de chirurgien que par celle de son frère en tant que stalker prodige de Polis. Anna ignorait véritablement la raison qui l’avait poussée à chanter un air communiste mais se dit que la coïncidence était finalement assez amusante pour qu’elle ne chercha pas à rétablir la vérité. Et, pour l’heure, elle aimait bien l’idée de se faire passer pour une patriote de la Ligne Rouge.

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Maksimilian Kravtchenko
Agitateur politique
Message Sujet: Re: Zimmerwald | Mar 3 Oct - 17:09

Le jeune homme continuait d'observer la jeune femme en souriant, comme si elle lui rappelait quelqu'un ou quelque chose. Le chant partagé avait fait naître en lui un doux sentiment de nostalgie. La quarantaine n'avait guère été très longue, ni même difficile à supporter contrairement à d'autres personnes mais la perspective d'être enfermé dans cet espace relativement réduit, au regard de l'immensité du métro, lui avait bien rappelé cette misère de vivre sous terre tel un rat, rats qui étaient autrefois les seuls véritables habitants du sous-sol moscovite.

Il se posa à coté de la jeune femme en poussant un petit soupire de soulagement. Il était levé depuis un quart d'heure tout au plus mais son dos lui rappelait quel imbécile il avait été de dormir comme un vaurien dans le tunnel. Il remercia Anna d'un geste de la tête en buvant de nouvelles gorgées d'alcool sans sourciller, ignorant la remarque sur cette modeste boisson, elle ferait amplement l'affaire. Qui plus est, ce n'était pas la première fois qu'il s'envoyait de la gnôle de cette qualité. Il n'avait de toute façon pas les moyens de pouvoir s'offrir mieux, il s'y était habitué.

Il posa finalement la bouteille avant d'ôter sa mitaine droite et de tendre la main en direction de la jeune femme, paume vers le haut et la fixant droit dans les yeux. L'entrain retombé, soutenir son regard était devenu un exercice difficile. Elle avait un certain charme, c'était indéniable, et Maksimilian n'était pas aveugle au point de ne pas le remarquer, mais il y avait autre chose. Son visage, bien qu'en partie anesthésié par l'alcool, laissait transparaître une force évidente. Elle ne ressemblait aucunement à ces pauvres ouvrières au regard rompu, éprouvées par des années de totalitarisme. Non, malgré ses sourires et sa légère ivresse, sa façon de l'observer couplée à ce regard lui donnait l'impression d'avoir affaire à une commissaire ou dieu sait quel autre agent de la ligne Krasnaya.

Il finit par dessiner un sourire de circonstance.

«- Maksimilian Anatoliyevitch. C'est un plaisir. Mais dites moi, maintenant que tout le monde retourne à sa station d'origine, pourquoi restez-vous là ? »

Il jeta un coup d'oeil autour de lui avant de désigner la station d'un geste de la main.

«- Je ne suis pas certain que nous soyons toujours les bienvenus ici. Les gens ont tendance à oublier nos chants d'union et le fait qu'autrefois, nous étions tous moscovites avant de devenir des rats.. »

Maksimilian s'installa plus confortablement, emmitouflé dans son poncho soviétique rapiécé de toute part. Par le passé, il devait sans doute donner fier allure à son porteur, mais aujourd'hui il ne ressemblait plus à rien, complètement décrépit à l'image du métro.
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