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This isn't a flu

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Mikhaïl Zinoviev
Message Sujet: This isn't a flu | Mar 12 Sep - 21:37

Son tour de garde était terminé depuis une heure, mais la promiscuité, qui s'intensifia suite au blocus, lui compressait la poitrine. Une sensation d'étouffement, comme être pris au piège, de suffoquer, d'y rester, Mikhaïl était clairement anxieux. Alors non, le sommeil ne serait pas pour tout de suite. Il enfourna ses chaussures et cala sa montre au poignet, sans tic-tac mécanique. Un problème de "quartz" lui avait expliqué son père. Soit. Ce n'était pas tant sa fonction que la mémoire qu'elle transportait qui le poussait à la porter. Il attrapa son manteau au passage et quitta la tente.

Les épaules voutées par le poids de la fatigue et cette claustrophobie naissante, Mikhaïl pris la direction de la tente d'Andreï, un ami insomniaque.

-"Andrioucha ?" Un râle lui répondit alors qu'il entrait.

-"Encore fais un mauvais rêve ?" L'accueillit Andreï. "Baba Yaga va venir t'emporter si tu ne fais pas tes heures de sommeil, petit Micha." Les yeux écarquillés, il claqua des dents, mais Mikhaïl ne saurait trop dire ce qu'il essaya de mimer... .

-"T'es chiant, tu sais ça ?" Toujours à l'emmerder sur cette histoire de sorcière, depuis qu'un gars de passage leur avait raconté certaines anecdotes au coin du feu, il y a quelques mois de cela. De la bave de colporteur, rien de plus.

-"Oui !" Sourire satisfait. Un chieur, mais il l'aimait bien.

-"T'as du nouveau sur l'épidémie ?"

-"Rien de spécial, je sais juste que ça intéresse la petite médecin, Ekaterina, de creuser la question, au sud de la ligne."

-"Hmm" Micha passera la voir, mais avant... il extirpa une flasque de sa veste où était inscrites les lettres CCCP, surplombées d'une faucille et d'un marteau, pour l'envoyer entre les mains d'Andreï, qui la reconnut immédiatement.

"Nooooon ! Tu l'as trouvée. Ha ha, mon salop, t'as claqué combien de poulettes pour ça ?" Il n'eut pour seule réponse qu'un clin d'œil et un léger sourire de fierté. "Où tu l'as dénichée ? Vas-y raconte un peu, merde. T'es pas venu pour qu'on se scrute la gueule en silence. Si ? Petit coquin va !" Le sous-entendu provoqua une claque derrière la tête. Rapide, sèche, efficace.

-"Un colporteur coincé ici depuis le blocus. Il l'a acheté à Lubyanka. Après, c'est pas dit que ce soit celle-ci hein."

-"Oh tu sais, on s'en fout. Quand j'étais gamin, mon grand-père m'a raconté qu'il y en avait un peu partout à la surface. Celle-ci ou une autre, c'est la symbolique qui compte." Micha laissa son regard tomber sur sa montre et acquiesça. La symbolique, oui.

Il discuta avec Andreï pendant une bonne heure, avant de se décider à partir voir la jeune médecin. Sa curiosité dévorante l'obligeait sans cesse à répondre aux questions que lui apportait son esprit. Les idées plongées sur cette histoire d'épidémie, Micha longea les quais jusqu'à s'approcher du "complexe" médicale. Un bâtiment officiant comme hôpital, infirmerie et pharmacie.

Traversant une première pièce, il longea le couloir et bifurqua au bureau de la médecin. Deux tapes déterminées sur le chambranle l'annoncèrent, immédiatement suivi d'un "Ekaterina ? C'est Micha." Ils se connaissaient, sa curiosité chronique l'avait déjà poussé à plusieurs reprises à se faire soigner ici. "J'pense me rendre au sud de la ligne pour enquêter sur l'épidémie, ça te tente ?" Rien de plus, l'invitation allait à l'essentiel.
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Ekaterina Klimova
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Message Sujet: Re: This isn't a flu | Dim 17 Sep - 23:27

Il se faisait tard, rares étaient les locataires actuels de cette station à être encore éveillés. Les tours de garde s’enchainaient, les relèvent se croisaient. Katya aimait ces heures là, où les voix se faisaient plus rares, plus bruits plus feutrés. C’était plus facile pour elle de se concentrer, de travailler. Aussi, il était rare qu’elle dorme réellement la nuit, préférant mettre ces heures précieuses à contribution. Elle préférait fermer les yeux et sommeiller lorsque le bruit et les émotions de la foule se faisaient trop présents au fond de son crâne. Il en résultait un rythme de vie totalement aléatoire que plus personne ne cherchait à comprendre. Si on avait besoin d’elle, on venait à n’importe quelle heure, en priant pour qu’elle ne dorme pas. Si c’était le cas, on était bon pour une gueulante. Mais après tout, si ce n’était pas le cas et qu’elle était mal lunée, on se prenait aussi une gueulante. Ekaterina aimait râler, et son caractère de chien était connu. Tout le monde s’y était fait, et beaucoup en souriaient. Si Katya ne râlait pas, c’est le le métro allait s’effondrer. Ou alors qu’elle dormait, et on en revenait au premier point.

Quoi qu’il en soit, elle était assise sur un tabouret haut un peu bancal, calé tant bien que mal avec un morceau de carton plié. Une multitude de petits flacons s’étalaient sur le plan de travail, et la médecin avait entrepris la tâche minutieuse de les examiner un à un. Tous avaient en commun d’être des fioles d’antibiotiques sous forme de poudre à réhydrater, ainsi que d’être périmés. Munie d’une loupe, la jeune femme observait les flacons et leur contenu, à la recherche d’indices lui indiquant si elle pouvait encore les utiliser. Rares étaient les médicaments qui n’avaient pas expiré ici. Elle recherchait donc les altérations dans les emballages, les anomalies dans les contenus, et jetait sans scrupules mais avec beaucoup de jurons tous ceux qui étaient endommagés.

- Bordel, celui là aussi dégage.


Avec un cling sonore coïncidant avec avec l’ouverture de la porte, le flacon heurta ses congénères au fond de la poubelle. Elle se tourna vers l’intrus, et le regarda à travers la lentille grossissante de la loupe qu’elle tenait encore à la main.

- Qui t’as autorisé à utiliser mon prénom, Sergueïevitch ?


La question était d’une mauvaise foi parfaite, la quasi totalité des habitués de cette station l’appelant Katya. Et Micha n’était pas vraiment un inconnu. Mais jeter des médicaments la mettait toujours d’une humeur de chien. Mais la proposition du soldat eut le mérite de la dérider et elle haussa un sourcil intéressé.

- Si t’as encore de l’énergie pour ça, c’est qu’on t’as pas assez collé de tours de garde, ricanna-t-elle en sautant à bas de son tabouret. Une fois debout, elle arrivait à peine à l’épaule de son acolyte, ce qui ne l’empêcha pas d’aller chercher sa sacoche et de revenir se planter devant lui avec aplomb.

- J’te suis Micha! Allons voir si ces baltringues de la Hanse en ont pas marre de nous emmerder.
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Mikhaïl Zinoviev
Message Sujet: Re: This isn't a flu | Mar 26 Sep - 22:44

Les médicaments se heurtaient au jugement sans faille de la jeune médecin, et Micha, lui, se heurta à son humeur. Cela n'avait rien de nouveau pour lui, aussi son jugement se traduisit par un léger amusement indulgent. D'une certaine façon, elle lui rappelait Andreï, mais en plus... éclatante.

-"Ils s'ennuieraient à mourir s'ils ne nous les brisaient pas de temps en temps." Mais ce temps en temps, de la part de la Hanse, était plus fréquent que ne se l'avouait le trentenaire. Ils longèrent les lignes et progressèrent jusqu'au premier poste de sécurité de la station. Des salutations, quelques encouragements échangés, quelques gorgées de thé partagées. Le rituel se répéta à chaque étape, jusqu'à ce qu'ils franchissent l'ultime cordon de VDNKh.

La demi-heure qui suivit s'écoula lentement, il n'existait aucun danger réel entre les stations de V.A.R. -c'était d'ailleurs l'un des enjeux majeurs ayant justifié l'Alliance-. Quelques échanges à voix basses percèrent le voile silencieux de la ligne, mais rien de bien constructif. Jusqu'à ce qu'une question, portée par un espoir naïf, ne vint briser ces banalités.

-"Tu penses qu'on pourra revivre à la surface un jour ?" Les fils du temps ne s'étaient pas tissés dans l'esprit nostalgique de Micha depuis plusieurs semaines, alors pourquoi cette question dont il connaissait déjà la réponse ? Pourquoi maintenant ? Et surtout, pourquoi à elle ? La fatigue des derniers jours. L'angoisse face à l'épidémie. Le désespoir de rester cloitrer dans les bas-fonds d'une civilisation en déclin, seul.

Son regard n'avait pas quitté la noirceur du boyau dans lequel ils évoluaient. Mais son esprit voguait au travers des récits que les anciens -ceux ayant connu la surface-, lui avaient légués. Il bavait à l'idée d'un cornet de glace, quel que fut l'aliment caché derrière ce terme. Il renversait sa tête en arrière et tirait la langue pour gober le froid d'un flocon. Pas une particule de cendre radioactive, non, un vrai flocon de neige, blanc. Pure. Sain. Il apercevait la verdure recouvrant les parcs, s'y laissant bercer par le chant des oiseaux, sans crainte des cris stridents des Démons.

Il vivait.

Ils vivaient.

Le halo lumineux du premier cordon d'Alekseevskaya le rappela à la réalité. L'humanité avait survécu à la fin du monde, mais à quel prix ?
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Ekaterina Klimova
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Message Sujet: Re: This isn't a flu | Dim 15 Oct - 23:03

La remarque de Mikhaïl lui tira un sourire, puis un ricanement désabusé. Son compagnon d’infortune n’avait pas tord par les temps qui courraient. La V.A.R., à cause ce blocus, se retrouvait dans une situation délicate. D’un côté, elle se retrouvait à gérer une épidémie de grippe en plus de sa charge de travail habituelle, et d’un autre la station toute entière était également soumise à des tensions inhabituelle. Des gens habituellement simplement de passage se retrouvaient confinés, beaucoup de factions et d’idéologies pas forcément en très bon terme se côtoyaient par la force des choses. Les soldats de la V.A.R. étaient sur le qui-vive pour maintenir un semblant d’ordre, mais la tâche était vaste. Katya avait cessé de compter le nombre d’arcades rafistolées suite à des altercations qui avaient mal tourné. Les gens étaient désœuvrés, l’alcool devenait parfois leur seule occupation. Elle avait d’ailleurs collé la veille deux soudards -une fois leurs facultés retrouvées- à stériliser puis rouler des bandes de gaze. Histoire de les calmer et de leur apprendre à occuper sainement leur temps libre. Penauds devant la pourtant frêle jeune femme, les deux hommes s’étaient pourtant exécutés et on ne les avait plus revus à semer le désordre.

Katya était déjà assez occupée sans avoir à gérer les blessures de gamins bagarreurs.

La jeune femme et Micha faisaient leur chemin tranquillement, tous deux connaissaient bien les hommes constituant les cordons de sécurité successifs. La zone était sûre, et si les soldats ne faisaient pas l’erreur de se relâcher jusqu’à l’imprudence, ils n’étaient pas non plus sur les dents. Partageant quelques mots et de quoi réchauffer les corps, quelques recommandations d’usage. Plus une habitude qu’une réelle nécessité.

Leurs pas furent bientôt les seuls à briser le silence. Le dernier poste de garde était loin derrière eux. Les mots se faisaient rares, jusqu’à une question de Mikhail qui laissa un instant Ekaterina coite de surprise. Ce qui était assez rare pour être souligné.

Revivre à la surface...

Le concept était tellement lointain, tellement étranger qu’il lui semblait hors d’atteinte. Elle n’était pas de ceux qui avaient connu la surface. Pour elle le soleil et le ciel eux-même n’étaient que des concepts abstraits. Le ciel était sensé être bleu. Les nuages blancs. Le soleil ne consumait pas les chairs comme il le faisait désormais, c’était une énergie essentielle et bienveillante, qui réchauffait la terre.

- Nous? Non.


Sa réponse était brutale dans la silencieuse obscurité, les ramenant brusquement à la réalité glauque et humide du Métro qui était leur refuge. Il n’étaient guère mieux que les rats, à se terrer sous terre.

- De ce que j’ai pu lire sur le sujet, la décroissance radioactive risque de prendre des centaines d’années. Sans compter toutes les bestioles qui se trimballent et dont on ne sait pas vraiment comme elle vont tourner, les saloperies.  Si par «on» tu voulais dire «toi et moi», alors je pense que la réponse est non.


Silence.

Ce silence là était plus pesant que les précédents, teinté d’une amère mélancolie pour Katya, d’une ressentiment aigri pour ses égoïstes ancêtres, pas si lointains que cela. Elle soupira, se forçant à l’optimisme.

- Mais peut être un jour, pour nos descendants. Si notre société arrive à survivre encore quelques siècles ici, peut être qu’un jour l’homme retournera à la surface, qui sait ?

Peut être que cela valait le coup de survivre à peu près, tant bien que mal. Peut être qu’en se débattant de la sorte dans l’obscurité, ils offriraient une chance à une lointaine génération d’un jour fouler l’herbe à la surface. D’exister sous le soleil.

- Qu’est-ce que tu aimerais le plus connaître...? De la surface d’avant, je veux dire.


Il y avait tant de choses qui restaient des concepts obscurs, images ou mots imprimés dans des livres désormais désuets.
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